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mercredi 16 décembre 2020

Communauté bouddhiste

Joyau du Sangha : soit un arya, soit une communauté d’au moins 4 bhikshus.

Une communauté monastique bouddhiste est régie par le Vinaya.

À l'origine, c'est à dire du temps du Bouddha, il n'y avait qu'un seul Vinaya, puis dix- huit branches sont apparues, selon les textes anciens.

De nos jours, sur les dix-huit, il n'en reste que trois :

- Theravada Vinaya : pays de Sud-Est asiatique (Thaïlande, Cambodge, etc.) (NB Dans ces pays, les lignées d'ordination féminine ont disparu depuis très longtemps)

- Dharmaguptaka Vinaya : Chine, Corée, Vietnam (au Japon, il a été aboli au XIXème siècle, lors de la persécution anti-bouddhiste)

- Mūlasarvāstivāda Vinaya : Tibet et pays limitrophes, dont la Mongolie, le Bhoutan, etc.

jeudi 12 décembre 2019

Les centres bouddhistes en France


En France, en simplifiant, il existe trois types principaux de pagodes/monastères/centres/

·      Les pagodes d’Asie du Sud-Est, qui sont souvent « communautaristes » - avec des exceptions telles que le Village des Pruniers.
Elles se sont constituées de manière souvent informelle, pour permettre aux membres du groupe concerné de se rencontrer, de se réconforter, de célébrer ensemble les grandes étapes de la vie : naissance, mariage et mort et de perpétuer et transmettre traditions et valeurs culturelles et cultuelles. Quasiment tout se passe dans la langue d’origine, ou le dialecte (diverses provinces chinoises), tant et si bien que ces pagodes sont essentiellement fréquentées par des Asiatiques de la première génération – les nouvelles générations ne parlant que le français ne s’y sentent guère à l’aise et cessent d’y aller à l’adolescence.

Le Village des Pruniers, fondé par le moine Zen Thích Nhất Hạnh (réfugié politique en France depuis 1972), et ses filiales dans le monde entier (sauf au Vietnam) reçoivent en revanche des personnes de toutes origines, et utilisent en parallèle la langue vietnamienne et la langue locale : le français en France, l’allemand en Allemagne, etc.

·      Les centres Zen (Japon, Corée, Chine - mais pas Vietnam qui relève de la rubrique précédente) sont aux antipodes.
Japon : La figure de proue est Maître Deshimaru, qui est venu seul et qui est décédé assez rapidement. Le flambeau a donc été repris par ses disciples occidentaux, même si de temps à autre, un maître japonais est invité, pour de courts séjours.
Par ailleurs, dès le 12ème siècle, le Vinaya (code monastique) a été abandonné dans les monastères Zen du Japon. Les ordinations monastiques traditionnelles ont été remplacées par des « ordinations » d’upasaka et de bodhisattva - engagements qui dans les autres pays bouddhistes sont ouverts aux laïcs sans leur conférer le statut de « religieux ». Les « moines » et « nonnes » des traditions Zen du Japon (+ certains de Corée et de Chine) peuvent donc se marier et avoir des enfants, tant et si bien qu’ils travaillent pour subvenir aux besoins de la famille.

·      Les centres « tibétains » (Tibet, Mongolie, Bouthan, etc.)
Deux sources :
-       Tibétains arrivés en France à partir de 1960 avec le statut de réfugié politique ;
-       Occidentaux s’étant rendu en Inde ou au Népal et y ayant rencontré des réfugiés tibétains, ou ayant visité des monastères bouddhistes  dans l’Himalaya (Sikkim, Ladakh, Zangskar, Bhoutan)
Les centres « tibétains » sont en général en lien avec un Maître « tibétain » qui réside ou non en France, et ont souvent des liens privilégiés avec sa communauté d’origine (soit au pays, soit en exil en Inde ou au Népal). Les Enseignements et rituels sont traduits en français. Ces centres sont fréquentés principalement par des non bouddhistes d’origine occidentale, et aussi par quelques jeunes bouddhistes issus de familles d’origine d’Asie du Sud-Est (surtout du Vietnam).
Les Maîtres de la première génération étant maintenant très âgés ou disparus, pour assurer l’Enseignement, les centres invitent parfois des religieux issus de leur communauté d’origine en exil en Inde ou Népal (il est toujours impossible de les inviter du Tibet…), mais encore faut-il obtenir des visas...

lundi 1 avril 2019

Quelques gouttes de l'océan bouddhique


par le Vénérable Dagpo Rinpoche

Adaptation française par Marie-Stella Boussemart

En téléchargement sur Bouddha News


vendredi 1 mars 2019

jeudi 8 février 2018

JPO Inalco 10 février

Journée Porte Ouverte 2018 | Inalco

www.inalco.fr/evenement/journee-porte-ouverte-2018
Vous souhaitez étudier à l'Inalco? Avoir des informations sur notre offre de formations ? 
Venez nous rencontrer lors de la JPO du samedi 10 février 2018 de 10h00 à 16h30 ! 
Cette journée se déroulera dans nos locaux au 65 rue des Grands Moulins – 75013 Paris. Enseignants et personnels administratifs seront présents ...

jeudi 25 janvier 2018

Little Pilgrim (Ko Un)

Couverture

A bestseller in South Korea in 1991, where it was serialized in that country's largest newspaper, Little Pilgrim is a tale of adventure and self-discovery in the tradition of Hermann Hesse's Siddhartha. Based on the Gandavyuha, Buddhism's deepest and most challenging scripture, Ko Un's Little Pilgrim relates the heroic journey of Sudhana, who sets out to discover what truth is. Throughout 20 years of fantastic travels, Sudhana encounters teachers that are human, animal, and spirit as he navigates mountain vistas, lush valleys, and remote villages.

Drawing from his own 20-year journey, as well as first-hand experiences with wars and monastic life, Un infuses his book with reflections and memories, creating fascinating characters and a vibrant story. The pinnacle of Un's career as a writer and as a man in search of truth, Little Pilgrim is a poignant voyage that resonates on many levels.

dimanche 3 avril 2016

Asie du Sud Himalaya (Inalco)

L'Inalco fête les civilisations pendant 2 semaines, à partir du 4 avril.

La journée culturelle Asie du Sud Himalaya est programmée au 13 avril et le Tibet y sera particulièrement à l'honneur, grâce à la mobilisation de Confluences Tibétaines et des étudiants et enseignants très actifs pour l'organisation de cet événement.

Programme 
- Projection d'un documentaire sur la culture indienne à 10h, et sur le bengali à 14h
- Un petit concert de chants à 12h30, suivi d'un atelier pour apprendre à chanter en tibétain;
- Le spectacle des "Contes facétieux du cadavre", racontés par Sophie Pérès et mis en musique par Lobsang Chonzor, de 15h à 16h30
- Une initiation au jeu d'osselts et de dés tibétain, de 15h à 17h
- A partir de 16h30, une démonstration de danses, suivie d'un atelier pour apprendre à danser les rondes traditionnelles
- Une conférence de Robbie Barnett (Director, Modern Tibetan Studies Program; Columbia University, New York), sur : "La télévision tibétaine en République Populaire de Chine : la poursuite de la modernité" à 17h45
- Un atelier de découverte de la langue tibétaine, de 14h à 15h et de 17h à 18h
- La journée se terminera par la projection du film Tharlo, de Pema Tseden, à 19h

Toute la journée :
- Exposition des magnifiques dessins du Tibet de Senga la Rouge, ainsi qu'un stand d'exposition "Le Tibet à travers les sens", où vous serez invités à toucher, goûter, entendre voir et sentir le Tibet.
- Vente de plats traditionnels tibétains et de livres sur l'Asie du Sud et le Tibet publiés par l'Asiathèque 



Cette journée culturelle (et les autres : Afrique, Corée, Chine, Arménie, etc. - http://www.inalco.fr/actualite/festival-civilisations) étant destinée à faire connaître les civilisations et langues que nous enseignons, ainsi que l'Inalco, vous êtes invités à en informer vos amis et contacts, Tibétains inclus, pour qu'ils en profitent également. 
Notez que toutes les animations sont gratuites, à l'exception de la vente de livres et de nourriture.

samedi 25 avril 2015

Langage corporel / Formes révélatrices de la pensée

Selon les philosophes vaibhashika et prasangika, les "formes" (gestes, attitudes, intonations, etc.) qui sont révélatrices de la pensée sont des karmas physiques.



Vidéo postée le 4 décembre 2012 par stéphanie BOUGAZALE

Professeurs et étudiants de l'INALCO (Paris) passent devant la caméra et partagent leurs anecdotes concernant le langage corporel et les malentendus qu'il peut entraîner lorsque l'on se retrouve face à une personne de culture différente.

A noter :
- Les signes au début de la vidéo représentent des signes que l'on utilise couramment dans le langage gestuel français mais qui représentent autre chose dans les autres pays.
Ex : le pouce levé, en Iran, représente une insulte.
- Les couleurs des petits personnages représentent le danger / risque à effectuer ce geste
Ex : vert, c'est normal, ça n'a pas de conséquences graves - rouge, là c'est dangereux, ça a de graves conséquences.

mercredi 11 mars 2015

Hommage aux bouddhistes de France et message d'espoir

La communauté bouddhiste de France, qui compterait environ un million de personnes, a la réputation d'être plutôt paisible et discrète.

D'où vient-elle ? Comment est-elle composée ?

Les bouddhistes de France se répartissent en deux groupes, d'importances numériques très inégales : les bouddhistes de naissance (d'origine asiatique) et les bouddhistes par choix (origine européenne ou autres).

Les premiers sont les plus nombreux, de très loin : 2/3 à 3/4 de la communauté.
C'est à eux que je souhaite rendre hommage.
D'une part, ils m'ont apporté le Dharma.
D'autre part, leur intégration à notre société française est remarquable, surtout quand on repense à leur histoire.
Ils sont des modèles d'adaptation.
Et ces temps troublés (des temps paisibles existe-t-il vraiment en ce bas monde ?), leur exemple pourrait être source d'espoir pour les opprimés actuels de Syrie, du Niger ou d'ailleurs.

Parmi les bouddhistes de France d'origine asiatique, beaucoup sont issus d'anciennes colonies, qui n'ont pas laissé que des bons souvenirs aux indigènes...

Beaucoup sont surtout des réfugiés ou des enfants de réfugiés, qui vivent avec la mémoire et les séquelles des atrocités commises par les khmers rouges, gardes rouges ou autres tortionnaires : massacres ; tortures ; famines ; destructions de monastères, de livres, de statues, etc.

A titre d'exemple, au Tibet, 90 % des monastères tibétains ont été rasés durant la Révolution culturelle. Entre 1950 et 1976, il y a eu environ 1,2 million de morts, soit un cinquième de la population. 
La sinistre Révolution culturelle a pris fin, mais pas l'occupation. La liste des victimes politiques s'allonge chaque année.

Au Cambodge, statues et monastères ont été détruits à l'explosif par les khmers rouges, qui ont massacré 1,7 million de leurs compatriotes, soit 21 % de la population. La dictature de Pol Pot a pris fin, mais les mines antipersonnelles continuent de faire de nombreuses victimes, directes et indirectes.

Kalmouks, Laotiens, Vietnamiens, sans oublier les Chinois et les autres, ont connu également bien des vicissitudes - pour parler par euphémisme.

Pays d'origine par ordre alphabétique
en gras, les pays d'où ont fui des réfugiés (à diverses dates)

Birmanie
Bhoutan
Cambodge
Chine (République populaire de)
Corée du nord
Corée du sud
Japon
Laos
Mongolie
Tibet
Sri Lanka
Taïwan
Thaïlande
URSS/Russie
Vietnam

mercredi 22 décembre 2010

Les religieux bouddhistes

Selon le Larousse en ligne sur Google, un religieux est quelqu'un qui a fait voeu de vivre selon une certaine règle, tandis qu'un moine est quelqu'un qui est lié par des voeux de religion et mène, en solitaire ou en communauté, une vie esentiellement spirituelle. Tout religieux (en réalité, le mot "moine" ne peut être appliqué à des religieux non soumis à une clôture).

Maintenant, quid de la réalité bouddhique dans ce domaine ?

Eh bien, c'est plutôt compliqué, surtout depuis que le bouddhisme est arrivé en Occident, car les écoles qui étaient autrefois localisées dans tel ou tel pays cohabitent désormais en des lieux où de plus le Dharma est nouveau et pas forcément encore si bien connu que ça.
Et puis, il y a les problèmes de vocabulaire, qui viennent s'ajouter aux difficultés de compréhension.

Tout cela pour dire que l'expression "religieux (et bien sûr religieuses) bouddhistes" recouvre un champ sémantique très vaste, du fait de la diversité au sein des branches et sous-branches.

Vous avez, j'espère, noté que dans mon précédent article à propos de l'entrée en religion, j'avais pris soin de spécifier "selon le Vinaya".

Prenons l'exemple typique du Japon, où le Vinaya (il s'agissait du Dharmagupta-vinaya, en vigueur en Chine, en Corée ou encore au Vietnam) n'était plus guère utilisé depuis le XIIème siècle, et a été abandonné depuis la persécution du bouddhisme survenue au XIXème siècle.
Depuis qu'ils ont récupéré le droit de pratiquer le bouddhisme, en lieu et place des ordinations du Vinaya, les Japonais recourent à des cérémonies de prise de voeux de bodhisattva. Les engagements ne sont bien sûr pas identiques à ceux du Vinaya, même s'il y a des bases communes.

Les "moines" et "nonnes" japonais ou encore coréens (car certains religieux du pays du Matin calme ont emboîté le pas à leurs voisins), qui peuvent se marier ou encore boire de l'alcool et fumer, n'en sont donc pas aux yeux des moines d'Asie du Sud-Est (Theravada-vinaya), ni d'ailleurs aux yeux des moines tibétains ou vietnamiens.
Mais selon leurs critères, ils en sont.

Tant que ces religieux restaient dans leur pays, tout le monde étant au courant, il n'y avait aucune ambiguïté.
En revanche, dans nos pays, le fait d'utiliser les mêmes mots pour des statuts extrêmement différents, s'avère gênant et source de nombreux malentendus.

En tout cas, de même qu'en Occident, les pasteurs protestants, mariés, ou encore les rabbins, mariés également, sont admis au rang des religieux, les "moines" et "nonnes" japonais sont sans nul doute des "religieux bouddhistes", car ils ont "fait voeu de vivre selon une certaine règle".

Au sein de la société tibétaine, en parallèle avec les moines et nonnes - qui suivent le Vinaya -, il existe une autre catégorie de "religieux" qui suivent une certaine règle mais une règle qui (contrairement au Vinaya) ne leur interdit pas de se marier, de boire de l'alcool, etc.
Ces religieux, qui ne sont donc pas des "moines" (rab byung), sont fréquents dans les écoles nyingmapa, kagyupa et sakyapa, plus rares chez les gelugpa.
Chez les Sakyapa, la charge de chef de l'école est d'ailleurs héréditaire, de père en fils.
Pour citer quelques noms parmi des Lamas connus en France, c'est donc le cas de Sakya Trizin, ou encore Dilgo Khyentse Rinpoche (nyingmapa), Lama Gyurmé (kagyupa).


mercredi 25 novembre 2009

lundi 23 novembre 2009

"Moines et "moniales" bouddhistes

Le bouddhisme est une tradition respectable qui remonte à environ 2500 ou 2600 ans. Il s'est diffusé dans la plupart des pays d'Asie et il vient d'arriver en Occident relativement récemment.

Entre autres caractéristiques, l'Enseignement du Bouddha montre un grand pragmatisme : il consiste non en la "révélation de la Vérité (absolue)" mais en une méthode qui s'adapte à chaque cas particulier, l'important étant que chaque être puisse progresser, à son rythme.

Tout cela pour dire que le bouddhisme montre une richesse et une variété qui parfois déconcertent les amateurs d'absolu que nous sommes.

Par ailleurs, les mots ne sont jamais que des conventions, et d'une école à l'autre, leur sens peut varier considérablement.

Tout ce préambule pour en arriver à notre sujet du jour : les "moines" et "moniales" (ou "nonnes") bouddhistes.
Surtout n'allez pas vous imaginer qu'ils soient tous dans le même cadre.

Dans le Theravada mais aussi dans le Mahayana/Vajrayana qui s'est établi au Tibet, en Mongolie, etc., ainsi qu'au Vietnam, les moines et moniales sont des personnes qui ont reçu une ordination mineure (en tant que shramanera ou shramanerika) ou majeure (en tant que bhikshu ou bhikshuni) selon les règles du Vinaya, sachant que subsistent aujourd'hui dans le monde trois codes de Vinaya (sur 18).
Les moines et moniales ici concernés ont pris des voeux de pratimoksha, qui supposent entre autres d'observer la chasteté et de ne pas boire d'alcool.

En revanche, en Chine, en Corée et au Japon, dans les écoles Zen mais parfois aussi dans d'autres écoles, pour des raisons multiples et diverses, les ordinations du Vinaya ne sont plus conférées depuis bien longtemps.
Les "moines "et "moniales" sont des pratiquants engagés qui ont procédé à une cérémonie de production d'esprit d'Eveil (dénommées "ordination") et, pour certains, ont pris les 4 vœux de bodhisattva transmis dans leurs lignées.

Autrement dit, selon les critères des Theravadin ou des bouddhistes de lignées tibétaines (simples conventions, je le répète, et chaque système a une cohérence interne), les "moines "et "moniales" Zen (en tout cas au Japon et en Corée) ou Shingon ne sont pas des "moines" et "moniales", car ils peuvent se marier, avoir des enfants, boire de l'alcool, etc.

Je me souviens du choc que j'ai eu en 1974 lors d'un séjour au Japon, juste après avoir pris refuge auprès de Geshe Rabten-lags, l'un des plus grands maîtres gelugpa contemporains, et dont l'Enseignement m'avait fait prendre la décision d'entrer dans les ordres (décision concrétisée en 1997).

Alors que je visitais un monastère Zen à Kyoto, le Daisen-in, le moine desservant du lieu m'a proposé de célébrer une cérémonie du thé, après quoi il m'a annoncé qu'il allait chercher ... son épouse pour me la présenter.
Je n'y comprenais plus rien, jusqu'au jour où notre professeur d'histoire du Japon (j'ai étudié les langues japonaise et tibétaine aux Langues'O dans ma jeunesse) nous a parlé des décrets anti-bouddhistes pris au 19ème siècle quand le gouvernement japonais de l'époque avait cherché à restaurer la religion insulaire : le Shinto - "la voie des Dieux" (NB L'Empereur du Japon est considéré comme le descendant d'Amaterasu). En fait, dès les 12 ou 13ème siècles, certaines écoles bouddhistes du Japon avaient renoncé à suivre les règles du Vinaya, jugées trop contraignantes.

samedi 8 août 2009

Hommage à Monsieur Fabre suite

Voici le mail par lequel mon regretté professeur, Monsieur Fabre, m'autorisait à poster ses poèmes sur ce blog, avec sa discrétion et sa modestie habituelles. C'était le 2 janvier 2OO8.
Je n'ai retiré que les noms de personnes.
Je poste aujourd'hui ce mail parce que je ne peux pas m'empêcher de repenser à lui. Et dire que le 9 juillet dernier, il m'écrivait qu'il allait mieux... Et m'invitait très gentiment chez lui.
Il est exact que le bouddhisme nous a rapproché.
En cours, jamais il ne nous a laissé deviner son intérêt pour la Voie. Il nous en parlait bien sûr, lors de ses cours de linguistique appliquée à la littérature japonaise classique, mais il n'aurait pas pu faire autrement, vu les textes abordés, imprégnés de pensée bouddhiste.
Ce n'est que longtemps après qu'il m'a confié avoir pris refuge auprès de Lama Tempa, un maître kagyupa qui réside en France depuis longtemps et passe quasiment tout son temps en retraite.
Bonsoir Marie - Stella,
Merci pour votre carte. C’est bien volontiers que je vous autorise à faire figurer mon poème sur votre blog. Comme tous ceux que je pourrais vous envoyer par la suite. Cela fait longtemps que j’écris des poèmes, essentiellement inspirés par le bouddhisme, mais je n’en parlais pas car je ne recherche ni la gloire littéraire ni les milieux littéraires qui, on le sait- et ce n’est pas l’unique cas -, ne sont que paniers de crabes. Mais si ma poésie peut aider à réfléchir, je veux bien la « révéler » ( ?!). Savez-vous que ce poème a une suite étonnante. Après l’avoir composé, je l’avais gardé pour moi, mais, ne voilà-t-il pas que, quelques semaines plus tard, une amie de Marseille m’a envoyé une de ses photographies : un chat marchant sur l’arête d’un toit couvert de neige ! Vous la connaissez peut-être, c’est elle aussi une de mes anciennes étudiantes en linguistique : F. D., maintenant Mme G., qui est en train de préparer une thèse.
Après une année plutôt « meurtrière », l’approche du nouvel an semble devenir plus sereine. Nous fêterons la Saint - Sylvestre à trois. Sans oublier nos deux chiennes Nine (rien à voir avec le chiffre anglo-saxon, ça veut dire « ma petite » en catalan), Roppongi et nos trois chats : SOS, Blitz et Mayday, les deux premiers recueillis mourant de faim dans des maisons abandonnées.
Je vous souhaite une Bonne Année et j’espère que le début de 2008 verra notre rencontre.
Cordialement
André

Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves

Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves

Se Co (roi de Corée)
traduit par : André Fabre
Collection : Le temps de la pensée
Paru le : 15/05/2008
EAN : 9782845213319
Présentation :
Le roi Sejong (1418-1450), quatrième monarque de la dynastie des Yi fondée en 1392, créa en 1420 le « Palais des Sages réunis », académie des lettres et des sciences à laquelle il confia plusieurs travaux, dont Le Reflet de la lune se reflétant dans les mille fleuves. Ce livre est donc le fruit du travail collectif d'une équipe de lettrés, mais le véritable inspirateur, instigateur et auteur de ce monument de la littérature coréenne classique est bien Sejong, le « Roi-Soleil du Matin calme ». Cet ouvrage fut écrit à la mémoire de sa mère, fervente bouddhiste, pour glorifier le Bouddha, à une époque où la classe dirigeante était confucéenne dans l'âme et n'avait que mépris pour le bouddhisme accusé d'être en partie responsable du déclin de la dynastie précédente.

dimanche 2 août 2009

Hommage à Monsieur Fabre

Quand j'étudiais le japonais aux Langues'O, j'ai eu pour professeur de linguistique puis de littérature japonaise classique Monsieur André Fabre, qui était avant tout un coréanologue émérite, mais qui avait beaucoup de cordes à son arc. En fait il était polyglotte et linguistique. Et informaticien : il est l'un des premiers aux Langues'O à avoir usé et abusé de cet outil redoutable qu'est un ordinateur. En prime, il avait énormément d'humour - fallait voir les textes qu'il nous donnait à convertir en phonétique !

Après avoir pris sa "retraite" en 1998, il était retourné au pays, à Perpignan, d'où il a continué à rayonner, participant à des colloques, rédigeant des manuels de langue coréenne ou de savants ouvrages historiques. il traduisit aussi des traités versifiés bouddhistes.
Et il composait des poésies, sur l'impermanence entre autres.

Il n'y a pas si longtemps que cela, avec son autorisation bien sûr, j'ai d'ailleurs publié sur ce blog de courts poèmes de sa plume.

Hélas, il nous a quittés dans la nuit du 27 au 28 juillet 2009.
Je vous serais reconnaissante de joindre vos prières aux miennes, pour mon cher professeur devenu un ami, et pour ses proches - dont ses chiens et chats : homme de coeur, il avait adopté plusieurs errants pas très "jojos", qui sans lui auraient vu "leurs souffrances abrégées" depuis belle lurette.

dimanche 12 avril 2009

HIERARCHIE dans Ordre Chogye (Corée)

Merci à Federico Procopio de m'avoir fourni toutes ces précieuses informations .

L’Ordre Chogye et la branche Kwan Um suivent la hiérarchie très ancienne Lin Chi :

1) "les trois marches de la transmission"

* Dae Soen Sa Nim Soen Sa = Grand Maître Zen Vénérable (ce titre est principalement attribué aux fondateurs ; par exemple Maître Seung Sanh)

* Soen Sa Nim (Roshi dans la trad. japonaise) = Vénérable Maître Zen
deux niveaux de SSN :
- les jeunes Maîtres : 5 premières années
- les Maîtres Guides, qui eux prennent en charge en totale responsabilité un temple, puis un pays, parfois un continent…
Italique
* Jido Poep Sa Nim ( Sensei dans la trad. Japonaise ) = Maître de Dharma
Ce sont les Maître Zen "en devenir", ou encore "en entraînement".
Ils commencent à dispenser les Kong An, mais sous l’autorité d’un Vénérable. Pendant plusieurs années ils visitent plusieurs Vénérables Maîtres Zen d’autres traditions et d’autres lignées (Soto, Rinzai, Obaka) , suivent auprès d'eux un enseignement et livrent des « combats de Dharma », surtout sous la forme de « combats de Kong An », et ce pour recevoir l’Inka.

* * * * * * * * * * * * * * * *

* Abbé : la plus haute autorité spirituelle d’un temple, après les Vénérables Soen Sa Nim et les Jido Poep Sa Nim.
L'Abbé est le « père », l’interlocuteur officiel des relations publiques, le décisionnaire et l’interlocuteur unique entre les temples et les sangha.
Il est le responsable de l’enseignement.
Il est en effet requis d’être enseignant de Dharma pour être Abbé, d’avoir au moins les 16 préceptes et 10 ans de pratique régulière en moyenne.
Responsable liturgique du temple, il célèbre les cérémonies de mariage de bénédiction des nouveaux-nés ou funèbres et préside toute autre cérémonie.
Il accompagne individuellement les pratiquants et sympathisants et peut, en absence du Maître, donner les préceptes ainsi que le refuge aux pratiquants.

Divers niveaux d’Abbé :
- Abbé d’un temple donc d’une sangha
- Abbé général d’un pays, ou d’un continent, ou de l’Ecole.


* Cho So : Directeur du temple ou d’un pays.
Enseignant de Dharma qui gère l’administratif des structures.

* Enseignant de Dharma - Maître de liturgie :
Enseignant de Dharma ayant reçu les 10 préceptes, ayant en responsabilité la pratique formelle dans le dojo et dans la vie de la maison. Il veille au silence, au respect du cérémonial ainsi que des règles du temple.

* Enseignant de Dharma Maître de Maison :
Responsable de l’accueil, de l’hôtellerie, ainsi que de l’entretien des lieux.

* Enseignants de Dharma (Bodhisattva) :
Membres de la sangha ayant reçu les dix préceptes , qui participent à la vie active du temple, souvent ce sont des membres résidents au temple même.

* Enseignants de Dharma en entraînement :
Membres réguliers de la sangha, que le Maître choisit sur son initiative ou à leur demande pour devenir Bodhisattva, ils doivent suivre un entraînement intensif de Kong An et de pratique régulière (3 fois par jour) et vivre au temple pendant deux ans.

* * * * * * * * * * * * * * * * * ** * * * * *
La sangha (locale, nationale ou internationale « maha sangha ») composée de :
* Su Nim = moines et nones
* Frères et sœurs dans le Dharma (refuge et cinq préceptes)
* Pratiquants
* Sympathisants

* * *
NB1 La voie de la transmission et la voie des préceptes (bodhisattva) sont totalement indépendantes (recevoir 5, 10, 16, 48, 100………… préceptes n’est pas du tout indispensable pour avancer sur la voie de la transmission de l’Inka).


NB2 le lien et les niveaux de responsabilités des Enseignants de Dharma est bien plus complexe et ceci est un résumé pragmatique.

NB3 un moine (Su NIm) est une autorité égale voire plus haute spirituellement qu’un enseignant de Dharma laïque.

NB4 un Abbé peut n'avoir reçu que 10 préceptes, auquel cas il n'est pas habilité à célébrer les rituels.

vendredi 20 mars 2009

Bras droit nu

Une question revient souvent : pourquoi Sa Sainteté le Dalaï Lama, et plus généralement les religieux bouddhistes gardent-ils le bras droit découvert ?

Essai de réponse (sous toute réserve) :

En fait, les religieux bouddhistes n'ont pas tous le bras droit dévêtus.
Dans la sphère d'influence chinoise (y compris le Japon et la Corée), ils doivent au contraire porter des manches, par pudeur.

C'est dans la zone d'influence indienne qu'il est coutume de garder le bras droit dénudé, mais pas tout le monde et pas toujours.
C'est en effet une marque d'humilité, un signe de respect vis à vis des personnes présentes.
Par conséquent, le disciple aura soin d'avoir le bras dénudé devant son/ses maîtres, qui eux se seront peut-être (pas obligatoirement) couverts les deux épaules - en fonction des circonstances.

Par ailleurs, ce bras dénudé montre qu'on est prêt à travailler (un peu comme ici, on se retrousse les manches pour se mettre à l'ouvrage).

Cet usage est aussi censé concourir à lutter contre l'attachement, au confort notamment. Il oblige à prendre (un peu) sur soi, d'où une meilleure maîtrise de soi (enfin, en principe) et une diminution de l'aliénation aux conditions extérieures...


Voici en quelques mots un petit aperçu de la symbolique de ce détail de la vêture des religieux bouddhistes.
Il y aurait bien sûr encore beaucoup à dire.

lundi 14 juillet 2008

Le Shingon

Je ne suis guère patiente ! Ma Maman me l'a souvent dit, et même si aujourd'hui je l'admets et fais quelques tentatives pour y remédier, c'est loin d'être dans la poche.

Tenez, à chaque fois que quelqu'un fait devant moi l'amalgame Vajrayana = bouddhisme du Tibet (je me refuse à parler de "bouddhisme tibétain"), je ne puis me retenir de faire une allusion perfide au Shingon. Je pourrais aussi évoquer le Tendai, mais cette branche est encore moins connue, et reconnue, ici.

Car le vajrayana n'est ni une invention ni un monopole tibétains.
1. Enseignement du Bouddha (d'accord, sous la forme de Vajradhara. Et alors ?), il naquit donc en Inde. Ou disons plutôt, il fut révélé d'abord au pays des Arya (= Inde, je précise).
2. Il s'est diffusé en Chine très tôt, et de là s'est transplanté en Corée, au Japon, etc.
3. A partir des VIIème, VIIIème siècles, d'Inde, il s'est peu à peu introduit au Tibet, via le Népal.
4. Du Tibet, il est aussi passé en Mongolie. Et depuis certains fâcheux évènements (1959), il s'est disséminé un peu partout dans le monde dans le balluchon des réfugiés.

Ainsi, le SHINGON, "boudddhisme ésotérique japonais", relève bel est bien du vajrayana.
Son fondateur est le grand Kûkai, connu à titre posthume sous le nom de Kôbô Daishi.
Contemporain de Padmasambhava, il serait né à la fin du VIIIème siècle et mort vers le milieu du IXème siècle.

Fondateur du monastère Kôyasan, Kûkai était non seulement un fin érudit et un grand maître, mais aussi un humaniste généreux et actif. Il parcourait les campagnes, créant ici une école, là un dispensaire, et construisait un peu partout des ponts.

vendredi 4 janvier 2008

Méditation sur l'impermanence

"Point ne t'apitoie sur toi
Regarde ton cadavre de visage
Les stèles de tes dents de temple enfui
Tes yeux grenouilles privés de mare
Au vent blanchi des chevaux - cheveux
rebelles comme le Destin
Le piège des nuages inonde ton âme
Le clapotis des passions tressaute comme un squelette
Dans la lande de poussière
La lune n'est qu'un appât
Etre le chat
Qui marche sur la muraille de neige
Entre le Vide et le Plus Vide encore"


Poème composé par André FABRE dans le TGV vers Perpignan, le 16.12.04
* * *
S'il est une notion importante dans le bouddhisme, c'est bien celle d'impermanence , comme vous le savez.
Quand j'ai lu ce poème rédigé par l'un de mes chers professeurs des Langues'O, le Professeur émérite André Fabre, me sont aussitôt revenus en mémoire des bribes de chants entonnés par Jetsun Milarepa, quand il raconte que c'est par peur de la mort qu'il s'est enfui dans la montagne pour méditer, mais que désormais la mort peut venir : il ne la craint plus. Ou encore quand Milarepa souligne le fait quelque peu désagréable que notre cadavre n'est jamais bien loin de nous : il n'est autre que notre corps, privé du souffle vital.

Je profite de l'occasion pour rendre hommage à mes maîtres et professeurs, depuis l'école maternelle à aujourd'hui, et je suppose, jusqu'à ma mort.
Quand j'entends parler beaucoup d'autres personnes, de tous âges, qui se plaignent amèrement du corps enseignant, j'ose en général à peine prendre la parole, car en ce qui me concerne, je n'ai pour ainsi dire que des bons souvenirs... J'ai eu, je le confesse, d'excellents professeurs, dévoués et compétents.
Déjà, la directrice de l'école maternelle ! Nous l'aimions tant que les grands du C.P. que nous étions devenus se précipaient souvent dès la cloche de midi pour traverser un parc et quelques rues, et avoir le temps de la saluer à la sortie de la Maternelle quelques minutes plus tard (les Mamans n'ayant pas forcément le don d'ubiquité, les décideurs avaient aménagé intelligemment les horaires).

Quant aux Langues'O, qu'en dire, sinon que c'est là que j'ai rencontré Rinpoche ? D'où mon attachement éperdu à cette noble institution.
En section de japonais également, nous avons eu des enseignants remarquables, Asiatiques ou Occidentaux : Messieurs Mori, Origas, Fujimori ou Ninomiya pour ne citer que quelques noms. Et Monsieur Fabre.
Ce dernier enseignait principalement la langue et la culture coréennes - ses spécialités- , mais aussi la linguistique et la littérature japonaise classique. Et à ses moments perdus, l'informatique. Je l'ai donc retrouvé plusieurs fois dans des registres assez variés. D'aspect réservé, voire timide, il ne pouvait dissimuler longtemps son profond sens de l'humour, qui transparut pour nous dès le premier trimestre dans ses choix de textes pour nous entraîner à l'austère phonétique.
A la retraite depuis quelques années, il est retourné dans sa région natale, mais reste extrêment actif : si j'ai bien compris, il enchaîne conférences et publications, sans pour autant omettre l'essentiel : poésie et spiritualité.

samedi 15 septembre 2007

Les moniales bouddhistes 3. La Corée

3. LA CORÉE


- Koguryô

L'introduction du Bouddhisme à Kogurô (Kôkuri) est le résultat d'une transaction diplomatique : Kogurô avait apporté son aide aux Qin antérieurs pour lutter contre les Yan antérieurs, ausi le souverain des Qin, Fu Jian, envoya-t-il à Koguryô une mission de remerciement en 372 (2ème année de règne du roi Sosurim, 371-384). Fu Jian avait une grande foi dans l'enseignement du Bouddha et il joignit à l'expédition le moine Shun Dao (coréen : Sundo, s.-j.: Jundô), porteur de sûtras et d'images bouddhiques.
En 374, le moine Fado (Mukhoja), qui était peut-être originaire de Koguryô, revint de Chine et en 375, le roi Sosurim fit construire dans la capitale deux monastères (Sôngmun-sa et Ibullan-sa) pour les deux moines qu'il couvrit de largesses, leur assurant sa protection pour qu'ils puissent enseigner et propager la doctrine bouddhiste. Dès 382, le Bouddhisme était religion d'état à Koguryô mais il atteignit son apogée au hème siècle. A cette époque, cependant, l'opposition chamaniste et taoïste causait des troubles incessants, si bien que de nombreux moines coréens se rendirent alors au Japon. Parmi eux, on peut citer, par exemple, Hyeja qui devint en 554 le précepteur bouddhiste du Prince Shôtoku, ou Hyeguan qui vint au Japon en 627 et fut l'un des fondateurs de l'école Sanron (Madhyamika).


- Paekche

En 384, sous le règne du roi Ch'imnyu (384-385), les Jin orientaux envoyèrent à Paekche un moine, Mârânanda (ch. : Mo luo nuo t'uo; cor. : Maranan'a), qui était sans doute d'origine indienne. Il reçut un très bon accueil à la cour et le roi Ch'imnyu fit construire en 385 un monastère à Han San, où dix moines furent autorisés à prendre l'habit. Le bouddhisme s'implanta facilement à Paekche où il connut son apogée sous le roi Sông (523-554). Sous le règne de ce roi, de nombreux moines se rendirent au Japon pour y faire connaître la Loi.

Le Bouddhisme pénétra beaucoup plus tard à Silla que dans les deux royaumes précédents et quand Ado voulut l'y implanter, sous le règne du roi Nulji (417-457), il se heurta à l'opposition de la noblesse, qui était "choquée" par l'apparence des moines (crâne rasé, port de la robe...). Wonhyo présenta le Bouddhisme à la cour de Silla, mais, bien que le roi lui ait été favorable, l'hostilité des nobles réduisit à néant tous ses efforts.
Le point culminant du conflit entre le roi et la noblesse se situe en 527, année du martyre d'Ich'adon. Ich'adon était un jeune noble, converti au Bouddhisme, que le roi fut forcé de faire exécuter. D'après la légende, Ich'adon aurait prévu et accepté sa mort afin de faire triompher sa foi. Au moment de l'exécution, sa tête vola jusqu'à la Montagne de Diamant; du cou tranché coula du lait, du ciel assombri tombèrent des fleurs et la terre trembla. Ce miracle permit de transformer l'opposition au Bouddhisme en soumission, et même si certains demeurent sceptiques devant les faits racontés ci-dessus, il n'en est pas moins vrai qu'à partir de 527 le Bouddhisme devint religion d'état à Silla, où il exerça une influence considérable. Le roi Jin-heung-wang (Shinkô) vieillissant décida d'entrer en religion, imité de son épouse qui est à l'origine de la communauté bouddhiste féminine en Corée et qui fit construire le premier monastère destiné aux nonnes (Yong-heung-sa).

En 655, une religieuse coréenne, Pôp-myông-ni (Hômyô-ni), se rendit au Japon où elle finit ses jours. Elle est connue pour avoir lu le sûtra Yuimagyô (Vimalakirtinirdeça) afin d'obtenir la guérison de Fujiwara no Kamatari (ou hakatomi no Kamatari, 514-669). C'est donc à elle que remonte au Japon l'habitude qu'ont les moines et les moniales de se réunir pour lire le Yuimagyô. A la fin du 7ème siècle, les documents mentionnent que de nombreux moines de Silla se seraient rendus au Japon et y auraient diffusé la doctrine bouddhiste.