Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
samedi 20 juin 2026
lundi 13 novembre 2023
De l'objectivité
Vidéo fort intéressante postée par Musée des Confluences le 17 mars 2022
Conférencier : Monsieur Yves Rossetti, enseignant-chercheur à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et membre du Centre de recherche en neurosciences de Lyon
Thème : Le monde est-il vraiment tel que nous le voyons ? Grâce à des illusions d’optique étonnantes, cette rencontre scientifique vous livrera quelques secrets sur notre cerveau, la manière dont nos capacités de perception se construisent à partir de notre expérience personnelle, et combien cela affecte notre relation à l'autre...
Du point de vue du bouddhisme
Si vous avez eu l'occasion d'étudier les quatre systèmes philosophiques bouddhistes (et leurs branches), c'est amusant de comparer les approches : les explications respectives sont-elles convergentes ou divergentes ? En tous points ?
mercredi 19 juillet 2023
Dr Tenzin Choedrak
Les "anciens" ont eu le plaisir de rencontrer le Dr Tenzin Choedrak en France, en Inde ou ailleurs.
Pour en savoir plus, Cf. sa biographie Le Palais des arcs-en -ciel.
dimanche 11 décembre 2022
Éducation adaptée au contexte
De l'importance de l'esprit critique
samedi 4 décembre 2021
RIP Monsieur Pierre Rabhi
mercredi 18 août 2021
Ambassadeurs en herbe 2021
En cette période troublée, il est réconfortant d'écouter des jeunes gens qui illustrent à nouveau que la valeur n'attend pas le nombre des années.
Voici les prestations de deux lycéens du Lycée Pasteur, São Paulo (Brésil).
mardi 27 juillet 2021
Chat dépend du point de vue
Une opinion - même scientifique, même médicale - dépend de tant de paramètres...
Comment la prendre pour "la Vérité absolue" ? Et pourquoi ?
Exemple
À cœur vaillant rien d'impossible
Le bouddhisme (comme d'autres traditions) évoque des périodes troublées qualifiés de temps de dégénérescence.
Les signes ? Eh bien, il y en aurait de cinq sortes :
1) Déclin de l'espérance de vie.
3) Décadence des êtres, par exemple de leur état de santé, de leur charisme, etc.
4) Décadence de l'époque, avec multiplication des épidémies, des famines, des catastrophes (plus ou moins) naturelles, des guerres et autres conflits.
5) Décadence des vues et opinions valides, en parallèle du renforcement des vues extrêmes (et extrémistes).
Néanmoins, du point de vue d'un pratiquant du Dharma, il est possible de tirer son épingle du jeu (si j'ose dire), en transformant les conditions a priori défavorables en atouts pour une pratique plus puissante et plus rapide.
mardi 6 juillet 2021
De l'interdépendance entre la nature et les êtres
Merci au centre Kalachakra de Paris pour ce beau poème.
mercredi 30 juin 2021
Corneille et l'impermanence
Ô rage, ô désespoir, ô virus ennemi,
Ai-je donc tant vécu pour voir la maladie
Envahir la planète, gagner chaque pays,
Et nous mettre à genoux en bouleversant nos vies ?
Monde qui te croyais si fort si victorieux,
Soudain tu t’arrêtas, fébrile, infectieux,
Te pliant à la loi d’un virus malicieux
S’attaquant tour à tour aux jeunes et aux vieux !
Ô cruel souvenir de notre vie passée,
Bonheur de tant de jours en un jour effacé,
Nouvelles dispositions pour la vie confinée,
Précipice élevé d’où tombe l’humanité !
Faut-il d’ores et déjà voir triompher le mal
Et mourir en silence au fond d’un hôpital ?
À l’heure où le progrès nous paraissait normal,
Force est de constater que la chute est brutale.
Et vous, par vos exploits glorieux médecins,
Infirmières, soignants qui du soir au matin
vous donnez corps et âmes pour sauver le prochain,
Remerciés aujourd’hui, le serez-vous demain ?
Et toi, microscopique qui veut détruire nos vies,
Cherchons, luttons sans cesse pour que tu sois détruit !
Va, quitte désormais le grand ou le petit,
Par la main de la Science à qui l’on te confie !
jeudi 24 juin 2021
Bochure Prévention des maladies de la peau des jeunes enfants
Après le succès d'une campagne de sensibilisation des maladies de la peau auprès des parents au sein des crèches municipales et associatives à Rennes, en 2018,
reconnaître les maladies les plus fréquentes
éviter les maladies qui sont évitables
traiter facilement les maladies pour lesquels des traitements sans ordonnance sont disponibles
Les objectifs à travers la distribution de ce livret sont nombreux :
Donner aux parents et au personnel de la petite enfance les clés pour prévenir, soigner les problèmes de peau des jeunes enfants,
Désengorger les cabinets de dermatologie (des verrues notamment),
Autonomiser les patients, faire d’eux des « actients »,
Raccourcir les délais de RDV pour les pathologies urgentes/graves (cancer de la peau...), et améliorer ainsi leur propre pronostic.
Contact : Boussemart Lise <lise.boussemart@chu-nantes.fr>
jeudi 20 mai 2021
Rip Professeur Mitiku Belachew
"Le berger devenu chirurgien",
considéré comme le seigneur de l'anneau (gastrique), est décédé
le 14 avril 2021 dans sa 79ème année.
Ethiopie, Mitiku Belachew, le berger devenu chirurgien
mardi 24 novembre 2020
Existe-t-il une réalité extérieure à l'observateur ?
Toujours dans le cadre du partage, un grand merci à D. B. qui m'a envoyé ce lien,
Thème
La théorie quantique est-elle compatible avec l’existence d’une réalité objective, indépendante de l’observateur ? Quel est le problème entre la mesure et la réalité ? Comment la mesure de l’observateur influe-t-elle sur la réalité ? La réalité existe-elle en dehors de l’observation ?
dimanche 1 novembre 2020
Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs 1888
La Lettre aux instituteurs et aux institutrices, de Jean Jaurès (1859-1914)
publiée dans la Dépêche de Toulouse le dimanche 15 janvier 1888
« Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté (-> fermeté) unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.
Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! - Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.
J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.
Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.
J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.
Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !
Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.
Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.
Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. »
samedi 25 avril 2020
Un bienfait n'est jamais perdu
Un jour, alors qu'il tentait de gagner la vie de sa famille, il entendit un appel au secours provenant d'un marécage proche. Il laissa tomber ses outils, y courut et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu'à la taille dans le marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer. Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort lente et cruelle.
Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme. Un notable, élégamment vêtu, en sortit et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.
Je veux vous récompenser, dit le notable. Vous avez sauvé la vie de mon fils.
"Non, je ne peux accepter de paiement pour ce que j'ai fait", répondit le fermier écossais.
À ce moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane.
"C'est votre fils ?" demanda le notable.
" Oui !", répondit fièrement le fermier.
"Je vous propose un marché. Permettez-moi d'offrir à votre fils la même éducation qu'à mon fils. Si le fils ressemble au père, je suis sûr qu'il sera un homme duquel tous deux nous serons fiers".
Et le fermier accepta.
Le fils du fermier Fleming suivit les cours des meilleures écoles et fut diplômé de l'école de Médecine de l'Hôpital Sainte-Marie-de-Londres. Il consacra sa vie à l'art de la médecine au point d'être connu du monde entier. Le Dr Alexander Fleming a en effet découvert la pénicilline.
Des années plus tard, le fils du notable jadis sauvé du marécage eut une pneumonie. Qui lui sauva la vie cette fois ?... La pénicilline.
Comment s'appelait le notable ? Sir Randolph Churchill. Son fils ? Sir Winston Churchill.
jeudi 13 février 2020
Petites causes, grands effets
C'est que d'une cause - bonne ou mauvaise - apparemment infime peut s'ensuivre un résultat gigantesque, qui sera bon ou mauvais en concordance avec la cause.
Sur le plan matériel, un exemple traditionnel est celui du minuscule pépin de pomme, susceptible de générer un grand pommier, susceptible de donner des récoltes de pommes de longues années durant.
Les événements aussi peuvent s'enchaîner, comme dans cet exemple attribué à Benjamin Franklin (1706-1790) :
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou...
mercredi 12 février 2020
Les deux vérités, conventionnelle et ultime
Par définition, les deux vérités ne concernent que ce qui existe.
D’où le terme བདེན་པ་ satya : « vérité », ou encore « réalité ».
Cela exclut ce qui n’existe pas du tout, ni de manière ultime, ni de manière conventionnelle.
Sur ce point, tous les philosophes bouddhistes sont unanimes, même si leurs définitions et découpages peuvent sinon varier.
Pour la suite, par souci de clarté, je précise que je vais ici me fonder sur les vues philosophiques madhyamika, et plus particulièrement madhyamika prasangika.
Observer ce qui existe sous l’angle des deux vérités a pour finalité d’établir le mode d’être de ce qui existe.
Vérité ultime désigne le mode d’être véritable de l’objet observé, c’est-à-dire selon les philosophes madhyamika, le fait que cet objet n’existe pas "réellement", autrement dit n'existe pas en soi.
Vérité conventionelle désigne le mode d’être apparent. L'objet existe mais en dépendance.
Selon sa nature, composée ou non, tout objet dépend en effet de ses causes et conditions, ou au moins de sa dénomination.
Par exemple, ce blog ne s'est pas auto-généré, et il ne s'autogère pas non plus. Il dépend du support numérique, de l'ordinateur utilisé, des auteurs, des articles, des lecteurs, etc. Il possède donc deux niveaux d'existence, deux "vérités" (ou encore sortes de réalité) : son mode d'existence ultime est de ne pas se suffire à lui à lui-même, et donc d'être vide d'une quelconque réalité propre : c'est ce qu'on appelle le non-soi du blog, ou encore la vacuité du blog.
ཀུན་རྫོབ་ En tibétain, le mot que je rends par "conventionnel", et que d’autres traduisent par "relatif", signifie littéralement « mensonger ».
Qu’est-ce que la vérité conventionnelle par exemple de notre planète Terre ? C’est la planète apparente. La Terre nous apparaît d’une manière mensongère, mais pas radicalement erronée : indiscutablement, notre planète Terre existe (pour le moment), et elle nous rend bien service ! Elle nous fournit un cadre de vie confortable et généreux.
Mais contrairement aux apparences, elle n’existe pas ultimement. Les apparences sont mensongères en ce sens que nous avons l’impression que l'existence de la Terre va de soi, et nous nous imaginons qu'elle existe en soi. C’est là une grave erreur de notre part. Car la Terre est comme nous : elle dépend de causes et de conditions. Elle est née, elle a une certaine durée d’existence – qui n’est pas fixe – et un jour elle disparaîtra. Comme n’importe quel phénomène composé.
Or, à force de modifier les conditions, en polluant le sol et les eaux, en saccageant la flore, en massacrant la faune, nous risquons de la rendre invivable, et peut-être de provoquer prématurément sa disparition. Et en même temps la nôtre.
C’est pour cela qu’il serait important de mieux réfléchir aux choses en tant que vérités conventionnelles.
Nous le faisons bien sûr, mais nous aurions tout intérêt à continuer à creuser.
A ce jour, l'observation des vérités conventionnelles a quand même déjà permis de faire pas mal de découvertes, sur les plans technique ou scientifiques.
Par exemple, nous vivons sur la terre, nous nous y déplaçons, nous y vivons, et cela nous semble aller de soi, c’est-à-dire cela nous semble exister en soi. Or, la gravitation ne va pas de soi et n’existe pas en soi. Le Bouddha l’a énoncé il y a environ deux mille cinq cents ans et en Occident les scientifiques ont fini par l’admettre à leur tour. Les travaux de Newton ont permis d’envoyer des hommes sur la lune, et ceux d’Einstein de passer de la notion de force à celle d’interaction.
Or, qui dit interaction dit interdépendance. Et qui dit interdépendance dit absence de nature propre, et donc vacuité. Vacuité au sens de vide d’existence en soi, de réalité en soi.
D’un autre côté, qui dit interaction dit aussi la nécessité de l’existence des phénomènes susceptibles d'interagir. D’où l’importance de favoriser et développer les phénomènes pouvant avoir des effets bénéfiques, ou simplement utiles, dont l'amour, la compassion, la sagesse. Inversement, mieux vaudrait neutraliser, et même annihiler les phénomènes nocifs, tels que l'attachement, l'aversion, l'ignorance. Cela a toujours été souhaitable, et il semble que cela devienne urgent, et même vital.
Par exemple, sur le plan matériel, nous ne pouvons plus nous contenter de faire plancher les adolescents sur le sujet « L’eau c’est la vie » dans le cadre d’un simple devoir de philosophie. Il vaudrait mieux que chacun y réfléchisse et en tienne compte, mais dès la prime enfance, et jusqu’à la fin de sa vie. Quand nous arriverons à dépasser la connaissance intellectuelle et aurons pris conscience de ce que représente l'eau pour notre vie (et "accessoirement" celle des autres), nous ne pourrons plus que nous abstenir de gaspiller l'eau et la polluer.
Autrement dit, observer ce qui existe sous l’angle de vérités conventionnelles, peut nous permettre de comprendre que l’existence est par définition interdépendante, ce qui en principe doit au moins nous amener à des conduites plus éthiques.
Tant qu’en dépit des avertissements des scientifiques, nous continuerons à croire que les océans existent en soi, nous continuerons à les polluer en toute insouciance. Tant que nous croirons que la faune et la flore existent en soi, nous continuerons à massacrer et dévaster.
En revanche, quand nous réaliserons que nous dépendons de la planète, que nous dépendons des réserves d’eau, que nous dépendons des abeilles et des plantes, nous devrions devenir plus respectueux de l’environnement, des autres êtres et aussi de nous-mêmes.
Par exemple, alors qu’il est évident que notre santé et notre vie dépendent étroitement de notre alimentation, nous achetons à prix fort des aliments qui sont de véritables poisons bourrés de mercure, de sucre, de graisse et d’OGM. Pourquoi ?
À un niveau superficiel, nous agissons ainsi par attachement au court terme, au plaisir immédiat, et aussi par égoïsme.
Si nous poursuivons notre enquête, nous allons découvrir qu'en amont, la source première de nos erreurs, et de leurs conséquences, est l'ignorance qui nous aveugle, nous empêchant de prendre conscience que nous sommes certes des « réalités » mais « conventionnelles », pas absolues, pas autosuffisantes. Loin d'être des entités indépendantes, capables de vivre isolément par nous-mêmes, nous sommes des réalités conventionnelles qui dépendent des autres réalités conventionnelles. Ce n'est pas un défaut, mais une manière d'être, et même la seule manière d'être : rien n'est absolu. Résignons-nous à cette évidence, et tirons-en des conclusions.
De toute façon, dans l'hypothèse où existerait quelque chose d'absolu, il serait isolé. Par définition, ce serait sans lien avec quoi que ce soit d'autre que lui. Ce qui signifie que cela ne pourrait être ni perçu, ni nommé, et ne pourrait pas avoir d'effet - faute de pouvoir entrer en interaction.
Comprendre la notion de vérité conventionnelle ne suffit pas pour obtenir la libération du samsara, mais cela y contribue.
Même si la vérité conventionnelle se cantonne au mode apparent des choses, mieux nous la comprendrons, mieux nous irons. Car sa compréhension nous permettrait de comprendre la causalité, les interactions, et comme nous l’avons déjà vu, cela nous mènerait à l’éthique. Or, l’éthique est nécessaire pour l’ordre public, la paix sociale, l’harmonie. Comme l'énonce Nagarjuna dans Le Ratnavali : De l'éthique procède le bonheur.
Une fois que nous aurons bien compris que toute vérité conventionnelle suppose un mode d'existence interdépendant, il nous suffira d'en déduire le vide de toute existence indépendante, et nous aurons compris la vacuité. Nous aurons alors obtenu notre sésame pour la cité de la libération !
dimanche 7 juillet 2019
15ème Conférence internationale des études tibétaines du 7 au 13 juillet à Paris
Lieu : Inalco
Dates : 7 au 13 juillet
Accès aux conférences : "day pass" en salle 3.03
Accès libre aux expositions :
* Dans le couloir vers l'auditorium, expo sur tous les tibétologues français et les enseignants à l'Inalco.
* Dans le club (vers la cantine), magnifique livre sur les fresques murales de Taschen (Tibet).
* En salle 4.24, expo sur la calligraphie tibétaine.
* En salle 4.17-18, les éditeurs exposent leur livres.
jeudi 13 juin 2019
L'univers est-il bouddhiste ?
Trinh Xuan Thuan, astrophysicien américain, spécialiste de l'étude de la formation et de l'évolution des galaxies :
« Mon but, en voulant confronter les approches scientifique et bouddhiste du réel, n'est pas d'imprimer à la science des allures de mysticisme, ni de justifier les enseignements du bouddhisme par les découvertes scientifiques »
Auteur de
La plénitude du vide (Albin Michel, 2016)
Le cosmos et le lotus (Albin Michel, 2011)
Dictionnaire amoureux illustré du ciel et des étoiles (Plon, Gründ, 2018)
L'univers est-il bouddhiste ? - Usbek & Rica
mardi 5 mars 2019
Fruits de la persévérance
Manami Ito est une Japonaise de 38 ans. Il y a 14 ans, lors d'un accident de la circulation, elle a perdu l'usage de son bras droit. Mais elle a affronté cet handicap avec courage et succès.
Passionnée de musique, elle réussit à jouer du violon avec ... un bras articulé.
En 2008 et 2012, elle a également participé aux Jeux Paralympiques à Beijing et Londres, en natation.
Elle continue à exercer son métier d'infirmière.
Comme quoi la force mentale fait des prodiges !







