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samedi 20 juin 2026

lundi 13 novembre 2023

De l'objectivité

Vidéo fort intéressante postée par Musée des Confluences le 17  mars 2022

Conférencier : Monsieur Yves Rossetti, enseignant-chercheur à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et membre du Centre de recherche en neurosciences de Lyon

Thème : Le monde est-il vraiment tel que nous le voyons ? Grâce à des illusions d’optique étonnantes, cette rencontre scientifique vous livrera quelques secrets sur notre cerveau, la manière dont nos capacités de perception se construisent à partir de notre expérience personnelle, et combien cela affecte notre relation à l'autre...


 

Du point de vue du bouddhisme

Si vous avez eu l'occasion d'étudier les quatre systèmes philosophiques bouddhistes (et leurs branches), c'est amusant de comparer les approches : les explications respectives sont-elles convergentes ou divergentes ? En tous points ?


mercredi 19 juillet 2023

Dr Tenzin Choedrak

 Les "anciens" ont eu le plaisir de rencontrer le Dr Tenzin Choedrak en France, en Inde ou ailleurs.



Pour en savoir plus, Cf. sa biographie Le Palais des arcs-en -ciel.

dimanche 11 décembre 2022

Éducation adaptée au contexte

De l'importance de l'esprit critique




samedi 4 décembre 2021

RIP Monsieur Pierre Rabhi

 

L'écrivain et philosophe Pierre Rabhi, cofondateur du mouvement Colibris, est mort, samedi 4 décembre, à l'âge de 83 ans. 
 

 

mercredi 18 août 2021

Ambassadeurs en herbe 2021

En cette période troublée, il est réconfortant d'écouter des jeunes gens qui illustrent à nouveau que la valeur n'attend pas le nombre des années.

Voici les prestations de deux lycéens du Lycée Pasteur, São Paulo (Brésil).

Verena Silberger nous parle de l'égalité (ou plus exactement du manque d'égalité) 
entre hommes et femmes - sujet ô combien d'actualité...
Mon cœur se serre quand je pense à mes sœurs d'Afghanistan et d'ailleurs.


 

Aimé Teyssier d'Orfeuil, 15 ans, aborde déjà en mai la délicate question de
la stratégie vaccinale à l'échelle mondiale (et de l'égoïsme des nantis).





mardi 27 juillet 2021

Chat dépend du point de vue

Une opinion - même scientifique, même médicale - dépend de tant de paramètres...

Comment la prendre pour "la Vérité absolue" ? Et pourquoi ?

Exemple 



À cœur vaillant rien d'impossible

 Le bouddhisme (comme d'autres traditions) évoque des périodes troublées qualifiés de temps de dégénérescence.

Les signes ? Eh bien, il y en aurait de cinq sortes :

1) Déclin de l'espérance de vie. 

2) Déclin des facteurs mentaux bénéfiques (amour, compassion, patience, sagesse, etc.), 
en parallèle du renforcement des facteurs perturbateurs, à commencer par l'irritation, l'attachement et l'ignorance.

3) Décadence des êtres, par exemple de leur état de santé, de leur charisme, etc.

4) Décadence de l'époque, avec multiplication des épidémies, des famines, des catastrophes (plus ou moins) naturelles, des guerres et autres conflits.

5) Décadence des vues et opinions valides, en parallèle du renforcement des vues extrêmes (et extrémistes).

Néanmoins, du point de vue d'un pratiquant du Dharma, il est possible de tirer son épingle du jeu (si j'ose dire), en transformant les conditions a priori défavorables en atouts pour une pratique plus puissante et plus rapide.

Certes, c'est plus facile à dire qu'à faire, mais le jeu en vaut la chandelle, et au point où le monde en est, ... autant essayer de faire quelque chose de constructif.


mardi 6 juillet 2021

De l'interdépendance entre la nature et les êtres

Merci au centre Kalachakra de Paris pour ce beau poème.

L’arbre protecteur de l’interdépendance.
SS le Dalaï-Lama
 
Vous qui êtes sans pareil, ô Seigneur Tathagata, né de la branche d’lksvakus ; 
Vous qui percevez la nature omniprésente de l'interdépendance 
Entre l'environnement et les êtres, entre le samsara et le nirvana, entre le mouvement et l’immobile, 
Mû par votre compassion, vous enseignez au monde et lui accordez votre bienveillance.
 
Ô vous le sauveur, le bien nommé Avalokiteshvara, 
Personnification du Corps de compassion de tous les Bouddhas, 
Nous vous supplions de faire mûrir et fructifier nos esprits 
Afin que nous parvenions à observer la réalité dépourvue d'illusion.
 
Notre égocentrisme obstiné, enraciné dans nos esprits depuis des temps sans commencement, contamine, souille et pollue l'environnement, cet environnement créé par les karmas similaires de tous les êtres.
 
Les lacs et les étangs ont perdu leur clarté, leur fraîcheur.
 
L'atmosphère est empoisonnée.
 
La canopée céleste dans le ciel brûlant se décompose.
 
Et les êtres souffrent de maladies inconnues auparavant.
 
Les montagnes resplendissantes de neige éternelle, dans leur gloire, s’inclinent et s’anéantissent en eau. 
 
Les océans majestueux perdent leur équilibre éternel et submergent les îles.
 
Les dangers du feu, de l'eau et du vent défient le comptage.
 
Une chaleur étouffante assèche nos forêts luxuriantes, frappant le monde avec des tempêtes sans précédent.
 
Les océans cèdent leur sel aux éléments.
 
Les gens sont riches, mais ils ne peuvent acheter l’air pur.
 
Les pluies et les ruisseaux ne nettoient plus, ils stagnent, liquides inertes et impuissants.
 
Les êtres humains, les êtres innombrables qui peuplent l’eau et la terre, tous ploient sous le joug de la douleur physique, causée par des maladies nocives.
 
Les esprits sont émoussés, pleins de torpeur, de stupeur et d'ignorance, quand les joies du corps et de l’esprit, elles, sont loin, très loin.
 
Nous polluons inutilement le sein juste de notre terre mère.
 
Nous lui arrachons ses arbres pour nourrir notre cupidité étriquée.
 
Et son humus fertile, nous le transformons en un désert mort.
 
La nature interdépendante de notre environnement extérieur ainsi que la nature intérieure des personnes, telles que décrites dans les traités des tantras sur la médecine et l'astronomie, sont totalement confirmées par notre expérience présente.
 
Prenant la terre pour témoin, le Bouddha dit ceci, parole véridique : la terre abrite des êtres vivants ; « égalité et impartialité pour ce qui se meut comme pour ce qui est figé ! »
 
Un être noble est reconnaissant de la bonté maternelle et il fait montre de gratitude. Notre terre, mère universelle et nourricière, devrait recevoir la même considération, le même soin.
 
Abandonnez le gaspillage, ne polluez pas la nature propre et claire, constituée de quatre éléments. Ne détruisez pas le bien-être des gens. Mais absorbez-vous dans des actions qui sont bénéfiques pour tous.
 
Sous un arbre médita le grand Bouddha Saga. Sous un arbre il naquit, vainquit l’avidité et atteignit l'Éveil. Sous deux arbres, il passa en nirvana. En vérité, le Bouddha tenait l’arbre en grande estime.
 
Là où le corps de Lama Tsongkhapa – émanation de Manjoushri – s'épanouit, s'élève un arbre de santal aux feuilles marquées de cent mille images du Bouddha.
 
N’est-il pas connu que certaines divinités suprêmes, des divinités locales éminentes et des esprits indigènes font leur demeure dans les arbres ?
 
Les arbres florissants purifient le vent, nous assistent en maintenant l’air de la vie. Ils sont agréables à l’œil, leur ombre dispense un repos bienvenu.
 
Dans le Vinaya (Règle monastique), le Bouddha recommande aux religieux de prendre soin des arbres tendres.
 
De ceci, nous apprenons les bienfaits de planter et d'entretenir les arbres.
 
Aux religieux, le Bouddha interdit de couper ou d’inciter à couper des plantes en vie, de détruire des graines ou de souiller la fraîche herbe verte. Cela ne devrait-il pas nous inciter à aimer et protéger notre environnement ?
 
Ils disent, dans les royaumes célestes, que les arbres véhiculent la bénédiction du Bouddha et sont l’écho des notions bouddhistes fondamentales telle l'impermanence.
 
C'est l'arbre qui apporte la pluie.
 
L’arbre, encore, qui retient le substrat du sol.
 
C’est Kalpa-taru, l'arbre qui exauce tous les souhaits, qui existe virtuellement sur terre pour réaliser tous les buts.
 
Autrefois, nos ancêtres mangeaient les fruits des arbres, s’habillaient de leurs feuilles. Ils découvraient le feu par la friction du bois, se réfugiaient entre les feuillages quand ils rencontraient le danger.
 
Même à l’âge de la science et de la technologie, les arbres nous fournissent des abris, des chaises sur lesquelles nous nous asseyons, des lits sur lesquels nous nous couchons.
 
Quand notre cœur brûle de colère attisée par des disputes, une fraîcheur bienfaisante nous est apportée au contact des arbres.
 
Dans les arbres se trouve le rugissement de toute vie sur terre. S’ils disparaissent, notre terre qui porte le nom du Jambolan (Sysygium cumini) ne sera plus qu’un désert morne et désolé.
 
Rien n’est plus cher aux vivants que la vie. En reconnaissant cela, dans les règles du Vinaya, le Bouddha  prononça des interdictions comme l'usage de toute eau susceptible de contenir des animalcules.
 
Dans les confins de l'Himalaya, autrefois, le Tibet maintenait l’interdiction de la chasse, de la pêche et, pendant des périodes particulières, interdisait même la construction. Ces traditions sont précieuses, car elles préservent et chérissent la vie des êtres simples, impuissantes et sans défense.
 
Jouer avec la vie d'autres êtres, sans pitié ni hésitation, comme dans la chasse ou la pêche sportive, est un acte de violence désinvolte et inutile, une violation des droits légitimes de tous les êtres vivants.
 
Attentifs à la nature de l'interdépendance des êtres animées et des choses inanimées, nous ne devrions jamais relâcher nos efforts pour préserver et conserver l'énergie de la nature.
 
Un jour, un mois ou une année donné, nous devrions accomplir le rite de plantation d'arbres. Nous remplirions ainsi nos responsabilités à servir nos semblables.
 
Cela n’apporte pas seulement du bonheur, cela profite à tous.
 
Puisse la force d'observer ce qui est juste et de se détourner de ce qui ne l’est pas nourrir et accroître la prospérité du monde. Puisse cette force revigorer les êtres et les aider à s'épanouir ! Puisse la joie sylvestre et le bonheur immaculé augmenter sans fin, partout se répandre et englober tout ce qui est !
 
(Dialogue avec le bouddhisme. Le 2 octobre 1993 à New Delhi.)

 

mercredi 30 juin 2021

Corneille et l'impermanence

Merci à DP qui m'a envoyé ce pastiche (pardon Corneille), bon support de méditation sur les maux du samsara : 
l'impermanence qui concerne tant les jeunes que les vieux, les hauts et les bas, les "certitudes" erronées et autres attentes vaines.

Ô rage, ô désespoir, ô virus ennemi,  

Ai-je donc tant vécu pour voir la maladie  

Envahir la planète, gagner chaque pays,  

Et nous mettre à genoux en bouleversant nos vies ?  

 

Monde qui te croyais si fort si victorieux,  

Soudain tu t’arrêtas, fébrile, infectieux,  

Te pliant à la loi d’un virus malicieux  

S’attaquant tour à tour aux jeunes et aux vieux !  

 

Ô cruel souvenir de notre vie passée,  

Bonheur de tant de jours en un jour effacé,  

Nouvelles dispositions pour la vie confinée,  

Précipice élevé d’où tombe l’humanité !  

 

Faut-il d’ores et déjà voir triompher le mal  

Et mourir en silence au fond d’un hôpital ?  

À l’heure où le progrès nous paraissait normal,  

Force est de constater que la chute est brutale.  

 

Et vous, par vos exploits glorieux médecins,  

Infirmières, soignants qui du soir au matin  

vous donnez corps et âmes pour sauver le prochain,  

Remerciés aujourd’hui, le serez-vous demain ?  

 

Et toi, microscopique qui veut détruire nos vies,  

Cherchons, luttons sans cesse pour que tu sois détruit !  

Va, quitte désormais le grand ou le petit,  

Par la main de la Science à qui l’on te confie ! 

jeudi 24 juin 2021

Bochure Prévention des maladies de la peau des jeunes enfants

Un livret pour soigner et protéger la peau des enfants

Devant les maladies de peau de leurs enfants, les jeunes parents peuvent vite se retrouver démunis. Heureusement, beaucoup de ces maladies guérissent toutes seules et nécessitent un traitement ponctuel assez simple !

Après le succès d'une campagne de sensibilisation des maladies de la peau auprès des parents au sein des crèches municipales et associatives à Rennes, en 2018, 
le Dr Morgane Taffou (médecin généraliste) 
et le Dr Lise Boussemart (dermatologue hospitalo-universitaire) 
se sont associées pour réaliser un livret conçu comme un outil de prévention des maladies de la peau en faisant connaître au plus grand nombre les notions de médecine de base pour :
            reconnaître les maladies les plus fréquentes
            éviter les maladies qui sont évitables
            traiter facilement les maladies pour lesquels des traitements sans ordonnance sont                                disponibles


Les objectifs : la prévention au service de la société

Les objectifs à travers la distribution de ce livret sont nombreux :
Donner aux parents et au personnel de la petite enfance les clés pour prévenir, soigner les problèmes de peau des jeunes enfants,
Désengorger les cabinets de dermatologie (des verrues notamment),
Autonomiser les patients, faire d’eux des « actients »,
Raccourcir les délais de RDV pour les pathologies urgentes/graves (cancer de la peau...), et améliorer ainsi leur propre pronostic.

Merci à vous de communiquer aux personnes susceptibles d'être intéressées

Contact : Boussemart Lise <lise.boussemart@chu-nantes.fr>







jeudi 20 mai 2021

Rip Professeur Mitiku Belachew

"Le berger devenu chirurgien", 

considéré comme le seigneur de l'anneau (gastrique), est décédé 

le 14 avril 2021 dans sa 79ème année.

 

 

Ethiopie, Mitiku Belachew, le berger devenu chirurgien

https://www.rtbf.be › lapremiere › emissions › accueil › ar...
14 juin 2019 — Devenu citoyen belge, il n'a jamais renié ses origines. A l'apogée de sa vie professionnelle le Professeur Mitiku Belachew décide d'investir ...


mardi 24 novembre 2020

Existe-t-il une réalité extérieure à l'observateur ?

 Toujours dans le cadre du partage, un grand merci à D. B. qui m'a envoyé ce lien, 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mardi-17-novembre-2020

Thème

La théorie quantique est-elle compatible avec l’existence d’une réalité objective, indépendante de l’observateur ? Quel est le problème entre la mesure et la réalité ? Comment la mesure de l’observateur influe-t-elle sur la réalité ? La réalité existe-elle en dehors de l’observation ?

 


dimanche 1 novembre 2020

Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs 1888

La Lettre aux instituteurs et aux institutrices, de Jean Jaurès (1859-1914)

publiée dans la Dépêche de Toulouse le dimanche 15 janvier 1888

 

« Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté (-> fermeté) unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! - Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.

J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.

J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !

Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.

Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. »


samedi 25 avril 2020

Un bienfait n'est jamais perdu

Il s'appelait Fleming, c'était un pauvre fermier écossais.
Un jour, alors qu'il tentait de gagner la vie de sa famille, il entendit un appel au secours provenant d'un marécage proche. Il laissa tomber ses outils, y courut et y trouva un jeune garçon enfoncé jusqu'à la taille dans le marécage, apeuré, criant et cherchant à se libérer. Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu être une mort lente et cruelle.

Le lendemain, un attelage élégant se présenta à la ferme. Un notable, élégamment vêtu, en sortit et se présenta comme étant le père du garçon que le fermier avait aidé.
Je veux vous récompenser, dit le notable. Vous avez sauvé la vie de mon fils. 
"Non, je ne peux accepter de paiement pour ce que j'ai fait", répondit le fermier écossais. 
À ce moment, le fils du fermier vint à la porte de la cabane. 
"C'est votre fils ?" demanda le notable
" Oui !", répondit fièrement le fermier. 
"Je vous propose un marché. Permettez-moi d'offrir à votre fils la même éducation qu'à mon fils. Si le fils ressemble au père, je suis sûr qu'il sera un homme duquel tous deux nous serons fiers". 
Et le fermier accepta.

Le fils du fermier Fleming suivit les cours des meilleures écoles et fut diplômé de l'école de Médecine de l'Hôpital Sainte-Marie-de-Londres. Il consacra sa vie à l'art de la médecine au point d'être connu du monde entier. Le Dr Alexander Fleming a en effet découvert la pénicilline. 

Des années plus tard, le fils du notable jadis sauvé du marécage eut une pneumonie. Qui lui sauva la vie cette fois ?... La pénicilline.
Comment s'appelait le notable ? Sir Randolph Churchill. Son fils ? Sir Winston Churchill.

jeudi 13 février 2020

Petites causes, grands effets

Le Bouddha et les Maîtres qui lui ont succédé depuis 25 ou 26 siècles recommandent constamment de ne pas négliger la puissance de ce que nous faisons,  sur les trois plans : physique, oral et encore plus mental.

C'est que d'une cause - bonne ou mauvaise - apparemment infime peut s'ensuivre un résultat gigantesque, qui sera bon ou mauvais en concordance avec la cause.
Sur le plan matériel, un exemple traditionnel est celui du minuscule pépin de pomme, susceptible de générer un grand pommier, susceptible de donner des récoltes de pommes de longues années durant.

Les événements aussi peuvent s'enchaîner, comme dans cet exemple attribué à Benjamin Franklin (1706-1790) :
 

À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou...  



Dans un registre plus réconfortant, il suffit de nous reporter aux soutras et grands traités bouddhistes, pour y trouver maints récits mentionnant tel petit don ou autre acte positif, apparemment insignifiant, parfois machinal, qui permit plus tard à son auteur de rencontrer le Bouddha/le Maître et le Dharma, de s'engager sur la voie menant à l'éveil et de la parcourir jusqu'au terme. 

Deux exemples parmi tant d'autres :
- Ce vieil homme qui put être admis dans la communauté monastique, grâce à des mérites acquis bien longtemps auparavant, lorsque l'insecte qu'il était alors fut entraîné autour d'un stupa par une averse. Devenu moine, ce qui le sauva d'un suicide par désespoir, le vieil homme finit par comprendre la vacuité et obtint rien moins que la libération du samsara.
- Le pandit Sthiramati, l'un des principaux disciples de Vasubandhu, dont il est dit qu'il surpassa son maître en Abhidharma. La raison avancée est que dans sa vie précédente il fut un pigeon qui nichait dans la frondaison d'un arbre sous lequel Vasubandhu s'était assis et avait récité L'Abhidharma...
 


mercredi 12 février 2020

Les deux vérités, conventionnelle et ultime

ཀུན་རྫོབ་བདེན་པ་ saṃvṛti-satya -  དོན་དམ་བདེན་པ  paramārtha-satya


Par définition, les deux vérités ne concernent que ce qui existe.
D’où le terme བདེན་པ satya : « vérité », ou encore « réalité ».
Cela exclut ce qui n’existe pas du tout, ni de manière ultime, ni de manière conventionnelle.

Sur ce point, tous les philosophes bouddhistes sont unanimes, même si leurs définitions et découpages peuvent sinon varier.

Pour la suite, par souci de clarté, je précise que je vais ici me fonder sur les vues philosophiques madhyamika, et plus particulièrement madhyamika prasangika.

Observer ce qui existe sous l’angle des deux vérités a pour finalité d’établir le mode d’être de ce qui existe.

Vérité ultime désigne le mode d’être véritable de l’objet observé, c’est-à-dire selon les philosophes madhyamika, le fait que cet objet n’existe pas "réellement", autrement dit n'existe pas en soi.

Vérité conventionelle désigne le mode d’être apparent. L'objet  existe mais en dépendance.
Selon sa nature, composée ou non, tout objet dépend en effet de ses causes et conditions, ou au moins de sa dénomination.

Par exemple, ce blog ne s'est pas auto-généré, et il ne s'autogère pas non plus. Il dépend du support numérique, de l'ordinateur utilisé, des auteurs, des articles, des lecteurs, etc. Il possède donc deux niveaux d'existence, deux "vérités" (ou encore sortes de réalité) : son mode d'existence ultime est de ne pas se suffire à lui à lui-même, et donc d'être vide d'une quelconque réalité propre : c'est ce qu'on appelle le non-soi du blog, ou encore la vacuité du blog.
 

ཀུན་རྫོབ་ En tibétain, le mot que je rends par "conventionnel", et que d’autres traduisent par "relatif", signifie littéralement « mensonger ».

Qu’est-ce que la vérité conventionnelle par exemple de notre planète Terre ? C’est la planète apparente. La Terre nous apparaît d’une manière mensongère, mais pas radicalement erronée : indiscutablement, notre planète Terre existe (pour le moment), et elle nous rend bien service !  Elle nous fournit un cadre de vie confortable et généreux.
Mais contrairement aux apparences, elle n’existe pas ultimement. Les apparences sont mensongères en ce sens que nous avons l’impression que l'existence de la Terre va de soi, et nous nous imaginons qu'elle existe en soi. C’est là une grave erreur de notre part. Car la Terre est comme nous : elle dépend de causes et de conditions. Elle est née, elle a une certaine durée d’existence – qui n’est pas fixe – et un jour elle disparaîtra. Comme n’importe quel phénomène composé.
Or, à force de modifier les conditions, en polluant le sol et les eaux, en saccageant la flore, en massacrant la faune, nous risquons de la rendre invivable, et peut-être de provoquer prématurément sa disparition. Et en même temps la nôtre.

C’est pour cela qu’il serait important de mieux réfléchir aux choses en tant que vérités conventionnelles.
Nous le faisons bien sûr, mais nous aurions tout intérêt à continuer à creuser.
A ce jour, l'observation des vérités conventionnelles a quand même déjà permis de faire pas mal de découvertes, sur les plans technique ou scientifiques. 
Par exemple, nous vivons sur la terre, nous nous y déplaçons, nous y vivons, et cela nous semble aller de soi, c’est-à-dire cela nous semble exister en soi. Or, la gravitation ne va pas de soi et n’existe pas en soi.  Le Bouddha l’a énoncé il y a environ deux mille cinq cents ans et en Occident les scientifiques ont fini par l’admettre à leur tour. Les travaux de Newton ont permis d’envoyer des hommes sur la lune, et ceux d’Einstein de passer de la notion de force à celle d’interaction.
Or, qui dit interaction dit interdépendance. Et qui dit interdépendance dit absence de nature propre, et donc vacuité. Vacuité au sens de vide d’existence en soi, de réalité en soi.

D’un autre côté, qui dit interaction dit aussi la nécessité de l’existence des phénomènes susceptibles d'interagir. D’où l’importance de favoriser et développer les phénomènes
pouvant avoir des effets bénéfiques, ou simplement utiles, dont l'amour, la compassion, la sagesse. Inversement, mieux vaudrait neutraliser, et même annihiler les phénomènes nocifs, tels que l'attachement, l'aversion, l'ignorance. Cela a toujours été souhaitable, et il semble que cela devienne urgent, et même vital.

Par exemple, sur le plan matériel, nous ne pouvons plus nous contenter de faire plancher les adolescents sur le sujet « L’eau c’est la vie » dans le cadre d’un simple devoir de philosophie. Il vaudrait mieux que chacun y réfléchisse et en tienne compte, mais dès la prime enfance, et jusqu’à la fin de sa vie. Quand nous arriverons à dépasser la connaissance intellectuelle et aurons pris conscience de ce que représente l'eau pour notre vie (et "accessoirement" celle des autres), nous ne pourrons plus que nous abstenir de gaspiller l'eau et la polluer.

Autrement dit, observer ce qui existe sous l’angle de vérités conventionnelles, peut nous permettre de comprendre que l’existence est par définition interdépendante, ce qui en principe doit au moins nous amener à des conduites plus éthiques.

Tant qu’en dépit des avertissements des scientifiques, nous continuerons à croire que les océans existent en soi, nous continuerons à les polluer en toute insouciance. Tant que nous croirons que la faune et la flore existent en soi, nous continuerons à massacrer et dévaster.
En revanche, quand nous réaliserons que nous dépendons de la planète, que nous dépendons des réserves d’eau, que nous dépendons des abeilles et des plantes, nous devrions devenir plus respectueux de l’environnement, des autres êtres et aussi de nous-mêmes.
Par exemple, alors qu’il est évident que notre santé et notre vie dépendent étroitement de notre alimentation, nous achetons à prix fort des aliments qui sont de véritables poisons bourrés de mercure, de sucre, de graisse et d’OGM. Pourquoi ?
À un niveau superficiel, nous agissons ainsi par attachement au court terme, au plaisir immédiat, et aussi par égoïsme.
Si nous poursuivons notre enquête, nous allons découvrir qu'en amont, la source première de nos erreurs, et de leurs conséquences, est l'ignorance qui nous aveugle, nous empêchant de prendre conscience que nous sommes certes des « réalités » mais « conventionnelles », pas absolues, pas autosuffisantes. Loin d'être des entités indépendantes, capables de vivre isolément par nous-mêmes, nous sommes des réalités conventionnelles qui dépendent des autres réalités conventionnelles. Ce n'est pas un défaut, mais une manière d'être, et même la seule manière d'être : rien n'est absolu. Résignons-nous à cette évidence, et tirons-en des conclusions.
De toute façon, dans l'hypothèse où existerait quelque chose d'absolu, il serait isolé. Par définition, ce serait sans lien avec quoi que ce soit d'autre que lui. Ce qui signifie que cela ne pourrait être ni perçu, ni nommé, et ne pourrait pas avoir d'effet - faute de pouvoir entrer en interaction.

Comprendre la notion de vérité conventionnelle ne suffit pas pour obtenir la libération du samsara, mais cela y contribue.
Même si la vérité conventionnelle se cantonne au mode apparent des choses, mieux nous la comprendrons, mieux nous irons. Car sa compréhension nous permettrait de comprendre la causalité, les interactions, et comme nous l’avons déjà vu, cela nous mènerait à l’éthique. Or, l’éthique est nécessaire pour l’ordre public, la paix sociale, l’harmonie. Comme l'énonce Nagarjuna dans Le Ratnavali : De l'éthique procède le bonheur.

Une fois que nous aurons bien compris que toute vérité conventionnelle suppose un mode d'existence interdépendant, il nous suffira d'en déduire le vide de toute existence indépendante, et nous aurons compris la vacuité. Nous aurons alors obtenu notre sésame pour la cité de la libération !

dimanche 7 juillet 2019

15ème Conférence internationale des études tibétaines du 7 au 13 juillet à Paris




Lieu   : Inalco
Dates : 7 au 13 juillet

Accès aux conférences :  "day pass" en salle 3.03

Accès libre aux expositions :
* Dans le couloir vers l'auditorium, expo sur tous les tibétologues français et les enseignants à l'Inalco.
* Dans le club (vers la cantine), magnifique livre sur les fresques murales de Taschen (Tibet).
* En salle 4.24,  expo sur la calligraphie tibétaine.
* En salle 4.17-18, les éditeurs exposent leur livres.

jeudi 13 juin 2019

L'univers est-il bouddhiste ?


Trinh Xuan Thuan, astrophysicien américain, spécialiste de l'étude de la formation et de l'évolution des galaxies :
« Mon but, en voulant confronter les approches scientifique et bouddhiste du réel, n'est pas d'imprimer à la science des allures de mysticisme, ni de justifier les enseignements du bouddhisme par les découvertes scientifiques »

Auteur de
La plénitude du vide (Albin Michel, 2016)
Le cosmos et le lotus (Albin Michel, 2011)
Dictionnaire amoureux illustré du ciel et des étoiles (Plon, Gründ, 2018)


L'univers est-il bouddhiste ? - Usbek & Rica


https://usbeketrica.com/article/univers-est-il-bouddhiste

30 janv. 2019 - Quel rapport entre le vide quantique de l'univers primordial et la vacuité bouddhiste ? Entre le pendule de Foucault et l'unicité du cosmos ?

mardi 5 mars 2019

Fruits de la persévérance



Manami Ito est une Japonaise de 38 ans. Il y a 14 ans, lors d'un accident de la circulation, elle a perdu l'usage de son bras droit. Mais elle a affronté cet handicap avec courage et succès.
Passionnée de musique, elle réussit à jouer du violon avec ... un bras articulé.
En 2008 et 2012, elle a également participé aux Jeux Paralympiques à Beijing et Londres, en natation.
Elle continue à exercer son métier d'infirmière.

Comme quoi la force mentale fait des prodiges !