jeudi 17 décembre 2015

Louange à Atisha, composée par Dromtönpa


(Traduit par Marie-Stella Boussemart
Sous la direction de Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen)

En le sublime pays du Bengale (vous êtes né) dans le noble lignage de la famille royale de Sahor, celui-là même dont était issu le bodhisattva Shantarakshita ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Avec art vous avez honoré vos père et mère, et vous les respectiez ; doté de la beauté, du charme, de la sagesse et de la compassion, vous étiez pondéré, bienveillant, plein de tact et courageux ; ô Dimpakara, je vous invoque.


Qu’il s’agisse des traités profanes ou des diverses sciences, médicales, techniques ou artistiques, ou encore des Veda, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Dénué d’attachement envers les objets de désir, vous avez abandonné le pouvoir, les richesses et les autres biens et vous vous êtes fait moine [bhikshu] mahasamghika ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.  

Les préceptes et les règles énoncés par le Tathagata, tels qu’ils sont exposés dans les quatre sections du Vinaya, vous les avez gardés dans toute leur pureté, sans les entacher de la moindre faute ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Vous avez suivi de nombreux maîtres érudits, et qu’il s’agisse des Trois Corbeilles, de la langue, de la logique, ou bien encore des Instructions, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô glorieux Atisha, je vous invoque. 

 De votre Maître, le Roi souverain de Serling, vous avez obtenu le nectar salvateur de l’esprit d’Eveil, et vous avez œuvré pour le bien de tous les êtres ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Empli de compassion pour les si nombreux êtres misérables et ô combien souffrants, vous êtes leur protecteur, qu’ils fussent des déités du monde, des titans ou des hommes ; ô Père unique, je vous invoque.

A des maîtres qui en avaient obtenu les plus hautes qualités, vous avez demandé les transmissions permettant de réaliser les déités tutélaires, puis vous vous êtes appliqué à les accomplir ; ô Vous qui aviez fait l’objet de prophéties (de la part du Bouddha), je vous invoque.

Sachant que vous aviez des disciples au Tibet, vous êtes venu au Pays des neiges, et vous êtes devenu le Maître des dirigeants et notables ; Vous qui êtes digne des honneurs et des hommages, je vous invoque.

Si un éminent sage tel que vous n’était pas venu au Tibet, bien que l’Enseignement du Bouddha y eût cependant existé, on y serait sans doute demeuré dans l’ignorance du sens profond ; ô Vous qui l’avez excellemment exposé, je vous invoque.

En effectuant et en révisant des traductions de traités, en les expliquant et en composant des ouvrages, vous avez excellemment guidé sur la Voie parfaite ; ô Vous qui avez épanoui l’Enseignement, je vous invoque.

Les démons et les penseurs fourvoyés - hérétiques et zélateurs d’Ishvara -, qui professaient des vues funestes et s’égaraient sur des chemins pernicieux, vous les avez réduits par le raisonnement et les avez introduits dans la Voie libératrice : ô Guide de ceux qui aspirent à la libération je vous invoque.


La générosité, l’éthique, la patience, l’enthousiasme, la concentration et la sagesse, bref, les six perfections, vous les avez constamment méditées au fil de nombreuses vies ; ô Vous qui avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque.

Fournir le nécessaire et tenir des propos plaisants, accomplir le bien des êtres (en les incitant à pratiquer) et agir soi-même en accord (avec ce que l’on enseigne) : ô Vous qui, (grâce aux ressources des quatre moyens rassembleurs), avez accompli avec flamme le bien d’autrui, je vous invoque.

La foi, l’éthique, l’écoute, le don, le respect de soi-même et d’autrui, la sagesse, de ces sept joyaux vous êtes riche ; ô vous qui êtes le trésor dont procèdent les qualités, je vous invoque.

Quand Gyälwè Jung-nè, l’excellent disciple qui avait jadis formulé des vœux, est arrivé de contrées lointaines, vous avez annoncé : « L’upasaka arrivera aujourd’hui. » ; ô Vous qui possédez la faculté de la vision divine, je vous invoque.
 

Lorsqu’au Magadha l’un de vos disciples, avec déférence, a fait résonner des cymbales et vous a adressé des invocations, vous l’avez entendu au Tibet et en avez fait part à Drom ; ô Vous qui possédez la faculté de l’ouïe divine, je vous invoque.

Lorsqu’à Lhasa vous avez entendu la musique des dieux, vous vous êtes précipité et, après avoir présenté des offrandes aux déités dans le déambulatoire, vous avez effectué des circumambulations dans l’espace ; ô Vous qui possédiez la faculté des pouvoirs supranormaux, je vous invoque.

(Du pilier) où le testament du Roi était caché, la dakini l’a sorti et vous l’a montré ; grande est votre bienveillance, vous qui représentez Shakyamuni ; ô bienveillant Atisha, je vous invoque.

Les personnes touchées par les maladies des nagas (lèpre, etc.), toujours vous les avez maintenues en vie ; de vous procèdent les cycles de protection, vous qui guérissiez les maladies des êtres ; ô Vous qui êtes connu comme un second Nagarjuna, je vous invoque.

Alors qu’à Nyethang vous étiez assis sur le sable à ’Or, dans l’espace Indra et les assemblées de dieux ont déversé des pluies de fleurs en les cinq gemmes ; ô Maître, Dieu des dieux, je vous invoque.

A Yorpo de Ching-ru, une jeune fille vous a offert ses bijoux ; lorsque vous avez appris sa mort, vous avez purifié ses voiles et vous avez annoncé qu’elle avait repris naissance en tant que déité ; ô Guide des êtres, je vous invoque.


« D’ici, j’irai à Tushita et ceux qui témoignent de foi et de respect envers moi, m’y rencontreront. », avez-vous prédit ; ô Vous qui voyiez à l’avance l’avenir, je vous invoque.


A Tushita, vous êtes Namkha Drima Med ; au pays des Arya, vous étiez Dipamkara, et ici, au Tibet, vous étiez le glorieux Atisha ; ô Vous dont la renommée couvre la terre, je vous invoque.

Quand moi, Dromtön, j’ai fondé le temple de Rating, lorsque je vous ai prié de guider les êtres, de Tushita vous avez jeté les fleurs de la consécration ; ô Vous qui avez ainsi directement accordé votre bénédiction, je vous invoque.

Lorsqu’en voyant et en entendant vos qualités, je vous invoque haut et clair l’esprit plein de ferveur, de Tushita, veuillez me regarder avec compassion et, comme je vous en implore, veuillez m’accorder votre bénédiction.

Comme au Tibet il est encore tant de disciples qui n’ont foi qu’en vous et suivent (votre lignée), veuillez le prendre en considération, et avec l’amour d’une mère pour son fils, veuillez nous servir de Maître spirituel.

En les temps de dégénérescence, tels des aveugles, les êtres suivent de prétendus maîtres imparfaits ; ceux qui sont ainsi dépourvus de guide dans les abysses du samsara, veuillez vite les en extraire avec le crochet de votre compassion.

En tous temps et toutes circonstances, ô vous le Parfait, vous êtes mon Protecteur ; pour qu’au plus vite je devienne un bouddha pleinement accompli, veuillez m’accorder (les sagesses de) étude, réflexion et méditation.

* * *

A cette louange composée par Dromtönpa, ses disciples ont ajouté une vibrante stance à sa gloire :
De tous vous êtes le Guide spirituel ; de tous vous êtes le Protecteur. Substitut des Victorieux, fils des Victorieux, pour tous, vous êtes l’inestimable source du bonheur. Ô Maître Tönpa, je vous invoque.

4 commentaires:

  1. "ô Vous avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque."
    Peut-être
    "ô Vous qui avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque." ?


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  2. Cette louange a-t-elle été publiée dans un livre édité en français ?

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  3. Oui : "Sans déployer ses ailes, l'oiseau ne peut voler" Editions Guépèle

    http://www.gandenling.org/index.php?page=publication&publication=03&language=french

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