lundi 23 novembre 2009

"Moines et "moniales" bouddhistes

Le bouddhisme ait une tradition respectable qui remonte à environ 2500 ou 2600 ans. Il s'est diffusé dans la plupart des pays d'Asie et il vient d'arriver en Occident relativement récemment.

Entre autres caractéristiques, l'Enseignement du Bouddha montre un grand pragmatisme : il consiste non en la "révélation de la Vérité (absolue)" mais en une méthode qui s'adapte à chaque cas particulier, l'important étant que chaque être puisse progresser, à son rythme.

Tout cela pour dire que le bouddhisme montre une richesse et une variété qui parfois déconcertent les amateurs d'absolu que nous sommes.

Par ailleurs, les mots ne sont jamais que des conventions, et d'une école à l'autre, leur sens peut varier considérablement.

Tout ce préambule pour en arriver à notre sujet du jour : les "moines" et "moniales" (ou "nonnes") bouddhistes.
Surtout n'allez pas vous imaginer qu'ils soient tous dans le même cadre.

Dans le Theravada mais aussi dans le Mahayana/Vajrayana qui s'est établi au Tibet, en Mongolie, etc., ainsi qu'au Vietnam, les moines et moniales sont des personnes qui ont reçu une ordination mineure (en tant que shramanera ou shramanerika) ou majeure (en tan t que bhikshu ou bhikshuni) selon les règles du Vinaya, sachant que subsistent aujourd'hui dans le monde trois codes de Vinaya (sur 18).
Les moines et moniales ici concernés ont pris des voeux de pratimoksha, qui supposent entre autres d'observer la chasteté et de ne pas boire d'alcool.

En revanche, en Chine, en Corée et au Japon, dans les écoles Zen mais parfois aussi dans d'autres écoles, pour des raisons multiples et diverses, les ordinations du Vinaya ne sont plus conférées depuis bien longtemps.
Les "moines "et "moniales" sont des pratiquants engagés qui ont procédé à une cérémonie de production d'esprit d'Eveil (dénommées "ordination") et, pour certains, ont pris les 4 voeux de bodhisattva transmis dans leurs lignées.

Autrement dit, selon les critères des Theravadin ou des bouddhistes de lignées tibétaines (simples conventions, je le répète, et chaque système a une cohérence interne), les "moines "et "moniales" Zen (en tout cas au Japon et en Corée) ou Shingon ne sont pas des "moines" et "moniales", car ils peuvent se marier, avoir des enfants, boire de l'alcool, etc.

Je me souviens du choc que j'ai eu en 1974 lors d'un séjour au Japon, juste après avoir pris refuge auprès de Geshe Rabten-lags, l'un des plus grands maîtres gelugpa contemporains, et dont l'Enseignement m'avait fait prendre la décision d'entrer dans les ordres (décision concrétisée en 1997).

Alors que je visitais un monastère Zen à Kyoto, le Daisen-in, le moine desservant du lieu m'a proposé de célébrer une cérémonie du thé, après quoi il m'a annoncé qu'il allait chercher ... son épouse pour me la présenter.
Je n'y comprenais plus rien, jusqu'au jour où notre professeur d'histoire du Japon (j'ai étudié les langues japonaise et tibétaine aux Langues'O dans ma jeunesse) nous a parlé des décrets anti-bouddhistes pris au 19ème siècle quand le gouvernement japonais de l'époque avait cherché à restaurer la religion insulaire : le Shinto - "la voie des Dieux" (NB L'Empereur du Japon est considéré comme le descendant d'Amaterasu). En fait, dès les 12 ou 13ème siècles, certaines écoles bouddhistes du Japon avaient renoncé à suivre les règles du Vinaya, jugées trop contraignantes.

1 commentaire:

  1. Le Bouddhisme en général, qu'il peut être présenter soit sous une forme d'une tradition respectable ou soit pas, dépend principalement des membres laics et monastiques de la Sangha. L'Asie, dont principalement l'Inde, le Tibet,etc...fut et est encore l'un des lieux où le Dharma est encore enseigné comme religion principale...L'Occident, malgré son ouverture à différentes traditions religieuses, ou dites spirituelles, n'est selon moi pas prête à pouvoir intégrer le Bouddhisme, qu'il soit d'un pays comme le Tibet, ou le Japon...
    L'une des principale raison est que selon moi la culture occidentale en général, et en particulier son désir de découvrir trop de chose à la fois, et à une grande vitesse, sans prendre le temps de vraiment comprendre la tradition dans laquelle on aimerait s'initier, ni d'en plus de vérifier si on se sent à l'aise ou au moins prête à cela...peut provoquer des compréhensions erronés de cette tradition, des interprétations fausses, ainsi que peut-être des traductions soit inutiles ou pas nécessaires, ou dans le pire des cas des traductions pouvant provoquer des schismes dans la Sangha, de cette tradition bouddhiste elle-même.

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