samedi 23 janvier 2016

Vide de nature en soi

Dans le Samadhiraja-sutra (le Soutra de la reine des concentrations), le Bouddha énonce :


Tel un mirage ou une ville de lémures [gandharvas],
Comme une illusion, à l'image d'un rêve,
Ce que nous concevons comme caractéristique est vide par nature.
Tous les phénomènes sont ainsi, comprenez-le.

4 commentaires:

  1. Que faut-il entendre par"comprenez le" ? Il me semble avoir compris...mais rien n'a changé...

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  2. Je suppose que cela signifie "comprendre" au sens de "réaliser" comme aboutissement de la démarche "étude - réflexion - méditation". Je suis malheureusement loin d'avoir (vraiment) compris les notions de non-soi et vacuité - j'en ai juste une idée intellectuelle, mais il me semble que selon les textes, la compréhension/réalisation entraîne pas mal de changements, et permet l'obtention de la libération, voire de l'Eveil de Bouddha - en fonction des qualités complémentaires. Si aucun changement ne se produit, c'est peut-être qu'il faut poursuivre étude - réflexion - méditation ?

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  3. Je trouve que la science moderne nous aide à bien comprendre et même tester la vacuité de la matière.

    Nous savons maintenant que toute matière est faite de molécules (il existe des centaines de milliards de molécules différentes), que les molécules sont composées d’atomes (il existe environ une centaine d’atomes stables), que les atomes sont composés de particules élémentaires (il existe 12 particules élémentaires stables) et que ces particules sont elles-mêmes faites de lumière condensée.

    Autrement dit notre univers entier est fait de lumière condensée. L’eau, la roche et le feu peuvent sembler très différents et exister de façon autonome, mais en fait ils sont tous fait de lumière condensée. Ils sont vides d’existence propre.

    La lumière elle-même pouvant se transformer en matière ou en énergie, n’existe pas non plus de façon intrinsèque.

    Il existe tout de même quelque chose, ce n’est pas le néant : une sorte d’énergie fondamentale qui peut prendre toutes sortes de formes, lumière, matière, énergie. Mais rien n’est stable, tout se transforme sans arrêt.

    Autrement dit la science nous donne à voir une réalité à mi-chemin entre le nihilisme et l’éternalisme.

    A notre niveau, il est possible de procéder à quelques essais. Par exemple en versant de l’acide sulfurique sur quelques objets, pierre, bois, métal, nous pouvons constater la vacuité de ces matériaux. Attention, l’acide sulfurique fait des trous dans les vêtements. D’un côté cela peut démontrer la vacuité des vêtements, mais d’un autre côté c’est tout de même du gaspillage.

    Constater la vacuité des atomes n’est pas évident, car il faut pour cela des accélérateurs de particules qui ne sont pas à la portée du premier venu. Il faut faire là confiance aux scientifiques qui obtiennent les mêmes résultats depuis des années dans différents pays. Il est même possible de transformer le plomb en or (mais ce n’est pas rentable).

    La vacuité des atomes est également démontrée par les bombes atomiques et les centrales nucléaires. Nous pouvons ainsi contempler une centrale nucléaire et nous dire que si elle peut nous fournir de l’électricité, c’est que les atomes sont vides d’existence propre. La matière perd de sa solidité pour se transformer en rayons et redevenir énergie.

    Si je fournis ces exemples, c’est pour montrer qu’il est possible de méditer la vacuité de la matière en allant au-delà d’une compréhension purement intellectuelle, en constatant ses manifestations dans des expériences concrètes.

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  4. A titre personnel, je suis loin d'avoir compris la vacuité ou le non-soi.

    A partir des quelques éléments entendus lors d'Enseignements, j'ai cependant l'impression que l'observation du fait que les phénomènes composés, dont notamment ceux qui relèvent de la forme, sont changeants et destructibles ne suffit pas pour comprendre "la vacuité" (sunyata).
    Sunyata est une notion complexe qui fait l'objet de plusieurs définitions sensiblement diverses par les philosophes du mahayana.
    Un point commun, je crois, est que c'est une notion "négative", conçue par élimination/négation de ce que l'objet pris en référence n'est pas. Ce n'est pas une approche "positive" décrivant des propriétés ou fonctions de l'objet.
    Exemple : la vacuité de telle fleur est le faut que cette fleur ne soit pas établie de telle ou telle manière, ou encore qu'elle ne soit pas de telle ou telle nature.

    Vacuité d'une part et "destruction" ou/et "métamorphose" d'autre part ne me semblent donc pas être des équivalents.

    Quand vous écrivez "i elle peut nous fournir de l’électricité, c’est que les atomes sont vides d’existence propre." : d'accord sur ce point.

    Les philosophes bouddhistes disent également que si les phénomènes peuvent être (cad apparaître et disparaître), c'est parce qu'ils sont vides d'existence propre. Le fait que des causes (résultant de causes antérieures) génèrent des résultats (eux-mêmes causes de résultats ultérieurs), révèle que causes et résultats (termes "équivalents" dans le vocabulaire philosophique bouddhiste) sont vides d'existence en-soi, en d'autres termes sont soumis à la vacuité.

    Faute de connaissances suffisantes, je me trompe sans doute, mais j'ai l'impression que votre démonstration va plus dans le sens de "l'impermanence subtile" que de la vacuité à proprement parler.
    La compréhension de ladite impermanence subtile est d'ailleurs considérée comme d'une grand aide pour parvenir à comprendre la vacuité.

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