lundi 3 mars 2025

La notion de temps

 Émission Sagesses bouddhistes du 2 mars 2025 

Passé, présent, futur, comment le bouddhisme conçoit-il le temps ?

Si la notion de temps fait réfléchir les philosophes et les scientifiques depuis des siècles, le bouddhisme apporte un regard qui peut nous aider à mieux le comprendre. Comment le définir ? Comment méditer sur le temps peut aider à percevoir la sagesse ? Au fil des nombreuses réflexions sur le temps, le bouddhisme offre une approche intéressante pour comprendre la vacuité et l’interdépendance et mieux en approfondir toutes les subtilités et compréhensions. 

Réalisation : Christophe Coutens 

Présentation : Sandrine Colombo

vendredi 28 février 2025

Bonté n'est pas faiblesse

 Émission Sagesses bouddhistes du 29 décembre 2024


La bonté n’est pas faiblesse 

Toute l’équipe de Sagesses Bouddhistes vous souhaite de belles fêtes de fin d’année dans la joie et la sérénité, et consacre sa dernière émission 2024 à la bonté. En effet, en cette fin d’année marquée d’évènements douloureux, Sagesses Bouddhistes parlera de bonté, ce bien commun à l’humanité qui fait bien souvent cruellement défaut et qui pourtant devrait être un lien puissant entre tous les êtres. Aussi quel est le sens de la bonté ? Quelle est sa portée lorsqu’elle est incarnée pour les bouddhistes par la pratique des bodhisattvas ?, ces êtres qui œuvrent pour le bien des autres. Réponses avec Marie Stella Boussemart, invitée en ce matin du 29 décembre. 

Réalisation : Christophe Coutens /

 Présentation : Sandrine Colombo

 

dimanche 23 février 2025

Mönlam 2025 - "Grande Prière"

 À partir du 3ème jour du 1er mois lunaire (2 mars), les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, le 14 mars.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 

Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa. 


Par ailleurs, le Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

 

 
 

Losar

 Le Nouvel An tibétain coïncide cette année avec le 28 février. 

Bonne fin d'année du dragon !

vendredi 14 février 2025

Départ du 101e Ganden Tripa

 S.S. Trizur Rinpoché Lungri Namgyel, disciple proche de Kyabjé Trijang Dorjéchang, est décédé en France le 14 février 2025. Il était dans sa 99e année.

Originaire du Kham, il a d'abord étudié dans sa région. À son arrivée dans le Centre du Tibet, il est entré au monastère philosophique de Ganden, fondé par Je Tsongkhapa en 1409, et s'y est affilié au collège de Shartsé. 

Après l'exil en Inde en 1959, il est devenu geshe lharampa en 1971, puis a joint le collège tantrique de Gyutö dont il est devenu abbé en 1983. C'est en 2003 qu'il est devenu le 101e Ganden Tripa, chef de l'école gelugpa.

 S.S. Trizur Rinpoché Lungri Namgyel parlait très bien français, ce qui lui avait permis d'acquérir la nationalité française. Invité en France en 1978, il a fondé l’association bouddhiste Thar Deu Ling dès 1979. Après l'avoir dirigé plusieurs années, en 2002, il l'a confié à son disciple Geshe Losang Yeshe pour assumer les hautes fonctions auxquelles il était appelé en Inde, puis pour enseigner dans de nombreux pays d'Asie, mais il revenait régulièrement, puis définitivement dans son pays d'adoption, où il a rendu son dernier souffle au terme d'une longue vie consacrée à l'étude, la pratique et l'enseignement.



 

 

samedi 18 janvier 2025

Cours de tibétain à distance

Dans le cadre de son engagement pour la promotion des langues et cultures d'Asie et plus largement du monde, l'Inalco lance à la rentrée 2025 un programme de cours à distance de tibétain dit "commun" ou "standard", destiné à tous ceux qui souhaitent débuter l'apprentissage de cette langue. 

Cette formation d’une durée d’un an, entièrement en ligne, est conçue pour les personnes sans connaissances préalables de la langue. Elle permet d’acquérir les bases  écrites et parlées du tibétain commun. Les cours sont dispensés par des enseignants qualifiés et expérimentés, diplômés en langue et civilisation tibétaines.
 

Un programme détaillé ainsi que les modalités d’inscription sont disponibles sur le site de l'Inalco : https://www.inalco.fr/diplome-distance-en-tibetain

 Brochure en téléchargement 

jeudi 16 janvier 2025

Samsara, c'est quoi ?

"Samsara" འཁོར་བ་ est un terme récurrent dans le vocabulaire bouddhiste, mais il est souvent mal, ou pas, compris.

 Selon les grands traités, le bouddhisme admet deux définitions, qui sont équivalentes en dépit des formulations respectives sensiblement différentes  :

1) Les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte. ཟག་བཅས་ཉེར་ལེན་གྱི་ཕུང་པོ་

2) Naissance prise par la personne concernée sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté. རང་དབང་མེད་པར་ལས་ཉིན་གྱི་དབང་གིས་སྐྱེ་བ་ལེན་པ་

Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de l'esprit, à commencer par l'ignorance.

20 vues fausses འཇིག་ལྟ་

 De manière générale, l'ignorance en tant que saisie du soi བདག་འཛིན་ constitue la racine du samsara.

Plus précisément, la source de nos misères réside en la saisie du soi qui porte sur nous-mêmes, et qui est dénommée "vue de la collection transitoire"    འཇིག་ཚོགས་ལ་ལྟ་བ་ (satkāya-dṛṣṭi), car elle porte sur les 5 (ou 4) agrégats qui constituent notre base de dénomination. 

La
vue de la collection transitoire comporte 20 aspects, à raison de 4 vues fausses par agrégat.

Par rapport à la forme, les quatre vues fausses consistent à la considérer
* comme étant le soi                    གཟུགས་བདག་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme possédant le soi           གཟུགས་བདག་དང་ལྡན་པར་ལྟ་བ་
* comme appartenant au soi      གཟུགས་བདག་གི་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme la résidence du soi      གཟུགས་ལ་བདག་གནས་པར་ལྟ་བ་

Il en va de même à propos des 4 autres agrégats, de la sensation, de l'identification, des formations et de la conscience.