dimanche 29 mars 2015

Fausses économies sur le dos des seniors...

Séniors: La qualité des repas n’est pas au menu des maisons de retraite 20minutes.fr -
SANTE - L’UFC-Que Choisir alerte sur la dénutrition et la malnutrition dans les EHPAD…


vendredi 27 mars 2015

Laïcité mêle-tout ou fourre-tout ?

Selon les textes fondateurs, la laïcité est le principe de séparation de l'État et de la religion.

Les trois piliers de la laïcité :
  1. La séparation des pouvoirs entre l’État et la religion afin que les décisions du gouvernement soient prises uniquement dans l’intérêt de la population (en principe...), et non en fonction de préceptes religieux ;
  2. La neutralité de l’État vis-à-vis de la croyance ou de l’incroyance des citoyens et citoyennes afin de leur assurer l’égalité de traitement sans égard aux croyances de ceux-ci (principe de non-discrimination) ;
  3. La reconnaissance de la liberté de conscience et de religion incluant la liberté d’expression et qui, selon la Déclaration universelle de l’ONU, implique autant l’espace public que privé.

Aujourd'hui, on mêle la laïcité à tout et n'importe quoi, y compris les menu des cantines scolaires, et les tenues vestimentaires !
A quand un uniforme laïque, bien évidemment unisexe, obligatoire pour toute personne séjournant sur le territoire national - citoyens, résidents, touristes ?

Bien sûr, que les cantines proposent un menu végétarien, voire végétalien, j'y serais favorable.

Je préférerais cependant que ce soit au nom de la liberté de pensée et/ou du respect de l'environnement
En laissant tomber toute référence à la laïcité, qui - à mon avis - n'a rien à voir là-dedans...

http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/03/26/le-repas-vegetarien-le-plus-laique-de-tous_4602163_3232.html

http://www.bfmtv.com/societe/cantines-matthieu-ricard-propose-le-menu-vegetarien-le-plus-laique-de-tous-872020.html

Dagpo Rinpoche à Beausoleil les 27, 28 et 29 mars



Rappel 

 Passage à l'heure d'été dans la nuit de samedi  à dimanche !
(il faut ajouter une heure)

jeudi 26 mars 2015

Solidarité

A faire connaître


www.toutvert.fr/magasins-ou-tout-est-gratuit/
15 févr. 2015 - Oui oui, vous avez bien lu ! Il existe des magasins où tout est gratuit. On connaissait déjà les ressourceries, vide-greniers, dépôts ventes… où ...

mercredi 25 mars 2015

Charte de la fraternité

Source :
www.toulouse.fr/web/la.../-/actu-signature-de-la-charte-de-la-fraternite

La Charte de la Fraternité a été officiellement signée ce jeudi 19 mars, à la préfecture de Haute-Garonne devant un parterre de personnalités dont Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation, des représentants des principales religions, Latifa Ibn Ziaten, mère de Imad, première victime de Mohamed Merah tué en mars 2012... Jean-Luc Moudenc était représenté par Daniel Rougé, adjoint au maire chargé de la solidarité et de la santé publique.

Au lendemain des tueries de Toulouse et de Montauban de mars 2012, l'État avait demandé aux représentants des différents cultes de travailler à la rédaction d'un texte qui deviendrait une charte de la fraternité. Cette signature marque l'aboutissement de trois années de travail, d'échange, de dialogue intercultuel... les représentants des principales religions, qui ont écrit et signée cette Charte, souhaitent ainsi envoyer à l'ensemble des citoyens un message commun, de paix  et de fraternité.

L'objectif de cette Charte est multiple :
Promouvoir les rapprochements entre les hommes de toutes religions et cultures, afin d'apprendre à mieux connaître chacun, avec ses valeurs et convictions respectives
Favoriser l'éducation à l'autre
Lutter ensemble contre l'antisémitisme, la christianophobie et l'islamophobie et contre toutes les formes de racisme, de discrimination et d'exclusion
Condamner avec la même vigueur toute attitude extrémiste et toute stigmatisation.

"Cette charte est une magnifique occasion de tracer un chemin, a terminé Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur face à la haine, la République doit être forte et rester debout."

Les signataires :
Mohamed Hajji, président du Conseil régional du culte musulman Midi-Pyrénées
Révérend Chanoine Andrew Hawken, chapelain de l'Église anglicane de Midi-Pyrénées et de l'Aude,
François Lecointre, représentant de l'Union bouddhiste de France Midi-Pyrénées
Monseigneur Robert Le Gall, Archevêque Métropolitain de Toulouse
Jean-claude Walrawens, Délégué de la Fédération protestante de France
Harold Avraham Weill, Rabbin de Toulouse et des pays de la Garonne

Combien de lieux de culte en France ?

La semaine dernière, le Sénat a adopté et présenté le rapport du Sénateur Hervé Maurey sur les lieux de culte en France, avec les chiffres suivants :
45 000 églises catholiques, 4 000 temples protestants, 2 450 mosquées, 420 synagogues, 380 lieux de culte bouddhistes, 150 églises orthodoxes.

Lien pour télécharger ce rapport  : http://www.senat.fr/rap/r14-345/r14-3451.pdf

mardi 24 mars 2015

La non-violence par SS le Dalaï Lama



Vidéo mise en ligne par Christophe Cadene le 19 août 2014, avec ce commentaire :

Voilà 16 ans maintenant, c'était en 1998, j'avais enregistré sur VHS cette interview de S.S. le XIVe Dalaï Lama par Michel Denisot lors de son émission "A part ça !" diffusée sur Canal+. Après consultation, je me suis aperçu que cet entretien n'était disponible nulle part. Il m'est alors apparu intéressant d'en faire profiter mes amis humains. 

A suivre :
"La Réincarnation ou Renaissance" (4/12)
"Les plus grands fléaux" (5/12)
"La surpopulation et le contrôle des naissances" (6/12)
"L'intégrisme religieux" (7/12)
"Bouddhisme et Christianisme" (8/12)
"Le plus important dans la vie d’un homme" (9/12)
"Vos journées à Dharamsala" (10/12)
"Y aura-t-il un XVe Dalaï Lama" (11/12)
"A part ça ?" (12/12)


Puissent ces enseignements de S.S. être utiles au plus grand nombre.
Tashi Delek



Chaîne Youtube de  Christophe Cadene 

Curieuse époque

Curieuse époque où on occulte qu'avorter, c'est ... tuer, qu'euthanasier, c'est ... tuer, que donner les moyens à quelqu'un de se suicider, c'est ... tuer.

Dans l'Antiquité, le pater familias romain avait le droit de vie et de mort.
 Le père grec avait le droit d'"exposer" les enfants dont il avait décidé de se débarrasser. Il ne les tuait pas directement, mais la plupart des enfants exposés (en majorité des filles) mouraient.

Abroger ces coutumes avait été un progrès.
Y revenir ...



samedi 21 mars 2015

Avortement



Avortement, la loi du silence
Documentaire allemand diffusé le mardi 17 mars à 23h35 (51 min) sur Arte

Quatre Allemandes brisent la chape de silence qui entoure encore aujourd’hui l’avortement. Un documentaire bouleversant sur la délicate reconstruction qu’induit une IVG.

La réalisatrice Renate Günther Greene a avorté à l’âge de 25 ans. Après plusieurs décennies de refoulement, son retour sur les lieux de l’intervention l’a submergée de douleur. Elle a alors cherché à entrer en contact avec des femmes au parcours similaire, mais s’est heurtée à un mur de silence. Pourquoi, alors qu’elles avaient revendiqué haut et fort le droit à disposer de leur corps dans les années 1970, les femmes éprouvent-elles tant de difficultés à assumer le recours à l’avortement ? La réalisatrice a rencontré la rescapée d’une IVG qui, adolescente, a sombré dans l’anorexie avant de découvrir que son sentiment d’être jumelle ne relevait pas de la démence mais venait de l’intervention subie par sa mère quand elle la portait. Trois femmes qui ont avorté quand elles étaient plus jeunes racontent par ailleurs leur expérience et ses conséquences, entre relative sérénité et culpabilité suffocante.

vendredi 20 mars 2015

Existants manifestes et cachés

Dans le bouddhisme, les existants font l'objet de multiples classifications, en fonction de divers critères et angles d'observation.

Entre autres, les existants se répartissent en deux catégories :
* existants manifestes (mngon gyur), susceptibles d'être appréhendés par des perceptions directes (sans image mentale).
Exemples : arbre, bruit, saveur, etc.
* existants cachés (lkog gyur) qui, chez un être ordinaire, sont appréhendés par des perceptions représentatives (avec image mentale).
Exemples : particule infime, vacuité.

Les existants cachés sont eux-mêmes divisibles en deux :
* * existants un peu cachés (cung zad lkog gyur), susceptibles d'être établi par le raisonnement.  Exemples : non soi, vacuité.
* * existants cachés (shin tu lkog gyur) qui sont établis par le recours à des sources valides (authentifiés par trois vérifications).
Exemple : relation de cause à effet, terres des Bouddhas.


Et si on revenait au simple bon sens ?

Dans le système philosophique madhyamika prasangika, pour établir ce qui est et ce qui n'est pas, on recourt notamment au ... bon sens.
  

Descartes aussi disait dans le Discours de la méthode :
Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. 



lundi 16 mars 2015

L'esprit et les perceptions


Le Mahamoudra selon l'école Gelugpa

Enseignements de Geshe Yonten Gyatso

Mardi 17 mars 2015

de 15h à 18h et de 20h à 22h


Thème : Le Mahamoudra selon l'école Gelugpa

Adresse : Best Western Hotel Le Galice  5, Route de Galice  13090 Aix-en-Provence
  

Cf. Site de l’Association Bouddhiste Tibétaine de Marseille (13) 
"Lumière de Lune" - "Dawai Eu" (Mogchok Rinpoche)

L'esprit et les perceptions

Info pour ceux qui souhaiteraient avoir un texte en français sur le sujet :

Connaître l'esprit selon le bouddhisme tibétain, de Lati Rinpoche, Editions Vajra Yogini, 2002


« La façon dont les fonctions cognitives sont engendrées ne nous apparaît pas évidente parce que nous ne sommes pas habitués à y réfléchir. Mais à force de considération répétée, nous pourrons parvenir à en percevoir le processus... L’étude de ce texte, permet de reconnaître quelles sont les différentes sortes de conscience, comment elles s’agencent les unes par rapport aux autres, celles qu’il est utile de développer ou d’abandonner... Les cinq consciences sensorielles et la conscience mentale sont toutes esprit. »

Ce commentaire pointu d’un manuel utilisé dans les monastères intéressera les pratiquants comme tous ceux qui étudient les sciences cognitives ou la philosophie de l’esprit.

Traduit de l'anglais par Bruno Liber-Chrétien assisté de Sam Régad.

 
Lati Rinpoché
Moine à l’âge de dix ans, Lati Rinpoché (1922 - 2010) est né dans le Khams et a été reconnu comme tulkou (réincarnation d'un grand pratiquant). A 15 ans, il est entré au monastère de Ganden Shartsé près de Lhasa. Il y a obtenu le titre de guéshé lharampa en 1956 puis a complété sa formation en tantras au monastère tantrique de Gyutö. 
Après l’exil en Inde, il a enseigné au monastère Namgyal Datsang à Dharamsala et a été abbé du collège de Shartsé du monastère de Ganden reconstruit en Inde. Il a aussi été tuteur et maître de nombreux jeunes tulkou, tels Trijang Tchoktrul Rinpoche ou encore Zong Tchoktrul Rinpoche.
Il a fait de nombreux séjours dans différents pays du monde, dont la France,  pour enseigner le Dharma.

vendredi 13 mars 2015

Geshe Yonten Gyatso en Avignon


Félicitations au nouveau Président de l'Union Bouddhiste de France

Toutes mes félicitations et encouragements au Révérend Olivier Wang-Genh, qui reprend la fonction de Président de l'Union Bouddhiste de France !

Mes meilleurs voeux au nouveau CA élu hier lors de l'AGO de l'UBF.

Le chant des douze significations de l’esprit - Milarepa

Je me prosterne aux pieds du Lama sacré.
Bienfaiteurs qui désirez réaliser la nature de l’esprit,
Si vous pratiquez, agissez ainsi :

La foi, l’érudition, la noblesse
Sont l’arbre de vie de l’esprit.
Une fois planté, il est facile à consolider.
Si vous le soignez, vous réussirez.

Le détachement, le renoncement, la clairvoyance
Sont l’armure de l’esprit.
Une fois revêtue, elle est légère et résistante.
Si vous la portez, vous réussirez.

La méditation, l’enthousiasme, la patience,
Sont l’étalon de l’esprit.
Une fois lancé, il s’échappe rapidement.
Si vous l’enfourchez, vous réussirez.

La connaissance de soi, la lucidité, le ravissement
Sont le fruit de l’esprit.
Une fois cultivé, il mûrit et revigore.
Si vous le semez, vous réussirez.

Inspiré par son cœur, le yogi a chanté
Ces douze significations de l’esprit.
Bienfaiteurs, ne manquez pas d’exercer votre foi !

Extrait du Chapitre 6 du premier Tome des Cent Mille Chants de Milarépa
Traduit du tibétain par Marie-José Lamothe
Editions Fayard.

mercredi 11 mars 2015

Bouddhisme, statues et autres "supports de foi"

Pour qui a décidé de prendre refuge en les Trois Joyaux, c'est-à-dire d'accorder sa pleine confiance en le Bouddha - le Guide -, le Dharma - le refuge véritable - et les Sangha - les modèles et compagnons sur la voie spirituelle -, bref d'être bouddhiste, tous les objets ou symboles qui représentent, ou plutôt matérialisent les Trois Joyaux, constituent des "supports de foi", comme on dit en tibétain (dad pa'i rten). Ils sont des objets précieux, dignes du plus grand respect.

Les préceptes consécutifs à la prise de refuge recommandent de les traiter avec soin, et de les placer en hauteur et dans des endroits propres. Cela devrait aller de soi, sans qu'il soit nécessaire d'en faire en règle imposée de l'extérieur, mais si cela va sans le dire, cela ira encore mieux en le disant...

En fait, en toute représentation d'un Bouddha, un bouddhiste devrait voir le Bouddha lui-même, et non un objet inanimé et inerte. Et se comporter vis-à-vis d'elle comme il le ferait en présence du Bouddha "en chair et en os". Au fil des siècles, des pratiquants sincères ont ainsi pu répéter des expériences qui ne semblent "miraculeuses" qu'aux yeux des incroyants, depuis des suintements de nectar à de véritables conversations !

En or ou en argile, une statue de Bouddha mérite donc une égale déférence, et peut véhiculer une égale bénédiction. Comme le soulignait Geshe Potowa, l'ampleur et la puissance de la bénédiction reçue dépendent de celui qui la reçoit, et non de celui qui l'octroie : par définition, un Bouddha est impartial.

Les écrits - qui représentent le refuge véritable, à savoir le Dharma - sont encore plus respectables que les statues. Ainsi faudrait-il ne rien poser sur un texte, pas même une statue du Bouddha. Bien évidemment, il est formellement déconseillé de les poser par terre, ou de s'asseoir dessus...

Il est à noter que cela concerne tous les écrits, y compris les journaux, et pas seulement les "textes sacrés" !

Pourquoi ?
Parce que la Parole du Bouddha (comme celle des autres Maîtres religieux et spirituels, toutes religions confondues) est son, que le son est transcrit par les lettres, et que tout texte est composé de lettres.

Ca peut paraître désuet à un Occidental laïc du XXIème siècle, mais il y a peu, en Europe aussi, les livres étaient rares. Ils étaient tantôt respectés, tantôt victimes d'autodafés, en fait pour les mêmes raisons : le livre est vecteur de connaissance et de sagesse.

Eh oui, l'être humain est paradoxal !

Aujourd'hui, en France, nous nous indignons (à juste titre) des saccages d'objets d'arts et de bibliothèques perpétrés en Irak.
Dans le même temps, nous trouvons parfaitement normal, cad "laïc",  de nous essuyer les pieds sur un paillasson ou de nous asseoir pour déféquer sur un abattant wc "ornés" de Bouddha.
 



Blasphème, patience et compassion



Pour revenir sur le point un peu scabreux évoqué l'autre jour dans un post intitulé Pratiques commerciales douteuses, à savoir la regrettable affaire des têtes de Bouddha sur des objets triviaux tels que des paillassons ou des abattants WC,  les réactions de mes amis bouddhistes asiatiques qui crient au blasphème, ou au sacrilège, et expriment un certain mécontentement, voire un mécontentement certain, m'ont fait réfléchir - une fois n'est pas coutume.

Pour rappeler le cadre français, la laïcité implique la liberté d'expression, dont la liberté artistique. Quant à la notion de blasphème, elle n'existe pas (plus) dans la loi - sauf en Alsace Lorraine.

Côté bouddhisme, tout bouddhiste est censé manifester le plus grand respect envers les Trois Joyaux, et ce qui les représente, dont les livres, les statues, les stoupas.  Les "supports de foi" doivent être placés en hauteur, dans des endroits propres.

Envers qui lui nuit, tout bouddhiste est également censé :
* faire preuve de patience - cad ne pas se mettre en colère, et surtout pas répondre à la violence par la violence,
* réfléchir aux liens entre les karmas et les résultats, et assumer ses responsabilités,
* si possible, éprouver de la compassion envers le tourmentateur.

Mais pour être bouddhiste, on n'en est pas moins humain...

Et je trouve que mes amis réfugiés ont quelques circonstances atténuantes :
voir fouler aux pieds des images du Bouddha ravive en eux des blessures profondes, infligées par les atrocités qu'ils ont fuies en quittant qui le Cambodge, qui le Laos, qui le Tibet.
Là-bas,  le moteur était la haine.
Ici, c'est "juste" l'attachement.
Dans les deux cas, l'origine est l'ignorance. 

Tout bien réfléchi, les bouddhistes d'origine asiatiques sont admirables de patience !

Hommage aux bouddhistes de France et message d'espoir

La communauté bouddhiste de France, qui compterait environ un million de personnes, a la réputation d'être plutôt paisible et discrète.

D'où vient-elle ? Comment est-elle composée ?

Les bouddhistes de France se répartissent en deux groupes, d'importances numériques très inégales : les bouddhistes de naissance (d'origine asiatique) et les bouddhistes par choix (origine européenne ou autres).

Les premiers sont les plus nombreux, de très loin : 2/3 à 3/4 de la communauté.
C'est à eux que je souhaite rendre hommage.
D'une part, ils m'ont apporté le Dharma.
D'autre part, leur intégration à notre société française est remarquable, surtout quand on repense à leur histoire.
Ils sont des modèles d'adaptation.
Et ces temps troublés (des temps paisibles existe-t-il vraiment en ce bas monde ?), leur exemple pourrait être source d'espoir pour les opprimés actuels de Syrie, du Niger ou d'ailleurs.

Parmi les bouddhistes de France d'origine asiatique, beaucoup sont issus d'anciennes colonies, qui n'ont pas laissé que des bons souvenirs aux indigènes...

Beaucoup sont surtout des réfugiés ou des enfants de réfugiés, qui vivent avec la mémoire et les séquelles des atrocités commises par les khmers rouges, gardes rouges ou autres tortionnaires : massacres ; tortures ; famines ; destructions de monastères, de livres, de statues, etc.

A titre d'exemple, au Tibet, 90 % des monastères tibétains ont été rasés durant la Révolution culturelle. Entre 1950 et 1976, il y a eu environ 1,2 million de morts, soit un cinquième de la population. 
La sinistre Révolution culturelle a pris fin, mais pas l'occupation. La liste des victimes politiques s'allonge chaque année.

Au Cambodge, statues et monastères ont été détruits à l'explosif par les khmers rouges, qui ont massacré 1,7 million de leurs compatriotes, soit 21 % de la population. La dictature de Pol Pot a pris fin, mais les mines antipersonnelles continuent de faire de nombreuses victimes, directes et indirectes.

Kalmouks, Laotiens, Vietnamiens, sans oublier les Chinois et les autres, ont connu également bien des vicissitudes - pour parler par euphémisme.

Pays d'origine par ordre alphabétique
en gras, les pays d'où ont fui des réfugiés (à diverses dates)

Birmanie
Bhoutan
Cambodge
Chine (République populaire de)
Corée du nord
Corée du sud
Japon
Laos
Mongolie
Tibet
Sri Lanka
Taïwan
Thaïlande
URSS/Russie
Vietnam

mardi 10 mars 2015

Chant des quatre abandons - Milarepa


O excellente Peldarboum !
Vous qui êtes riche de foi, écoutez
La route sera plus longue dans la vie future,
Avez-vous entamé les apprêts du voyage ?
Si vous n'avez pas commencé les provisions,
Je vous prie de donner, avec générosité
L'adversaire joue le rôle d'un dogue nommé avarice.
On l'attache à son profit mais il apporte le mal.
Connaissiez-vous l'ennemi avarice ?
Si oui, laissez-le tomber !

O excellente Peldarboum
Les ténèbres seront plus noires dans la vie future,
Avez-vous entamé les préparatifs d'éclairage ?
Si vous n'avez pas prévu de lampe,
Je vous prie de méditer car là est la lumière.
L'adversaire est ce sommeil des morts que l’on nomme ignorance.
On l'utilise à son profit mais il apporte le mal.
Connaissiez-vous l'ignorance ennemie ?
Si oui, débarrassez-vous-en !

O excellente Peldarboum !
La frayeur sera plus grande dans la vie future.
Avez-vous entamé l’appareil d'une escorte ?
Si vous n'avez pas organisé de convoi,
Je vous prie d'agir selon la Doctrine divine.
L'adversaire qui pose les objections a pour nom famille.
Il s'attache à être utile mais apporte le mal.
Connaissiez-vous l'ennemi famille ?
Si oui, abandonnez-le !

O excellente Peldarboum !
Le chemin sera étroit et hasardeux dans la vie future.
Avez-vous commencé d'épargner pour une monture ?
Si vous n'avez pas prévu de coursier,
Je vous prie de montrer hardiesse et énergie.
L'adversaire est cet imposteur que l'on nomme paresse.
On l'attache à son profit mais il apporte le mal.
Connaissiez-vous l'ennemi indolence ?
Si oui, bannissez-le !

Un chant de compassion

par Shabkar Tsokdrouk Rangdrol


Mon cœur s'emplit de compassion pour tous ceux qui souffrent aujourd'hui,
Ceux-là même qui furent mes mères et prirent soin de moi avec tendresse
Depuis la nuit des temps jusqu'à maintenant.

Ces mères pleines de bonté m'ont rafraîchi quand j'avais chaud ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance dans les huit enfers brûlants
Où elles endurent une chaleur extrême.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères m'ont réchauffé quand j'avais froid ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance dans les huit enfers glacés
Où elles endurent un froid glacial.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères m'ont donné à manger et à boire quand j'avais faim et soif ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance dans le monde des preta
Où elles endurent famine et sécheresse.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères pleines de bonté ont constamment pris soin de moi avec affection ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance dans le monde des animaux
Où elles subissent asservissement et exploitation.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères pleines de bonté ont comblé tous mes souhaits par leur amour ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance parmi les êtres humains
Où les tourmentent les affres de la vieillesse et de la mort.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères pleines de bonté m'ont mis à l'abri de tout danger ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance parmi les asura
Où les affectent querelles et dissensions.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Ces mères pleines de bonté m'ont élevé dans mon seul intérêt ;
Certaines ont aujourd'hui pris naissance parmi les dieux
Où les angoissent la mort et la transmigration.
Pour elles, mon cœur s'emplit de compassion.

Par vous-mêmes, vous n'aurez aucune chance d'échapper aux souffrances du saṃsāra
Et aujourd'hui vous n'arrivez pas à vous protéger vous-mêmes,
Pour vous, O mes mères qui subissez tant de souffrances, mon cœur s'emplit de compassion.

Quand je pense à ses souffrances que nous endurons tous,
Je me dis : « Et si je pouvais atteindre l'état de bouddha !
Non pas demain, mais dès aujourd'hui ! »

Et j'aspire alors à pouvoir vite, très vite, atteindre l'Éveil,
Pour éliminer la souffrance de tous les êtres, mes propres mères,
Et les guider vers le bonheur ultime.

Alors qu'une foule de pauvres gens, toujours en manque de nourriture et de vêtements, venait mendier constamment à la porte de ma chambre de retraite, une irrésistible compassion pour tous les êtres s'est élevée du plus profond de mon cœur et j'ai écrit ces mots en pleurant.
 

Crimes au nom de "religions"

Vidéo ajoutée le 30 décembre 2010 par treblechoir99

Paroles et musique : Mike Ofer
Chanson composée après les attentats du 11 septembre 2001, qui reste malheureusement toujours d'actulité
Interprètes : les Petits Chanteurs à la Croix de Bois

Dites moi pourquoi toutes ces guerres
La haine, le sang et la misère
On est tous nés sur cette terre
Pour vivre heureux comme des frères

Dis moi papa pourquoi ces morts
Au nom de Dieu de tous les bords
On viole, on tue, on assassine
Petits et grands on les supprime

Dis moi ma sœur pourquoi tu pleures ?
Au pied des tours y'avait des fleurs
Des hommes, des femmes et des enfants
Que nous aimerons éternellement

Quel Dieu a dit, et de quel droit
On veut nous imposer des lois ?
Sans liberté, sans espérance
Blanc ou noir sans différences
Où les femmes souffrent, comme des esclaves
Elles vivent l'enfer soumises mais braves

Et toi maman essuie tes larmes
Ils ont tué, ils ont des armes
Nos âmes blessées sont en colère
Il y a des fous qui veulent la guerre

Criez au monde vous les nations
Qu'il faut punir l'éducation
Qui prêche la haine, la mort, le sang
Dans les espoirs des pauvres gens

Au monde entier, nous le disons
Il n'y a pas de religion
Qui prêche la haine, la mort, le sang
Pourquoi tuer des innocents ?
Pourquoi détruire, nous faire souffrir ?
Nous voulons vivre et ne pas mourir

Pour toutes les femmes qui sont esclaves
Qui vivent l'enfer soumises mais braves
Un jour viendra nos fils jouerons
Sans haine, ni guerre de religion

Assez de guerres, jetez vos armes !
Plus d'orphelins, ni sang, ni larmes !
Au monde entier, à toutes les races
New York elle vit et vous embrasse
Et par l'amour, la paix nous vaincrons
Toi liberté nous gagnerons
La liberté nous gagnerons !

dimanche 8 mars 2015

L'étude, clef de liberté (et de libération)


Pratique du Dharma (bouddhisme) : étude - réflexion - libération

pour éradiquer 

les racines du samsara : ignorance, attachement, aversion



Selon l'Unicef,

dans le monde, en 2015, un adolescent sur cinq est exclu de l’école, 

alors que pour les enfants d’âge primaire, un enfant sur 11 est exclu. 

samedi 7 mars 2015

Journée internationale des Femmes - Quid du bouddhisme ?

Le 8 mars est "la Journée internationale de la femme", sous l'égide de l'ONU.

Bonne occasion pour évoquer la situation des femmes hier et aujourd'hui.

1 - En général

11 - Sur le plan international 
Lapidations, rapts, esclavage sexuel, etc., en hausse dans diverses parties du monde, ... pas si éloignées que ça de chez notre cher pays.
Inquiétant.

12 - En France
Zone privilégiée, indiscutablement, mais pas parfaite.
Exemple : la disparité des salaires.
En progrès, mais peut mieux faire. 

2 - Dans le bouddhisme

21 - Dans l'Enseignement du Bouddha
Le Bouddha a souligné la valeur de "la précieuse renaissance humaine", dotée de 8 libertés et 10 attributs.
Sur le plan spirituel, il est admis que les femmes comme les hommes peuvent progresser sur la voie et atteindre les plus hautes réalisations.
Sur le plan social, contrairement à ce d'aucuns prétendent, le Bouddha n'a pas dit que les femmes étaient inférieures. Il a en revanche fait le constat qu'elles sont défavorisées par rapport aux hommes, et qu'elles rencontrent plus d'obstacles. 

22 - Dans les pays dits de culture bouddhiste (Asie)
Les hommes étant partout pareils, la place de la femme dans la société est traditionnellement quelque peu subalterne...
Comme - hélas - un partout dans le monde, toutes croyances ou non croyances mises à part. Ce qui montre que cela ne vient pas de la religion, même si fondamentalistes, intégristes et autres extrémistes n'hésitent à utiliser la religion pour opprimer x ou y.

23 - En France
La situation est largement supérieure à la moyenne internationale.

A titre d'exemples,
* l'Union Bouddhiste de France (UBF) aura eu une présidente durant 3 ans (mai 2013 - mars 2015)  ;
* "le" premier aumônier national bouddhiste des prisons est une femme, Lama Droupgyu ;
* la personne en charge du site de la Grande Pagode est une femme ;
* l'équipe France 2 des émissions Sagesses bouddhistes comporte 4 femmes sur 6 membres ;
* de nombreux centres bouddhistes de France sont animés par des femmes.

La situation n'est évidemment pas parfaite pour autant, et les habitudes sont difficiles à modifier.
Cela va prendre du temps, même si on instaure des quotas ici et là.

A titre d'anecdote, très récemment, j'ai reçu de la part d'un monsieur le message suivant, qui se voulait gentil :
"Le bulletin de l'UBF m'est bien parvenu. J'ai pu constater que toi-même, Lama Droupgyu et MT V., vous êtes toutes trois vraiment sur la brèche des nombreuses commémorations et entrevues officielles ; et pas un seul homme pour partager le boulot !?..."
Franchement, quelqu'un aurait-il l'idée d'adresser un tel message à UN responsable des cultes normal, cad masculin, en  disant : "et pas une seule femme pour partager le boulot ?" :-)




Les 12 causes interdépendantes par Roland Rech

Une autre approche des 12 liens de la production conditionnée



Vidéo ajoutée le 21 juin 2012 par zenantwerpen

Voix Bouddhistes - Les 12 Innen, les 12 causes interdépendantes (2000) 
Invité : Roland Yuno Rech (Zen Soto)

vendredi 6 mars 2015

Liberté, égalité, fraternité (Pierre Arènes)

*      Auteur :       Pierre ARENES
*      Collection : Trait d'Union
*      Editeur :      A L ORIENT (6 septembre 2007)
*      Collection : Trait d'Union
*      ISBN-10:     2912591511
*      ISBN-13:     978-2912591517

La célèbre devise de la République française a fait le tour du monde - mais fait-elle sens pour une tradition aussi différente de la nôtre que celle du bouddhisme tibétain ? L’auteur, engagé de longue date dans l’étude du bouddhisme tibétain, tente de répondre pour nous à cette question.

Liberté, Egalité, Fraternité. Quel sens pour la tradition bouddhique tibétaine ?

DU Interculturalité, Laïcité, Religions

Le Diplôme Universitaire Laïcité, Interculturalité et religions, conçu en partenariat avec le Bureau des cultes du Ministère de l’Intérieur, s'adresse s'adresse à tous ceux qui, par leur profession ou leur intérêt personnel sont concernés par les questions religieuses et interculturelles au sein de la laïcité française.
Cela va des cadres culturels aux responsables d'associations en passant par les travailleurs sociaux, les éducateurs, les enseignants et les étudiants. Et les aumôniers, bien sûr.

ICP
Faculté de Sciences Sociales & Economiques (FASSE)
Adresse postale : 21 rue d'Assas - 75270 Paris Cedex 06
Bureaux : 24 rue Cassette - 75006 Paris
Tel Accueil FASSE : 01 44 39 84 99

Tarif 2014-2015 : à partir de 2500 euros

Bouddhisme et laïcité - exemples dans l'histoire

Pour rappel, la laïcité est le principe de séparation de l'État et de la religion.

Bien que dans les pays d'Asie où le bouddhisme s'est répandu durant 2600 ans, il ait souvent eu des liens étroits avec le pouvoir politique, de nombreux grands maîtres ont illustré le principe de séparation, à commencer par le fondateur : le prince Siddhartha devenu le Bouddha Shakyamouni.

Autres exemples fameux : Asanga, Naropa, Atisha Dipamkara Jnana.

jeudi 5 mars 2015

Bouddhisme et laïcité (Eric Vinson)



Vidéo postée par Sangha Colibris le 8février 2015

Dans une société moderne qui a séparé depuis 110 ans maintenant les religions et l’Etat, et où se manifestent à présent de plus en plus de contestations ou de phobies envers les convictions religieuses, Sagesses Bouddhistes s’interroge aujourd’hui sur la laïcité et sur ses rapports avec le bouddhisme. Elle reçoit Eric Vinson, spécialiste et enseignant universitaire du fait religieux dans de nombreuses grandes écoles, journaliste et fondateur de l’association « grandir ensemble ».

Sculptures en beurre du monastère de Gyudmed


Máslové sochy z kláštera Gyumed

mercredi 4 mars 2015

Les festivités du 15ème jour du 1er mois à Lhasa

Demain sera dans notre calendrier solaire le jeudi 5 mars.

Dans le calendrier lunaire, ce sera le 15ème jour du 1er mois, jour culminant du Mönlam à Lhasa (et ailleurs), avec force feux sur les toits plats des maisons, des lumières à toutes les fenêtres et de gigantesques sculptures éphémères en beurre confectionnées par les moines, notamment des monastères de  Gyudmed et Gyutö.

Les autres guéshé

             La catégorie des guéshés ts’ok-rampa fut instituée par le régent Dési Sanggyé Gyatso (1653-1705) dans le cadre des grandes cérémonies d’offrandes qu’il instaura en 1694, du -->23ème jour au 30ème jour du deuxième mois lunaire, à la mémoire du 5ème Dalaï-lama. En se calquant sur le modèle de la Grande Prière, il fit soutenir des débats par des moines des trois piliers. La durée fut ensuite modifiée et passa à dix puis à douze jours, du 18ème jour au 30ème jour.

Les guéshé ling-sé suivent les usages en vigueur depuis très longtemps au monastère de Sangp’ou. Ils ont à soutenir deux types de débats : internes au collège puis au sine de la grande assemblée, qui réunit les divers collèges du monastère. Contrairement aux lharampa et ts’ok-rampa, ils n’ont pas à se confronter à des moines issus d’autres établissements.
Les guéshé rik-rampa et dorampa tirent leurs noms de sites symboliques ; ils ne se trouvent pas systématiquement partout : Séra Med a des rik-rampa mais pas de dorampa ; Ganden n’a pas de rik-rampa mais a des dorampa, qui effectuent leurs joutes dialectiques au sein de la grande assemblée uniquement, en dépit de quoi ils sont inclus dans la dénomination générale de guéshé lingsé.
           Quoique le parcours de lharampa soit le plus prestigieux, il arrive que des moines très brillants optent pour le grade de lingsé, par choix personnel – pour être (en principe) préservés de certaines pressions et contraintes comme être abbé des grands collèges – ou sur les conseils de leurs Maîtres – pour éviter des obstacles dans leur pratique. 

mardi 3 mars 2015

Langues'O - JPO le 7 mars


L'univers carcéral : une fatalité ?

Suède : les prisons se vident
Depuis des années, le nombre de détenus diminue. Plusieurs raisons à 
cela, le succès des peines alternatives et un faible taux de récidive 
dû à la prise en charge originale des détenus : thérapie, méditation 
et «sas» de fin de peine.

Retrouvez cet article sur le site de Libération : http://www.liberation.fr/monde/2015/02/17/suede-les-prisons-se-vident_1204515
 
 
 
 Présence protestante Culture ... Dimanche 1 Mars à 10h00 Programme France 2 ... Edito par Brice Deymié, aumônier national des prisons

pluzz.francetv.fr/videos/presence_protestante.html
Au sommaire : Du 4 au 28 mars 2015, l'Atelier protestant et l'Institut ... Présence protestante ... Diffusé le dim. 01-03-15 à 10h00 | Replay durant 7 jours après l'émission

Les guéshé lharampa

            « Lharampa » est la contraction de « Lhadèn raptchampa », « docteur de Lhasa ». La tradition remonte au 1er Panchen lama, Losang Tcheukyi Gyèltsèn (1570-1662), réincarnation du fameux Énsapa Losang Döndroup et tuteur du 5ème Dalaï-lama qu’il reconnut en 1622. Lors d’une période de conflit entre le Tsang et le Tibet central, de 1613 à 1618, il remplaça le Ganden Thripa et dirigea donc la Grande Prière. A cette occasion, en vue d’inciter à l’étude des cinq domaines, il fit soutenir des débats par les candidats les plus brillants des grands monastères.


Jusqu’en 1959, pour présenter les ultimes examens au Jokhang au milieu des milliers et milliers de moines rassemblés, seize candidats étaient chaque année sélectionnés par les abbés des sept collèges philosophiques : les deux de Ganden, les deux de Séra, les trois de Drépoung ainsi que Ratö, à raison d’un candidat pour Ratö, deux pour chacun des autres, le dernier par l’un des six collèges des trois piliers, à tout de rôle. Prévenus au moins un an à l’avance, ils étaient astreints à une préparation intense avec obligation de présence et de participation active à tous les débats internes et externes douze mois durant. L’enjeu n’était plus le titre de guéshé lharampa, d’ores et déjà acquis, mais le rang décerné, de premier à septième, qui n’était pas un classement des candidats de l’année entre eux, mais avait une portée plus générale, tant et si bien qu’il pouvait y avoir plusieurs ex æquo ou au contraire des rangs non pourvus : aucune premier mais trois deuxième, ou le contraire, etc.
          En exil, les traditions sont maintenues tant bien que mal, avec des adaptations rendues nécessaires par les événements. Par exemple, l’un des trois collèges philosophiques de Drépoung, Déyang, n’a pas été reconstitué en Inde. Actuellement, il semble que, sur les sept rangs, seulement les trois premiers sont encore décernés et si chaque collège présente, en principe, deux candidats (actuellement, beaucoup plus), un seulement – désigné d’avance par l’abbé – concourt pour un rang : même si le comparse réussit remarquablement ses débats, il sera simple guéshé lharampa, sans rang honorifique. Par ailleurs, alors qu’au Tibet, tous les examens étaient oraux, en Inde certaines épreuves sont écrites. 

lundi 2 mars 2015

Les docteurs gelugpa en philosophie bouddhiste


Les moines qui accomplissent le cursus complet se voient décerner un titre : Guéshé au Tibet central ; Katchèn à Tashi Lhunpo ; Raptchampa à Dagpo Datsang. La tradition date de bien avant Djé Rimpotché. Elle remonte au 12ème siècle et a été instaurée par le sixième abbé de Sangp’ou, Tchapa Tchökyi Sanggué (1109-1161). 
 Fin du 14ème siècle, trois titres étaient décernés à ceux qui accomplissaient un véritable circuit dialectique, soutenant des débats dans les monastères réputés de l’époque, d’obédience sakyapa ou kadampa. S’ils n’avaient discuté que des paramitas, ils devenaient Raptchampa ; s’ils avaient abordé quatre domaines hormis pramana, ils étaient appelés Ka chipa et Ka tchoupa, s’ils avaient débattu des cinq au complet. 
 L’expression de Ka tchoupa date de l’époque de Gyèlts’ap Djé ainsi appelé quand il vint avec l’intention de défier en débat Djé Rimpotché, de sorte que, bien que celui-ci eût effectivement présenté les cinq thèmes, il conserva le titre de Ka chipa.
Les guéshés du Tibet central comportent en fait toutes sortes de niveaux, dont les plus connus sont les suivants : guéshé lharampa ; guéshé ts’ok-rampa ; guéshé lingsé ; guéshé rik-rampa et guéshé dorampa, par ordre décroissant.

dimanche 1 mars 2015

Les classes dans les monastères philosophiques du Tibet

Bien que tous les collèges philosophiques étudient pareillement les cinq Grands Traités, ils ne les répartissent pas exactement de la même manière : Ganden Jangtsé insiste sur le domaine du madhyamika, Drépoung Gomang sur l'étude des paramita, etc.



Ganden Jangtsé comporte treize classes : trois pour la logique élémentaire, dutra (sur une durée de trois ans) ; six pour les paramita (six ans) ; deux pour le madhyamika (un an dans la première classe ; de trois à dix ans dans la seconde) ; une pour l’Abhidharma (au moins trois ans) ; une classe pour le Vinaya (environ 5 ans).
 
A Séra Tché, il y a trois classes de logique élémentaire (trois ans, cinq de paramita (cinq ans) ; deux de madhyamika (deux ans chaque, soit quatre ans) ; deux d’Abhidharma (quatre ans) ; une de Vinaya (durée variable). 
 

A Séra Med, il y a une classe de logique, six de paramita, deux de madhyamika, deux de vinaya et deux d’Abhidharma.

A Gomang,  il y a cinq classes de logique élémentaire, quatre de paramita, deux de madhyamika, deux de vinaya et deux d’Abhidharma.