dimanche 14 mars 2021

De l'art de tirer parti de toutes circonstances

Comment transformer maladies et autres circonstances en voie d'éveil
par Gyalsé Thogmé Zangpo (1295-1369)

 Namo Guru !
 
Ce corps que je possède comme les autres, cet amas illusoire,
S'il est malade, qu'il le soit ! De cette maladie, je me réjouis !
Elle balaie mon karma négatif du passé ;
Et les diverses pratiques du Dharma, après tout,
Servent à purifier les deux obscurcissements.

Si je suis en bonne santé, soit ! Je m'en réjouis !
Avec un corps et un esprit à l'aise,
La pratique de la vertu s'intensifie ;
Et ce qui donne du sens à cette vie humaine, après tout,
Est de tourner actes, paroles et pensées vers le bien.

Me voilà sans fortune, soit ! Je m'en réjouis !
Point du souci incessant de la garder et de la protéger !
Les disputes et les conflits quels qu'ils soient
Viennent, pour sûr, de s'attacher aux biens et aux richesses !

Me voilà riche, soit ! Je m'en réjouis !
Pour augmenter mon accumulation de mérites, rien de tel !
Tout ce que l'on trouve de bonheur, maintenant et dans le futur,
Est, pour sûr, le fruit du mérite !

Si je dois mourir bientôt, soit ! De la mort, je me réjouis !
Si l'adversité ne me barre pas la route,
Aidé par les habitudes positives que j'ai accumulées,
Je rejoindrai, pour sûr, le chemin infaillible !

Si je reste en vie longtemps, soit ! D'être en vie, je me réjouis !
La graine de l'expérience, une fois éclose,
Nourrie sans faiblir par le soleil et la pluie des instructions,
Finira avec le temps par porter ses fruits.
Ainsi, quoi qu'il advienne, entraînons-nous à nous réjouir !

En réponse à un guéshé Śākya qui demandait ce qu'il faut faire en cas de maladie, moi, le moine Thogmé, qui disserte sur le Dharma, j'ai exposé ces façons d'amener maladies et autres circonstances sur le chemin spirituel.
 
Sarva maṅgalaṃ !
 
| Traduction anglaise par Adam Pearcey, 2007. Rédigée par Phillippa Sison. Revue en 2012.
| Traduction française établie sur la base de l'anglais, Comité de traduction française Rigpa, 2013.

3 commentaires:

  1. Pour ma part, j'aimerais ajouter une étape préliminaire: si l'on est malade, il vaut mieux essayer de se soigner, car les maîtres nous demandent tout de même de tirer le meilleur parti possible de cette précieuse existence humaine disponible et qualifiée, ce qui sous-entend de la prolonger le plus possible, car la suite est incertaine.

    C'est d'ailleurs le sens des initiations de longue vie et du Bouddha de médecine.

    Si le mal est incurable, alors effectivement c'est bien d'en extraire le côté positif, et se dire que l'on purifie les empreintes karmiques négatives.

    Donc à mon avis, il ne faudrait pas lire ce texte avec une vision fataliste selon laquelle il faudrait tout accepter sans lutter, mais considérer que c'est l'ultime recours permettant d'extraire l'essence positive des situations désespérées.

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  2. Le bouddhisme n'encourage guère à être fataliste, mais à prendre son sort en main, il me semble. :-) Se réjouir de ce qui arrive quoi qu'il arrive n'est pas une invitation à rester passif. Mais au contraire à être actif en tirant le meilleur parti possible de toute expérience.

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  3. Bonjour,
    Pour la maladie, qu'on aille chez le medecin ou pas, j'crois que ça propose une façon d'arrêter de se plaindre...
    c'est très fatiguant ,pour soi même et les autres, de se plaindre...non ?

    ZBGBFSKY

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