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dimanche 23 février 2025

Mönlam 2025 - "Grande Prière"

 À partir du 3ème jour du 1er mois lunaire (2 mars), les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, le 14 mars.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 

Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa. 


Par ailleurs, le Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

 

 
 

vendredi 14 février 2025

Départ du 101e Ganden Tripa

 S.S. Trizur Rinpoché Lungri Namgyel, disciple proche de Kyabjé Trijang Dorjéchang, est décédé en France le 14 février 2025. Il était dans sa 99e année.

Originaire du Kham, il a d'abord étudié dans sa région. À son arrivée dans le Centre du Tibet, il est entré au monastère philosophique de Ganden, fondé par Je Tsongkhapa en 1409, et s'y est affilié au collège de Shartsé. 

Après l'exil en Inde en 1959, il est devenu geshe lharampa en 1971, puis a joint le collège tantrique de Gyutö dont il est devenu abbé en 1983. C'est en 2003 qu'il est devenu le 101e Ganden Tripa, chef de l'école gelugpa.

 S.S. Trizur Rinpoché Lungri Namgyel parlait très bien français, ce qui lui avait permis d'acquérir la nationalité française. Invité en France en 1978, il a fondé l’association bouddhiste Thar Deu Ling dès 1979. Après l'avoir dirigé plusieurs années, en 2002, il l'a confié à son disciple Geshe Losang Yeshe pour assumer les hautes fonctions auxquelles il était appelé en Inde, puis pour enseigner dans de nombreux pays d'Asie, mais il revenait régulièrement, puis définitivement dans son pays d'adoption, où il a rendu son dernier souffle au terme d'une longue vie consacrée à l'étude, la pratique et l'enseignement.



 

 

mercredi 7 février 2024

Mönlam 2024

 

 À partir du 3ème jour du 1er mois lunaire, les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, cette année le 24 février.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 


Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa. 


Par ailleurs, le Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

vendredi 3 mars 2023

Mönlam 2023

 À partir du 3ème jour du 1er mois lunaire, les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, le 7 mars.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 


Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa. 


Par ailleurs, le Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

 

samedi 5 mars 2022

Mönlam 2022

 À partir du 3ème jour du 1er mois lunaire, les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, le 18 mars.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 


Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa. 


Par ailleurs, le Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

samedi 25 décembre 2021

Ganden Ngamchö 2021

 Cette année, le Ganden Ngamchö (dGa' ldan lnga mchod) tombe le mercredi 29 décembre.

Le Ganden Namchö commémore le passage en nirvana de Jé Tsongkhapa, fondateur du monastère de Ganden (dGa' ldan) et partant de l'école des guélougpa.
Il est célébré non seulement par les guélougpa, mais plus généralement par tous les Tibétains, toutes écoles confondues. 

Que peut-on faire ? Par exemple :
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Jé Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Jé Rinpoche ;
- lire une biographie de Jé Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces ;
- accomplir toute action bénéfique qu'il serait possible de faire.

Que signifie Ganden Ngamchö" ? 

dGa' signifie "aimer, "joie", etc.
ldan a le sens de "avec" (être muni de...)
dGa' ldan est le nom tibétain de Tushita - la Terre Pure (= le Paradis) de Maitreya. C'est aussi le nom du monastère fondé en 1409 par Jé Rinpoche.

lNga, prononcé Ngam par attraction vocalique, est ici un chiffre contracté pour 25 : le 25ème jour du 10ème mois lunaire, date du décès de Jé Rinpoche.
mchod veut dire "honorer" et/ou "offrandes".

Il s'agit donc des "offrandes du 25ème jour (du 10ème mois) de / à Ganden". 

Jé Tsongkhapa 1357-1419

 Émission Sagesses bouddhistes 2012

Invitée : Françoise Wang Toutain, sinologue et tibétologue, chercheuse au CNRS, retrace la vie d'un grand maître tibétain du XIVème siècle :  Djé Tsongkhapa (1357 - 1419), fondateur de l'école tibétaine des gélugpa ("les vertueux").

 


Conférence donnée par Françoise Wang à l'Institut Vajra Yogini le 21 décembre 2019 


 

Voir :

Djé Tsongkhapa Rencontre avec un Maître remarquable, par Françoise Wang, Editions Détchène Eusèl Ling

lundi 28 décembre 2020

Dagpo Datsang réimplanté à Kais

 Sangha Colibris

Dagpo Dratsang, un monastère tibétain en Inde 

1re partie : L’histoire Sagesses Bouddhistes présente aujourd’hui la première partie du très beau documentaire consacré au Monastère tibétain Dagpo Dratsang en Inde, à Kaïs, dans la vallée de Kulu. Ce vaste et très animé monastère, inauguré en 2005, fut souhaité et fondé par le vénérable Dagpo Rimpoché, éminemment respecté, qui vit en France depuis 1960 et enseigne tant en France que dans toute l’Europe. Partons à la découverte du Monastère Dagpo Dratsang.

2e partie : Pérennité de la tradition Sagesses Bouddhistes vous invite à la seconde partie du très beau documentaire de Christian Fienga, consacré au Monastère Dagpo Dratsang réimplanté en Inde, à l’initiative du Vénérable Dagpo Rimpoché, en particulier les locaux inaugurés à Kais en 2005. 

Dans ce vaste lieu très coloré et animé, comment les moines, les enseignants, les maîtres et disciples assurent-ils la pérennité de la tradition bouddhiste tibétaine, tout en s’adaptant au monde contemporain ? Réponses dans cette seconde partie.

Réalisation : Claude Darmon 

Présentation : Aurélie Godefroy  

 

 

 


 

Complément d'information

* Un "monastère" est une communauté de moines ou moniales, c'est-à-dire de personnes.

* Le monastère Dagpo Datsang (ou Dagpo Shedrup Ling, ou Lamrim Dratsang) a été fondé au 15ème siècle dans la région du Dagpo (sud-est du Tibet), par Djé Lodrö Ténpa (1402-1478), qui était un disciple de Djé Tsongkhapa, et lui a plus tard succédé à la tête des guélougpa, quand il a été choisi comme 7ème Ganden Tripa, abbé suprême de Ganden.


* La fondation de Dagpo Datsang est la concrétisation de la mission confiée par Djé Tsongkhpa à Djé Lodrö Ténpa : maintenir et diffuser l'enseignement du lamrim : les étapes de la voie qui aboutit et culmine en l'état de Bouddha. Il est en outre un monastère philosophique réputé.

 

* Avant 1959, Dagpo Datsang comptait environ 600 moines.
 

* Depuis 1959

** Au Tibet

Les moines restés au pays (la grande majorité) ont été persécutés, rendus de force à la vie laïque ou emprisonnés et astreints aux travaux forcés. Lors de la Révolution culturelle, les bâtiments ont été rasés.

Plus récemment, un petit groupe de moines a reconstitué une communauté et reconstruit un temple à proximité de l'ancien. Les chiffres actuels sont fluctuants, en fonction de la situation politique, peut-être entre 20 et 30 moines.


** En exil

Seulement un quinzaine de moines de Dagpo Datsang ont quitté le Tibet en 1959, puis quelques-uns depuis les années 80.  

Le plus influent et plus connu est le Vénérable Dagpo Rinpoche, qui est arrivé en France dès 1960, à l'invitation d'universitaires. Il n'a jamais cessé d'aider ses confrères de tous les moyens possibles.


Dans les années 1970, quelques moines ont recréé un embryon de communauté à Bomdila, au nord-est de l'Inde, mais c'est une région frontalière, d'accès très restreint pour des raisons politiques.

En 1981, la communauté s'est transplantée à Mainpat, mais l'accès s'y est avéré également très difficile, et en outre le site est insalubre (paludisme).


Un nouveau lieu d'implantation a donc été recherché, et en 2005 le nouveau complexe de bâtiment présenté dans le documentaire a été inauguré en présence de S S le Dalaï Lama, qui pour des raisons historiques (le 2ème Dalaï Lama exerça ce rôle jadis), a accepté le titre - honorifique - d'abbé. Dans les faits, la charge est assurée par le Vénérable Lochen Rinpoche, sorti du Tibet en 1987 (après avoir survécu à des années de travaux forcés dans son pays).


lundi 21 décembre 2020

Les études dans un monastère philosophique 1

Le socle commun avec les autres monastères est composé par l'apprentissage de la lecture et désormais de l'écriture (dans le Tibet d'autrefois, il était fréquent de savoir lire, mais pas écrire, le papier étant très rare), puis de la mémorisation des prières et rituels quotidiens.
Le programme de philosophie couvre 5 domaines, connus sous la dénomination trompeuse de les cinq Grands Traités :
– La logique, parfois appelée en français « la connaissance valide » - pramana. Texte racine : Pramanavarttika de Dharmakirti ; etc.. ;
– La perfection de la sagesse – paramita
. Texte racine : Abhisamayalamkara transmis par Maitreya et Asanga et ses commentaires ;
– La voie du milieu – madhyamika
. Texte racine : Madhyamakavatara de Candrakirti, etc. ;
– La phénoménologie – abhidharma
. Texte racine : Abhidharmakoska » Vasoubandhu, etc. ;
– La règle monastique – vinaya
. Texte racine : Vinayasoutra Gunaprabha, etc. 
Bien que tous les collèges philosophiques étudient pareillement les cinq Grands Traités, ils ne les répartissent pas exactement de la même manière et peuvent avoir un sujet de prédilection. Ainsi, Ganden Jangtsé brille-t-il particulièrement dans le domaine du madhyamika, tandis que Gomang est réputé pour son étude des paramita, etc.

      Ganden Jangtsé comporte treize classes : 
trois pour la logique élémentaire, bsdus grva (sur une durée de trois ans) ; 
six pour les paramita (six ans) ; 
deux pour le madhyamika (un an dans la première classe ; 
de trois à dix ans dans la seconde) ; 
une pour l’Abhidharma (au moins trois ans) ; 
une classe pour le Vinaya (environ 5 ans).

      Il est dit que le parcours le plus rapide pour un moine qui n’est pas un tülku (lequel bénéficie en général de privilèges - mais guère à Dagpo Datsang) est de dix-sept ans, mais il est extrêmement rare d’aller aussi vite du fait des quotas annuels instaurés : une fois dans l’ultime classe, il faut attendre son tour, et si les promotions précédentes étaient nombreuses, l’attente peut être très longue, mais c’est considéré comme bénéfique pour bien assimiler.

      Par comparaison, à Séra Jé, il y a trois classes de logique élémentaire (trois ans), cinq de paramita (cinq ans) ; deux de madhyamika (deux ans chaque, soit quatre ans) ; deux d’Abhidharma (quatre ans) ; une de Vinaya (durée variable). 
À Séra Med, une classe de logique, six de paramita, deux de madhyamika, deux de vinaya et deux d’Abhidharma.

     
À Gomang, il y a cinq classes de logique élémentaire, quatre de paramita, deux de madhyamika, deux de vinaya et deux d’Abhidharma.

      Les moines qui accomplissent le cursus complet se voient décerner un titre : Géshé au Tibet central ; Kachèn à Tashi Lhunpo ; Rabchampa à Dagpo Datsang. 
    La tradition date de bien avant Djé Rimpotché. Elle remonte au 12ème siècle et a été instaurée par le sixième abbé de Sangpu, Chapa Chökyi Sanggé (1109-1161). Fin du 14ème siècle, trois titres étaient décernés à ceux qui accomplissaient un véritable circuit dialectique, soutenant des débats dans les monastères réputés de l’époque, d’obédience sakyapa ou kadampa. S’ils n’avaient discuté que des paramitas, ils devenaient Rabchampa ; s’ils avaient abordé quatre domaines hormis pramana, ils étaient appelés "Ka zhipa", et s’ils avaient débattu des cinq au complet, "Ka chupa". L’expression de Ka chupa date apparemment de l’époque de Gyèltsap Djé. 

      Les géshé du Tibet central comportent en fait toutes sortes de niveaux, dont les plus connus sont les suivants : géshé lharampa ; géshé tsok-rampa ; géshé lingsé ; géshé rik-rampa et géshé dorampa, par ordre décroissant.
      « Lharampa » est la contraction de « Lhadèn rabchampa », « docteur de Lhasa ». La tradition remonte au 1er Panchen lama, Losang Chökyi Gyèltsèn (1570-1662), réincarnation du fameux Énsapa Losang Döndrup et tuteur du 5ème Dalaï-lama qu’il reconnut en 1622. Lors d’une période de conflit entre le Tsang et le Tibet central, de 1613 à 1618, le
1er Panchen lama remplaça le Ganden Tripa et dirigea donc la Grande Prière. A cette occasion, en vue d’inciter à l’étude des cinq domaines, il fit soutenir des débats par les candidats les plus brillants des grands monastères.

      Jusqu’en 1959, pour présenter les ultimes examens au Jokhang au milieu des milliers et milliers de moines rassemblés, seize candidats étaient chaque année sélectionnés par les abbés des sept collèges philosophiques : les deux de Ganden, les deux de Séra, les trois de Drépung ainsi que Ratö, à raison d’un candidat pour Ratö, deux pour chacun des autres, le dernier par l’un des six collèges des trois piliers, à tout de rôle. Prévenus au moins un an à l’avance, ils étaient astreints à une préparation intense avec obligation de présence et de participation active à tous les débats internes et externes douze mois durant. L’enjeu n’était plus le titre de géshé lharampa, d’ores et déjà acquis, mais le rang décerné, de premier à septième, qui n’était pas un classement des candidats de l’année entre eux, mais avait une portée plus générale, tant et si bien qu’il pouvait y avoir plusieurs ex æquo ou au contraire des rangs non pourvus : aucune premier mais trois deuxième, ou le contraire, etc.

 

dimanche 1 mars 2020

Les guéshé lharampa

            « Lharampa » est la contraction de « Lhadèn raptchampa », « docteur de Lhasa ». La tradition remonte au 1er Panchen lama, Losang Tcheukyi Gyèltsèn (1570-1662), réincarnation du fameux Énsapa Losang Döndroup et tuteur du 5ème Dalaï-lama qu’il reconnut en 1622. Lors d’une période de conflit entre le Tsang et le Tibet central, de 1613 à 1618, il remplaça le Ganden Thripa et dirigea donc la Grande Prière. A cette occasion, en vue d’inciter à l’étude des cinq domaines, il fit soutenir des débats par les candidats les plus brillants des grands monastères.


Jusqu’en 1959, pour présenter les ultimes examens au Jokhang au milieu des milliers et milliers de moines rassemblés, seize candidats étaient chaque année sélectionnés par les abbés des sept collèges philosophiques : les deux de Ganden, les deux de Séra, les trois de Drépoung ainsi que Ratö, à raison d’un candidat pour Ratö, deux pour chacun des autres, le dernier par l’un des six collèges des trois piliers, à tout de rôle. Prévenus au moins un an à l’avance, ils étaient astreints à une préparation intense avec obligation de présence et de participation active à tous les débats internes et externes douze mois durant. L’enjeu n’était plus le titre de guéshé lharampa, d’ores et déjà acquis, mais le rang décerné, de premier à septième, qui n’était pas un classement des candidats de l’année entre eux, mais avait une portée plus générale, tant et si bien qu’il pouvait y avoir plusieurs ex æquo ou au contraire des rangs non pourvus : aucune premier mais trois deuxième, ou le contraire, etc.
          En exil, les traditions sont maintenues tant bien que mal, avec des adaptations rendues nécessaires par les événements. Par exemple, l’un des trois collèges philosophiques de Drépoung, Déyang, n’a pas été reconstitué en Inde. Actuellement, il semble que, sur les sept rangs, seulement les trois premiers sont encore décernés et si chaque collège présente, en principe, deux candidats (actuellement, beaucoup plus), un seulement – désigné d’avance par l’abbé – concourt pour un rang : même si le comparse réussit remarquablement ses débats, il sera simple guéshé lharampa, sans rang honorifique. Par ailleurs, alors qu’au Tibet, tous les examens étaient oraux, en Inde certaines épreuves sont écrites. 

samedi 29 février 2020

Mönlam 2020

Depuis le 3ème jour du 1er mois lunaire, les bouddhistes tibétains et apparentés célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière", qui va se terminer en apothéose le 15ème jour avec la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན, cette année le 9 mars.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur. 


Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines. Jusqu'à l'invasion du Tibet, la seule interruption avait duré vingt ans, au début du  XVIème siècle, par décret pris par les dirigeants Tsangpa karma-kagyu.


Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa) que se déroulaient les examens finaux des geshe lharampa, le titre le plus prestigieux chez les érudits gelugpa.
Par ailleurs, Ganden Tripa exposait chaque jour des Jataka : épisodes des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni, alors qu'il était encore bodhisattva et s'entraînait aux six paramitas, la générosité, l'éthique, la patience, l'enthousiasme, la concentration et la sagesse.

mercredi 20 novembre 2019

Ecole des gélugpa དགེ་ལུགས་པ་




Ecole des gélugpa



Sens littéral
“vertueux”, “adepte de la vertu”

Autres dénominations
·      Gandenpa : “doté de joie”
·      Kadam sarma : “Nouveaux Kadampa”                      NB l’école guélugpa est dans la continuité de  la première école “nouvelle”, Kadampa, fondée par Atisha (987-1042) et Domtönpa (1005-1064)

Datation

1409 - fondation du monastère de Ganden

Fondateur

Je Tsongkhapa Losang Dakpa (1357 – 1419)

Chef de l’école
Le Ganden Tripa (Tri Rinpoche) : en alternance, le plus ancien des abbés retirés des deux collèges tantriques Gyudmed et Gyutö    =>  Système au “mérite”
Le Ganden Tripa est secondé par ses deux prochains successeurs : Jangtse Chöje (le plus ancien des ex abbés de Gyüdmed) et Sharpa Chöje (le plus ancien des ex abbés de Gyutö).

Particularités
·      École “nouvelle” – sarmapa
·      Pratique constituée par la triade “étude, réflexion, méditation”
·      Union du Vinaya et du Vajrayana
·      Enseignement principal : Lamrim
·      Pas de sous-branche
·      L’école Guélugpa a détenu le pouvoir politique depuis 1642 jusqu’à récemment, par l’intermédiaire des dalaï lama

Personnages les plus connus

·     Les Dalaï lama, considérés comme des émanations d'Avalokitshvara.
· Les Panchen Lama, considérés comme des émanations d'Amitabha.
Ni les Dalaï lama ni les Panchen lama n’ont jamais été Ganden Tripa (chef de l’école gelugpa)

Présence en France
Centres fondés par de grands maîtres tels que Dagpo Rinpoche, le 101ème Ganden Tripa Longri Namgyal,  Lama Zopa, etc.




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mardi 12 février 2019

Mönlam chén-mo 19 février 2019

Depuis le 3ème jour du 1er mois lunaire, les gélugpa mais pas seulement eux célèbrent le Mönlam སྨོན་ལམ་ཆེན་མོ་, littéralement "la Grande Prière".
Le jour culminant est la "grande fête des miracles" ཆོ་འཕྲུལ་དུས་ཆེན་, le jour de la pleine lune - cette année,  le 19 février.

Cette période commémore les joutes en pouvoirs supranormaux (et aussi dialectiques), qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur.

Depuis que Jé Tsongkhapa institua le Mönlam à Lhasa, en 1409, c'est sans doute l'une des plus grandes fêtes tibétaines. Jusqu'aux heures noires de l'histoire récente (révolution culturelle notamment), la seule interruption avait duré une vingtaine d'années, au début du XVIème siècle, suite à des luttes de pouvoir - politique - entre des dirigeants karma-kagyu et gélugpa.

Traditionnellement, c'était durant le Mönlam placé sous la présidence du Ganden Tripa, le chef suprême de l'école gélugpa, que se déroulaient les examens finaux des géshé lharampa - "géshé de Lhasa" - sélectionnés parmi les plus brillants étudiants des "trois piliers" : Drépung, Séra et Ganden.

mercredi 28 novembre 2018

Kyabje Ling Rinpoche & Kyabje Trijang Rinpoche - biographies en anglais

The Life of My Teacher: A Biography of Kyabjé Ling Rinpoché
Wisdom Publications (11 juillet 2017)

"Au Tibet, la tradition voulait que les disciples écrivent des biographies de leurs maîtres. Ici le disciple est le Dalaï-lama et le maître est Ling Rinpoché, l'un des fleurons du bouddhisme tibétain au vingtième siècle. C'est un portrait fascinant qui retrace l'éducation et la carrière d'un tulku légendaire ainsi que les événements historiques dont il fut le témoin." (Donald S. Lopez, Jr., Arthur E. Link, Professeur émérite d'études bouddhistes et tibétaines à l'Université du Michigan).
"La vie de mon Maître est un récit touchant, respectueux et méticuleux qui nous permet de mieux comprendre les domaines d'intérêt, les priorités et le caractère de Sa Sainteté, bien mieux que n'importe quel autre texte écrit par lui-même ou par d'autres." (Alexander Norman,  éditeur de Freedom from Exile: The Autobiography of the Dalai Lama).
"Bien qu'elle soit rédigée dans le style traditionnel d'une biographie spirituelle tibétaine (rnam thar), cette biographie particulière de Kyabjé Ling Rinpoché, grand tuteur senior de Sa Sainteté le Dalaï-lama, est unique à bien des égards. Tout d'abord l'auteur et son sujet sont tous deux des êtres extraordinaires. Ensuite c'est l'unique biographie de ce genre écrite par le Dalaï-lama lui-même; elle se concentre sur celui que Sa Sainteté décrit comme "celui qui a exercé la plus grande influence sur ma vie", et comme son véritable "point d'ancrage" tout au long des événements tumultueux dont le Dalaï-lama et son peuple ont fait l'expérience lorsqu'ils furent contraints à l'exil dans notre monde moderne. Ensuite ce récit détaille les nombreuses activités spirituelles exercées sans relâche par ce précieux tuteur, Ling Rinpoché. Enfin cet ouvrage nous présente un portrait touchant des interactions en coulisse entre un maître respecté et son élève très spécial, alors que ce dernier progressait pour devenir un leader religieux courageux sur la scène internationale. Ce récit rare et souvent empreint de tendresse est un véritable cadeau qui nous est offert. Réjouissons-nous de sa publication."  (Jan Willis, auteur de Enlightened Beings et Dreaming Me).



The Magical Play of Illusion: The Autobiography of Trijang Rinpoche
Wisdom Publications (2 octobre 2018)

"Kyabjé Trijang Rinpoché (1901–1981) fut non seulement l'un des tuteurs de Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-lama, il fut également le maître racine d'un grand nombre de lamas qui ont introduit le bouddhisme en occident dans les années soixante. Cette autobiographie documente ses études poussées ainsi que ses efforts incessants pour diffuser les enseignements dont il s'était rendu maître; elle sera une précieuse source d'inspiration pour tous ceux qui ont bénéficié de cette transmission éclairée, directement ou indirectement. Ce récit est également vivement recommandé car il retrace la toile de fond de cette période de bouleversements dans l'histoire du vingtième siècle." (Jonathan Landaw, éditeur de Introduction to Tantra).

“Kyabjé Trijang Rinpoché, l'un des rares maîtres à maîtriser l'ensemble des enseignements du bouddhisme tibétain, fut l'un des lamas les plus influents du vingtième siècle. Cette biographie magnifiquement écrite et traduite avec élégance nous révèle la vaste étendue de ses activités spirituelles ainsi que leur contexte historique." (Alexander Berzin, fondateur et auteur, Berzin Archives, studybuddhism.com)

Kyabjé Trijang Rinpoché, tuteur junior du Dalaï-lama, fut unanimement reconnu comme l'un des plus grands maîtres du bouddhisme tantrique, réfugié en Inde après l'invasion du Tibet par la Chine communiste dans les années cinquante. Il fut également étonnamment humble et terre-à-terre. Son récit est bien plus qu'une simple autobiographie car il nous dévoile la beauté et les merveilles du Tibet disparu. Cette histoire fourmille de pics émotionnels aussi hauts que l'Himalaya et de moments de profonde détresse après la perte de la mère patrie et lors des destructions qui ont suivi. C'est une lecture indispensable conseillée à tous ceux qui s'intéressent à la culture tibétaine, à son histoire et à sa vie spirituelle. (Glenn Mullin, auteur de The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnation).

mercredi 14 novembre 2018

Ganden Namchö 2018

En 2018, le Ganden Namchö (dGa' ldan lnga mchod) tombe le dimanche 2 décembre.

Le Ganden Namchö, le 25ème jour 10ème mois lunaire, est la commémoration du passage en nirvana de Je Rinpoche, c'est à dire Je Tsongkhapa, fondateur du monastère de Ganden (dGa' ldan) et partant de l'école des dGa' ldan pa, également connus sous les noms de dGe lugs pa (prononcé guélougpa : "Vertueux"), ou encore de bKa' gdams gsar ma ba (c'est à dire "Nouveaux Kadampa"), et ce donc depuis le début du XVème siècle, le monastère de Ganden ayant été fondé en 1409. 
Que faire ? Par exemple :
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Je Rinpoche ;
- lire une biographie de Je Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces.

Ne pas oublier de souhaiter la Bonne Année aux amis mongols bouddhistes, qui depuis des siècles célèbrent à cette occasion la nouvelle année.

lundi 26 juin 2017

Nomination du 104e Gaden Tripa Jétsün Losang Tenzin

Suite au décès prématuré du 103e Ganden Tripa, son successeur vient d'être nommé officiellement le 24 juin 2017.

His Holiness the Dalai Lama Appoints the 104th Gaden Tripa | Central ... 

lundi 24 avril 2017

Décès du 103e Ganden Tripa

Le 103e Ganden Tripa, Jé Lobsang Tenzin, intronisé le 5 novembre dernier, est, hélas, décédé le 21 avril 2017, à Delhi.
C'est une grande perte pour l'école gelugpa...

The 103rd Ganden Tripa Passes Away - Mandala Publications - FPMT


dimanche 12 mars 2017

Mönlam chenmo / Grande Prière

Du 3ème au 15ème jours du 1er mois lunaire, les guélougpa célèbrent le Mönlam (smon lam chen mo) placé sous la présidence du Ganden Tripa (le chef suprême de l'école gelugpa).
Ces festivités commémorent les joutes en pouvoirs supranormaux, qui opposèrent autrefois à Shravasti le Bouddha Shakyamouni et six grands Maîtres hindouistes, et dont le Bouddha sortit vainqueur.

Depuis son instauration à Lhasa par Jé Tsongkhapa en 1409, le Mönlam est l'une des plus grandes fêtes tibétaines. Jusqu'à l'invasion du Tibet, la seule interruption avait duré vingt ans, au début du XVIème siècle, par décret pris par les dirigeants Tsangpa karma-kagyu.



jeudi 9 février 2017

Trichén Könchog Chöpel, 35e Ganden Tripa

Jam-yang1 Lama Könchog Chöpel (1573-1646)

Le 35e Ganden Tripa (de 1627 à 1637 ou de 1630 à 1638) est né à Dranang Gönzhöl, dans le Lhokha, au Sud du Tibet, en l'an du coq d'eau du 10e cycle. Tout jeune encore, il montre des dispositions impressionnantes et il révèle de très puissantes empreintes en lien avec le Dharma. Entre autres, il ne cesse de réclamer à ses parents l'autorisation d'aller à Sangpu suivre les sessions estivales d'Enseignements. Bientôt il prend les vœux d'upasaka auprès du maître Sönam Gyel, à Tashi Chöling. A douze ans, il entre à Dagpo Datsang, et reçoit l'ordination mineure - de sramana - du supérieur, Lopön Losang Chöpel, qui lui confère le nom Könchog Chöpel.

Le jeune moine fait des études brillantes en sutra et tantra. Après avoir obtenu le titre de rabjampa - docteur en philosophie - à 22 ans à l'issue de débats soutenus à Tséthang, sur les conseils de l'abbé retiré Khènsur Jampa Tènpa(18e abbé de Dagpo Datsang), il va dans le Centre poursuivre sa formation à Kyishö ainsi qu'à Ratö, où se trouve un précieux commentaire manuscrit du Pramanavartika, un exemplaire unique qui ne sort jamais de l'enceinte. Devenu géshé de Ratö, et déjà doté d'une solide réputation d'érudit, à 24 ans, il reçoit l'ordination majeure du 25e Ganden Tripa, Gyelkhang Tsépa Peljor Gyatso (1526-1599), après quoi il accomplit le cursus en tantras de Gyutö.

En sus des Maîtres déjà cités, Trichén Könchog Chöpel reçoit également des transmissions de la part du  30e Ganden Tripa, Trichén Lodrö Gyatso (1546-1618), du 3e Dalaï Lama, Sönam Gyatso (1543-1588) ou encore de Dromtawa Lodro Chöpel. Il étudie le sanskrit avec Nangzè Dorjé Khöntön Peljor Lhündrub (1561-1637), qui sera également l'un des maîtres du 5e Dalaï Lama depuis ses 17 ans.

Après un fructueux séjour dans le Kham en 1600, de retour dans le Centre, Géshé Könchog Chöpel est invité à donner des enseignements à Sangpu Ratö et à Gyutö. Il est également sollicité pour donner des initiations d'Avalokiteshvara et Acala ainsi que des enseignements au 4e Dalaï Lama, Yönten Gyatso (1589-1617).
Bientôt, il assume les fonctions d'abbé successivement dans pas moins de quinze monastères dont Ratö, Gyutö en 1612, Rinchenling en 1616, Sangpu en 1620 - la notoriété qu'il acquiert dans ces trois monastères lui vaut le titre de Lingmè Chöjé -, Kyormolung, Sangkhar, Ölkha Zinchi, Loseling en 1623 et Ganden Shartsé en 1625.

Dagpo Rinpoche indique que Trichén Könchog Chöpel fut également abbé de Dagpo Datsang - une première fois, il avait dû se récuser parce qu'il venait de prendre la charge abbatiale de Sangpu, mais il s'était fait remplacer par l’un de ses disciples, Jétsün Jampa Chöchog - 21ème abbé -, qui accomplit deux mandats et composa un excellent commentaire2 de l’Abhidharmakosha, encore aujourd'hui étudié à Dagpo Datsang.

Lingmè Chöjé Könchog Chöpel accède enfin au siège abbatial de Ganden, en 1626 ou en 1629-1630 selon les sources, et à ce titre, de longues années durant, il préside les cérémonies du Mönlam et donne les Enseignements traditionnels à cette occasion, tels que les Jataka - vies antérieures du Bouddha.

En outre, à partir de 1627, Trichén Könchog Chöpel, nommé tuteur junior, prend en main la formation du jeune 5e Dalaï Lama (1617-1682) à Drépung Loséling. A nouveau, il seconde le Panchen Lama, le tuteur principal, qui préfère continuer à résider à Tashi Lhünpo. Les deux maîtres ont l'habitude d'œuvrer de concert. Au début des années 20, ils sont parvenus à négocier l'accord qui a évité une guerre sanglante entre le roi Tsangpa et les troupes mongoles, après quoi ils ont eu la lourde tâche d'identifier la réincarnation du 4e Dalaï Lama parmi les trois candidats retenus par le comité de recherche. C'est donc Trichén Könchog Chöpel qui enseigne à leur illustre élève les cinq grands traités depuis les bases et il lui transmet deux fois Le Grand Lamrim de Jé Tsongkhapa.

En sus de son érudition, Trichén Könchog Chöpel est également réputé pour ses pouvoirs tantriques. Ainsi, lors d'un séjour sans sa région natale, le Lhokha, à l'invitation de Zurkhang Sharpa, il sauve la population de la sécheresse en énonçant des paroles véridiques : "Que la pluie tombe si je suis la réincarnation Panchen Jampa Lingpa !"

Un tel maître aux multiples qualités ne peut qu'attirer à lui de nombreux disciples. Les plus connus sont Lhawang Peljor - dépositaire de la lignée de transmission du Pramana-samuccaya -, Khénchén Könchok Tènzin (1623-1684) et bien sûr le 5e Dalaï Lama.

Après son décès survenu à Sang-ngag Khar en 16463, le stupa de style namgyel érigé à la mémoire de Trichén Könchog Chöpel est placé dans le temple Lima Lhakhang à Ganden selon la tradition qui se maintiendra jusqu'en 1959.

Pour mieux connaître ce grand Maître, si vous comprenez le tibétain, n'hésitez pas à vous reporter à sa biographie, qui figure dans le volume Nya des œuvres du 5e Dalaï Lama, sous le titre de 'Jam dpal dbyangs chos kyi je dKon mchog chos 'phel gyi rtogs brjod mkhas pa'i rna rgyan.


1 Ici, titre prestigieux délivré par le 5e Dalaï Lama à ses maîtres principaux.
2 mZod tika mthong b don ldan.
3 1644 selon certaines sources

samedi 3 décembre 2016

Le 103e Ganden Tripa, chef de l'école gélugpa


Depuis le 5 novembre 2016, l'école gélugpa a un nouveau chef, le 103e, en la personne de S.S. Tri Rinpoche Lobsang Tenzin, naguère connu sous le nom de Kousho Sérsha ("chapeau jaune"), qui remplace Trizur Rinpoche Rizong Sey Thubten Nyima Lungtok Tenzin Norbu.

Depuis le XVIe siècle, ce sont en alternance les plus anciens des abbés retirés des collèges tantriques de Gyumed et Gyutö qui tous les six à sept ans se relaient sur le trône de Ganden, à la suite de Jé Tsongkhapa.

S.S. Tri Rinpoche Lobsang Tenzin, né en 1937 dans le Khams, est un géshé érudit de Drepung Loseling, disciple de Khensur Pema Gyaltsen, Shakor Khen Rinpoche Nyima Gyaltsen, Kyabje Denma Lochoe Rinpoche, Tehor Gen Lobsang Dhondup, et bien sûr Kyabjé Ling Dorjechang, Kyabje Trijang Dorje chang et SS le XIVe Dalaï Lama.

Alors qu'il était abbé de Gyutö, fin 1995, S.E. Tri Rinpoche Lobsang Tenzin est venu en France à la tête d'un groupe de moines invités pour une série de prestations, les voix diphoniques des collèges tantriques étant fort célèbres. A cette occasion, l'Institut Guépèle a eu la joie et l'honneur de les accueillir à Veneux-les-Sablons lors d'une grande fête bouddhiste. Ce n'était pas officiellement prévu, mais le "hasard" est parfois étonnant...
Il s'est trouvé que cette année là, le séjour des moines de Gyutö a coïncidé avec de grandes grèves des transports publics. Faute de métros et de bus et par un temps glacial, les salles de spectacles parisiennes étaient tristement vides...
La foi soulevant les montagnes, avec la bénédiction de Dagpo Rinpoche et le concours de partenaires altruistes, en l'espace de deux ou trois jours, quelques bénévoles de l'Institut Guépèle (dont notamment Jenny F., Antony B. et moi qui avons bien pataugé dans la neige) ont réussi à organiser trois événements qui ont fait salle comble, respectivement au gymnase de Bois-le-Roi (merci V. B.), en l'église de Samois (merci, Monsieur le Curé) et bien sûr à l'Institut, à Veneux-Les Sablons.
De beaux souvenirs de moments rares et privilégiés.