Traduction à partir du sanskrit et du tibétain. Approche exégétique universitaire.
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
mardi 30 septembre 2025
Uttaratantra
Uttaratantra - en français
Uttaratantra - plan
Ratnagotravibhāga Mahāyānottaratantraśāstra
Le Traité de la Continuité suprême du Grand Véhicule
Introduction
Commentaire : explication détaillée du texte
Chapitre I L'essence des Tathāgata (nature-de-bouddha)
Première partie : Les trois premiers points de vajra
° Le premier point : le Bouddha
° Le deuxième point : le Dharma
° Le troisième point : la Communauté
Deuxième partie : Les quatre autres points de vajra
° Le quatrième point : l’Élément[1]
Chapitre II Le cinquième point : l’Éveil
Chapitre III Le sixième point : les Qualités
Chapitre IV Le septième point : les Activités des Bouddha
Conclusion
Chapitre V Les bienfaits du présent enseignement
Colophon
[1] De manière générale, le terme "élément" ཁམས་ désigne un phénomène composé (les 18 dhatu). Ici, il est synonyme de རིགས་ rigs, "lignage" de Bouddha, ou encore de tathāgatagarbha, nature foncière de Bouddha, c'est-à-dire la vacuité de l'esprit de l'être concerné. dans le contexte présent, "élément" désigne donc un existant non-composé et permanent.
lundi 23 décembre 2024
Les écoles philosophiques du bouddhisme
Enseignement du Vénérable Dagpo Rinpoche paru aux Éditions Guépèle
samedi 3 août 2024
Huit préoccupations pernicieuses
Dans Le Shravakabhumi, Asanga met en garde contre huit préoccupations pernicieuses བརྣོན་པའི་བསམ་བློ་བརྒྱད་ susceptibles de souiller nos faits et gestes, par attachement et partialité :
1. Désir des objets des cinq sens དུག་སྒྲིབ་གྱི་འདོད་པ་
2. Préoccupation relative à son propre pays རང་གི་ཕྱིན་ཡུལ་ལ་སྣང་བ་
3. Préoccupation relative à sa famille རང་གི་སྤུན་ཟླའི་སྣང་བ
4. Préoccupation relative à son propre corps རང་གི་ལུས་ཀྱི་སྣང་བ
5. Préoccupation relative à sa propre vie རང་གི་ཚེ་རིང་སྣང་བ
6. Désir de gain et profit དོན་ལེན་སྣང་བ
7. Désir d'honneur et renommée དགེ་འདོན་གྱི་སྣང་བ
8.
Désir d'être reconnu et aimé དགའ་ཞེན་གྱི་སྣང་བ
Six défauts des objets d'attachement
Source : Shravabhoumi, d'Asanga
1. Impureté : les objets d'attachement sont souillés, car en lien (dirent ou indirect) avec les facteurs perturbateurs.
2. Impermanence : les objets d'attachement sont temporaires et sujets au changement.
3. Nature de souffrance : les objets d'attachement ne comblent jamais et suscitent un désir croissant.
4. Vacuité : les objets d'attachement sont dénués de nature propre, ils n'ont pas d'existence réelle, ou encore absolue.
5. Non-soi : les objets d'attachement sont dénués d'un soi inhérent et indépendant.
6. Illusion : les objets d'attachement sont trompeurs et illusoires.
vendredi 19 janvier 2024
Bases du bouddhisme (cours en anglais)
The Foundation Study Program ("FSP")
Cours (en anglais) par Zoom toutes les 2 semaines
Thèmes :
Introduction Le bouddhisme : science de l'esprit
Le mental et les facteurs mentaux
Allocution d'ouverture par Rinpoche (enregistrée début janvier 2024)
lundi 18 décembre 2023
Description d'un maître du mahayana
Dans Le Sutralamkara, Maitreya décrit un maître du mahayana pleinement qualifié.
Idéalement, un maître du mahayana doit présenter les 10 qualités indiquées dans le tableau ci-dessous, à défaut les 5 en gras.
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jeudi 14 décembre 2023
Les agrégats souillés et les "six portes de souillure"
Tout phénomène composé est lui-même un agrégat.
Un agrégat est qualifié de "souillé" s'il est associé d'une manière ou d'une autre avec les facteurs mentaux perturbateurs.
Dans L’Abhidharmasamuccaya མངོན་པ་ཀུན་བཏུས།, Asanga indique "six portes de souillure" :
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1. ཟག་པའི་བདག་ཉིད། |
Ce qui est de la nature même des souillures |
= Les facteurs perturbateurs |
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2. ཟག་པ་དང་འབྲེལ་བ། |
Ce qui est corrélé à des souillures |
Les facteurs mentaux et les facultés sensorielles associés à des klesha |
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3. ཟག་པས་བཅིངས་པ། |
Ce qui est entravé par des souillures |
Les
vertus des trois mondes du samsara, les karmas introducteurs au samsara |
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4. ཟག་པའི་རྗེས་སུ་འབྲེལ་བ། |
Ce qui est assujetti à des souillures |
Ce qui est associé à des empreintes souillées, par ex les êtres ordinaires |
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5. ཟག་པའི་རྗེས་སུ་མཐུན་པ། |
Ce qui est en accord avec des souillures |
Les
objets des klesha |
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6. ཟག་པའི་རྒྱུ་ལས་བྱུང་བ། |
Ce qui est causé par des souillures |
Par ex, les agrégats souillés repris lors des naissances du samsara |
mercredi 18 octobre 2023
Sutralamkara de Maitreya
Selon la tradition, Le Sutralamkra (Ornement des soutras du mahayana) est l'un des 5 Traités transmis par Maitreya à Asanga.
C'est un ouvrage fondamental du mahayana et il est donc fréquemment cité dans les lamrims, depuis la manière correcte de suivre le Maître jusqu'aux derniers chapitres, notamment à propos de l'entraînement au calme mental (shamatha).
J'ai pourtant l'impression qu'à ce jour, la seule traduction qui existe en français remonte à ... 1908.
Merci à Monsieur Sylvain Levi de l'avoir effectuée, même si la terminologie utilisée est parfois un peu déroutante pour nous, plus d'un siècle plus tard.
Elle est accessible en cliquant sur ce lien.
Si vous avez connaissance d'une traduction plus récente, merci par avance de bien vouloir nous en indiquer les références.
lundi 3 mai 2021
La vie de Hiuan-tsang, pèlerin chinois
Film en anglais sur Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng
Biographie de Hiuan-tsang
Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng Lama
Moine bouddhiste chinois de l'époque Tang (602-664).
En 629, il entreprit un long voyage vers les pays d'Occident. Traversant
l'Asie centrale, il gagna l'Inde et ne revint dans son pays qu'en 645,
rapportant de nombreux textes, qu'il traduisit ensuite en chinois. Le récit de
son voyage est conservé dans les Mémoires sur les pays d'Occident (Xiyouji).
Sur les traces du Bouddha de René Grousset
Hiuan-tsang ... nous le suivons pas à pas à travers l'Asie centrale et l'Inde. Au mépris des interdits impériaux, l'indomptable pèlerin, animé par sa foi, quitte secrètement la Chine en 629. Quand il rentre en 645, après avoir affronté les déserts, les montagnes, les brigands, les bêtes fauves, les maladies, l'empereur T'ai-tsong non seulement lui pardonne, mais lui offre un poste de ministre qu'il refuse pour se consacrer à ses immenses travaux de traduction. (Extrait de la 4° de couverture)
La rencontre de Hiun-tsang avec l'abbé de Nalanda (extrait)
À ces mots, Çîlabhadra ne put retenir ses larmes. Et il
fit raconter à Hiuan-tsang l’extraordinaire pressentiment qu’il avait eu
de son arrivée : Quelque temps auparavant, souffrant d’une cruelle
maladie, il avait désiré mourir. Une nuit, il vit en songe trois
divinités. Leur taille était belle et leur figure pleine de dignité, ils
étaient vêtus d’habits de cérémonie aussi légers que brillants. Le
premier était couleur d’or, le second de lapis-lazuli, le troisième
d’argent blanc. C’étaient les bodhisattva Mañjuçrî, Avalokiteçvara et
Maitreya. Ils lui étaient apparus, lui ordonnant de vivre pour répandre
au loin la Loi sainte avec la doctrine idéaliste, et d’attendre pour
cela l’arrivée d’un religieux venu de Chine auquel il enseignerait la
science. « Puisque mon arrivée, répondit Hiuan-tsang, est d’accord avec
votre ancien songe, veuillez m’instruire et m’éclairer ; mettez le
comble à ma joie en me permettant de vous montrer les sentiments d’un
disciple docile et dévoué ! »
Le pèlerin chinois avait enfin trouvé
le maître omniscient, le métaphysicien incomparable qui allait lui
révéler les derniers secrets des systèmes idéalistes. Car, avec lui,
Hiuan-tsang atteignait la pure tradition de l’École, transmise de maître
à élève par une lignée de métaphysiciens de génie. Les fondateurs de
l’idéalisme mahâyâniste, Asanga et Vasubandhu, dont la production,
d’après MM. Sylvain Lévi et Takakusu, se place au Ve siècle de notre
ère11, avaient eu pour disciple le logicien Dignaga ; Dignaga avait
formé Dharmapâla, chef de l’École de Nâlandâ, mort vers 560, et
Dharmapâla, à son tour, avait été le maître de Çîlabhadra.
C’était
donc bien tout l’héritage de l’idéalisme bouddhique que Çîlabhadra
allait assurer au monde sino-japonais, et la Siddhi, le grand traité
philosophique de Hiuan-tsang dont nous parlerons tout à l’heure, n’est
pas autre chose que la Somme de cette doctrine, l’aboutissement de sept
siècles de pensée indienne.
mardi 17 novembre 2020
Le "renoncement" ངེས་འབྱུང་
Pas de pratique du Dharma sans "renoncement", au minimum aux seuls plaisirs de la vie en cours, ou mieux au samsara.
Oui, mais c'est quoi, le "renoncement"?
En fait, le terme utilisé en français pour traduire ངེས་འབྱུང་ n'est vraiment pas parlant, mais sans doute a-t-il été choisi faute de mieux.
ངེས་ signifie "à coup sûr", "certainement".
འབྱུང་བ་ rend le sens de "sortir".
En résumé, c'est un état d'esprit - en lien avec le facteur mental vertueux "non-attachement" - qui consiste à n'avoir plus qu'un envie, sortir au plus vite du samsara, parce qu'on est désormais pleinement conscient de son abominable nature de souffrance.
Cf. Dans L’Abhidharmasamuccaya, Asanga énonce :
Qu’entend-on par non-attachement ?
Vis-à-vis du samsara et des jouissances du samsara, c’est une absence d’attachement. Sa fonction est de procurer un support à une bonne abstention des mauvaises conduites.
vendredi 14 février 2020
Saint-Valentin : célébration de l'amour ou de l'attachement ?
Eh oui, le moindre acte de l'un peut avoir des effets sur la vie de l'autre.
Cf. le battement d'aile du papillon.
Cf. Atisha soulignant que, pour pouvoir vraiment aider autrui, il faut au moins réaliser la clairvoyance, dans l'attente de l'omniscience.
Fi des digressions. Venons-en au plat du jour, l'attachement et l'amour.
Je ne reviendrai pas sur les origines de la tradition de la Saint-Valentin. Trop compliqué, et pas le sujet, qui est une petite méditation analytique à propos des deux phénomènes conventionnels, ou encore nominaux, que sont l'attachement et l'amour.
Pour rappel, si on en croit les philosophes madhyamika prasangika, rien de ce qui existe n'existe en soi. Tout existant présente deux niveaux, ou encore deux modes, d'existence :
un niveau ultime : le fait d'être vide de réalité autosuffisante,
un niveau conventionnel : le fait d'être une convention, établie en dépendance de son mode d'être ultime ainsi que de divers existants (pas n'importe lesquels néanmoins) tout autant conventionnels.
Comment comprendre que l'attachement et l'amour sont de simples phénomènes nominaux ?
1) Un premier point à noter est le fait qu'il s'avère indispensable de tout d'abord s'entendre sur des définitions. Sinon, on va discuter des heures durant sur la base de malentendus. D'où des dialogues de sourds, comme on dit, si fréquent en ce bas monde.
Rappelons donc que, dans le cadre du bouddhisme, par convention,
* on appelle amour l'attitude mentale consistant à souhaiter le bien et le bonheur de l'objet concerné (toujours des êtres animés), de manière désintéressée, sans rien attendre en retour.
Exemples : l'amour maternel, l'amour du Bouddha ou de Jésus envers les êtres, etc.
Effets entraînés : bonheur et sérénité
* on appelle attachement l'attitude mentale consistant à convoiter l'objet concerné (êtres animés ou objets inanimés) et à le vouloir pour soi, pour son propre plaisir.
Exemples : attachement pour un partenaire ; pour un rang ou un poste ; pour une voiture, une coiffure, etc. ; pour sa réputation et son image.
Effets entraînés :
- dans l'immédiat : apparent plaisir mais dénué de calme, plutôt associé à de l'inquiétude (+ jalousie, avarice, orgueil, etc.) ;
- à court et long termes : souffrances
2) Un autre indice que l'attachement et l'amour sont de simples phénomènes nominaux : ils sont variables, et ils dépendent de toutes sortes de facteurs, dont les objets pris en compte ou encore la manière d'envisager ces objets.
* Les faits divers démontrent que l'amour maternel n'est pas une réalité absolue.
Si l'amour maternel était autosubstantiel, toute mère l'éprouverait de manière inhérente, et sans exception. Les trop nombreux infanticides nous prouvent que ce n'est pas le cas !
* De même, l'attachement, s'il était autosubstantiel, dans la mesure où il existe en notre esprit, nous devrions l'éprouver dès la conception jusqu'à la mort, sans un instant de répit. Il devrait d'ailleurs se manifester continuellement, quels que soient les objets entrant dans notre champ de perception.
Or, ce n'est pas non plus le cas. Heureusement pour nous. Nous pouvons en remercier notre mode d'être ultime.
Plus prosaïquement, il est flagrant que la manifestation de l'attachement en notre esprit est tributaire de nombreux éléments. Comme vous connaissez sans doute les conditions énumérées par Vasubandhu et Asanga, je ne vais pas les répéter ici.
Au quotidien, nous avons tous pu faire l'expérience qu'un mets qui nous semble appétissant quand nous sommes en pleine forme, peut nous donner la nausée quand nous sommes malades. Nos goûts, c'est-à-dire nos attachements, alimentaires varient sensiblement au fil des années. Bébés, nous trépignons d'impatience à la vue du biberon ou de la bouillie, et quelques mois ou années plus tard, nous refusons catégoriquement d'avaler ça. Enfants, nous recrachons les épinards ou les lentilles, dont nous raffolons (peut-être) à l'âge dit adulte, etc., etc.
Un autre exemple, qu'il serait inexcusable de ne pas citer aujourd'hui : vis-à-vis d'une seule et même personne, ne nous arrive-t-il pas de passer de "l'amour fou", c'est-à-dire de l'attachement exacerbé, à l'indifférence, et parfois à l'aversion ?
Il peut aussi nous arriver de glisser de l'amour authentique, par exemple l'amour maternel, à l'attachement : volonté (qui peut être inconsciente) de garder son enfant pour soi, de se réaliser au travers de lui, etc.
L'inverse est heureusement vrai : nous pourrions passer de l'attachement à l'amour.
Attention ! Il ne s'agit pas de transmuer l'attachement en amour, mais de remplacer l'attachement par l'amour.
Autrement dit, il faut éliminer l'un pour laisser la place à l'autre.
Pour ce faire, des méthodes existent.
Il faut et il suffit d'étudier les Enseignements du Bouddha et de les appliquer. Il faut faire les deux. Comme dans l'exemple de l'oiseau qui a besoin de ses deux ailes pour voler.
La seule connaissance intellectuelle, pour importante qu'elle soit, ne suffit pas.



