dimanche 17 février 2019

Les mots, ces conventions


Mais non, les mots n'ont pas de nature propre, et pas de sens intrinsèque non plus.





samedi 16 février 2019

mardi 12 février 2019

Mönlam chén-mo 19 février 2019

Depuis le 3ème jour du 1er mois lunaire (le 5 février), les gélugpa mais pas seulement eux célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière".
Le jour culminant est la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན་, le jour de la pleine lune - cette année,  le 19 février.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux (et aussi dialectiques), qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur.

Depuis que Jé Tsongkhapa institua le Mönlam à Lhasa, en 1409, c'est sans doute l'une des plus grandes fêtes tibétaines. Jusqu'aux heures noires de l'histoire récente (révolution culturelle notamment), la seule interruption avait duré une vingtaine d'années, au début du XVIème siècle, suite à des luttes de pouvoir - politique - entre des dirigeants karma-kagyu et gélugpa.

Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa, le chef suprême de l'école gélugpa, que se déroulaient les examens finaux des géshé lharampa - "géshé de Lhasa" - sélectionnés parmi les plus brillants étudiants des "trois piliers" : Drépung, Séra et Ganden.

lundi 11 février 2019

De la terminologie - exemples de la naissance et de la compassion

Pardon de revenir pour la xème fois sur un de mes thèmes de prédilection : la difficulté de traduire en général, qui plus est de langues non européennes,
qui plus est dans un cadre de pensée complètement différent de ce dont nous avons l'habitude en Europe, tel que le bouddhisme.
Oui, je ressasse. Mais c'est un point important.

Comme tout le monde ne peut pas prendre le temps d'étudier une ou deux langues d'Asie, et que de toute façon, ce ne serait pas non plus une solution à long terme, il faut bien passer par des traductions.

En tâtonnant.
En rappelant que les mots n'ont pas toujours le même sens, selon les contextes - c'est d'ailleurs net en philosophie occidentale.
En soulignant que, même si c'est pénible, le seul moyen d'arriver à à peu près se comprendre, c'est de partir des définitions internes, en l'occurrence bouddhistes, et de réfléchir à partir de là, et non des définitions habituelles du Larousse ou du Robert.

Prenons l'exemple d'un mot tout simple : naissance.
Dans le contexte bouddhiste (des traités), "naissance" désigne certes aussi la venue au monde au sortir de l'utérus maternel, mais pas que.
"Naissance" inclut toute la durée de vie, depuis l'instant de la conception jusqu'à l'instant (inclus) de la mort, et englobe le type de naissance prise (humaine, animale, etc.).

Autre exemple : compassion
Pour comprendre l'état d'esprit évoqué dans le bouddhisme, il ne faut surtout pas se fonder sur  l'étymologie latine.
Ici, il ne s'agit pas de "souffrir avec".
Il s'agit de prendre conscience de la souffrance d'autrui, et de la juger inacceptable.
D'où ensuite l'aspiration à agir pour protéger autrui de la souffrance. La meilleure aide étant de lui expliquer comment faire pour se tirer de là.

vendredi 8 février 2019

Par quoi commencer ?

Par quel bout prendre la pratique du bouddhisme ?

Eh bien, pourquoi pas par le début ?

Pour un bouddhiste, c'est la prise de refuge. Qui a l'avantage d'inclure toutes les étapes de la voie qui mène à l'Eveil.

Pour un non bouddhiste, eh bien, pourquoi pas l'éthique ?
En y associant les autres qualités fondamentales : générosité, patience, enthousiasme, concentration, sagesse.
Et tant qu'à faire, en essayant de penser à encadrer avec une bonne motivation et une dédicace.

Nature de Bouddha

Un point essentiel de l'Enseignement du Bouddha est sans doute la notion de nature de Bouddha, que possède tout être.
Tous les êtres.
Pas seulement les êtres humains.
Pas seulement les humains de sexe masculin. :-)

Cette notion est interprétée de manière diverse selon les systèmes philosophiques et autres branches du bouddhisme (voies progressive ou subitiste).

Peu importe.
L'important est l'idée qu'un jour ou l'autre, tout être parvient à l'Eveil. Et donc à la libération de toute souffrance.
Tout être devient un jour ou l'autre un Victorieux - un Bouddha.





mardi 5 février 2019

Meilleurs vœux


lundi 4 février 2019

Losar 5 février 2019

En 2019, le Nouvel An lunaire tombe le mardi 5 février selon le calendrier tibétain, et plusieurs autres calendriers asiatiques.

Ce sera une année du cochon de terre.

jeudi 24 janvier 2019

Des perceptions et des karmas

 De manière générale, nous ne connaissons des êtres et des choses que les perceptions que nous  avons d'eux, lesquelles perceptions sont fortement conditionnées par nos karmas, plus précisément ceux qui viennent alors à maturité.
C'est bien pour cela que les cittamatrin nient toute réalité extérieure à l'individu qui perçoit !

Sans aller  jusque là, les madhyamika prasangika admettent qu'il existe des objets à l'extérieur de nous, les sujets percevant, mais aussi que nous ne savons pas grand chose d'eux, puisque nos perceptions sont fortement conditionnées par nos propres karmas.
Les perceptions que deux personnes ont d'un même objet comportent une frange commune - conditionnée par l'objet mais aussi par le support physique (organes des sens, etc.) - et une (grande) partie personnelle, conditionnée par leurs karmas.
Autrement dit, la frange commune est plus grande entre des êtres d'une même espèce, par exemple deux humains, qu'entre êtres d'espèces différentes, par exemple un humain et un cheval.

mercredi 23 janvier 2019

Verre à moitié vide ou à moitié plein

Nos perceptions sont au fond très subjectives. Selon notre humeur ou nos habitudes de pensée, nous voyons le verre à moitié vide ou à moitié plein.
Une même situation peut nous laisser indifférents, nous faire rire, ou nous irriter, selon toutes sortes d'éléments qui n'ont strictement rien à voir avec ladite situation.
Un même revenu nous semblera suffisant ou insuffisant, pas tant en fonction du montant lui-même, que de nos points de comparaison.

Un bon côté, c'est que, si nous nous habituons à regarder les choses sous un angle positif, nul doute que nous nous sentirons mieux, plus calmes, plus heureux.

lundi 21 janvier 2019

Lama khyén

Un petit enfant qui trébuche crie "Maman !"
 Plus grand,  on appelle "Au secours", "A l'aide".

Les Tibétains quant à eux s'exclamaient naguère "Lama khyén" བླ་མ་མཁྱེན་ou "Sangyè khyén" སངས་རྒྱས་མཁྱེན་.

Ces deux énoncés, formules abrégées et quintessence de la prise de refuge, sont équivalents - l'un invoquant le(s) Maître(s), l'autre le(s) Bouddha(s).
Quant à les transposer en français, ...
Ils incluent sans doute notre "au secours", mais vont bien plus loin.

Dire ou penser sincèrement "Lama/Sangyè khyén" revient à s'en remettre totalement à eux, sûrs qu'ils savent tout - ne sont-ils pas omniscients ? - de ce qui nous arrive, et qu'ils savent également tout de ce qui serait le mieux pour nous - que ce soit agréable ou désagréable sur le moment.

Lama khyén, Lama khyén, Lama khyén.

La foi, racine de toutes les qualités


La foi དད་པ་, qualité fondamentale s'il en est, et ô combien féconde, car racine de toutes les autres qualités !

Comment ?

Selon l'Abhidharma, la foi se présente sous plusieurs formes, dont certaines si peu habituelles dans nos cultures occidentales qu'il est difficile de trouver des mots qui rendent les subtilités des termes bouddhiques.

Classification ternaire

1) ཡིད་ཆེས་ཀྱི་དད་པ་
La foi en tant que confiance et/ou conviction (ou encore certitude) peut porter sur n'importe quel existant.
Dans cette acception, la foi consiste à voir les choses telles qu'elles sont, et à admettre qu'elles sont ainsi. C'est pourquoi la traduction "confiance" ne convient pas dans tous les cas. Elle est adaptée aux objets du domaine vertueux tels que le Bouddha, les Trois Joyaux, l'esprit d'Eveil, mais pas du tout aux autres !

Par exemple, la foi-confiance en le Joyau du Dharma suppose de discerner les qualités du Dharma et ainsi de comprendre pourquoi et comment pratiquer le Dharma protège de la souffrance et donne accès au bonheur.

En revanche, utiliser le mot "confiance" pour désigner la foi à propos, par exemple, du samsara, ou de la souffrance, etc., serait un contre-sens. Pourtant, la foi en tant que ཡིད་ཆེས་ཀྱི་དད་པ་ peut tout aussi bien porter sur de tels objets. Exemple : être convaincu du caractère négatif de l'attachement et de ses effets pernicieux.

Ceci permet de comprendre pourquoi les textes affirment que la foi est source de qualités. Pour reprendre les mêmes exemples, la foi en le Joyau du Dharma suscite l'aspiration à le pratiquer, et par rapport à l'attachement, elle génère l'aspiration à le combattre et à s'en libérer.
 
2) དང་བའི་དད་པ་
La foi "limpide" revient à éprouver de l'admiration soit envers des qualités (amour, compassion, esprit d'éveil sagesse, etc.) soit envers les êtres porteurs de qualité (Maîtres, Bouddhas, bodhisattvas, arhats, saints, etc.)
Les objets de la foi limpide, qualités ou êtres, sont forcément positifs, vertueux.


2) མངོན་འདོད་ཀྱི་དད་པ་
La foi en tant qu'émulation découle de l'admiration des qualités d'autrui et consiste à souhaiter en obtenir de semblables, pour de même pouvoir progresser, aider autrui, etc.

Il ne s'agit en aucun cas de jalousie, néfaste, mais d'une saine émulation sur la voie spirituelle.
 La foi-émulation porte par définition sur des qualités, et suscite l'aspiration à les épanouir.


Classification binaire

1) La foi non fondée, c'est-à-dire la foi aveugle.
Exemple, éprouver de la foi envers le Bouddha, par imitation, par habitude culturelle, mais sans avoir connaissance réelle de ce qu'est le Bouddha.
La foi aveugle présente plusieurs inconvénients :
elle n'est pas stable et peut être perdue ;  
bien qu'elle soit capable de donner naissance à divers bons résultats (éthique, bonté, amour, etc.), ceux-ci restent limités et précaires ;
elle peut consister en des croyances fausses, et donc potentiellement dangereuses. Exemple : foi accordée à une déité "exigeant" (selon ses fidèles) des sacrifices sanglants.

2) La foi fondée, sur des raisons et des compréhensions issues de l'étude, la réflexion et la méditation.
Bien évidemment, le bouddhisme prône la foi fondée, qui est stable et qui peut générer toutes les qualités de la voie, jusqu'à l'Eveil complet inclus.

Le bouddhisme observe que la foi aveugle est une porte d'entrée possible - mais pas obligatoire - sur la voie, quitte à plus tard laisser la place à la foi fondée.
La foi aveugle n'est cependant l'unique entrée, certains êtres se fondant sur la sagesse pour développer la foi.
Selon un de mes Maîtres, la sagesse entraîne forcément la foi, mais la foi (sous-entendu non fondée) n'entraîne pas forcément la sagesse.
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jeudi 17 janvier 2019

L'instant detox (Julien Pain)

A propos de la nécessité, ou non, de Dieu




A propos des Textes, à réinterpréter ou non



A propos de la violence


jeudi 3 janvier 2019

Rinpoche à Bordeaux les 2 et 3 février 2019

Kadam Tcheuling Bordeaux  
http://kadamtcheuling.org

 Les 2 et 3 Février 2019, le Vénérable Maître Dagpo Rimpoché donnera la suite de l'enseignement sur "l'Entrainement à l'esprit d’Éveil en 7 points" de Gueshé Tchékawa.

Le nombre de places dans le temple étant limité et afin de préparer au mieux ces journées, prière de bien vouloir vous inscrire depuis ce lien :

https://billetto.fr/e/enseignement-bouddhiste-l-entrainement-de-l-esprit-par-le-venerable-dagpo-rimpoche-billets-325834

Les horaires prévus sont : 9h00 à 12h00 et de 15h00 à 17h00 pour le samedi et le dimanche.

Rinpoche près de Biarritz du 25 au 27 janvier


mardi 1 janvier 2019

Vœux de Nouvel An

La paix vient de l’intérieur. Ne la cherchez pas à l’extérieur.

Personne ne peut nous sauver, à part nous-mêmes… Personne ne peut et personne ne le fera pour nous…

(Bouddha)

dimanche 30 décembre 2018

L'instant detox (Julien Pain) - à propos des interdits alimentaires


Intervenants :

Père Antoine Guggenheim Aassociation : UP for Humanness

Yann Boissière Rabbin du MJLF (Mouvement Juif Libéral de France) Président de l’association « les Voix de la Paix »

Tareq Oubrou Grand Imam de Bordeaux , Président des Imams de France Théologien, écrivain et essayiste

Marie-Stella Boussemart Moniale bouddhiste, association la Congrégation Ganden Ling

L'instant detox - à propos des femmes


vendredi 28 décembre 2018

dimanche 23 décembre 2018

Des dirigeants


Le Dasa-raja-dhamma, texte des Jataka (récits des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni),  énonce les dix devoirs d’un roi :
1. La générosité, qui suppose d’utiliser les biens et richesses au profit de la population, et non pour lui-même.
2. Une éthique élevée 
3. L’abnégation, qui consiste à accorder la priorité à l’intérêt de la population, 
4. L'honnêteté et l'intégrité
5. L’amabilité et la douceur
6. Un train de vie simple, sans luxe ni ostentation
7. L'absence de haine et de rancune
8. La non-violence
9. La patience, dont la capacité à supporter les critiques et insultes
10. Le souci de l’harmonie, en respectant la volonté populaire.

Insistant sur l'importance de la stabilité économique, le Bouddha estime que la politique d'un Etat doit concourir à quatre objectifs :
1. La sécurité économique
2. La prospérité économique
3. L’absence de dettes
4. La moralité des moeurs et coutumes

Lao Tseu

Citations prêtées à Lao Tseu :

J'ai juste trois choses à enseigner : la simplicité, la patience et la compassion. Ces trois-là sont les plus grands trésors.

Qui est satisfait est riche.

La santé est la plus grande possession. Le contentement est le plus grand trésor. La confiance est le meilleur ami. La non-existence est la plus grande joie.

Epicure

Citation prêtée à Epicure :

Rien n’est suffisant pour celui pour qui assez est trop peu.

Dialogue et respect mutuel

Extrait du 12ème Décret d'Ashoka, gravé dans un rocher au 3ème siècle avant JC :

 « L'épanouissement des religions est essentiel et peut s'accomplir par divers  voies, mais toutes supposent de ne pas privilégier uniquement sa propre religion ni condamner la religion d'autrui sans une grande raison. Et s'il y a motif à critique, elle doit être dite avec douceur.  On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cet aspect ci ou cet aspect là. Agir ainsi bénéficie sa propre religion ainsi qu'à celle des autres. En agissant autrement, on nuit à sa propre religion ainsi qu'à celle des autres.

Quiconque célèbre sa propre religion avec une dévotion excessive et condamne les religions des autres, pense ainsi glorifier sa propre religion mais il ne fait que lui nuire gravement. C'est pourquoi le contact entre les religions est bon. Il importe que chacun écoute et respecte les doctrines professées par autrui. »
        

vendredi 21 décembre 2018

Etre content de ce que l'on a

Etre content de ce que l'on a est une qualité fondamentale dans le bouddhisme, "tout simplement" parce qu'elle permet de se sentir heureux, quelles que soient sinon les opinions et cultures, comme le montre le texte ci-après, d'Olivier de Kersauson.

« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité ! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »

jeudi 20 décembre 2018

Le processus de la mort selon des scientifiques

Pour info, car il est toujours intéressant de prendre connaissance de divers points de vue

https://theconversation.com/podcast-ce-quil-se-passe-dans-le-cerveau-au-moment-de-la-mort-108091

 Blog consacré au cerveau
https://cervenargo.hypotheses.org/

De l'éducation, selon Marguerite Yourcenar

Un texte écrit par Marguerite Yourcenar en 1980. Mais plus que jamais d'actualité.

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.


On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.


On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.


On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.


En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.


On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.


Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »


Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."

jeudi 13 décembre 2018

mercredi 12 décembre 2018

70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme



A l'occasion du 70ème anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, M. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et ministre de la Justice, revient sur les défis auxquels faits face cette Déclaration depuis sa création.

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Pour les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) s'est réuni ...

dimanche 9 décembre 2018

Bouddhisme et droits de l'homme

Il y a 70 ans, le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme était adoptée à Paris, par les 48 membres constituant à l'époque l'assemblée générale des Nations Unies.

Ce fut une bonne chose, certes, et une grande avancée sur le plan de la pensée. Je formule des vœux sincères et ardents pour que ce texte soit un jour partout appliqué sur le terrain, puisque telle est sa vocation.

Car le titre commence bien, n'est-ce pas, par ces mots très puissants : "LA" déclaration "UNIVERSELLE".

Cette affirmation catégorique d'universalité m'amène à réfléchir aux liens que je pourrais, ou non, discerner entre ladite déclaration et le bouddhisme, ou plus exactement ce que je connais du bouddhisme, c'est-à-dire pas grand chose : une goutte d'eau tirée d'un océan infini.

Bien évidemment, dans les traités bouddhistes, quand un mot susceptible d'être traduit par  "droit" est employé, c'est avec le sens de "autorisation / permission". Pas celui de "prérogative" (par naissance ou par statut). Mais au-delà des mots, qu'en est-il du sens, et de la pensée ?

Le Bouddha recommande d'affaiblir l'ego, voire de l'oublier. En parallèle, il ne cesse d'inciter ses disciples à assumer leur responsabilité et à se prendre en mains.

Quid de la notion de "droit" ?  Pourquoi pas, s'il s'agit des droits d'autrui, ou de manière générale de tout être vivant.

Un axiome de base du bouddhisme est en effet que tout être (pas seulement humain) est digne de respect.
Et au fond, observer l'éthique revient à respecter les droits légitimes d'autrui - même si on n'utilise pas ce terme de "droit".

Notons que respecter autrui implique entre autres de respecter son  cadre de vie, à savoir la nature. Dans plusieurs soutras, le Bouddha souligne donc qu'il faut éviter de polluer le sol, l'eau, etc. Ah ! Que ne l'avons-nous écouté !

Un autre axiome est que tout être recèle un potentiel quasiment infini, en métalangage "nature de Bouddha" : tout être finira par atteindre la libération et l'Eveil.
Mais ce n'est pas un "droit" ; c'est une faculté. :-)

Bouddhisme / Occident : attention aux mots, ces faux-amis

Bien que connu (de nom) depuis très longtemps en Europe, le bouddhisme commence à y sortir des cercles universitaires depuis très peu de temps, "grâce" à l'arrivée de réfugiés asiatiques bouddhistes.

Seulement voilà, sans encore parler de comprendre, ce n'est pas si simple de se faire une idée à peu près correcte du sens qu'il véhicule.

Outre la richesse même de l'Enseignement du Bouddha, et le contexte asiatique, nous nous heurtons au langage.

J'ai souvent abordé la question sur ce blog, mais au risque de me répéter, ô Amis intéressés par le bouddhisme, s'il vous plaît, veuillez tenir compte que les mots les plus simples n'ont peut-être pas le même sens dans un texte bouddhiste ! C'est même probable, pour ne pas dire certain.

Tenez également compte que les traducteurs et interprètes, pour sincères qu'ils soient, étaient, et sont sans doute encore, plus imprégnés de la pensée judéo-chrétienne que de la pensée bouddhiste qu'ils découvrent à peu près en même temps que vous.

Tant que le bouddhisme ne sera pas "installé" en nos contrées (il faut environ deux siècles, paraît-il), je recommande vivement à ceux qui en auraient la possibilité  l'étude d'une langue asiatique susceptible de donner accès au Dharma, afin d'éviter les amalgames, contre-sens, etc., issus d'une réflexion fondée sur un vocabulaire à connotations inévitablement chrétiennes, du fait de notre histoire.



samedi 8 décembre 2018

Des couleurs et des performances

Qu dit vacuité (absence d'existence propre), dit dépendance, et inversement.

En voici une illustration "amusante" (au sens du terme japonais 面白い, qui inclut le sens de "intéressant" !).


vendredi 7 décembre 2018

Ne nous laissons pas abattre

En ces temps moroses, un peu de réconfort est bienvenu.

Voici un court extrait d'un Enseignement donné par Gen Tat en 1985.


Il ne faut pas nous décourager en pensant que jamais nous ne pourrons éliminer les facteurs perturbateurs, que jamais nous ne pourrons obtenir la libération. Il n'y a pas lieu d'avoir ce genre de crainte parce que les phénomènes sont vides de nature propre. Il est donc possible d'éliminer les facteurs perturbateurs. 
Nous avons en nous l'ignorance, c'est vrai, mais l'ignorance elle-même  n'a pas de nature propre. Étant donné qu'elle n'a pas de nature propre, elle est soumise à transformation. Nous n'avons pas à la conserver éternellement, nous pouvons la réduire d'abord, puis l'éliminer et nous pouvons obtenir la libération. 

mardi 4 décembre 2018

Habitat participatif


La loi ALUR définit l'habitat participatif comme « une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s'associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d'acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d'assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis. »


Fort répandu en Suisse et les pays du Nord de l'Europe (Norvège, Danemark, etc.), l’habitat coopératif permet aux citoyens de vivre ensemble dans un habitat conçu collectivement autour d’une ambition sociale et écologique. Ce pourrait aussi être une alternative plus confortable au problème du logement pour les seniors, sur le modèle des béguinages.


Comme j'ai ouï dire que certains lecteurs de ce blog sont intéressés par la question, de loin en loin je posterai des annonces susceptibles de convenir aux uns ou aux autres.
Vous pouvez aussi en proposer, bien sûr. Cela n'engage personne. :-)


1) Par exemple, voici une annonce à propos d'une maison qui est, paraît-il, en très bon état et qui pourrait convenir pour faire deux logements (+ peut-être un studio), car il y a deux accès distincts à l'étage.


Vente maison 6 pièces 142 m² Veneux les Sablons (77) - 335 000 ...



2) Autre annonce sur Veneux également

  • Grande maison de ville en bon état sise entre avenue de Fontainebleau et rue de Bourgogne
  • 5 chambres avec chacune une salle de bains
  • plus de 300 m² d'habitation
  • coût :  480.000 € environ 
  • possibilité d'acquérir ultérieurement une maison du même volume dans la même cour.
Contact : 06 63 47 79 27

mercredi 28 novembre 2018

Kyabje Ling Rinpoche & Kyabje Trijang Rinpoche - biographies en anglais

The Life of My Teacher: A Biography of Kyabjé Ling Rinpoché
Wisdom Publications (11 juillet 2017)

"Au Tibet, la tradition voulait que les disciples écrivent des biographies de leurs maîtres. Ici le disciple est le Dalaï-lama et le maître est Ling Rinpoché, l'un des fleurons du bouddhisme tibétain au vingtième siècle. C'est un portrait fascinant qui retrace l'éducation et la carrière d'un tulku légendaire ainsi que les événements historiques dont il fut le témoin." (Donald S. Lopez, Jr., Arthur E. Link, Professeur émérite d'études bouddhistes et tibétaines à l'Université du Michigan).
"La vie de mon Maître est un récit touchant, respectueux et méticuleux qui nous permet de mieux comprendre les domaines d'intérêt, les priorités et le caractère de Sa Sainteté, bien mieux que n'importe quel autre texte écrit par lui-même ou par d'autres." (Alexander Norman,  éditeur de Freedom from Exile: The Autobiography of the Dalai Lama).
"Bien qu'elle soit rédigée dans le style traditionnel d'une biographie spirituelle tibétaine (rnam thar), cette biographie particulière de Kyabjé Ling Rinpoché, grand tuteur senior de Sa Sainteté le Dalaï-lama, est unique à bien des égards. Tout d'abord l'auteur et son sujet sont tous deux des êtres extraordinaires. Ensuite c'est l'unique biographie de ce genre écrite par le Dalaï-lama lui-même; elle se concentre sur celui que Sa Sainteté décrit comme "celui qui a exercé la plus grande influence sur ma vie", et comme son véritable "point d'ancrage" tout au long des événements tumultueux dont le Dalaï-lama et son peuple ont fait l'expérience lorsqu'ils furent contraints à l'exil dans notre monde moderne. Ensuite ce récit détaille les nombreuses activités spirituelles exercées sans relâche par ce précieux tuteur, Ling Rinpoché. Enfin cet ouvrage nous présente un portrait touchant des interactions en coulisse entre un maître respecté et son élève très spécial, alors que ce dernier progressait pour devenir un leader religieux courageux sur la scène internationale. Ce récit rare et souvent empreint de tendresse est un véritable cadeau qui nous est offert. Réjouissons-nous de sa publication."  (Jan Willis, auteur de Enlightened Beings et Dreaming Me).



The Magical Play of Illusion: The Autobiography of Trijang Rinpoche
Wisdom Publications (2 octobre 2018)

"Kyabjé Trijang Rinpoché (1901–1981) fut non seulement l'un des tuteurs de Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-lama, il fut également le maître racine d'un grand nombre de lamas qui ont introduit le bouddhisme en occident dans les années soixante. Cette autobiographie documente ses études poussées ainsi que ses efforts incessants pour diffuser les enseignements dont il s'était rendu maître; elle sera une précieuse source d'inspiration pour tous ceux qui ont bénéficié de cette transmission éclairée, directement ou indirectement. Ce récit est également vivement recommandé car il retrace la toile de fond de cette période de bouleversements dans l'histoire du vingtième siècle." (Jonathan Landaw, éditeur de Introduction to Tantra).

“Kyabjé Trijang Rinpoché, l'un des rares maîtres à maîtriser l'ensemble des enseignements du bouddhisme tibétain, fut l'un des lamas les plus influents du vingtième siècle. Cette biographie magnifiquement écrite et traduite avec élégance nous révèle la vaste étendue de ses activités spirituelles ainsi que leur contexte historique." (Alexander Berzin, fondateur et auteur, Berzin Archives, studybuddhism.com)

Kyabjé Trijang Rinpoché, tuteur junior du Dalaï-lama, fut unanimement reconnu comme l'un des plus grands maîtres du bouddhisme tantrique, réfugié en Inde après l'invasion du Tibet par la Chine communiste dans les années cinquante. Il fut également étonnamment humble et terre-à-terre. Son récit est bien plus qu'une simple autobiographie car il nous dévoile la beauté et les merveilles du Tibet disparu. Cette histoire fourmille de pics émotionnels aussi hauts que l'Himalaya et de moments de profonde détresse après la perte de la mère patrie et lors des destructions qui ont suivi. C'est une lecture indispensable conseillée à tous ceux qui s'intéressent à la culture tibétaine, à son histoire et à sa vie spirituelle. (Glenn Mullin, auteur de The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnation).

vendredi 23 novembre 2018

Décès de Hubert Durt

Condoléances à la famille de Monsieur Durt et à ses collègues orientalistes.


EFEO - Ressources numériques - In Memoriam Hubert Durt


Hubert Durt (1936-2018)



Hubert Durt nous a quittés le 15 septembre 2018. Il a, durant plus d’un demi-siècle, été l’une des figures des études bouddhiques et, au-delà, des relations intellectuelles entre la France et le Japon.
Né en 1936 à Uccle en Belgique, Hubert Durt fut d'abord formé aux humanités gréco-latines, à l’archéologie et à l’histoire de l’art occidental. Il obtint une licence en philologie classique à l’université de Louvain (1958), puis un diplôme de langue japonaise à l’université de Gand (1960). Sans doute, cette double formation d’humaniste classique et de spécialiste d’études asiatiques – en l’occurrence du bouddhisme –est-elle à l’origine de son inlassable curiosité qui lui permit d’acquérir une érudition qu’il portait avec légèreté et humour, modestie et cordialité. De ces années de formation il faut retenir que si l’histoire de l’art amena Hubert Durt à s’intéresser au bouddhisme, c’est son admiration pour l’art bouddhique qui le conduisit à la philologie et l’étude des langues classiques de l’Inde de l’Extrême-Orient.

Hubert Durt fut l’élève de l’illustre savant Mgr Étienne Lamotte, auquel il voua toujours une immense admiration et qui fut son principal mentor. Son premier séjour au Japon, après l’obtention d’une bourse du gouvernement belge se déroule aux universités de Kyōto et de Tōkyō entre avril 1960 et mars 1963. Kyōto, l’ancienne capitale, exerça immédiatement sur lui une fascination qui correspondait à son goût pour l’histoire de l’art et à son intérêt pour le bouddhisme. Il arriva au Japon comme s’il avait lui-même suivi les routes et les traces du Bouddha en passant par l’Iran, le Pakistan, l’Inde et Sri Lanka.

En février 1964 il devient l’assistant d’Étienne Lamotte à l’Institut orientaliste de l’université de Louvain et enseigne en même temps la langue japonaise ; il est également collaborateur aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles et travaille comme bibliothécaire et secrétaire des publications de l’Institut belge des hautes études chinoises. Il revient au Japon en décembre 1965 où, contractuel à la Maison franco-japonaise de Tōkyō, il travaille jusqu’en décembre 1969 pour le Centre de Kyōto de l’École française d’Extrême-Orient – dont la principale activité est alors la rédaction du Hôbôgirin – encyclopédie de la terminologie bouddhique sino-japonaise entreprise en 1926 à Tōkyō puis continuée à partir de 1961 à Kyōto – pour laquelle il rédigera une vingtaine d’articles dont plusieurs constituent de courtes monographies. En janvier 1970, il est nommé membre de l’École française d’Extrême-Orient et affecté au Centre de Kyōto. En juin de la même année, il obtient un doctorat en philologie et histoire orientales de l’université de Louvain pour sa thèse intitulée La version chinoise de l’Introduction historique de la Samantapāsādikā : traduction du chapitre introductif du Chan Kien Liu P’i-P’o-Cha et notes sur les rapports entre ce texte et la tradition pāli concernant l’histoire du bouddhisme ancien en Inde et à Ceylan. En collaboration étroite et harmonieuse avec la grande sinologue Anna Seidel (1938-1991), qui avait intégré l’École française d’Extrême-Orient un an auparavant, en 1969, il allait, parallèlement à son activité scientifique, contribuer à faire du centre de Kyōto l’un des hauts lieux de la recherche sur le bouddhisme et les religions de l’Asie. La liste des spécialistes d’études sur l’Asie orientale et le bouddhisme que le centre a accueilli et formé est impressionnante. Le Centre de Kyōto se situait alors dans l’un des temples séparés du grand monastère zen du Shōkoku-ji qui, deux siècles plus tôt, avait déjà été l’un des lieux privilégiés où se rencontraient moines, artistes et lettrés à Kyōto.
En 1985 paraît le premier numéro du périodique Cahiers d’Extrême-Asie, consacré aux relations entre les religions et la société en Asie orientale (Chine, Japon, Corée, Tibet). Hubert Durt seconde Anna Seidel dans le travail de rédaction. Il devient rédacteur en chef en 1991 à la suite de la mort prématurée d’Anna Seidel. Cinq années plus tard, en avril 1996, il est nommé professeur à l’International College for Advanced Buddhist Studies de Tōkyō l’année de sa fondation par Hirakawa Akira (1915-2002) l’une des grandes figures des études bouddhiques japonaises. Le nombre de fonctions qu’Hubert Durt a occupé avec une égale compétence sans jamais ménager son temps ni ses forces est très important : ainsi membre associé de l'Istituto per il Medio ed Estremo Oriente (IsMEO), membre du comité de direction de l'International Association for Buddhist Studies, président en 1997 du comité directeur du Lumbini International Research Institute au Népal.
À l’extrême fin des années 1980, Hubert Durt donnait à l’Institut national des Langues et Civilisations orientales (INALCO) une conférence sur l’Inde du Bouddha telle qu’elle apparaissait dans les récits d’un célèbre recueil japonais médiéval d’anecdotes : les Histoires qui sont maintenant du passé dont les extraits traduits par Bernard Frank (1927-1996), l’introduction et l’annotation forment nous avaient attiré, après Lafcadio Hearn, vers les études japonaises. Un hasard heureux autant qu’inexpliqué fit qu’en l’espace d’une même année il fut donné à l’auteur de ces lignes de rencontrer ces deux grands orientalistes dont les leçons s’avérèrent déterminantes.
En mars 2001, Hubert Durt prend sa retraite de l’École française d’Extrême-Orient mais il continua à manifester un attachement indéfectible à celle-ci. Il devient vice-président de l’International College for Advanced Buddhist Studies.

À partir de Kyōto et vers tous les horizons du monde, Hubert Durt a su rassembler et unir autour de lui chercheurs et amis de tous âges et de toute condition, sensibles à son urbanité et charmés par la grâce sans égale de sa conversation et servir avec dévouement et passion l’École française d’Extrême-Orient. Les études bouddhiques furent pour lui un domaine de recherche presque naturel. Elles requièrent des connaissances profondes dans un grand nombre de domaines allant de la philologie à la littérature classique, de l’histoire de l’art à l’anthropologie, mais également un désir d’aller à la rencontre d’une véritable mosaïque de cultures, depuis l’Inde qui vit naître le bouddhisme jusqu’au Japon, en passant par la Chine, la Corée, l’Asie centrale, le Tibet sans oublier l’Europe ou les États-Unis.

Ayant été nommé à l’École française d’Extrême-Orient en 2000 puis affecté à Kyōto en mars 2001, ce fut un privilège pour nous, durant plus de six années, de bénéficier des conseils d’Hubert Durt et de cultiver en sa compagnie cet art de la conversation qu’il pratiquait avec un inégalé bonheur. Chaque rencontre devenait l’occasion d’entrevoir des horizons nouveaux, des pistes inexplorées, des rapprochements inédits. Mélomane et pacifiste, comme son cher Romain Rolland Hubert Durt fut aussi un homme d’engagements. Ainsi celui qu’il partageait avec sa femme, la vitrailliste Michiyo Durt-Morimoto, pour la défense du patrimoine – celui, toujours menacé, de l’architecture des maisons traditionnelles japonaises – mais également française, comme à l’église de Saint-Hilaire-La-Combe à Curemonte, dont les vitraux ont été offerts par Michiyo Durt-Morimoto, en ce village où sur les lignes de crête de l’extrémité méridionale de la Corrèze il aimait, entouré de collègues et d’amis, oublier un temps toujours trop compté les rigueurs de l’été japonais et les menaces croissantes qui pèsent sur la beauté du monde – en ces hauts lieux comme dans ses recès les plus simples– toujours soumise aux imprévisibles caprices de la nature, aux inexorables destructions du temps et à la constante incurie des hommes. Autant que ses recherches qui continuent d’inspirer les jeunes chercheurs, la personnalité unique d’Hubert Durt, par son dévouement, son sens de la loyauté, sa fidélité en amitié manqueront aux siens et à l’École française d’Extrême-Orient dont il a incarné à la perfection les idéaux de recherche et d’échanges entre les disciplines ayant trait aux civilisations de l’Asie et entre les femmes et les hommes qui s’y consacrent depuis l’Inde jusqu’au Japon.
Nos pensées vont à sa femme Michiyo, à sa fille Sara, à son fils Ali ainsi qu’à tous ses proches.

François Lachaud

lundi 19 novembre 2018

Biographies des deux Tuteurs de SS le Dalaï Lama

The Life of My Teacher: A Biography of Kyabjé Ling Rinpoché
Wisdom Publications (11 juillet 2017)

“In Tibet, it was traditional for disciples to write biographies of their teachers. In this case, the student is the Dalai Lama and the teacher is Ling Rinpoche, one of the giants of Tibetan Buddhism in the twentieth century. It is a fascinating portrait, both of the education and career of a legendary tulku and of the epochal events that he witnessed.” (Donald S. Lopez, Jr., Arthur E. Link Distinguished University Professor of Buddhist and Tibetan Studies, University of Michigan)

“Touching, reverent and a meticulous record, The Life of My Teacher gives the reader a better insight into His Holiness's interests, priorities and character than anything else written by or about him.” (Alexander Norman, editor of Freedom from Exile: The Autobiography of the Dalai Lama)

“Though written in the traditional style of a Tibetan spiritual biography (or rnam thar), this particular biography of the great senior tutor of His Holiness the Dalai Lama, Kyabje Ling Rinpoche, is unique in many respects. First, the subject of the biography as well as its author are both extraordinary beings. Second, it is the only such biography that the Dalai Lama himself has written, and it focuses on the teacher whom His Holiness describes as the “greatest influence on my life” and as his one true “rock” throughout the tumultuous historical times experienced both by the Dalai Lama and his people as they were forced to become refugees in the modern world. Third, the book provides a detailed accounting of the vast and continuous spiritual activities of the precious tutor, Ling Rinpoche. And fourth, it offers a touching portrayal of the behind-the-scenes interactions between a revered teacher on the one hand and his very special student on the other as the latter develops into a courageous religious leader on the world stage. This rare and oftentimes tender life story is a gift to us all. Its publication should be greeted with much rejoicing.” (Jan Willis, author of Enlightened Beings and Dreaming Me)



The Magical Play of Illusion: The Autobiography of Trijang Rinpoche
Wisdom Publications (2 octobre 2018)

"Not only was Kyabjé Trijang Rinpoché (1901–81) a tutor to His Holiness the Fourteenth Dalai Lama, he was also the root guru of a great many of the lamas responsible for introducing Tibetan Buddhism to Westerners beginning in the 1960s. This autobiography—documenting his extensive learning and his tireless deeds disseminating the teachings he had mastered—will therefore prove inspiring and invaluable to those who have benefited, both directly and indirectly, from this transmission of insight. It is also highly recommended for the background it gives to this transformative period of twentieth-century history." (Jonathan Landaw, editor of Introduction to Tantra)

“Kyabjé Trijang Rinpoché, a rare master of all fields of Tibetan Buddhist learning, was one of the most influential lamas of the twentieth century. This beautifully written and elegantly translated autobiography reveals not only the vast scope of his enlightening activities but also the historical context in which they took place.” (Alexander Berzin, founder and author, Berzin Archives, studybuddhism.com)

"Kyabjé Trijang Rinpoché, the junior of the two great gurus of the Dalai Lama, was universally recognized as one of the greatest Buddhist tantric masters to escape to India following the Chinese Communist invasion of Tibet in the 1950s. He was also amazingly humble and down to earth. His story is not only a personal autobiography but a glimpse into the beauty and wonder that was Tibet. It is a story filled with emotional peaks as high as the Himalayas and the emotional lows that came with the loss of homeland and subsequent destruction. A must read for anyone interested in Tibetan culture, history, and spiritual life." (Glenn Mullin, author of The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnation)

jeudi 15 novembre 2018

Lama à 19 ans… Et après?


Lama à 19 ans… Et après? - Claire Lumière


Auteur : Hermès Garanger

Est-ce parce qu'elle porte un improbable prénom, celui du " messager des dieux " dans la mythologie grecque ? Hermès Garanger semblait, dès sa naissance, promise à un destin hors du commun. Enfant, elle grandit en France, dans l'un des plus grands centres bouddhistes tibétains d'Europe, fondé par ses parents, et s'épanouit au milieu des moines bouddhistes qui lui enseignent la méditation. A 15 ans et demi, elle fait un choix radical, qui va transformer le reste de son existence : partir en retraite pour une durée de plus de mille jours, selon l'une des traditions bouddhistes. Pendant 3 ans, 3 mois et trois jours, elle vivra dans une pièce de 9m2, sans aucun lien avec le monde extérieur, en méditant 14 heures par jour, pour devenir à sa sortie... la plus jeune Lama occidentale ! Trente ans plus tard, devenue maman et productrice de télévision, elle pratique toujours plusieurs fois par jour la méditation, qui lui a appris à gérer ses émotions et à surmonter les pires épreuves. De ses voyages en Inde et au Népal, jusqu'aux plateaux de télévision en passant par le Centre de Recherches en Neurosciences de l'Inserm de Lyon, où elle participe aux travaux scientifiques consacrés aux pouvoirs de la méditation sur le cerveau humain, c'est un parcours de vie étonnant que livre Hermès Garanger.

mercredi 14 novembre 2018

Ganden Namchö 2018

En 2018, le Ganden Namchö (dGa' ldan lnga mchod) tombe le dimanche 2 décembre.

Le Ganden Namchö, le 25ème jour 10ème mois lunaire, est la commémoration du passage en nirvana de Je Rinpoche, c'est à dire Je Tsongkhapa, fondateur du monastère de Ganden (dGa' ldan) et partant de l'école des dGa' ldan pa, également connus sous les noms de dGe lugs pa (prononcé guélougpa : "Vertueux"), ou encore de bKa' gdams gsar ma ba (c'est à dire "Nouveaux Kadampa"), et ce donc depuis le début du XVème siècle, le monastère de Ganden ayant été fondé en 1409. 
Que faire ? Par exemple :
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Je Rinpoche ;
- lire une biographie de Je Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces.

Ne pas oublier de souhaiter la Bonne Année aux amis mongols bouddhistes, qui depuis des siècles célèbrent à cette occasion la nouvelle année.

mardi 13 novembre 2018

Lama / tülku ou non

On entend parfois ce genre d'expression : C'est un grand Lama. Ce qui laisse à entendre que d'autres lama ne seraient pas si grands... Ce qui, je dois dire, me gêne un peu. Car sur quels critères se base-t-on pour de tels jugements ?

Prenons acte que cette expression existe et essayons de la comprendre.

Un grand Lama, c'est sans doute d'abord un pratiquant et un maître dont les qualités sont tellement évidentes qu'elles éblouissent les êtres ordinaires alentours, pourtant fortement aveuglés par leur ignorance et leurs voiles karmiques (n'oublions pas que, selon le bouddhisme, la perception de chaque être dépend somme toute plus de ses karma que des objets "extérieurs", au point que les cittamatrin nient jusqu'à l'existence des objets extérieurs à l'esprit).
Un grand Lama n'est donc pas obligatoirement un personnage riche ou d'un haut rang social. Souvent, d'ailleurs, il fuit les hochets de la notoriété profane. Pour prendre quelques exemples, citons Dromtönpa, Milarepa ou encore Ensapa.

Un grand Lama est-il toujours un haut dignitaire religieux, supérieur de moult communautés ?
Cela peut arriver, quand il le juge nécessaire. Mais c'est loin d'être systématique.
Bien des grands Lamas sont des anachorètes "asociaux". Rien de plus normal : ils prennent le contre-pied des conventions de ce bas-monde (ambitions, compétitions, pouvoir politique, richesses matérielles et autres vanités fondées sur l'intérêt personnel).
Notons au passage que tous les grands Lamas ne sont pas des moines - beaucoup sont laïcs. Et il se trouve même des femmes en leur sein (Cf. Machik Labdrön, qui n'est pas une exception unique) !

Quand même, ne peut-on concevoir une hiérarchie, avec par exemple en un le Dalaï lama, en deux le Panchen Lama, etc. ?
Ce genre de hiérarchie existe bien sûr, mais elle n'a de valeur que politique. Rien ne la justifie sur le plan spirituel : qu'est-ce qui permettrait d'affirmer qu'un Bouddha l'emporterait sur l'autre ? Idem pour leurs émanations. Car des émanations d'Avalokiteshvara, c'est qu'il y en a beaucoup, outre les Dalaï lama et les Karmapa.

De toute façon, pour le pratiquant, le Lama le plus important est son propre Maître, et personne d'autre.

Toute société éprouvant le besoin de règles et d'un cadre structuré, il était cependant inévitable que les Tibétains établissent une hiérarchie parmi les lama, en mettant au sommet ceux qui sont le plus en vue, c'est-à-dire ceux qui, au cours de l'histoire, ont eu le plus de contacts avec les gouvernants chinois ou mongols.
Chacun sait que le titre "dalaï lama" est d'origine mongole et a été décerné au 3ème du nom par le grand Khan de l'époque, lequel avec largesse a englobé les deux prédécesseurs immédiats.

Lors d'une cérémonie dans un temple tibétain, comment sont placés les lama (sauf quand exceptionnellement un Maître de caractère du genre de Dagpo Lama Rinpoche ou Tag-ri Rinpoche imposent l'application scrupuleuse des règles du Vinaya).
Les lama sont classés enfonction de cinq catégories :
1. Les rgyal sprul : incarnations de rois du Tibet.
2. Les ho thog thu : incarnations d'empereurs mandchous, de Dalaï lama et de Panchen Lama.
3. Les tshogs chen sprul sku
(les tulkou de la grande assemblée, c'est-à-dire du monastère entier tous collèges confondus) : lama réincarnés qui ont obtenu du gouvernement (contre le versement d'offrandes matérielles aux membres dudit gouvernement) le privilège d'être intronisés dans le temple principal du monastère, et non pas dans le temple d'un des collèges (comme c'est le cas des grva tshang sprul sku). Dans certains collèges comme Drepung Loseling, la hiérarchie interne parmi les tshogs chen sprul sku est basée sur le montant des dons effectués par le lama lors de son intronisation.
4. Les Khri sprul : incarnations de Ganden Tripa (le rang qui leur est concédé démontre assez clairement que les critères retenus ne sont guère d'ordre spirituel).
5. Les mkhan sprul : incarnations d'abbés, notamment d'abbés des trois "piliers" : Sera, Drepung et Ganden (même remarque que ci-dessus).

Lama / tülku

Les bouddhistes admettent la réincarnation mais, à ma connaissance, ce sont les Tibétains qui ont poussé ce principe jusqu'à rechercher systématiquement les nouvelles formes revêtues par certains grands personnages du passé. Ils les appellent lama (bla ma) ou, pour être plus précis, tulkou (sprul sku).

Le problème pour les non-initiés est que ces termes ont tous deux d'autres emplois. d'où ambiguïté et, parfois, malentendus. Ce week-end, lors du séminaire sur la mort à La Mutualité, il a été posé à Rinpoche une question concernant les renaissances des lama et tulkou, ce qui m'a donné envie de reprendre ici ce sujet.

Bla ma est la contraction de bla na med pa, qui signifie littéralement "sans supérieur", ou encore "suprême. Autant dire que, si ce titre est décerné par d'autres personnes, d'accord, mais se l'accorder à soi-même, ou simplement l'utiliser pour soi-même manquent quelque peu de modestie ! Supposons que nous rencontrions quelqu'un qui se présente à nous comme étant Lama Untel, pour qui comprend un peu la langue tibétaine, cela sonne bizarrement.

Toujours est-il qu'un lama est un maître spirituel. Notre propre maître est donc "notre lama", qu'il soit ou non reconnu en tant que lama par la société.

sPrul sku est l'équivalent tibétain du terme sanskrit nirmanakaya. Il désigne en premier lieu le ou les Corps d'émanation des Bouddha.
Ainsi, le Bouddha Shakyamouni était un Nirmanakaya, de ceux qui sont qualifiés de "Nirmanakaya suprêmes" (mchog gi sprul sku), bhikshu qui présentent les 32 signes majeurs et les 80 marques secondaires caractéristiques des Bouddhas. De telles apparitions dans un monde sont très rares, une seule à la fois par cycle d'Enseignement. Nous nous situons en effet toujours dans l'ère du Bouddha Shakyamouni. Le prochain Nirmanakaya suprême annoncé sera Maitreya (pour l'heure, skye ba sprul sku en la Terre pure de Tushita, alias Ganden), longtemps après le déclin et même la disparition de l'Enseignement de son prédécesseur à la surface de la terre.

En revanche, le troisième type de nirmanakaya (bzo bo sprul sku, "Corps d"émanation exécutants") est plus abondant et d'aspects infiniment variés : il est dit que les Bouddha et aryabodhisattva peuvent prendre toutes formes utiles pour accomplir le bien d'êtres en mesure de recevoir une aide de leur part. Cela va de l'aspect d'un musicien à des formes animales, en passant par des objets tels que des ponts !

Pour qu'on puisse s'y retrouver, il conviendrait d'élucider quelques questions élémentaires. Entre autres :
- Tous les lama sont-ils des tulkou ?
NON.

- Tous les Tulkou sont-ils des émanations de Bouddhas ?
OUI, si on prend "tulkou" au sens premier du terme. NON, si on entend par là "un lama réincarné".

- Alors, sont-ils au moins des émanations d'aryabodhisattva ?
NON, pas tous.

- Les lama sont-ils tous des "lama réincarnés" - de nouvelles formes prises par des maîtres antérieurs ?
NON. Comme indiqué plus haut, notre propre maître est notre lama. Mais il n'a pas forcément été intronisé comme étant la réincarnation de tel maître du passé.
DE PLUS, certaines populations ont généralisé le terme de lama jusqu'à dénommer ainsi tous les moines ! C'est ce qui se passe chez les Indiens : ils appellent lama tous les moines tibétains. Dans certaines régions du Tibet, cela se faisait déjà. Ou encore, dans l'école kagyu, le titre de lama est désormais décerné à ceux qui ont accompli des retraites de trois ans ou plus.

- Tous les "lama réincarnés" sont-ils des Bouddhas ou bodhisattva ?
Non, ils peuvent aussi être l'incarnation d'un maître qui est encore un être "ordinaire" au sens où il n'a pas obtenu la compréhension directe de la vacuité (et n'est donc pas un arya) et/ou il n'a pas réalisé bodhicitta (l'esprit d'Eveil), tant et si bien qu'il n'est pas un bodhisattva. MAIS si sa réincarnation est recherchée, c'est sans doute qu'il a déjà fait preuve de grandes qualités, notamment de sagesse, d'amour et de compassion.

- Lors de la recherche des lama réincarnés, des erreurs se produisent-elles parfois ?
OUI, bien sûr. Il est admis en société tibétaine que ce n'est pas toujours le bon candidat qui est retenu : outre les inévitables pressions politiques ou financières, il arriverait qu'à la place du maître, on sélectionne un de ses proches assistants, finalement mieux à même que l'intéressé d'identifier les objets lui ayant appartenu !

- Le nouveau tulkou marche-t-il toujours sur les traces de ses prédécesseurs ?
NON, et ce, même si aucune erreur n'a été commise dans son identification. Les temps ayant changé, le tulkou d'aujourd'hui s'adapte à son environnement et à ses contemporains. Il suffit de feuilleter les biographies des Dalaï lama pour constater que les maîtres réincarnés ne se contentent pas de reproduire un seul et même schéma à l'identique au fil des siècles.

Mandala et pratique du Dharma

Enseignement du Vénérable Othok Rimpoché

Mardi 13 Novembre à 19h15
Institut Kadam Tcheuling
30-34 Rue la Mothe, 33800 Bordeaux

Enseignement diffusé en direct 
sur la page Facebook 
de l'Institut Kadama Tcheuling Bordeaux

Le vénérable Othok Rimpoché Tenzin Damchö est né au Tibet, en juillet 1975, aux alentours de Lithang, dans une région du nom de Othok.
En 1982, Il a quitté le Tibet pour Drepung Gomang en Inde afin d’y faire ses étude monastique. L’année suivante, le Dalaï Lama le reconnaît comme la réincarnation d’un dignitaire. En 2007, alors âgé de 32 ans, il obtint le titre de Gueshé Lharampa (le plus haut grade de docteur en philosophie). Il a par la suite, selon la tradition, intégré le collège de Gyudmed pour parfaire sa formation en tantras.
Il a effectué de nombreux voyages les pays occidentaux comme représentant de son monastère (Drepung Gomang) : en Russie, aux Etats-Unis, en France où il a séjourné 2 ans au mont Salève et en Italie.
Il possède une fondation en Mongolie. Le monastère qui porte son nom comporte actuellement environ 500 moines, selon la tradition ils étudient la philosophie bouddhiste.