mercredi 26 août 2020

L'arhat Cudapanthaka

Histoire de Cudapanthaka, plus connu sous le surnom de Petit Chemin


A l'époque du Bouddha, un couple désespérait de mettre au monde un enfant viable après plusieurs deuils éprouvants. Lors d'une nouvelle grossesse, une vieille femme conseilla de confier le nouveau-né à une personne chargée de se tenir avec lui toute la journée à un carrefour en demandant pour lui bénédictions et prières à tous les religieux de passage ; si le bébé était encore vivant le soir, elle le ramènerait à ses parents. La personne missionnée cette fois-là marcha jusqu'au plus grand carrefour alentours, très fréquenté, et elle s'en revint avec l'enfant bien vivant et dument béni.  Dénommé Grand Chemin, ses hautes qualités lui permirent de promptement atteindre l'état d'arhat. Nouvelle grossesse, nouvelle exposition, mais las ! Cette fois, la commissionnaire s'arrêta par paresse au premier petit croisement. Les heures s'écoulaient et aucun religieux ne passait sur la route déserte. La nuit approchant, le Bouddha, omniscient, s'en vint pour bénir le bébé et lui éviter la mort. Petit Chemin survécut mais il avait l'esprit obscurci par les voiles de l'ignorance et ne retenait rien de ce que ses professeurs lui enseignaient. Même son frère aîné et maître prit le parti de le chasser, voyant dans sa clairvoyance que pour l'aider, il devait user de sévérité à l'égard du cancre. Le Bouddha vint récupérer le moinillon qui sanglotait, le consola et lui donna comme tâche de nettoyer les sandales des moines, et plus tard le temple, en répétant inlassablement « Rejeter la poussière ; rejeter mes souillures. » Les premiers temps, Petit Chemin étant bien incapable de répéter une formule aussi « longue », le Bouddha enjoignit aux moines de la lui répéter, puis le commissionnaire parvint à dire l'énoncé tel quel, puis sous une forme développée. Les voiles de son esprit s'étant peu à peu dissipés sous l'effet conjoint de ses efforts en pratique et des bénédictions des Trois Joyaux, il devint à son tour arhat, mais tout le monde le croyait encore idiot. Aussi, quand sollicité par des nonnes lettrées de leur envoyer un instructeur qualifié, le Bouddha désigna l'arhat Petit Chemin, les nonnes crièrent à la misogynie. Terriblement vexées que le Maître les méprisât, s'imaginèrent-elles, au point de leur déléguer le plus obtus des moines, elles décidèrent de se venger en le mettant en difficulté. Les unes allèrent inviter les villageois en leur annonçant la venue d'un maître éminent (ce qui était la stricte vérité mais elles ne le savaient pas), les autres édifièrent un trône très élevé et dépourvu d'escalier. Quand Petit Chemin arriva, il sourit en disant : « Avez-vous préparé ce trône par foi ? Ou avec de mauvaises intentions. Peu importe, c'est un bon présage. » Et sans qu'on vit comment, le voilà installé, annonçant : « Cet énoncé que j'ai mis un mois à retenir, je vais vous l'expliquer un mois durant. » Ce qu'il fit de manière magistrale, à la stupéfaction des nonnes confuses et repentantes.

Bien des siècles plus tard au Tibet ...
Jé Lodrö Tènpa (1402-1478), fondateur de Dagpo Dratsang et 7e Gandèn Tripa, est considéré comme  une forme reprise par compassion par le sthavira Cudapanthaka.
 

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