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lundi 20 décembre 2021

Les Enseignements du Père et des Fils Kadam Pachö P'uchö


 བཀའ་གདམས་ཕ་ཆོས་བུ་ཆོས་

Traduction en anglais de précieux Enseignements des Maîtres kadampa, 

principalement Atisha et Domtönpa


The Kadam school of Tibetan Buddhism emerged in the eleventh century from the teachings of the Indian master Atisa and his principal Tibetan student, Dromtonpa. 

Although it no longer exists as an independent school, Kadam's teachings were incorporated into the four major schools of Tibetan Buddhism and are still prized today for their unique practical application of the bodhisattva's altruistic ideal in everyday life. One of the most cherished teachings stemming from Atisa and Dromtonpa is the collection of esoteric oral transmissions enshrined in The Book of Kadam. 

This volume includes the core texts of the Book of Kadam, notably the twenty-three-chapter dialogue between Atisa and Dromtonpa that is woven around Atisa's Bodhisattva's Jewel Garland, as well as complementary texts that illuminate the history and practices of the Kadam tradition.

samedi 6 novembre 2021

Quatre Enseignements d'Atisha

 
 
 Ouvrage bilingue (tibétain - français) offrant 
 
Quatre Instructions d'Atisha (982-1054), 
traduites par Marie-Stella Boussemart :
 
            La Lumière de la Voie vers l'Éveil
 
            La Guirlande des joyaux de bodhisattva
 
            Brève Instruction sur les conduites de bodhisattva 
 
            Cristalliser l'essence

    + 1 Louange à Atisha, composée par Dromtönpa

+ Courte biographie d'Atisha, rédigée par Françoise Cartau

 
Éditions Guépèle, 2008      Bon de commande (pdf)

samedi 26 décembre 2020

La Guirlande des valeurs humaines de Dromtönpa (1005-1064)

Ô toi, le premier d’entre nous, les fils du septentrion !
Ayant voyagé par monts et par vaux, j’en ai vu,
Et j’en ai tant entendu.
Aussi mes propos font-ils mouche.

Est réputé sagace celui qui distingue le vrai du faux comme le front de la nuque.
En quelque lieu ou direction que tu te rendes,
En quelque site ou logis que tu t’établisses,
Avec qui que tu entres en relations ou que tu te trouves,
Se mettre en harmonie avec les autres constitue la base des valeurs humaines.
Ecoute l’avis que je vais là-dessus exposer.
Ecoute l’analyse des faits et gestes que je vais mener.
Ecoute l’instruction, qui apaise dieux et nagas, que je vais délivrer.
D’entre les valeurs, excellentes sont ces profondes valeurs humaines.

A l’intention de qui que tu te donnes du mal,
Ne t’en targue point et ne maugrée guère.
Quoi que tu entreprennes ou accomplisses,
Conforme-toi aux usages.
Pour nombreuses que soient tes qualités,
Ne rabaisse guère les autres ni ne les dédaigne.
Même si intense est ton attachement envers tes possessions,
Ne prends guère de privautés avec les biens d’autrui.
Si doué que tu sois en actes, moyens ou desseins,
N’enfreins guère la règle générale.
Alors même qu’il s’agit de biens acquis par toi-même,
Dissimule-les en public et n’en fais guère étalage.
Même si tu es considéré par tous comme un homme de bien,
N’aie guère cet orgueil qu’est l’infatuation.
Même si tu es infiniment supérieur à tous,
Dissipe le moindre sentiment de supériorité.
Alors même que tu es sollicité en tant que guide spirituel,
N’aie guère de dédain pour quiconque, lettré ou inculte.
Même s’il n’est personne qui te soit supérieur,
Mets-toi tout en bas et rends-toi accessible.
Pour exécrable que soit le chef d’aucuns,
Avec déférence rends salut pour salut.
Sitôt qu’apparaîtrait quelqu’un qui serait ton égal,
Accorde-lui la place d’honneur et traite-le avec respect.
A qui demande l’enseignement, qu’il soit lépreux ou mendiant,
Expose abondamment les instructions, et ce au milieu de tous.
Et si c’était pour te déprécier ou encore te tester,
Soigne ton discours, exceptionnellement sublime.
Même si offrandes et services dévoués t’échoient justement,
N’y prête pas attention et mets tout le monde à égalité.
Dès lors qu’il conviendrait de garder le secret,
Demeure silencieux comme si tu étais muet.

Ceci était un exposé rudimentaire des généralités.
Comme je vais encore ouvrir mon cœur, veuille écouter.
Chercher une entente avec les ennemis est plus profond.
Taire à son fils ce qui est confidentiel est plus sûr.
Garder ses prières dans sa gorge est plus pieux.
Celer les torts de part et d’autre est plus sage.
Creuser ses propres fautes est plus sage.
Ne pas faire état des erreurs d’autrui est mieux.
Avec cœur prendre soin de ceux qui s’en remettent à vous est le plus remarquable.
Comme je t’ouvre mon cœur, veuille encore écouter.
Dès la première rencontre parler à cœur ouvert est une erreur.
Sans vérification, accorder sa confiance est une erreur.
Si l’on s’est trompé en vérifiant, continuer est une erreur.
Charger de tâches des gens sans scrupules est une erreur.
Faire communauté de biens avec des gens qui ne vous aiment pas est une erreur.
Prendre pour disciple quelqu’un alors qu’il est dénué de foi est une erreur.
Considérer comme maître quelqu’un alors qu’il est dénué de compassion est une erreur.
Prendre pour ami quelqu’un d’infidèle et sans honte est une erreur.
Prodiguer des conseils à qui n’écoute pas est une erreur.
Solliciter un avis clairvoyant à qui ne sait pas est une erreur.
Une fois qu’on sait que ce sont des erreurs, si l’on ne s’en garde pas encore,
Alors on doit savoir que l’on est insensé.

Comme je t’ouvre mon cœur, veuille écouter encore.
Au moment de consommer le repas, tout le monde est de bonne composition ;
Après trois jours passés ensemble, nombreux sont ceux qui démasquent leurs défauts.
Proches ou inconnus, si, sans attendre que se soit écoulé un an,
On leur confie des tâches, on s’en repent promptement.
Faire état des défauts qui nous apparaissent en autrui est déplorable.
Rien que d’y penser est perturbant.
En parler à deux est dévastateur.
Qu’on en parle à trois, et le vent propage la rumeur.
Si on ne l’énonce pas et que ça se dissipe dans le vide, c’est mieux avisé.
Si, par divers moyens, on comprend ce que sont les impairs sur le plan oral, il y a de quoi rire.
Si on s’abandonne aux doutes, les démons sont ravis.
Si on prend un fléau pour un ami, c’est la plus grande erreur qui soit.

Comme je t’ouvre mon cœur, veuille écouter encore.
N’aie pas trop d’attachement pour la nourriture ; fais-en don.
N’aie pas trop d’avarice envers les possessions ; fais-en offrande.
Ne change pas trop de physionomie ; sois souriant.
Ne lèse pas trop les ennemis tout en favorisant les amis ; cultive une complète égalité.
N’encense pas trop ton entourage ; garde cela en ton for intérieur.
Ne jette pas trop l’anathème promptement ; mets habilement à l’écart.
Ne fais pas trop de promesses à quiconque ; tiens-les.
Ne donne à personne de mauvais conseils ; prodigues-en de bons.
Si tu as failli, ne te laisse pas écraser par le regret ; garde-toi de recommencer.

Comme je t’ouvre mon cœur, veuille écouter encore.
Se plaindre revient à héler les ennemis ; mets-y vraiment fin.
Les activités multiples commandent les ennuis ; mets-y vraiment fin.
Abondance d’idées perturbe les desseins ; mets-y vraiment fin.
Un mauvais caractère, c’est comme un rassemblement d’ennemis ; mets-y vraiment fin.
Les chimères et autres superstitions sont une halle aux démons ; mets-y vraiment fin.
Un mauvais entourage est source de discrédit ; mets-y vraiment fin.
Les mauvais amis sont causes de regrets ; mets-y vraiment fin.
Les mauvaises contrées sont des spirales de maux ; mets-y vraiment fin.
Les affaires du monde sont des entraves aux pieds ; mets-y vraiment fin.

Comme je t’ouvre mon cœur, veuille écouter encore.
Quand les cinq dégradations des temps de dégénérescence prennent de l’ampleur,
Le démon qui fait obstruction à tous les pratiquants, c’est d’avoir de l’attachement pour les uns et de l’aversion pour les autres.
Où que tu ailles, modère la partialité.
Quoi que tu fasses, mets-toi au dernier rang.
Les plaines du lointain Népal sont de climat chaud.
Prends garde à ce que tu y boiras pour te désaltérer.
Lateu, dans le sud, abrite des créatures redoutables ;
Prends garde aux maléfices haineux.
A Nyangchab, dans le nord, les commérages vont bon train,
Prends garde aux interminables bavardages.
Au Tibet, le Royaume des morts, il n’est ni honte, ni fidélité ;
Agacé, prends garde à la colère.
De nos jours, les gens sont inconstants ;
Prends garde aux beaux parleurs.
Comme je t’ouvre mon cœur, veuille écouter encore.
Ne perds pas tes espoirs et ta confiance en la déité tutélaire,
Mais n’attends pas grand chose des hommes en ces temps funestes.
Ne lésine pas tes scrupules ni ta fidélité envers tes compagnons.
Qu’ils agissent bien ou mal, fais peu de remarques.
Ne remets pas à plus tard les « blanches » activités [ bénéfiques ],
Mais engage-toi dans la pratique de l’excellente voie.
Ne recherche point trop la facilité dans toutes tes entreprises,
Mais, par les trois portes [corps, parole, esprit], fais preuve de respect envers tes maîtres.
En résumé, érige en couronnes tous les grands de ce monde.
Prends soin des humbles comme pour les préserver du fil de l’épée.
Sois de compagnie cordiale avec les égaux, comme les bœufs d’un même attelage.
En toute activité, n’aie guère d’attente personnelle.
En toute entreprise, privilégie le bien collectif.

Les conseils que je t’ai ainsi dispensés,
Ne les regarde pas comme l’oiseau sa coquille.
Transcris en landza* ces excellentes paroles,
Et dans la solitude contemples-en le grandiose spectacle.
Si tu parviens à les appliquer, tout te réussira.

De ce jour et au fil de toutes nos vies,
Puissions-nous œuvrer ensemble afin de guider les êtres jusqu’au bonheur.
Reprenons avec allégresse les prières mêmes
Que formula Samanthabhadra.»

(landza : écriture népalaise)

jeudi 7 mai 2020

Louange à Atisha, composée par Dromtönpa


(Traduit par Marie-Stella Boussemart
Sous la direction de Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen)

En le sublime pays du Bengale (vous êtes né) dans le noble lignage de la famille royale de Sahor, celui-là même dont était issu le bodhisattva Shantarakshita ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Avec art vous avez honoré vos père et mère, et vous les respectiez ; doté de la beauté, du charme, de la sagesse et de la compassion, vous étiez pondéré, bienveillant, plein de tact et courageux ; ô Dimpakara, je vous invoque.


Qu’il s’agisse des traités profanes ou des diverses sciences, médicales, techniques ou artistiques, ou encore des Veda, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Dénué d’attachement envers les objets de désir, vous avez abandonné le pouvoir, les richesses et les autres biens et vous vous êtes fait moine [bhikshu] mahasamghika ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.  

Les préceptes et les règles énoncés par le Tathagata, tels qu’ils sont exposés dans les quatre sections du Vinaya, vous les avez gardés dans toute leur pureté, sans les entacher de la moindre faute ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Vous avez suivi de nombreux maîtres érudits, et qu’il s’agisse des Trois Corbeilles, de la langue, de la logique, ou bien encore des Instructions, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô glorieux Atisha, je vous invoque. 

 De votre Maître, le Roi souverain de Serling, vous avez obtenu le nectar salvateur de l’esprit d’Eveil, et vous avez œuvré pour le bien de tous les êtres ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Empli de compassion pour les si nombreux êtres misérables et ô combien souffrants, vous êtes leur protecteur, qu’ils fussent des déités du monde, des titans ou des hommes ; ô Père unique, je vous invoque.

A des maîtres qui en avaient obtenu les plus hautes qualités, vous avez demandé les transmissions permettant de réaliser les déités tutélaires, puis vous vous êtes appliqué à les accomplir ; ô Vous qui aviez fait l’objet de prophéties (de la part du Bouddha), je vous invoque.

Sachant que vous aviez des disciples au Tibet, vous êtes venu au Pays des neiges, et vous êtes devenu le Maître des dirigeants et notables ; Vous qui êtes digne des honneurs et des hommages, je vous invoque.

Si un éminent sage tel que vous n’était pas venu au Tibet, bien que l’Enseignement du Bouddha y eût cependant existé, on y serait sans doute demeuré dans l’ignorance du sens profond ; ô Vous qui l’avez excellemment exposé, je vous invoque.

En effectuant et en révisant des traductions de traités, en les expliquant et en composant des ouvrages, vous avez excellemment guidé sur la Voie parfaite ; ô Vous qui avez épanoui l’Enseignement, je vous invoque.

Les démons et les penseurs fourvoyés - hérétiques et zélateurs d’Ishvara -, qui professaient des vues funestes et s’égaraient sur des chemins pernicieux, vous les avez réduits par le raisonnement et les avez introduits dans la Voie libératrice : ô Guide de ceux qui aspirent à la libération je vous invoque.


La générosité, l’éthique, la patience, l’enthousiasme, la concentration et la sagesse, bref, les six perfections, vous les avez constamment méditées au fil de nombreuses vies ; ô Vous qui avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque.

Fournir le nécessaire et tenir des propos plaisants, accomplir le bien des êtres (en les incitant à pratiquer) et agir soi-même en accord (avec ce que l’on enseigne) : ô Vous qui, (grâce aux ressources des quatre moyens rassembleurs), avez accompli avec flamme le bien d’autrui, je vous invoque.

La foi, l’éthique, l’écoute, le don, le respect de soi-même et d’autrui, la sagesse, de ces sept joyaux vous êtes riche ; ô vous qui êtes le trésor dont procèdent les qualités, je vous invoque.

Quand Gyälwè Jung-nè, l’excellent disciple qui avait jadis formulé des vœux, est arrivé de contrées lointaines, vous avez annoncé : « L’upasaka arrivera aujourd’hui. » ; ô Vous qui possédez la faculté de la vision divine, je vous invoque.
 

Lorsqu’au Magadha l’un de vos disciples, avec déférence, a fait résonner des cymbales et vous a adressé des invocations, vous l’avez entendu au Tibet et en avez fait part à Drom ; ô Vous qui possédez la faculté de l’ouïe divine, je vous invoque.

Lorsqu’à Lhasa vous avez entendu la musique des dieux, vous vous êtes précipité et, après avoir présenté des offrandes aux déités dans le déambulatoire, vous avez effectué des circumambulations dans l’espace ; ô Vous qui possédiez la faculté des pouvoirs supranormaux, je vous invoque.

(Du pilier) où le testament du Roi était caché, la dakini l’a sorti et vous l’a montré ; grande est votre bienveillance, vous qui représentez Shakyamuni ; ô bienveillant Atisha, je vous invoque.

Les personnes touchées par les maladies des nagas (lèpre, etc.), toujours vous les avez maintenues en vie ; de vous procèdent les cycles de protection, vous qui guérissiez les maladies des êtres ; ô Vous qui êtes connu comme un second Nagarjuna, je vous invoque.

Alors qu’à Nyethang vous étiez assis sur le sable à ’Or, dans l’espace Indra et les assemblées de dieux ont déversé des pluies de fleurs en les cinq gemmes ; ô Maître, Dieu des dieux, je vous invoque.

A Yorpo de Ching-ru, une jeune fille vous a offert ses bijoux ; lorsque vous avez appris sa mort, vous avez purifié ses voiles et vous avez annoncé qu’elle avait repris naissance en tant que déité ; ô Guide des êtres, je vous invoque.


« D’ici, j’irai à Tushita et ceux qui témoignent de foi et de respect envers moi, m’y rencontreront. », avez-vous prédit ; ô Vous qui voyiez à l’avance l’avenir, je vous invoque.


A Tushita, vous êtes Namkha Drima Med ; au pays des Arya, vous étiez Dipamkara, et ici, au Tibet, vous étiez le glorieux Atisha ; ô Vous dont la renommée couvre la terre, je vous invoque.

Quand moi, Dromtön, j’ai fondé le temple de Rating, lorsque je vous ai prié de guider les êtres, de Tushita vous avez jeté les fleurs de la consécration ; ô Vous qui avez ainsi directement accordé votre bénédiction, je vous invoque.

Lorsqu’en voyant et en entendant vos qualités, je vous invoque haut et clair l’esprit plein de ferveur, de Tushita, veuillez me regarder avec compassion et, comme je vous en implore, veuillez m’accorder votre bénédiction.

Comme au Tibet il est encore tant de disciples qui n’ont foi qu’en vous et suivent (votre lignée), veuillez le prendre en considération, et avec l’amour d’une mère pour son fils, veuillez nous servir de Maître spirituel.

En les temps de dégénérescence, tels des aveugles, les êtres suivent de prétendus maîtres imparfaits ; ceux qui sont ainsi dépourvus de guide dans les abysses du samsara, veuillez vite les en extraire avec le crochet de votre compassion.

En tous temps et toutes circonstances, ô vous le Parfait, vous êtes mon Protecteur ; pour qu’au plus vite je devienne un bouddha pleinement accompli, veuillez m’accorder (les sagesses de) étude, réflexion et méditation.

* * *

A cette louange composée par Dromtönpa, ses disciples ont ajouté une vibrante stance à sa gloire :
De tous vous êtes le Guide spirituel ; de tous vous êtes le Protecteur. Substitut des Victorieux, fils des Victorieux, pour tous, vous êtes l’inestimable source du bonheur. Ô Maître Tönpa, je vous invoque.

lundi 16 mars 2020

Exhortation à la pratique, de Dromtönpa

Extrait de l'Exhortation à moi-même, composée par Dromtönpa

"Ohé, fils de l’excellent et glorieux Dipamkara (Atisha) ! Ce support de vie humaine dotée des atouts et des libertés est extrêmement difficile à obtenir. Quant à rencontrer l’Enseignement du Bouddha, c’est encore plus rare.
Ne gaspille pas inconsidérément les atouts et libertés qu’il est si difficile de conquérir. Pourquoi ? L’abîme des existences infortunées est insondable, et sans avoir la base que constitue l’éthique, tu voudrais hisser au sommet les remèdes en boule compacte ?
Sans doute es-tu un héros puisque tu n’es pas naguère tombé dans le précipice effrayant ( des renaissances infortunées) , mais de même qu’on prépare en un mois les réserves d’une année, au moment où tu pourrais te mettre en sécurité pour toutes tes vies à venir, ne reste pas à traînasser ; exploite à fond les remèdes.
La vie n’est pas éternelle ; elle est telle l’éclair dans le firmament : par nature, à peine apparu, il s’efface. Il en va de même pour ma vie, ai-je vu. Ne flâne pas ; tire la quintessence de ce corps. La vie n’est pas éternelle ; elle est telle le rocher qui dévale à flanc de montagne : il descend à vive allure, nul ne pourrait l’attraper. Il en va de même pour ma vie, ai-je vu. Ne reste pas à paresser ; pratique l’excellent Dharma sublime."

mardi 14 février 2017

Un long soliloque de Geshe Potowa

Les enseignements des geshe kadampa en général, et de Géshé Potowa en particulier, sont de purs joyaux - puissants, percutants et limpides.

En voici un exemple avec ce lojong téléchargeable sur la toile :

Le long soliloque de Geshé Potowa Je rends hommage à tous les ...

Je rends hommage à tous les Lamas des trois temps. Parce que nous n'avons pas réalisé notre esprit, nous errons depuis ...

mardi 26 janvier 2016

Sharawa et le Vinaya

Selon le grand maître kadampa Sharawa (1070-1141),

       De manière générale, quoi qu'il arrive de bon ou de mauvais, il faut s'appuyer sur le Dharma. Et si, à l'intérieur du Dharma, on se fonde sur ce qui ressort du vinaya, on n'a besoin de rien ajouter, car cela est foncièrement pur, irréfragable, réjouissant et entièrement bénéfique.

lundi 12 janvier 2015

Domtönpa et Potowa


Alors que Dromtönpa était en fin de vie, Potowa très triste à son chevet pensa qu'il allait bientôt se retrouver sans soutien et il ne put retenir des larmes qui ruisselèrent sur son visage. Quelques-unes tombèrent sur Dromtönpa qui lui dit : "Je ne vois personne que tu puisses suivre comme maître. Abandonne toutes les affaires de ce monde ! En guise de maître, reporte-toi à la collection des soutras, développe un esprit bon et tu rencontreras des personnages exceptionnels." Un autre disciple présent demanda ce qu'il entendait par "un esprit bon". Dromtönpa répéta alors deux fois : L'esprit d'Eveil, l'esprit d'Eveil.

samedi 10 avril 2010

Gönpawa

Gönpawa (dGon pa ba) - l’« anachorète » - (1016-1081 ou 1082), est originaire du Kham, du Dènma (lDan ma).

Quand il rencontre Atisha, il se dirige en fait vers le Népal où il souhaite étudier avec le maître Phamthingpa. Dans son esprit, il fait juste une courte halte pour demander sa bénédiction au Pandit mais celui-ci le met en garde et lui fait une proposition inespérée :
« Je discerne des obstacles. Il vaut mieux que tu n'ailles pas au Népal. Reste. Je m’occuperai de toi. »

Gönpawa n’hésite pas une seconde. Présentant en offrande les cent pièces de soie qu’il avait dans son bagage, il prie Atisha de lui conférer des instructions de méditation.
Atisha lui réplique :
« Soit, mais il te faudra partager ma nourriture.
- Mais j’ai mes provisions personnelles.
- Si tu manges sur mes provisions, je t’apprendrai à méditer. Si tu ne le fais pas, je ne te
donnerai aucune instruction ! »

De ce jour, Gönpawa est pris en charge, matériellement et spirituellement, par Atisha qui a immédiatement décelé en lui les empreintes d'un grand méditant.

Après Domtönpa puis Ame Jangchub, il sera abbé de Rating de 1078 à sa mort.

Le Vinaya introduit au Tibet

C'est sous le grand Roi Thrisong Detsen que le moine indien Shantarakshita fut invité au Tibet pour y établir l'Enseignement en fondant Samyè (bSam yas) le premier monastère du pays des Neiges et en ordonnant les premiers moines tibétains.

La lignée de l'Abbé étant celle du Mulasarvastivada-vinaya, le Roi décréta :

"Désormais, au Tibet, on observera uniquement le Mulasarvastivada-vinaya, selon la lignée du grand Abbé bodhisattva, et nul n'aura jamais le droit d'introduire une autre tradition. En ce qui concerne les vues, l'on maintiendra celles de Nagarjuna, et aucune autre".

Voilà pourquoi Domtönpa s'opposa à ce qu'Atisha ordonnât des moines au Tibet ! En effet, Atisha relevait d'une autre école de Vinaya, celle des Mahasamghika.

jeudi 3 décembre 2009

Ganden Namchö 2009

A noter : cette année, le Ganden Namchö (dGa' ldan lnga mchod) tombe le vendredi 11 décembre.

Pour rappel : le Ganden Namchö est la commémoration du passage en nirvana de Je Rinpoche, c'est à dire Je Tsongkhapa, fondateur du monastère de Ganden (dGa' ldan) et partant de l'école des dGa' ldan pa, également connus sous les noms de dGe lugs pa (prononcé guélougpa : "Vertueux"), ou encore de bKa' gdams gsar ma ba (c'est à dire "Nouveaux Kadampa"), et ce donc depuis le début du XVème siècle, le monastère de Ganden ayant été fondé en 1409.

Pourquoi "Nouveaux Kadampa" ? Par rapport aux "Anciens", depuis Atisha et Dromtönpa jusqu'à Je Rinpoche, lequel s'inscrit fidèlement dans la tradition issue d'Atisha tout en lui adjoignant des lignées de transmissions reçues des écoles (Sa skya, bKa' brgyud, Bu lugs, etc.)

Que faire ? Par exemple :
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Je Rinpoche ;
- lire une biographie de Je Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces.

+ souhaiter la Bonne Année aux amis mongols bouddhistes - qui depuis des siècles célèbrent à cette occasion la nouvelle année.

lundi 24 août 2009

Qualités des Bouddha

Entre autres (innombrables) qualités, les Bouddha détiennent le pouvoir de produire autant d'émanations que nécessaire pour accomplir leur activité en faveur des êtres.
C'est pour cela que les émanations issues, par exemple, du Bouddha Avalokiteshvara sont nombreuses, à commencer par les Dalaï-lama et les Karmapa, mais aussi Dromtönpa ou encore Dagpo Lama Rinpoche.

L'activité des Bouddha est par ailleurs constante et "spontanée" : elle se déploie d'elle-même sitôt que les conditions sont réunies, et n'a pas à être réfléchie et décidée.

mercredi 18 mars 2009

Les 3 lignées Kadampa

Les trois lignées Kadampa (bKa' gdams pa) ont pour origine Atisha, venu au Tibet à la demande du roi Jangchoup ö (Byang chub 'od) en 1042.

Il eut pour principal disciple Dromtönpa ('Brom ston pa), qui lui-même eut trois principaux disciples :
Potowa (Po to ba) reçut de lui les instructions concernant les traités canoniques.
Chengawa (sPyan snga ba) reçut les conseils et instructions du lamrim
Pouchoungwa (Phu chung ba) reçut les instructions spécifiques.

D'où les trois lignées, respectivement :
- Kadam shoungpawa (gzhung pa ba) / approche philosophique sur la base de grands six traités
- Kadam lamrimpa (lam rim pa) / report au lamrim tel quel
- Kadam men-ngag pa (man ngag pa) / report à une instruction extraite du lamrim (12 liens interdépendants, etc.)

mercredi 24 décembre 2008

Foi et attachement

Foi et attachement sont des facteurs mentaux radicalement distincts. Rien de plus évident.
Encore que ... Parfois, on se pose des questions. Car les symptômes extérieurs peuvent étrangement se ressembler.

Quelques petits "trucs" pour s'y retrouver (merci, ô Asanga, pour vos définitions dans l'Abhidharmasamuccaya) :
- La foi est toujours vertueuse ; l'attachement jamais.
- L'attachement porte exclusivement sur des phénomènes "souillés", c'est-à-dire en lien avec les facteurs pertubateurs.
- L'attachement a tendance à décliner ; la foi a vocation à croître.
- L'attachement est cause de souffrance ; la foi est source de bonheur.

Peut-on éprouver de l'attachement pour un Bouddha ?
Eh bien non, car par définition un Bouddha ne relève pas de la catégorie des "phénomènes souillés" !

Peut-on éprouver de l'attachement pour un Maître ?
Pas davantage, et ce, pour les mêmes raisons. S'il s'agit d'un Maître authentique, bien évidemment.

Dans ma jeunesse chaque jour plus lointaine (mais si), je choisis de faire porter mon mémoire de maîtrise de tibétain sur Dromtönpa - sa vie, son oeuvre. Car j'aime infiniment Dromtönpa, je l'avoue. En tout bien tout honneur, et toute foi !
Le jour de la soutenance, l'un des membres du jury (une vénérable orientaliste, viscéralement communiste par ailleurs) me lança donc : "On sent que vous êtes amoureuse de votre personnage."

Cela me choqua sur le coup. Aujourd'hui, je lui trouve des circonstances plus qu'atténuantes.
Car quand on est empli de foi pour le Maître, aux yeux des profanes, cela peut effectivement ressembler à un coup de foudre.

Quand Jetsun Milarepa entendit pour la première fois prononcer le nom de Marpa Lotsawa, les larmes lui montèrent aux yeux, tous ses poils se hérissèrent sur son corps et il fut pris de tremblements.
Quelques années auparavant, quand Dromtönpa avait pour la première fois entendu prononcer le nom d'Atisha, il avait réagi exactement de la même manière.

En résumé, honni soit qui mal y pense.

mardi 25 novembre 2008

Pour simplifier la vie

Ce dont j'ai envie de parler n'est pas un sujet spécifiquement bouddhiste, et j'espère que vous me pardonnerez de sortir du sujet.

Il y a pourtant un lien avec le bouddhisme, surtout le grand véhicule, où nous n'arrêtons pas de dire et répéter que nous voulons aider tout le monde et chacun.

Je me trompe sans doute, mais quant à moi, je poserai un principe de base dans nos relations mutuelles :
En toutes circonstances, demander directement l'avis de l'intéressé et ne pas présupposer ses choix et envies !

N'oublions pas que nos perceptions, et donc nos pensées et opinions, sont nécessairement conditionnées par nos propres karma - qui sont par définition différents de ceux des autres, y compris ceux que nous croyons (à tort) connaître par coeur.

Vouloir rendre service est beau, mais combien de conflits et/ou de frustrations seraient évités si nous cessions de croire que nous pouvons répondre pour l'autre, à la place de l'autre.

Depuis mon entrée dans le bouddhisme, j'avais rayé de mon vocabulaire l'expression : "L'enfer est pavé de bonnes intentions". Je me demande si je ne vais pas la réhabiliter.

Dromtönpa disait bien que nos pires ennuis viennent non pas de ceux qui nous veulent du mal, mais de ceux qui nous veulent du bien. Et se plantent (pardonnez cette expression triviale, mais imagée).

lundi 24 novembre 2008

Dur, dur de pratiquer

Dans le droit fil de l'article précédent, qui concerne les huit principes mondains, il y a cette anecdote célèbre, attribuée au fondateur de l'ordre Kadampa.

Lors de ses circumambulations autour du monastère de Rating qu'il a fondé naguère, Dromtönpa aperçoit un moine plongé dans la lecture d'un texte sacré. Il s'approche de lui et lui dit : "C'est très bien de lire, mais ne serait-il pas mieux de pratiquer ?".

Le moine réfléchit, et le lendemain Dromtönpa le voit assis en train de méditer :
"C'est très bien de méditer, mais ne serait-il pas mieux de pratiquer ?"

Décontenancé, le moine fait quelques autres tentatives, qui lui attirent la même remarque.
Ayant épuisé toutes ses ressources d'imagination, il se décide à aller trouver l'Abbé :
"Ne serait-il pas mieux de pratiquer, me dites-vous quoi que je fasse. Mais qu'entendez-vous donc par là ?
- Détourne-toi de tout intérêt pour cette vie", lui conseille Dromtönpa.

Tshe 'di la blo gtong !
Plus facile à dire qu'à faire...

jeudi 19 juin 2008

De l'humilité

Ô Paradoxes !
L'humilité est l'une des caractéristiques des grands pratiquants, des grands siddha (grub thob ; personnages ayant atteint de hautes réalisations).
Ainsi Dromtönpa était-il d'une modestie et d'une simplicité exemplaires, comme son Maître Atisha et comme ses disciples, Potowa et maints autres geshe kadampa. Au sein du monastère, Shantideva passait pour un mauvais moine qui n'aurait eu que trois préoccupations - manger, dormir, déféquer...
De nos jours, en pleine période de dégénérescence, des Maîtres extraordinaires sont d'une discrétion non moins extraordinaire - Rinpoche et Genlags en sont des témoignages, et je pourrais citer beaucoup d'autres noms.

L'étonnant est que l'humilité vraie des Bouddha et bodhisattva se marie avec une qualité pour laquelle à ce jour je ne trouve pas de terme vraiment adéquat en français.
Comment rendre le mot tibétain spobs pa ? Il donne l'idée d'être sûr de soi, d'avoir une parfaite assurance, exempte de la moindre infatuation cependant. En toute simplicité. Parce que l'on ne connaît plus ni peur ni doute. Parce que l'on a la connaissance et que l'on agit désormais à bon escient et en temps opportun.

mardi 6 mai 2008

"La Lumière de la Voie"

La Lumière de la Voie composée par Atisha peu après son arrivée dans le Tibet occidental est en fait une exégèse du Soutra de la Sagesse et des commentaires afférents, à commencer par l'Abhisamayalamkara.

De très nombreux Maîtres tibétains ont depuis rédigés de nouveaux lamrim, certains extrêmement succincts, d'autres très volumineux. On attribue du reste un auto-commentaire à Atisha lui-même.

Mais comme le déclara péremptoirement Dromtönpa, pourtant réputé pour sa modestie et son humilité :
"Le commentaire de la Lumière de la Voie, c'est moi !"

dimanche 4 mai 2008

Vient de paraître

Sans déployer ses ailes, l’Oiseau ne peut voler
La Lumière de la Voie vers l'Eveil & autres textes
de Jowo Atisha
traduit par Marie-Stella Boussemart

Œuvre maîtresse de Jowo Ātisha, la Lumière de la Voie vers l'Eveil constitue la base et le coeur de toutes les écoles bouddhistes du Pays des neiges car elle est de fait une véritable instruction, qui explicite le sens caché du Soutra de la sagesse, énoncé jadis par le Bouddha au Pic des Vautours. C'est elle, sans nul doute, qui a permis que le Dharma se propage et rayonne au Tibet avec l'éclat que l'on sait.

En maître accompli, Ātisha multiplia les éclairages à l'intention de tous ceux qui souhaiteraient progresser et acquérir une plus grande maîtrise d'eux-mêmes. Parmi les nombreux Enseignements du Père des Kadampa, quatre sont ici proposés en français et en tibétain : La Lumière de la Voie vers l'Eveil, La Guirlande des Joyaux de bodhisattva, Brève Instruction sur les conduites de bodhisattva et Cristalliser l'essence.

Rien qu'une stance, rien qu'une phrase même, tirée de ce florilège de conseils émanant d'Ātisha, apporte à celui qui l'applique un indéniable mieux-être et facilite grandement ses relations avec les autres.

L'ouvrage comporte également une Louange à Ātisha, composée par le fidèle Dromtönpa.

(Editions Guépèle)

mercredi 23 avril 2008

Un ou plusieurs Maîtres ?

Dans le bouddhisme, notamment dans le mahayana, et tout particulièrement dans le vajrayana, la relation qui s'établit entre le disciple et le maître est fondamentale. La qualité de la pratique découle de la qualité du lien qui se tisse entre les deux.

Les deux, ai-je dit. Oui, mais pas dans un sens restrictif car, à en croire les biographies des maîtres indiens ou tibétains, en général eux-mêmes ont suivi non pas un, mais plusieurs maîtres, parfois en grand nombre.

Ainsi, le Grand Atisha Dipamkara Shrijnana aurait eu rien moins que 150 maîtres, ou au moins 142 selon certains traités. Notons que le principal était Serlingpa, prince de Sumatra (ou de Java), dépositaire attitré des lignées d'instructions permettant de réaliser l'esprit d'Eveil (bodhicitta) et donc de devenir bodhisattva.

Le principal disciple tibétain d'Atisha, Dromtönpa (fondateur de l'école Kadampa), ne suivit que trois Maîtres. Il expliqua que les pratiquants débutants - comme lui, ajoutait-il modestement - avait intérêt à ne pas trop se disperser car ils n'avaient pas encore les capacités de cultiver une foi et un respect égaux envers plusieurs maîtres qui leur sembleraient forcément très différents les uns des autres et dont ils ne pouvaient pas encore saisir l'unité foncière en tant qu'autant d'émanations de Bouddhas ayant revêtues de multiples formes complémentaires pour mieux les guider jusqu'à l'Eveil. En revanche, les personnages d'un haut niveau peuvent sans dommage avoir beaucoup de maîtres car la foi qu'ils ont pour les uns ne peut désormais que renforcer la foi qu'ils ont pour les autres, et réciproquement, car ils voient que tous partagent la même nature en dépit des apparences diverses.