jeudi 24 décembre 2015

Bonnes fêtes de Noël et du Mouloud

Cette année, les naissances de Jésus et de Mohammed sont célébrées les mêmes jours.

Puisse cette coïncidence des calendriers constituer un présage favorable pour plus de paix et de bienveillance en ce bas-monde !

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lundi 21 décembre 2015

Noël "vu" par SS le Dalaï Lama

Voici un lien vers une interview (imaginaire) par la nonne Zen Kankyo Tannier.
Très sympathique (les deux : Kankyo et son article)

http://www.huffingtonpost.fr/kankyo-tannier/rester-zen-pendant-les-fetes-conseils-imaginaires-dalai-lama_b_8803036.html

jeudi 17 décembre 2015

Louange à Atisha, composée par Dromtönpa


(Traduit par Marie-Stella Boussemart
Sous la direction de Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen)

En le sublime pays du Bengale (vous êtes né) dans le noble lignage de la famille royale de Sahor, celui-là même dont était issu le bodhisattva Shantarakshita ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Avec art vous avez honoré vos père et mère, et vous les respectiez ; doté de la beauté, du charme, de la sagesse et de la compassion, vous étiez pondéré, bienveillant, plein de tact et courageux ; ô Dimpakara, je vous invoque.


Qu’il s’agisse des traités profanes ou des diverses sciences, médicales, techniques ou artistiques, ou encore des Veda, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Dénué d’attachement envers les objets de désir, vous avez abandonné le pouvoir, les richesses et les autres biens et vous vous êtes fait moine [bhikshu] mahasamghika ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.  

Les préceptes et les règles énoncés par le Tathagata, tels qu’ils sont exposés dans les quatre sections du Vinaya, vous les avez gardés dans toute leur pureté, sans les entacher de la moindre faute ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Vous avez suivi de nombreux maîtres érudits, et qu’il s’agisse des Trois Corbeilles, de la langue, de la logique, ou bien encore des Instructions, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô glorieux Atisha, je vous invoque. 

 De votre Maître, le Roi souverain de Serling, vous avez obtenu le nectar salvateur de l’esprit d’Eveil, et vous avez œuvré pour le bien de tous les êtres ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Empli de compassion pour les si nombreux êtres misérables et ô combien souffrants, vous êtes leur protecteur, qu’ils fussent des déités du monde, des titans ou des hommes ; ô Père unique, je vous invoque.

A des maîtres qui en avaient obtenu les plus hautes qualités, vous avez demandé les transmissions permettant de réaliser les déités tutélaires, puis vous vous êtes appliqué à les accomplir ; ô Vous qui aviez fait l’objet de prophéties (de la part du Bouddha), je vous invoque.

Sachant que vous aviez des disciples au Tibet, vous êtes venu au Pays des neiges, et vous êtes devenu le Maître des dirigeants et notables ; Vous qui êtes digne des honneurs et des hommages, je vous invoque.

Si un éminent sage tel que vous n’était pas venu au Tibet, bien que l’Enseignement du Bouddha y eût cependant existé, on y serait sans doute demeuré dans l’ignorance du sens profond ; ô Vous qui l’avez excellemment exposé, je vous invoque.

En effectuant et en révisant des traductions de traités, en les expliquant et en composant des ouvrages, vous avez excellemment guidé sur la Voie parfaite ; ô Vous qui avez épanoui l’Enseignement, je vous invoque.

Les démons et les penseurs fourvoyés - hérétiques et zélateurs d’Ishvara -, qui professaient des vues funestes et s’égaraient sur des chemins pernicieux, vous les avez réduits par le raisonnement et les avez introduits dans la Voie libératrice : ô Guide de ceux qui aspirent à la libération je vous invoque.


La générosité, l’éthique, la patience, l’enthousiasme, la concentration et la sagesse, bref, les six perfections, vous les avez constamment méditées au fil de nombreuses vies ; ô Vous qui avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque.

Fournir le nécessaire et tenir des propos plaisants, accomplir le bien des êtres (en les incitant à pratiquer) et agir soi-même en accord (avec ce que l’on enseigne) : ô Vous qui, (grâce aux ressources des quatre moyens rassembleurs), avez accompli avec flamme le bien d’autrui, je vous invoque.

La foi, l’éthique, l’écoute, le don, le respect de soi-même et d’autrui, la sagesse, de ces sept joyaux vous êtes riche ; ô vous qui êtes le trésor dont procèdent les qualités, je vous invoque.

Quand Gyälwè Jung-nè, l’excellent disciple qui avait jadis formulé des vœux, est arrivé de contrées lointaines, vous avez annoncé : « L’upasaka arrivera aujourd’hui. » ; ô Vous qui possédez la faculté de la vision divine, je vous invoque.
 

Lorsqu’au Magadha l’un de vos disciples, avec déférence, a fait résonner des cymbales et vous a adressé des invocations, vous l’avez entendu au Tibet et en avez fait part à Drom ; ô Vous qui possédez la faculté de l’ouïe divine, je vous invoque.

Lorsqu’à Lhasa vous avez entendu la musique des dieux, vous vous êtes précipité et, après avoir présenté des offrandes aux déités dans le déambulatoire, vous avez effectué des circumambulations dans l’espace ; ô Vous qui possédiez la faculté des pouvoirs supranormaux, je vous invoque.

(Du pilier) où le testament du Roi était caché, la dakini l’a sorti et vous l’a montré ; grande est votre bienveillance, vous qui représentez Shakyamuni ; ô bienveillant Atisha, je vous invoque.

Les personnes touchées par les maladies des nagas (lèpre, etc.), toujours vous les avez maintenues en vie ; de vous procèdent les cycles de protection, vous qui guérissiez les maladies des êtres ; ô Vous qui êtes connu comme un second Nagarjuna, je vous invoque.

Alors qu’à Nyethang vous étiez assis sur le sable à ’Or, dans l’espace Indra et les assemblées de dieux ont déversé des pluies de fleurs en les cinq gemmes ; ô Maître, Dieu des dieux, je vous invoque.

A Yorpo de Ching-ru, une jeune fille vous a offert ses bijoux ; lorsque vous avez appris sa mort, vous avez purifié ses voiles et vous avez annoncé qu’elle avait repris naissance en tant que déité ; ô Guide des êtres, je vous invoque.


« D’ici, j’irai à Tushita et ceux qui témoignent de foi et de respect envers moi, m’y rencontreront. », avez-vous prédit ; ô Vous qui voyiez à l’avance l’avenir, je vous invoque.


A Tushita, vous êtes Namkha Drima Med ; au pays des Arya, vous étiez Dipamkara, et ici, au Tibet, vous étiez le glorieux Atisha ; ô Vous dont la renommée couvre la terre, je vous invoque.

Quand moi, Dromtön, j’ai fondé le temple de Rating, lorsque je vous ai prié de guider les êtres, de Tushita vous avez jeté les fleurs de la consécration ; ô Vous qui avez ainsi directement accordé votre bénédiction, je vous invoque.

Lorsqu’en voyant et en entendant vos qualités, je vous invoque haut et clair l’esprit plein de ferveur, de Tushita, veuillez me regarder avec compassion et, comme je vous en implore, veuillez m’accorder votre bénédiction.

Comme au Tibet il est encore tant de disciples qui n’ont foi qu’en vous et suivent (votre lignée), veuillez le prendre en considération, et avec l’amour d’une mère pour son fils, veuillez nous servir de Maître spirituel.

En les temps de dégénérescence, tels des aveugles, les êtres suivent de prétendus maîtres imparfaits ; ceux qui sont ainsi dépourvus de guide dans les abysses du samsara, veuillez vite les en extraire avec le crochet de votre compassion.

En tous temps et toutes circonstances, ô vous le Parfait, vous êtes mon Protecteur ; pour qu’au plus vite je devienne un bouddha pleinement accompli, veuillez m’accorder (les sagesses de) étude, réflexion et méditation.

* * *

A cette louange composée par Dromtönpa, ses disciples ont ajouté une vibrante stance à sa gloire :
De tous vous êtes le Guide spirituel ; de tous vous êtes le Protecteur. Substitut des Victorieux, fils des Victorieux, pour tous, vous êtes l’inestimable source du bonheur. Ô Maître Tönpa, je vous invoque.

mardi 15 décembre 2015

Réfugiés tibétains en France et sans logis


La jungle tibétaine de Conflans-Sainte-Honorine par TIBET-Conflans

Vidéo ajoutée le 15 décembre 2015  par   Collectif pour les Tibétains de Conflans

Ce petit film réalisé à Conflans Sainte Honorine montre en quelques images la situation précaire (santé, logement) dans laquelle se  trouvent environ 150 à 200 demandeurs d'asile tibétains à Conflans Sainte Honorine.
Il y en a d'autres, bien sûr...

Termez en Uzbekistan


Située à la pointe la plus au sud de l'Ouzbékistan, la cité de Termez était autrefois au cœur du bouddhisme en Asie centrale et l'une des principales ...

dimanche 13 décembre 2015

La Roue de la vie (Bhavacakra)


Peinte sur les portails des temples et des monastères, la Roue de la vie résume l'errance des êtres que leurs karma retiennent dans les cycles des naissances et des morts.

Dans le cercle au centre, les trois poisons de l'esprit sont représentés par un porc noir qui symbolise l’ignorance ; un serpent vert, la haine ; un coq rouge, l'attachement (et/ou l’orgueil).

Le deuxième cercle est divisé verticalement en deux moitiés où sont représentées les deux voies contraires : la voie ‘blanche’, ascendante, des actes méritoires ; la voie ‘noire’, descendante, des actes déméritoires.

Le troisième cercle est divisé en six rayons où sont représentées les six classes d'êtres.

Le quatrième et dernier cercle est divisé en douze segments où sont représentées douze scènes du processus de coproduction, en commençant par le haut et dans le sens des aiguilles d’une montre :
1.     Un vieil homme aveugle cherche son chemin à tâtons en s'appuyant sur un bâton : l'ignorance 
2.     Un potier fabrique un vase sur un tour : les formations karmiques 
3.     Un singe saute de branche en branche pour saisir un fruit : la conscience. 
4.     2 (parfois 5) hommes sur une barque -: le nom et la forme.
5.     Une maison vide à 6 fenêtres : les 6 sphères de connaissance 
6.     Un couple enlacé : le contact (rencontre des sens avec leurs objets)
7.     Un homme la main sur une flèche fichée dans son oeil : la sensation. 
8.     Un homme se désaltère : la soif
9.     Un singe ou un homme cueillant un fruit : l'avidité (la saisie) 
10.   Une femme enceinte : le devenir 
11.   Une femme qui accouche : la naissance 
12.   Un homme emporte un cadavre vers le lieu de crémation : la vieillesse et la mort

Yama, le seigneur de la mort, tient la roue dans ses griffes et ses crocs.
Mais dans l'angle supérieur droit, Bouddha, serein, montre la voie de délivrance et symbolise l'Eveil.







 

vendredi 11 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 6


Point de vue chronologique

* Selon le Theravada, les 12 liens se répartissent sur trois temps (trois vies), ainsi qu'exposé dans l'Abhidhamma, ou sur une seule vie, selon des érudits tels Buddhadasa.
1- Passé : l'ignorance et les formations  karmiques
2 - Futur : la (re)naissance ; la vieillesse et la mort
3 - Présent : les huit éléments restants, répartis entre résultats du passé : conscience, « nom et forme », sphères, contact et sensation, et conditions d'apparition des éléments appartenant à l'avenir (soif, avidité, devenir).

* Selon le Sarvāstivāda, la conscience étant considérée comme un « support de renaissance » les douze liens se répartissent sur deux vies minimum, trois vies maximum.

Répartition sur deux vies
1 - les liens introducteurs et les liens producteurs
2 - les liens résultants (introduits et produits)

Répartition sur trois  vies
1 - Les liens introducteurs
2 - les liens producteurs
3 - les quatre résultants
NB Entre les liens introducteurs et les liens producteurs, de nombreuses vies peuvent se dérouler, mais elles relèvent d'autres cycles de liens interdépendants.

Les six classes d'êtres du saṃsāra
Trois renaissances défavorables :
- damnés des enfers
- esprits avides (preta)
- animaux
Trois renaissances favorables :
- humains
- demi-dieux (asura)
- dieux (deva)

mercredi 9 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 5


Du point de vue de leur fonction, les 12 liens se répartissent en quatre types
 
-        2 1/2 liens introducteurs : l'ignorance, les karma inducteurs, et en ce qui concerne la conscience, la conscience du moment de la cause.
On compare l'ignorance à celui qui plante les graines et les karmas inducteurs accomplis sous son influence, aux graines en question. Quant au fait de mettre en terre ces graines, cela illustre le fait que soient laissées sur la conscience du moment de la cause les empreintes des karmas accumulés.

-        3 liens producteurs : la soif, l'avidité et le devenir
De même qu'on prend soin des graines avec force eau, engrais, chaleur et humidité, la soif et l'avidité activent le karma de telle sorte qu'il devient capable de générer des résultats.
À l'image de la graine qui, grâce à l'eau, l'engrais, la chaleur, l'humidité, etc., est devenue capable de donner une pousse, activé par la soif et l'avidité, le karma concerné - en tant que devenir - ne peut plus qu'obligatoirement produire les agrégats de la naissance suivante.

-        4 1/2 liens de résultats introduits : la conscience du moment du résultat, le lien du nom et éventuellement de la forme, les bases de connaissance, le contact et la sensation

-        2 liens de résultats produits : la naissance, la vieillesse et la mort
Pousses issues des graines.

lundi 7 décembre 2015

Tibet et Népal - conférences à Paris

Lundi 7 décembre
13h-15h, conférence : "Between the Generations Forever: Precarity and
Possibility for Young Amchi from Northern Nepal", par Sienna Craig,
professeur associée d’anthropologie à Dartmouth College (salle 638, EHESS,
190, av. de France, 75013 Paris)

18h30-21h, soirée opéra tibétain "Norsang" avec conférence d'I.
Henrion-Dourcy (Univ. Laval), M. Milhat (ENSSIB), présentation d'extraits de
Norsang par Tenzin Gonpo et momos/thé (détail sur
http://www.bulac.fr/conferences-rencontres/autres-regards/histoire-du-prince-norsang-fragments-dun-manuscrit-tibetain-retrouve/).
Entrée gratuite.


Mardi 8 décembre
14h-17h, conférence "‘Slow’ Medicine in Fast Times: Tibetan Medical
Responses to Emergency", par Sienna Craig, professeur associée d’anthropologie
à Dartmouth College (salle 015, EHESS, 190, av. de France 75013 Paris)
18h15, conférence "Lumbini, un lieu saint très convoité" par Katia
Buffetrille (Docteur en anthropologie, Chercheur EPHE / CNRS – CRCAO)
(détails sur :
http://www.sfemt.fr/cycle-de-conferences-afao-patrimoine-et-modernite-conservation-et-enjeux-en-himalaya/)


Jeudi 10 décembre
11h-13h, conférence "Talking Birth, Talking Death: An Ethnographic Account
of Eliciting Reproductive Histories in Northern Nepal" par Sienna Craig,
professeur associée d’anthropologie à Dartmouth College (salle 1, EHESS,
105, Bd Raspail 75006 Paris)

17h30-20h, conférence « Tibetan Sign Language and Deaf Sensibilities in the
Making: Recent Developments in Lhasa /La langue des signes tibétaine :
développements récents à Lhassa et au-delà » par Theresia Hofer (University
of Oxford, Institute of Social and Cultural Anthropology) (détails sur
http://www.sfemt.fr/conference-sfemt-jeudi-10-decembre-2015-theresia-hofer/)
et présentation par M. Kapstein (EPHE) de son ouvrage "Les Tibétains"
(Belles Lettres 2015), récemment traduit en français. Pot de fin d'année
offert par la SFEMT.

18h15: conférence "La vallée de Kathmandu après le séisme de 2015", par
Katia Buffetrille (Docteur en anthropologie, Chercheur EPHE / CNRS – CRCAO)
(détails sur
http://www.sfemt.fr/cycle-de-conferences-afao-patrimoine-et-modernite-conservation-et-enjeux-en-himalaya/)



 

Droits, devoirs et responsabilité


La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 4


La voie à suivre

Le pratiquant est invité à méditer sur les souffrances génériques du samsara en référence avec les processus générateur et destructeur des douze liens interdépendants.

Sitôt que jaillit en lui le désir de se délivrer du samsara – de même que l'envie d'échapper à sa geôle obsède le prisonnier -, il a réalisé le renoncement. 

Poussé par la volonté de se libérer, il va s'adonner à la voie qui mène à la libération et qui consiste en éthique, concentration et sagesse.

samedi 5 décembre 2015

Migtsema

 
དམིགས་མེད་བརྩེ་བའི་གཏེར་ཆེན་སྤྱན་རས་གཟིགས།
། དྲི་མེད་མཁྱེན་པའི་དབང་པོ་འཇམ་དཔལ་དབྱངས།
། གངས་ཅན་མཁས་པའི་གཙུག་རྒྱན་ཙོང་ཁ་པ།
། བློ་བཟང་གྲགས་པའི་ཞབས་ལ་གསོལ་བ་འདེབས། །

La version la plus connue comporte quatre vers, comme ici.
Il existe des versions plus développées, en 5, 6 ou 9 vers.

Des traditions en lien avec le Ganden Ngamchö

 

Dans le Tibet jusqu'en 1959, le Ganden Ngamchö - Fête des lumières - était célébré par tous les Tibétains, toutes écoles confondues. Pas seulement par les gelugpa. Mais avec un soin particulier par les moines du monastère de Ganden, fondé par Jé Rinpoche lui-même. Pas le temps de dormir ces jours-là.
Pour reprendre des forces (et se réchauffer), le soir, la coutume était de partager une soupe après avoir allumé moult lumières dedans et dehors, et chanté à pleine voix des Migtséma tout en faisant des circumambulations autour des temples ou des stupas.

Chez les Mongols, le Ganden Ngamchö marquant également le Nouvel An, il est fêté avec munificence.

Quant aux fonctionnaires du gouvernement de Lhasa, c'était le jour de revêtir la tenue d'hiver.

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 3


Du point de vue de leur nature, les 12 liens se répartissent en trois groupes :
les karma, les kleśa (en pāḷi, kilesa) et les souffrances.

Nāgārjuna décrit le processus en ces termes :
À partir des trois, deux surviennent,
Desquels deux, sept naissent. Et des sept
Derechef les trois : c'est la roue de la vie,
Et elle tourne ainsi, encore et encore.
Les premier, huitième et neuvième sont des kleśa ;
Le deuxième et le dixième sont des karma ;
Quant aux sept autres, ils sont souffrances.

L'ignorance, la soif et l'avidité sont tous trois des kleśa (facteurs perturbateurs) et constituent les motivations.
Le karma inducteur et le devenir sont tous deux des karma (physiques et oraux).
Les sept autres liens relèvent de la souffrance, cad ce qui est expérimenté.

Les trois kleśa occasionnent les deux liens des karma à partir desquels se produisent les sept souffrances. Les sept souffrances attisent les trois facteurs perturbateurs, et ainsi de suite, en une ronde continuelle. Voilà pourquoi et comment la roue de la vie ne cesse de tourner, mue par la souffrance.

==> Il est nécessaire de pratiquer une voie capable de juguler ces liens par un processus inverse : en donnant un coup d'arrêt à l'ignorance, mettre un terme aux karma inducteurs, ainsi de suite jusqu'au vieillissement et la mort, de sorte que toutes les souffrances prennent fin.

vendredi 4 décembre 2015

Ganden Namchö le samedi 5 décembre 2015

Cette année, le Ganden Namchö (dGa' ldan lnga mchod) tombe le samedi 5 décembre, qui correspond au 25e jour du 10e mois lunaire.

Le Ganden Namchö est la commémoration du passage en nirvana de Je Rinpoche, c'est à dire Je Tsongkhapa, fondateur du monastère de Ganden (dGa' ldan) en 1409 et ce faisant de l'école des dGa' ldan pa, également connus sous les noms de dGe lugs pa (prononcé guélougpa : "Vertueux").

La tradition recommande
par exemple
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Je Rinpoche ;
- lire une biographie de Je Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces ;
- de manière générale, s'adonner à  des activités bénéfiques.

 

jeudi 3 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 2

Les 12 liens interdépendants (nidhana)

(En gras, les 8 éléments mentionnés dans les textes les plus anciens.)

1.     Ignorance (avijjā / avidyā)
2.     Formations karmiques (sankhāra / samskāra)
3.     Conscience (viññāna / vijñāna)
4.     Nom et forme (nāma-rūpa)
5.     Bases de connaissance (6 sens) (salāyatana / sadāyatana),
6.      Contact (phassa / sparśa)
7.      Sensation (vedanā)
8.     Soif (tanhā / trisnā)
9.     Avidité (upādāna)
10.   Devenir ( bhava )
11.   Naissance (jāti)
12.   Vieillesse et mort (jarā - marana)

1- L'ignorance [ou non-connaissance]
Aux antipodes de la sagesse, l'ignorance constitue la cause première de l'errance dans le saṃsāra.
L'ignorance est une obscurité comparable à un aveuglement. Elle présente deux aspects : l'obscurité à propos des karma et de leurs effets, et l'obscurité à propos de l'absence de soi inhérent.

2 - Les karmas inducteurs 
Sous l'influence de l'ignorance relative aux karma et à leurs effets, sont accumulés des karma inducteurs défavorables - des démérites.
Sous l'influence de l'ignorance concernant le mode d'être, sont accumulés des karma soit favorables - des mérites -, soit "immuables".

3 - La conscience
NB On distingue la conscience du moment de la cause et la conscience du moment du résultat.
La première est la conscience à l'instant même où est déposée l'empreinte du karma inducteur concerné. La seconde est la conscience à l'instant de la conception en tant que phase de naissance.

4 - "Le nom et (selon le type de naissance) la forme", cad les cinq ou quatre agrégats (skandha)
"Le nom" consiste en la sensation, l'identification, les formations volitionnelles et la conscience.
La forme désigne l'ovule fécondé dans lequel pénètre la conscience puis tout son développement.

5 - Les sphères (ou bases) de connaissance [“ qui génèrent et développent ”]
Il s'agit des six sens, visuel, auditif, etc., en notant que le sens physique et le sens mental existent dès le premier stade embryonnaire.

En cas de naissance spontanée dans les deux mondes inférieurs, le lien du nom et de la forme et le lien des sphères de connaissance se produisent simultanément.
Dans le monde du sans forme (arūpaloka), ne se produisent que le lien du nom et le lien de la faculté mentale (cad que le lien de la forme et le lien des cinq bases relevant de la forme n'y existent pas).

6 - Le contact
Le rôle du lien du contact est d'enregistrer que l'objet est agréable, désagréable ou neutre.

7 - La sensation
Un contact suscite une sensation, agréable, désagréable ou neutre.

8 - La "soif" (attachement portant uniquement sur une sensation)
À l'égard d'une sensation de bonheur surgit la soif sous la forme du désir de ne pas en être séparé.
À l'égard d'une souffrance, la soif se traduit par le désir d'en être séparé ; elle est attachement envers cette séparation.
À l'égard d'une sensation neutre se produit la soif qu'elle ne décline pas.

9 - L'avidité [ou la saisie] (appétence et attachement pour l'objet nés de l'intensification de la soif)
On distingue quatre sortes d'avidité :
-        l'avidité pour les objets des sens : attachement aux objets des sens
-        l'avidité pour les vues : attachement pour les vues mauvaises à l'exception de la vue portant sur "la collection transitoire" des agrégats ;
-        l'avidité pour les fausses éthiques et observances, qui est un attachement à des éthiques et pratiques de bas étage, en relation avec les vues mauvaises ;
-        l'avidité pour l'assertion du moi, qui n'est autre que la saisie conceptuelle d'absolu et qui porte principalement sur la collection transitoire des agrégats.

10 - Le devenir
Une fois qu'une empreinte karmique déposée précédemment sur la conscience par un karma inducteur a été mûrie par la soif et l'avidité, l'empreinte devenue capable de provoquer le corps de la vie suivante est appelée “devenir”.

11 - La naissance
La naissance se produit à l'instant précis de la conception, quand la conscience pénètre dans l'un ou l'autre des quatre lieux de naissance, et ce sous l'impulsion du karma qui a développé le pouvoir de produire une renaissance après avoir été activé par la soif et l'avidité.

12 - La vieillesse et la mort
Consécutivement à la naissance, les liens du vieillissement et de la mort se produisent de manière graduelle.
Par vieillissement, on désigne le processus de transformation progressive et de maturation des agrégats.
Par mort, on entend le rejet, ou encore la destruction d'une certaine chaîne d'agrégats.

Résumé
L'ignorance amène à créer les karma qui s'impriment sur une conscience, produisant les agrégats et les six sens, ce qui permet au contact d'entraîner la sensation, qui suscite la soif puis la saisie, ce qui provoque le devenir, lequel déclenche la naissance, dont découlent a vieillesse et la mort

mardi 1 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 1


La coproduction conditionnée décrit l'apparition et la disparition des phénomènes composés en montrant que leur production forme une chaîne, dont le nombre des maillons peut atteindre 12, chaque élément étant condition du suivant. Elle met ainsi en évidence le processus de naissance dans le saṃsāra, ainsi que le processus de libération - car l'objectif est de permettre aux auditeurs d'atteindre la libération par la force de la sagesse.


Pour reprendre la présentation du grand Maître tibétain Pabongkha Rinpoche (1878-1941) dans la Libération  dans la paume de la main (1921) :
À présent, plus particulièrement dans le but de faire naître un profond dégoût envers le saṃsāra, va être exposé comment réfléchir à l'origine de la souffrance et aux inconvénients du saṃsāra au travers des douze liens interdépendants.


Dans le Sūtra de la Pousse de riz, le Bouddha énonce :
Quand ceci est, cela est ;
Ceci apparaissant, cela apparaît.
Quand ceci n'est pas, cela n'est pas ;
Ceci cessant, cela cesse.