jeudi 23 août 2018

Procéder à l'échange entre soi et autrui


Passage extrait du lamrim inclus dans le texte intitulé Lama Chöpa (Bla ma mchod pa).
L'auteur, le Premier Panchen Lama Losang Chökyi Gyältsen (1570-1662), était le Maître du 5ème Dalaï Lama (1617-1682).

Les strophes ci-dessous exposent l'une des pratiques centrales du mahayana : comment arriver à comprendre l'égalité entre soi et autrui puis, sur cette base, permuter les places, en accordant désormais la préséance à autrui.

[n°90]
        Ne désirant pas la plus infime souffrance
Et jamais comblés par aucun bonheur,
Moi et autrui ne sommes en rien différents.
Afin que je sois heureux du bonheur d’autrui,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 91]
La maladie chronique de se chérir soi-même
Est la cause qui génère les souffrances non désirées - afin qu’à cette vue,
Je n’aie plus que ressentiment à son endroit et
Et que j’annihile ce puissant démon de la saisie du soi,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 92]
Chérir ses mères et vouloir leur bonheur
Sont la porte d’où émanent d’infinies qualités - afin qu’à cette vue,
Quand bien même ces êtres s’érigeraient en ennemis contre moi,
Je puisse les aimer plus encore que ma vie,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 93]
En bref, les êtres puérils se consacrent à leur seul intérêt
Et les Bouddhas exclusivement à celui d’autrui -
Afin que, discernant erreurs et qualités respectives,
Je puisse accomplir l’égalité et l’échange entre moi et autrui,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 94]
Se chérir soi-même est la porte de toutes déchéances ;
Chérir ses mères est la source de toutes qualités -
Afin que du yoga* de l’échange entre soi et autrui
Je puisse faire l’essence de ma pratique,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 95] :
Ainsi, Ô Vénérable Maître doté de compassion,
Afin que les voiles et souffrances des êtres
Viennent tous mûrir en moi à l’instant,
Et qu’en leur offrant mes bonheurs et vertus,
Je puisse rendre heureux tous les êtres,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

[n° 96]
Le monde et les êtres le peuplant se rempliraient-ils des fruits de leurs fautes,
Et les souffrances non désirées s’abattraient-elles en trombes,
Afin que, les voyant comme des facteurs épurant les fruits de mes karmas mauvais,
Je puisse transmuer en voies les conditions mauvaises,
Veuillez m’accorder votre bénédiction.

(Essai de traduction par MSB)

* Yoga : méditation

Drugpa Kunleg

Merci à Michel B. pour cette anecdote

Des moines au maintien grave se rendent au monastère afin d'y renouveler leurs vœux. A côté du sentier où défilent les Vénérables, dans l'éclat des robes jaunes de cérémonie, chemine un yogi loqueteux et, selon toute apparence, dérangé.
En effet, on peut le voir contourner avec mille précautions les petits cailloux, qu'un autre n'apercevrait sans doute pas, et enjamber gaillarde
ment de gros rochers. Intrigué par sa conduite, l'un des moines s'approche et lui demande : 
"Que fais-tu ?
- C'est, répond Drugpa Kunleg (1) que je suis votre exemple : d'une scrupuleuse vétilleuse en ce qui concerne les peccadilles, je suis beaucoup plus souple pour ce qui est des fautes importantes...
 
(1) Grand Yogi tibétain, célèbre par son non-conformisme et sa verve satirique.

mercredi 22 août 2018

Interdépendance et non-soi


En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, professé par de grands penseurs tels que les pandits indiens Candrakirti et Atisha ou le maître tibétain Jé Tsongkhapa, va jusqu’à poser que tous les connaissables, incomposés comme composés, sont interdépendants.

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », c'est-à-dire d'absence d'existence inhérente, mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir en quelques lignes.

En très résumé, les phénomènes composés sont interdépendants en ce sens qu’ils sont à la fois des résultats qui procèdent de leurs causes, et des causes générant des résultats. Par exemple, une pousse naît d'une graine fournie par une plante similaire antérieure et elle produit à son tour des graines, des fleurs, des fruits, etc.

De manière plus générale, tous les connaissables sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. Pour exister en tant que table, le phénomène concerné dépend de ses matériaux et de ses fabricants, mais aussi du nom qui lui est attribué ainsi que du fait d'être perçu en tant que table : ce qui pour un être humain est une table en bois, est plutôt perçu comme de la nourriture par un ver à bois..

Quid des connaissables incomposés, c'est-à-dire non issus de causes et de conditions.
Prenons l'exemple du "non-soi" (anatman en sanskrit ; anatta en pali).
Le non-soi est un concept philosophique. Il n'est pas une entité indépendante car il dépend de son nom et de l'esprit qui le conçoit. En outre, il est par définition relatif à un objet référent, qui peut être n'importe quel connaissable envisagé sous l'angle qu'il est dénué de nature propre. Enfin, qui dit connaissable, dit perception, sachant que toute perception comporte une interaction entre le sujet percevant (l'esprit et la personne) et l'objet perçu. Donc, le non-soi est interdépendant. CQFD

Attention ! Si les connaissables sont ainsi interdépendants, néanmoins tout ne dépend pas de tout et de n’importe quoi ! Tout phénomène apparaît des causes et conditions qui lui sont relatives, et en aucun cas de TOUTES les causes et conditions. Comme le dit le bon sens populaire, les chats ne font pas des chiens. Les pommiers donnent des pommes, et non des oranges. Les karmas positifs donnent de bons résultats bénéfiques, et les karmas négatifs de mauvais résultats, et jamais l'inverse.

mercredi 15 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva 7

32. Sous l’emprise des facteurs perturbateurs, divulguer les fautes d’autres bodhisattvas faisant régresser, ne pas évoquer les fautes de quiconque engagé dans le grand véhicule est agir en bodhisattva.

33. Comme, sous l’influence des richesses et des honneurs, des querelles divisent et les activités d’écoute, de réflexion et de méditation se dégradent, rejeter tout attachement envers les maisonnées des proches et des bienfaiteurs est agir en bodhisattva.

34. Suite à des mots blessants, l’esprit d'autrui étant agité et les conduites de fils des Victorieux altérées, bannir tout propos dur désagréable à autrui est agir en bodhisattva.

35. L'accoutumance aux klesha rendant difficile de les contrer avec les antidotes, doté de la mémoire et de vigilance, s'armer des remèdes et faucher l'attachement ou autre facteur perturbateur dès qu'il point est agir en bodhisattva.

36. En résumé, en tout lieu et toutes circonstances, en vérifiant dans quel état d'esprit l'on est, avec l'aide constante de la mémoire et de la vigilance, se consacrer au bien d’autrui est agir en bodhisattva.

37. Grâce aux efforts ainsi déployés, sont accomplies force vertus. En vue de dissiper les souffrances des innombrables êtres, les dédier à l'Eveil au travers de la sagesse pure des trois sphères est agir en bodhisattva.

Le sens énoncé dans les soutras, les tantras et les commentaires,
En me conformant aux explications des Maîtres excellents,
Je l'ai condensé en ces trente-sept pratiques de fils de Victorieux,
A l'intention de ceux qui souhaitent parcourir la voie des bodhisattvas.

Mon intelligence étant médiocre et mes connaissances faibles,
Je ne puis composer de manière à réjouir les lettrés,
Mais comme je me suis fondé sur les soutras et les écrits des Maîtres,
Je pense que ce sont là les authentiques pratiques de fils de Victorieux.

Cependant, comme les vastes conduites des fils de Victorieux
Sont difficiles à pénétrer pour un esprit inférieur tel que moi,
Envers les contradictions,  incohérences et autres erreurs de mon fait,
J'implore des Maîtres leur mansuétude.

Par les vertus issues de la (rédaction de ce texte), puissent tous les êtres
Devenir semblables au Protecteur Avalokiteshavra,
Au-delà des extrêmes du samsara et du nirvana
Grâce aux excellents esprits d'Éveil ultime et conventionnel.

Composé en la précieuse Grotte du vif-argent par le moine Thogmé, docteur en écritures et en dialectique, pour le bien d'autrui et lui-même.





Traduit par Marie-Stella Boussemart à Bois-le-Roi le 11 août 2018

lundi 13 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva 6

26. Alors que, dénué d'éthique, on ne peut accomplir son propre bien, vouloir œuvrer à celui d'autrui est risible. C’est pourquoi, sans plus d'intérêt pour ce bas monde, observer l'éthique est agir en bodhisattva.

27. Pour le fils de Victorieux qui aspire à des moissons de vertus, toute malveillance est semblable à un précieux trésor. C’est pourquoi, sans plus la moindre aversion, cultiver la patience est agir en bodhisattva.

28. Quand les auditeurs et les bouddhas solitaires, qui travaillent seulement à leur propre bien, se démènent comme pour éteindre un feu qui aurait pris sur leur tête, pour le bien de tous les êtres, culiver l'enthousiasme, source des qualités, est agir en bodhisattva.

29. Ayant compris que la vue profonde dotée du calme mental annihile les facteurs perturbateurs, méditer la concentration (dhyâna) qui transcende les quatre absorptions (du monde) sans forme est agir en bodhisattva.

30. En l'absence de la sagesse, les cinq autres perfections ne permettant pas de réaliser l'Eveil, méditer une sagesse munie de la méthode et libre des notions des trois sphères est agir en bodhisattva.

31. Faute d'observer soi-même ses erreurs, bien qu'ayant l'allure d'un pratiquant, il peut arriver de contrevenir au Dharma. C'est pourquoi continuellement scruter ses erreurs et les rejeter est agir en bodhisattva.

dimanche 12 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva 5

21. Les plaisirs des sens sont semblables à de l’eau salée : plus on en jouit et plus la soif augmente. Abandonner immédiatement tout objet qui suscite l'attachement est agir en bodhisattva.

22. Toute apparence est (forgée par) l'esprit, mais l'essence dudit esprit est depuis toujours libre de l’extrême des fabrications. L'ayant compris, ne plus concevoir de caractéristiques objet / sujet est agir en bodhisattva.

23. A toute rencontre avec un objet attrayant, comme pour un arc-en-ciel en été, ne pas lui accorder de réalité en dépit de sa beauté apparente et rejeter l'attachement est agir en bodhisattva.

24. Les diverses souffrances sont semblables à la mort de son fils en rêve. Parce qu'on saisit comme vraies les apparences fausses, on en est accablé. C'est pourquoi, quand on rencontre des circonstances défavorables, les regarder comme fallacieuses est agir en bodhisattva.

25. Si, lorsqu’on aspire à l’Eveil, on doit donner jusqu’à son propre corps, concernant les objets extérieurs, cela va sans dire. C'est pourquoi pratiquer une générosité qui n’attend ni retour ni résultat est agir en bodhisattva.

samedi 11 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva 4

16. Même si une personne que tu as choyée comme ton fils, te regarde comme un ennemi, telle la mère envers son fils frappé par la maladie, le chérir tout particulièrement est agir en bodhisattva.

17. Même si quelqu’un d’égal ou d’inférieur à toi te dénigre sous l'emprise de l’orgueil, le placer respectueusement au sommet de ta tête tel un Maître, est agir en bodhisattva.

18. Même tombé dans le dénuement et constamment en butte au mépris des gens, foudroyé par une maladie grave ou par un démon, prendre sur toi les fautes et les souffrances de tous les êtres et ne pas céder au découragement est agir en bodhisattva.

19. Même célèbre  et porté aux nues par les foules, entré en possession de richesses semblables à celles de Vaishravana, voir que les biens de ce monde sont dénués d'essence et n'avoir aucune arrogance est agir en bodhisattva.

20. Faute d'avoir pu soumettre l'ennemi qu'est sa propre aversion, on combat les ennemis extérieurs, lesquels se multiplient. C’est pourquoi, avec les armées de l’amour et de la compassion, maîtriser son propre courant de conscience est agir en bodhisattva.

vendredi 10 août 2018

Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine

L'amour en action par un "bodhisattva" en soutane.




Michel-Marie Zanotti-Sorkine — Wikipédia

Les 37 pratiques de bodhisattva 3

11. Les souffrances émanent toutes du désir de son propre bonheur. Le parfait Bouddha naît de l'intérêt du bien d'autrui. C’est pourquoi échanger son bonheur personnel contre les souffrances d’autrui est agir en bodhisattva.

12. Même si, sous l’emprise d’un fort attachement, d'aucuns s’emparent de tous tes biens ou les font dérober, leur dédier ton corps, tes possessions et tes vertus des trois temps est agir en bodhisattva.

13. Même si quelqu'un te coupe la tête alors que tu n'as pas le moindre tort, mû par la compassion, prendre sur soi toutes ses fautes est agir en bodhisattva.

14. Même si quelqu’un répand maintes calomnies sur toi partout dans les trois mille mondes, avec amour, faire en retour l'éloge de ses qualités est agir en bodhisattva.

15. Même si au sein d'une vaste assemblée, quelqu’un passe tes fautes au crible et t'insulte, t’incliner avec déférence devant lui en le regardant comme un maître est agir en bodhisattva.

mercredi 8 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva 2

6. Quiconque grâce aux conseils de qui les défauts s'atténuent en soi et les qualités augmentent comme la lune croissante, est un parfait ami spirituel, et le chérir plus encore que son propre corps est agir en bodhisattva.

7. Enchaînées qu'elles sont elles aussi dans les geôles du samsara, les déités mondaines ne peuvent protéger quiconque. C'est pourquoi, prendre refuge en les Trois Joyaux qui jamais ne déçoivent qui s'adressent à eux, est agir en bodhisattva.

8. Les insoutenables souffrances des états infortunés sont les fruits des karma négatifs, a expliqué le Mouni. C'est pourquoi, fût-ce au prix de la vie, ne jamais commettre de mauvais karma est agir en bodhisattva.

9. Les bonheurs des trois mondes, tels la rosée à la pointe d'un brin d’herbe, sont dans l'instant périssables. La suprême libération étant immuable, diriger son intérêt vers elle est agir en bodhisattva.

10. Quand ces mères qui depuis la nuit des temps t'ont prodigué leur affection, sont dans la souffrance, que faire d'un bonheur limité à toi ? C'est pourquoi engendrer l'esprit d'Eveil en vue de libérer les  infinités d'êtres est agir en bodhisattva.

lundi 6 août 2018

Les 37 pratiques de bodhisattva (Gyälsè Thogmé Zangpo) 1

 Traduction de Marie-Stella Boussemart - août 2018

Namo Lokeshvara

Tout en voyant que les existants sont tous dénués d'apparition et disparition,
Avec ardeur, vous vous consacrez au bien des êtres ;
Maîtres suprêmes et Protecteur Avalokiteshvara,
Avec respect je vous rends continument hommage par les trois portes.

Les parfaits Bouddhas, sources de bienfait et bonheur,
Naissent de l'accomplissement du sublime Dharma.
Comme cela suppose de savoir le mettre en pratique,
J'exposerai ici les pratiques des bodhisattvas.

1. En cette occasion où tu as un précieux corps humain, vaisseau si difficile à obtenir, écouter, réfléchir et méditer jour et nuit sans distraction en vue de libérer toi-même et autrui de l’océan du samsara, est agir en bodhisattva.

2. Quand envers les proches, les flots d'attachement t'emportent, qu'envers les ennemis, le feu de l'aversion t'embrase, que les ténèbres de l'ignorance font sombrer dans l'oubli ce qui est à rejeter et à effectuer, quitter la patrie est agir en bodhisattva.

3. Tout objet délétère mis au ban, les facteurs perturbateurs s'étiolent peu à peu. Hors distraction, la pratique vertueuse s'épanouit naturellement. D'un esprit limpide naît  la certitude en le Dharma. Cultiver la solitude est agir en bodhisattva.

4. Les amis de longue date sont séparés. Les biens acquis avec acharnement sont laissés derrière soi. L’auberge du corps est abandonnée par la conscience, son hôte. Bannir tout souci envers cette vie est agir en bodhisattva.

5. Quiconque au contact de qui les trois poisons s'amplifient, l’écoute, la réflexion et la méditation s'altèrent et l'amour et la compassion s'évaporent, est un mauvais ami et le rejeter est agir en bodhisattva.

dimanche 5 août 2018

Les pratiques de bodhisattva selon Gyälsè Thogmé Zangpo

Les geshe kadampa sont réputés entre autres pour leurs enseignements limpides et percutants.

Parmi eux, Gyälsè Thogmé Zangpo (1295-1369) a composé une instruction à propos des 37 pratiques de bodhisattva. Comme dans tout lamrim, cela commence par une exhortation à tirer parti de la précieuse existence humaine dotée des 8 libertés et des 10 attributs qui rendent possible la pratique du Dharma.

1.     En cette occasion où l'on a un précieux corps humain, vaisseau si difficile à obtenir, écouter, réfléchir et méditer jour et nuit sans distraction en vue de libérer soi-même et autrui de l’océan du samsara, est agir en bodhisattva.

samedi 4 août 2018

Difficile de pratiquer seul

Si vous êtes vraiment intéressés par le bouddhisme, si vous avez vraiment envie d'étudier, de pratiquer, la première chose à faire serait de vous informer pour savoir où se trouvent actuellement les Maîtres qualifiés pour donner des enseignements.
Désormais, lorsqu'on entend parler d'un Maître authentique, on peut sans difficulté se rendre auprès de lui pour étudier avec lui. Autrefois, les Tibétains, lorsqu'ils voulaient aller auprès d'un Maître, devaient partir à pied en portant sur leur dos leurs bagages, mais maintenant, il suffit de prendre l'avion, et en quelques heures on est arrivé.

Mais si on veut étudier, pratiquer, il faut également un entourage propice. On doit avoir des amis dans le Dharma.

Ce que l'on entend par entourage favorable pour la pratique, par amis dans le Dharma, ce sont les personnes qui montrent le bon exemple, qui elles-mêmes s'efforcent d'être constamment attentives à leurs attitudes, à leur conduite.

Supposons que l'on soit en compagnie d'un ami et que soi-même on ait envie par exemple de fumer. On va peut-être se dire : "Si je fume, il ne va peut-être pas être content ; cela va le déranger."
Si en pensant à l'autre personne et à ses réactions, on s'abstient de quelque chose qu'il vaut mieux éviter, cela indique qu'il est un ami dans le Dharma.
En fait, chaque fois que l'on serait tenté d'accomplir une action plutôt négative, défavorable, mais qu'on s'en abstient en pensant aux réactions éventuelles de l'ami en craignant l'opinion qu'il pourrait avoir de nous, en craignant les reproches qu'il pourrait nous faire, cela veut dire que cet ami est un ami dans le Dharma. Par contre, les compagnons avec lesquels on va s'amuser, se promener, rire, ce ne sont pas toujours des amis dans le Dharma !

Puisque nous parlons d'étudier, de pratiquer le Dharma, le bouddhisme, lorsque nous étudions un certain sujet, lisons un texte et qu'il y a quelque chose que nous ne comprenons pas, s'il se trouve une personne à laquelle nous pouvons poser des questions et qui peut éclaircir nos doutes, cette dernière est un ami dans le Dharma.

Actuellement, nous réunissons tous un grand nombre de conditions favorables pour la pratique. Il nous reste maintenant à faire des efforts. Nous devons déployer de l'énergie et étudier le plus possible. Lorsqu'on étudie, on ne doit jamais être complètement satisfait, on ne doit jamais penser que maintenant cela suffit, que l'on a suffisamment étudié.


Extrait d'un Enseignement de Gen Tati - 1984

vendredi 3 août 2018

Appartement à vendre à Veneux

Pour info, à l'intention de celles et ceux qui chercheraient un appartement sur Veneux-Les Sablons

A vendre
Appartement traversant avenue de Fontainebleau,Veneux-Les Sablons
F3 d'environ 60 m2 constituant le 1er étage d'un petit immeuble, au-dessus de deux bureaux au rez-de-chaussée (pas d'autres voisins).
La cuisine donne sur un balcon. Les WC sont séparés de la salle de bains.
Entrée privative, grenier sur toute la surface et cave.
Proche de la gare, des commerces, des écoles (cad tout près des Instituts)

Prix Net Vendeur : 140.000€ négociable  
Pas de frais d'agence
Charges de copropriété : 117 € annuels (assurance)
Notaire : Madame Hamon 01 60 70 06 11 (Office de Maître Hautebas)



A mon avis (après visite des lieux), du fait de l'absence d'autre occupant en dehors des heures de bureau, cet appartement conviendrait bien à des personnes qui 
        - voudraient éviter les bruits de voisinage,
        - souhaiteraient faire de la musique ou bricoler tard le soir, voire toute la nuit.
Par ailleurs, il est parfait pour jouer à cache-cache. :-) 


jeudi 2 août 2018

Lamrim insolite

Pour méditer les étapes de la voie communes avec les pratiquants de motivations inférieure et moyenne, que diriez-vous de cette base un peu inattendue mais éloquente ? 
 
On raconte que, sur le point de mourir, Alexandre Le Grand convoqua ses généraux et leur communiqua ses dernières volontés, en trois points :
1 - Que son cercueil soit transporté à bras d'homme par les meilleurs médecins de l'époque ;
2 - Que les trésors qu'il avait acquis (argent, or et gemmes) soient dispersés tout le long du chemin jusqu'à sa tombe ;
3 - Que ses mains restent à l'air libre se balançant en dehors du cercueil à la vue de tous.

L'un de ses généraux, étonné de ces requêtes insolites, demanda à Alexandre quelles en étaient les raisons et s'attira les explications suivantes :
1 - Je veux que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer que face à la mort, ils n'ont pas le pouvoir de guérir.
2 - Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels restent ici-bas. Nous ne pouvons rien en emporter.
3 - Je veux que mes mains se balancent au vent pour montrer que nous arrivons dans ce monde les mains vides et que nous en repartons les mains vides quand s'épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous : le temps.

De la concentration

La concentration est un facteur mental, l'un des cinq facteurs "déterminants", ou disons "à objets déterminés" (yul nges lnga).

La concentration, samadhi en sanskrit, est décrite comme étant un facteur mental qui se pose de manière constante et régulière sur un objet conçu, cad un objet qu'on se représente mentalement. Autrement dit, dans notre contexte, les objets extérieurs ne sont pas des objets de concentration.
Celle-ci sert de base à la sagesse, autre facteur mental à objet déterminé.

Au fur et à mesure que serait développée cette qualité (que tout un chacun possède donc ne serait-ce qu'un peu), la concentration reçoit divers noms.

Elle est dénommée shamatha (zhi gnas en tibétain) - calme mental - dès que les obstacles de la mollesse et de la dispersion ayant été surmontés, la maniabilité dite "immuable" a été obtenue.

La concentration peut ensuite être encore développée en les quatre dhyana (bsam gtan) puis les quatre samapatti (snyoms 'jug).

Les quatre dhyana sont ... le premier, le second, le troisième et le quatrième, tout simplement.
Ils constituent le monde de la forme.

Les quatre samapatti sont :
1. la sphère de l’espace infini,
2. la sphère de la conscience infinie
3. la sphère du néant
4. la sphère de l’absorption sans identification, alias sommet du samsara
Ils constituent le monde du sans-forme.

Le calme mental relève quant à lui du monde du désir.

NB Tous ces états de concentration, y compris les plus élevés, ne sont pas d'eux-mêmes des qualités définitives.
Pour les rendre irréversibles, il faut leur allier d'autres qualités :
soit - au minimum - le renoncement au samsara,
soit - c'est mieux - l'esprit d'Eveil,
l'un comme l'autre devant avoir atteint le second stade du premier chemin (chemin de l'accumulation) pour être désormais à l'abri de toute régression.

Méditer utile

Nous devons reconnaître nos propres défauts, nos souffrances, et à partir du jour où nous aurons vraiment bien compris que notre corps est de la nature de la souffrance, qu'il est porteur et générateur de souffrance, nous aurons obtenu une réalisation de la voie.
Si nous avons quelques prétentions à la méditation, nous pourrions avec bénéfice réfléchir de la sorte. Si nous réfléchissons ainsi sur la nature de souffrance du samsara, que nous soyons en train de marcher, debout assis, nous serons toujours en train de méditer.
Pour méditer, il n'est nullement nécessaire de s'installer les jambes croisées sur un coussin !...


Extrait d'un Enseignement de Gen Tati - 1984

mercredi 1 août 2018

Le samsara, un beau pétrin !

Être dans le samsara, c'est se trouver dans un beau pétrin ! 
Parce que, pour ce qui est de trouver des conditions favorables à la pratique, on a beau chercher, il est extrêmement difficile de découvrir de bons amis qui nous permettent de progresser. A l'inverse, les conditions adverses, ce n'est pas la peine de nous mettre en quête ; elles sont toujours là, tout autour de nous. Nous avons parfois peur des fantômes, des esprits soi-disant malfaisants, mais pourquoi les craindre ? En fait, ils ne peuvent guère nous nuire. Par contre, tous ces prétendus amis qui se montrent tellement aimables avec nous et qui nous entraînent vers le bas, là, il y a de quoi être effrayés.

Qu'est-ce qui est nuisible à un bon pratiquant ? Les mauvais amis, mais également la notoriété, la renommée, ainsi que les postes haut placés. Pourquoi ? Parce que plus on s'élève dans les rangs de la société, plus on acquiert de renommée et plus on se trouve soumis à toutes sortes d'obligations, tant et si bien qu'on n'a plus guère de loisir pour la pratique du Dharma.
 

Extrait d'un enseignement de Gen Tati - juillet 1990