Une de nos amies demande si le fait d'avoir confiance en le Maître suffit pour être protégé de renaissance défavorable.
Eh bien, cela dépend entre autres * de ce que l'on entend par "avoir confiance en le Maître" ainsi que * du moment concerné.
1) Les Enseignements relatifs à la prise de refuge en les Trois Joyaux - en lesquels le Maître est inclus, et/ou qui inclut les Trois Joyaux - sont des plus clairs :
la confiance (la foi) placée en les Trois Joyaux protège, en ce sens qu'elle suppose et implique l'application des préceptes consécutifs, essentiellement l'observance de l'éthique, à l'éclairage de la loi de causalité.
Dire qu'on "a foi", mais en même temps ne pas faire le moindre effort pour appliquer les instructions, révèle qu'on n'a pas encore réellement foi.
En revanche, la foi en les Trois Joyaux n'implique pas une croyance aveugle en des notions dogmatiques.
Le Bouddha a toujours exhorté ses disciples à réfléchir et vérifier par eux-mêmes.
2) Il est dit que, quand on arrive en fin de vie, le tout dernier moment de pensée ordinaire est extrêmement important, car c'est lui qui porte à maturité le ou les karma qui va ou vont déterminer la prochaine naissance :
un état d'esprit bénéfique favorise le développement de bons karma, d'où une prochaine bonne renaissance ;
un état d'esprit agité, non vertueux, renforce de mauvais karma.
Autrement dit, si la dernière pensée est de l'ordre de la foi, oui, cela protège - pour cette fois - d'une mauvaise renaissance.
En revanche, même si au cours de la vie, on éprouve de la foi/confiance en le Maître (plus généralement, en tout objet digne de foi), si malencontreusement, à l'article de la mort, on se laisse dominer par de la colère, de l'avarice ou tout autre facteur perturbateur, ce sont des mauvais karma qui seront alors portés à maturité...
Les bénéfices de la foi ne seront pas forcément perdus, mais ils risquent de ne pouvoir fructifier que lors d'une vie ultérieure.
D'où l'importance de se préparer à la mort en s'habituant suffisamment à un état d'esprit bénéfique - n'importe lequel : foi, amour, compassion, générosité, éthique, sagesse, etc., etc. - pour qu'il puisse jaillir "naturellement" au moment J.
D'où l'intérêt de la méditation.