La construction de "la réalité"
Point de vue intéressant sur la relation entre le sujet percevant et l’objet perçu
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
La construction de "la réalité"
Point de vue intéressant sur la relation entre le sujet percevant et l’objet perçu
Le Bouddha faisait montre d'un grand humour - c'est ce qu'affirme le Professeur Richard Gombrich*,
professeur émérite à Oxford :
L'étude croisée des textes bouddhiques et de ceux des autres courants
religieux, comme le védisme et le jaïnisme, m'a par exemple révélé que non
seulement le Bouddha connaissait à fond les textes de ses rivaux, mais qu'il
faisait preuve d'un grand humour en les commentant. Cet humour n'a pas été
perçu par ses disciples, confits en dévotion, qui ont transcrit trop rigidement
ses paroles... La discussion qu'il fait de la conception jaïn du karma est
passionnante. Je suis d'accord avec vous, dit-il, sur ce qu'est un bon ou un
mauvais karma. Mais le karma n'est pas, comme vous le croyez, une sorte de
poussière qui recouvre l'âme. C'est un processus dynamique, ni entièrement déterminé,
ni entièrement contingent, qui laisse toute sa place à la liberté et à la
responsabilité individuelles. Quelle audace, dans l'lnde antique, que
d'affirmer que chacun est maître de son destin !
Cf. "Nouvel
Observateur" n° 2228
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À noter |
Le terme karma est presque passé dans le langage courant en français, mais avec des connotations hindouistes de destin ou encore fatalité.
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2 acceptions
admises par les 4 écoles philosophiques bouddhistes |
Karma en tant que "volition", facteur mental omniprésent (càd présent dans toute activité mentale) qui permet à l’esprit de se tourner vers un objet. NB Par lui-même, le karma est neutre, mais influençable : il prend la tonalité des facteurs mentaux concomitants, bons, mauvais ou neutres. |
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Karma en tant qu'empreinte karmique laissée dans l'esprit par chaque volition qui prend fin : potentialité capable de produire de 1 à 3 types de résultats. |
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+ 3e acception vaibhashika et madhyamika-prasangika |
Karma physique (ou oral), relevant de la forme et significatif de la pensée concomitante : 2 divisions, selon qu'il soit ou non visible de l'extérieur. Ex. 1. geste amical ; intonation 2. engagement pris. |
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4 propriétés des karmas en tant que potentialités |
Les karmas sont certains : - un karma bon donne un résultat bon (bonheur) - un karma mauvais donne un résultat mauvais (souffrance) |
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Les karmas déposés dans l'esprit se développent de jour en jour - à moins d'être contrés par des forces opposées - jusqu'à ce qu'ils produisent leurs résultats. |
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Il est exclu de rencontrer des résultats issus de karma non accomplis. Une cause qui n'aurait pas été établie ne pouvant pas donner de résultat, il n'est pas possible d'expérimenter le bonheur si on n'en établi pas les causes. |
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Un karma une fois établi est par lui-même inépuisable : il prend fin soit quand il a donné son ou ses résultats,
soit parce qu'il a été neutralisé par des forces opposées. |
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Résultats potentiels |
Résultats à maturité : naissances favorables ou non ; sensations agréables, désagréables ou neutres, etc. |
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Résultats en concordance avec la cause : 1. Tendances (à la bonté ou à la méchanceté, etc.) 2. Expérimentations analogues (vie longue ou courte résultat d'avoir protégé ou écourté la vie d'autrui). |
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Résultats environnementaux : le cadre de vie. |
Ratnagotravibhāga Mahāyānottaratantraśāstra
Le Traité de la Continuité suprême du Grand Véhicule
Introduction
Commentaire : explication détaillée du texte
Chapitre I L'essence des Tathāgata (nature-de-bouddha)
Première partie : Les trois premiers points de vajra
° Le premier point : le Bouddha
° Le deuxième point : le Dharma
° Le troisième point : la Communauté
Deuxième partie : Les quatre autres points de vajra
° Le quatrième point : l’Élément[1]
Chapitre II Le cinquième point : l’Éveil
Chapitre III Le sixième point : les Qualités
Chapitre IV Le septième point : les Activités des Bouddha
Conclusion
Chapitre V Les bienfaits du présent enseignement
Colophon
[1] De manière générale, le terme "élément" ཁམས་ désigne un phénomène composé (les 18 dhatu). Ici, il est synonyme de རིགས་ rigs, "lignage" de Bouddha, ou encore de tathāgatagarbha, nature foncière de Bouddha, c'est-à-dire la vacuité de l'esprit de l'être concerné. dans le contexte présent, "élément" désigne donc un existant non-composé et permanent.
GROUPE D'ÉTUDE ET DE RÉFLEXION
Les arcanes des lamrim - de la théorie à la pratique
Causalité et interdépendance
TOUS LES LUNDIS
(Hors vacances scolaires et jours fériés)
À partir du 22 septembre 2025
de 19h15 à 20h45
En distanciel par ZOOM
Textes de référence
Les Bases du bouddhisme – polycopié du Vénérable Dagpo Rinpoche
Enseignements du lamrim du Vénérable Dagpo Rinpoche
Groupe d'étude guidé par
Marie-Stella Boussemart
Inscription pour recevoir le lien, les informations et les documents d'étude :
Programme
La voie du Bouddha, son essence, ses outils
Les objectifs : aller de l'avant
La méthode : étude, réflexion, méditation
Groupe ouvert à toute personne souhaitant découvrir les « outils » expérimentés, puis recommandés par le Bouddha :
Éthique, concentration, sagesse – amour et compassion
INSTITUT KADAM TCHEULING MEDITERRANEE
Sous l'autorité spirituelle du Vénérable Dagpo Rinpoché
Tél: 06 12 90 55 31 - infos.iktm@gmail.com - FB: iktmMeditation
Émission Sagesses bouddhistes du 2 mars 2025
Passé, présent, futur, comment le bouddhisme conçoit-il le temps ?
Si la notion de temps fait réfléchir les philosophes et les scientifiques depuis des siècles, le bouddhisme apporte un regard qui peut nous aider à mieux le comprendre. Comment le définir ? Comment méditer sur le temps peut aider à percevoir la sagesse ? Au fil des nombreuses réflexions sur le temps, le bouddhisme offre une approche intéressante pour comprendre la vacuité et l’interdépendance et mieux en approfondir toutes les subtilités et compréhensions.
Réalisation : Christophe Coutens
Présentation : Sandrine Colombo
"Samsara" འཁོར་བ་ est un terme récurrent dans le vocabulaire bouddhiste, mais il est souvent mal, ou pas, compris.
Selon les grands traités, le bouddhisme admet deux définitions, qui sont équivalentes en dépit des formulations respectives sensiblement différentes :
1) Les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte. ཟག་བཅས་ཉེར་ལེན་གྱི་ཕུང་པོ་
2) Naissance prise par la personne concernée sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté. རང་དབང་མེད་པར་ལས་ཉིན་གྱི་དབང་གིས་སྐྱེ་བ་ལེན་པ་
Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara
est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous
les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de
l'esprit, à commencer par l'ignorance.
De manière générale, l'ignorance en tant que saisie du soi བདག་འཛིན་ constitue la racine du samsara.
Plus précisément,
la source de nos misères réside en la saisie du soi qui porte sur
nous-mêmes, et qui est dénommée "vue de la collection transitoire" འཇིག་ཚོགས་ལ་ལྟ་བ་ (satkāya-dṛṣṭi), car elle porte sur les 5 (ou 4) agrégats qui
constituent notre base de dénomination.
La vue de la collection transitoire comporte 20 aspects, à
raison de 4 vues fausses par agrégat.
Par rapport à la forme, les
quatre vues fausses consistent à la considérer
* comme étant le
soi
གཟུགས་བདག་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme
possédant le soi གཟུགས་བདག་དང་ལྡན་པར་ལྟ་བ་
* comme
appartenant au soi གཟུགས་བདག་གི་ཡིན་པར་ལྟ་བ་
* comme la
résidence du soi གཟུགས་ལ་བདག་གནས་པར་ལྟ་བ་
Il en va de même à propos des 4 autres
agrégats, de la sensation, de l'identification, des formations et de la
conscience.
Enseignement du Vénérable Dagpo Rinpoche paru aux Éditions Guépèle
En plus de dispenser de nombreux Enseignements oraux dans divers pays, le Vénérable Dagpo Rinpoche, qui a maintenant 92 ans, a également composé en langue tibétaine de nombreux commentaires et autres ouvrages.
Certains ont été édités dans son monastère, Dagpo Datsang, en Inde.
Voici quelques exemples, non limitatifs.
Les plus récents parus aux Éditions Guépèle, en langue française
En résumé, rien (aucun phénomène composé) n'est sans cause et rien n'est sa propre cause.
* Tout phénomène composé naît de causes et de conditions, qui lui sont antérieures.
* Une cause unique ne produit pas de fruit.
* Quand les causes et conditions sont réunies, le fruit apparaît nécessairement.
* Quand les causes et conditions ne sont pas réunies, le fruit n'apparaît pas.
La pratique du Dharma concourt donc notamment à s'entraîner à éviter la réunion des causes et conditions de souffrance (principalement les facteurs mentaux perturbateurs) et à favoriser la réunion des causes et conditions de bonheur (principalement les facteurs mentaux vertueux, associés aux facteurs mentaux à objets déterminés).
Les six portes de souillures, et donc de souffrances
1 Zag pa'i bdag nyi ཟག་པའི་བདག་ཉིད་
Ce qui est de la nature même des souillures : klesha (facteurs perturbateurs, à commencer par l'ignorance, l'attachement et l'irritation)
2 Zag pa dang 'brel ba ཟག་པ་དང་འབྲེལ་བ་
Ce qui est corrélé aux souillures : les autres facteurs mentaux et les 5 sens de tout être du samsara
3 Zag pas bcings pa ཟག་པས་བཅིངས་པ་
Ce qui est liés par les souillures : karma introducteurs au samsara
4 Zag pa dang rjes su 'brel ba ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་འབྲེལ་བ་
Ce qui est affecté par les souillures : être du samsara
5 Zag pa dang rjes su mthun pa ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་མཐུན་པ་
Ce qui est en adéquation avec les souillures : les objets des klesha
6 Zag pa las 'byung ba ཟག་པ་ལས་འབྱུང་བ་
Ce qui est issu des souillures : les agrégats
souillés d'un être encore prisonnier du samsara
Vérité de la souffrance : les phénomènes souillés qui naissent à partir de leurs causes, lesquelles causes étant les karma et les facteurs perturbateurs.
Vérité de l’origine : les karma et les facteurs perturbateurs qui génèrent la vérité de la souffrance, qui constitue leurs résultats
Vérité de la cessation : cessation issue de l’analyse qui élimine les voiles qui constituant les les objets d’abandon - le chemin ininterrompu que cela permet d’obtenir.
Cessation issue de l’analyse qui est susceptible de rejeter les voiles lui correspondant à ce stade du sentier ininterrompu[1] qu’il lui permet alors d’obtenir.
Vérité de la voie : la voie des arya qui inclut les moyens directs et indirects permettant d’obtenir ou encore d’actualiser la Vérité de la cessation. « Directe », cela désigne ce dont on vient de parler, c’est-à-dire le sentier sans obstacles qui stoppe le pan des voiles consistant en la saisie du soi acquise et manifeste. « Indirecte », c’est-à-dire tout ce qui n’étant pas forcément ce chemin sans obstacles va y contribuer d’une manière ou d’une autre. Donc, d’une manière plus générale, pour simplifier, on peut dire que ce que l’on entend par Vérité du chemin, ce sont toutes les connaissances et qualités du continuum mental des arya.
Première vérité, de la souffrance
D’une part, vide d’un soi qui serait comme le créateur ou encore l’auteur du monde, etc.
D'autre part, vide d’une existence ne dépendant de rien, d’une existence en soi.
Deuxième vérité, de l'origine
Troisième vérité, de la cessation
Quatrième vérité, du chemin
Les 4 vues fausses ainsi contrées
Vérité de la souffrance
- Voir comme propres des choses qui ne sont pas propres.
- Voir comme étant bonheurs des choses qui ne sont pas bonheurs, qui sont souffrances.
- Voir comme permanentes et éternelles des choses qui ne sont ni permanentes ni éternelles.
- Saisie du soi.
Vérité de l’origine vues fausses[2] :
- soit considérer qu’il n’y a pas du tout de causes,
- soit admettre des causes qui sont en fait insuffisantes ou incompatibles (pas valides).
Vérité de la cessation
1. Nier toute possibilité de libération.
2. Confondre la libération avec des phénomènes souillés, par ex imaginer la libération comme une sphère supérieure décrite comme un grand parasol blanc (un peu comme un paradis) (gSal byed pa).
3. Imaginer que la libération est atteinte une fois le soi (indépendant et permanent) isolé des reliquats de composantes grâce à la méditation (Samkhya).
4. Estimer qu'il est possible, grâce à la méditation, d'obtenir une libération momentanée (mais pas irréversible).
Vérité de la voie
1. Estimer qu’il n’existe pas de voie de libération ;
2. que la sagesse comprenant le non-soi, loin d’être une voie excellente, constitue une voie mauvaise ;
3. qu'il existe des voies de libérations supérieures à la sagesse comprenant directement le non-soi, comme par exemple entrer dans le mandala d'Ishvara et recevoir les instructions afférentes ; ou encore s’installer en méditation au milieu de cinq brasiers enflammés, etc. ;
4. que, même si l’on médite la sagesse comprenant le non-soi, en aucun cas cela ne pourrait permettre d’éliminer définitivement la souffrance.