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lundi 16 mai 2022

La Libération dans la paume de la main Fascicule 3

 Vient de paraître

La Libération dans la paume de la main, par Kyabjé Pabongka Rinpoche (1878-1941) Traduction de Marie-Stella Boussemart, Détchène Eusel Ling Publications

Fascicule 3  La façon de suivre le Maître

En 1921, Kyabjé Pabongka Rinpoche donna pendant vingt-quatre jours des explications sur les Degrés de la Voie menant à l’Eveil (Lamrim) dans un ermitage de la région de Lhasa.
À sa demande, son disciple Kyabjé Trijang Rinpoche (1901-1981), qui devint l’un des Tuteurs de Sa Sainteté le XIVe Dalaï Lama, prit des notes minutieuses de ces enseignements.

L'ouvrage de 89 pages (format A5) est disponible au prix de 12 euros. 

Pour plus d’informations ou commander un exemplaire, contacter dechen.publication@gmail.com 

 


 

dimanche 24 avril 2022

Les deux manières d'exposer le lamrim

Des grandes universités bouddhistes de l'Inde ancienne, nous viennent deux manières d’exposer le Dharma : 

* Au travers des trois puretés à Nalanda  : 
- la pureté de la parole du maître, 
- la pureté de l’esprit du disciple 
- la pureté de l’enseignement exposé.

* Au travers des quatre grandeurs à Vikramashila où les pandits (dont Atisha) accordaient une grande importance à d’abord souligner les trois  premiers points : 
- grandeur de l’auteur de l’Enseignement, 
- grandeur de l’Enseignement
- manière de l’exposer et de l’écouter
- manière de guider les disciples au moyen de l'instruction à proprement parler.

mardi 2 novembre 2021

La Libération dans la paume de la main Fascicule 2

Vient de paraître

La Libération dans la paume de la main, par Kyabjé Pabongka Rinpoche (1878-1941) Traduction de Françoise Wang Toutain, Détchène Eusel Ling Publications

Fascicule 2

En 1921, Kyabjé Pabongka Rinpoche donna pendant vingt-quatre jours des explications sur les Degrés de la Voie menant à l’Eveil (Lamrim) dans un ermitage de la région de Lhasa.
À sa demande, son disciple Kyabjé Trijang Rinpoche (1901-1981), qui devint l’un des Tuteurs de Sa Sainteté le XIVe Dalaï Lama, prit des notes minutieuses de ces enseignements.

L'ouvrage de 184 pages (format A5) est disponible au prix de 15 euros. 

Pour plus d’informations ou commander un exemplaire, contacter dechen.publication@gmail.com 

 


 


La Libération dans la paume de la main Fascicule 1

La Libération dans la paume de la main

par Kyabjé Pabongka Rinpoche (1878-1941)


Traduction de Françoise Wang Toutain
Détchène Eusel Ling Publications


En 1921, Kyabjé Pabongka Rinpoche donna pendant vingt-quatre jours des explications sur les Degrés de la Voie menant à l’Eveil (Lamrim) dans un ermitage de la région de Lhasa.
À sa demande, son disciple Kyabjé Trijang Rinpoche (1901-1981), qui devint l’un des Tuteurs de Sa Sainteté le XIVe Dalai Lama, prit des notes minutieuses de ces enseignements.


Fascicule un : La traduction de l’exposé des trois premières journées est l’objet de ce premier fascicule.

Ce livre au format A5 qui comprend 180 pages est disponible au prix de 15€.
Pour plus d’informations ou commander un exemplaire, contacter dechen.publication@gmail.com 

 


 

mercredi 28 février 2018

Textes tibétains en téléchargement

Ce site en tibétain est une véritable mine de textes proposés en téléchargement :
http://bo.jetsongkhapa.org/d/pdf/045/W3834-1618-eBook.pdf

Entre autres, il s'y trouve les Œuvres complètes de Phabongka Dorjechang.
L'avant-dernier tome propose la biographie de Dagpo Lama Rinpoche, et le dernier La Libération dans la paume de la main.

༄༅།།སྐྱབས་རྗེ་ཕ་བོང་ཁ་པ་བདེ་ཆེན་སྙིང་པོའི་གསུང་འབུམ ...

bo.jetsongkhapa.org/gsungrab/sungbum/2014-12-16/771.html
༄༅།།སྐྱབས་རྗེ་ཕ་བོང་ཁ་པ་བདེ་ཆེན་སྙིང་པོའི་གསུང་འབུམ།. སྤེལ་དུས། 2014-12-16 14:09:44 ཀློག་ཐེངས། 2623. ཡིག་གཟུགས་ཇེ་ཆེར་གཏོང་། ཡིག་གཟུགས་ཇེ་ཆུང་གཏོང་།. ABYརྗེ་ཙོང་ཁ་པའི་དྲ་བ།. ཀ་པ། · ཁ་པ། · ག་པ། · ང་པ། · ང་པ། · ཅ་པ། · ཆ་པ། · ཇ་པ། · ཉ་པ། · ཏ་པ། · ཐ་པ།. རྩོམ་སྒྲིག་པ།:མཁའ་ཚེ།.

On trouve par ailleurs une version du Lojong en 7 points avec des indications de plan dans le volume CA, mais sur le site il y a une petite erreur :  NGA est répété deux fois. 
CA correspond donc au second NGA, et le Lojong va de la page 5-485 à la page 5-490

vendredi 11 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 6


Point de vue chronologique

* Selon le Theravada, les 12 liens se répartissent sur trois temps (trois vies), ainsi qu'exposé dans l'Abhidhamma, ou sur une seule vie, selon des érudits tels Buddhadasa.
1- Passé : l'ignorance et les formations  karmiques
2 - Futur : la (re)naissance ; la vieillesse et la mort
3 - Présent : les huit éléments restants, répartis entre résultats du passé : conscience, « nom et forme », sphères, contact et sensation, et conditions d'apparition des éléments appartenant à l'avenir (soif, avidité, devenir).

* Selon le Sarvāstivāda, la conscience étant considérée comme un « support de renaissance » les douze liens se répartissent sur deux vies minimum, trois vies maximum.

Répartition sur deux vies
1 - les liens introducteurs et les liens producteurs
2 - les liens résultants (introduits et produits)

Répartition sur trois  vies
1 - Les liens introducteurs
2 - les liens producteurs
3 - les quatre résultants
NB Entre les liens introducteurs et les liens producteurs, de nombreuses vies peuvent se dérouler, mais elles relèvent d'autres cycles de liens interdépendants.

Les six classes d'êtres du saṃsāra
Trois renaissances défavorables :
- damnés des enfers
- esprits avides (preta)
- animaux
Trois renaissances favorables :
- humains
- demi-dieux (asura)
- dieux (deva)

mercredi 9 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 5


Du point de vue de leur fonction, les 12 liens se répartissent en quatre types
 
-        2 1/2 liens introducteurs : l'ignorance, les karma inducteurs, et en ce qui concerne la conscience, la conscience du moment de la cause.
On compare l'ignorance à celui qui plante les graines et les karmas inducteurs accomplis sous son influence, aux graines en question. Quant au fait de mettre en terre ces graines, cela illustre le fait que soient laissées sur la conscience du moment de la cause les empreintes des karmas accumulés.

-        3 liens producteurs : la soif, l'avidité et le devenir
De même qu'on prend soin des graines avec force eau, engrais, chaleur et humidité, la soif et l'avidité activent le karma de telle sorte qu'il devient capable de générer des résultats.
À l'image de la graine qui, grâce à l'eau, l'engrais, la chaleur, l'humidité, etc., est devenue capable de donner une pousse, activé par la soif et l'avidité, le karma concerné - en tant que devenir - ne peut plus qu'obligatoirement produire les agrégats de la naissance suivante.

-        4 1/2 liens de résultats introduits : la conscience du moment du résultat, le lien du nom et éventuellement de la forme, les bases de connaissance, le contact et la sensation

-        2 liens de résultats produits : la naissance, la vieillesse et la mort
Pousses issues des graines.

lundi 7 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 4


La voie à suivre

Le pratiquant est invité à méditer sur les souffrances génériques du samsara en référence avec les processus générateur et destructeur des douze liens interdépendants.

Sitôt que jaillit en lui le désir de se délivrer du samsara – de même que l'envie d'échapper à sa geôle obsède le prisonnier -, il a réalisé le renoncement. 

Poussé par la volonté de se libérer, il va s'adonner à la voie qui mène à la libération et qui consiste en éthique, concentration et sagesse.

samedi 5 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 3


Du point de vue de leur nature, les 12 liens se répartissent en trois groupes :
les karma, les kleśa (en pāḷi, kilesa) et les souffrances.

Nāgārjuna décrit le processus en ces termes :
À partir des trois, deux surviennent,
Desquels deux, sept naissent. Et des sept
Derechef les trois : c'est la roue de la vie,
Et elle tourne ainsi, encore et encore.
Les premier, huitième et neuvième sont des kleśa ;
Le deuxième et le dixième sont des karma ;
Quant aux sept autres, ils sont souffrances.

L'ignorance, la soif et l'avidité sont tous trois des kleśa (facteurs perturbateurs) et constituent les motivations.
Le karma inducteur et le devenir sont tous deux des karma (physiques et oraux).
Les sept autres liens relèvent de la souffrance, cad ce qui est expérimenté.

Les trois kleśa occasionnent les deux liens des karma à partir desquels se produisent les sept souffrances. Les sept souffrances attisent les trois facteurs perturbateurs, et ainsi de suite, en une ronde continuelle. Voilà pourquoi et comment la roue de la vie ne cesse de tourner, mue par la souffrance.

==> Il est nécessaire de pratiquer une voie capable de juguler ces liens par un processus inverse : en donnant un coup d'arrêt à l'ignorance, mettre un terme aux karma inducteurs, ainsi de suite jusqu'au vieillissement et la mort, de sorte que toutes les souffrances prennent fin.

jeudi 3 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 2

Les 12 liens interdépendants (nidhana)

(En gras, les 8 éléments mentionnés dans les textes les plus anciens.)

1.     Ignorance (avijjā / avidyā)
2.     Formations karmiques (sankhāra / samskāra)
3.     Conscience (viññāna / vijñāna)
4.     Nom et forme (nāma-rūpa)
5.     Bases de connaissance (6 sens) (salāyatana / sadāyatana),
6.      Contact (phassa / sparśa)
7.      Sensation (vedanā)
8.     Soif (tanhā / trisnā)
9.     Avidité (upādāna)
10.   Devenir ( bhava )
11.   Naissance (jāti)
12.   Vieillesse et mort (jarā - marana)

1- L'ignorance [ou non-connaissance]
Aux antipodes de la sagesse, l'ignorance constitue la cause première de l'errance dans le saṃsāra.
L'ignorance est une obscurité comparable à un aveuglement. Elle présente deux aspects : l'obscurité à propos des karma et de leurs effets, et l'obscurité à propos de l'absence de soi inhérent.

2 - Les karmas inducteurs 
Sous l'influence de l'ignorance relative aux karma et à leurs effets, sont accumulés des karma inducteurs défavorables - des démérites.
Sous l'influence de l'ignorance concernant le mode d'être, sont accumulés des karma soit favorables - des mérites -, soit "immuables".

3 - La conscience
NB On distingue la conscience du moment de la cause et la conscience du moment du résultat.
La première est la conscience à l'instant même où est déposée l'empreinte du karma inducteur concerné. La seconde est la conscience à l'instant de la conception en tant que phase de naissance.

4 - "Le nom et (selon le type de naissance) la forme", cad les cinq ou quatre agrégats (skandha)
"Le nom" consiste en la sensation, l'identification, les formations volitionnelles et la conscience.
La forme désigne l'ovule fécondé dans lequel pénètre la conscience puis tout son développement.

5 - Les sphères (ou bases) de connaissance [“ qui génèrent et développent ”]
Il s'agit des six sens, visuel, auditif, etc., en notant que le sens physique et le sens mental existent dès le premier stade embryonnaire.

En cas de naissance spontanée dans les deux mondes inférieurs, le lien du nom et de la forme et le lien des sphères de connaissance se produisent simultanément.
Dans le monde du sans forme (arūpaloka), ne se produisent que le lien du nom et le lien de la faculté mentale (cad que le lien de la forme et le lien des cinq bases relevant de la forme n'y existent pas).

6 - Le contact
Le rôle du lien du contact est d'enregistrer que l'objet est agréable, désagréable ou neutre.

7 - La sensation
Un contact suscite une sensation, agréable, désagréable ou neutre.

8 - La "soif" (attachement portant uniquement sur une sensation)
À l'égard d'une sensation de bonheur surgit la soif sous la forme du désir de ne pas en être séparé.
À l'égard d'une souffrance, la soif se traduit par le désir d'en être séparé ; elle est attachement envers cette séparation.
À l'égard d'une sensation neutre se produit la soif qu'elle ne décline pas.

9 - L'avidité [ou la saisie] (appétence et attachement pour l'objet nés de l'intensification de la soif)
On distingue quatre sortes d'avidité :
-        l'avidité pour les objets des sens : attachement aux objets des sens
-        l'avidité pour les vues : attachement pour les vues mauvaises à l'exception de la vue portant sur "la collection transitoire" des agrégats ;
-        l'avidité pour les fausses éthiques et observances, qui est un attachement à des éthiques et pratiques de bas étage, en relation avec les vues mauvaises ;
-        l'avidité pour l'assertion du moi, qui n'est autre que la saisie conceptuelle d'absolu et qui porte principalement sur la collection transitoire des agrégats.

10 - Le devenir
Une fois qu'une empreinte karmique déposée précédemment sur la conscience par un karma inducteur a été mûrie par la soif et l'avidité, l'empreinte devenue capable de provoquer le corps de la vie suivante est appelée “devenir”.

11 - La naissance
La naissance se produit à l'instant précis de la conception, quand la conscience pénètre dans l'un ou l'autre des quatre lieux de naissance, et ce sous l'impulsion du karma qui a développé le pouvoir de produire une renaissance après avoir été activé par la soif et l'avidité.

12 - La vieillesse et la mort
Consécutivement à la naissance, les liens du vieillissement et de la mort se produisent de manière graduelle.
Par vieillissement, on désigne le processus de transformation progressive et de maturation des agrégats.
Par mort, on entend le rejet, ou encore la destruction d'une certaine chaîne d'agrégats.

Résumé
L'ignorance amène à créer les karma qui s'impriment sur une conscience, produisant les agrégats et les six sens, ce qui permet au contact d'entraîner la sensation, qui suscite la soif puis la saisie, ce qui provoque le devenir, lequel déclenche la naissance, dont découlent a vieillesse et la mort

mardi 1 décembre 2015

La coproduction conditionnée et les 12 liens interdépendants - 1


La coproduction conditionnée décrit l'apparition et la disparition des phénomènes composés en montrant que leur production forme une chaîne, dont le nombre des maillons peut atteindre 12, chaque élément étant condition du suivant. Elle met ainsi en évidence le processus de naissance dans le saṃsāra, ainsi que le processus de libération - car l'objectif est de permettre aux auditeurs d'atteindre la libération par la force de la sagesse.


Pour reprendre la présentation du grand Maître tibétain Pabongkha Rinpoche (1878-1941) dans la Libération  dans la paume de la main (1921) :
À présent, plus particulièrement dans le but de faire naître un profond dégoût envers le saṃsāra, va être exposé comment réfléchir à l'origine de la souffrance et aux inconvénients du saṃsāra au travers des douze liens interdépendants.


Dans le Sūtra de la Pousse de riz, le Bouddha énonce :
Quand ceci est, cela est ;
Ceci apparaissant, cela apparaît.
Quand ceci n'est pas, cela n'est pas ;
Ceci cessant, cela cesse.  


mardi 26 juin 2012

Hiver 2012 : Lamrim transmis par SS le Dalaï Lama

 
The Jangchup Lamrim Teaching Organizing Committee is extremely pleased to announce

Jangchup Lamrim Teachings
by His Holiness the 14th Dalai Lama of Tibet
30 November – approx. 14 December 2012
at Gaden Monastery and Drepung Monastery
continuing in Sera Monastery in late 2013


Merci à CP pour ce lien

lundi 14 janvier 2008

Les grands Lama

On entend souvent ce genre d'expression : C'est un grand Lama. Ce qui laisse à entendre que d'autres lama ne seraient pas si grands... Ce qui, je dois dire, me gêne quelque peu. Car sur quels critères se base-t-on pour de tels jugements ?

Comme on ne va refaire le monde à nous seuls (même les Bouddhas ne peuvent accomplir le bien de celui qui n'y met pas du sien), prenons acte que cette expression existe et essayons de la comprendre.

Un grand Lama, c'est sans doute d'abord un pratiquant et un maître dont les qualités sont tellement évidentes qu'elles éblouissent les êtres ordinaires alentours, pourtant fortement aveuglés par leur ignorance et leurs voiles karmiques (n'oublions pas que, selon le bouddhisme, la perception de chaque être dépend somme toute plus de ses karma que des objets "extérieurs", au point que les cittamatrin nient jusqu'à l'existence des objets extérieurs à l'esprit).
Un grand Lama n'est donc pas obligatoirement un personnage riche ou d'un haut rang social. Souvent, d'ailleurs, il fuit les hochets de la notoriété profane. Pour prendre quelques exemples, citons Dromtönpa, Milarepa ou encore Ensapa.

Un grand Lama est-il toujours un haut dignitaire religieux, supérieur de moult communautés ? Cela peut arriver, quand il le juge nécessaire. Mais c'est loin d'être systématique. Bien des grands Lamas sont des anachorètes "asociaux". Rien de plus normal : ils prennent le contre-pied des conventions de ce bas-monde (ambitions, compétitions, pouvoir politique, richesses matérielles et autres vanités fondées sur l'intérêt personnel).
Notons au passage que tous les grands Lamas ne sont pas des moines - beaucoup sont laïcs. Et il se trouve même des femmes en leur sein (Cf. Machik Labdrön, qui n'est pas une exception unique) !

Quand même, ne peut-on concevoir une hiérarchie, avec par exemple en un le Dalaï lama, en deux le Panchen Lama, etc. ?
Ce genre de hiérarchie existe ô combien, mais elle n'a de valeur que politique. Rien ne la justifie sur le plan spirituel : qu'est-ce qui permettrait d'affirmer qu'un Bouddha l'emporterait sur l'autre ? Idem pour leurs émanations. Car des émanations d'Avalokiteshvara, c'est qu'il y en a beaucoup, outre les Dalaï lama et les Karmapa.

De toute façon, pour le pratiquant, le Lama le plus important est son propre Maître, et personne d'autre.

Toute société éprouvant le besoin de règles et d'un cadre structuré, il était cependant inévitable que les Tibétains établissent une hiérarchie parmi les lama, en mettant au sommet ceux qui sont le plus en vue, c'est-à-dire ceux qui, au cours de l'histoire, ont eu le plus de contacts avec les gouvernants chinois ou mongols.
Chacun sait que le titre "dalaï lama" est d'origine mongole et a été décerné au 3ème du nom par le grand Khan de l'époque, lequel avec largesse a englobé les deux prédécesseurs immédiats.

Lors d'une cérémonie dans un temple tibétain, comment sont placés les lama (sauf quand exceptionnellement un Maître de caractère du genre de Dagpo Lama Rinpoche ou Tag-ri Rinpoche imposent l'application scrupuleuse des règles du Vinaya).
Les lama sont classés enfonction de cinq catégories :
1. Les rgyal sprul : incarnations de rois du Tibet.
2. Les ho thog thu : incarnations d'empereurs mandchous, de Dalaï lama et de Panchen Lama.
3. Les tshogs chen sprul sku
(les tulkou de la grande assemblée, c'est-à-dire du monastère entier tous collèges confondus) : lama réincarnés qui ont obtenu du gouvernement (contre le versement d'offrandes matérielles aux membres dudit gouvernement) le privilège d'être intronisés dans le temple principal du monastère, et non pas dans le temple d'un des collèges (comme c'est le cas des grva tshang sprul sku). Dans certains collèges comme Drepung Loseling, la hiérarchie interne parmi les tshogs chen sprul sku est basée sur le montant des dons effectués par le lama lors de son intronisation.
4. Les Khri sprul : incarnations de Ganden Tripa (le rang qui leur est concédé démontre assez clairement que les critères retenus ne sont guère d'ordre spirituel).
5. Les mkhan sprul : incarnations d'abbés, notamment d'abbés des trois "piliers" : Sera, Drepung et Ganden (même remarque que ci-dessus).

mardi 4 septembre 2007

Kullu août 2007

Nous voici, hélas, de retour, après trois semaines à Dagpo Datsang, connu aussi sous le nom de Lamrim Datsang : le collège monastique du Lamrim.

Comment décrire ces précieuses journées passées au sein de l'accueillante et chaleureuse communauté de Kais ? A l'intention des moines du collège auxquels s'étaient joints quelques autres religieux et laïcs tibétains, nos deux groupes de France et d'Asie (80 personnes environ) et même quelques amis Indiens de Bangalore, l'extraordinaire Maître du Lamrim qu'est Dagpo Rinpoche a transmis "La Libération suprême entre nos mains", enseignement naguère énoncé par le grand Pabongkha Rinpoche (en 1921) et mis par écrit par son disciple principal, Kyabje Trijang Rinpoche (Tuteur junior de S.S. le 14ème Dalaï Lama).

"La Libération suprême entre nos mains" est une présentation assez volumineuse des étapes de la voie qui culmine en l'Eveil de Bouddha. Le texte est en langue moderne, agrémentée d'un style alerte, vivant et coloré. Les explications, claires et précises, sont illustrées par maintes citations et anecdotes puisées tant dans la tradition orale que les ouvrages canoniques, philosophiques ou autres. Le but ? Faire comprendre, bien sûr, mais aussi (et peut-être surtout) toucher et imprégner, transformer, "faire tilt" en quelque sorte. L'important n'est-il pas d'opérer des prises de conscience capables d'entraîner de profonds changements intérieurs, avec leur lot de répercussions sur les comportements extérieurs ?

Rimpoche n'a pas lésiné sur les moyens. Au lieu de répartir la transmission sur deux étés comme il l'avait initialement envisagé, il a préféré la donner d'un coup cette année. Le rythme en a été accéléré. Et quelle densité ! Quelle puissance ! Le Maître est le médecin, qui diagnostique les maladies et met au grand jour les défauts. Personne n'a été oublié. Les lamas, les moines, les nonnes, les laïcs, les Tibétains, les Asiatiques, les Occidentaux, les Français, les petits, les grands, tout le monde en a pris pour son grade. Entre autres effets, cela a cimenté le groupe. Les petits moines nous ont regardés d'un autre œil : de donateurs lointains et éthérés, nous sommes devenus des élèves du même Maître, réprimandés et rappelés à l'ordre comme eux. Certes, ceci n'est que ma propre impression. Vous aurez autant de récits que de participants.

Les enseignements n'ont pas été seulement théoriques. Nous-mêmes avons bénéficié des meilleures conditions : hébergement confortable (oui, d'accord, certaines chambres étaient infestées de puces, et les amis qui logeaient au village ont cohabité avec des scorpions – petits- et une tarentule : il fallait bien un peu d'exotisme) ; repas excellents (trop à l'occidentale à mon goût, mais trop épicés selon d'autres ; comme l'a souligné Rimpoche en public, les Français ne sont jamais contents…) ; températures tout à fait supportables, voir fraîches certains matins ; pluies tombant la nuit ou durant les sessions d'enseignement. Bref, une organisation irréprochable. MAIS les explications de Rimpoche étaient corroborées par les nouvelles du monde.

Dès le 5, nous avons su que nous aurions beaucoup de place dans le temple : le groupe de moines qui voulait venir du Mön était bloqué, les routes s'étant effondrées suite à des pluies violentes. Le 6 en début d'après-midi, nous avons été pris d'inquiétude quand nous avons appris que l'un de nos amis de l'Institut avait attrapé une méningite à l'autre bout du monde. Il était dans le coma, en grand danger de mort. Le temps de demander des prières pour lui (avec succès : notre malade est rentré et a même repris le travail) et nous organisions une collecte : à nouveau, des trombes d'eau s'étaient abattues sur le Mön, détruisant des maisons et faisant des victimes. Plusieurs moines de Dagpo Datsang venaient de perdre un proche – une mère, un frère. Ensuite, certains d'entre nous qui devaient reprendre le chemin du bureau sitôt leur retour au pays ont décidé d'anticiper leur rapatriement sur Delhi, de peur de rater leur avion : les bus, qui mettent normalement 12 heures entre Kullu et la capitale, peinaient dans la boue et les gués contournant les ponts endommagés, au point de traîner 19 à 20 heures, le record par nous connu s'élevant à 30 heures. Pour un trajet d'environ 550 kilomètres. Je vous laisse calculer la moyenne , mais nous commencions à nous demander si nous n'irions pas plus vite à pied. Ou en charrette à foin. Le problème, c'étaient les valises.

Le dimanche 19, rupture dans le programme. Le matin, Rinpoche confère une initiation du Bouddha de médecine puis une initiation de longue vie de Tara blanche. Les gens des alentours affluent au monastère par centaines et se bousculent pour recevoir la bénédiction. Mais l'après-midi, pour les questions-réponses, le temple est redevenu spacieux. Alors que la quasi-totalité des questions lui sont adressées, Rinpoche passe le micro à Guru Rinpoche et à Gen Lochö-lags (Lochen Rinpoche a quant à lui prudemment refusé de prendre place dans les fauteuils en face de l'assistance), quitte à ajouter ensuite une explication complémentaire. Cela nous permet de découvrir que les lycéens tibétains s'interrogent sur ce que la pratique du bouddhisme pourrait leur apporter au quotidien : si le Dharma a pour finalité de préparer les vies suivantes, serait-ce qu'il ne servirait à rien dans l'immédiat ? Non, répond sobrement Rinpoche. La pratique se préoccupe principalement de ce qui dépasse les limites de la seule vie actuelle, mais elle a bien évidemment des répercussions sur la vie en cours.

Ce qu'il faut comprendre (et ce n'est pas si facile), c'est qu'un pratiquant bouddhiste est censé de ne plus attacher une importance capitale et exclusive aux circonstances de cette vie (confort, richesse, notoriété, pouvoir, prestige, etc.). En revanche, il devrait déployer toute son énergie pour obtenir les réalisations spirituelles (amour, compassion, sagesse, etc.) le plus vite possible. L'idéal serait de devenir Bouddha dès cette vie ; à défaut, aryabodhisattva ; à défaut bodhisattva ; à défaut il faudrait se hisser à un niveau spirituel dit "sécuritaire" pour ne plus avoir grand chose à craindre du samsara. Au strict minimum, il importe d'observer une éthique suffisamment pure pour, au sortir de cette vie, ne pas chuter dans les sphères infortunées mais reprendre une naissance favorable. Pas n'importe quelle renaissance favorable. Une qui permette de reprendre le cheminement spirituel de manière à continuer à avancer sur la voie jusqu'à obtenir l'état de Bouddha. Ceci suppose d'ajouter à l'éthique la mise en œuvre des cinq autres vertus cardinales : générosité, patience, enthousiasme, concentration et sagesse. En outre, il faut prendre soin de judicieusement orienter les effets des six vertus en formulant des vœux et prières qualifiés de "purs" en ce sens qu'ils ne sont pas entachés par le moindre intérêt pour la seule vie présente. Sinon, faute de vœux adéquats, la générosité ou la patience par exemple donneront peut-être de bons résultats, mais très limités. Pourquoi avoir écrit "peut-être" ? Parce que des vertus qui ne sont pas "protégées" par une motivation et une dédicace puissantes et de grande envergure (en vue d'obtenir la libération ou mieux, l'état de Bouddha) sont exposées à être anéanties ou en tout cas endommagées par la colère, la jalousie, l'orgueil ou encore les vues fausses par lesquels on se laisserait dominer.

Puissent tous les mérites accumulés à Kullu au mois d'août, mêlés à tous les mérites accumulés par tous les êtres au cours des trois temps, contribuer à la pérennité de l'Enseignement, à la longue vie des Maîtres et au bonheur de tous les êtres.