samedi 31 janvier 2015

De la peur

Qui n’a pas encore atteint la libération du samsara, ou au moins l’état d’arya, est exposé à la peur, laquelle ne figure pas dans les listes de facteurs mentaux.

La "peur" (par convention, ici, terme générique, englobant crainte, appréhension, etc., etc.) est un état d’esprit qui, selon ses objets et surtout selon les facteurs mentaux qui l’accompagnent, est tantôt utile et vertueux, tantôt non vertueux et dommageable.
Par exemple, craindre de faire du tort à autrui est vertueux, et permet de respecter l'éthique.
En revanche, craindre de s'appauvrir en donnant est non vertueux, et fait obstacle à la générosité.

Même les bodhisattva des deux premiers chemins (accumulation et préparation) peuvent encore  éprouver cinq types de peurs :
* crainte de la pauvreté sur le plan matériel ;
* crainte de l’ingratitude et de la non reconnaissance (ne pas être loué, etc.) ;
* crainte de la solitude (ne pas avoir de famille, d'amis, etc.) ;
* crainte de la mort ;
* crainte des renaissances défavorables.

Alors, quand on n’est pas encore bodhisattva, …

De l'aversion

Rien n'avilit tant un homme que la faiblesse de haïr.
Pline le Jeune dans Le Panégyrique de Trajan - IIe siècle.

vendredi 30 janvier 2015

Fin de vie : donner son avis

De la modestie

« Dirigez depuis l’arrière et laissez croire aux autres qu’ils sont à l’avant. »
(Nelson Mandela)

Voilà qui fait écho aux instructions des lojong, qui recommandent d'offrir la victoire à autrui.

De la compassion

Albert Schweitzer, qui était gaucher, apprit à écrire de la main droite pour ne pas déranger son chat qui avait pris l’habitude de dormir sur son bras gauche.

Il disait entre autres : « N’abandonnons jamais, fût-ce un seul instant, notre méfiance à l’égard des idéaux érigés par la société, et des convictions qui sont monnaie courante. »

Déclarations des droits de l’homme (et de la femme)

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

Article 11 « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

Déclaration universelle des droit de l’homme de 1948

Article 18 « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

Article 19 « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quel que moyen d’expression que ce soit. »

jeudi 29 janvier 2015

Geshelags, un an déjà...

Ce soir à Veneux et aujourd'hui en divers lieux, cérémonie à la mémoire de Geshelags, 
décédé le 29 janvier 2014.

Merci aux amis indonésiens pour cette très belle photo que je me permets de poster ici.



J'ai connu le Tibet libre
Thoupten Phuntshog, 
écrit en collaboration avec Jean -Philippe Caudron
Grasset 2001

Gen Thoupten Phuntshog a 78 ans (en 2001). Il a fui le Tibet après la répression chinoise, en 1959, avec Dagpo Rimpotché. Il a longtemps travaillé chez Electricité de France, comme documentaliste. 
Le Livre : Né dans les environs de Lhassa en 1923, Thoupten Phuntshog fréquente au collège de philosophie bouddhiste un jeune maître réincarné, Dagpo Rimpotché. Ensemble, ils fuient le Tibet par les cols de l'Himalaya, lors de la répression chinoise de 1959 (cet épisode fait l'objet du Lama venu du Tibet, publié par Grasset). Thoupten s'installe à Paris, où il devient documentaliste chez Electricité de France... En parallèle, il demeure le fidèle ami de Dagpo Rimpotché et travaille avec lui à la propagation du bouddhisme. Thoupten Phuntshog, dit « Guéshélags » (ami spirituel), a aujourd'hui 78 ans. Pour tous les bouddhistes français, pour les responsables d'associations, les intellectuels, les jeunes disciples, il est considéré comme l'incarnation du Tibet d'avant. Sa mémoire prodigieuse l'a en effet rendu célèbre. Thoupten sait raconter ce pays devenu mythique, qu'il connaît parfaitement, librement, de l'intérieur. Anecdotes, visions, légendes, détails... Il fallait sauver ce trésor vivant : c'est chose fait avec ce livre exceptionnel. Thoupten nous fait vivre un pays hors du commun, très loin de « l'histoire magique » que nous conte le Dalaï-Lama et les mannes du bouddhisme. Dans ce Tibet d'avant, il y avait un pouvoir théocratique ; une stricte aristocratie ; le servage était généralisé ; et la polyandrie. En 1944, les Tibétains « entendent parler » d'un conflit qui déchirerait le Japon et la Chine... Les mêmes Tibétains accueillent en fanfare les troupes chinoises de Mao Tsé Toung en 1950... Bref, Thoupten évoque un pays compliqué, opaque, mystérieux : une vraie renaissance.
Jean-Philippe Caudron, ancien rédacteur en chef de La vie, a écrit avec Françoise Forette (La révolution de la longévité, Grasset, 1997) et avec Dagpo Rimpotché (Le lama venu du Tibet, Grasset, 1998). 


Sais pas


Libertés paradoxales 2

A y perdre son latin...

quand au nom des mêmes valeurs républicaines, on autorise les caricatures les plus caustiques, et on interdit à des mamans d'accompagner leurs enfants lors de visites scolaires,


quand on proclame (à juste titre) que les parents doivent assumer pleinement leur rôle, et qu'on dévalorise des mamans aux yeux de leurs enfants en les déclarant indignes de sortir avec eux et leurs petits camarades,


quand on prône la tolérance et le vivre-ensemble, et qu'on interdit de porter en public des vêtements ou objets qui expriment une foi, une croyance, ou peut-être tout simplement une pudeur.

Liberté d'expression unilatérale ?


mercredi 28 janvier 2015

Le Parlement reconnaît définitivement que les animaux sont «doués de sensibilité»

Le Parlement reconnaît définitivement que les animaux sont «doués de sensibilité»

Ouf !

Merci aux membres du Parlement !

Libertés paradoxales

Comment résoudre la quadrature du cercle de nos libertés chéries ?

Née républicaine, je tiens au plus haut point aux libertés - de religion, d'opinion, d'expression et aussi de réflexion.

D'où quelques réflexions (un brin iconoclastes - esprits sensibles, s'abstenir !)

A l'éclairage de l'actualité de notre beau pays, en ces temps d'ardente défense de la liberté d'expression,  on peut donc
* diffuser des dessins et légendes qui insultent allégrement, et impunément, des millions et millions de croyants (lesquels sont en très grande majorité modérés, bien heureusement) ;
* diffuser des dessins et légendes quelque peu choquants tant pour les pitchounets que pour leurs grands-parents,

mais

il est malséant de
* appeler au respect,
* parler de morale.

En de nombreux lieux, il est même interdit de
* porter (même discrètement) des signes plus ou moins significatifs de convictions qu'il est en revanche autorisé de publiquement bafouer et tourner en ridicule.

Question : Est-ce bien logique, tout ça ?

Etre chef (Michel Menu)

Si tu veux être chef un jour,
Pense à ceux qui te seront confiés,
Si tu ralentis, ils s’arrêtent.
Si tu faiblis, ils flanchent.
Si tu t’assieds, ils se couchent.
Si tu critiques, ils démolissent.
Mais…
Si tu marches devant, ils te dépasseront.
Si tu donnes la main, ils donneront leur peau.
Et si tu pries, alors, ils seront des saints.

Michel Menu (né en 1916) est une grande figure du scoutisme français.
Dans cet article, il énonce en peu de mots les enjeux de notre époque et donne peut-être l'explication de  l'attrait du jihad :
"...Les jeunes ont besoin de surnaturel, de savoir où va leur vie naturelle, où sont leurs besoins, sans qu’ils trouvent de réponse dans la culture globale d’aujourd’hui. Aujourd’hui, la mondialisation est un fait matériel. Quand le monde sera globalisé matériellement, se posera la question spirituelle. Le monde, les hommes vont vers une phase de grand questionnement. : « Qu’est-ce que l’homme et… pourquoi ? »..."

Tant que notre société n'offrira pas un idéal à ses jeunes (et moins jeunes),  ...


Etre désintéressé


Dans le traité intitulé Quatre Cents Stances, Aryadeva souligne que, lorsqu’on apporte une aide, il faudrait le faire sans rien attendre en retour. Si, loin d’être désintéressé, on espère un retour, ce n’est plus une aide mais une transaction ; c’est du troc.

mardi 27 janvier 2015

De la modestie

Le bodhisattva qui s’adonne à l’éthique n’exhibe pas ses mérites et reconnaît ouvertement ses manquements. Il a des désirs modestes et il sait se contenter de ce qu’il a.
(Asanga)

lundi 26 janvier 2015

Une vie de samsara



Petites boîtes par Graeme Allwright

Petites belles très étroites
Petites boîtes faites en ticky-tacky
Petites boîtes, petites boîtes
Petites boîtes toutes pareilles
Y a des rouges, des violettes
Et des vertes très coquettes
Elles sont toutes faites en ticky-tacky
Elles sont toutes toutes pareilles

Et ces gens-là dans leurs boîtes
Vont tous à l´université
On les met tous dans des boîtes
Petites boîtes toutes pareilles
Y a des médecins, des dentistes
Des hommes d´affaires et des avocats
Ils sont tous tous faits de ticky-tacky
Ils sont tous tous tous pareils

Et ils boivent sec des martinis
Jouent au golf toute l´après-midi
Puis ils font des jolis enfants
Qui vont tous tous à l´école
Ces enfants partent en vacances
Puis s´en vont à l´université
On les met tous dans des boîtes
Et ils sortent tous pareils

Les garçons font du commerce
Et deviennent pères de famille
Ils bâtissent des nouvelles boîtes
Petites boîtes toutes pareilles
Puis ils règlent toutes leurs affaires
Et s´en vont dans des cimetières
Dans des boîtes faites en ticky-tacky
Qui sont toutes toutes pareilles

"Je suis en deuil", par Boris Cyrulnik

Un article qui vaut la peine d'être lu....

Conseil d'Atisha

En public, surveillez vos paroles ; dans la solitude, surveillez votre esprit.
Atisha (982-1054)

samedi 24 janvier 2015

La rumeur

Une belle chanson écrite par Yves Duteil en 1987, à propos d'un sujet qui mérite réflexion et vigilance...




La rumeur ouvre ses ailes
Elle s´envole à travers nous
C´est une fausse nouvelle
Mais si belle, après tout

Elle se propage à voix basse
À la messe et à midi
Entre l´église et les glaces
Entre confesse et confit

La rumeur a des antennes
Elle se nourrit de cancans
Elle est bavarde et hautaine
Et grandit avec le temps

C´est un arbre sans racines
À la sève de venin
Avec des feuilles d´épines
Et des pommes à pépins

Ça occupe, ça converse
Ça nourrit la controverse
Ça pimente les passions
Le sel des conversations...

La rumeur est un microbe
Qui se transmet par la voix
Se déguise sous la robe
De la vertu d´autrefois

La parole était d´argent
Mais la rumeur est de plomb
Elle s´écoule, elle s´étend
Elle s´étale, elle se répand

C´est du miel, c´est du fiel
On la croit tombée du ciel
Jamais nul ne saura
Qui la lance et qui la croit...

C´est bien plus fort qu´un mensonge
Ça grossit comme une éponge
Plus c´est faux, plus c´est vrai
Plus c´est gros et plus ça plaît

Calomnie, plus on nie
Plus elle enfle se réjouit
Démentir, protester,
C´est encore la propager
Elle peut tuer sans raison
Sans coupable et sans prison
Sans procès ni procession
Sans fusil ni munitions...

C´est une arme redoutable
Implacable, impalpable
Adversaire invulnérable
C´est du vent, c´est du sable

Elle rôde autour de la table
Nous amuse ou nous accable
C´est selon qu´il s´agit
De quiconque ou d´un ami

Un jour elle a disparu
Tout d´un coup, dans les rues
Comme elle était apparue
À tous ceux qui l´avaient crue...

La rumeur qui s´est tue
Ne reviendra jamais plus
Dans un cœur, la rancœur
Ne s´en ira pas non plus.

Altruisme : plus facile à dire qu'à faire...

Quand d'autres, par envie, me maltraiteront
M'insulteront ou me feront du mal
Je prendrai sur moi la défaite

Et leur offrirai la victoire.


 Extrait de L'Entraînement de l'esprit en huit stances du maître kadampa Langri Thangpa

vendredi 23 janvier 2015

Très belle vidéo à propos du handicap

Pour voir la vidéo, cliquer sur ce lien


Un petit court-métrage génial. Grand prix du CM et prix du public au festival EOP! 2013. Un bijou d'humour à voir !
Thomas Howell attend nerveusement son entretien d’embauche dans un cabinet d’avocats réputé.Quand il voit arriver le recruteur, son étonnement est sans bornes …
Un jeune trisomique vient le chercher. Il se présente comme Paul Dexter, son supérieur hiérarchique potentiel, et prie Thomas d’entrer dans son bureau. Le candidat ne sait trop quoi penser et demande poliment si quelqu’un d’autre va les rejoindre pour l’entretien. Paul répond par la négative et lance une remarque désobligeante sur la cravate de Thomas. L’entretien devient de plus en plus absurde, avant de prendre un tournant inattendu.

Née en 1988 à Newcastle, Australie, Genevieve Clay-Smith a étudié à la Hunter School of Performing Arts de Broadmeadow. En 2009, elle est récompensée au Festival Tropfest. Elle défend les valeurs de justice sociale et d’inclusion de personnes ayant un handicap. Robin Bryan est la co-réalisatrice de ce film.

Des exemples remarquables

Une survivante de la Shoah adopte le petit-fils du commandant d'Auschwitz

 Une survivante d'Auschwitz demande aux jeunes de "changer les choses" entre juifs et musulmans

 

Milarepa (film)



Vidéo postée le 2 février 2014 par Sangay Dorjee

Le noble sentier octuple


 L'essence de la pratique bouddhiste :
le discours droit ; les actions droites ; la vie droite ; l’effort droit ;
la conscience droite ; la concentration droite ; la réflexion droite ; la compréhension droite.

jeudi 22 janvier 2015

Les animaux selon le Sénat :-(

Etonnant (et révoltant) :

Pour le Sénat, les animaux ne sont pas des « êtres vivants doués de sensibilité »



Ethique de bodhisattva.

Au milieu de la foule, le bodhisattva ne se livre pas au moindre propos négatif, ni à la moindre parole mauvaise ; quand il est seul, il ne conçoit pas la moindre pensée mauvaise.
(Asanga)

mercredi 21 janvier 2015

Jetsun Shungsep (1852-1953)

Une très grande Lama tibétaine, de la tradition nyingmapa !


Le dernier voyage

Un article émouvant d'un chauffeur de taxi

mardi 20 janvier 2015

De l'importance de l'instruction




Contexte : discussion du budget rectifié pour 1848, avec proposition de réductions sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts

...

Eh ! quel est, en effet, j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L'ignorance ; l’ignorance plus encore que la misère... l'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus des multitudes. Le communisme n'est qu'une forme de l'ignorance. Le jour où l'ignorance disparaîtrait, les sophismes s'évanouiraient. Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance !

Sur ce point, j'en appelle, je le répète, au sentiment de l'Assemblée. Quoi ! d'un côté, la barbarie dans la rue, et de l'autre, le vandalisme dans le Gouvernement ! Messieurs, il n'y a pas que la prudence matérielle au monde, il y a autre chose que ce que j'appellerai la prudence brutale. Les précautions grossières, les moyens de force, les moyens de police ne sont pas, Dieu merci, le dernier mot des sociétés civilisées ! On pourvoit à l'éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral, et qu'il faut allumer des flambeaux pour les esprits !

Puisque l'Assemblée m'a interrompu, elle me permettra d'insister sur ma pensée.

Oui, messieurs, j'y insiste. Un mal moral, un mal moral profond nous travaille et nous tourmente; ce mal moral, cela est étrange à dire, n'est autre chose que l'excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? Par le développement des tendances intellectuelles. Il faut ôter au corps et donner à l'âme.

Quand je dis: Il faut ôter au corps et donner à l'âme, vous ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c'est là, selon moi, le grand, l'excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos vœux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.

Mais si je veux ardemment, passionnément le pain de l'ouvrier, le pain du travailleur, qui est mon frère, à côté du pain de la vie, je veux le pain de la pensée, qui est aussi le pain de la vie ; je veux multiplier le pain de l'esprit comme le pain du corps.

Il me semble, messieurs, que ce sont là les questions qui ressortent naturellement de ce budget de l’instruction publique que nous discutons en ce moment.

Eh bien, la grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus ; de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel, et de les détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel. La faute est d’autant plus grande que le bien-être matériel, quoi qu'on fasse, quand même tous les progrès qu’on rêve et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien-être religieux, c'est-à-dire la croyance, le bien être intellectuel, c'est-à-dire l’éducation, peuvent être donnés a tous. D’ailleurs le bien-être matériel ne pourrait être le but suprême de l'homme en ce monde qu'autant qu’autant qu’il n’y aurait pas d’autres vies et c’est là une affirmation désolante, c’est là un mensonge affreux qui ne doit pas sortir des institutions sociales.

Il importe, messieurs, de remédier au mal, il faut redresser, pour ainsi dire, l’esprit de l’homme ; il faut, et c'est à la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand. C'est là ; et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.

 Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ? Précisément tout le contraire de ce qu'ont fait les précédents gouvernements ; précisément tout le contraire de ce que vous propose votre comité des finances. Outre l'enseignement religieux, qui tient le premier rang parmi les institutions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements, tous les asiles où l'on médite, où l’on s'instruit, où l’on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.

Ce résultat vous l'aurez quand vous voudrez ; quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l'avez déjà ; il ne s'agit que de l'utiliser et de le diriger; il ne s'agit que de bien cultiver le sol. La question de l'intelligence, j'appelle sur ce point l'attention de l'Assemblée ; la question de l'intelligence est identiquement la même que la question de l'agriculture.

L'époque où vous êtes est une époque riche et féconde ; ce ne sont pas, messieurs, les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents ; ce ne sont pas les grandes aptitudes ; ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l'encouragement enthousiaste d'un grand gouvernement. 

....

Enseignement du Vén. Dagpo Rimpoché dans le Sud


Enseignement du Vénérable Dagpo Rimpoché 

les 28 et 29 mars 2015 

à Beausoleil Monaco 

sur l'Ethique. 


Conférence publique le vendredi 27 sur la Générosité. 


Contact : 06 12 90 55 31, e-mail: infos@iktm.fr

Egalité femmes / hommes

La République française, qui comme chacun sait (en France) a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité, garantit entre autres l'égalité entre les femmes et les homme.
Notons en passant que cela concerne toutes les personnes qui résident sur le territoire national, et pas seulement "les citoyennes et citoyens". Mais là n'est pas mon propos aujourd'hui.

Cela fait une dizaine d'années que je travaille au sein au Conseil d'administration de l'Union Bouddhiste de France, et après avoir été secrétaire générale et vice-présidente, depuis bientôt trois ans, j'assume tant bien que mal la fonction de présidente.

L'impermanence étant ce qu'elle est, j'ai décidé en octobre de ne pas me représenter et je l'ai bien évidemment annoncé ici et là pour préparer la relève et assurer la continuité.
Cela a plusieurs fois donné lieu à un dialogue de ce genre :
"A propos, je voulais vous informer qu'à partir de mars prochain, je ne serai plus présidente de l'UBF.
- Ah bon ? Et qui va vous remplacer ? Un  homme ?
- Rien n'est encore décidé à ce sujet. Peut-être une femme.
- Il n'y a donc pas d'hommes dans votre mouvement ?"

Il semblerait que la notion d'égalité ne soit pas encore pleinement assimilée, y compris par d'ardents défenseurs de la laïcité. :-)

Egalité femmes / hommes

Dans l'Enseignement du Bouddha, la question est relativement simple : sur le plan de la nature ultime, les phénomènes, y compris les femmes et les hommes, sont sur un plan de parfaite égalité.

Bien sûr, quand on redescend au plan de la nature conventionnelle, le "naturel" du samsara revient au galop, et dans les sociétés bouddhistes comme dans les autres, les humains de sexe féminin ont pu être dépréciées et continuent souvent à l'être. Mais ce sont là des vues du monde, dictées par l'ignorance et autres klesha.

Dimanche dernier, la secrétaire générale de l'UBF et moi-même en tant que présidente de la fédération, nous nous sommes retrouvées dans le cortège officiel lors de la marche républicaine. Dans ce milieu, tout le monde se connaît plus ou moins. Au bout d'un moment, poussée par la curiosité et aussi pour passer le temps, car en fait de marche, on a surtout fait du sur place, une dame au demeurant fort sympathique nous a demandé qui nous étions.
A notre réponse : nous sommes là pour représenter la communauté bouddhiste de France, la dame s'est haussée sur la pointe des pieds pour mieux voir les trois premiers rangs devant nous en disant : "Ah ! vous êtes avec les responsables bouddhistes ? Où sont-ils ? Je voudrais les voir.
- C'est que, Chère Madame, c'est ... nous."
 - Ah bon ! Il n'y a donc pas d'hommes dans votre mouvement ?"

... :-)

Du renoncement

Dans le bouddhisme, il y a renoncement quand il n'y a plus attachement, mais dégoût, voire horreur.

On raconte qu'un fidèle offrit un jour une très grosse turquoise à Geshe Potowa qui séjournait dans sa région. Sans la prendre, le maître lui fit signe de la poser devant lui et énonça une prière de dédicace. Le lendemain matin, après le départ de Potowa et de son entourage, le donateur vit que la turquoise était restée là où il l'avait déposée...

lundi 19 janvier 2015

Sujet de réflexion

La moquerie peut-elle ou non être exempte de malveillance, au sens de "manque de compassion" ?

Abandon du Dharma

Qui tente de pratiquer le bouddhisme est censé faire des efforts pour se garder des comportements non vertueux, c'est à dire les comportements susceptibles de susciter de la souffrance.

Selon le lamrim, le pire comportements est l'abandon du Dharma, qui consiste entre autres à dénigrer les autres traditions religieuses, à savoir les autres branches et lignées du bouddhisme, mais également les autres religions.

De la colère

C'est après avoir tué la colère qu'on peut dormir en paix.
(Bouddha)

De l'attachement

Il est intéressant d'écouter cette conférence avec une grille de compréhension bouddhiste



Vidéo postée par Judelalie le 28 septembre 2012

Conférence de la pédopsychiatre Nicole Guédeney sur l'attachement.

Nicole Guédeney montre avec une clarté remarquable l'importance de l'attachement dans le développement du bébé et pour sa vie entière, ses liens avec le besoin d'exploration qui font que le bébé est d'autant plus assuré dans ses explorations qu'il a confiance dans sa base de sécurité. « La vraie autonomie, c'est savoir ce qu'on peut faire tout seul, et savoir quand on a besoin de soutien. » Cette autonomie fondamentale se fonde dans la relation avec la base de sécurité des premiers mois de la vie.

Source : http://www.oveo.org/index.php?Itemid=...

L'attachement, un lien vital de Nicole Guédeney à lire en pdf : http://www.yapaka.be/sites/yapaka.be/...

dimanche 18 janvier 2015

Essayons d'être à la hauteur...


Des paroles blessantes

Ramenez ceux qui s'égarent, mais ne les insultez point.
Pline le Jeune dans Lettre à Atrius Clemens - IIe siècle.

Du détachement

Grâce à sa remarquable sagesse, le bodhisattva religieux voit les vastes possessions des grands de ce monde, ainsi que les honneurs qui leur sont rendus, comme des vomissures régurgitées. S’il n'apprécie pas les jouissances des nantis, cela va sans dire en ce qui concerne les possessions et honneurs ordinaires de la population.
(Asanga)

De la théorie à la pratique

Une petite histoire tibétaine pour bien commencer la journée.

Jadis, un yogi s'était assis en posture de méditation à un carrefour assez fréquenté (pour l'époque).  Passe un quidam qui l'interpelle en lui demandant ce qu'il fait là.

"Je médite la patience", répond vertueusement le yogi.
- Tu médites la patience ? Eh bien ! Mange donc ta m...", lui lance le passant.


Furieux, le yogi se dresse d'un bond pour corriger l'insolent, qui l'esquive et lui dit en riant :
- Question patience, ce n'est pas encore tout à fait au point, dis-donc..."

samedi 17 janvier 2015

Des perceptions et de l'angle de vision

La perception d'un objet dépend - entre autres - de l'angle de vision (sans oublier les apparences, conditionnées par les karmas, etc.).


Le samsara et ses problèmes récurrents


« C'est la décadence, les enfants n'obéissent plus, le langage s'abîme, les mœurs s'avachissent. Puisse venir le jour où l'humanité coupable finira, où les enfants ne naîtront plus, où tout bruit cessera sur la terre, où il n'y aura plus à lutter contre toutes les nuisances. »
Ipuwer de Gizeh. Sage de l'Égypte pharaonique, 3000 ans avant l'ère chrétienne. Cité par Polybe, historien grec qui vécut vers 200-120 ans avant Jésus.-Christ.
Le Papyrus d'Ipuwer scribe égyptien fut découvert à Memphis. En 1828, le Musée de Leiden aux Pays-Bas acquit ce papyrus et le classa sous le numéro «Leiden 344» sous le titre: «Les Admonitions d'un Sage égyptien selon le Papyrus Hiératique de Leiden».

« La jeunesse d'aujourd'hui est pourrie jusqu'aux tréfonds, mauvaise, irréligieuse et paresseuse. Elle ne sera jamais comme la jeunesse du passé et sera incapable de préserver notre civilisation. »
Tablette d’argile babylonienne ancienne de plus de 3000 ans

« Ils manqueront d'égards et de respect pour leurs parents, sitôt qu'ils vieilliront et durement, sans redouter la justice divine, ils les accableront des plus cruels reproches au lieu de prendre soin de leur vieillesse. Je n'ai plus aucun espoir en l'avenir de notre pays si les jeunes d'aujourd'hui doivent être les dirigeants de demain, car ils sont insupportables, inconscients voire effrayants. Si l'avenir de notre peuple est entre les mains de la jeunesse frivole d'aujourd'hui, il y a de quoi désespérer. Cette jeunesse se conduit avec une suffisance vraiment intolérable. Elle croit avoir la science infuse. Quand moi j'étais jeune, on nous apprenait les bonnes manières et le respect que l'on doit à ses parents. Mais la nouvelle génération n'a de cesse de contester et elle veut avoir raison. Il est un fait certain que les jeunes sont d'une extrême insouciance. »
Les travaux et les jours d’Hésiode de Thèbes, poète grec du milieu du Vllle siècle av. J.C.

« Les jeunes d'aujourd'hui aiment le luxe, méprisent l'autorité et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu'un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d'engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. » 
Socrate, 470-399 av. J.C.

« Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois, parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté et toute jeunesse, le début de la tyrannie. »
Platon, vers 427 - 348/347 av. J.C. dans La République

« Les jeunes d'aujourd'hui aiment le confort, l'argent et la paresse par-dessus le marché. Ils ne veulent plus se marier ou, s'ils sont mariés, élever une famille. C'est tout au plus s'ils consentent à avoir un ou deux enfants, afin de mieux savourer le moment présent. »
Polybe, vers 200-120 av. J.C.


Tu apprendras de Jorge Luis Borges


Après quelque temps,

Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.

Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.

Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…

Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.

Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.

 

Après un certain temps,

Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.

Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.

Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.

Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.

Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.

Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.

Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.

Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.

Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…

Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.

Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.

Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…

Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.

Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.

Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.

Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.

Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.

Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.

Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.

Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!

Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.

Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…

Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…

Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…

Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner. 

Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les  autres te portent des fleurs… 

 

Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !

C’est que réellement, la vie n’a de valeur que si tu as la valeur de l’affronter !

Sujet de réflexion


Une société humaine peut-elle demeurer vivable sans un code de politesse ?
Par exemple, une famille ? Une communauté monastique ?

vendredi 16 janvier 2015

La puissance du pardon

"Le pardon libère l'âme, il fait disparaître la peur. C'est pourquoi le pardon est une arme si puissante", dit Mandela - qui savait de quoi il parlait...

"Je savais parfaitement", écrivit-il, "que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés (...) Quand j'ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l'opprimé et l'oppresseur".

Vaincre la haine

Juste avant de montrer l'obtention de l'Eveil suprême, comment le Bouddha a-t-il vaincu les troupes de Mara, c'est à dire du démon ?

... En méditant l'amour à leur égard.


jeudi 15 janvier 2015

Sujet de réflexion


Tout droit de ... implique-t-il qu'il est bien/bon de ... ?

De l'esclavage

Candide de Voltaire reste hélas d'actualité...

Information du 11 novembre 2014
Femmes yézidies et chrétiennes esclaves sexuelles: 138 € pour une fillette, 35 € pour une femme de plus de 40 ans 
A titre de comparaison, 200 à 300 pour un dromadaire...

Extrait du chapitre III de Candide

En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n'ayant plus que la moitié de son habit, c'est-à-dire d'un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.
« Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais- tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois ?
- J'attends mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre.
- Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t'a traité ainsi ?
- Oui, monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : " Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux, tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère. " Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous. Les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germains. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible.


Ethique et compassion

Le bodhisattva qui respecte l’éthique scrute ses propres fautes et erreurs, et non les fautes et erreurs d’autrui. Se fondant sur la grande compassion, conformément au Dharma, il n’éprouve pas de malveillance ni d’irritation vis-à-vis des êtres malfaisants et de tous ceux qui enfreignent l’éthique, mais à leur égard le bodhisattva cultive encore plus fort des pensées pleines de compassion et le désir de les aider.
(Asanga)

De l'esprit critique

Qui s'intéresse au bouddhisme sait sans doute que le Bouddha recommandait à ses disciples de ne pas croire ce qu'il disait pour la seule raison qu'il était le Bouddha, et il les exhortait à réfléchir par eux-mêmes, sur la base de leur expérience, avant d'accepter, ou non, ses explications.

mercredi 14 janvier 2015

Ne pas se tromper d'ennemi

"Ce n’est pas l’homme qui est notre ennemi , mais le fanatisme, la haine, l’ambition et la violence."
Thich Nhat Hanh

De l'éthique

En ces temps troublés, rappelons que, dans le bouddhisme tout au moins, observer l'éthique suppose de soi-même suivre certaines règles de manière à ne pas nuire à quiconque (autrui et soi-même), mais si possible à faire oeuvre utile et bénéfique.

"A ceux qu'on foule aux pieds" de Victor Hugo


Oh ! je suis avec vous ! j’ai cette sombre joie.
Ceux qu’on accable, ceux qu’on frappe et qu’on foudroie
M’attirent ; je me sens leur frère ; je défends
Terrassés ceux que j’ai combattus triomphants ;
Je veux, car ce qui fait la nuit sur tous m’éclaire,
Oublier leur injure, oublier leur colère,
Et de quels noms de haine ils m’appelaient entre eux.
Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux.
Mais surtout c’est le peuple, attendant son salaire,
Le peuple, qui parfois devient impopulaire,
C’est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants,
Droit, avenir, travaux, douleurs, que je défends ;
Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
Et tombe folle au fond des noirs événements ;
Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
Que votre aveuglement produit leur cécité ;
D’une tutelle avare on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
De demander pour tous le pain et la lumière.

Ce n’est pas le canon du noir vendémiaire,
Ni les boulets de juin, ni les bombes de mai,
Qui font la haine éteinte et l’ulcère fermé.
Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème,
Je me penche vers lui. Commencement : je l’aime.
Le reste vient après. Oui, je suis avec vous,
J’ai l’obstination farouche d’être doux,
Ô vaincus, et je dis : Non, pas de représailles !
Ô mon vieux cœur pensif, jamais tu ne tressailles
Mieux que sur l’homme en pleurs, et toujours tu vibras
Pour des mères ayant leurs enfants dans les bras.

Quand je pense qu’on a tué des femmes grosses,
Qu’on a vu le matin des mains sortir des fosses,
Ô pitié ! quand je pense à ceux qui vont partir !
Ne disons pas : Je fus proscrit, je fus martyr.
Ne parlons pas de nous devant ces deuils terribles ;
De toutes les douleurs ils traversent les cribles ;
Ils sont vannés au vent qui les emporte, et vont
Dans on ne sait quelle ombre au fond du ciel profond.
Où ? qui le sait ? leurs bras vers nous en vain se dressent.
Oh ! ces pontons sur qui j’ai pleuré reparaissent,
Avec leurs entreponts où l’on expire, ayant
Sur soi l’énormité du navire fuyant !
On ne peut se lever debout ; le plancher tremble ;
On mange avec les doigts au baquet tous ensemble,
On boit l’un après l’autre au bidon, on a chaud,
On a froid, l’ouragan tourmente le cachot,
L’eau gronde, et l’on ne voit, parmi ces bruits funèbres,
Qu’un canon allongeant son cou dans les ténèbres.
Je retombe en ce deuil qui jadis m’étouffait.
Personne n’est méchant, et que de mal on fait !

Combien d’êtres humains frissonnent à cette heure,
Sur la mer qui sanglote et sous le ciel qui pleure,
Devant l’escarpement hideux de l’inconnu !
Etre jeté là, triste, inquiet, tremblant, nu,
Chiffre quelconque au fond d’une foule livide,
Dans la brume, l’orage et les flots, dans le vide,
Pêle-mêle et tout seul, sans espoir, sans secours,
Ayant au cœur le fil brisé de ses amours !
Dire : - « Où suis-je ? On s’en va. Tout pâlit, tout se creuse,
Tout meurt. Qu’est-ce que c’est que cette fuite affreuse ?
La terre disparaît, le monde disparaît.
Toute l’immensité devient une forêt.
Je suis de la nuée et de la cendre. On passe.
Personne ne va plus penser à moi. L’espace !
Le gouffre ! Où sont-ils ceux près de qui je dormais ! » -
Se sentir oublié dans la nuit pour jamais !
Devenir pour soi-même une espèce de songe !
Oh ! combien d’innocents, sous quelque vil mensonge
Et sous le châtiment féroce, stupéfaits !
— Quoi ! disent-ils, ce ciel où je me réchauffais,
Je ne le verrai plus ! on me prend la patrie !
Rendez-moi mon foyer, mon champ, mon industrie,
Ma femme, mes enfants ! rendez-moi la clarté !
Qu’ai-je donc fait pour être ainsi précipité
Dans la tempête infâme et dans l’écume amère,
Et pour n’avoir plus droit à la France ma mère ! -


Début du poème « A ceux qu’on foule aux pieds », écrit en 1872, tiré des œuvres complètes de Victor Hugo, Poésie. XII, L’année terrible, Paris : J. Hetzel, A. Quantin, 1883.
Texte intégral accessible sur Gallica (la bibliothèque numérique de la BNF) de la page 323 à 330.

mardi 13 janvier 2015

Caricatures en société tibétaine

Le point de vue de Françoise Robin dans Carnets d'Asies

http://asies.hypotheses.org/234

ང་ཤཱག་ལི་ཡིན་ནམ།

ཆུང་ཚེ་རིང་གི་ངོ་དེབ་ལས་དྲངས།

L'humour bouddhiste au Japon

Dans un autre style, les bouddhistes nippons se défendent très bien aussi dans le domaine de l'humour, et il existe une culture du rire propre au Japon comme en témoignait la centaine d’oeuvres de l'exposition « Warai » présentée en 2007 au Mori Art Museum de Tôkyô et reprise en 2012 à Paris pour le 15e anniversaire de la Maison de la culture du Japon et le 40ème anniversaire de la Fondation du Japon, avec de magnifiques objets: figurines préhistoriques, rouleaux peints, estampes, images populaires, peintures zen, sculptures bouddhiques…

On peut également citer Sengaï (1750-1837) qui, avec des dessins pleins d'humour, a donné à la calligraphie des accents modernes où certains voient les prémices de la bande dessinée.

Humour bouddhiste au Tibet

L'expression "humour bouddhiste" n'est pas forcément exacte, car le bouddhisme s'étant répandu dans d'innombrables pays depuis 2600 ans, il s'est adapté aux cultures locales, et donc à l'humour indigène.

Concernant le Pays des neiges, il s'avère que les Tibétains aiment plaisanter, de manière assez souvent grivoise, il faut  bien l'avouer.

Entre autres exemples :
* le célèbre Akou Tönpa (en traduction Oncle Guide) qui enseigne par le paradoxe et la provocation ;
* Drukpa Kunleg ('Brug pa kun legs ; 1455-1529) et bien d'autres"lamas fous" (bla ma myon pa).


Vie et chants de 'Brug-pa Kun-legs le Yogin, Coll ... - jstor

Notes critiques. Vie et chants de 'Brug-pa Kun-legs le Yogin, traduit du tibétain et annoté par. R.A. Stein avec la collaboration de Dagpo Rinpoche, Paris, G.P. Maisonneuve et Larose, 1972,

Takgo Rabjampa, le "fou du roi"

Pour le moment, je n'ai pas encore réussi à trouver les dates de la vie de ce grand geshe de Drepung Gomang que fut Takgo Rabjampa (Brag sgo ? Rab 'byams pa).
En passant, je rappelle que, dans la plupart des monastères philosphiques dont Dagpo Datsang, les docteurs et lettrés ne sont pas appelés "geshe" mais "rabjampa".

Ce qui est sûr, c'est qu'il est un contemporain du "Grand Cinquième", c'est à dire du Cinquième Dalaï lama, Ngagwang Losang Gyatso (1617-1682). En fait, vis-à-vis du premier potentat gelugpa - car c'est le Grand Cinquième qui initie le pouvoir politique gelugpa par les bonnes grâces des dirigeants mongols -, Takgo Rabjampa joue le rôle de conseiller et quasiment de "fou du roi".

C'est qu'il ne recule devant rien pour mettre le grand Lama au pied du mur et le ramener à la réalité. Les anecdotes abondent. "La logique par l'expérimentation.", semble être sa devise.

Un jour, relate-t-on, notre espiègle de geshe chausse à un pied un escarpin de femme et à l'autre une grosse botte de feutre bien virile, et il se met à faire les cent pas devant le rideau de porte de la pièce où se tient le plus souvent le Grand Cinquième. Vous vous doutez que le rideau ne traîne pas par terre, et le hiérarque finit par remarquer cette paire de chaussures insolite qui passe et repasse, sans faire grand bruit. Intrigué, il interpelle le propriétaire : "Ohé ! Qui va là, accoutré de la sorte ?"
Et Takgo Rabjampa de répondre, avec l'impertinence dont il est bien le seul à faire montre envers un tel personnage, mais qui est tellement saine et équilibrante : "Tiens donc ! Vous êtes omniscient, mais vous ne devinez pas qui se trouve derrière un rideau tout mince ? Voilà qui est étrange..."

lundi 12 janvier 2015

La Marseille de la Paix

Version écrite par des écoliers en ... 1892...



Adaptation Chanson Plus Bifluorée / C.J. Rouget de Lisle

Cette version de la Marseillaise fut d'abord chantée dans l'orphelinat expérimental de Cempuis (Oise) dirigé par le pédagogue libertaire Paul Robin (1837-1912)

De l'universelle patrie
Puisse venir le jour rêvé
De la paix, de la paix chérie
Le rameau sauveur est levé (bis)
On entendra vers les frontières
Les peuples se tendant les bras
Crier : il n'est plus de soldats !
Soyons unis, nous sommes frères.

Refrain :
Plus d'armes, citoyens !
Rompez vos bataillons !
Chantez, chantons,
Et que la paix
Féconde nos sillons !

Quoi ! d'éternelles représailles
Tiendraient en suspens notre sort !
Quoi, toujours d'horribles batailles
Le pillage, le feu, et la mort (bis)
C'est trop de siècles de souffrances
De haine et de sang répandu !
Humains, quand nous l'aurons voulu
Sonnera notre délivrance !

Refrain

Plus de fusils, plus de cartouches,
Engins maudits et destructeurs !
Plus de cris, plus de chants farouches
Outrageants et provocateurs (bis)
Pour les penseurs, quelle victoire !
De montrer à l'humanité,
De la guerre l'atrocité
Sous l'éclat d'une fausse gloire.

Refrain

Debout, pacifiques cohortes !
Hommes des champs et des cités !
Avec transport ouvrez vos portes
Aux trésors, fruits des libertés (bis)
Que le fer déchire la terre
Et pour ce combat tout d'amour,
En nobles outils de labour
Reforgeons les armes de guerre.

Refrain

En traits de feu par vous lancée
Artistes, poètes, savants
répandez partout la pensée,
L'avenir vous voit triomphants (bis)
Allez, brisez le vieux servage,
Inspirez-nous l'effort vainqueur
Pour la conquête du bonheur
Ce sont les lauriers de notre âge.

Hymne universel

Dommage que ce soit l'hymne européen. On aurait pu en faire l'hymne international.

Etincelle, Oh ! Joie divine
Jaillie de l’Elyséum
L’allégresse nous anime
Pour entrer dans ton royaume

Par ta magie sont unanimes
Des peuples jadis divisés,
Là où ton aile domine
Règne la fraternité.

Soyons unis comme frères
D’un baiser au monde entier
Amis bâtissons une ère
De paix pour l’humanité.

Voici une version  par les petits chanteurs à la croix de bois, le 14 juillet 2007

Dialogue interculturel

Site de l'Unesco :

L’échange équitable ainsi que le dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, basés sur la compréhension et le respect mutuels et l’égale dignité des cultures, sont la condition sine qua non de la construction de la cohésion sociale, de la réconciliation entre les peuples et de la paix ente les nations.
 
Cette action s’inscrit dans le cadre global initié par l’ONU d’une Alliance des civilisations. Il s’agit, de manière concrète, de privilégier, dans le cadre de ce dialogue interculturel, dialogue interreligieux inclus, tout un ensemble de bonnes pratiques favorisant le pluralisme culturel aux niveaux local, national et régional et d’initiatives régionales ou sous-régionales visant à décourager toutes les manifestations d’extrémisme et de fanatisme et mettant en évidence les valeurs et les principes qui rapprochent.

Liberta en tibétain

Vous connaissez sans doute la très jolie chanson pour enfants  Liberta d'e Cardelline ?

Voici lien vers une vidéo sous titrée en tibétain :
http://www.wat.tv/video/liberta-cardelline-with-tibetan-1wci2_2iqe9_.html

Paroles en corse
Ti vogliu fa una canzunetta
Pe fa u giru di a pianeta
Una canzona cu due parulette
Chi parleranu di Liberta

Liberta per u fiore chi sbuccia
Liberta per l'acellu chi vola
E per u fiumicellu chi corre : Liberta

Ti vogliu fa una canzunetta
Pe fa u giru di a pianeta
Una canzona cu due parulette
Chi parleranu di Liberta

Liberta per a muvra quassu
Liberta per u mare qualla
E per tutta l'umanita : Liberta

M'hai fattu una canzonetta
Aghju fattu u giru di a pianeta
Cu la to canzone cu due parueltte
Chi parlavanu di Liberta !

Liberta per a muvra quassu
Liberta per u mare qualla
E per tutta a Corsica : Liberta !

Traduction en français 
Je veux te faire une chansonnette
Pour faire le tour de la planète
Une chanson avec deux petites paroles
Qui parleront de Liberté

Liberté pour la fleur qui éclot
Liberté pour l'oiseau qui vole
Et pour le petit fleuve qui jaillit : Liberté

Je veux te faire une chansonnette
Pour faire le tour de la planète
Une chanson avec deux petites paroles
Qui parleront de Liberté

Liberté pour le mouflon en haut
Liberté pour la mer là-bas
Et pour toute l'humanité : Liberté

Tu m'as fait une chansonnette
J'ai fait le tour de la planète
Ta chanson avec deux petites paroles
Qui me parlait de Liberté

Liberté pour le mouflon en haut
Liberté pour la mer là-bas
Et pour toute la Corse : Liberté

Droit légal et droit moral

Oui, je sais que de nos jours le terme "moral" est devenu tabou, mais je me réclame de la liberté d'expression pour en user...

Il me semble que "droit légal" et "droit moral" ont des franges communes, mais que leurs champs d'application ne se recouvrent pas complètement.

Exemple : tuer. 
Car tuer - dans certaine conditions (plus ou moins bien respectées...) est un droit légal là où l'euthanasie est légalisée.
Cela n'en fait en aucun cas un droit moral.

Autre exemple :  la liberté d'expression
La liberté d'expression est un droit légal, en France et dans les pays démocratiques.
Cela n'est fait pas systématiquement un droit moral.

Cf. "Est non vertueux ce qui est source de souffrance."

Parmi les dix non vertus, la troisième non vertu orale concerne les paroles blessantes, qui recouvrent un champ beaucoup plus large que les seules injures. Des propos apparemment anodins, voire aimables, sont parfois très blessants, et donc non vertueux, s'ils sont prononcés sous l'emprise de poisons de l'esprit tels que l'ignorance, l'attachement, l'aversion.

C'est tout le problème de l'humour, qui aurait tout intérêt à être manié avec circonspection.
Pas question de l'interdire, ni de se l'interdire.
Essayons juste d'éviter les dérapages, ce qui n'est pas facile car d'une culture à une autre, ce qui est ressenti comme drôle varie énormément.

A ne pas confondre avec des paroles éventuellement dures, mais justes et dictées par la sagesse et la bienveillance, pour aider quelqu'un à progresser.





Droits et devoirs


 Histoire de nous détendre, je vous propose de compléter le syllogisme suivant :

Qui a des droits, a des devoirs (NB l'inverse n'est pas toujours vrai).
Or, en France, l'on a beaucoup de droits.
Donc, on a beaucoup de ...

La liberté d'expression et ses limites

Le titre de cet article n'est pas tendance ces jours ci...

Pourtant, "ma" liberté a forcément des limites, car elle s'arrête là où commence celle de l'autre.
C'est ce qu'on nous apprenait dans ma jeunesse. Au siècle dernier.

Voici ce qui figure sur le site de l'éducation nationale :

La liberté d’expression est consacrée dans la plupart des environnements juridiques. En France, elle est consacrée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En revanche, la liberté d’expression n’est pas un absolu et elle se trouve affectée de nombreuses limites que les internautes ne doivent pas ignorer.

Présentation

Il n’est donc pas ici question de brider la liberté d’expression de quiconque : enseignant, personnel non enseignant, chef d’établissement, élève ou parent, mais d’effectuer un rappel des limites fixées par la loi. 

Quelle est la source de cette liberté d’expression et quelles en sont ses limites ? 
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Le principe est ainsi posé mais encore faut-il connaître les limites. Celles-ci sont relativement nombreuses du fait du nombre d’exceptions spécifiques touchant au statut particulier des personnes (devoir de réserve, par exemple) ou à la nature des informations concernées (secret médical, secret défense). On peut néanmoins citer quelques règles d’ordre général :
  • Limite 1 - Ne pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui (pour des précisons complémentaires voir les fiches Vie privée et internet et Image et vidéo).
  • Limite 2 - Ne pas tenir certains propos interdits par la loi : l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d'orientations sexuelles ou d'un handicap, l’incitation à l'usage de produits stupéfiants, le négationnisme.
  • Limite 3 - Ne pas tenir de propos diffamatoires : la diffamation se définit par toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne. Il est possible pour se défendre d’une accusation de diffamation d’invoquer l’exception de vérité, c’est-à-dire de rapporter la preuve de la vérité de ses propos.
  • Limite 4 - Ne pas tenir de propos injurieux : l’injure se définit comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.
  • Limite 5 - Il existe également des limites spécifiques telles que le secret professionnel, le secret des affaires et le secret défense.
  • Limite 6 - Certaines personnes, en raison de la fonction qu’elles occupent, sont tenues à un « devoir de réserve ». C’est le cas des fonctionnaires qui doivent exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l’extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées. Plus le niveau hiérarchique du fonctionnaire est élevé, plus son obligation de réserve est sévère.
Le sentiment d'anonymat et d’impunité sur internet est trompeur, les auteurs de propos répréhensibles peuvent être identifiés par une levée de l’anonymat (pour des précisions complémentaires, voir la fiche Obtenir une levée d’anonymat).

Enfin, il existe sur internet un droit spécifique : le droit de réponse Ce droit peut être demandé lorsqu’il n’est pas possible de répondre directement sur le site internet (par exemple sur les forums, il est possible de répondre directement). Ce droit peut être exercé lorsque l’on est directement nommé dans le contenu auquel on souhaite répondre. La demande doit être adressée par lettre recommandée au gestionnaire du site dans le délai de trois mois à partir de la date de publication du contenu.