mardi 7 avril 2020

Numéro vert intercultes

Numéro vert intercultes  : 08 05 38 02 85

C'est un numéro d'appel gratuit pour poser des questions à propos de l'accompagnement spirituel ou religieux en ces temps de pandémie de coronavirus (maladie, décès, angoisse, etc.)

Un standard fait suivre l'appel à un référent du culte demandé.

 

dimanche 5 avril 2020

Du vieillissement

Une méditation en chanson...


vendredi 27 mars 2020

Vacuité et interdépendance (selon prasangika)

Un commentaire du Ratnavali de Nagarjuna souligne l'importance de parvenir à comprendre dans le cadre des bases  la complémentarité de la vacuité et de l'interdépendance, qui ne sont pas opposées comme peuvent l'être les touchers respectivement chaud et froid, mais sont associées en ce sens que l'une entraîne l'autre et réciproquement.
Pourquoi ? 
Parce que faute de comprendre leur complémentarité, il est impossible de bien comprendre dans le cadre des voies les deux accumulations, et dans le cadre des résultats les deux Corps.

Pour rappel (ou pour information), les différents systèmes philosophiques du bouddhisme sont présentés au travers d'un même plan ternaire :
1) Les bases : définitions des notions générales et des classifications telles qu'admises, par exemple les deux vérités, les 5 agrégats, l'esprit et les perceptions, l'individu, le temps (présent, passé, futur), etc., etc.
2) Les voies : description et définitions des étapes de la voie, notamment les 5 chemins et leurs subdivisions, éventuellement les 10 terres, etc.
3) Les résultats : libération, nirvana, éveil, etc. 

Selon le système prasangika, le vide de nature en soi (vérité ultime) et le fait d'être imputé en dépendance d'un support (vérité conventionnelle) sont donc des propriétés non pas opposés mais complémentaires de tout existant.

Comprendre le plan conventionnel revient à comprendre l'interdépendance et entraîne l'observance de l'éthique (au sens large), et donc l'accumulation de mérites
Comprendre le plan ultime revient à comprendre le non-soi et permet l'accumulation de sagesse.

L'union et le parachèvement des deux accumulations (mérites et sagesse) génère l'état de Bouddha, qui peut se décrire (entre autres) comme la réalisation des deux Corps (aspects, facettes)  : 
- "Corps de la loi" / Dharmakaya, qui procède de l'accumulation de sagesse,
- "Corps de la forme" / Rupakaya, qui procède de l'accumulation de mérites.




 

mardi 24 mars 2020

Lama khyén

Un petit enfant qui trébuche crie "Maman !"
 Plus grand,  on appelle "Au secours", "A l'aide".

Les Tibétains quant à eux s'exclamaient naguère "Lama khyén" བླ་མ་མཁྱེན་ou "Sangyè khyén" སངས་རྒྱས་མཁྱེན་.

Ces deux énoncés, formules abrégées et quintessence de la prise de refuge, sont équivalents - l'un invoquant le(s) Maître(s), l'autre le(s) Bouddha(s).
Quant à les transposer en français, ...
Ils incluent sans doute notre "au secours", mais vont bien plus loin.

Dire ou penser sincèrement "Lama/Sangyè khyén" revient à s'en remettre totalement à eux, sûrs qu'ils savent tout - ne sont-ils pas omniscients ? - de ce qui nous arrive, et qu'ils savent également tout de ce qui serait le mieux pour nous - que ce soit agréable ou désagréable sur le moment.

Lama khyén, Lama khyén, Lama khyén.

L'exemple d'Atisha

Les biographies d'Atisha rapporte qu'âgé à peine de 18 mois, celui qui est passé dans l'histoire sous le nom de Atisha Dipamkara Shrijnana (982-1054)naurait spontanément énoncé des souhaits tels que ceux-ci


J’ai obtenu un corps de prince doté des libertés et des attributs,
Et grâce à des facultés sans défaut, je vois les Trois Joyaux ;
A jamais, je les place respectueusement au-dessus de ma tête.
Qu’ils soient de ce jour mes objets de refuge, je leur en fait la   requête !

Sans jamais être entravé par les affaires (dharmas) laïques,
Au sein de la communauté religieuse, puissé-je obtenir les richesses du Dharma !
Libre de tout orgueil, puissé-je honorer les Trois Joyaux
Et regarder tous les êtres avec compassion

Les deux manières d'exposer le lamrim

Des grandes universités bouddhistes de l'Inde ancienne, nous viennent deux manières d’exposer le Dharma : 

* Au travers des trois puretés à Nalanda 
- la pureté de la parole du maître, 
- la pureté de l’esprit du disciple 
- la pureté de l’enseignement exposé.

* Au travers des quatre grandeurs à Vikramashila où les pandits (dont Atisha) accordaient une grande importance à d’abord souligner les trois  premiers points : 
- grandeur de l’auteur de l’Enseignement, 
- grandeur de l’Enseignement
- manière de l’exposer et de l’écouter
- manière de guider les disciples au moyen de l'instruction à proprement parler.

lundi 23 mars 2020

Des perceptions




Eh oui, la perception dépend plus du sujet percevant que de l'objet perçu (le ressenti, cad la sensation, dépendant des karmas venant alors à maturité).

Quant aux perceptions machinales, elles n'entraînent pas de certitude quant à leur objet. Le terme tibétain est d'ailleurs explicite : སྣང་ལ་མ་ངེས་པའི་བློ་   littéralement "perception dénuée de certitude quant à l'objet qui lui apparaît", mais traduire comme cela en français, à chaque fois, ... pas pratique.

Être spirituel même si on n'est pas religieux



Grand est mon respect pour le Pape François

Petit ≠ insignifiant

Un proverbe chinois énonce, paraît-il :

Il ne faut pas sous-estimer les petites choses :
un trou suffit à faire couler un navire,
une étincelle suffit pour embraser la plaine,
un microbe à tuer un homme. 


En tout cas, à coup sûr, un karma apparemment minime peut susciter des résultats immenses.
De même qu'un pépin de pomme qui engendre un pommier, des karmas vertueux, apparemment minimes au point de départ, peuvent susciter : 

* une ou plusieurs bonnes renaissances
* la libération du samsara
* l'Eveil de Bouddha 

Bien sûr, pour cela, il faut une bonne terre, un apport d'humidité et un degré de chaleur adéquat.


samedi 21 mars 2020

Pensée positive en temps de confinement

Histoire de rompre la monotonie, et si nous essayions d'avoir un état d'esprit positif, en appréciant le verre à moitié plein, plutôt que de ressasser qu'il est à moitié vide ?

Il faut et il suffit de songer à la précieuse existence humaine disponible et qualifiée, en trois points :
* établir en quoi elle consiste (8 libertés et 10 attributs)
* réfléchir au sens qu'elle peut revêtir 1. momentanément, 2. ultimement, 3. à chaque instant
* réfléchir à sa difficulté d'obtention 1. du fait des causes à établir (et à maintenir) ; 2. au travers d'exemples qui illustrent le sujet (la tortue aveugle qui émerge une fois par siècle, la probabilité pour que des petits pois lancés contre une paroi en verre y adhèrent, etc.) ; du point de vue arithmétique, en comparant les chiffres des populations respectives des six sphères du samsara, ou plus simplement des humains et des animaux.

Or, en ce moment, nous sommes des êtres humains !
Profitons-en. 
Savourons chaque instant et essayons d'en tirer parti. 
Même si nous avons envie/besoin de nous reposer, nous pouvons en même temps cultiver compassion et amour envers les êtres du samsara.

Au minimum, par solidarité, restons sagement chez nous le plus possible !


vendredi 20 mars 2020

Message du Vén Dagpo Rinpoche

Pourquoi le confinement ?

La Légende de Sissa pourrait nous aider à nous en faire une idée.

La légende de l'échiquier de Sissa ou le problème des grains de riz sur un échiquier

La légende se situe environ 3 000 ans av. J.C.
Le roi Belkib (Indes) promit une récompense fabuleuse à qui lui proposerait une distraction qui le satisferait.
Lorsque le sage Sissa, fils du Brahmine Dahir, lui présenta le jeu d'échecs, le souverain demanda à Sissa ce que celui-ci souhaitait en échange de ce cadeau extraordinaire.

Sissa demanda au prince de déposer un grain de riz sur la première case, deux sur la deuxième, quatre sur la troisième, et ainsi de suite pour remplir l'échiquier en doublant la quantité de grains à chaque case.
Le prince accorda immédiatement cette récompense, dit à Sissa que sa demande était bien trop modeste, sans se douter de ce qui allait suivre.

Son conseiller lui expliqua qu'il venait de précipiter le royaume dans la ruine car les récoltes de l'année ne suffiraient pas à payer Sissa.

En effet :
1ère case : 1 grain.
2ème case : 2 grains.
3ème case : 2² grains
...
64ème case = 64° nombre de Mersenne.


Car c'est là que la force exponentielle des puissances mathématiques se révèle.
9 223 372 036 854 775 808 grains, soit environ 9,22×1018.
Plus de 9 milliards de milliards de grains !


Le total des grains sur l'échiquier est donc 264-1 =18 446 744 073 709 551 615 grains soit, environ, 18,45×1018.
Plus de 18 milliards de milliards de grains de riz !
Est-ce si faramineux ?


La production mondiale de riz était estimée par la FAO à 699 millions de tonnes en 2010.
Le poids moyen d'un grain de riz est difficile à estimer mais il tournerait autour de 0,04 g.
18 milliards de milliards de grains de riz ont une masse de :
18 ×1018 × 0,04 g = 7,2 × 1017 g = 7,2 × 1011 tonnes = 7,2 × 105 millions de tonnes

720 000 millions de tonnes !
Il faudrait donc plus de 1 000 ans de production mondiale de riz pour atteindre cette quantité.

Maintenant, remplaçons un grain de riz par un Covid-19...

jeudi 19 mars 2020

La vie, précieuse et brève

Le corps humain est précieux, ne le gaspillez pas. La mort étant inévitable, on risque de n'avoir pas le temps [d'en tirer parti]. 

Extrait de Brève Instruction sur les conduites de bodhisattva d'Atisha



Les conseils du cœur d'Atisha

Puisqu'il est impossible de dompter l'esprit d'autrui avant d'avoir dompté le sien, commencez par dompter votre esprit.

Extrait des Conseils du cœur d'Atisha

mardi 17 mars 2020

Attestation de déplacement à télécharger

Attestation à télécharger sur le site du ministère de l’Intérieur
il n’y a que 5 cases à cocher, 
qui résument globalement les situations où les déplacements sont autorisés. 

Comme j'ai eu du mal à trouver où télécharger l'attestation de déplacement, 
obligatoire pour aller faire des courses, etc., pendant la période de confinement, 


Variante 1 : attestation sur l'honneur sur papier libre.


De la subjectivité des perceptions

Sujets de réflexion : 

* La subjectivité de nos perceptions

* Les liens entre nos sensations et nos karmas

 







lundi 16 mars 2020

Proverbe tibétain dans l'air du temps

"Rapprochons nos cœurs, éloignons nos tentes !"

Exhortation à la pratique, de Dromtönpa

Extrait de l'Exhortation à moi-même, composée par Dromtönpa

"Ohé, fils de l’excellent et glorieux Dipamkara (Atisha) ! Ce support de vie humaine dotée des atouts et des libertés est extrêmement difficile à obtenir. Quant à rencontrer l’Enseignement du Bouddha, c’est encore plus rare.
Ne gaspille pas inconsidérément les atouts et libertés qu’il est si difficile de conquérir. Pourquoi ? L’abîme des existences infortunées est insondable, et sans avoir la base que constitue l’éthique, tu voudrais hisser au sommet les remèdes en boule compacte ?
Sans doute es-tu un héros puisque tu n’es pas naguère tombé dans le précipice effrayant ( des renaissances infortunées) , mais de même qu’on prépare en un mois les réserves d’une année, au moment où tu pourrais te mettre en sécurité pour toutes tes vies à venir, ne reste pas à traînasser ; exploite à fond les remèdes.
La vie n’est pas éternelle ; elle est telle l’éclair dans le firmament : par nature, à peine apparu, il s’efface. Il en va de même pour ma vie, ai-je vu. Ne flâne pas ; tire la quintessence de ce corps. La vie n’est pas éternelle ; elle est telle le rocher qui dévale à flanc de montagne : il descend à vive allure, nul ne pourrait l’attraper. Il en va de même pour ma vie, ai-je vu. Ne reste pas à paresser ; pratique l’excellent Dharma sublime."

dimanche 15 mars 2020

Vue d'éternalisme

"Beaucoup cependant espéraient que l'épidémie allait s'arrêter et qu'ils seraient épargnés avec leur famille. En conséquence, ils ne se sentaient encore obligés à rien." 
(Albert Camus, La Peste)

Et le César du meilleur film de science-fiction, en 4DX s'il vous plaît, est décerné à En l'an 2020.

Oh ! Pardon. Ce n'est pas un film. C'est l'actualité. Internationale. 
Actualité qui met à mal bien des clichés, avec des Italiens bien plus disciplinés que certains de leurs proches voisins, des Italiens qui affrontent l'adversité virale et le confinement en chantant sur leurs balcons.

Alors nous autres, irréductibles Gaulois, que faire entre deux (?) tours de scrutin ? 

Aller au cinéma, au théâtre ou tout simplement au bureau ? Que nenni.
Et si nous en profitions pour tourner notre regard vers nos spectacles intérieurs ? 

Nous avons l'embarras du choix entre les scenarii - bon, d'accord, scénarios, en bon français moderne. 

Un exemple au hasard. Parmi les klesha de base, figurent en bonne place les vues erronées, non vertueuses. Une des cinq, fort active, est dénommée "vue d'éternalisme" 
 ལོག་ལྟ

 Puisque la période est plutôt propice pour la traque aux virus et la recherche de vaccins, nous pourrions essayer de trouver les réponses à quelques questions du genre : 
* Quelle(s) différence(s) entre "vue d'éternalisme" et "saisie d'éternalisme" རྟག་འཛིན་ ?
* Les personnes vulnérables ? Les symptômes - au début, au milieu, à la fin ? Les effets secondaires ? Les remèdes ?






Les deux vérités Emission Sagesses Bouddhistes

Réalisation : Claude Darmon 
Présentation : Sandrine Colombo

Emission du 8 mars 2020


Emission du 15 mars 2020


dimanche 8 mars 2020

"Grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན 9 mars

Pour rappel, entre le 3ème et le 15ème jours du 1er mois lunaire, 
les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent 
le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, "la Grande Prière", 
qui culmine le 15ème jour avec 
la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན.

Cette année, cela coïncide avec le 9 mars.  

Cette période, dont notamment le 15ème et dernier jour, est considérée comme tout particulièrement propice car la puissance des vertus serait, dit-on, démultipliée.

On ne risque pas grand chose à essayer...

vendredi 6 mars 2020

La transmission Interview du Vén Dagpo Rinpoche

Interview sur le thème de la transmission
2013


La méditation, exposée par le Vén Dagpo Rinpoche

Conférence donnée le 5 mai 2012 à l'occasion de la Fête du Bouddhisme et du Vesak organisés par l'Union Bouddhiste de France à la Grande Pagode du bois de Vincennes. 

dimanche 1 mars 2020

Les guéshé lharampa

            « Lharampa » est la contraction de « Lhadèn raptchampa », « docteur de Lhasa ». La tradition remonte au 1er Panchen lama, Losang Tcheukyi Gyèltsèn (1570-1662), réincarnation du fameux Énsapa Losang Döndroup et tuteur du 5ème Dalaï-lama qu’il reconnut en 1622. Lors d’une période de conflit entre le Tsang et le Tibet central, de 1613 à 1618, il remplaça le Ganden Thripa et dirigea donc la Grande Prière. A cette occasion, en vue d’inciter à l’étude des cinq domaines, il fit soutenir des débats par les candidats les plus brillants des grands monastères.


Jusqu’en 1959, pour présenter les ultimes examens au Jokhang au milieu des milliers et milliers de moines rassemblés, seize candidats étaient chaque année sélectionnés par les abbés des sept collèges philosophiques : les deux de Ganden, les deux de Séra, les trois de Drépoung ainsi que Ratö, à raison d’un candidat pour Ratö, deux pour chacun des autres, le dernier par l’un des six collèges des trois piliers, à tout de rôle. Prévenus au moins un an à l’avance, ils étaient astreints à une préparation intense avec obligation de présence et de participation active à tous les débats internes et externes douze mois durant. L’enjeu n’était plus le titre de guéshé lharampa, d’ores et déjà acquis, mais le rang décerné, de premier à septième, qui n’était pas un classement des candidats de l’année entre eux, mais avait une portée plus générale, tant et si bien qu’il pouvait y avoir plusieurs ex æquo ou au contraire des rangs non pourvus : aucune premier mais trois deuxième, ou le contraire, etc.
          En exil, les traditions sont maintenues tant bien que mal, avec des adaptations rendues nécessaires par les événements. Par exemple, l’un des trois collèges philosophiques de Drépoung, Déyang, n’a pas été reconstitué en Inde. Actuellement, il semble que, sur les sept rangs, seulement les trois premiers sont encore décernés et si chaque collège présente, en principe, deux candidats (actuellement, beaucoup plus), un seulement – désigné d’avance par l’abbé – concourt pour un rang : même si le comparse réussit remarquablement ses débats, il sera simple guéshé lharampa, sans rang honorifique. Par ailleurs, alors qu’au Tibet, tous les examens étaient oraux, en Inde certaines épreuves sont écrites. 

samedi 29 février 2020

Jataka - histoire de la chèvre et du sacrificateur

Extrait de "Little Buddha", film de Bernardo Bertolucci, 1993. 
Extrait tiré du conte des Jataka intitulé "Matakabhatta-jataka", relatant les vies antérieures du Bouddha. 

Jataka Vies antérieurs du Bouddha Shakyamouni

Enseignements de Sa Sainteté le Dalaï-Lama sur les épisodes des vies antérieures et Ode au Bouddha pour avoir enseigné l'interdépendance conférés le 2 mars 2018 à Dharamsala en Inde à l'occasion du jour des miracles (première pleine lune du calendrier tibétain).



Les Jatakas

Histoire du Bouddhisme" par Olivier Germain-Thomas, 
une série 15 émissions diffusées en 2007 sur France Culture, 
en partenariat avec Le Monde des Religions. https://www.franceculture.fr



Les Jatakas - le grand cerf d'or

Emission Sagesses bouddhistes de décembre 2017

Les Jatakas : des histoires qui retracent dans une grande originalité les vies passées du Bouddha. Enrichis d’images de l’Inde ancienne à la végétation luxuriante, mêlant sur une note presque féérique, animaux et pierres magiques, ces récits des vies antérieures de Bouddha sont également source d’enseignements sur l’Eveil, la réincarnation et le karma. Certaines sont pour les enfants et d’autres pour les adultes.

Mönlam 2020

Depuis le 3ème jour du 1er mois lunaire, les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན.
Cette année, cela coïncide avec la période du 26 février au 9 mars inclus.  


Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 


Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines. Jusqu'à l'invasion du Tibet, la seule interruption avait duré vingt ans, au début du  XVIème siècle, par décret pris par les dirigeants Tsangpa karma-kagyu.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa.
Par ailleurs, Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

vendredi 28 février 2020

Secrets de beauté


Selon le bouddhisme, la cause principale de "la beauté" (au sens d'aspect attrayant) est la patience.

 Audrey Hepburn (1929-1993) aurait décrit ses secrets de beauté de la manière suivante :

Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté.
Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.
Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim.
Pour avoir de beaux cheveux, laissez un enfant y passer sa main chaque jour.
Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n’êtes jamais seule, car ceux qui vous aiment et vous ont aimé vous accompagnent.
Les gens, plus encore que les objets, ont besoin d’être réparés, bichonnés, ravivés, réclamés et sauvés : ne rejetez jamais personne.
Pensez-y : si un jour vous avez besoin d’une main secourable, vous en trouverez une au bout de chacun de vos bras.
En vieillissant, vous vous rendrez compte que vous avez deux mains, l’une pour vous aider vous-même, l’autre pour aider ceux qui en ont besoin.
La beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, son visage ou sa façon d’arranger ses cheveux. La beauté d’une femme se voit dans ses yeux, car c’est la porte ouverte sur son cœur, la source de son amour.
La beauté d’une femme n’est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C’est la tendresse qu’elle donne, l’amour, la passion qu’elle exprime.
La beauté d’une femme se développe avec les années.

lundi 24 février 2020

Losar

 

Meilleurs vœux 

Paix, Santé et Sérénité


vendredi 21 février 2020

De la solitude

... Une autre pratique de bodhisattva consiste à demeurer dans la solitude. Pourquoi ? Premièrement, en résidant dans la solitude, on s'écarte des objets nocifs, d'où un affaiblissement  des facteurs perturbateurs. Deuxièmement, dans la solitude, il y a nettement moins d'occasions d'être distrait, ce qui favorise l'épanouissement des conduites et pensées vertueuses, bénéfiques. Troisièmement, dans la solitude, on peut aiguiser une intelligence, un esprit plus limpide, et ainsi une plus grande acuité qui permet de mieux pénétrer le Dharma, d'en acquérir une meilleure compréhension et par là même, des convictions mieux fondées. Pour pratiquer, il est donc recommandé de rechercher la solitude. Or, nous, nous faisons exactement le contraire. Quand nous n'avons pas d'amis ou de relations, nous sommes angoissés, inquiets, et nous nous ingénions à trouver de nouvelles connaissances. Les bodhisattvas font l'inverse. Ils sont enclins à fuir la compagnie et à chercher la solitude. ...

En fait, quand on parle de solitude, il faut savoir qu'il y en a de deux sortes : la solitude géographique et la solitude mentale. La première, c'est évident : il s'agit de se trouver dans un endroit écarté, isolé, loin des autres. Mais pour ce qui est de la solitude mentale, c'est tout à fait différent. On peut parfaitement être au milieu des autres et cultiver quand même la solitude mentale. Il y a solitude mentale lorsqu'on arrive à écarter les pensées inutiles - rêvasseries, superstitions et autres. Si on réussit à instaurer en soi la solitude mentale, on a alors acquis la véritable solitude, et dès lors on peut très bien rester dans la foule ; ça ne risque plus nuire.
(Extrait Enseignement de Genlags - 1990)

Étude, réflexion et méditation

Étude, réflexion et méditation, il faut les trois. Il faut commencer par l'étude, mais il ne faut surtout pas dissocier la réflexion de l'étude, c'est-à-dire que, dès que nous avons étudié un sujet, il faut immédiatement y réfléchir, et dès que nous y avons réfléchi, il faut sans attendre méditer ce point. Il faut pratiquer de manière progressive les trois approches à propos d'un même  sujet, mais il ne faut pas les séparer pour autant. Il ne faut pas croire qu'on va étudier un sujet, réfléchir à un autre et méditer un troisième. L'étude est fondamentale et dans les soutras, on la compare à la lampe, à la lumière qui éclaire. L'étude est également la meilleure des possessions car c'est une possession qui ne peut pas nous être dérobée. N'importe quoi d'autre que nous puissions obtenir, des voleurs ou brigands pourraient s'en emparer, nous l'arracher, mais l'étude, une fois que nous l'avons, nous pouvons la conserver.
Je peux en attester. J'en ai fait l'expérience... Lorsque j'ai quitté le Tibet pour gagner l'Inde, tout ce que j'ai pu emporter, c'était mon corps et ses connaissances. Tout le reste, il a fallu le laisser derrière moi. Les possessions, la famille, les parents, les amis. 
(Extrait d'un Enseignement de Genlags - 1990)

jeudi 20 février 2020

RIP Graeme Allwright Petites boîtes

Bon résumé du samsara.




Petites boîtes très étroites
Petites boîtes faites en ticky-tacky
Petites boîtes, petites boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Y a des rouges, des violettes
Et des vertes très coquettes
Elles sont toutes faites en ticky-tacky
Elles sont toutes toutes pareilles.
Et ces gens-là dans leurs boîtes
Vont tous à l'université
On les met tous dans des boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Y a des médecins, des dentistes
Des hommes d'affaires et des avocats
Ils sont tous tous faits de ticky-tacky
Ils sont tous tous tous pareils.
Et ils boivent sec des martinis
Jouent au golf toute l'après-midi
Puis ils font des jolis enfants
Qui vont tous tous à l'école.

Ces enfants partent en vacances
Puis s'en vont à l'université
On les met tous dans des boîtes
Et ils sortent tous pareils.
Les garçons font du commerce
Et deviennent pères de famille
Ils bâtissent des nouvelles boîtes
Petites boîtes toutes pareilles.
Puis ils règlent toutes leurs affaires
Et s'en vont dans des cimetières
Dans des boîtes faites en ticky-tacky
Qui sont toutes toutes pareilles.

De mal en pis

Une petite histoire (racontable) d'Akou Tönpa, littéralement "Oncle Guide".

"Alors, l'Oncle, ça s'est passé comment ?
- Eh bien, au début, c'était vraiment pas terrible !
- Ah bon ! Et après ?
- Après ? Ca a été de mal en pis".

Bonne description du samsara, non ?


lundi 17 février 2020

RIP Graeme Allwright La réponse est soufflée par le vent

Une très belle version de la célèbre chanson de Bob Dylan



Sur combien de chemins un homme doit-il marcher
Avant de devenir sage ?

Combien de mers la colombe doit-elle survoler
Avant de dormir sur la plage ?
Et combien de bombes vont encore exploser
Avant que ne cesse le carnage ? 
[variante : Avant que ne s'arrête le carnage]

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent


Combien d'années une montagne peut-elle exister
Avant de disparaître dans la mer ?
Et combien d'années des peuples peuvent-ils exister
Avant qu'on ne leur rende leurs terres ?

Et combien de fois un homme peut-il détourner la tête
Et prétendre ne pas voir la misère ?


La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent

Combien de fois un homme peut-il lever la tête
Avant de voir le soleil ?

Et combien de temps avant qu'il n'entende
Les cris des peuples affamés ?
Et combien de temps avant de comprendre
Qu'il y a eu trop d'êtres sacrifiés ?


{x2:}
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent

De la compassion à l'Éveil



Si vous êtes décidé à obtenir l'excellent Éveil et les états d'existence supérieurs, 
ayant pris les Trois Joyaux pour refuge, 
en premier lieu étendez votre compassion à tous.

Atisha
 (Bodhisattvacarya sutri krita pabara)

vendredi 14 février 2020

Saint-Valentin : célébration de l'amour ou de l'attachement ?

14 février, jour faste pour les fleuristes. Je m'en réjouis pour eux, en tout cas pour les victimes collatérales des grèves en danger de dépôt de bilan.

Eh oui, le moindre acte de l'un peut avoir des effets sur la vie de l'autre.
Cf. le battement d'aile du papillon.
Cf. Atisha soulignant que, pour pouvoir vraiment aider autrui, il faut au moins réaliser la clairvoyance, dans l'attente de l'omniscience.

Fi des digressions. Venons-en au plat du jour, l'attachement et l'amour.
Je ne reviendrai pas sur les origines de la tradition de la Saint-Valentin. Trop compliqué, et pas le sujet, qui est une petite méditation analytique à propos des deux phénomènes conventionnels, ou encore nominaux, que sont l'attachement et l'amour.

Pour rappel, si on en croit les philosophes madhyamika prasangika, rien de ce qui existe n'existe en soi. Tout existant présente deux niveaux, ou encore deux modes, d'existence :
un niveau ultime : le fait d'être vide de réalité autosuffisante,
un niveau conventionnel : le fait d'être une convention, établie en dépendance de son mode d'être ultime ainsi que de divers existants (pas n'importe lesquels néanmoins) tout autant conventionnels.

Comment comprendre que l'attachement et l'amour sont de simples phénomènes nominaux ?

1) Un premier point à noter est le fait qu'il s'avère indispensable de tout d'abord s'entendre sur des définitions. Sinon, on va discuter des heures durant sur la base de malentendus. D'où des dialogues de sourds, comme on dit, si fréquent en ce bas monde.
Rappelons donc que, dans le cadre du bouddhisme, par convention,

     * on appelle amour l'attitude mentale consistant à souhaiter le bien et le bonheur de l'objet concerné (toujours des êtres animés), de manière désintéressée, sans rien attendre en retour.
Exemples : l'amour maternel, l'amour du Bouddha ou de Jésus envers les êtres, etc.
Effets entraînés : bonheur et sérénité

     * on appelle attachement l'attitude mentale consistant à convoiter l'objet concerné (êtres animés ou objets inanimés) et à le vouloir pour soi, pour son propre plaisir.
Exemples : attachement pour un partenaire ; pour un rang ou un poste ; pour une voiture, une coiffure, etc. ; pour sa réputation et son image.
Effets entraînés :
                    - dans l'immédiat : apparent plaisir mais dénué de calme, plutôt associé à de l'inquiétude (+ jalousie, avarice, orgueil, etc.) ;
                     - à court et long termes : souffrances

2) Un autre indice que l'attachement et l'amour sont de simples phénomènes nominaux : ils sont variables, et ils dépendent de toutes sortes de facteurs, dont les objets pris en compte ou encore la manière d'envisager ces objets.

* Les faits divers démontrent que l'amour maternel n'est pas une réalité absolue.
Si l'amour maternel était autosubstantiel, toute mère l'éprouverait de manière inhérente, et sans exception. Les trop nombreux infanticides nous prouvent que ce n'est pas le cas !

* De même, l'attachement, s'il était autosubstantiel, dans la mesure où il existe en notre esprit, nous devrions l'éprouver dès la conception jusqu'à la mort, sans un instant de répit. Il devrait d'ailleurs se manifester continuellement, quels que soient les objets entrant dans notre champ de perception.
Or, ce n'est pas non plus le cas. Heureusement pour nous. Nous pouvons en remercier notre mode d'être ultime.

Plus prosaïquement, il est flagrant que la manifestation de l'attachement en notre esprit est tributaire de nombreux éléments. Comme vous connaissez sans doute les conditions énumérées par Vasubandhu et Asanga, je ne vais pas les répéter ici.
Au quotidien, nous avons tous pu faire l'expérience qu'un mets qui nous semble appétissant quand nous sommes en pleine forme, peut nous donner la nausée quand nous sommes malades. Nos goûts, c'est-à-dire nos attachements, alimentaires varient sensiblement au fil des années. Bébés, nous trépignons d'impatience à la vue du biberon ou de la bouillie, et quelques mois ou années plus tard, nous refusons  catégoriquement d'avaler ça. Enfants, nous recrachons les épinards ou les lentilles, dont nous raffolons (peut-être) à l'âge dit adulte, etc., etc.

Un autre exemple, qu'il serait inexcusable de ne pas citer aujourd'hui : vis-à-vis d'une seule et même personne, ne nous arrive-t-il pas de passer de "l'amour fou", c'est-à-dire de l'attachement exacerbé, à l'indifférence, et parfois à l'aversion ?

Il peut aussi nous arriver de glisser de l'amour authentique, par exemple l'amour maternel, à l'attachement : volonté (qui peut être inconsciente)  de garder son enfant pour soi, de se réaliser au travers de lui, etc.
L'inverse est heureusement vrai : nous pourrions passer de l'attachement à l'amour.

Attention ! Il ne s'agit pas de transmuer l'attachement en amour, mais de remplacer l'attachement par l'amour.
Autrement dit, il faut éliminer l'un pour laisser la place à l'autre.

Pour ce faire, des méthodes existent.
Il faut et il suffit d'étudier les Enseignements du Bouddha et de les appliquer. Il faut faire les deux. Comme dans l'exemple de l'oiseau qui a besoin de ses deux ailes pour voler.
La seule connaissance intellectuelle, pour importante qu'elle soit, ne suffit pas.





jeudi 13 février 2020

Petites causes, grands effets

Le Bouddha et les Maîtres qui lui ont succédé depuis 25 ou 26 siècles recommandent constamment de ne pas négliger la puissance de ce que nous faisons,  sur les trois plans : physique, oral et encore plus mental.

C'est que d'une cause - bonne ou mauvaise - apparemment infime peut s'ensuivre un résultat gigantesque, qui sera bon ou mauvais en concordance avec la cause.
Sur le plan matériel, un exemple traditionnel est celui du minuscule pépin de pomme, susceptible de générer un grand pommier, susceptible de donner des récoltes de pommes de longues années durant.

Les événements aussi peuvent s'enchaîner, comme dans cet exemple attribué à Benjamin Franklin (1706-1790) :
 

À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou...  



Dans un registre plus réconfortant, il suffit de nous reporter aux soutras et grands traités bouddhistes, pour y trouver maints récits mentionnant tel petit don ou autre acte positif, apparemment insignifiant, parfois machinal, qui permit plus tard à son auteur de rencontrer le Bouddha/le Maître et le Dharma, de s'engager sur la voie menant à l'éveil et de la parcourir jusqu'au terme. 

Deux exemples parmi tant d'autres :
- Ce vieil homme qui put être admis dans la communauté monastique, grâce à des mérites acquis bien longtemps auparavant, lorsque l'insecte qu'il était alors fut entraîné autour d'un stupa par une averse. Devenu moine, ce qui le sauva d'un suicide par désespoir, le vieil homme finit par comprendre la vacuité et obtint rien moins que la libération du samsara.
- Le pandit Sthiramati, l'un des principaux disciples de Vasubandhu, dont il est dit qu'il surpassa son maître en Abhidharma. La raison avancée est que dans sa vie précédente il fut un pigeon qui nichait dans la frondaison d'un arbre sous lequel Vasubandhu s'était assis et avait récité L'Abhidharma...
 


L'essence de l'enseignement

J'ai trouvé cette jolie histoire je ne sais plus trop où sur Internet.
Qu'elle soit vraie ou pas, peu l'importe. J'aime sa conclusion
Elle correspond à ce que j'ai bien souvent constaté dans la manière de faire de mes Maîtres bouddhistes.Il peut leur arriver de se montrer sévères, voire "durs", mais jamais, jamais, ils ne sont humiliants.


Un vieil homme rencontre un jeune homme qui demande :
"Vous souvenez-vous de moi ?  
Et le vieil homme dit NON.
Puis le jeune homme lui dit qu'il était son élève.
Et l'enseignant demande:
- Que fais-tu, que fais-tu dans la vie?
Le jeune homme répond:
- Eh bien, je suis devenu professeur.
- Ah, comme c'est bon, comme moi ? dit le vieil homme.
- Eh bien oui. En fait, je suis devenu professeur parce que vous m'avez inspiré à être comme vous."

Le vieil homme, curieux, demande au jeune homme à quel moment il l'avait décidé à devenir professeur.
Et le jeune homme lui raconte l'histoire suivante:
"Un jour, un de mes amis, également étudiant, est arrivé avec une belle montre neuve, et j'ai décidé que je la voulais et je l'ai volée. Je l'ai sortie de sa poche.
Peu de temps après, mon ami a remarqué le vol et s'est immédiatement plaint à notre professeur, qui était vous. Ensuite, vous êtes allé en classe et vous avez dit :
- La montre de cet étudiant a été volée pendant les cours aujourd'hui.
Celui qui l'a volée, veuillez la rendre."
Je ne l'ai pas rendue parce que je ne voulais pas le faire.
Ensuite, vous avez fermé la porte et nous avez dit à tous de nous lever et qu'il allait un par un fouiller nos poches jusqu'à ce que la montre soit trouvée.
Mais vous nous avez dit de fermer les yeux, car vous ne la chercheriez que si nous avions tous les yeux fermés.
Alors nous l'avons fait, et vous êtes allé de poche en poche, et quand vous avez fouillé ma poche, vous avez trouvé la montre et l'avez prise.
Vous avez continué à fouiller les poches de tout le monde, et quand vous avez eu fini, vous avez dit :
"Ouvrez les yeux. Nous avons la montre."
Vous ne m'avez rien dit et vous n'avez jamais mentionné l'épisode.
Vous n'avez jamais dit non plus qui avait volé la montre.
Ce jour-là, vous avez sauvé ma dignité pour toujours.
Ce fut le jour le plus honteux de ma vie.
Mais c'est aussi le jour où ma dignité a été sauvée de ne pas devenir un voleur, une mauvaise personne, etc. Vous ne m'avez jamais rien dit, et même si vous ne m'avez pas grondé ni donné une leçon de morale, j'ai reçu le message clairement.
Et grâce à vous, j'ai compris ce qu'un vrai éducateur doit faire.
Vous souvenez-vous de cet épisode, professeur?
Et le professeur répond :
"Je me souviens de la situation, de la montre volée, que je cherchais chez tout le monde, mais je ne me souvenais pas de toi, car j'ai aussi fermé les yeux en cherchant."

C'est l'essence même de l'enseignement :
Si pour corriger, vous devez humilier, vous ne savez pas enseigner.