vendredi 28 décembre 2012

Cartes de voeux

La fin d'année approche à grands pas, en dépit des températures anormalement douces qui nous font oublier être en décembre.

Nous allons bientôt nous échanger force voeux de bonheur et de santé. Ca, c'est très bien. Contrairement à beaucoup de gens qui crient au conventionnalisme, j'apprécie la tradition des cartes de voeux, car cela permet - je trouve - de garder ou de reprendre le contact avec des personnes que, sinon, on perdrait totalement de vue.

Mais depuis quelques années, j'éprouve quelques appréhensions quand j'ouvre les enveloppes libellées par des amis bouddhistes : la mode est d'envoyer des cartes représentant des Bouddhas, des Maîtres (surtout Sa Sainteté) ou des moines.

D'où la question : qu'en faire ensuite ? Franchement, vous, vous gardez toutes les cartes reçues au fil des années ? Comment faites-vous pour les stocker ?

J'ai la chance d'habiter dans une petite ville et d'avoir un petit jardin, ce qui me permet de brûler les papiers dont je n'ai plus besoin. MAIS jeter au feu des représentations des Trois Joyaux, ça me gêne. Et le mot est (très, trop) faible.

Oui, je sais qu'il faudrait réciter certains mantra (il faudrait les connaître) ou méditer la vacuité (il faudrait en être capable), car cela aurait pour effet d'atténuer la faute commise. D'atténuer, et pas d'éviter !

Et puis, écrire des frivolités (même fort aimables) au dos de photos des Bouddhas ou de Maîtres, je dois avouer que cela semble un peu sacrilège. Il est exact que je suis ringarde et vieux jeu... Aussi m'abstiendrai-je d'exprimer ce que je pense du fait de commercialiser ce genre d'images, surtout quand on est bouddhiste. (En revanche, les offrir ou les céder à prix coûtant, je n'y vois pas d'inconvénient.)

J'ajouterai que je rencontre ce problème non seulement avec les cartes de Nouvel An, mais aussi avec les programmes des Centres bouddhistes. Et je ne suis pas un cas isolé d'après ce que j'entends dire autour de moi.

Au Tibet, les objets sacrés usés ou détériorés, y compris un feuillet, ou un bout de page déchirée, étaient placés, avec respect, dans des stupa. Ici, ce genre d'édifice est un peu moins courant... Hélas.

Ma conclusion (très personnelle, et qui n'engage que moi) : c'est très gentil à vous de nous souhaiter tout le bonheur du monde. Pour que cela puisse se réaliser, aidez-nous à ne pas accumuler nombre de karma non-vertueux quand nous sommes obligés de jeter ou brûler vos missives. Envoyez-nous des fleurs ou de jolis paysages enneigés.

Si vous tenez essentiellement à nous permettre d'accumuler de bonnes empreintes grâce à la rencontre avec une représentation d'un Bouddha ou d'un Maître, pourquoi ne pas écrire votre petit mot sur une feuille séparée ? Comme cela, quand nous mettrons votre carte dûment encadrée sur notre autel, le verre n'accentuera pas vos énergiques coups de stylo.

Merci de nous aider à respecter les préceptes consécutifs à la prise de Refuge en les Trois Joyaux - Bouddha, Dharma et Sangha. Y compris en période de fête.

mardi 25 décembre 2012

Du respect envers toutes les traditions

Au IIIe siècle avant J.-C., le grand empereur bouddhiste de l'Inde, Asoka, déclarait dans un de ses édits gravés dans le roc :

"On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cette raison-ci ou pour cette raison-là. En agissant ainsi on aide à grandir sa propre religion et on rend aussi service à celles des autres. En agissant autrement, on creuse la tombe de sa propre religion et on fait aussi du mal aux religions des autres. Quiconque honore sa propre religion et condamne les religions des autres, le fait bien entendu par dévotion à sa propre religion, en pensant "je glorifierai ma propre religion". Mais, au contraire, en agissant ainsi, il nuit gravement à sa propre religion. Ainsi la concorde est bonne. 

Que tous écoutent et veuillent bien écouter les doctrines des autres religions."

Source : Walpula Rahula, L'Enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens

lundi 24 décembre 2012

Joyeux Noël

Puissent tous les êtres connaître le bonheur !

Puisse la Paix s'installer en-dedans et en-dehors !

dimanche 16 décembre 2012

Kalama Sutra


Kâlâma Sutra

L'accès au libre examen

1-     Se fier à l'Enseignement et non à l'enseignant
2-      Se fier au sens et non à la lettre
3-     Se fier au sens ultime et non au sens littéral
4-     Se fier à la sagesse et non à la conscience (mentale ordinaire).

Extrait de l’Anguttara-Nikâya (Les Sermons du Bouddha de M. Wijayaratna)


Les Kâlâmas, habitants de Kesaputta, rendirent alors visite au Bhagavat. S'étant assis ainsi à l'écart sur un côté, ils s'adressèrent au Bhagavat et dirent: "Ô vénérable Gautama, il y a des religieux et des brahmanes qui arrivent à Kesaputta. Ils exposent et exaltent seulement leur propre doctrine, mais ils condamnent et méprisent les doctrines des autres. Puis d'autres religieux et brahmanes arrivent aussi à Kesaputta. Eux aussi exposent et exaltent leur propre doctrine et ils méprisent, critiquent et brisent les doctrines des autres. Ô Vénérable, il est un doute, il est une perplexité chez nous à propos de ces diverses opinions religieuses. Parmi ces religieux et ces brahmanes, qui dit la vérité, qui dit des mensonges ?"

Le Bhagavat s'adressa alors aux Kâlâmas et dit : "Il est juste pour vous, ô Kâlâmas d'avoir des doutes et d'être dans la perplexité. Car les doutes sont nés en vous à propos de points douteux. Venez, ô Kâlâmas, ne vous laissez pas guider par les paroles rapportées, ni par la tradition (religieuse), ni par la rumeur. Ne vous laissez pas guider par l'autorité de textes religieux, ni par la simple logique ou allégation, ni par les apparences, ni par la spéculation sur des opinions, ni par des vraisemblances possibles, ni par la pensée : "ce religieux est notre maître spirituel". Ô Kâlâmas, lorsque vous savez par vous-mêmes que telles choses sont mauvaises, qu’elles sont blâmables, qu’elles sont condamnées par les sages et que, mises en pratique, elles conduisent au mal et au malheur, abandonnez-les. Maintenant je vous demande: "Que pensez-vous, ô Kâlâmas ? Lorsque l’attachement apparaît chez quelqu'un, cette attachement apparaît-elle pour le bien de cet individu ou son mal ?"
Les Kâlâmas répondirent: "Ô vénérable, l’attachement apparaît pour le mal de cet individu."
- Ô Kâlâmas, en se donnant à l’attachement, étant vaincu par l’attachement, étant enveloppé mentalement par l’attachement, un tel individu tue des êtres vivants, commet des vols, s'engage dans l'adultère et profère des paroles mensongères. Il pousse un autre à accomplir aussi de tels actes De tels actes entraînent-ils son mal et son malheur pour longtemps ?
- Certainement oui, Ô Vénérable !
(Dialogues similaires à propos de l’aversion et l’ignorance)

Maintenant, qu'en pensez-vous ô Kâlâmas? Ces choses sont-elles bonnes ou mauvaises ?
- Ô Vénérable, ces choses sont mauvaises !
- Ces choses sont-elles blâmables ou louables ?
- Ô Vénérable, ces choses sont blâmables !
- Est-ce que ces choses sont censurées ou pratiquées par les sages ?
- Ô Vénérable, ces choses sont censurées par les sages.
(Dialogues similaires sur l'absence d'attachement d’aversion et d'ignorance, cette fois avec le bien-être et le bonheur comme conséquences)

Le Bhagavat dit : "C'est pourquoi, ô Kâlâmas, nous avons déjà dit : il est juste pour vous d'avoir un doute, d'être dans la perplexité... Cependant, ô Kâlâmas, lorsque vous savez vous-mêmes que certaines choses sont favorables, que ces choses louables sont pratiquées par les sages ; que, lorsqu'on les met en pratique, elles conduisent au bien et au bonheur, pénétrez-vous de telles choses et pratiquez-les.
Ô Kâlâmas, le disciple noble qui s'est ainsi séparé de l’attachement, de l’aversion, de l’ignorance, ayant une compréhension claire et une attention de la pensée, demeure faisant rayonner la pensée d’amour (bienveillance) dans une direction du monde et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au-dessous, au travers, partout dans la totalité en tout lieu de l'univers ; il demeure faisant rayonner la pensée d’amour, large, profonde, sans limite, sans aversion et libérée de malveillance...
(Discours similaires à propos de la pensée de compassion, de la pensée de joie, de la pensée d'équanimité - les quatre pensées infinies).

"Ô Kâlâmas, le disciple noble qui a une pensée ainsi libérée de l’aversion, de la malveillance, qui a une pensée non souillée et une pensée pure, est quelqu'un qui obtient les quatre assurances, ici et maintenant, en songeant :
« Supposons qu'il y ait, après la mort, des résultats pour les actes bons ou mauvais (accomplis avant la mort). En ce cas, il est possible pour moi de naître après la dissolution du corps, après la mort, dans un des cieux ou se trouvent des bonheurs célestes ». Telle est la première assurance.
« Supposons qu'il n'y ait pas, après la mort, de résultats pour les actes bons et mauvais (accomplis avant la mort). Tout de même, ici et maintenant, dans cette vie, je demeure sain et sauf avec une pensée heureuse, libérée de l’aversion, de la malveillance. » Telle est la deuxième assurance.
« Supposons que des mauvais résultats tombent sur l'individu qui a accompli des mauvaises actions. Quant à moi, je ne souhaite aucun mal à personne. Alors comment se pourrait-il qu'un mauvais résultat tombe sur moi qui ne fais aucune action mauvaise ? » Telle est la troisième assurance.
«  Supposons que des mauvais résultats ne tombent pas sur l'individu qui fait des actions mauvaises. Alors dans ces deux cas, je trouve que je suis pur. » Telle est la quatrième assurance.



vendredi 7 décembre 2012

Rencontres avec les moines tibétains du Monastère Gyuto au Couvent du 222

Couvent de l'Annonciation

222 Fbg Saint-Honoré 75008 Paris

 

 

Enseignements du Lamrim à Mundgod décembre 2012

Publiée le 1 déc. 2012 par gyalwarinpoche

Morning Session of the first day of His Holiness the Dalai Lama's teachings on the 18 Great Stages of the Path (Lam Rim) Commentaries, including Atisha's "Lamp for the Path to Enlightenment (jangchup lamdron)", Tsongkhapa's "Great, Middling, and Concise Treatises on the Stages of the Path to Enlightenment (lamrim chenmo, lamrim dringpo and lamrim dudon)", and 14 other classic Lam Rim texts at Gaden Monastery and Drepung Monastery in Mundgod, Karnataka, India on November 30 - December 13, 2012. His Holiness speaks in Tibetan with a simultaneous English translation. (www.dalailama.com)



Publiée le 2 déc. 2012 par gyalwarinpoche
Afternoon Session of the first day



Voir les autres vidéos sur youtube

Miktsema - invocation de Je Tsongkhapa

Le saviez-vous ?
En fait, cet hommage a été composé par ... Je Rinpoche (c'est à dire Je Tsongkhapa) pour célébrer son Maître Redawa (de lignée Sakyapa). Mais son Maître le lui a retourné en disant que lui-même n'en était pas digne.



Video (youtube) in honor of the founder of the Gelug lineage, Lama Tsong Khapa. Chanted by Lama Ngawang Thogmey (Drepung Loseling). Recorded in san Antonio, Texas.

Ganden Namchö



Demain (samedi 7 décembre), nous célèbrerons le Ganden Namchö en allumant force lumières.

Vous vous rappelez sans doute qu'il s'agit de la commémoration du passage en nirvana de Je Rinpoche, c'est à dire Je Tsongkhapa.
Il sera donc bien aussi, pour ceux qui le connaissent, de réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche, et bien sûr de formuler des voeux pour suivre ses traces.

vendredi 16 novembre 2012

Les moines de Gyutö à Veneux le 8 décembre


Auto-immolations

Un moine bouddhiste britannique, qui résidait au monastère de Nalanda dans le Tarn, s'est aspergé la tête avec le contenu d'un bidon d'essence  puis y a mis le feu le jeudi 15 novembre. Des condisciples l'ont retrouvé mort.

Impossible de savoir à ce stade de l'enquête s'il s'agit d'un suicide "ordinaire", ou d'un acte de "solidarité" avec les 70 Tibétains qui se sont ainsi donné la mort ces deux dernières années.

Il ne m'appartient pas de juger qui que ce soit, et encore moins de condamner,  surtout sans connaître les motivations des uns ou des autres,  ni leur niveau de réalisations.

Pour m'en tenir à des propos généraux, à ce que j'ai cru comprendre du Dharma, le Bouddha prône la voie du milieu, qui exhorte à la sagesse, à l'amour et à la compassion, ainsi qu'au respect de la vie.

Le bouddhisme  proscrit sans ambiguïté le suicide, qui entraîne entre autres effets karmiques 500 renaissances consécutives pour le moins défavorables.
Il admet le sacrifice de sa propre vie mais exclusivement dans le cas très spécifique où cela s'avère l'unique solution pour protéger d'autres vies, avec une motivation pure et empreinte de compassion.

Oui, les Jataka (récit des vies antérieures du Bouddha) racontent que le futur Bouddha Shakyamouni a un jour donné sa vie à une tigresse affamée pour qu'elle nourrisse ses petits. Mais il était bodhisattva et agissait par pur altruisme, sans l'ombre d'un intérêt personnel, sans revendication ni attente.

Du point de vue historique, contrairement à ce qui est souvent désormais écrit dans des articles, l'auto-immolation n'est en rien une coutume du Tibet, mais elle avait cours ... en Chine et dans certains pays d'Asie du Sud-Est.

Terrible ironie, tragique ironie, qui fait que des dizaines de Tibétains, souvent très jeunes (et influençables), adoptent une coutume chinoise pour dénoncer l'occupation chinoise !


dimanche 11 novembre 2012

Drugpa Kunleg

Merci à Michel B. pour cette anecdote

Des moines au maintien grave se rendent au monastère afin d'y renouveler leurs vœux. A côté du sentier où défilent les Vénérables, dans l'éclat des robes jaunes de cérémonie, chemine un yogi loqueteux et, selon toute apparence, dérangé.
En effet, on peut le voir contourner avec mille précautions les petits cailloux, qu'un autre n'apercevrait sans doute pas, et enjamber gaillarde
ment de gros rochers. Intrigué par sa conduite, l'un des moines s'approche et lui demande : 
"Que fais-tu ?
- C'est, répond Drugpa Kunleg (1) que je suis votre exemple : d'une scrupuleuse vétilleuse en ce qui concerne les peccadilles, je suis beaucoup plus souple pour ce qui est des fautes importantes...
 
(1) Grand Yogi tibétain, célèbre par son non-conformisme et sa verve satirique.

1000 year Lord Atisha coming to Indonesia



Vidéo publiée le  2 juin 2012 par
 
1000 years ago, Ven. Lord Atisha defied the ocean for 13 months just to find the precious teacher from Swarnadwipa (now called Indonesia). Now, the same teacher compassionately willing to take long hour flight just to teach us.
Can you imagine how fortunate we are? Should we put our best efforts to meet and receive teaching from Him??

Coming soon
2012 International Lamrim Festival

Further info: www.kadamchoeling.or.id
Be our friend on www.facebok.com/dagporinpoche.lamrimretreat
Follow us on @DagpoRinpocheLR

vendredi 26 octobre 2012

Site de Mes Aynak (Afghanitan)


Après la disparition des Bouddhas de Bamiyan, chefs d’œuvre de l’art gréco-bouddhique dit du Gandâra, un autre site archéologique majeur est menacé en Afghanistan, celui de Mes Aynak. Il devrait disparaître d’ici la fin de l’année pour permettre l’exploitation du cuivre.

 


dimanche 21 octobre 2012

Sur le chemin de Bouddha par Alexandre Jollien


Vidéo ajoutée par le  6 avril 2011
 
Le laboratoire philosophique des HUG. Extrait de la conférence d'Alexandre Jollien du 15 avril 2010
Sur le chemin de Bouddha, à la recherche des antidotes.
"Un mot peut-être sur la parole juste: C'est s'abstenir non seulement de mentir, mais d'exagérer et de blesser. C'est s'abstenir de vanter l'autre, de critiquer l'autre.
Il y a de quoi faire. "

"Le Bouddha n'a jamais fait cas des castes. C'est un peu comme Jésus, d'ailleurs il n'y a pas de « juifs » ou de « non-juifs », il n'y pas de parias ou de brahmanes, c'est la personne humaine."
Alexandre Jollien se nourrit des philosophes et cite les textes avec une interprétation possible de leur pensée.
Pour commander le DVD avec l'intégralité de la conférence: http://setmc.hug-ge.ch/infos_soignants/Laboratoire_philo.html

Organisé par le Pr Alain Golay
Service d'enseignement thérapeutique pour maladies chroniques

samedi 20 octobre 2012

De la convoitise

 La convoitise figure au nombre des dix non vertus. Elle est la plus légère parmi les trois non vertus de l'esprit, mais elle est redoutable car elle apparaît aisément, et passe très souvent inaperçue.
 
Dans le Lamrim de la lignée du Sud, elle est définie en ces termes : "La convoitise : la base est un bien appartenant à autrui ; on l'identifie en tant que tel et, du fait de la présence [en nous] de cinq éléments : attachement pour nos biens personnels, esprit d'accumulation, goût pour les biens d'autrui, envie [de nous les approprier], occultation de la honte et des inconvénients ; sous l'effet de l'un des [trois] facteurs perturbateurs, la motivation consiste en un vif désir d'entrer en sa possession, l'action en le fait de déployer des efforts à cette fin et l'accomplissement en le souhait d'y parvenir."
De toute évidence, la convoitise est un aspect revêtu par l'attachement. Comme son nom l'indique, elle consiste à avoir envie de quelque chose qu'on n'a pas. Déjà que naturellement, on a facilement envie de ce qu'ont les autres, mais en plus, avec le bombardement publicitaire qu'on subit partout et tout le temps, cette tendance n'ira pas en s'arrangeant d'elle-même si on n'y met pas bon ordre.
Comment combattre la convoitise ? Par exemple, en pensant au caractère vain car éphémère des objets de convoitise ; en prenant l'habitude d'apprécier ce que l'on a déjà, et ainsi de s'en contenter ; en optant pour la modération et la sobriété ; en évitant le plus possible les tentations, etc., etc. Cela ne suffira pas pour l'éradiquer - car seule la compréhension directe du non soi en sera capable - mais cela entraînera déjà un progrès non négligeable. Et on sera nettement plus tranquille et plus heureux.

C'est l'esprit qui est non violent



Article de David Marcho : interview de Rinpoche lors de l'Enseignement  au Louverain (Suisse) mi-octobre 2012.
                   

mardi 2 octobre 2012

La vie de Bouddha



Vidéo ajoutée par le 14 févr. 2012
 
Du Népal au sud de l'Inde, un voyage unique sur les traces de Bouddha qui confronte les légendes transmises depuis des millénaires et les plus récentes découvertes archéologiques. Avec des images superbes.

Il y a plus de 2 500 ans, le Bouddha Sakyamuni atteignait le Grand Nirvana. Aujourd'hui, la moitié de la planète est influencée par la pensée de celui qui fut le premier et le plus grand des révolutionnaires. Mais qui était véritablement l'homme qu'on a appelé le Bouddha ?

Siddharta, fils du roi Suddhodan, est né entre 566 et 430 avant J.-C., au pied des contreforts de l'Himalaya. La famille du futur Bouddha appartenait à la tribu des Sakya. Dans la vallée de Katmandou, au Népal, se trouve encore une tribu bouddhiste du même nom. Depuis des milliers d'années, leurs conteurs transmettent l'histoire de Siddharta...

En confrontant les légendes transmises oralement depuis des millénaires, les récentes découvertes archéologiques et les sources historiques, le documentaire retrace la vie du Bouddha Sakyamuni et tente de mieux appréhender une pensée dont le sens fut souvent détourné. Avec la participation de Thich Nhat Hanh, moine bouddhiste vietnamien, et du Dr Robin Coningham, maître de conférence au département des sciences archéologiques de l'université de Bradford.

dimanche 16 septembre 2012

Du bonheur









Vidéos ajoutée par le 27 avril 2010

samedi 15 septembre 2012

Rinpoche en Malaisie en décembre 2011


Vidéo publiée le 14 mai 2012 par
 
In a candid session filmed during a recent visit to Kadam Tashi Choe Ling Malaysia in December 2011 , Rinpoche briefly answered a series of pertinent questions about Buddhism and the Centre in Malaysia which we hope may provide viewers some basic insight on these topics.

Rinpoche addresses issues such as the purpose for practicing Buddhism , and what it meant for one to practice Buddhism . Rinpoche explains what it is to be taught the Lam Rim and in the context of the Dharma Centre Kadam Tashi Choe Ling suggests how one could learn to contribute towards society as a whole. The conversation places Kadam Tashi Choe Ling as followers of the Kadampa school and also given the diversity of religions found in the world , Rinpoche expressed how he viewed Buddhism would fit in , and finally touching on what he felt for oneself to be ultimately labelled as Buddhist.In a candid session filmed during a recent visit to Kadam Tashi Choe Ling Malaysia in December 2011 , Rinpoche briefly answered a series of pertinent questions about Buddhism and the Centre in Malaysia which we hope may provide viewers some basic insight on these topics.

Session d'hiver 2011 dans les monastères gelugpa







Vidéos publiées le  1 août 2012 par
 
Winter Inter Monastic Debate Meet 2011
This year's Jang Gun-choe / Winter Debate Festival was hosted in Sera Monastery from November 16- December 1.

Around 8000 monks from 11 different monasteries participated in the Debate; the main participating Institutes were Sera, Drepung, Gaden, Tashi Lhunpo, Gyutoe, Gyudme, Rato and Dhakpo Shedrup Dhargeyling monasteries.

On Monday the 21st of Nov. Sera Mey Moanastery played host to the Overnight Debate; Sera Mey, Shartse and Loselingput questions and debated fiercely for an hour each with Sera Jey, Jangtse and Gomang who answered and defended their positions strongly. The ceremony was honored by JangtseChoeje Rinpoche -- 2nd in line to the GadenTripa - and Abbots of the participating monasteries.

The Jang Gun-choe or the Great Winter Debate of Janghas been an integral part of independent Tibet just as many other annual festivals typical of traditional Tibetan Buddhism. The Debate mainly consist of the earnest and most competent scholars from the Three Great Seats of Learning - Sera, Drepung and Gaden with additional scholar-students from TashiLhunpo-considered as the Fourth Great Seat of Learning then -- and the monks from the host monastery, Rato of Jang and hence the name (Tib: Jang, Gun,=Winter=Choe,=Debate)

Though the illegal intrusion and later invasion of Tibet by Chinese military force demolished monasteries in thousands and wiped out a number of Tibet's integral culture and the Tibetan Buddhism also faced a serious deterioration, much of these important heritages such as the Jang Gun-choe were restored and celebrated in exile each year without fail to this day.

The primary course of study during the Winter Debate is Pramanavartika (Tib; TsemaNamdrel) by AcharyaDharmakirti on subjects such as epistemology, valid cognition, dialectics and the Art of Liberation.

A daily program starts like this:
9: AM. Morning Debate for two hours.
6: PM. Evening IntercollegiateDiscussions for 1.5hr followed by an hour of individual debate with a mutual adversary.
9: PM. Late night debate for 2hrs. A number of serious students continue to debate to the wee hours of 2: AM.

Additionally an Overnight Debate was held on the last night of the 2nd and 4th week. Though the festival was traditionally held for a month, due to some forthcoming schedule it was shortened to 16 days this year.

mardi 4 septembre 2012

« La fin de vie en questions … autres regards »

Pour info :


La Conférence publique sera présidée par Jacques SAMOUELIAN, président du Conseil National du Droit Humain.
Les intervenants seront :
- Anne-Marie DICKELE, Psychologue à l’unité Mobile de soins palliatifs du CHRU de Montpellier. Elle est membre du CCNE.
 - Pierre MATHIOT, Directeur de l’Institut d’études politiques  de Lille/ Sciences Po Lille. Professeur des Universités en Science  Politique. Chercheur au CERAPS.
- Jean-Luc ROMERO, Président de l’association pour le Droit de Mourir dans la Dignité.
 
° La Conférence Publique :
Samedi 13 octobre 2012 à 14H00
Fédération Française du Droit Humain.
9 rue Pinel -75013 PARIS
Contact : co ntact@apfdh.org
Téléphone: 01 44 08 62 62

mardi 28 août 2012

Daniel Chevassut, fondateur et animateur de la consultation de la souffrance au CHU Nord de Marseille


Réflexions d’un médecin bouddhiste par sakiamuni

Emission Sagesses Bouddhistes du 07 janvier 2010

Présentation : Aurélie Godefroy / Réalisation : Michel Baulez

Réflexions d’un médecin bouddhiste pour les soignants et les soignés
Invité : Dr Daniel Chevassut

La voie bouddhique et la médecine répondent à un engagement commun qui concerne tous les êtres humains : celui de prendre en considération la souffrance et trouver les moyens de la soulager à tous les niveaux.

Daniel Chevassut, fondateur et animateur de la consultation de la souffrance au CHU Nord de Marseille, évoque son engagement, son expérience et le bien-être apporté aux malades.

http://www.bouddhisme-france.org/

samedi 25 août 2012

Interview de Rinpoche par Astrid Fossier en 2003




Quelques questions à Dagpo Rimpoché, maître spirituel du bouddhisme tibétain.
« Sa Sainteté le Dalaï Lama est le cœur de la nation, le point de rassemblement. Là où il se trouve, l’exil n’est pas absolu. »


Astrid Fossier, Paris, juillet 2003

Astrid Fossier :
Pouvez-vous vous présenter, raconter votre parcours ?
 
Dagpo Rimpoché :
Je suis né en 1932 dans la région du Kongpo, dans le sud du Tibet. Ma famille était noble et aisée, mon père étant gouverneur de la région. Très jeune j’ai été reconnu par le XIIIème Dalaï Lama comme la réincarnation d’un Maître prestigieux, Dagpo Lama Rimpotché Jampèl Lhundroup. Je suis rapidement entré au monastère où j’ai reçu une formation traditionnelle de jeune lama. Le monastère de Dagpo Datsang, où j’ai reçu les Enseignements, est réputé pour sa discipline rigoureuse en sus du bon niveau des études . Les jeunes lamas y sont astreints au régime commun, et n’ont pour privilège statutaire que le devoir de travailler plus et mieux que les autres! A 24 ans, je suis entré au grand monastère de Drépung Gomang près de Lhassa, pour y approfondir mes études (philosophie, etc.).
En 1959, je suis parti en exil et je suis arrivé en France dès 1960, dans le cadre d’études universitaires. J’avais effectivement obtenu une bourse Rockfeller. J’ai travaillé à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), avec le professeur Stein. Puis j’ai travaillé à la création des cours de langue tibétaine à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) et y ai enseigné la langue et la culture tibétaine jusqu’au moment de ma retraite. C’est pendant ces cours que j’ai formé la plupart des interprètes en tibétain actuels.
En 1978, j’ai créé un centre bouddhique qui a été reconnu il y a huit ans par le gouvernement français comme une Congrégation. Depuis, je donne des conférences en France mais aussi dans de nombreux pays d’Europe et d’Asie et j’apporte de l’aide aux réfugiés tibétains en Inde, notamment aux maisons de retraites, hôpitaux et monastères (en particulier aux monastères de Dagpo Datsang et Gomang Datsang).
J’ai également publié plusieurs textes et ouvrages dont une bibliographie, et suis de nombreuses fois intervenu à la radio et la télévision pour la défense du Tibet.

Astrid Fossier :
Vous habitez en France depuis de longues années et vous enseignez le bouddhisme aux français, que leur apprenez-vous ?
 
Dagpo Rimpoché :
Arrivé en France en 1960, j’ai longtemps refusé d’enseigner le bouddhisme aux français, disons aux occidentaux, car je n’en voyais pas l’utilité et estimais ne pas en avoir les compétences tant il y avait de grands maîtres auprès desquels il était alors possible de se rendre, en particulier les deux Tuteurs de Sa Sainteté le Dalaï Lama.
Mais en 1978, à la demande pressante d’amis occidentaux, et sur les conseils maintes fois répétés de mes Maîtres, je me suis résigné à apporter ma contribution dans ce domaine. Aux personnes qui en manifeste le désir, je tente d’exposer le bouddhisme d’une manière aussi authentique que possible.
En effet, le bouddhisme est une voie qui concourt au bonheur à travers un travail sur soi. En réussissant à prendre la maîtrise de son esprit, on se renforce, on devient plus heureux et de mieux en mieux capable d’aider les autres. Or, ceci peut être valable et utile pour tout le monde, pas seulement pour les bouddhistes. D’un autre côté, l’Enseignement du Bouddha est complet, il présente une parfaite cohérence interne et propose des méthodes éprouvées : toute « adaptation » du bouddhisme ne pourrait donc être qu’une dénaturation, à mon avis. D’où mon souci constant de transmettre les instructions du Bouddha dans toute leur pureté. Après, il appartient à chacun de décider de ce qu’il souhaite en faire.

Astrid Fossier :
Beaucoup pensent que certains occidentaux se tournent vers le bouddhisme par matérialisme spirituel, qu’en pensez-vous ?
 
Dagpo Rimpoché :
Selon moi, si quelqu’un éprouve un réel intérêt pour une religion, pas seulement pour le bouddhisme, c’est totalement incompatible avec quelque matérialisme que ce soit. N’oublions pas que la pratique bouddhiste concerne notre avenir au delà de cette vie, et que si l’on s’adonne à des activités comme la méditation etc. seulement pour des objectifs de notre vie actuelle, alors on est complètement en dehors de la pratique.

Astrid Fossier :
Vous êtes évidemment en contact avec la communauté tibétaine en France, comment les Tibétains vivent-ils l’exil ?
 
Dagpo Rimpoché :
Comment les Tibétains vivent-ils l’exil ? Aussi bien que faire ce peut ! Chacun essaie de gagner sa vie, éventuellement de fonder une famille stable, et ainsi de suite. De par leur culture, les Tibétains jouissent de deux atouts précieux : une grande capacité d’adaptation et une gaieté foncière.

Astrid Fossier :
L’éparpillement de la communauté tibétaine à travers le monde met en danger sa culture, qu’est-ce qui est fait pour préserver l’identité tibétaine ?
 
Dagpo Rimpoché :
Pour protéger au mieux la culture tibétaine, le gouvernement en exil a créé des écoles et délégué des représentants dans de nombreux pays. Mais surtout, il y a eu la reconstitution des grands monastères qui sont de véritables universités. Au travers de cela et d’autres entités, on s’efforce de transmettre aux jeunes les traditions tibétaines et notre culture.

Astrid Fossier :
{J’ai relevé dans un article d’Actualités Tibétaines, le journal de la communauté tibétaine en exil en France, ces propos de Claude B. Levenson : « L’effort commun de retrouver sa liberté doit devenir aussi l’affaire des Tibétains que la vie a lancé sur les chemins de l’exil, sans attendre que d’autres fassent à leur place ce qui devrait être leur priorité au-delà de toute ambition personnelle ». Que pensez-vous de ces propos? Les Tibétains de l’exil sont-ils désunis, inactifs?

Dagpo Rimpoché :
A mon avis, chaque Tibétain fait de son mieux. Nul ne peut aller au-delà de ses forces et de ses capacités.
Les Tibétains sont-ils désunis ? Cela dépend à propos de quoi. Tout un peuple continuellement unanime sur tous les points, cela me semble relever de l’utopie, et ce serait sans doute dangereux! Cependant concernant le Tibet, je crois qu’il y a au sein de la communauté en exil une aspiration unanime et légitime.
Sont-ils inactifs ? A nouveau cela dépend à propos de quoi. Sur le plan politique, je dirais plus inexpérimentés qu’inactifs. En revanche, dans certains domaines, les Tibétains peuvent être très actifs (en particulier les femmes Tibétaines qui débordent souvent d’énergie).

Astrid Fossier :
Nous avons vu que les échanges de plus en plus nombreux entre la communauté tibétaine en exil et le monde pouvaient mettre en danger l’identité culturelle de ces mêmes Tibétains, voire les pousser à ne plus suivre le Dalaï Lama et se tourner vers des moyens d’action plus violents. Pensez-vous que l’on puisse faire un parallèle entre perte d’identité et recours à la violence? Pensez-vous que le lien entre identité culturelle et paix soit toujours évident ?
 
Dagpo Rimpoché :
Selon moi, Sa Sainteté le Dalaï Lama constitue le cœur de la nation. Pour nous les Tibétains il est le point de rassemblement. Donc, là où il se trouve, l’exil n’est pas absolu…
Il y a presque une identification entre le Dalaï Lama et le Tibet. Cela ne signifie cependant pas que tous les Tibétains partagent dans leur intégralité les opinions exprimées par Sa Sainteté. Mais sur les points essentiels, l’union se fait aisément.
Peut-on faire un parallèle entre la perte de l’identité tibétaine et le recours à la violence ? A mon avis, sûrement pas. Tout d’abord, il ne faut pas amalgamer le bouddhisme et l’identité tibétaine. Les Tibétains ont maintes fois recouru à des moyens violents au cours de l’histoire. Les guerres ont été fréquentes, avec des pays frontaliers mais aussi parfois entre régions ou entre groupes de population. La différence est qu’à l’époque, les belligérants pouvaient espérer vaincre… De plus, même le bouddhisme n’exclut pas la violence et la force, mais en dernier recours bien sur, et à condition qu’elle puisse donner de bons résultats et qu’on en fasse usage sans haine.

Astrid Fossier :
Que signifie pour vous la paix au Tibet ? Autonomie ou indépendance ?
 
Dagpo Rimpoché :
Pour moi cela signifie que les Tibétains vivent libre chez eux. Autrement dit, si cette condition est remplie alors que de nombreux Chinois restent présents sur le territoire, pas de problème.

Astrid Fossier :
Certains pensent que la paix au Tibet n’est qu’une question politique, partagez-vous cette opinion ?
 
Dagpo Rimpoché :
Je ne pense pas que ce soit uniquement une question politique. D’autres facteurs entrent sans doute en jeu.

Astrid Fossier :
La religion peut-elle toujours être un outil de paix, quand on voit que dans certains pays elle est facteur de division?
 
Dagpo Rimpoché :
La religion, si elle est VRAIMENT appliquée, est sans aucun doute un outil de paix. Mais tout dépend de la façon dont on l’utilise.

Astrid Fossier :
Pour vous qui êtes un homme de foi, que signifie la paix, et existe-t-il une vision tibétaine de la paix ?
 
Dagpo Rimpoché :
Selon moi, en tant qu’homme de foi et en tant que Tibétain, la paix signifie d’abord ne pas se nuire à soi-même, et ensuite sur cette base ne pas nuire à autrui.
 
Astrid Fossier :
Qu’est-ce que la paix au Tibet peut apporter au monde?
 
Dagpo Rimpoché :
La religion du Tibet est le bouddhisme. Le bouddhisme tend à un adoucissement, à un apaisement de l’esprit. Les méthodes utilisées depuis des siècles par les pratiquants Tibétains pourraient sans doute s’avérer utiles aux personnes des autres pays.

Commentaire :
J’ai rencontré Dagpo Rimpoché à paris le 13 mai 2003. Nous avons discuté de ce que représente la paix pour les Tibétains Cette rencontre elle-même fut un instant de paix. Dagpo Rimpoché est un homme qui rayonne de bienveillance et de bonté.
Après notre rencontre, de nombreuses autres questions me sont venues. Je les lui ai soumise par courrier et je le remercie pour ses réponses. Elles forment le corps de l’entretien restitué ici.

Notes :
  • À lire : « Le Lama venu du Tibet », Autobiographie de Dagpo Rimpoché, Grasset, 1998.