dimanche 30 août 2020

Les trois défauts des biens et plaisirs de ce bas monde

Jé Tsongkhapa souligne que "les objets de jouissance" du samsara, qui incluent les êtres chers, présentent trois inconvénients majeurs : 

1) Ils nous laissent insatisfaits au point que plus nous en avons, plus nous en voulons.

2) Ils constituent des "portes de souffrance", c'est-à-dire des conditions à partir desquelles va se développer la souffrance, de soi et/ou d'autrui, tant sous la forme des facteurs perturbateurs que des méconduites qu'ils suscitent.

3) Ils ne sont nullement fiables.

1 commentaire:

  1. Peut-être pas tout à fait à propos, ce billet m'évoque ce texte de Freud que je partage ici :

    « On le voit, c'est simplement le principe du plaisir qui détermine le but de la vie, qui gouverne dès l'origine les opérations de l'appareil psychique ; aucun doute ne peut subsister quant à son utilité, et pourtant l'univers entier – le macrocosme aussi bien que le microcosme- cherche querelle à son programme. Celui-ci est absolument irréalisable ; tout l'ordre de l'univers s'y oppose; on serait tenté de dire qu'il n'est point entré dans le plan de la « Création » que l'homme soit « heureux ». Ce qu'on nomme bonheur, au sens le plus strict, résulte d'une satisfaction plutôt soudaine de besoins ayant atteint une haute tension, et n'est possible de par sa nature que sous forme de phénomène épisodique. Toute persistance d'une situation qu'a fait désirer le principe du plaisir n'engendre qu'un bien-être assez tiède ; nous sommes ainsi faits que seul le contraste est capable de nous dispenser une (20) jouissance intense, alors que l'état lui-même ne nous en procure que très peu. Ainsi nos facultés de bonheur sont déjà limitées par notre constitution. Or, il nous est beaucoup moins difficile de faire l'expérience du malheur. La souffrance nous menace de trois côtés : dans notre propre corps qui, destiné à la déchéance et à la dissolution, ne peut même se passer de ces signaux d'alarme que constituent la douleur et l'angoisse ; du côté du monde extérieur, lequel dispose de forces invincibles et inexorables pour s'acharner contre nous et nous anéantir ; la troisième menace enfin provient de nos rapports avec les autres êtres humains. La souffrance issue de cette source nous est plus dure peut-être que toute autre (…) Ne nous étonnons point si sous la pression de ces possibilités de souffrance, l'homme s'applique d'ordinaire à réduire ses prétentions au bonheur (un peu comme le fit le principe du plaisir en se transformant sous la pression du monde extérieur en ce principe plus modeste qu'est celui de la réalité) (Freud, Malaise dans la Civilisation, pp. 20-21)

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