vendredi 25 juin 2021

Esprit critique de rigueur

Non, le bouddhisme n'est pas une voie facile ! Qui aime se laisser porter ou cherche à se faire prendre en charge a tout intérêt à aller frapper à une autre porte. Le Bouddha disait et redisait à son entourage : "Ô moines et érudits ! De même que l'orfèvre brûle, coupe et polit l'or, analysez bien (mon enseignement) et n'allez pas l'appliquer au seul prétexte que ce serait ma Parole." 

 À son accoutumée, le Bouddha avait montré l'exemple : le douzième jataka (récit d'une vie antérieure) met en scène le bodhisattva jeune Brahmane studieux au sein de ses compagnons d'étude. Mais le maître vieillit et les difficultés matérielles s'aggravent au point que la nourriture vient à manquer. A bout d'expédients, le précepteur délivre une instruction pour le moins inattendue. "Nous n'avons plus rien; allez à la maraude dans le voisinage. Le vol nous est permis, à nous brahmanes, qui sommes les légitimes propriétaires de la terre. Mais quand même, prenez-vous y avec discrétion. Il ne faudrait pas que vous soyez repérés - ma réputation en prendrait un coup ! Selon notre doctrine, à la condition de n'être vu de personne, le vol n'est pas une faute." Dociles, les jeunes gens s'égaillent alentours. Tous, sauf un, qui reste assis, tête baissée et pousse de longs soupirs. Et le professeur de songer : "Il n'obéit pas. Parce qu'il ne m'aime pas ou pour une autre raison ? Vérifions cela." Il interpelle le garçon : "Comment se fait-il que tu restes là ? Tous les autres sont partis voler, comme je vous ai enjoint de le faire. Tu n'aimes donc pas ton maître ? Tu n'as aucune pitié du vieillard que je suis pour me laisser sans nourriture ni vêture…" Le futur Bouddha se lève d'un bond et se prosterne avec déférence devant l'Aîné : "Maître, j'ai pour vous affection et respect, croyez-m'en? Si je n'ai pas bougé, c'est que votre ordre n'est pas applicable. Où donc dans nos textes sacrés serait-il écrit que voler sans être vu de quiconque ne constituerait point une faute ? Car c'est impossible : même si l'on n'est pas vu des humains, il y a les dieux ; il y a les démons. Ils ont la clairvoyance. Et surtout, il y a les arhats, qui ont rejeté l'ignorance et obtenu la libération de la souffrance : plus rien ne leur échappe. Tout vol est une faute. Plutôt que d'en commettre, mieux vaudrait aller en guenilles, un bol ébréché à la main, quémander sa pitance à son pire ennemi." Ravi, le maître se dresse à son tour et, prenant les mains de son élève dans les siennes, il le couvre de louanges. "Toi seul as fait preuve de sagesse. Tes compagnons sont des enfants, prêts à troquer leur pratique contre un profit minime. Qui possède les joyaux de l'endurance et de la sagesse, même dans le dénuement ne manque de rien. Fils, tu es paré de notre lignée dans toute sa pureté.." 

 Ainsi arrive-t-il qu'un maître mette ses disciples à l'épreuve. Pour en avoir quelques exemples, il suffit de relire les biographies des pratiquants du passé : Tilopa en fit voir de toutes les couleurs à Naropa, qui agit de même vis-à-vis de Marpa, lequel poursuivit la tradition à l'égard de Milarepa. Même ce dernier usa de cette méthode, en particulier avec ses deux principaux élèves – Réchungwa et Gampopa. Car le "baptême du feu" est réservé en priorité aux pratiquants avancés, qui allient foi et discernement à un point tel qu'ils ne se laissent plus décontenancer par les apparences ordinaires. Ceci dit, même largement en-deçà, il vaut mieux ne pas attendre du maître bouddhiste qu'il mette son élève sons cloche pour le protéger de tout désagrément. Au contraire, il aura à cœur de le mettre en face de ses responsabilités et de lui faire prendre conscience de la loi de causalité : si on plonge la main dans le feu, on ne peut qu'être brûlé. Pour bien le comprendre, rien ne vaut l'expérience pratique, à condition qu'elle soit encadrée.

jeudi 24 juin 2021

Bochure Prévention des maladies de la peau des jeunes enfants

Un livret pour soigner et protéger la peau des enfants

Devant les maladies de peau de leurs enfants, les jeunes parents peuvent vite se retrouver démunis. Heureusement, beaucoup de ces maladies guérissent toutes seules et nécessitent un traitement ponctuel assez simple !

Après le succès d'une campagne de sensibilisation des maladies de la peau auprès des parents au sein des crèches municipales et associatives à Rennes, en 2018, 
le Dr Morgane Taffou (médecin généraliste) 
et le Dr Lise Boussemart (dermatologue hospitalo-universitaire) 
se sont associées pour réaliser un livret conçu comme un outil de prévention des maladies de la peau en faisant connaître au plus grand nombre les notions de médecine de base pour :
            reconnaître les maladies les plus fréquentes
            éviter les maladies qui sont évitables
            traiter facilement les maladies pour lesquels des traitements sans ordonnance sont                                disponibles


Les objectifs : la prévention au service de la société

Les objectifs à travers la distribution de ce livret sont nombreux :
Donner aux parents et au personnel de la petite enfance les clés pour prévenir, soigner les problèmes de peau des jeunes enfants,
Désengorger les cabinets de dermatologie (des verrues notamment),
Autonomiser les patients, faire d’eux des « actients »,
Raccourcir les délais de RDV pour les pathologies urgentes/graves (cancer de la peau...), et améliorer ainsi leur propre pronostic.

Merci à vous de communiquer aux personnes susceptibles d'être intéressées

Contact : Boussemart Lise <lise.boussemart@chu-nantes.fr>







Louange à Amitayus

Louange à Amitayus « Soleil levant »

Composée par Djé Tsongkhapa Losang Takpa, au monastère de Kyormoloung.

Traduction du tibétain par Marie-Stella Boussemart le 26 février 2021

 

De la splendeur du cinabre1 au soleil levant,

Un halo rouge-orange se déploie en tournoyant

D’un lotus à mille pétales couronné d’un disque de lune,

Surmonté de Hrih, qui se mue en le Protecteur Amitayus.

 

Semblable à une montagne de rubis,

Et nimbé d’arcs-en-ciel2, votre Corps

Est paré de soieries multicolores et

De joyaux en grand nombre.

Hommage à Vous qui ainsi rayonnez de beauté !

 

Souples comme de jeunes tiges de liane,

Vos deux mains tiennent un bol à aumône

Empli à ras de nectar d’immortalité.

Hommage à Vous qui dispensez la réalisation de longévité !

 

Noirs comme les abeilles sont le chignon

Au sommet de votre tête, et les tresses qui s’étirent tout autour.

Douces et souples sont vos jupes de soie bigarrées.

Hommage à Vous qui resplendissez des signes et des marques3 !

 

Mû par une foi intense, mains jointes,

Dans un ravissant rugissement mélodieux

Je célèbre haut et fort vos sublimes qualités.

Hommage à Vous qui conférez toutes excellences.

 

Avec l’épée de la sagesse, vous tranchez les rets de l’ignorance ;

Envers tous les êtres, votre compassion ne se suspend jamais ;

Le devoir assumé de tous les libérer ne vous lasse jamais,

Hommage à Vous qui constituez le refuge indéfectible.

 

Juste prononcer votre nom conjure toute mort avant terme ;

Juste penser à vous protège des peurs du samsara ;

Prendre refuge en vous confère le bonheur indéfectible ;

Hommage à Vous à tous égards.

 

Avec vénération, je m’en remets à Vous qui êtes sans défaut.

Dans l’immédiat, puissent mes craintes et vicissitudes être dissipées,

Ultimement, une fois né d’un lotus à Sukhavati,

Puissé-je vous donner toute satisfaction.

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 Notes

1 Sindura, vermillon.

2 Littéralement, arc d’Indra.

3 Les 32 signes et les 80 marques caractéristiques des Corps de la forme (Rupakaya) des Bouddhas.

 

ཚེ་དཔག་མེད་ཀྱི་བསྟོད་པ་ཉི་གཞོན་འཆར་ཀ་མ་ཞེས་བྱ་བ་བཞུགས་སོ།།

༄༅། །ཉི་གཞོན་འཆར་ཁའི་མདངས་ལྡན་ལི་ཁྲི་ལྟར། །ཡིད་འོང་དམར་སེར་དྲ་བས་ཁེབས་པ་ཡི། །འདབ་སྟོང་གེ་སར་རྩེ་ན་ཟླ་གདན་ལ། ཧྲཱིཿ་ལས་བྱུང་བའི་མགོན་པོ་ཚེ་དཔག་མེད། །

པདྨ་རཱ་གའི་ལྷུན་པོ་དབང་པོའི་གཞུས། །ཀུན་ནས་ཀླུབས་པ་ཇི་བཞིན་ཁྱོད་ཀྱི་སྐུ། །སྣ་ཚོགས་གོས་དང་ནོར་བུའི་རྒྱན་མང་གིས། །ཀུན་ནས་མཛེས་པར་བྱས་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

འཁྲི་ཤིང་གཞོན་ནུའི་ཡལ་འདབ་ལྟར་མཉེན་པའི། །ཕྱག་གཉིས་དབུས་ན་འཆི་མེད་བདུད་རྩི་ཡིས། །ལེགས་པར་གང་བའི་ལྷུང་བཟེད་རབ་བསྣམས་ནས། །ཚེ་ཡི་དངོས་གྲུབ་སྩོལ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

བུང་བ་ལྟར་ནག་རལ་པའི་ཐོར་ཅོག་ནི། །སྤྱི་བོར་མཛེས་པའི་ལན་བུ་རིང་དུ་འཕྱང་། །འཇམ་མཉེན་སྣ་ཚོགས་དར་གྱི་སྨད་གཡོགས་ཅན། །མཚན་དཔེའི་གཟི་བརྗིད་འབར་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

ཤུགས་དྲག་དང་བས་བསྐྱོད་པའི་ཐལ་སྦྱར་ཞིང་། །ཡིད་འཕྲོག་ཤིན་ཏུ་སྙན་པའི་ང་རོ་ཡིས། །ཁྱོད་ཀྱི་ཡོན་ཏན་ལེགས་པར་བརྗོད་པ་ལ། །ལེགས་ཚོགས་ཐམས་ཅད་སྩོལ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

ཡེ་ཤེས་མཚོན་གྱིས་མི་ཤེས་དྲ་བ་བཅད། །སེམས་ཅན་ཀུན་ལ་ཐུགས་རྗེ་རྒྱུན་ཆད་མེད། །འགྲོ་ཀུན་འདྲེན་པའི་ཁུར་གྱིས་མི་ངལ་བ། །གཏན་གྱི་སྐྱབས་གནས་ཁྱོད་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

མཚན་ཙམ་བཟུང་བས་དུས་མིན་འཆི་བ་འཇོམས། །ཡིད་ལ་དྲན་པས་སྲིད་པའི་འཇིགས་ལས་སྐྱོབ། །སྐྱབས་སུ་བསྟེན་ལ་གཏན་གྱི་བདེ་སྟེར་བ། །ཁྱོད་ལ་རྣམ་པ་ཀུན་ཏུ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །

སྐྱོན་བྲལ་ཁྱོད་ལ་གུས་པས་བསྟེན་པ་བདག །གནས་སྐབས་མི་འདོད་ཉེར་འཚེ་ཞི་བ་དང་། །མཐར་ཐུག་བདེ་བ་ཅན་དུ་པདྨོ་ལས། །བརྫུས་ཏེ་སྐྱེས་ནས་ཁྱོད་མཉེས་བགྱིད་པར་ཤོག །

ཅེས་པ་འདི་ཡང་ཤར་ཙོང་ཁ་བ་བློ་བཟང་གྲགས་པའི་དཔལ་གྱིས་སྦྱར་བའོ། །


vendredi 18 juin 2021

Éducation et instruction, grandes causes universelles

 Pour espérer observer une éthique digne de ce nom, il importe de connaître les écueils.

Les traités bouddhistes mettent en évidence dangers principaux, dénommés les 4 portes des chutes     ལྟུང་བའི་སྒོ་༤

 

La non-connaissance (Cf. ignorance) མི་ཤེས་པ་

Le laisser-aller (ou manque d’autodiscipline) བག་མེད་པ་

Le manque de respect མ་གུས་པ་

Des facteurs perturbateurs nombreux ཉོན་མོངས་མང་བ་

 

D'où l'importance capitale de l'éducation et de l'instruction !

Pas de bonheur sans éthique

 De l’éthique émane le bonheur, affirme Nagarjuna dans le Ratnavali.

 

Si l’éthique est ainsi la source incontournable de notre bonheur, présent et futur, elle devient l’urgence et la priorité.

 

Mais qu’est-ce que l’éthique – selon le bouddhisme ?

 

 La définition première est que l’éthique consiste en la « volition » (facteur mental omniprésent assurant la mobilité de toute perception) de s’abstenir de comportement « non-vertueux », cad causes de souffrance, tant pour soi qu’autrui : si on tue un être, dans l’immédiat, on inflige une terrible souffrance à la victime en le privant de son bien le plus précieux : sa vie, et à plus long terme, on s’expose soi-même à divers résultats pénibles, par effet boomerang.

 

De ce point de vue, l’éthique fondamentale suppose de s’efforcer de s’abstenir des dix non-vertus, qui sont les aspects les plus courants et les plus grossiers des conduites néfastes du corps (ôter la vie, s’emparer de quelque chose, commettre des inconduites sexuelles), de la parole (propos mensongers, propos de discorde, propos blessants, paroles futiles) et de l’esprit (convoitise, malveillance, vues fausses consistant à nier ce qui est).

 

Rien que l’observance d’un point parmi les dix permet déjà d’établir de bons karmas capables d’entraîner des renaissances favorables.

Heureusement, car s’il est assez facile - en temps de paix - de s’abstenir de tuer d’autres êtres humains, c’est plus délicat vis-à-vis des animaux… Quant à éviter des pensées de convoitise ou de malveillance de s’élever dans notre esprit, … cela exige un véritable entraînement.

 

À un niveau plus élevé, l’instruction supérieure de l’éthique, qui est fondée sur le renoncement au samsara (cad le dégoût envers les pseudo plaisirs du samsara), concourt à l’obtention de la libération du samsara.

 

À un niveau encore plus élevé, l’éthique de bodhisattva, qui est fondée sur l’esprit d’Éveil et inclut toutes les conduites de bodhisattva, concourt à l’obtention de l’Éveil de Bouddha.

 

Autrui est premier

 Avec qui que je sois où que ce soit,

Puissé-je me voir comme inférieur à tous,

Et aux tréfonds de mon cœur, les autres,

Puissé-je les chérir suprêmement !

 

Dans L’Entraînement de l'esprit en huit stances, le géshé kadampa Langri Thangpa Dorjé Séng-gé (1054–1123) exhorte à laisser la première place à autrui, en toutes circonstances.

Tel est l'exemple donné par tant de Maîtres dont l'humilité n'a d'égale que la simplicité. Pour n'en citer que quelques-uns : Domtönpa au XIème siècle, mes Maîtres aujourd'hui - Rinpoche, Genlags...

Exemple magnifique, mais ô combien difficile à suivre. 

 

Y parvenir requiert d'une part de bien réfléchir d'une part aux moult inconvénients millénaires de la tendance à se considérer (soi et les siens) comme sinon le centre du monde, du moins comme prioritaire, d'autre part aux multiples bienfaits de l'altruisme.

 

Les langues asiatiques aident à prendre du recul par rapport à "je" roi, en ce sens qu'elles comportent en général plusieurs niveaux de langage, de l'honorifique (envers autrui) au modeste (à propos de soi), en passant par le neutre (généralités, narrations objectives, etc.).

Ainsi, quand on s'adresse à ses Maîtres, à ses parents, à des aînés, etc., l'on est censé jongler entre les termes de politesse à leur propos, et les termes de modestie envers soi et assimilés.

 

Le Japon (et peut-être d'autres pays d'Asie ?) a la particularité de prôner les termes de modestie non seulement pour parler de soi, mais aussi des siens, y compris ses parents et autres proches - pas quand on s'adresse à eux, mais quand on parle d'eux.   

En revanche, au Tibet, si j'ai bien compris, on se doit d'utiliser à propos des parents des termes honorifiques dans les deux cas.

Deux cultures, deux sensibilités, deux visions des rapports entre les êtres.

 

jeudi 10 juin 2021

Eden, jeune philosophe aux multiples talents

Comme quoi la valeur, et la sagesse, n'attendent pas le nombre des années !

"J'ai commencé à être heureux quand j'ai compris qu'être heureux, ça dépendait de rien d'autre que de moi", dit ce jeune homme - ex petit chanteur à la crois de bois de 2015 à 2017.

Quelques autres vidéos également intéressantes sur sa chaîne youtube Nos Edens

 Par exemple, dans la vidéo ci-dessous, Eden (à peine 18 ans...) pointe clairement la différence entre "amour" et "attachement"


 

 

vendredi 4 juin 2021

Comment faire flèche de tout bois

 Le Pandit cachemirien (Khache Panchen) Śākyaśrībhadra, qui vécut de 1127 à 1225 et résida 10 ans au Tibet (1204-1214), tirait parti de toutes circonstances, conformément à l'éthique de bodhisattva.

Quand je ressens un bien-être, je le dédie au bonheur de tous. Puisse ainsi l'espace s'emplir de joie et de bonheur !
Quand je ressens un mal-être, j'endosse les souffrances de tous. Puisse ainsi l'océan de souffrances s'assécher

སྐྱིད་ན་བདེ་བ་ཚོགས་སུ་བསྔོ། །ཕན་བདེས་ནམ་མཁའ་གང་བར་ཤོག
།སྡུག་ན་ཀུན་གྱི་དུཿཁ་འཁུར། །དུཿཁ་རྒྱ་མཚོ་སྐེམས་པར་ཤོག

Biographie en anglais de Shakyashribhadra :

mercredi 26 mai 2021

Vesak 2021

 Message de l'UBF

Aujourd’hui est un jour particulier pour les millions de bouddhistes à travers le monde qui, durant le mois du Vesak, célèbrent la naissance, l’Éveil et le parinirvana (décès) du Bouddha Shakyamuni.

L’Union Bouddhiste de France (UBF) tient à adresser à tous ses membres, et plus généralement à tous les bouddhistes et sympathisants, ses vœux les plus chaleureux.

L’occasion est éminemment favorable pour rendre hommage au Bouddha et à ses suprêmes qualités du Corps, de la Parole (son Enseignement ) et de l’Esprit (compassion infinie, omniscience, sagesse et pouvoirs).

En cette période délicate et douloureuse pour beaucoup, l’Enseignement du Bouddha est, ô combien, porteur d’espoir. « Seule importe la Voie. / Qu’on soit homme ou femme, / Quiconque emprunte la Voie / Atteindra le nirvâna (la libération de toute souffrance) », énonce Le Samyutta Nikaya.

Ce message intemporel est plus important que jamais !

En ce jour culminant du Vesak, nous pouvons exprimer notre gratitude envers le Bouddha, le Sage des Shakya, en partageant son message de paix, de tolérance et de compassion envers tous les êtres vivants, et en agissant pour autrui avec bienveillance et solidarité.

Puissent tous les êtres accéder au bonheur et aux causes du bonheur !

Le pôle Présidence

vendredi 21 mai 2021

Le Lodjong en 7 points et l'histoire de Maitrakanyaka

 Dans son commentaire de L'Entraînement de l'esprit en 7 points བློ་སྦྱོང་དོན་མདུན་མ་ (de Chekawa འཆད་ཁ་བ་ཡེ་ཤེས་རྡོ་རྗེ་, 1101-1175), Kyabje Trijang Dorjechang indique qu'une source de cette précieuse instruction est l'histoire de Maitrakanyaka (en pali Mittavindaka ; en tibétain མཛའ་བོའོ་བུ་མོ་).

La voici en très résumé :

Autrefois, dans la ville de Varanasi, vivait un riche chef de la caste des marchands maritimes, dénommé Maitra (mdza' bo), " Ami ". Comme ses collègues, son travail consistait à mener de périlleux voyages en mer pour aller chercher des pierres précieuses dans les îles.

Lorsque naquit un fils, dans l’espoir de le détourner de la dangereuse profession paternelle, les parents lui donnèrent le nom de Kanyaka, "Fille », d’où le surnom Maitrakanyaka, "Fille de Maitra".

Peu de temps après, Maitra mourut en mer. La mère éplorée fit tout ce qu'elle pouvait pour empêcher son fils de devenir à son tour capitaine, mais en vain. Maitrakanyaka ressentait l’appel du large et fermement décidé à prendre la mer, il fit secrètement des préparatifs. Alors qu’il était sur le point de quitter la maison, sa mère le surprit et elle s’agrippa à lui pour le retenir. Pour se dégager, Maitrakanyaka la bouscula, la fit chuter et il lui assena un violent coup de pied à la tête.

Quand il mourut, en résultat de ce karma noir, il chuta dans les royaumes des enfers, avec une roue de fer fichée dans sa tête qui tournoyait en lui causant d’atroces souffrances. Mais au cours de ses vies antérieures, Maitrakanyaka avait également accumulé de puissants mérites, tant et si bien qu’au lieu de le mettre en rage, la torture infligée par la roue suscita en lui une intense compassion quand il songea : « Dans les sphères du samsara, d’innombrables êtres souffrent comme moi pour avoir donné des coups de pied à la tête de leur mère. Que toutes leurs souffrances mûrissent sur moi et que je sois le seul à les supporter pour eux tous ! Que plus aucun être n'éprouve plus jamais une telle douleur dans aucune de ses vies ! »

Par la force de sa grande compassion et de ses vœux éminemment altruistes, instantanément la roue s'envola, il mourut en enfer et reprit naissance chez les devas.

Sources de l'histoire de Maitrakanyaka :

Avadana n° 36, qui  illustre les conséquences du manque de respect envers les parents, et plus généralement des karma négatifs.

En tibétain, l’histoire de Maitrakanyaka est relatée dans le chapitre 92, intitulé Maitrakanyakāvanāna མཛའ་བོའོ་བུ་མོའི་རྟོགས་པར་བརྗོད་པ་་་་mdza' bo'i bu mo'i rtogs par brjod pa), dans Kalpalatā དཔག་བསམ་འཁྲི་ཤིང་, composé par Kṣemendra དགེ་བའི་དབང་པོ་ et traduit dans différentes langues occidentales.

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Autres sources de L'Entraînement de l'esprit en 7 points 
 
À propos de la maturation des karmas  
Gandavyuhasutra
Manjushri vikridita sutra
Ratnavali ( de Nagarjuna)

À propos de la pratique d'échange entre soi et autrui
Sutralamkara (de Maitreya)
Bodhisattvabhumi (d'Asanga)
Bodhicaryavatara (de Shantideva) 

jeudi 20 mai 2021

Rip Professeur Mitiku Belachew

"Le berger devenu chirurgien", 

considéré comme le seigneur de l'anneau (gastrique), est décédé 

le 14 avril 2021 dans sa 79ème année.

 

 

Ethiopie, Mitiku Belachew, le berger devenu chirurgien

https://www.rtbf.be › lapremiere › emissions › accueil › ar...
14 juin 2019 — Devenu citoyen belge, il n'a jamais renié ses origines. A l'apogée de sa vie professionnelle le Professeur Mitiku Belachew décide d'investir ...


lundi 17 mai 2021

Vesak à la Grande Pagode

 Cérémonie du Vesak, organisée par l'UBF à la Grande Pagode du bois de Vincennes le 14 mai 2014.



dimanche 16 mai 2021

Vivat flamand

Pratiques de longévité

Souhaitez-vous honorer vos parents, vos grands-parents, vos enfants, des amis, et leur souhaiter "longue vie" ?

Dans ma région, le Nord de la France, il existe la charmante coutume ancienne du Vivat flamand.

Vivat vivat semper
Semper in aeternum
Qu'il vive, qu'il vive,
Qu'il vive à jamais
Répétons sans cesse, sans cesse,
Qu'il vive à jamais,
En santé en paix.
Ce sont nos souhaits.
Vivat vivat semper
Semper in aeternum
(crié) Qu'il vive !

Mode d'emploi

Attendre la fin de repas.
La personne honorée est assise. 
Pendant que toute l'assistance chante le Vivat à pleine voix, deux personnes debout tiennent horizontalement une serviette blanche au-dessus de sa tête, et une troisième personne verse un peu (ou beaucoup) de champagne (ou de vin blanc) sur la serviette, et donc sur la tête de la personne concernée.



 

mardi 11 mai 2021

Vesak 2021

 La lunaison du Vesak débute demain (12 mai), avec pour point culminant le 26 mai, pleine lune.

Message de l'UBF à cette occasion :

Très sensible aux tragédies suscitées par la Covid-19 dans le monde entier, et notamment en Inde - berceau du bouddhisme, aujourd'hui cruellement éprouvée -, l’Union Bouddhiste de France (UBF) tient à
exprimer sa solidarité avec tous ceux qui sont touchés directement ou indirectement par la pandémie.

Le 26 mai, les bouddhistes de tous pays vont célébrer le Vesak, et commémorer la naissance, l'Éveil, et le parinirvana du Bouddha Shakyamuni. Les deux semaines précédentes sont considérées comme
particulièrement propices pour la pratique spirituelle et plus généralement pour toute activité bénéfique.

À cette occasion, l'UBF propose à tous ses membres et plus généralement à tous les bouddhistes de France et sympathisants, de s’unir en pensée et de formuler des vœux et prières du 12 au 26 mai prochains, et à en
dédier tous les mérites pour l’apaisement de toutes les souffrances et surtout de leurs causes.

Le Pôle Présidence
--
Union Bouddhiste de France
Grande Pagode
Route de la Ceinture du Lac Daumesnil
75012 PARIS
web : www.bouddhisme-france.org

lundi 3 mai 2021

La vie de Hiuan-tsang, pèlerin chinois

 Film en anglais sur Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng



Biographie de Hiuan-tsang

 Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng Lama

Moine bouddhiste chinois de l'époque Tang (602-664).

En 629, il entreprit un long voyage vers les pays d'Occident. Traversant l'Asie centrale, il gagna l'Inde et ne revint dans son pays qu'en 645, rapportant de nombreux textes, qu'il traduisit ensuite en chinois. Le récit de son voyage est conservé dans les Mémoires sur les pays d'Occident (Xiyouji).

Sur les traces du Bouddha de René Grousset

"René Grousset était de ces savants qui sont capables de rédiger d'excellentes synthèses couvrant un vaste champ, et de mettre ainsi à la portée du public cultivé les connaissances qu'ils ont acquises au prix d'un long travail de recherches et de méditation", écrit André Bareau dans sa préface à l'édition 1991 de cet ouvrage (1° édition 1929) ... Et de fait, ce livre intemporel, qui conte les aventures incroyables des deux pèlerins chinois Hiuan-tsang et Yi-tsing partis au VII°s chercher en Inde les textes sacrés du bouddhisme, nous ravit et nous attache aujourd'hui comme hier.

Hiuan-tsang ... nous le suivons pas à pas à travers l'Asie centrale et l'Inde. Au mépris des interdits impériaux, l'indomptable pèlerin, animé par sa foi, quitte secrètement la Chine en 629. Quand il rentre en 645, après avoir affronté les déserts, les montagnes, les brigands, les bêtes fauves, les maladies, l'empereur T'ai-tsong non seulement lui pardonne, mais lui offre un poste de ministre qu'il refuse pour se consacrer à ses immenses travaux de traduction.  (Extrait de la 4° de couverture)

La rencontre de Hiun-tsang avec l'abbé de Nalanda  (extrait)

À ces mots, Çîlabhadra ne put retenir ses larmes. Et il fit raconter à Hiuan-tsang l’extraordinaire pressentiment qu’il avait eu de son arrivée : Quelque temps auparavant, souffrant d’une cruelle maladie, il avait désiré mourir. Une nuit, il vit en songe trois divinités. Leur taille était belle et leur figure pleine de dignité, ils étaient vêtus d’habits de cérémonie aussi légers que brillants. Le premier était couleur d’or, le second de lapis-lazuli, le troisième d’argent blanc. C’étaient les bodhisattva Mañjuçrî, Avalokiteçvara et Maitreya. Ils lui étaient apparus, lui ordonnant de vivre pour répandre au loin la Loi sainte avec la doctrine idéaliste, et d’attendre pour cela l’arrivée d’un religieux venu de Chine auquel il enseignerait la science. « Puisque mon arrivée, répondit Hiuan-tsang, est d’accord avec votre ancien songe, veuillez m’instruire et m’éclairer ; mettez le comble à ma joie en me permettant de vous montrer les sentiments d’un disciple docile et dévoué ! »
Le pèlerin chinois avait enfin trouvé le maître omniscient, le métaphysicien incomparable qui allait lui révéler les derniers secrets des systèmes idéalistes. Car, avec lui, Hiuan-tsang atteignait la pure tradition de l’École, transmise de maître à élève par une lignée de métaphysiciens de génie. Les fondateurs de l’idéalisme mahâyâniste, Asanga et Vasubandhu, dont la production, d’après MM. Sylvain Lévi et Takakusu, se place au Ve siècle de notre ère11, avaient eu pour disciple le logicien Dignaga ; Dignaga avait formé Dharmapâla, chef de l’École de Nâlandâ, mort vers 560, et Dharmapâla, à son tour, avait été le maître de Çîlabhadra.
C’était donc bien tout l’héritage de l’idéalisme bouddhique que Çîlabhadra allait assurer au monde sino-japonais, et la Siddhi, le grand traité philosophique de Hiuan-tsang dont nous parlerons tout à l’heure, n’est pas autre chose que la Somme de cette doctrine, l’aboutissement de sept siècles de pensée indienne.

dimanche 2 mai 2021

Discernement et esprit critique

Emission diffusée le dimanche 2 mai



mercredi 21 avril 2021

Rip Jacques Giès

 

11 avril 2021 — Jacques Giès, ancien président du Musée Guimet, est mort. Spécialiste des arts bouddhiques et de la peinture chinoise, il avait pris la direction ...
 

samedi 17 avril 2021

Vaccination, pleine conscience et voie du milieu

 Supplique aux vacciné-e-s

Tout d'abord, bravo et merci pour votre démarche citoyenne et altruiste.

Merci également de la prolonger en continuant à consciencieusement respecter les gestes barrières et autres précautions utiles. Avec vigilance, mais sans excès non plus.

Il est avéré que les vaccins actuels contre la Covid19, y compris le  Graal (Pfizer) limitent les risques d'aggravation, mais n'empêchent ni d'être contaminé, ni d'être contagieux.

Selon le site de l'Unicef, à ce jour la seule maladie totalement éradiquée par les vaccins est la variole. Six autres maladies sont maîtrisées : la diphtérie, le tétanos, la fièvre jaune, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole, avec l'espoir pour les deux dernières citées d'aboutir prochainement à une complète éradication.
Après des siècles de recherches et d'application...

Ni la Covid19 (toute jeune), ni d'ailleurs son aînée la grippe ne figurent - pour le moment - dans cette liste prometteuse.

Par conséquent, ne nous leurrons pas en nous croyant immunisés à 100 %.
Mais saisissons  cette opportunité de joindre l'utile à l'agréable, en appliquant le Dharma au quotidien :
sortir / voyager / revoir les proches (et moins proches), toujours "en pleine conscience", c'est-à-dire en restant vigilants. De manière raisonnable et raisonnée.
 
Ah ! La voie du milieu !... Qu'elle est difficile à suivre !



mardi 13 avril 2021

De l'éthique au bonheur

Quelle éthique pour un monde plus heureux
 Invité : Vénérable Dagpo Rimpoché 

Sagesses Bouddhistes consacre deux émissions à l’éthique pour un monde plus heureux. Qu’est ce que l’éthique dans la tradition bouddhiste et comment la mettre en pratique au quotidien afin de construire un monde contemporain paisible, bienveillant et altruiste.




vendredi 9 avril 2021

De l'impermanence

Une charogne

de Charles Baudelaire

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Le ventre en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un œil fâché,
épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!

jeudi 8 avril 2021

De l'interdépendance

 En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, professé par de grands maîtres tels que les Indiens Candrakirti et Atisha ou le Tibétain Jé Tsongkhapa, va jusqu’à poser que tous les connaissables, incomposés comme composés, sont interdépendants.

 

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », c'est-à-dire d'absence d'existence inhérente, mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir en quelques lignes.

 

En très résumé, les phénomènes composés sont interdépendants en ce sens qu’ils sont à la fois des résultats qui procèdent de leurs causes, et des causes générant des résultats. Par exemple, une pousse naît d'une graine fournie par une plante similaire antérieure et elle produit à son tour des graines, des fleurs, des fruits, etc.

 

De manière plus générale, tous les connaissables sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. Pour exister en tant que table, le phénomène concerné dépend de ses matériaux et de ses fabricants, mais aussi du nom qui lui est attribué ainsi que du fait d'être perçu en tant que table : ce qui pour un être humain est une table en bois, est plutôt perçu comme de la nourriture par un ver à bois..

 

Quid des connaissables incomposés, c'est-à-dire non issus de causes et de conditions.

Prenons l'exemple du "non-soi" (anatman en sanskrit ; anatta en pali).

Le non-soi est un concept philosophique. Il n'est pas une entité indépendante car il dépend de son nom et de l'esprit qui le conçoit. En outre, il est par définition relatif à un objet référent, qui peut être n'importe quel connaissable envisagé sous l'angle qu'il est dénué de nature propre. Enfin, qui dit connaissable, dit perception, sachant que toute perception comporte une interaction entre le sujet percevant (l'esprit et la personne) et l'objet perçu. Donc, le non-soi est interdépendant. CQFD

 

Attention ! Si les connaissables sont ainsi interdépendants, néanmoins tout ne dépend pas de tout et de n’importe quoi ! Tout phénomène apparaît des causes et conditions qui lui sont relatives, et en aucun cas de TOUTES les causes et conditions. Comme le dit le bon sens populaire, les chats ne font pas des chiens. Les pommiers donnent des pommes, et non des oranges. Les karmas positifs donnent de bons résultats bénéfiques, et les karmas négatifs de mauvais résultats, et jamais l'inverse.

 

Foi et sagesse

 C'est par la foi que l'on peut traverser les courants. 

Et c'est par la sagesse que l'on obtient la pureté.

Paroles prêtées au Bouddha.



mardi 6 avril 2021

L'euthanasie : une fausse "bonne" solution

Le bouddhisme considère que, pour tout être, y compris le plus petit insecte, la vie constitue le bien le plus précieux, et que de tous les supports d’existence, le plus favorable pour évoluer et progresser est la condition humaine.
Se fondant sur la loi de causalité, il pose que ce qui arrive à un individu est forcément le résultat de ses propres karma, c’est-à-dire de ce qu’il a fait, dit ou surtout pensé.
Comparant les différents types d’êtres du samsara, il observe que les souffrances endurées par les humains sont bien moindres que celles que subissent la plupart des autres êtres animés : moins intenses et moins longues.

Par conséquent, dès lors qu'on admet la réincarnation, on ne peut que formellement déconseiller l’euthanasie et le suicide assisté, notamment pour les humains mais aussi pour les animaux : loin de lui apporter le soulagement espéré, il est probable que cela ne fasse que notablement empirer la situation du patient.

A noter : Il n'est pas question de porter un jugement "moral".
Nous ne condamnons ni celui qui demande l’euthanasie ni celui qui l’effectue - s'il agit par bienveillance -, mais nous exhortons à ne pas recourir à des moyens contre-productifs.

Par ailleurs, nous attirons l'attention sur les pressions ainsi exercées tant sur le patient que sur sa famille ou encore sur l'équipe médicale, pour des raisons éventuellement financières, souvent égocentriques (incapacité à supporter la vision de la souffrance de l'autre, surtout d'un proche, et le sentiment d'impuissance), et plus rarement humanistes.

Prétendre qu'il est moralement nécessaire d'abréger la vie d'une personne pour préserver sa dignité, revient à dire que souffrir et vieillir font perdre la dignité !

Avant, il valait mieux être "jeune, beau, riche et en bonne santé".
Maintenant, il faut impérativement être "jeune, beau, riche et en bonne santé" pour avoir le droit de vivre "dignement".

Euthanasie

 La vraie raison


lundi 5 avril 2021

Toute personne a droit à la vie

Extrait de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne (Journal officiel des Communautés européennes 18 décembre 2000)

CHAPITRE I - DIGNITÉ

Article premier. Dignité humaine
La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée.

Art. 2. Droit à la vie
1. Toute personne a droit à la vie.
2. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté.

Art. 3. Droit à l’intégrité de la personne
1. Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale.
2. Dans le cadre de la médecine et de la biologie, doivent notamment être respectés :
- le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi,
- l’interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes,
- l’interdiction de faire du corps humain et de ses parties, en tant que tels, une source de profit,
- l’interdiction du clonage reproductif des êtres humains.

Art. 4. Interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants
Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Art. 5.  Interdiction de l’esclavage et du travail forcé
1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude.
2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire.
3. La traite des êtres humains est interdite.


=> Quid des lois adoptées par certains pays de l'Union européenne, autorisant l'euthanasie et/ou le suicide assisté ?...

dimanche 4 avril 2021

Myanmar Communiqué UBF

 https://www.bouddhisme-france.org/la-federation/espace-presse-communiques/article/violences-au-myanmar-depuis-le-1er-fevrier-2021

 Condamnation des violences au Myanmar depuis le 1er février 2021

L’Union bouddhiste de France (UBF), fédération qui rassemble la très grande majorité des traditions bouddhistes présentes en France, condamne fermement toutes les violences commises au Myanmar depuis la prise de pouvoir par le général Min Aung Hlaing le 1er février 2021.

Le Myanmar est un pays à forte tradition bouddhiste. Il est particulièrement choquant que les chefs militaires professent leur allégeance au bouddhisme tout en tuant des gens et en violant les droits de l’homme de la population du Myanmar.

Rien ne justifie une telle brutalité de la part de ceux qui sont chargés de maintenir l’ordre public. En tant qu’organisation bouddhiste attachée aux valeurs éthiques universelles que sont la paix, la non-violence, la justice et les droits de l’homme, nous condamnons ces faits et implorons du fond du cœur ceux qui exercent actuellement l’autorité d’arrêter immédiatement ce déchainement de violence.

L’Union Bouddhiste de France, au nom des grands principes démocratiques et des valeurs bouddhistes que nous partageons avec le peuple birman, demande solennellement au pouvoir en place au Myanmar, de cesser de tuer des civils non armés, de libérer tous ceux qui ont été arbitrairement emprisonnés et de rétablir dans leurs fonctions constitutionnelles les dirigeants démocratiquement élus.

Le pôle « Présidence »