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samedi 30 mai 2026

Bonne Fête des mères

Puissent tous les êtres mes mères échapper à la souffrance et aux causes de souffrance !

Puissent-elles accéder au bonheur et aux causes de bonheur ! 

jeudi 10 octobre 2024

jeudi 14 mars 2024

L'aumônerie carcérale bouddhiste

 Émission Sagesses bouddhistes du 10 mars 2024

 


Thème : L’aumônerie carcérale au sein de l’Union Bouddhiste de France 

 Invitée : Lama Droupgyu 

Regards sur l’aumônerie carcérale, une des principales actions de l’Union Bouddhiste de France, fédération qui assure les liens entre les centres et associations bouddhistes de France et les Pouvoirs Publics. 

Créé il y a de nombreuses années, sous l’égide du Ministère de la justice et du Ministère de l’Intérieur, cette aumônerie répond aux nombreux questionnements posés par les détenus et tente ainsi d’apporter par sa présence, quelques bienfaits et réconfort. 

Réalisation : Christophe Coutens 

Présentation : Aurélie Godefroy

Prix des femmes exceptionnelles dans le bouddhisme

 Toutes mes félicitations à mon amie Lama Droupgyu, 

premier aumônier national bouddhiste en milieu carcéral

récipiendaire 2024

 


La Fondation du Centre international de méditation des femmes (IWMCF) a sélectionné 31 récipiendaires pour son prix des femmes exceptionnelles dans le bouddhisme pour 2024, qui a coïncidé avec la Journée internationale de la femme vendredi.

Initiative de deux moines bouddhistes, Bhikkhuni Rattanavali de Thaïlande et Bhikkhuni Dr. Lee des États-Unis, l’IWMCF a commencé à décerner le Prix des femmes exceptionnelles dans le bouddhisme aux femmes bouddhistes en 2002, à l’occasion de la Journée internationale de la femme des Nations Unies, afin de reconnaître et mettre en valeur leurs contributions mondiales. Le prix IWMCF récompense les réalisations et l’excellence dans quatre catégories : pratique méditative ; Travail social et développement communautaire ; Propagation du Dharma ; et l’activisme pour la paix.

Les récipiendaires du Prix des femmes exceptionnelles dans le bouddhisme de cette année sont :

1. Bhikkhuni Bharmmasara de Thaïlande
2. Bhikkhuni Dhamma Khema de Thaïlande
3. Bhikkhuni Gautami du Bangladesh
4. Bhikshuni Chang-An Shih de Taïwan
5. Bhikshuni Dr. Bich Lien des États-Unis
6. Bhikshuni Lama Karma Droupgyu Wangmo de France
7. Chanyanat Sanpakdithai du Cambodge/Thaïlande
8. Ching Wi Yap de Singapour
9. Mei-Ru Huang de Taïwan
10. Ursula Lyon d’Autriche
11. Bhikkhuni Khamesi Guruma du Népal
12. Bhikkhuni Sumangala de Malaisie
13. Bhikshuni Clear Grace Dayananda des États-Unis
14. Bhikshuni Shik Chuan Wen de Malaisie
15. Bhikshuni Tian-De Shih de Taïwan
16. Bhikshuni Yi Xin de Taïwan
17. Dr Ching-Chin Lin Wang de Taïwan
18. Dr Sirikarn Techa-apichok de Thaïlande
19.
Katharina Kobel-Shepherd de Suisse
20. Khine Hnin Wai du Myanmar
21. Maechee Dr Bunrueng Bunpanya de Thaïlande
22. Maechee Dr Srisuda Tuamsomboon de Thaïlande
23. Maechee Dr Subin Phonlamai de Thaïlande
24. Très Vénérable Bhikkhuni Abhinanda Riditohtuwee Maha Theri du Sri Lanka
25. Très Vénérable Bhikkhuni Dhammawati Guruma du Népal
26. Très vénérable Bhikshuni Gwang Yong de Corée du Sud
27. Très vénérable Bhikshuni Xiu-Neng Shih de Taiwan
28. Très vénérable Bhikshuni Zhang-Xin Shih de Taiwan
29. Saskia Graf d’Allemagne
30. Vén. Dr Pooja Dabral d’Inde
31. Zhou Xiupen de Taïwan

 

mardi 7 juin 2022

Tibet, le chemin des vents


Au pays des nuages blancs, Ani Rigsang a choisi une vie nomade. Se sentant prisonnière à Lhassa, la nonne bouddhiste prend la route pour renouer avec les traditions spirituelles de son pays, aujourd’hui menacées par la rapide modernisation et le durcissement du contrôle des autorités chinoises sur la région. 
 
Des montagnes enneigées aux vallées verdoyantes, de monastère en monastère, ce documentaire accompagne la marche d’Ani sur le sol tibétain. Témoignage émouvant mêlant traditions et légendes millénaires, ce film nous plonge dans des paysages époustouflants et nous dévoile un Tibet contrasté, chahuté par la modernité et les soubresauts de sa géographie sacrée. 
 
Documentaire : “Tibet, le chemin des vents” 
Réalisation : Hamid Sardar 
Production : DreamCatcherMotionProductions, les gens bien productions pour France Télévisions & Ushuaïa TV
 

 

 

dimanche 31 octobre 2021

Ici et maintenant

 Cf. Le Point 30 octobre 2021

Père Guy Gilbert : « Quand on veut être ...

J'adore (entre autres) la "profession de foi" du Père Guy Gilbert, 86 ans, l'infatigable prêtre des loubards, en conclusion de l'article :

Je m’en fous d’hier, je me tape de demain, je mets toutes mes forces dans les 24 heures du moment présent pour respirer l’amour, donner l’amour et le recevoir.

 

mercredi 18 août 2021

Ambassadeurs en herbe 2021

En cette période troublée, il est réconfortant d'écouter des jeunes gens qui illustrent à nouveau que la valeur n'attend pas le nombre des années.

Voici les prestations de deux lycéens du Lycée Pasteur, São Paulo (Brésil).

Verena Silberger nous parle de l'égalité (ou plus exactement du manque d'égalité) 
entre hommes et femmes - sujet ô combien d'actualité...
Mon cœur se serre quand je pense à mes sœurs d'Afghanistan et d'ailleurs.


 

Aimé Teyssier d'Orfeuil, 15 ans, aborde déjà en mai la délicate question de
la stratégie vaccinale à l'échelle mondiale (et de l'égoïsme des nantis).





vendredi 2 avril 2021

La place des femmes dans le bouddhisme

Comme je l'ai déjà laissé entendre parfois, cette question m'agace un peu (et même beaucoup). 
Ce qui démontre que j'ai beaucoup de progrès à faire : irritation, car attachement à mon opinion, le tout sur fond d'ignorance.

Pour résumer mon point de vue :
La vraie question n'est pas la place de la femme dans le bouddhisme, mais la place de la femme dans le samsara.
De toute évidence, ce n'est pas brillant ! Et ce n'est pas un scoop.

Côté bouddhiste  :

le Bouddha est impartial. C'est l'une des qualités fondamentales d'un Bouddha. 
Nier l'impartialité, ou encore l'équanimité, du Bouddha est signe qu'on n'a pas confiance en le Bouddha. 
En ce cas, je ne vois pas comment on pourrait être bouddhiste. Car être bouddhiste se définit comme le fait de placer toute sa confiance en le Bouddha et en son Enseignement. :-)

Par définition, un Bouddha s'adresse à des non Bouddhas, essentiellement à des personnes qui sont encore dans le samsara.
Or, par définition, le samsara est imparfait. Il est de la nature de dukha.

Personnellement, pour moi, l'important est que le Bouddha ait dispensé ses enseignements à toute personne venant le solliciter, que cette personne soit jeune ou vieille, riche ou pauvre, laïque ou religieuse, homme ou femme.
L'important est que, grâce à l'enseignement du Bouddha, beaucoup de ses disciples femmes ont pu obtenir les plus hautes réalisations spirituelles.
Personnellement, mon but en tant que pratiquante du bouddhisme est d'atteindre l'Éveil de Bouddha. 
Pas de me battre pour des titres et autres hochets du samsara : mes ambitions sont nettement plus élevées que cela !

La place de la femme dans la société ? Oui, bien sûr, il faut essayer de l'améliorer.
Pour cela, il faut cerner les vraies causes des problèmes  : attachement, aversion,  ignorance. Et arrêter de déplacer le problème, qui n'est pas le bouddhisme (ou une autre religion), mais la nature du samsara
Il faut aussi arrêter de se bercer d'illusions (suscitées par l'ignorance) : ce qui relève du samsara n'est pas et ne sera jamais parfait.

Pour limiter les dégâts en ce bas monde (imparfait par définition), il faut prendre des mesures appropriées sur les plans politiques et économiques : salaires équivalents, mêmes chances de promotion professionnelles, même accès à l'instruction, etc. etc.
C'est certainement là un combat honorable, mais qui ne concerne pas la seule communauté bouddhiste, il me semble ?

Je crois même que la communauté bouddhiste féminine n'est pas la plus mal lotie, par comparaison aux autres communautés féminines. Par exemple, combien y a-t-il de femmes parmi les chefs de multinationales ? Combien y a-t-il de femmes parmi les chefs d'état ?


samedi 20 mars 2021

Présentation succincte du bouddhisme

 La logique impose de remonter à la source, c’est à dire à l’exemple fondateur donné par le Bouddha Shakyamouni il y a environ 2600 ans. L’histoire – d’aucuns diraient la légende, mais peu importe, car cela n’altère pas le sens, au contraire – rapporte qu’à la naissance du jeune prince Siddharta, les astrologues prédisent à l’enfant une carrière exceptionnelle, soit en tant qu’empereur universel (cakravartin), soit en tant qu’Eveillé, cad bouddha. Le roi Suddhodana qui tient à assurer sa succession s’ingénie à faire de son fils un souverain éclairé, mais à 29 ans, juste après la naissance de son fils Rahula, Siddharta ayant prouvé sa virilité et rempli son devoir en assurant la descendance, quitte nuitamment le palais. Pour marquer symboliquement son départ du monde profane et de ses objets de jouissance, dont le pouvoir et ses attributs, il coupe sa longue chevelure. Après six années de recherche spirituelle et de rudes ascèses, il acquiert la conviction qu’il faut suivre la voie du milieu, en rejetant les vues et les conduites extrêmes, et il obtient l’Eveil.

 

Gautama Bouddha, également connu sous le nom de Shakyamouni, consacre désormais sa vie, qui durera encore 45 ans, à dispenser son Enseignement, qui n’est pas une religion révélée, mais une voie spirituelle fondée sur l’éthique (y compris le respect de soi, d’autrui, de l’environnement) et la notion de karma[1]. C’est une méthode qui vise à se délivrer de la souffrance en en éliminant les causes, à commencer par l’ignorance flanquée de l’attachement et de l’aversion, et à atteindre le bonheur en en établissant les causes, telles que l’éthique, la sagesse, l’amour et la compassion.

 

Le Bouddha invite ses disciples à suivre son exemple et à se défaire de toute forme d’attachement et d’avidité pour les objets de jouissance de cette vie, en vue d’atteindre l’Eveil. Il prône l’esprit critique et exhorte ses disciples à ne pas le croire pour la seule raison qu’il serait le Bouddha, mais à réfléchir, vérifier et comprendre par eux-mêmes :

 

Ô moines, n'acceptez pas ma parole  

Par simple respect, mais après l'avoir examinée      

Comme on éprouve l'or

En le chauffant, le coupant et le frottant. 

 

N’accordez pas votre confiance à l’individu mais à son enseignement.

N’accordez pas votre confiance aux mots mais à leur signification.

N’accordez pas votre confiance au sens provisoire (qui doit être interprété) mais au sens certain.

N’accordez pas votre confiance à la conscience ordinaire mais à la sagesse. 

(Catuh-pratisarana énoncés dans le  Sutra du Mahaparanirvana.)

 

Le Bouddha organise la communauté religieuse selon le critère d’ancienneté, sans tenir compte de l’origine sociale ni de la caste. Les  décisions sont prises de préférence à l’unanimité, sinon à la majorité. A peine six ans après sa fondation, le Bouddha y admet des femmes, à peu près en même temps que le jaïnisme. Outre les moines et nonnes, il a également de nombreux disciples laïques, dont des rois et des ministres.



[1] Le terme karma a plusieurs acceptions. En très résumé, selon le bouddhisme, tout ce que l’on fait, par le corps, la parole et l’esprit, comporte des karma de nature mentale qui au fur et à mesure imprègnent l’esprit de karma en tant que potentialités, susceptibles d’entraîner divers résultats dont les sensations, les renaissances, etc.



dimanche 10 janvier 2021

Les femmes selon et dans le bouddhisme

 

Quelques sources

 

 Samyutta Nikaya, I, 5, 6

Seul importe le Véhicule. 
Qu’on soit homme ou femme
Quiconque prend le Véhicule 
Atteint le nirvâna.

 

Thérigâthâ : 73 poèmes, écrits par des femmes de l'époque du Bouddha, à propos de leur parcours religieux et leur libération spirituelle.

 

Les Grands Disciples du Bouddha, Nyanaponika Thera, H. Hecker, Ed. Claire Lumière

2 tomes : dans le 2ème, biographies de grandes disciples


Dans ses enseignements, le Bouddha a souligné la valeur de "la précieuse renaissance humaine", dotée de 8 libertés et 10 attributs.
=>

Sur le plan spirituel, il est admis que les femmes comme les hommes peuvent progresser sur la voie et atteindre les plus hautes réalisations.
Sur le plan social, le Bouddha n'a pas dit que les femmes étaient inférieures, mais il a fait le constat (encore vrai de nos jours) qu'elles sont défavorisées par rapport aux hommes, et qu'elles rencontrent plus d'obstacles. 

 

Historique de la communauté religieuse féminine

 

Cf. : Dr. Hajime Nakamura (universitaire japonais) : « L'apparition d'un ordre de nonnes fut un développement étonnant dans l'histoire religieuse mondiale. Il n'existait, à la même époque, aucun ordre religieux pour femmes, ni en Europe, ni en Afrique du nord, ni en Asie occidentale ou orientale. Le bouddhisme fut la première religion à en produire un. »

 

Le Bouddha ne refusa jamais d'enseigner aux femmes, il ne les rejeta pas comme inférieures, mais les textes rapportent qu’il aurait manifesté de la réticence avant de les recevoir dans la communauté monastique. Il aurait expliqué que l'admission des femmes dans la communauté (sangha) "aurait des résultats néfastes, de même que la mauvaise herbe dans un bon champ". Cela entraînerait une dégénérescence plus rapide de la doctrine, dont la durée d'existence serait écourtée de cinq cents ans.

Néanmoins, suite à la détermination inébranlable de Mahaprajñaparamati, tante et mère adoptive de Siddhartha, et aux talents de médiateur d'Ananda, cousin et fidèle servant du Bhagavat, celui-ci accepta

Temples-refuges Japon

 Au Japon, ce sont trois nonnes (dont Zenshin-ni) qui ont établi la première communauté bouddhiste (sangha) en 590, ont ordonné le premier moine (Tokusai) et ont instauré le posadha : la confession bi-mensuelle des transgressions.

 

En 624, d'après le Nihonshoki, il y aurait eu au Japon 816 moines, 569 moniales et 416 monastères (545 en 692).

 

Jusqu'à la fin de Heian, il n'y avait pas d'inégalité entre les moines et les nonnes et de nombreuses femmes japonaises avaient un haut niveau d’instruction, puis la situation s'est considérablement dégradée avec la montée en puissance des guerriers (un peu comme en Europe au passage du Moyen Âge à la Renaissance).

=> Les deux temples-refuges
(kakekomidera ou enrikidera)

 

Tôkei-ji

A Kamakura, le temple du Tôkei-ji  (Zen Rinzai), fondé en 1285 par Kakuzan, veuve du shogun Hôjô Takimune, est l'un des deux temples-refuges du Japon d'avant l'ère Meiji.

C’était un temple indépendant qui jouissait de privilèges spéciaux par décret impérial et dont l'enceinte était interdite aux hommes.

Auparavant, les hommes japonais avaient le droit unilatéral de divorcer.
Kakusan-ni obtint pour son temple un statut très particulier 
: si une femme demeure trois ans au Tôkei-ji, au terme de cette période, le divorce est considéré comme effectif.
Il est dit qu'entre 1603 et 1868, environ 2000 femmes se seraient réfugiées au Tôkei-ji.

 

Mantoku-ji

L'autre grand temple refuge, le Mantoku-ji, affilié quant à lui à l'école Zen Soto, est situé à Serada dans la province de Kôzuke (Gunnma).

Son origine est moins claire que celle du Tôkei-ji. Il semblerait que ce temple aurait été fondé soit par un descendant du shogun Minamoto, soit par
Jônen-ni et Jô.on-ni, de la famille des Tokugawa. Ce qui est sûr, c'est qu'il eut des liens très étroits avec la famille Tokugawa, c'est à dire avec les dirigeants de l'époque, au travers de nombreuses abbesses.

Le Mantoku-ji est moins connu que le Tôkei-ji. À cause de sa situation géographique défavorable, il est plus difficile à atteindre, si bien que ses effectifs seront toujours réduits : quatre moniales y résidaient en 1809, sept en 1861 et cinq en 1870.

Le Mantoku-ji a été presque entièrement détruit en 1872 lors des mouvements anti-bouddhistes ; il n'en reste aujourd'hui que des ruines.

lundi 19 octobre 2020

Le Bouddha et les femmes

Seul importe le Véhicule. 
Qu’on soit homme ou femme
Quiconque prend le Véhicule 
Atteint le nirvâna.

(Samyutta Nikaya, I, 5, 6)

mercredi 26 août 2020

L'arhat Cudapanthaka

Histoire de Cudapanthaka, plus connu sous le surnom de Petit Chemin


A l'époque du Bouddha, un couple désespérait de mettre au monde un enfant viable après plusieurs deuils éprouvants. Lors d'une nouvelle grossesse, une vieille femme conseilla de confier le nouveau-né à une personne chargée de se tenir avec lui toute la journée à un carrefour en demandant pour lui bénédictions et prières à tous les religieux de passage ; si le bébé était encore vivant le soir, elle le ramènerait à ses parents. La personne missionnée cette fois-là marcha jusqu'au plus grand carrefour alentours, très fréquenté, et elle s'en revint avec l'enfant bien vivant et dument béni.  Dénommé Grand Chemin, ses hautes qualités lui permirent de promptement atteindre l'état d'arhat. Nouvelle grossesse, nouvelle exposition, mais las ! Cette fois, la commissionnaire s'arrêta par paresse au premier petit croisement. Les heures s'écoulaient et aucun religieux ne passait sur la route déserte. La nuit approchant, le Bouddha, omniscient, s'en vint pour bénir le bébé et lui éviter la mort. Petit Chemin survécut mais il avait l'esprit obscurci par les voiles de l'ignorance et ne retenait rien de ce que ses professeurs lui enseignaient. Même son frère aîné et maître prit le parti de le chasser, voyant dans sa clairvoyance que pour l'aider, il devait user de sévérité à l'égard du cancre. Le Bouddha vint récupérer le moinillon qui sanglotait, le consola et lui donna comme tâche de nettoyer les sandales des moines, et plus tard le temple, en répétant inlassablement « Rejeter la poussière ; rejeter mes souillures. » Les premiers temps, Petit Chemin étant bien incapable de répéter une formule aussi « longue », le Bouddha enjoignit aux moines de la lui répéter, puis le commissionnaire parvint à dire l'énoncé tel quel, puis sous une forme développée. Les voiles de son esprit s'étant peu à peu dissipés sous l'effet conjoint de ses efforts en pratique et des bénédictions des Trois Joyaux, il devint à son tour arhat, mais tout le monde le croyait encore idiot. Aussi, quand sollicité par des nonnes lettrées de leur envoyer un instructeur qualifié, le Bouddha désigna l'arhat Petit Chemin, les nonnes crièrent à la misogynie. Terriblement vexées que le Maître les méprisât, s'imaginèrent-elles, au point de leur déléguer le plus obtus des moines, elles décidèrent de se venger en le mettant en difficulté. Les unes allèrent inviter les villageois en leur annonçant la venue d'un maître éminent (ce qui était la stricte vérité mais elles ne le savaient pas), les autres édifièrent un trône très élevé et dépourvu d'escalier. Quand Petit Chemin arriva, il sourit en disant : « Avez-vous préparé ce trône par foi ? Ou avec de mauvaises intentions. Peu importe, c'est un bon présage. » Et sans qu'on vit comment, le voilà installé, annonçant : « Cet énoncé que j'ai mis un mois à retenir, je vais vous l'expliquer un mois durant. » Ce qu'il fit de manière magistrale, à la stupéfaction des nonnes confuses et repentantes.

Bien des siècles plus tard au Tibet ...
Jé Lodrö Tènpa (1402-1478), fondateur de Dagpo Dratsang et 7e Gandèn Tripa, est considéré comme  une forme reprise par compassion par le sthavira Cudapanthaka.
 

vendredi 8 mars 2019

Journée pour les droits de la femme

Lien vers une interview qui démontre à nouveau, s'il en est besoin, que la parole est d'argent, et le silence d'or. :-)

Bouddha News


vendredi 1 mars 2019

Shuksép Jetsun : femme et grand maître du XXe siècle

A lire sur le site de Bouddha News

ཤུག་གསེབ་རྗེ་བཙུན་བློ་ཆེན་རིན་པོ་ཆེའམ་རྗེ་བཙུན་རིག་འཛིན་མ་ཆོས་ཉིད་བཟང་མོ་མཆོག་
Une courte biographie de Shuksép Jetsun (1852-1953), rédigée par Antony Boussemart. :-)

lundi 12 mars 2018

Histoire récente et laïcité

A titre d'exemple, voici un petit échantillon de la vie des femmes en France dans les années 1920/1930.
Instructif - à de nombreux points de vue...






mercredi 24 janvier 2018

Etats généraux de la bioéthique


Le bouddhisme n'a ni dogme ni position définitive sur les questions éthiques, mais cherche plutôt à y répondre avec un maximum de sagesse et de conscience bienveillante », explique Olivier Wang-Genh, président de l'Union bouddhiste de France (UBF). L'euthanasie, toutefois, constitue une ligne rouge...

Je suis pleinement en accord avec le Rév. Olivier Wang-Genh, que je remercie.

NB A ma connaissance, depuis près d'un an, Olivier est vice-président de l'UBF et actuellement, l'UBF a unE présidentE en la personne de Madame Minh Tri VÔ, mais cela, c'est difficile à faire "entendre" et assimiler par la société française. :-)

vendredi 19 janvier 2018

Tibétaine, nonne et grande méditante

Un de mes Maîtres, Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen - Gen Tati pour ses co-religionnaires - (1926-2018) me parlait souvent de l'une de ses Maîtres, exilée en Inde puis rentrée au Tibet vers 1982.

Non, les "e" ci-dessus ne sont pas des fautes d'accord : si j'ai mis le féminin, c'est parce que Gyaltsen Lhamo (rGyal mtshan lha mo) est une femme ; une nonne même. Qui a beaucoup de disciples, hommes et femmes, religieux et laïcs. Et pas au Moyen-Âge ; de nos jours : elle est née dans le centre du Tibet dans les années 1920, mais comme on n'a pas eu de ses nouvelles depuis son retour au Tibet, on ne sait pas si elle vit encore ou pas.

D'abord mariée contre son gré, elle a eu un bébé, mort en bas âge, après quoi elle a été alitée des années durant par une maladie dont aucun remède ni aucun rituel ne venait à bout. Jusqu'au jour de cette visite de Kangyur Rinpoche, lama respecté de Drepung Loseling.

Toute la maisonnée s'inclinait pour recevoir par apposition des mains sur la tête la bénédiction du Maître encore assis sur son cheval, quand à la surprise générale, la jeune Gyaltsen Lhamo survint, cheveux en bataille et robe de travers, le teint grisâtre : c'était la première fois qu'elle se levait depuis des mois. La stupéfaction fut à son comble quand on vit le grand lama ôter son chapeau et se pencher pour toucher du front le front de la malade, d'égal à égal.

La mère de l'intéressée fut particulièrement impressionnée par ce geste, tant et si bien que, quand sa fille lui annonça sa décision de se retirer dans une grotte de montagne pour méditer, elle quitta la maison et l'accompagna pour la servir.
Dès lors, notre yogi tibétaine se consacra à la pratique sans jamais accorder la moindre importance au côté matériel : Zong Rinpoche (qui fut abbé de Ganden Shartse) fit un jour la remarque que sa jupe était tellement rafistolée qu'il en devenait impossible de distinguer ce qui avait été le tissu d'origine par rapport aux multiples pièces rapportées.

Assez curieusement (à nos yeux d'Occidentaux pas toujours bien informés), ce n'est qu'après avoir affectué la longue retraite de Vajrabhairava de trois ans que Gyaltsen Lhamo reçut l'Enseignement du lamrim d'un Geshe érudit de Ganden Jangtse : Geshe Nyima, professeur de philosophie de Gyudmed Khensur Rinpoche (le mien, de professeur, que j'appelle donc "Genlags").

Pour l'occasion, Gyaltsen Lhamo avait invité Geshe Nyima "chez elle" - une grotte dans le Phenpo. Comme c'était une période d'intersession au collège, Genlags avait accompagné son maître : pendant que celui-ci exposait le lamrim à leur hôtesse, Genlags mémorisait les traités philosophiques au programme de l'année. Un jour, il demanda à Geshe Nyima la transmission d'un texte de pratique, et s'entendit répondre qu'il ferait beaucoup mieux de demander cette transmission à Gyaltsen Lhamo. Ce qu'il fit, établissant ainsi avec elle un lien de maître à disciple.

Notez que, dans cette relation, "le" maître est une nonne tibétaine, qui a donc au maximum l'ordination mineure de getsulma (shramanerika) puisque l'ordination majeure de gelongma (bhikshuni) n'a jamais été introduite au Tibet. Le disciple est un gelong (bhikshu), qui plus est plus très loin du rang de geshe lharampa, et qui agit sur les conseils de son professeur, lui-même gelong et geshe lharampa. Le tout dans les années 1954-1955.

Au Tibet comme en Inde, Gyaltsen Lhamo était souvent sollicitée pour effectuer des divinations, et beaucoup de personnes la "soupçonnaient" d'avoir réalisé les pouvoirs de clairvoyance, au moins (consécutifs à l'obtention du calme mental - shamatha), tellement les réponses qu'elle donnait tombaient juste.

Vivant de rien, elle utilisait les offrandes qu'elle recevait pour faire le don sous ses différentes formes, surtout le don du Dharma (de l'Enseignement) : aux débuts de l'exil en Inde, quand les réfugiés manquaient de tout, c'est elle qui invita pour la première fois au camp de Bylakuppe, où elle habitait, Kyabje Trijang Dorjechang, prenant en charge les frais pour organiser l'Enseignement du Grand Lamrim qu'il dispensa alors. Elle invita aussi à Bylakuppe Zong Rinpoche, pour enseigner bien sûr. Par ailleurs, elle fit ériger de grandes statues, qu'elle offrit à des monastères.

Chaleureuse et disponible, elle était d'une extrême humilité, mais ses qualités étaient telles qu'elles ne pouvaient échapper à ceux qui avaient la chance de la rencontrer. Un grand lama gelugpa laissa un jour échapper une petite phrase qui laissait à entendre qu'elle était une émanation de Dulzin Takpa Gyaltsen - celui des disciples de Je Tsongkhapa qui est considéré comme le détenteur du Vinaya !