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lundi 21 septembre 2026

mardi 15 septembre 2026

samedi 20 juin 2026

samedi 8 novembre 2025

lundi 6 octobre 2025

La notion de karma selon le bouddhisme

 

 

 

À noter

Le terme karma est presque passé dans le langage courant en français, mais avec des connotations hindouistes de destin ou encore fatalité.


Ici, les karmas sont vus comme dynamiques. De nature impermanente, ils sont changeants et donc modifiables (volontairement ou pas).

 

2 acceptions

 

admises par les 4 écoles philosophiques

bouddhistes

Karma en tant que "volition", facteur mental omniprésent (càd présent dans toute activité mentale) qui permet à l’esprit de se tourner vers un objet.

NB Par lui-même, le karma est neutre, mais influençable : il prend la tonalité des facteurs mentaux concomitants, bons, mauvais ou neutres.

Karma en tant qu'empreinte karmique laissée dans l'esprit par chaque volition qui prend fin : potentialité capable de produire de 1 à 3 types de résultats.

+ 3e acception vaibhashika et madhyamika-prasangika

 

Karma physique (ou oral), relevant de la forme et significatif de la pensée concomitante : 2 divisions, selon qu'il soit ou non visible de l'extérieur. Ex. 1. geste amical ; intonation   2. engagement pris.

 

 

 

 

 

4 propriétés des karmas en tant que potentialités

Les karmas sont certains :

- un karma bon donne un résultat bon (bonheur)

- un karma mauvais donne un résultat mauvais (souffrance)

Les karmas déposés dans l'esprit se développent de jour en jour - à moins d'être contrés par des forces opposées - jusqu'à ce qu'ils produisent leurs résultats.

Il est exclu de rencontrer des résultats issus de karma non accomplis.

Une cause qui n'aurait pas été établie ne pouvant pas donner de résultat, il n'est pas possible d'expérimenter le bonheur si on n'en établi pas les causes.

Un karma une fois établi est par lui-même inépuisable :

il prend fin soit quand il a donné son ou ses résultats, soit parce qu'il a été neutralisé par des forces opposées.
Ex. : La colère dévaste les karmas bénéfiques ; la compréhension du non-soi dévaste les karmas négatifs.

 

 

Résultats potentiels

Résultats à maturité : naissances favorables ou non ; sensations agréables, désagréables ou neutres, etc.

Résultats en concordance avec la cause :

1. Tendances (à la bonté ou à la méchanceté, etc.)

2. Expérimentations analogues (vie longue ou courte résultat d'avoir protégé ou écourté la vie d'autrui).

Résultats environnementaux : le cadre de vie.

Notion de "prière" en culture tibétaine

Traduire le sens, et pas seulement le mot... C'est plus facile à dire qu'à faire. :-)
 
Surtout quand il s'agit de termes ... courants : on ne s'en méfie pas alors qu'ils sont par définition fortement imprégnés de la culture locale.

Un cas typique est celui du mot "prière".
 
Pour me simplifier la tâche, je partirai du vocabulaire tibétain.

སྨོན་ལམ་ sMon lam 
Dungkar Rinpoche définit smon lam comme signifiant rang nyid kyi 'dod bya'i don 'grub par smon pa. 
Traduction approximative : "souhaiter la réalisation de quelque chose que soi-même l'on désire."
Ex. : sMon lam chen po, rendu en général en français par "la Grande Prière" (NB. les premiers traducteurs étaient des missionnaires chrétiens).

གསོལ་འདེབས་ gSol 'debs 
rang nyid kyi re 'dun zhu ba'i tshig brjod pa, "exprimer ses souhaits" ; "formuler ce que l'on souhaite".
Ex. : bLa ma la gsol ba 'debs pa, "invoquer le Maître" après avoir énoncé un souhait (guérir d'une maladie, ou d'un facteur perturbateur ; progresser sur la voie spirituelle ; obtenir une bonne renaissance, etc.). 
Il s'agit ici de demander au Maître son aide et sa bénédiction afin que se réalisent les souhaits formulés.

བསྔོ་བ་ bsNgo ba : "dédier" (des mérites) ; "dédicace" (de mérites)
Par rapport à smon lam 'debs pa, qui couvre un champ sémantique plus vaste, bsngo ba suppose d'avoir accompli quelque chose de bien (de n'importe quel ordre), que l'on "dédie" en vue de l'accomplissement d'un objectif précis, de préférence élevé.
Par ex., après s'être occupé d'un animal, d'un malade, ou d'ailleurs de n'importe qui ayant eu besoin d'une aide, on pourrait dédier les karma positifs ainsi accumulés en vue de devenir Bouddha, ou de réaliser telle ou telle qualité, ou d'atteindre tout but à son gré.

ཁ་དོན་བྱེད་པ་ Kha don byed pa : "faire ses prières", "faire ses pratiques". 
Consiste pour le pratiquant à réciter, ou à relire, régulièrement des formules et des textes censés sous-tendre une réflexion et/ou une méditation de sa part. Par ex; : réciter chaque fois la formule de la prise de refuge en les trois Joyaux, ou répéter des mantra, ou chanter la Louange à Tara, etc.

mardi 30 septembre 2025

Uttaratantra



 Traduction à partir du sanskrit et du tibétain. Approche exégétique universitaire.

Uttaratantra - en français


 Traduction fluide et accessible, agréable à lire.

dimanche 27 juillet 2025

Chökhor Düchen 2025 - 28 juillet

 La commémoration du premier Enseignement du Bouddha - chos 'khor dus chen ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ - coïncide cette année avec le lundi 28 juillet.

C'est à Sarnath, au Parc des gazelles, que jadis le Bouddha Shakyamouni mit en mouvement, pour la première fois, la Roue du Dharma,  en enseignant Le Sutra des Quatre Vérités des arya, socle et quintessence de l'Enseignement qu'il dispensa jusqu'à sa mort 45 ans plus tard.

"Ceci est la vérité de la souffrance des arya (cad telle que vue par les arya - les "nobles")."
"Ceci" désigne ici nos agrégats constitutifs, à nous êtres imparfaits, à savoir notre corps et notre esprit conditionnés par nos facteurs perturbateurs (ignorance en tête) et les karma que nous accumulons sous leur emprise.
-> Un corps et un esprit encore et toujours affectés par les facteurs perturbateurs ne peuvent qu'être "de la nature de la souffrance", cad soumis à la souffrance, sous ses différentes formes.
C'est la "vérité", ou encore la "réalité", que voient les arya, les êtres qui ne sont plus "ordinaires" car ils ont désormais la compréhension directe du non soi (absence de nature propre des choses).

"Ceci est la vérité de l'origine" de la souffrance."
"Ceci" désigne cette fois nos facteurs perturbateurs (alias klesha : ignorance, attachement, aversion, et leurs cohortes) + les karma accumulés sous leur coupe

"Ceci est la vérité de la cessation" de la souffrance."
 Si telle est la situation présente, ce n'est pas irrémédiable. On peut s'en sortir.

"Ceci est la vérité du chemin" menant à la cessation de la souffrance."
Comment se sortir du cercle vicieux du samsara ?
Grâce aux trois instructions (ou encore entraînements) supérieures - de l'éthique, de la concentration, de la sagesse.
Les trois s'entraident et se confortent mutuellement. Cependant, la base nécessaire consiste en l'éthique.

mercredi 7 mai 2025

Khen-Rinpoche Jigmey Gyatso Paris 31 mai


 

Communiqué 

Kyabje Khen-Rinpoche, Son Éminence Jigmey Gyatso, abbé du monastère de Drepung Gomang en Inde du sud, a accepté de prodiguer un enseignement sur les trois principes du chemin vers l’Éveil complet.
 
Samedi 31 mai à la Grande Pagode du bois de Vincennes. 
 
Horaires : 10h30 à 12h30 - 14h30 à 16h30 
 
Entrée libre sans inscription 

Accès en métro : ligne 8
Station: Porte Dorée


samedi 23 novembre 2024

Ouvrages de Dagpo Rinpoche en tibétain

En plus de dispenser de nombreux Enseignements oraux dans divers pays, le Vénérable Dagpo Rinpoche, qui a maintenant 92 ans, a également composé en langue tibétaine de nombreux commentaires et autres ouvrages.

Certains ont été édités dans son monastère, Dagpo Datsang, en Inde.

Voici quelques exemples, non limitatifs. 

Biographies des Maîtres du Lamrim en trois tomes :
    Le premier tome reprend le célèbre ouvrage de Yongzin Yeshe Gyaltsen (1713-1793 ; Tuteur du 8e Dalaï Lama Jampel Gyatso), avec ajout de renseignements complémentaires.
    Les deux tomes suivants, rédigés par Rinpoche, comportent des biographies de Maîtres qui ont succédé ainsi que de précieuses indications sur les différentes lignées de transmission des divers Lamrim de Jé Tsongkhapa.
 


བྱམས་མགོན་ཞལ་བཟང་མཇལ་བའི་དྭངས་གསལ་གསེར་གྱི་མེ་ལོང་ (Byams mgon zhal bzang mjal ba'i dvangs gsal gser gyi me long)
 Sub-commentaire d'un commentaire de Gyeltsab Dharma Rinchen (1364-1432) de l'Uttaratantra (l'un des cinq Traités de Maitreya) 
 

 

Enseignements de Dagpo Rinpoche en français

 Les plus récents parus aux Éditions Guépèle, en langue française 

(Traductions orales de Marie-Stella Boussemart, 
mises en forme par une équipe d'élèves de Rinpoche)




samedi 16 novembre 2024

La vérité de la souffrance sous différents angles

 Les six portes de souillures, et donc de souffrances

1 Zag pa'i bdag nyi                             ཟག་པའི་བདག་ཉིད་

Ce qui est de la nature même des souillures : klesha (facteurs perturbateurs, à commencer par l'ignorance, l'attachement et l'irritation)

 

2 Zag pa dang 'brel ba                   ཟག་པ་དང་འབྲེལ་བ་     

Ce qui est corrélé aux souillures : les autres facteurs mentaux et les 5 sens de tout être du samsara

 

3 Zag pas bcings pa                        ཟག་པས་བཅིངས་པ་

Ce qui est liés par les souillures : karma introducteurs au samsara

 

4 Zag pa dang rjes su 'brel ba         ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་འབྲེལ་བ་

Ce qui est affecté par les souillures : être du samsara

 

5 Zag pa dang rjes su mthun pa       ཟག་པ་དང་རྗེས་སུ་མཐུན་པ་

Ce qui est en adéquation avec les souillures : les objets des klesha

 

6 Zag pa las 'byung ba                  ཟག་པ་ལས་འབྱུང་བ་     

Ce qui est issu des souillures : les agrégats souillés d'un être encore prisonnier du samsara

Les quatre vérités vues par les arya

Sources :
Sutra des quatre vérités des arya
Enseignements du Vénérable Dagpo Rinpoche sur la base d’un traité de Gunthang Könchok Tenpai Drönmé.

 

Vérité de la souffrance : les phénomènes souillés qui naissent à partir de leurs causes, lesquelles causes étant les karma et les facteurs perturbateurs.

 

Vérité de l’origine : les karma et les facteurs perturbateurs qui génèrent la vérité de la souffrance, qui constitue leurs résultats

 

Vérité de la cessation : cessation issue de l’analyse qui élimine les voiles qui constituant les les objets d’abandon - le chemin ininterrompu que cela permet d’obtenir.

Cessation issue de l’analyse qui est susceptible de rejeter les voiles lui correspondant à ce stade du sentier ininterrompu[1] qu’il lui permet alors d’obtenir.

 

Vérité de la voie : la voie des arya qui inclut les moyens directs et indirects permettant d’obtenir ou encore d’actualiser la Vérité de la cessation. « Directe », cela désigne ce dont on vient de parler, c’est-à-dire le sentier sans obstacles qui stoppe le pan des voiles consistant en la saisie du soi acquise et manifeste. « Indirecte », c’est-à-dire tout ce qui n’étant pas forcément ce chemin sans obstacles va y contribuer d’une manière ou d’une autre. Donc, d’une manière plus générale, pour simplifier, on peut dire que ce que l’on entend par Vérité du chemin, ce sont toutes les connaissances et qualités du continuum mental des arya.

 

Première vérité, de la souffrance

  1. Impermanence
  2. Nature de souffrance
  3. Être vide

D’une part, vide d’un soi qui serait comme le créateur ou encore l’auteur du monde, etc.

D'autre part, vide d’une existence ne dépendant de rien, d’une existence en soi.

  1. Non-soi (anatta)

 

Deuxième vérité, de l'origine

  1. Cause
  2. Origine
  3. Source (production)
  4. Condition

 

Troisième vérité, de la cessation

  1. Cessation
  2. Apaisement (paix)
  3. Excellence
  4. (Libération/délivrance) irréversible (« renoncement » : se sortir à tout prix de…)

 

Quatrième vérité, du chemin

  1. Voie
  2. Connaissance
  3. Réalisation / accomplissement) ; « demeure » (sur l'objet : non-soi)
  4. Ce qui libère, ce qui délivre

Les 4 vues fausses ainsi contrées

 

Vérité de la souffrance

-       Voir comme propres des choses qui ne sont pas propres.

-       Voir comme étant bonheurs des choses qui ne sont pas bonheurs, qui sont souffrances.

-       Voir comme permanentes et éternelles des choses qui ne sont ni permanentes ni éternelles.

-       Saisie du soi.

 

Vérité de l’origine vues fausses[2]  :

- soit considérer qu’il n’y a pas du tout de causes,

- soit admettre des causes qui sont en fait insuffisantes ou incompatibles (pas valides).

  1. Estimer qu’il n’y a aucune cause à la souffrance.
  2. Estimer qu’il y aurait en tout et pour tout une seule cause, unique, permanente.
  3. Estimer que la cause serait fondamentalement permanente, mais que momentanément elle pourrait être changeante.
  4. Estimer que cela serait du ressort de la volonté, ou de la pensée, d’un dieu créateur tel qu’Ishvara.

 

Vérité de la cessation

1. Nier toute possibilité de libération.

2. Confondre la libération avec des phénomènes souillés, par ex imaginer la libération comme une sphère supérieure décrite comme un grand parasol blanc (un peu comme un paradis) (gSal byed pa).

3. Imaginer que la libération est atteinte une fois le soi (indépendant et permanent) isolé des reliquats de composantes grâce à la méditation (Samkhya).

4. Estimer qu'il est possible, grâce à la méditation, d'obtenir une libération momentanée (mais pas irréversible).

 

Vérité de la voie

1. Estimer qu’il n’existe pas de voie de libération ;

2. que la sagesse comprenant le non-soi, loin d’être une voie excellente, constitue une voie mauvaise ;

3. qu'il existe des voies de libérations supérieures à la sagesse comprenant directement le non-soi, comme par exemple entrer dans le mandala d'Ishvara et recevoir les instructions afférentes ; ou encore s’installer en méditation au milieu de cinq brasiers enflammés, etc. ;

4. que, même si l’on médite la sagesse comprenant le non-soi, en aucun cas cela ne pourrait permettre d’éliminer définitivement la souffrance.

 



[1] Cf. Chemins ininterrompus et de la délivrance qui se succèdent lors des chemins de la vision et de la méditation au fur et à mesure des éliminations des voiles à rejeter.

 

[2] gSal byed pa ; Rig pa can (Nayayika) ; rGyang 'phen pa (Carvaka) ; Grangs can pa (Samkhya)

dBang phyug (Ishvara)

mardi 22 octobre 2024

Les devoirs des gouvernants

Le Bouddha avait des disciples dans toutes les couches de la société, y compris parmi les rois et ministres. 
Il leur dispensait donc des conseils adaptés.

À titre d'exemple, voici les dix devoirs d'un roi ou plus généralement d'un gouvernant, selon le Dasarajadhamma, texte des Jataka ( récits des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni ) :

1. La générosité, qui suppose d’utiliser les biens et richesses au profit de la population, et non pour lui-même.

2. Une éthique élevée 

3. L’abnégation, qui consiste à accorder la priorité à l’intérêt de la population, 

4. L'honnêteté et l'intégrité

5. L’amabilité et la douceur

6. Un train de vie simple, sans luxe ni ostentation

7. L'absence de haine et de rancune

8. La non-violence

9. La patience, dont la capacité à supporter les critiques et insultes

10. Le souci de l’harmonie, en respectant la volonté populaire.

 

Insistant sur l'importance de la stabilité économique, le Bouddha estime que la politique d'un État doit concourir à quatre objectifs :

1. La sécurité économique
2. La prospérité économique
3. L’absence de dettes
 
4. La moralité des mœurs et coutumes

samedi 19 octobre 2024

La prise de refuge

 Enseignement du Vénérable Dagpo Rinpoche paru aux Éditions Guépèle 

Collection des instructions orales Volume 5




Karmas et loi de causalité

 Enseignement du Vénérable Dagpo Rinpoche paru aux Éditions Guépèle 

Collection des instructions orales Volume 4
 

 

Les quatre vérités des arya

 Enseignement du Vénérable Dagpo Rinpoche paru aux Éditions Guépèle 

Collection des instructions orales Volume 1


 


Le Lamrim de la lignée du Sud

 Une nouvelle édition papier, revue et corrigée, vient de paraître aux Éditions Guépèle.

Contact : guepele.projets@gandenling.org

Nouveau 

Une version numérique est également disponible sur Amazon (kindle) et sur Publishdrive (epub).