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jeudi 16 janvier 2025

Samsara, c'est quoi ?

"Samsara" འཁོར་བ་ est un terme récurrent dans le vocabulaire bouddhiste, mais il est souvent mal, ou pas, compris.

 Selon les grands traités, le bouddhisme admet deux définitions, qui sont équivalentes en dépit des formulations respectives sensiblement différentes  :

1) Les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte. ཟག་བཅས་ཉེར་ལེན་གྱི་ཕུང་པོ་

2) Naissance prise par la personne concernée sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté. རང་དབང་མེད་པར་ལས་ཉིན་གྱི་དབང་གིས་སྐྱེ་བ་ལེན་པ་

Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de l'esprit, à commencer par l'ignorance.

20 vues fausses འཇིག་ལྟ་

 De manière générale, l'ignorance en tant que saisie du soi བདག་འཛིན་ constitue la racine du samsara.

Plus précisément, la source de nos misères réside en la saisie du soi qui porte sur nous-mêmes, et qui est dénommée "vue de la collection transitoire"    འཇིག་ཚོགས་ལ་ལྟ་བ་ (satkāya-dṛṣṭi), car elle porte sur les 5 (ou 4) agrégats qui constituent notre base de dénomination. 

La
vue de la collection transitoire comporte 20 aspects, à raison de 4 vues fausses par agrégat.

Par rapport à la forme, les quatre vues fausses consistent à la considérer
* comme étant le soi                    གཟུགས་བདག་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme possédant le soi           གཟུགས་བདག་དང་ལྡན་པར་ལྟ་བ་
* comme appartenant au soi      གཟུགས་བདག་གི་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme la résidence du soi      གཟུགས་ལ་བདག་གནས་པར་ལྟ་བ་

Il en va de même à propos des 4 autres agrégats, de la sensation, de l'identification, des formations et de la conscience.

jeudi 14 décembre 2023

Les agrégats souillés et les "six portes de souillure"

 Tout phénomène composé est lui-même un agrégat. 

Un agrégat est qualifié de "souillé" s'il est associé d'une manière ou d'une autre avec les facteurs mentaux perturbateurs.

Dans L’Abhidharmasamuccaya མངོན་པ་ཀུན་བཏུས།, Asanga indique "six portes de souillure" :

1. ཟག་པའི་བདག་ཉིད།

Ce qui est de la nature même des souillures

= Les facteurs perturbateurs

2. ཟག་པ་དང་འབྲེལ་བ།

Ce qui est corrélé à des souillures

Les facteurs mentaux et les facultés sensorielles associés à des klesha

3. ཟག་པས་བཅིངས་པ།

Ce qui est entravé par des souillures

Les vertus des trois mondes du samsara, les karmas introducteurs au samsara

4. ཟག་པའི་རྗེས་སུ་འབྲེལ་བ།

Ce qui est assujetti à des souillures

Ce qui est associé à des empreintes souillées, par ex les êtres ordinaires

5. ཟག་པའི་རྗེས་སུ་མཐུན་པ།

Ce qui est en accord avec des souillures

Les objets des klesha

6. ཟག་པའི་རྒྱུ་ལས་བྱུང་བ།

Ce qui est causé par des souillures

Par ex, les agrégats souillés repris lors des naissances du samsara


dimanche 14 mars 2021

Les 12 liens interdépendants

Les 12 liens interdépendants (nidhana)

 

  1. Ignorance (avijjā / avidyā)
  2. Formations karmiques (sankhāra / samskāra)
  3. Conscience (viññāna / vijñāna)
  4. Nom et forme (nāma-rūpa)
  5. Bases de connaissance (6 sens) (salāyatana / sadāyatana),
  6.  Contact (phassa / sparśa)
  7.  Sensation (vedanā)
  8. Soif (tanhā / trisnā)
  9. Avidité (upādāna)
  10. Devenir ( bhava )
  11. Naissance (jāti)
  12. Vieillesse et mort (jarā - marana)

 

1- L'ignorance [ou non-connaissance]

Aux antipodes de la sagesse, l'ignorance constitue la cause première de l'errance dans le saṃsāra.

L'ignorance est une obscurité comparable à un aveuglement. Elle présente deux aspects : l'obscurité à propos des karma et de leurs effets, et l'obscurité à propos de l'absence de soi inhérent.

 

2 - Les karma inducteurs 

Sous l'influence de l'ignorance relative aux karma et à leurs effets, sont accumulés des karma inducteurs défavorables - des démérites.

Sous l'influence de l'ignorance concernant le mode d'être, sont accumulés des karma soit favorables - des mérites -, soit "immuables".

 

3 - La conscience

NB On distingue la conscience du moment de la cause et la conscience du moment du résultat.

La première est la conscience à l'instant même où est déposée l'empreinte du karma inducteur concerné. La seconde est la conscience à l'instant de la conception en tant que phase de naissance.

 

4 - "Le nom et (éventuellement) la forme", cad les cinq agrégats (skandha)

"Le nom" consiste en la sensation, l'identification, les formations volitionnelles et la conscience dans le cas d'une renaissance vivipare

La forme désigne l'ovule fécondé dans lequel pénètre la conscience puis tout son développement.

 

5 - Les sphères (ou bases) de connaissance [“ qui génèrent et développent ”]

Il s'agit des six sens, visuel, auditif, etc., en notant que le sens physique et le sens mental existent dès le premier stade embryonnaire.

 

En cas de naissance spontanée dans les deux mondes inférieurs, le lien du nom et de la forme et le lien des sphères de connaissance se produisent simultanément.

Dans le monde du sans forme (arūpaloka), ne se produisent que le lien du nom et le lien de la faculté mentale (cad que le lien de la forme et le lien des cinq bases relevant de la forme n'y existent pas).

 

6 - Le contact

Le rôle du lien du contact est d'enregistrer que l'objet est agréable, désagréable ou neutre.

 

7 - La sensation

Un contact suscite une sensation, agréable, désagréable ou neutre.

 

8 - La "soif" (attachement portant uniquement sur une sensation)

À l'égard d'une sensation de bonheur surgit la soif sous la forme du désir de ne pas en être séparé.

À l'égard d'une souffrance, la soif se traduit par le désir d'en être séparé ; elle est attachement envers cette séparation.

À l'égard d'une sensation neutre se produit la soif qu'elle ne décline pas.

 

9 - L'avidité [ou la saisie] (appétence et attachement pour l'objet nés de l'intensification de la soif)

On distingue quatre sortes d'avidité :

-        l'avidité pour les objets des sens : attachement aux objets des sens)

-        l'avidité pour les vues : attachement pour les vues mauvaises à l'exception de la vue portant sur "la collection transitoire" des agrégats ;

-        l'avidité pour les fausses éthiques et observances, qui est un attachement à des éthiques et pratiques de bas étage, en relation avec les vues mauvaises ;

-        l'avidité pour l'assertion du moi, qui n'est autre que la saisie conceptuelle d'absolu et qui porte principalement sur la collection transitoire des agrégats.

 

10 - Le devenir

Une fois qu'une empreinte karmique déposée précédemment sur la conscience par un karma inducteur a été mûrie par la soif et l'avidité, l'empreinte devenue capable de provoquer le corps de la vie suivante est appelée “devenir”.

 

11 - La naissance

La naissance se produit à l'instant précis de la conception, quand la conscience pénètre dans l'un ou l'autre des quatre lieux de naissance, et ce sous l'impulsion du karma qui a développé le pouvoir de produire une renaissance après avoir été activé par la soif et l'avidité.

 

12 - La vieillesse et la mort

Consécutivement à la naissance, les liens du vieillissement et de la mort se produisent de manière graduelle.

Par vieillissement, on désigne le processus de transformation progressive et de maturation des agrégats.

Par mort, on entend le rejet, ou encore la destruction d'une certaine chaîne d'agrégats.

 

Résumé

L'ignorance amène à créer les karma qui doivent s'imprimer sur une conscience produisant les agrégats et les six sens, permettant au contact d'entraîner la sensation qui produira la soif puis la saisie, ce qui créera le devenir, engendrant la naissance à partir de laquelle la vieillesse et la mort seront expérimentées.

 

Du point de vue de leur nature, les 12 liens se répartissent en trois groupes :

les karma, les kleśa (en pāli, kilesa) et les souffrances.

 

Nāgārjuna décrit le processus en ces termes :

À partir des trois, deux surviennent,

Desquels deux, sept naissent. Et des sept

Derechef les trois : c'est la roue de la vie,

Et elle tourne ainsi, encore et encore.

Les premier, huitième et neuvième sont des kleśa ;

Le deuxième et le dixième sont des karma ;

Quant aux sept autres, ils sont souffrances.

 

L'ignorance, la soif et l'avidité sont tous trois des kleśa (facteurs perturbateurs) et constituent les motivations.

Le karma inducteur et le devenir sont tous deux des karma (physiques et oraux).

Les sept autres liens relèvent de la souffrance, cad ce qui est expérimenté.

 

Les trois kleśa occasionnent les deux liens des karma à partir desquels se produisent les sept souffrances. Les sept souffrances attisent les trois facteurs perturbateurs, et ainsi de suite, en une ronde continuelle. Voilà pourquoi et comment la roue de la vie ne cesse de tourner, mue par la souffrance.

 

==> Il est nécessaire de pratiquer une voie capable de juguler ces liens par un processus inverse : en donnant un coup d'arrêt à l'ignorance, mettre un terme aux karma inducteurs, ainsi de suite jusqu'au vieillissement et la mort, de sorte que toutes les souffrances prennent fin.

 

 


vendredi 27 mars 2020

Vacuité et interdépendance (selon prasangika)

Un commentaire du Ratnavali de Nagarjuna souligne l'importance de parvenir à comprendre dans le cadre des bases  la complémentarité de la vacuité et de l'interdépendance, qui ne sont pas opposées comme peuvent l'être les touchers respectivement chaud et froid, mais sont associées en ce sens que l'une entraîne l'autre et réciproquement.
Pourquoi ? 
Parce que faute de comprendre leur complémentarité, il est impossible de bien comprendre dans le cadre des voies les deux accumulations, et dans le cadre des résultats les deux Corps.

Pour rappel (ou pour information), les différents systèmes philosophiques du bouddhisme sont présentés au travers d'un même plan ternaire :
1) Les bases : définitions des notions générales et des classifications telles qu'admises, par exemple les deux vérités, les 5 agrégats, l'esprit et les perceptions, l'individu, le temps (présent, passé, futur), etc., etc.
2) Les voies : description et définitions des étapes de la voie, notamment les 5 chemins et leurs subdivisions, éventuellement les 10 terres, etc.
3) Les résultats : libération, nirvana, éveil, etc. 

Selon le système prasangika, le vide de nature en soi (vérité ultime) et le fait d'être imputé en dépendance d'un support (vérité conventionnelle) sont donc des propriétés non pas opposés mais complémentaires de tout existant.

Comprendre le plan conventionnel revient à comprendre l'interdépendance et entraîne l'observance de l'éthique (au sens large), et donc l'accumulation de mérites
Comprendre le plan ultime revient à comprendre le non-soi et permet l'accumulation de sagesse.

L'union et le parachèvement des deux accumulations (mérites et sagesse) génère l'état de Bouddha, qui peut se décrire (entre autres) comme la réalisation des deux Corps (aspects, facettes)  : 
- "Corps de la loi" / Dharmakaya, qui procède de l'accumulation de sagesse,
- "Corps de la forme" / Rupakaya, qui procède de l'accumulation de mérites.




 

vendredi 17 janvier 2020

20 vues fausses འཇིག་ལྟ་

De manière générale, l'ignorance en tant que saisie du soi  བདག་འཛིནconstitue la racine du samsara.

Plus précisément, la source de nos misères réside en la saisie du soi qui porte sur nous-mêmes, et qui est  dénommée "vue de la collection transitoire"     འཇིག་ཚོགས་ལ་ལྟ་བ་
(satkāya-dṛṣṭi), car elle porte sur les 5 (ou 4) agrégats qui constituent notre base de dénomination. 

La vue de la collection transitoire comporte 20 aspects, à raison de 4 vues fausses par agrégat.

Par rapport à la forme, les quatres vues fausses consistent à la considérer
* comme étant le soi                    གཟུགས་བདག་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme possédant le soi           གཟུགས་བདག་དང་ལྡན་པར་ལྟ་བ་
* comme appartenant au soi      གཟུགས་བདག་གི་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme la résidence du soi      གཟུགས་ལ་བདག་གནས་པར་ལྟ་བ་

Il en va de même à propos des 4 autres agrégats, de la sensation, de l'identification, des formations et de la conscience.


 

vendredi 26 novembre 2010

Phénomènes composés et agrégats - suite et pas fin

Patrick a dit :
Reformulation de vérification :
« Les phénomènes composés - impermanents - qui comportent cinq agrégats sous ensembles -, se composent de trois divisions : forme, esprit ou perception, ni exclusivement forme ni exclusivement esprit.

OK

Dans cette dernière catégorie est classé l’individu qui est lui même composé de cinq agrégats qui se répartissent dans les trois divisions citées :

- « forme » : comprenant l’agrégat de la forme,
- « esprit ou perception » : comprenant les agrégat de l’identification, de la sensation, des formations pour leur partie mentale, Et aussi l'agrégat de la conscience !
- « ni-ni » : comprenant la partie non mentale de l’agrégat des formations .


Le mental principal ou agrégat de la conscience se compose de six divisions, dont la conscience mentale OUI
où réside

Non, le terme "réside" est impropre. Pars ailleur, le rapport est en sens contraire : ce sont les instants successifs de la conscience qui constituent le continuum.
le continuum mental qui transmigre d’une vie à l’autre, suivant les philosophes qui suivent les raisonnements des écoles : sautrantika, cittamatra et de l’école madhyamika-svatantrika. Et prasangika.

En conséquence, les 5 consciences sensorielles et les facteurs mentaux ne transmigrent pas.
Mais si. Pas sous leur forme "grossière", certes, mais leurs empreintes sont véhiculées par la conscience mentale très subtile, et ils peuvent donc se remanifester dès que l'esprit reprend un aspect moins subtil.
Par ailleurs, n'oublions pas toute conscience - même subtile - a besoin du concours d'au moins les cinq facteurs omniprésents.

Puisqu’il en est ainsi, comment expliquer : …la perception des sensations éprouvées par le bardowa ? …ou la colère qu’il éprouve lors de son entrée dans la matrice…et autres facteurs mentaux (jalousie…) ?
Voir ci-dessus.

La conscience mentale est-elle composée …
des volitions
,
"Composée" ? Sûrement pas, mais accompagnée de ... oui.
des réflexions
De quoi s'agit-il ?
et du continuum, … Elle n'en est pas "composée". Elle contribue à le composer.

comment le continuum « conserve » l’empreinte karmique est-ce :
- sous la forme de l’évènement qui a causé l’empreinte
Non.
- ou sous forme de potentialités, de tendances
Plutôt, oui. ou d’influence ?

Courant de conscience

Bruno a dit
Une question qui paraitra probablement candide, et d'une vision encore bien brouillée.
Je n'arrive pas à comprendre comment existe un "courant de conscience" qui parait intrinsèque puisque si je comprends bien 'il est "toujours" là, et "passe" dans chaque existence, or c'est un phénomène "composé" ... entre autres par les fameuses "empreintes" que je visualise comme des "habitudes", des "aiguillages" ou des "plis" qui se créent, produisent des effets, d'autres empreintes et disparaissent le moment venu, remplacées par d'autres. Comment cet élément composé et donc impermanent (si j'ai bien compris) peut en même temps "stable" pour "passer" d'une vie à une autre ou "générer" des existences une après l'autre ? ou "alors quel élément impermanent" transmigre ?

Bienvenue parmi nous, Cher Bruno.

Merci de votre question qui porte sur un point très important.

Le courant de conscience est-il ou non intrinsèque ?
Les réponses vont varier en fonction des systèmes philosophiques bouddhistes, et des définitions qu'elles accorderont à ce terme.
Selon l'école madhyamika, en dépit des apprences, le courant de conscience n'est pas intrinsèque.
D'ailleurs, aucun existant n'est intrinsèque, cat tous sont dépendants, au minimum de la perception qui les appréhende ou encore de la dénomination qui leur est attribuée.
Les phénomènes composés sont de plus dépendants de leurs causes et conditions,de leurs parties, etc., etc.

Oui, il est dit que c'est le courant de conscience qui passe d'une vie à l'autre.
Comme comme son nom l'indique, il s'agit d'un continuum, et ce continuum n'est en aucun cas figé : à chaque instant, il est différent.
Le continuum de l'instant d n'existe ainsi qu'à l'instant d. Il est né du continuum de l'instant c, et il génère le continum de l'instant e.
En ce qui concerne les empreintes qu'il véhicule, elles sont tout sauf statiques :
toute empreinte un fois accumulée dans la conscience mentale se développe d'instant en instant, jusquà produire ses effets, sauf si elle est affaiblie ou neutralisée par des forces contraires.

Comme notre activité mentale ne cesse jamais, même durant la claire lumière claire, il s'ensuit qu'à chaque instant de nouvelles empreintes sont engrangées, qu'à chaque instant les empreintes en attente se modifient - croissant ou décroissant selon le contexte vertueux, non vertueux ou neutre, qu'à chaque instant des empreintes produisent des effets - multiples et divers.

Comment notre courant peut-il passe d'une vie à une autre ?
Pour les mêmes raisons et de la même manière qu'il passe d'un instant à l'autre depuis notre conception jusqu'à notre mort.
La mort n'a rien de si extraordinaire, ni d'anormal.
Elle correspond à une phase naturelle et inévitable, consécutive à la prise d'un support physique lors de la conception.
Par la force des choses (propriétés des éléments), tout support physique, par définition impermanent, subit une usure jusqu'à un jour devenir inutilisable. Le courant de conscience le quitte alors et va se chercher un nouveau support physique. S'il l'a "sous la main", il n'a même pas besoin de passer par le bardo.
C'est tout.

Quant à ce que vous avez appelé "stabilité", il s'agit de la "continuité" - dont nous faisons l'expérience à chaque moment de notre vie.

C'est grâce à cette continuité que le soir nous pouvons nous rappeler (plus ou moins bien en fonction de notre mémoire) ce que nous avons fait le matin , ou encore que nous ruminons une rancune déclenchée par une irritation antérieure, ou que nous entretenons un attachement généré par une perception visuelle, ou tactile, ou autre. Etc.

Notez que tout phénomène composé se situe dans un continuum :
l'esprit -> continuum mental
le corps -> continuum physique (c'est pour cela que, vieux, on ressent parfois des douleurs à des endroits meurtris dans la jeunesse, etc.

Est-ce un peu plus clair ?

mercredi 24 novembre 2010

Des phénomènes composés

Patrick a dit :

Pour quelle raison la sensation et de l’identification sont-elles à la fois agrégats et facteurs mentaux ?
Il vaudrait mieux poser la question à l'auteur des termes et classification : le Bouddha...

A ce que j'ai entendu dire, de Rinpoche notamment, si la sensation et l'identification ont eu les honneurs de catégories distinctes, c'est en raison de leur importance pour nous, cad de leur impact sur nous.

Ainsi, bien que la plupart des philosophes bouddhistes considèrent que la racine du samsara est l'ignorance, ils soulignent le rôle de l'attachement (soif, etc.) qui est le lien nous y garrottant. L'ignorance nous propulse dans le samsara, et l'attachement nous y maintient, hélas très solidement.

Important à noter :
Si le bouddhisme propose de multiples classifications des existants, en fonction de critères et angles de vue variés, c'est pour apporter des éclairages complémentaires à propos des objets observés.
En ce qui concerne la classification des phénomènes composés en agrégats, elle a pour objectif déclaré de combattre la saisie du soi :
elle met en évidence que loin d'être une entité "permanente, une et indépendante, le soi, cad l'individu, est un phénomène conçu et dénommé sur la base de diverses composantes.

Par ailleurs, je suppose que vous avez maintenant compris que tout phénomène composé est par définition un agrégat ?


« le continuum mentale (catégorie mentale) : …est l’esprit envisagé dans la chaine du temps » ...
« Lorsque nous éprouvons ...de la foi, cette perception laisse une empreinte ou potentialité (ni excl forme ni excl esprit) qui imprègne le « courant de conscience »
Ainsi, une empreinte (catégorie "ni-ni") imprègne le courant de conscience (catégorie mentale ?)
Eh oui.
Si le terme "imprégner" vous gêne, on peut aussi dire que "toute perception qui prend fin laisse, ou encore dépose, une empreinte dans l'esprit (dans le courant de conscience, si vous préférez)".


Parmi les empreintes (alias potentialités), celles déposées par les karma (f.m. volitions, de nature mentale) ont entre autres effets celui d'ultérieurement déterminer la connotation des sensations : agréables, désagréables ou neutres. Mais elles sont également les causes nécesaires (en l'occurrence consubstantielles) pour que de nouvelles volitions puissent se produire.

A chaque instant, en nous, ce sont des empreintes (catégorie "phénomènes composés ni exclusivement forme ni exclusivement esprit) qui génèrent les nouvelles perceptions, sensorielles comme mentales, que nous avons.
Sachant qu'à chaque instant nous avons des sensations, chaque sensation découle de la conjonction de multiples causes et conditions : contact entre une conscience, une faculté et un objet, plus maturation de diverses empreintes, dont au strict minimum une empreinte laissée par une sensation antérieure et une empreinte dite karmique, qui va faire que cette sensation sera agréable, désagréable ou neutre.

L'école cittamatra a beaucoup approfondi l'étude des différentes catégories d'empreintes et de leurs résultats respectifs.
C'est passionnant, mais un tantinet complexe.

Quelles différences y a t-il entre continuum mental et courant de conscience ?
Juste une question de vocabulaire en français.

lundi 22 novembre 2010

Agrégats et phénomènes composés suite 3

Sylvie a dit :
Je sais qu'il est dit que l'individu est classé dans les formations (ni exclusivement formes, ni exclusivement esprit) mais pourtant nous sommes bien constitués de 5 agrégats. En ce qui nous concerne, êtres humains, on dit bien que c'est sur la base de ces cinq agrégats que s'élève cette notion de soi.
Je ne trouve pas logique que l'on classe l'individu dans les formations, alors qu'en réalité c'est plus vaste que cela. Quelle en est la raison ?


La raison, eh bien, c'est que l'expression "agrégat des formation" a un champ sémantique très vaste, et désigne entre autres les phénomènes tels que les individus, mais aussi le temps, ou encore l'impermanence, ou encore la naissance, etc.
Est agrégat des formation : tout ce qui est phénomène composé mais n'est ni forme ni esprit + tous les 49 facteurs mentaux hormis l'identification et la sensation.

Il faut bien réfléchir à la différence entre "être" et "avoir".
Un individu ne peut pas vivre sans son coeur, mais il n'est pas son coeur. Idem pour ses poumons, son cerveau, et chacune des parties qui le constituent.

Même si, comme certains philosophes vaibhashika, on estime que l'individu équivaut à l'ensemble des cinq agrégats, cet ensemble est un agrégat des formations, car il n'est ni exclusivement forme (du fait de la présence de la sensation, de l'identification, des formations et dela conscience) ni exclusivement esprit (du fait de la présence de la forme et des formations ni forme ni esprit).

Agrégats et phénomènes composés suite 2

Pour simplifier, je vais répondre (essayer, en tout cas) dans le texte :

Patrick a donc dit :
Le poly des bases du bouddhisme page n° 10 (en bas) indique : "les 49 autres FM sont inclus dans l'agrégat des "formations volitionnelles", sans préciser qu'ils relèvent de la partie mentale (groupe c : esprit). Je suis enclin à classer (par erreur) les formations dans le groupe c) ni exclusivement forme ni exclusivement esprit, …désolé !
Merci de noter que l'agrégat des formations (volitionnelle) comporte deux subdivisions : 1) des phénomènes qui relèvent de l'esprit - dont la volition (cad le facteur mental omniprésent karma), d'où la dénomination que vous avez citée ; 2)
des phénomènes qui ne relèvent ni de l'esprit ni de la forme - dont l'individu, la durée de vie, etc.

Ou se classent donc les facteurs omniprésents de l’identification et de la sensation puisqu’ils ne seraient pas dans le groupe b) : esprit, SVP ?
Mais si, ils relèvent de l'esprit. Relisez bien les billets précédents, SVP.

Les « deva du monde du sans forme n'ont pas de forme grossière », n’est-ce donc pas la situation des asura, et des bardowa (... qui se classent où)?
Nous sommes d'accord.
Comme je vous le disais, tous les êtres animés sont des agrégats des formations, car ils sont des phénomènes ni forme ni esprit.


Parmi les 6 classes d’êtres, lesquels transitent dans le bardo ? est-ce le même bardo ou y a-t-il un bardo pour chaque « classe d’être » ?
Les êtres des six classes ne sont pas systématiquement contraints de transiter par le bardo - qui n'est jamais qu'une situation d'attente : quand les karma introducteurs à laprochaine naissance sont puissants et que les conditions nécessaires à la nouvelle naissance sont déjà réunies, la nouvella naissance se produit au sortir de la claire lumière de la mort de la vie qui vient de prendre fin.
Les divers bardo vont présenter certains des points communs, et aussi des particularités en fonction des renaissances vers lesquelles se dirigent les êtres du fait du ou des karma parvenus à maturité et qui les orientent vers leur prochaine vie.
C'est pour cela qu'il est recommandé de dédier des vertus à l'intention des défunts, surtout durant les 49 jours qui suivent la mort :
comme un séjour dans le bardo dure au maximum 7 x 7 jours, avec une nouvelle mort en fin de chaque semaine, suivie forcément d'une nouvelle naissance dans le bardo, l'idée est d'essayer d'intervenir pour que, si nécessaire, quelqu'un qui aurait d'abord été orienté par des karma mauvais vers une renaissance défavorable puisse être réorienté vers une renaissance meilleure, grâce à la maturation de karma meilleurs. Maturation permise par les vertus dédiées à son intention.


A propos des phénomènes composés, je reformule : …les existants impermanents, comme les 6 classes d’individus se composent de 5 ensembles ou agrégats. Lorsque l’on dit « Tous les phénomènes composés sont inclus dans les cinq agrégats », on ne parle pas des 5 agrégats de l’individu mais de la catégorie « existant impermanent » …

D'une manière générale, il y a équivalence entre les expressions "les phénomènes composés", "les phénomènes impermanents" et "les cinq (catégories d') agrégats".
Il faut bien noter la différence entre les expressions : "les cinq agrégats" (au sens large, incluant les objets matériels inanimés) et "les cinq agrégats d'un individu" (restreints aux êtres animés).

dimanche 21 novembre 2010

Agrégats et phénomènes composés suite

Patrick a dit :
Cette classification concerne-t-elle les six classes d’êtres ?
ainsi …est-il correct de dire que l’individu constitué de 4 agrégats, dont la forme (contours ; couleurs) serait ici subtile, détiendrait également quatre autres sphères subtiles ( cf division) de connaissances citées : sphères du son, de l'odeur, de la saveur, du toucher ?
Les agrégats de l’identification et de la sensation semblent à part, tous deux relèvent de l’esprit.
- Le signe « = » signifie qu’ils sont …à la fois agrégats et facteurs omniprésents, ou sont-ils à distinguer ?
Concernant l’agrégat des formations 2 divisions :
- 1) mental : Vous indiquez que les 49 FM relèvent de : b) l’esprit, …cela me parait étrange, vous confirmez ? ? ?…Mais vous n’indiquez pas de quel groupe relèvent les facteurs omniprésents de l’identification et de la sensation ?
- 2) non mental : c) ni-ni, exemple l’individu …mais n’est-il pas déjà "ventilé" comme précédemment ?


Il est plus facile de répondre ici : plus de place, plus de possibilités graphiques.

Reprenons les interrogations de Patrick dans l'ordre :

- Oui, la classification concerne les six classes d'êtres du samsara, car plus généralement elle concerne tous les êtres car elle concerne tous les phénèmes composés.

- Non, attention : quand, à propos des individus, on parle d'une base de conception constituée par 4 agrégats, et non 5, c'est l'agrégat de la forme qu'on retire, car on fait alors allusion aux deva du monde du sans forme et on souligne qu'ils n'ont pas de forme grossière.

- effectivement, on fait de l'identification et de la sensation des agrégats ) aprt entière, en raison de leur importance.

Le signe =, à mes yeux, signifie "égal".
Je voulais donc dire que les expressions, par ex, "agrégat de la sensation" et "sensation" (cad facteur mental ominiprésent sensation") désignent le même objet - la sensation -, avec des connotations diverses.

- Je confirme que les facteurs mentaux, tous, appartiennent à l'esprit.
En effet, l'esprit est constitué de deux types de composantes : les 6 consciences et les 52 facteurs mentaux. Chaque composante a sa propre fonction, mais toutes présentent un certain nombre de propriétés similaires.
(Cf. définition de l'esprit, et aussi les "identités" entre une conscience et les facteurs mentaux qui l'accompagnent)

- J'insiste sur le fait que les individus relèvent de la catégorie des phénomènes composés ni forme ni esprit.
En effet, les individus ont en général une forme (leur corps) (exceptions : les deva du monde du sans forme, encore qu'ils aient quand même une forme, mais subtile). Les individus ont tous, toujours, un esprit. Par définition.
Mais ils ne sont ni leur corps ni leur esprit.
C'est pour cela que, tout en étant des phénomènes composés (évidence indiscutable), ils ne sont ni forme ni esprit.
Il n'est donc pas correct de les ventiler dans les différentes catégories, comme vous sembliez avoir envie de le faire. Même si l'existence des individus dépend d'éléments qu'eux, vous pouvez ventiler à votre aise.

Ex : nous dépendons de l'air que nous respironspour vivre, mais ce n'est pas une raison suffisante pour dire que les individus que nous sommes ne sont que de l'air (j'avais envie d'écrie "que du vent").

Est-ce devenu un peu plus clair ?
N'hésitez pas à poser des questions. On est là pour ça.

Les choses ne semblent simples que quand ... on n'y réfléchit pas.
Par conséquent, merci de vos questions, et de vos efforts pour aller plus loin.

samedi 20 novembre 2010

Agrégats : réponses

Merci à ceux qui se sont prêtés au jeu, et ont réfléchi aux petites devinettes de l'autre jour.

Voici les réponses :

nous (en tant qu'individus) : agrégats des formations
Il est exact que le système madhyamika définit "l'individu" comme ce qui est juste conçu, ou encore dénommé, sur la base des cinq, ou quatre, agrégats constitutifs.
C'est bien pour cela qu'on ne peut classer l'individu que dans le groupe des "phénomènes composés qui ne sont ni exclusivement forme ni exclusivement esprit).

la faim : agrégat de la forme (la faim relève en effet du "toucher", et non de la sensation. La sensation, c'est le fait de ressentir quelque chose comme agréable, désagréable, ou ni l'un ni l'autre)

trois heures : agrégats des formations (deuxième groupe)

la jalousie : agrégat des formations (premier groupe, de nature mentale)

l'esprit d'Eveil : agrégat de la conscience

l'autochérissement : agrégat de la conscience

le Bouddha : en tant qu'individu, agrégat des formations

Les cinq agrégats

Tous les phénomènes composés sont inclus dans les cinq agrégats, et réciproquement, avons-nous déjà vu.

Le plus souvent, on dit que les phénomènes composés se répartissent en trois groupes : phénomènes composés relevant
a) de la forme
b) de l'esprit
c) ni exclusivement forme ni exclusivement esprit.

Comment s'établit la ventilation entre ces deux classifications ?

En partant des cinq agrégats, voici ce que ça donne :

- agrégat de la forme : a)
NB l'agrégat de la forme (= forme) comporte cinq divisions : cinq ayatana, ou si vous préférez, les cinq sphères de connnaissances suivantes : sphères de la forme, du son, de l'odeur, de la saveur, du toucher.

- agrégat de l'identification (alias "perception" pour certains traducteurs) = facteur mental omniprésent identification : b)

- agrégat de la sensation = facteur mental omniprésent sensation : b)

- agrégat des formations : deux divisions :
* tous les autres mentaux (à part l'identification et la sensation) : b)
* les phénomènes composés ni exclusivement forme ni exclusivement esprit : c)
Ex, l'individu, la durée de vie, la naissance, l'impermanence, etc.

- agrégat de la conscience : b)

mercredi 17 novembre 2010

Agrégats et phénomènes composés

Patrick a dit :
"Ainsi… le « vocabulaire philosophique » ne ferait pas de différence entre :
tous les phénomènes composés « sont inclus » (contenus, compris, insérés) dans les agrégats
et …« sont » des agrégats.
Autrement dit : … « qu’un vase soit un agrégat » aurait le même sens que : « le vase est inclus dans les 5 agrégats » ?
Quel est le dessein de cette terminologie ?"

Pour repartir du tibétain, le « vocabulaire philosophique » dira que "agrégat", "phénomène composé", "phénomène impermanent", etc., sont des termes équivalents, cad qu'ils couvrent le même champ sémantique - même si leurs connotations diffèrent sensiblement.

Nous pouvons donc dire
"Tous les phénomènes composés sont des agrégats et tous les agrégats sont des phénomènes composés."
Quant au vase, oui, on peut affirmer qu'un vase est par définition inclus dans les cinq agrégats. Car un vase est agrégat de la forme.

A noter :
L'expression "les cinq agrégats" est une expression contractée pour "les cinq types d'agrégats".
On peut donc également dire que l'ensemble "phénomènes composés" comporte cinq sous-ensembles : les cinq catégories d'agrégats.

mardi 16 novembre 2010

Collection transitoire suite

Patrick a dit... Mais...quel est donc le sens de l'expression "... tous les phénomènes composés (et donc impermanents) sont inclus dans les (cinq) agrégats" ?

Ca veut dire que tout phénomène composé est un agrégat. Et réciproquement, d'ailleurs.

Ce sera plus clair, je pense, avec quelques exemples :
notre corps : agrégat de la forme
une table : agrégat de la forme
un bruit : agrégat de la forme
l'impermanence : agrégat des formations
un bonheur : agrégat de la sensation
une douleur : agrégat de la sensation.

A vous de jouer :

nous (en tant qu'individus) : agrégats de ?
la faim : agrégat de ?
trois heures : agrégats de ?
la jalousie : agrégat de ?
l'esprit d'Eveil : agrégat de ?
l'autochérissement : agrégat de ?
le Bouddha : ?

samedi 13 novembre 2010

"Collection transitoire"

Je viens de recevoir par mail cette question qui, je crois, peut intéresser plusieurs personnes :
"Je souhaiterais avoir des renseignements sur ce que l’on nomme « collection transitoire ». Dans le tome 2 de « La Libération suprême entre nos mains », il est question de collection transitoire des agrégats. Pouvez-vous me donner des explication sur ce terme ? Est-ce qu’il concerne seulement les agrégats ?"

En quelques mots, l'expression "collection transitoire" traduit le tibétain 'jig tshogs : "ensemble destructible".

Oui, cela concerne les agrégats, avec la précision que tous les phénomènes composés (et donc impermanents) sont inclus dans les agrégats !

Autrement dit, seuls les existants permanents (vacuité, non soi, etc.) ne sont pas concernés.
Mais nous, si.

samedi 7 août 2010

Mort et naissance

Les 12 liens interdépendants (loi de production conditionnée - Skt. pratîtyasamutpada), points ô combien fondamentaux dans le bouddhisme, décryptent entre autres les relations, parfois surprenantes, entre les karma et leurs résultats.

Vous connaissez, je suppose, les douze liens.
Toute série de 12 liens commence avec l'ignorance, qui pousse dans une vie x à accumuler un karma d - souillé par elle, et éventuellement par d'autres facteurs perturbateurs. Cela aboutit, dans une vie y ou z - car une série de 12 liens ne peut en aucun cas se dérouler en une seule et unique vie - à une nouvelle naissance déterminée par ce karma d, à la condition sine qua non que ledit karma ait été porté à maturité par la soif * et l'avidité** (encore et toujours l'attachement).

L'enchaînement vaut le coup d'oeil.
Par exemple, selon cette vision typiquement bouddhiste des choses, quand un karma introducteur à une nouvelle naissance dans le samsara est venu à maturité, il ne peut plus ne pas donner son résultat : cette nouvelle renaissance, ce qui entraîne la fin de la naissance en cours - la mort, pour parler clairement.
Ainsi, ce n'est pas parce qu'on meurt qu'on renaît. C'est parce qu'on a à renaître qu'on meurt (il y a bien sûr d'autres facteurs qui interviennent, tels que l'éventuel épuisement du karma b qui avait déclenché cette naissance x).
"Amusant", non ?
Les effets de l'attachement seraient passionnants s'ils n'étaient pas aussi dramatiques.

Toujours est-il que c'est pour des raisons de ce genre que le Bouddha a enseigné que, au sein des innombrables maux du samsara, le pire est la naissance, car elle est porteuse du reste.
On retrouve par conséquent cette présentation des choses dans les traités bouddhistes, y compris les lamrim.

* Par convention, on appelle "soif" (tib. sred pa) l'attachement qui porte sur les sensations (souillées, bien sûr), agréables, désagréables ou neutres.
** Par convention, on appelle "avidité" (
tib. len pa) l'attachement consécutif à la soif et qui qui porte sur d'autres objets que les sensations.