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jeudi 4 septembre 2025

Les arcanes des lamrim - Causalité et interdépendance

GROUPE D'ÉTUDE ET DE RÉFLEXION

 

Les arcanes des lamrim - de la théorie à la pratique

Causalité et interdépendance

 

TOUS LES LUNDIS

(Hors vacances scolaires et jours fériés)

À partir du 22 septembre 2025

de 19h15 à 20h45

En distanciel par ZOOM

 

Textes de référence

Les Bases du bouddhisme – polycopié du Vénérable Dagpo Rinpoche

Enseignements du lamrim du Vénérable Dagpo Rinpoche

 

Groupe d'étude guidé par

Marie-Stella Boussemart

 

Inscription pour recevoir le lien, les informations et les documents d'étude :

infos.iktm@gmail.com

 

Programme

La voie du Bouddha, son essence, ses outils

 Les objectifs : aller de l'avant

La méthode : étude, réflexion, méditation

 

Groupe ouvert à toute personne souhaitant découvrir les « outils » expérimentés, puis recommandés par le Bouddha :

Éthique, concentration, sagesse – amour et compassion

 

INSTITUT KADAM TCHEULING MEDITERRANEE

Sous l'autorité spirituelle du Vénérable Dagpo Rinpoché

Tél: 06 12 90 55 31 - infos.iktm@gmail.com - FB: iktmMeditation

 

dimanche 27 juillet 2025

Chökhor Düchen 2025 - 28 juillet

 La commémoration du premier Enseignement du Bouddha - chos 'khor dus chen ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ - coïncide cette année avec le lundi 28 juillet.

C'est à Sarnath, au Parc des gazelles, que jadis le Bouddha Shakyamouni mit en mouvement, pour la première fois, la Roue du Dharma,  en enseignant Le Sutra des Quatre Vérités des arya, socle et quintessence de l'Enseignement qu'il dispensa jusqu'à sa mort 45 ans plus tard.

"Ceci est la vérité de la souffrance des arya (cad telle que vue par les arya - les "nobles")."
"Ceci" désigne ici nos agrégats constitutifs, à nous êtres imparfaits, à savoir notre corps et notre esprit conditionnés par nos facteurs perturbateurs (ignorance en tête) et les karma que nous accumulons sous leur emprise.
-> Un corps et un esprit encore et toujours affectés par les facteurs perturbateurs ne peuvent qu'être "de la nature de la souffrance", cad soumis à la souffrance, sous ses différentes formes.
C'est la "vérité", ou encore la "réalité", que voient les arya, les êtres qui ne sont plus "ordinaires" car ils ont désormais la compréhension directe du non soi (absence de nature propre des choses).

"Ceci est la vérité de l'origine" de la souffrance."
"Ceci" désigne cette fois nos facteurs perturbateurs (alias klesha : ignorance, attachement, aversion, et leurs cohortes) + les karma accumulés sous leur coupe

"Ceci est la vérité de la cessation" de la souffrance."
 Si telle est la situation présente, ce n'est pas irrémédiable. On peut s'en sortir.

"Ceci est la vérité du chemin" menant à la cessation de la souffrance."
Comment se sortir du cercle vicieux du samsara ?
Grâce aux trois instructions (ou encore entraînements) supérieures - de l'éthique, de la concentration, de la sagesse.
Les trois s'entraident et se confortent mutuellement. Cependant, la base nécessaire consiste en l'éthique.

lundi 8 juillet 2024

Chökhor Düchen 2024 - 9 juillet

 La commémoration du premier Enseignement du Bouddha - chos 'khor dus chen ཆོས་འཁོར་དུས་ཆེན་ - coïncide cette année avec le mardi 9 juillet.

C'est à Sarnath, au Parc des gazelles, que jadis le Bouddha Shakyamouni mit en mouvement, pour la première fois, la Roue du Dharma,  en enseignant Le Sutra des Quatre Vérités des arya, socle et quintessence de l'Enseignement qu'il dispensa jusqu'à sa mort 45 ans plus tard.

"Ceci est la vérité de la souffrance des arya (cad telle que vue par les arya - les "nobles")."
"Ceci" désigne ici nos agrégats constitutifs, à nous êtres imparfaits, à savoir notre corps et notre esprit conditionnés par nos facteurs perturbateurs (ignorance en tête) et les karma que nous accumulons sous leur emprise.
-> Un corps et un esprit encore et toujours affectés par les facteurs perturbateurs ne peuvent qu'être "de la nature de la souffrance", cad soumis à la souffrance, sous ses différentes formes.
C'est la "vérité", ou encore la "réalité", que voient les arya, les êtres qui ne sont plus "ordinaires" car ils ont désormais la compréhension directe du non soi (absence de nature propre des choses).

"Ceci est la vérité de l'origine" de la souffrance."
"Ceci" désigne cette fois nos facteurs perturbateurs (alias klesha : ignorance, attachement, aversion, et leurs cohortes) + les karma accumulés sous leur coupe

"Ceci est la vérité de la cessation" de la souffrance."
 Si telle est la situation présente, ce n'est pas irrémédiable. On peut s'en sortir.

"Ceci est la vérité du chemin" menant à la cessation de la souffrance."
Comment se sortir du cercle vicieux du samsara ?
Grâce aux trois instructions (ou encore entraînements) supérieures - de l'éthique, de la concentration, de la sagesse.
Les trois s'entraident et se confortent mutuellement. Cependant, la base nécessaire consiste en l'éthique.

 

vendredi 10 février 2023

Samsara pathétique

 Merci à N. C. pour cette citation qui illustre l'interdépendance 

ainsi que le comique absurde et pathétique du samsara :


"A man may fish with the worm that hath eat of a King, 

and eat of the fish that hath fed of that worm."

(Un pêcheur amorce sa ligne avec le ver qui s'est nourri d'un roi, 

puis mange le poisson qui s'est nourri du ver)

(Shakespeare, Hamlet, IV, 3, Hamlet)


mardi 7 juin 2022

De l'interdépendance

 En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, auquel je me réfère ici[1], va jusqu’à poser que tous les existants, incomposés comme composés, sont interdépendants.

 

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir ici.

 

En très résumé, les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, en ce sens qu’ils sont à la fois résultats qui procèdent de leurs causes, et causes générant des résultats. 

 

Tous les existants, toutes catégories confondues, sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. 

 

En revanche, tout ne dépend pas de tout et n’importe quoi !



[1] La tradition philosophique bouddhiste recommande de préciser le système sur lequel on se base, par souci de clarté et d’honnêteté.

mardi 6 juillet 2021

De l'interdépendance entre la nature et les êtres

Merci au centre Kalachakra de Paris pour ce beau poème.

L’arbre protecteur de l’interdépendance.
SS le Dalaï-Lama
 
Vous qui êtes sans pareil, ô Seigneur Tathagata, né de la branche d’lksvakus ; 
Vous qui percevez la nature omniprésente de l'interdépendance 
Entre l'environnement et les êtres, entre le samsara et le nirvana, entre le mouvement et l’immobile, 
Mû par votre compassion, vous enseignez au monde et lui accordez votre bienveillance.
 
Ô vous le sauveur, le bien nommé Avalokiteshvara, 
Personnification du Corps de compassion de tous les Bouddhas, 
Nous vous supplions de faire mûrir et fructifier nos esprits 
Afin que nous parvenions à observer la réalité dépourvue d'illusion.
 
Notre égocentrisme obstiné, enraciné dans nos esprits depuis des temps sans commencement, contamine, souille et pollue l'environnement, cet environnement créé par les karmas similaires de tous les êtres.
 
Les lacs et les étangs ont perdu leur clarté, leur fraîcheur.
 
L'atmosphère est empoisonnée.
 
La canopée céleste dans le ciel brûlant se décompose.
 
Et les êtres souffrent de maladies inconnues auparavant.
 
Les montagnes resplendissantes de neige éternelle, dans leur gloire, s’inclinent et s’anéantissent en eau. 
 
Les océans majestueux perdent leur équilibre éternel et submergent les îles.
 
Les dangers du feu, de l'eau et du vent défient le comptage.
 
Une chaleur étouffante assèche nos forêts luxuriantes, frappant le monde avec des tempêtes sans précédent.
 
Les océans cèdent leur sel aux éléments.
 
Les gens sont riches, mais ils ne peuvent acheter l’air pur.
 
Les pluies et les ruisseaux ne nettoient plus, ils stagnent, liquides inertes et impuissants.
 
Les êtres humains, les êtres innombrables qui peuplent l’eau et la terre, tous ploient sous le joug de la douleur physique, causée par des maladies nocives.
 
Les esprits sont émoussés, pleins de torpeur, de stupeur et d'ignorance, quand les joies du corps et de l’esprit, elles, sont loin, très loin.
 
Nous polluons inutilement le sein juste de notre terre mère.
 
Nous lui arrachons ses arbres pour nourrir notre cupidité étriquée.
 
Et son humus fertile, nous le transformons en un désert mort.
 
La nature interdépendante de notre environnement extérieur ainsi que la nature intérieure des personnes, telles que décrites dans les traités des tantras sur la médecine et l'astronomie, sont totalement confirmées par notre expérience présente.
 
Prenant la terre pour témoin, le Bouddha dit ceci, parole véridique : la terre abrite des êtres vivants ; « égalité et impartialité pour ce qui se meut comme pour ce qui est figé ! »
 
Un être noble est reconnaissant de la bonté maternelle et il fait montre de gratitude. Notre terre, mère universelle et nourricière, devrait recevoir la même considération, le même soin.
 
Abandonnez le gaspillage, ne polluez pas la nature propre et claire, constituée de quatre éléments. Ne détruisez pas le bien-être des gens. Mais absorbez-vous dans des actions qui sont bénéfiques pour tous.
 
Sous un arbre médita le grand Bouddha Saga. Sous un arbre il naquit, vainquit l’avidité et atteignit l'Éveil. Sous deux arbres, il passa en nirvana. En vérité, le Bouddha tenait l’arbre en grande estime.
 
Là où le corps de Lama Tsongkhapa – émanation de Manjoushri – s'épanouit, s'élève un arbre de santal aux feuilles marquées de cent mille images du Bouddha.
 
N’est-il pas connu que certaines divinités suprêmes, des divinités locales éminentes et des esprits indigènes font leur demeure dans les arbres ?
 
Les arbres florissants purifient le vent, nous assistent en maintenant l’air de la vie. Ils sont agréables à l’œil, leur ombre dispense un repos bienvenu.
 
Dans le Vinaya (Règle monastique), le Bouddha recommande aux religieux de prendre soin des arbres tendres.
 
De ceci, nous apprenons les bienfaits de planter et d'entretenir les arbres.
 
Aux religieux, le Bouddha interdit de couper ou d’inciter à couper des plantes en vie, de détruire des graines ou de souiller la fraîche herbe verte. Cela ne devrait-il pas nous inciter à aimer et protéger notre environnement ?
 
Ils disent, dans les royaumes célestes, que les arbres véhiculent la bénédiction du Bouddha et sont l’écho des notions bouddhistes fondamentales telle l'impermanence.
 
C'est l'arbre qui apporte la pluie.
 
L’arbre, encore, qui retient le substrat du sol.
 
C’est Kalpa-taru, l'arbre qui exauce tous les souhaits, qui existe virtuellement sur terre pour réaliser tous les buts.
 
Autrefois, nos ancêtres mangeaient les fruits des arbres, s’habillaient de leurs feuilles. Ils découvraient le feu par la friction du bois, se réfugiaient entre les feuillages quand ils rencontraient le danger.
 
Même à l’âge de la science et de la technologie, les arbres nous fournissent des abris, des chaises sur lesquelles nous nous asseyons, des lits sur lesquels nous nous couchons.
 
Quand notre cœur brûle de colère attisée par des disputes, une fraîcheur bienfaisante nous est apportée au contact des arbres.
 
Dans les arbres se trouve le rugissement de toute vie sur terre. S’ils disparaissent, notre terre qui porte le nom du Jambolan (Sysygium cumini) ne sera plus qu’un désert morne et désolé.
 
Rien n’est plus cher aux vivants que la vie. En reconnaissant cela, dans les règles du Vinaya, le Bouddha  prononça des interdictions comme l'usage de toute eau susceptible de contenir des animalcules.
 
Dans les confins de l'Himalaya, autrefois, le Tibet maintenait l’interdiction de la chasse, de la pêche et, pendant des périodes particulières, interdisait même la construction. Ces traditions sont précieuses, car elles préservent et chérissent la vie des êtres simples, impuissantes et sans défense.
 
Jouer avec la vie d'autres êtres, sans pitié ni hésitation, comme dans la chasse ou la pêche sportive, est un acte de violence désinvolte et inutile, une violation des droits légitimes de tous les êtres vivants.
 
Attentifs à la nature de l'interdépendance des êtres animées et des choses inanimées, nous ne devrions jamais relâcher nos efforts pour préserver et conserver l'énergie de la nature.
 
Un jour, un mois ou une année donné, nous devrions accomplir le rite de plantation d'arbres. Nous remplirions ainsi nos responsabilités à servir nos semblables.
 
Cela n’apporte pas seulement du bonheur, cela profite à tous.
 
Puisse la force d'observer ce qui est juste et de se détourner de ce qui ne l’est pas nourrir et accroître la prospérité du monde. Puisse cette force revigorer les êtres et les aider à s'épanouir ! Puisse la joie sylvestre et le bonheur immaculé augmenter sans fin, partout se répandre et englober tout ce qui est !
 
(Dialogue avec le bouddhisme. Le 2 octobre 1993 à New Delhi.)

 

dimanche 14 mars 2021

Les 12 liens interdépendants

Les 12 liens interdépendants (nidhana)

 

  1. Ignorance (avijjā / avidyā)
  2. Formations karmiques (sankhāra / samskāra)
  3. Conscience (viññāna / vijñāna)
  4. Nom et forme (nāma-rūpa)
  5. Bases de connaissance (6 sens) (salāyatana / sadāyatana),
  6.  Contact (phassa / sparśa)
  7.  Sensation (vedanā)
  8. Soif (tanhā / trisnā)
  9. Avidité (upādāna)
  10. Devenir ( bhava )
  11. Naissance (jāti)
  12. Vieillesse et mort (jarā - marana)

 

1- L'ignorance [ou non-connaissance]

Aux antipodes de la sagesse, l'ignorance constitue la cause première de l'errance dans le saṃsāra.

L'ignorance est une obscurité comparable à un aveuglement. Elle présente deux aspects : l'obscurité à propos des karma et de leurs effets, et l'obscurité à propos de l'absence de soi inhérent.

 

2 - Les karma inducteurs 

Sous l'influence de l'ignorance relative aux karma et à leurs effets, sont accumulés des karma inducteurs défavorables - des démérites.

Sous l'influence de l'ignorance concernant le mode d'être, sont accumulés des karma soit favorables - des mérites -, soit "immuables".

 

3 - La conscience

NB On distingue la conscience du moment de la cause et la conscience du moment du résultat.

La première est la conscience à l'instant même où est déposée l'empreinte du karma inducteur concerné. La seconde est la conscience à l'instant de la conception en tant que phase de naissance.

 

4 - "Le nom et (éventuellement) la forme", cad les cinq agrégats (skandha)

"Le nom" consiste en la sensation, l'identification, les formations volitionnelles et la conscience dans le cas d'une renaissance vivipare

La forme désigne l'ovule fécondé dans lequel pénètre la conscience puis tout son développement.

 

5 - Les sphères (ou bases) de connaissance [“ qui génèrent et développent ”]

Il s'agit des six sens, visuel, auditif, etc., en notant que le sens physique et le sens mental existent dès le premier stade embryonnaire.

 

En cas de naissance spontanée dans les deux mondes inférieurs, le lien du nom et de la forme et le lien des sphères de connaissance se produisent simultanément.

Dans le monde du sans forme (arūpaloka), ne se produisent que le lien du nom et le lien de la faculté mentale (cad que le lien de la forme et le lien des cinq bases relevant de la forme n'y existent pas).

 

6 - Le contact

Le rôle du lien du contact est d'enregistrer que l'objet est agréable, désagréable ou neutre.

 

7 - La sensation

Un contact suscite une sensation, agréable, désagréable ou neutre.

 

8 - La "soif" (attachement portant uniquement sur une sensation)

À l'égard d'une sensation de bonheur surgit la soif sous la forme du désir de ne pas en être séparé.

À l'égard d'une souffrance, la soif se traduit par le désir d'en être séparé ; elle est attachement envers cette séparation.

À l'égard d'une sensation neutre se produit la soif qu'elle ne décline pas.

 

9 - L'avidité [ou la saisie] (appétence et attachement pour l'objet nés de l'intensification de la soif)

On distingue quatre sortes d'avidité :

-        l'avidité pour les objets des sens : attachement aux objets des sens)

-        l'avidité pour les vues : attachement pour les vues mauvaises à l'exception de la vue portant sur "la collection transitoire" des agrégats ;

-        l'avidité pour les fausses éthiques et observances, qui est un attachement à des éthiques et pratiques de bas étage, en relation avec les vues mauvaises ;

-        l'avidité pour l'assertion du moi, qui n'est autre que la saisie conceptuelle d'absolu et qui porte principalement sur la collection transitoire des agrégats.

 

10 - Le devenir

Une fois qu'une empreinte karmique déposée précédemment sur la conscience par un karma inducteur a été mûrie par la soif et l'avidité, l'empreinte devenue capable de provoquer le corps de la vie suivante est appelée “devenir”.

 

11 - La naissance

La naissance se produit à l'instant précis de la conception, quand la conscience pénètre dans l'un ou l'autre des quatre lieux de naissance, et ce sous l'impulsion du karma qui a développé le pouvoir de produire une renaissance après avoir été activé par la soif et l'avidité.

 

12 - La vieillesse et la mort

Consécutivement à la naissance, les liens du vieillissement et de la mort se produisent de manière graduelle.

Par vieillissement, on désigne le processus de transformation progressive et de maturation des agrégats.

Par mort, on entend le rejet, ou encore la destruction d'une certaine chaîne d'agrégats.

 

Résumé

L'ignorance amène à créer les karma qui doivent s'imprimer sur une conscience produisant les agrégats et les six sens, permettant au contact d'entraîner la sensation qui produira la soif puis la saisie, ce qui créera le devenir, engendrant la naissance à partir de laquelle la vieillesse et la mort seront expérimentées.

 

Du point de vue de leur nature, les 12 liens se répartissent en trois groupes :

les karma, les kleśa (en pāli, kilesa) et les souffrances.

 

Nāgārjuna décrit le processus en ces termes :

À partir des trois, deux surviennent,

Desquels deux, sept naissent. Et des sept

Derechef les trois : c'est la roue de la vie,

Et elle tourne ainsi, encore et encore.

Les premier, huitième et neuvième sont des kleśa ;

Le deuxième et le dixième sont des karma ;

Quant aux sept autres, ils sont souffrances.

 

L'ignorance, la soif et l'avidité sont tous trois des kleśa (facteurs perturbateurs) et constituent les motivations.

Le karma inducteur et le devenir sont tous deux des karma (physiques et oraux).

Les sept autres liens relèvent de la souffrance, cad ce qui est expérimenté.

 

Les trois kleśa occasionnent les deux liens des karma à partir desquels se produisent les sept souffrances. Les sept souffrances attisent les trois facteurs perturbateurs, et ainsi de suite, en une ronde continuelle. Voilà pourquoi et comment la roue de la vie ne cesse de tourner, mue par la souffrance.

 

==> Il est nécessaire de pratiquer une voie capable de juguler ces liens par un processus inverse : en donnant un coup d'arrêt à l'ignorance, mettre un terme aux karma inducteurs, ainsi de suite jusqu'au vieillissement et la mort, de sorte que toutes les souffrances prennent fin.

 

 


jeudi 3 décembre 2020

L'interdépendance, par Ven Dagpo Rinpoché

 Conférence du Vénérable Dagpo Rinpoché sur "L 'interdépendance", 

lors de la journée Portes Ouvertes de l'institut Guépele, en juin 2012.

 


 

lundi 22 juin 2020

Interdépendance et non-soi


En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, professé par de grands maîtres tels que les Indiens Candrakirti et Atisha ou le Tibétain Jé Tsongkhapa, va jusqu’à poser que tous les connaissables, incomposés comme composés, sont interdépendants.

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », c'est-à-dire d'absence d'existence inhérente, mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir en quelques lignes.

En très résumé, les phénomènes composés sont interdépendants en ce sens qu’ils sont à la fois des résultats qui procèdent de leurs causes, et des causes générant des résultats. Par exemple, une pousse naît d'une graine fournie par une plante similaire antérieure et elle produit à son tour des graines, des fleurs, des fruits, etc.

De manière plus générale, tous les connaissables sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. Pour exister en tant que table, le phénomène concerné dépend de ses matériaux et de ses fabricants, mais aussi du nom qui lui est attribué ainsi que du fait d'être perçu en tant que table : ce qui pour un être humain est une table en bois, est plutôt perçu comme de la nourriture par un ver à bois..

Quid des connaissables incomposés, c'est-à-dire non issus de causes et de conditions.
Prenons l'exemple du "non-soi" (anatman en sanskrit ; anatta en pali).
Le non-soi est un concept philosophique. Il n'est pas une entité indépendante car il dépend de son nom et de l'esprit qui le conçoit. En outre, il est par définition relatif à un objet référent, qui peut être n'importe quel connaissable envisagé sous l'angle qu'il est dénué de nature propre. Enfin, qui dit connaissable, dit perception, sachant que toute perception comporte une interaction entre le sujet percevant (l'esprit et la personne) et l'objet perçu. Donc, le non-soi est interdépendant. CQFD

Attention ! Si les connaissables sont ainsi interdépendants, néanmoins tout ne dépend pas de tout et de n’importe quoi ! Tout phénomène apparaît des causes et conditions qui lui sont relatives, et en aucun cas de TOUTES les causes et conditions. Comme le dit le bon sens populaire, les chats ne font pas des chiens. Les pommiers donnent des pommes, et non des oranges. Les karmas positifs donnent de bons résultats bénéfiques, et les karmas négatifs de mauvais résultats, et jamais l'inverse.

vendredi 27 mars 2020

Vacuité et interdépendance (selon prasangika)

Un commentaire du Ratnavali de Nagarjuna souligne l'importance de parvenir à comprendre dans le cadre des bases  la complémentarité de la vacuité et de l'interdépendance, qui ne sont pas opposées comme peuvent l'être les touchers respectivement chaud et froid, mais sont associées en ce sens que l'une entraîne l'autre et réciproquement.
Pourquoi ? 
Parce que faute de comprendre leur complémentarité, il est impossible de bien comprendre dans le cadre des voies les deux accumulations, et dans le cadre des résultats les deux Corps.

Pour rappel (ou pour information), les différents systèmes philosophiques du bouddhisme sont présentés au travers d'un même plan ternaire :
1) Les bases : définitions des notions générales et des classifications telles qu'admises, par exemple les deux vérités, les 5 agrégats, l'esprit et les perceptions, l'individu, le temps (présent, passé, futur), etc., etc.
2) Les voies : description et définitions des étapes de la voie, notamment les 5 chemins et leurs subdivisions, éventuellement les 10 terres, etc.
3) Les résultats : libération, nirvana, éveil, etc. 

Selon le système prasangika, le vide de nature en soi (vérité ultime) et le fait d'être imputé en dépendance d'un support (vérité conventionnelle) sont donc des propriétés non pas opposés mais complémentaires de tout existant.

Comprendre le plan conventionnel revient à comprendre l'interdépendance et entraîne l'observance de l'éthique (au sens large), et donc l'accumulation de mérites
Comprendre le plan ultime revient à comprendre le non-soi et permet l'accumulation de sagesse.

L'union et le parachèvement des deux accumulations (mérites et sagesse) génère l'état de Bouddha, qui peut se décrire (entre autres) comme la réalisation des deux Corps (aspects, facettes)  : 
- "Corps de la loi" / Dharmakaya, qui procède de l'accumulation de sagesse,
- "Corps de la forme" / Rupakaya, qui procède de l'accumulation de mérites.