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samedi 23 novembre 2024

Enseignements de Dagpo Rinpoche en français

 Les plus récents parus aux Éditions Guépèle, en langue française 

(Traductions orales de Marie-Stella Boussemart, 
mises en forme par une équipe d'élèves de Rinpoche)




samedi 16 novembre 2024

Les quatre vérités vues par les arya

Sources :
Sutra des quatre vérités des arya
Enseignements du Vénérable Dagpo Rinpoche sur la base d’un traité de Gunthang Könchok Tenpai Drönmé.

 

Vérité de la souffrance : les phénomènes souillés qui naissent à partir de leurs causes, lesquelles causes étant les karma et les facteurs perturbateurs.

 

Vérité de l’origine : les karma et les facteurs perturbateurs qui génèrent la vérité de la souffrance, qui constitue leurs résultats

 

Vérité de la cessation : cessation issue de l’analyse qui élimine les voiles qui constituant les les objets d’abandon - le chemin ininterrompu que cela permet d’obtenir.

Cessation issue de l’analyse qui est susceptible de rejeter les voiles lui correspondant à ce stade du sentier ininterrompu[1] qu’il lui permet alors d’obtenir.

 

Vérité de la voie : la voie des arya qui inclut les moyens directs et indirects permettant d’obtenir ou encore d’actualiser la Vérité de la cessation. « Directe », cela désigne ce dont on vient de parler, c’est-à-dire le sentier sans obstacles qui stoppe le pan des voiles consistant en la saisie du soi acquise et manifeste. « Indirecte », c’est-à-dire tout ce qui n’étant pas forcément ce chemin sans obstacles va y contribuer d’une manière ou d’une autre. Donc, d’une manière plus générale, pour simplifier, on peut dire que ce que l’on entend par Vérité du chemin, ce sont toutes les connaissances et qualités du continuum mental des arya.

 

Première vérité, de la souffrance

  1. Impermanence
  2. Nature de souffrance
  3. Être vide

D’une part, vide d’un soi qui serait comme le créateur ou encore l’auteur du monde, etc.

D'autre part, vide d’une existence ne dépendant de rien, d’une existence en soi.

  1. Non-soi (anatta)

 

Deuxième vérité, de l'origine

  1. Cause
  2. Origine
  3. Source (production)
  4. Condition

 

Troisième vérité, de la cessation

  1. Cessation
  2. Apaisement (paix)
  3. Excellence
  4. (Libération/délivrance) irréversible (« renoncement » : se sortir à tout prix de…)

 

Quatrième vérité, du chemin

  1. Voie
  2. Connaissance
  3. Réalisation / accomplissement) ; « demeure » (sur l'objet : non-soi)
  4. Ce qui libère, ce qui délivre

Les 4 vues fausses ainsi contrées

 

Vérité de la souffrance

-       Voir comme propres des choses qui ne sont pas propres.

-       Voir comme étant bonheurs des choses qui ne sont pas bonheurs, qui sont souffrances.

-       Voir comme permanentes et éternelles des choses qui ne sont ni permanentes ni éternelles.

-       Saisie du soi.

 

Vérité de l’origine vues fausses[2]  :

- soit considérer qu’il n’y a pas du tout de causes,

- soit admettre des causes qui sont en fait insuffisantes ou incompatibles (pas valides).

  1. Estimer qu’il n’y a aucune cause à la souffrance.
  2. Estimer qu’il y aurait en tout et pour tout une seule cause, unique, permanente.
  3. Estimer que la cause serait fondamentalement permanente, mais que momentanément elle pourrait être changeante.
  4. Estimer que cela serait du ressort de la volonté, ou de la pensée, d’un dieu créateur tel qu’Ishvara.

 

Vérité de la cessation

1. Nier toute possibilité de libération.

2. Confondre la libération avec des phénomènes souillés, par ex imaginer la libération comme une sphère supérieure décrite comme un grand parasol blanc (un peu comme un paradis) (gSal byed pa).

3. Imaginer que la libération est atteinte une fois le soi (indépendant et permanent) isolé des reliquats de composantes grâce à la méditation (Samkhya).

4. Estimer qu'il est possible, grâce à la méditation, d'obtenir une libération momentanée (mais pas irréversible).

 

Vérité de la voie

1. Estimer qu’il n’existe pas de voie de libération ;

2. que la sagesse comprenant le non-soi, loin d’être une voie excellente, constitue une voie mauvaise ;

3. qu'il existe des voies de libérations supérieures à la sagesse comprenant directement le non-soi, comme par exemple entrer dans le mandala d'Ishvara et recevoir les instructions afférentes ; ou encore s’installer en méditation au milieu de cinq brasiers enflammés, etc. ;

4. que, même si l’on médite la sagesse comprenant le non-soi, en aucun cas cela ne pourrait permettre d’éliminer définitivement la souffrance.

 



[1] Cf. Chemins ininterrompus et de la délivrance qui se succèdent lors des chemins de la vision et de la méditation au fur et à mesure des éliminations des voiles à rejeter.

 

[2] gSal byed pa ; Rig pa can (Nayayika) ; rGyang 'phen pa (Carvaka) ; Grangs can pa (Samkhya)

dBang phyug (Ishvara)

jeudi 14 mars 2024

Jouer le bon sens contre la susceptibilité ?

 L'époque est morose. 

Comment renforcer le bon sens et surmonter la susceptibilité ? 


C'est sûrement possible. Même de nos jours !

Si on cherche dans les outils du bouddhisme, sans doute que des réflexions et méditations portant - par exemple (liste non exhaustive) - sur l'impermanence, la loi de causalité, ou encore le non-soi, ou l'autochérissement, la bienveillance des autres êtres à notre égard, la gratitude envers eux, cela pourrait aider un peu.

La patience aussi, sans doute.

dimanche 13 août 2023

Aller à l'essentiel

 Atisha énonce :

Cette vie est courte et les connaissables sont innombrables.

Dans l’ignorance de notre durée de vie restante,

De même que le cygne extrait le lait de l’eau,

Accomplissons en priorité nos objectifs suprêmes.

 

 

མཉམ་མེད་ཇོ་བོ་ཆེན་པོས། ཚེ་འདི་ཡུན་ཐུང་ཤེས་བྱ་རྣམ་གྲངས་མང༌། །ཚེ་ཡི་ཚད་ཀྱང་ཇི་ཙམ་མ་ཤེས་པས། །ངང་པས་ཆུ་ལས་འོ་མ་ལེན་པ་ལྟར། །རང་གི་འདོད་པ་དང་པོར་བླང་བར་གྱིས།

lundi 3 juillet 2023

RIP Graeme Allwright La réponse est soufflée par le vent

Une très belle version de la célèbre chanson de Bob Dylan



Sur combien de chemins un homme doit-il marcher
Avant de devenir sage ?

Combien de mers la colombe doit-elle survoler
Avant de dormir sur la plage ?
Et combien de bombes vont encore exploser
Avant que ne cesse le carnage ? 
[variante : Avant que ne s'arrête le carnage]

La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent


Combien d'années une montagne peut-elle exister
Avant de disparaître dans la mer ?
Et combien d'années des peuples peuvent-ils exister
Avant qu'on ne leur rende leurs terres ?

Et combien de fois un homme peut-il détourner la tête
Et prétendre ne pas voir la misère ?


La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent

Combien de fois un homme peut-il lever la tête
Avant de voir le soleil ?

Et combien de temps avant qu'il n'entende
Les cris des peuples affamés ?
Et combien de temps avant de comprendre
Qu'il y a eu trop d'êtres sacrifiés ?


{x2:}
La réponse, mon ami, est soufflée par le vent
La réponse est soufflée par le vent

vendredi 11 novembre 2022

La mort n'est pas la fin de tout

Thich Nhat Hanh dans « L’autre rive » (Parallax 2017)

J'ai demandé à la feuille si elle avait peur parce que c'était l'automne et que les autres feuilles tombaient.

La feuille m'a répondu : 
"Non. Pendant tout le printemps et l'été, j'étais très vivante. J'ai travaillé dur pour aider à nourrir l'arbre, et maintenant une grande partie de moi est dans l'arbre. Je ne suis pas limitée par cette forme. Je suis aussi l'arbre tout entier, et quand je retournerai au sol, je continuerai à nourrir l'arbre. Je ne m'inquiète donc pas du tout. Lorsque je quitterai cette branche et que je retournerai à la terre, je ferai signe à l'arbre et lui dirai : "Je te reverrai très bientôt".
 
Ce jour-là, un vent soufflait et, au bout d'un moment, j'ai vu la feuille quitter la branche et flotter jusqu'au sol, en dansant joyeusement, car en flottant, elle se voyait déjà là dans l'arbre. C'était si joyeux. 
J'ai incliné la tête, sachant que j'avais beaucoup à apprendre de la feuille.
 

mardi 24 mai 2022

RIP Kyabjé Rato Khyongla Rinpoche


Kyabjé Rato Khyongla Rinpoche, affectueusement surnommé Blue jean Rinpoche par ses disciples américains, a dispensé ce matin un enseignement sur l'impermanence en cessant de respirer à Dharamsala (Inde). Il avait près de 100 ans.

Que faire quand un grand Maître décide de quitter un support physique ?

Il est recommandé de formuler des prières pour que les vœux et souhaits du Maître s'accomplisse, pour qu'il revienne vite sous une forme que nous puissions à nouveau rencontrer et qu'il poursuive son activité d'enseignement.

Outre les prières, afin d'établir les causes et conditions leur permettant de se réaliser, il importe de mettre en pratique du mieux possible les instructions dispensées par le Maître, à savoir pratiquer les étapes de la voie menant à l'Éveil suprême de Bouddha, pour le bien de tous les êtres. 

Devenir Bouddha suppose d'unir "la méthode et la sagesse", en d'autres termes de réaliser les trois principes du chemin : le renoncement, l'esprit d'Éveil et la compréhension du non-soi.


mardi 3 mai 2022

Quatre perceptions nocives

Selon le Dharma, la racine du samsara, c'est-à-dire de notre mode d'existence imparfait et sujet à la souffrance, est l'ignorance, essentiellement sous la forme de saisie d'un soi inhérent là où il y a un soi, mais relatif.

De manière plus générale, l'ignorance se manifeste sous de multiples formes, mais au sein des perceptions erronées, quatre sont particulièrement néfastes, quotidiennement :

1 - Percevoir comme permanent ce qui est impermanent.

2 - Percevoir comme du bonheur ce qui est souffrance.

3 - Percevoir comme propre ce qui ne l'est pas.

4 - Percevoir un soi inhérent là où il n'y a que vide de tout soi inhérent.

lundi 20 décembre 2021

Les Enseignements du Père et des Fils Kadam Pachö P'uchö


 བཀའ་གདམས་ཕ་ཆོས་བུ་ཆོས་

Traduction en anglais de précieux Enseignements des Maîtres kadampa, 

principalement Atisha et Domtönpa


The Kadam school of Tibetan Buddhism emerged in the eleventh century from the teachings of the Indian master Atisa and his principal Tibetan student, Dromtonpa. 

Although it no longer exists as an independent school, Kadam's teachings were incorporated into the four major schools of Tibetan Buddhism and are still prized today for their unique practical application of the bodhisattva's altruistic ideal in everyday life. One of the most cherished teachings stemming from Atisa and Dromtonpa is the collection of esoteric oral transmissions enshrined in The Book of Kadam. 

This volume includes the core texts of the Book of Kadam, notably the twenty-three-chapter dialogue between Atisa and Dromtonpa that is woven around Atisa's Bodhisattva's Jewel Garland, as well as complementary texts that illuminate the history and practices of the Kadam tradition.

samedi 4 décembre 2021

RIP Monsieur Pierre Rabhi

 

L'écrivain et philosophe Pierre Rabhi, cofondateur du mouvement Colibris, est mort, samedi 4 décembre, à l'âge de 83 ans. 
 

 

mardi 23 novembre 2021

Le temps

 Poème trouvé sur Internet



Du vieillissement

 Texte trouvé sur Internet

"La vieillesse", décrite par Philippe Noiret (décédé le 23 novembre 2006)
 
Il me semble qu'ils fabriquent des escaliers plus durs qu'autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd'hui, je ne peux en prendre qu'une seule.
A noter aussi les petits caractères d'imprimerie qu'ils utilisent maintenant. Les journaux s'éloignent de plus en plus de moi quand je les lis : je dois loucher pour y parvenir. L'autre jour, il m'a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.
Il est ridicule de suggérer qu'une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix - ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien.
Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n'avais jamais remarquée avant.
En outre, les trains partent plus tôt. J'ai perdu l'habitude de courir pour les attraper, étant donné qu'ils démarrent un peu plus tôt, quand j'arrive.
Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille.
Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre.
Le temps lui-même, change. Il fait froid l'hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n'était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j'essaie de la déblayer. Les courants d'air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd'hui.
Les gens sont plus jeunes qu'ils n'étaient quand j'avais leur âge.
Je suis allé récemment à une réunion d'anciens de mon université, et j'ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu'ils ont l'air plus poli que nous ne l'étions ; plusieurs d'entre eux m'ont appelé monsieur ; il y en a un qui s'est offert à m'aider pour traverser la rue.
Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce que l'on est convenu d'appeler un certain âge, mais est-ce une raison pour que mes camarades de classe avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée ?
Au bar de l'université, ce soir-là, j'ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu'il ne m'a pas reconnu. 
 

mardi 27 juillet 2021

Question de point de vue

À quoi bon s'injurier ou pire, s'entretuer, alors que les opinions sont "absolument" relatives !...


Exemple :


mardi 13 juillet 2021

Dharamsala inondée

 12 juillet 2021


Les pluies torrentielles de mousson ont déclenché des crues éclair dans l'Etat de Himachal Pradesh, à Dharamsala, lundi matin. 

Dharamsala a enregistré une précipitation de 119 mm.

Au moins deux morts et dix disparus.

Chökhor Duchen

ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ cette année le 14 juillet

 C'est à Sarnath, au Parc des gazelles, que jadis le Bouddha Shakyamouni mit en mouvement, pour la première fois, la Roue du Dharma,  en enseignant Le Soutra des Quatre Vérités des "nobles", socle et quintessence de l'Enseignement qu'il dispensa jusqu'à sa mort 45 ans plus tard.

"Ceci est la vérité de la souffrance des aryas (cad telle que vue par les arya - les "nobles")."
"Ceci" désigne ici nos agrégats constitutifs, à nous êtres imparfaits, à savoir notre corps et notre esprit conditionnés par nos facteurs perturbateurs (ignorance en tête) et les karma que nous accumulons sous leur emprise.
-> un corps et un esprit encore et toujours affectés par les facteurs perturbateurs ne peuvent qu'être "de la nature de la souffrance", cad soumis à la souffrance, sous ses différentes formes.
C'est la "vérité", ou encore la "réalité", que voient les arya, les êtres qui ne sont plus "ordinaires" car ils ont désormais la compréhension directe du non soi (absence de nature propre des choses).

"Ceci est la vérité de l'origine" de la souffrance des arya."
"Ceci" désigne cette fois nos facteurs perturbateurs (alias klesha : ignorance, attachement, aversion, et leurs cohortes) + les karma accumulés sous leur coupe

"Ceci est la vérité de la cessation" de la souffrance des arya."
 Si telle est la situation présente, ce n'est pas irrémédiable. On peut s'en sortir.

"Ceci est la vérité du chemin" menant à la cessation de la souffrance des arya."
 Comment s'en sortir ?
Grâce aux trois instructions (ou encore entraînements) supérieures - de l'éthique, de la concentration, de la sagesse.
Les trois s'entraident et se confortent mutuellement. Cependant, la base nécessaire consiste en l'éthique.

mercredi 30 juin 2021

Corneille et l'impermanence

Merci à DP qui m'a envoyé ce pastiche (pardon Corneille), bon support de méditation sur les maux du samsara : 
l'impermanence qui concerne tant les jeunes que les vieux, les hauts et les bas, les "certitudes" erronées et autres attentes vaines.

Ô rage, ô désespoir, ô virus ennemi,  

Ai-je donc tant vécu pour voir la maladie  

Envahir la planète, gagner chaque pays,  

Et nous mettre à genoux en bouleversant nos vies ?  

 

Monde qui te croyais si fort si victorieux,  

Soudain tu t’arrêtas, fébrile, infectieux,  

Te pliant à la loi d’un virus malicieux  

S’attaquant tour à tour aux jeunes et aux vieux !  

 

Ô cruel souvenir de notre vie passée,  

Bonheur de tant de jours en un jour effacé,  

Nouvelles dispositions pour la vie confinée,  

Précipice élevé d’où tombe l’humanité !  

 

Faut-il d’ores et déjà voir triompher le mal  

Et mourir en silence au fond d’un hôpital ?  

À l’heure où le progrès nous paraissait normal,  

Force est de constater que la chute est brutale.  

 

Et vous, par vos exploits glorieux médecins,  

Infirmières, soignants qui du soir au matin  

vous donnez corps et âmes pour sauver le prochain,  

Remerciés aujourd’hui, le serez-vous demain ?  

 

Et toi, microscopique qui veut détruire nos vies,  

Cherchons, luttons sans cesse pour que tu sois détruit !  

Va, quitte désormais le grand ou le petit,  

Par la main de la Science à qui l’on te confie ! 

jeudi 20 mai 2021

Rip Professeur Mitiku Belachew

"Le berger devenu chirurgien", 

considéré comme le seigneur de l'anneau (gastrique), est décédé 

le 14 avril 2021 dans sa 79ème année.

 

 

Ethiopie, Mitiku Belachew, le berger devenu chirurgien

https://www.rtbf.be › lapremiere › emissions › accueil › ar...
14 juin 2019 — Devenu citoyen belge, il n'a jamais renié ses origines. A l'apogée de sa vie professionnelle le Professeur Mitiku Belachew décide d'investir ...


vendredi 9 avril 2021

De l'impermanence

Une charogne

de Charles Baudelaire

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Le ventre en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un œil fâché,
épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!

mercredi 17 février 2021

Précieux conseil d'Atisha (982-1054)

La vie est courte, et les connaissables innombrables.

Dans l’ignorance de la durée restante de vie,

De même que le cygne extrait le lait de l’eau,

Accomplissons en priorités nos objectifs suprêmes.

 

མཉམ་མེད་ཇོ་བོ་ཆེན་པོས།

        ཚེ་འདི་ཡུན་ཐུང་ཤེས་བྱ་རྣམ་གྲངས་མང༌། །

        ཚེ་ཡི་ཚད་ཀྱང་ཇི་ཙམ་མ་ཤེས་པས། །

        ངང་པས་ཆུ་ལས་འོ་མ་ལེན་པ་ལྟར། །

        རང་གི་འདོད་པ་དང་པོར་བླང་བར་གྱིས། །

Donner un sens à sa vie

Selon le septième Dalaï Lama, Gyelwa Kelsang Gyatso,
    Depuis notre naissance, sans avoir la liberté de nous reposer même un instant,
    Nous courons à grande vitesse à la rencontre de Yama, le Seigneur de la mort.
    Bien que nous disions être vivants, nous sommes en fait sur la grande route de la mort ;
    C'est la triste image d'un condamné traîné à l'échafaud.

Le temps passe et il ne peut s’interrompre, fût-ce un instant. 
Oui, nous sommes vivants, pour le moment, mais nous courons de toutes nos forces sur le chemin qui nous mène d'une manière inéluctable à la mort. 

Autant dire qu'il vaudrait mieux ne pas gaspiller notre temps, et plutôt tâcher de tirer la quintessence de la précieuse vie humaine dont nous disposons, temporairement.

Que faire de notre vie ? Les réponses sont nombreuses et variées. 
Le point convergent est que, tant qu'à faire, mieux vaudrait faire en sorte qu'elle soit aussi heureuse que possible, et de préférence utile.

Pour un bouddhiste, donner un sens à sa vie suppose d'abord de s'adonner à l'étude, à la réflexion et à la méditation, de manière à prendre la maîtrise de lui-même. Puis de se consacrer à l'accomplissement du bien d'autrui.

Les moyens ? 
Les bouddhistes les trouvent dans l'Enseignement du Bouddha, et plus particulièrement dans les lamrim, qui exposent la voie des trois types de pratiquants, d'une manière claire et directement utilisable.