Puissent tous les êtres mes mères échapper à la souffrance et aux causes de souffrance !
Puissent-elles accéder au bonheur et aux causes de bonheur !
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
Puissent tous les êtres mes mères échapper à la souffrance et aux causes de souffrance !
Puissent-elles accéder au bonheur et aux causes de bonheur !
La commémoration du premier Enseignement du Bouddha - chos 'khor dus chen ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ - coïncide cette année avec le lundi 28 juillet.
"Samsara" འཁོར་བ་ est un terme récurrent dans le vocabulaire bouddhiste, mais il est souvent mal, ou pas, compris.
Selon les grands traités, le bouddhisme admet deux définitions, qui sont équivalentes en dépit des formulations respectives sensiblement différentes :
1) Les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte. ཟག་བཅས་ཉེར་ལེན་གྱི་ཕུང་པོ་
2) Naissance prise par la personne concernée sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté. རང་དབང་མེད་པར་ལས་ཉིན་གྱི་དབང་གིས་སྐྱེ་བ་ལེན་པ་
Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara
est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous
les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de
l'esprit, à commencer par l'ignorance.
En résumé, rien (aucun phénomène composé) n'est sans cause et rien n'est sa propre cause.
* Tout phénomène composé naît de causes et de conditions, qui lui sont antérieures.
* Une cause unique ne produit pas de fruit.
* Quand les causes et conditions sont réunies, le fruit apparaît nécessairement.
* Quand les causes et conditions ne sont pas réunies, le fruit n'apparaît pas.
La pratique du Dharma concourt donc notamment à s'entraîner à éviter la réunion des causes et conditions de souffrance (principalement les facteurs mentaux perturbateurs) et à favoriser la réunion des causes et conditions de bonheur (principalement les facteurs mentaux vertueux, associés aux facteurs mentaux à objets déterminés).
Les six portes de souillures, et donc de souffrances
1 Zag pa'i bdag nyi ཟག་པའི་བདག་ཉིད་
Ce qui est de la nature même des souillures : klesha (facteurs perturbateurs, à commencer par l'ignorance, l'attachement et l'irritation)
2 Zag pa dang 'brel ba ཟག་པ་དང་འབྲེལ་བ་
Ce qui est corrélé aux souillures : les autres facteurs mentaux et les 5 sens de tout être du samsara
3 Zag pas bcings pa ཟག་པས་བཅིངས་པ་
Ce qui est liés par les souillures : karma introducteurs au samsara
4 Zag pa dang rjes su 'brel ba ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་འབྲེལ་བ་
Ce qui est affecté par les souillures : être du samsara
5 Zag pa dang rjes su mthun pa ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་མཐུན་པ་
Ce qui est en adéquation avec les souillures : les objets des klesha
6 Zag pa las 'byung ba ཟག་པ་ལས་འབྱུང་བ་
Ce qui est issu des souillures : les agrégats
souillés d'un être encore prisonnier du samsara
Vérité de la souffrance : les phénomènes souillés qui naissent à partir de leurs causes, lesquelles causes étant les karma et les facteurs perturbateurs.
Vérité de l’origine : les karma et les facteurs perturbateurs qui génèrent la vérité de la souffrance, qui constitue leurs résultats
Vérité de la cessation : cessation issue de l’analyse qui élimine les voiles qui constituant les les objets d’abandon - le chemin ininterrompu que cela permet d’obtenir.
Cessation issue de l’analyse qui est susceptible de rejeter les voiles lui correspondant à ce stade du sentier ininterrompu[1] qu’il lui permet alors d’obtenir.
Vérité de la voie : la voie des arya qui inclut les moyens directs et indirects permettant d’obtenir ou encore d’actualiser la Vérité de la cessation. « Directe », cela désigne ce dont on vient de parler, c’est-à-dire le sentier sans obstacles qui stoppe le pan des voiles consistant en la saisie du soi acquise et manifeste. « Indirecte », c’est-à-dire tout ce qui n’étant pas forcément ce chemin sans obstacles va y contribuer d’une manière ou d’une autre. Donc, d’une manière plus générale, pour simplifier, on peut dire que ce que l’on entend par Vérité du chemin, ce sont toutes les connaissances et qualités du continuum mental des arya.
Première vérité, de la souffrance
D’une part, vide d’un soi qui serait comme le créateur ou encore l’auteur du monde, etc.
D'autre part, vide d’une existence ne dépendant de rien, d’une existence en soi.
Deuxième vérité, de l'origine
Troisième vérité, de la cessation
Quatrième vérité, du chemin
Les 4 vues fausses ainsi contrées
Vérité de la souffrance
- Voir comme propres des choses qui ne sont pas propres.
- Voir comme étant bonheurs des choses qui ne sont pas bonheurs, qui sont souffrances.
- Voir comme permanentes et éternelles des choses qui ne sont ni permanentes ni éternelles.
- Saisie du soi.
Vérité de l’origine vues fausses[2] :
- soit considérer qu’il n’y a pas du tout de causes,
- soit admettre des causes qui sont en fait insuffisantes ou incompatibles (pas valides).
Vérité de la cessation
1. Nier toute possibilité de libération.
2. Confondre la libération avec des phénomènes souillés, par ex imaginer la libération comme une sphère supérieure décrite comme un grand parasol blanc (un peu comme un paradis) (gSal byed pa).
3. Imaginer que la libération est atteinte une fois le soi (indépendant et permanent) isolé des reliquats de composantes grâce à la méditation (Samkhya).
4. Estimer qu'il est possible, grâce à la méditation, d'obtenir une libération momentanée (mais pas irréversible).
Vérité de la voie
1. Estimer qu’il n’existe pas de voie de libération ;
2. que la sagesse comprenant le non-soi, loin d’être une voie excellente, constitue une voie mauvaise ;
3. qu'il existe des voies de libérations supérieures à la sagesse comprenant directement le non-soi, comme par exemple entrer dans le mandala d'Ishvara et recevoir les instructions afférentes ; ou encore s’installer en méditation au milieu de cinq brasiers enflammés, etc. ;
4. que, même si l’on médite la sagesse comprenant le non-soi, en aucun cas cela ne pourrait permettre d’éliminer définitivement la souffrance.
Source : Shravabhoumi, d'Asanga
1. Impureté : les objets d'attachement sont souillés, car en lien (dirent ou indirect) avec les facteurs perturbateurs.
2. Impermanence : les objets d'attachement sont temporaires et sujets au changement.
3. Nature de souffrance : les objets d'attachement ne comblent jamais et suscitent un désir croissant.
4. Vacuité : les objets d'attachement sont dénués de nature propre, ils n'ont pas d'existence réelle, ou encore absolue.
5. Non-soi : les objets d'attachement sont dénués d'un soi inhérent et indépendant.
6. Illusion : les objets d'attachement sont trompeurs et illusoires.
La commémoration du premier Enseignement du Bouddha - chos 'khor dus chen ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ - coïncide cette année avec le mardi 9 juillet.
Ces symboles de bon augure sont des facteurs de l'interdépendance censés avoir la capacité de favoriser le bonheur dans la vie présente et une heureuse destinée dans le futur.
L'origine de ces symboles n'est pas très claire, mais on les retrouve dans des textes très anciens de l'Inde.
Les bouddhistes établissent ce parallèle avec le Bouddha :
la parole du Bouddha est comparable à la
conque,
sa tête au parasol,
son corps à la bannière de la victoire,
ses yeux aux poissons d'or,
son cou au vase au trésor,
sa langue au lotus,
son esprit au nœud sans fin,
la plante de ses pieds est marquée par une
roue.
Plus généralement :
La conque blanche dextrogyre (sanskrit : sankha ; tibétain : dung-kar), c'est-à-dire dont la spirale s'enroule vers la droite, symbolise le son de l'enseignement (Dharma) qui éveille les êtres du sommeil de l'ignorance et les incite à œuvrer pour le bien de tous les êtres - autrui et eux-mêmes.
La bannière de la victoire (skt dhvaja ; tib gyaltsèn) représente un drapeau enroulé qui atteste la victoire sur les négativités et les obstacles grâce aux actes accomplis par le corps, la parole et l'esprit. Elle témoigne aussi de la puissance de l'enseignement (Dharma).
Le précieux parasol (skt chatra ; tib rinchén dug), symbolise l'activité que protège les êtres. Dans cette vie, il les protège des maladies, des obstacles, des accidents, etc. Dans leur vie à venir, il les protège des trois renaissances inférieures (enfers, esprits avides et animaux. Il est aussi signe de la dignité royale.
La roue d'or (skt chakra ; tib khorlo) est ici la roue du Dharma, sur le modèle de la roue précédant les empereurs universels (culture indienne). La roue représente l'unité de toutes les choses.
Les deux poissons d'or (skt matsya ; tib sér gyi nya) symbolisent la libération des êtres lorsqu'ils sont délivrés du danger de se noyer dans l'océan de souffrance du samsara et qu'ils ont désormais la capacité de se mouvoir librement, comme un poisson dans l'eau.
Le nœud sans fin (skt srivista ; tib pal bè) représente l'interdépendance de toutes choses. Il symbolise l'union des moyens (amour, compassion) et de la sagesse, l'inséparabilité de la vacuité et de la production interdépendante. Du point de vue de l'éveil, il symbolise l'union de la sagesse et de la compassion.
La fleur de lotus (skt padma ; tib péma) représente la purification du corps, de la parole et de l'esprit.
Le vase au trésor (skt kalasha ; tib boumpa) contient les joyaux spirituels tels les nectars d'immortalité, des richesses, de la prospérité, tout ce qui est bon pour les êtres dans le domaine temporel et dans le domaine spirituel.