dimanche 30 décembre 2018

L'instant detox (Julien Pain) - à propos des interdits alimentaires


Intervenants :

Père Antoine Guggenheim Aassociation : UP for Humanness

Yann Boissière Rabbin du MJLF (Mouvement Juif Libéral de France) Président de l’association « les Voix de la Paix »

Tareq Oubrou Grand Imam de Bordeaux , Président des Imams de France Théologien, écrivain et essayiste

Marie-Stella Boussemart Moniale bouddhiste, association la Congrégation Ganden Ling

L'instant detox - à propos des femmes


vendredi 28 décembre 2018

dimanche 23 décembre 2018

Des dirigeants


Le Dasa-raja-dhamma, texte des Jataka (récits des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni),  énonce les dix devoirs d’un roi :
1. La générosité, qui suppose d’utiliser les biens et richesses au profit de la population, et non pour lui-même.
2. Une éthique élevée 
3. L’abnégation, qui consiste à accorder la priorité à l’intérêt de la population, 
4. L'honnêteté et l'intégrité
5. L’amabilité et la douceur
6. Un train de vie simple, sans luxe ni ostentation
7. L'absence de haine et de rancune
8. La non-violence
9. La patience, dont la capacité à supporter les critiques et insultes
10. Le souci de l’harmonie, en respectant la volonté populaire.

Insistant sur l'importance de la stabilité économique, le Bouddha estime que la politique d'un Etat doit concourir à quatre objectifs :
1. La sécurité économique
2. La prospérité économique
3. L’absence de dettes
4. La moralité des moeurs et coutumes

Lao Tseu

Citations prêtées à Lao Tseu :

J'ai juste trois choses à enseigner : la simplicité, la patience et la compassion. Ces trois-là sont les plus grands trésors.

Qui est satisfait est riche.

La santé est la plus grande possession. Le contentement est le plus grand trésor. La confiance est le meilleur ami. La non-existence est la plus grande joie.

Epicure

Citation prêtée à Epicure :

Rien n’est suffisant pour celui pour qui assez est trop peu.

vendredi 21 décembre 2018

Etre content de ce que l'on a

Etre content de ce que l'on a est une qualité fondamentale dans le bouddhisme, "tout simplement" parce qu'elle permet de se sentir heureux, quelles que soient sinon les opinions et cultures, comme le montre le texte ci-après, d'Olivier de Kersauson.

« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité ! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »

jeudi 20 décembre 2018

Le processus de la mort selon des scientifiques

Pour info, car il est toujours intéressant de prendre connaissance de divers points de vue

https://theconversation.com/podcast-ce-quil-se-passe-dans-le-cerveau-au-moment-de-la-mort-108091

 Blog consacré au cerveau
https://cervenargo.hypotheses.org/

De l'éducation, selon Marguerite Yourcenar

Un texte écrit par Marguerite Yourcenar en 1980. Mais plus que jamais d'actualité.

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.

Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.


On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.


On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.


On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.


En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.


On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.


Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait. »


Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."

jeudi 13 décembre 2018

mercredi 12 décembre 2018

70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme



A l'occasion du 70ème anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, M. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux et ministre de la Justice, revient sur les défis auxquels faits face cette Déclaration depuis sa création.

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Pour les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) s'est réuni ...

dimanche 9 décembre 2018

Bouddhisme et droits de l'homme

Il y a 70 ans, le 10 décembre 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme était adoptée à Paris, par les 48 membres constituant à l'époque l'assemblée générale des Nations Unies.

Ce fut une bonne chose, certes, et une grande avancée sur le plan de la pensée. Je formule des vœux sincères et ardents pour que ce texte soit un jour partout appliqué sur le terrain, puisque telle est sa vocation.

Car le titre commence bien, n'est-ce pas, par ces mots très puissants : "LA" déclaration "UNIVERSELLE".

Cette affirmation catégorique d'universalité m'amène à réfléchir aux liens que je pourrais, ou non, discerner entre ladite déclaration et le bouddhisme, ou plus exactement ce que je connais du bouddhisme, c'est-à-dire pas grand chose : une goutte d'eau tirée d'un océan infini.

Bien évidemment, dans les traités bouddhistes, quand un mot susceptible d'être traduit par  "droit" est employé, c'est avec le sens de "autorisation / permission". Pas celui de "prérogative" (par naissance ou par statut). Mais au-delà des mots, qu'en est-il du sens, et de la pensée ?

Le Bouddha recommande d'affaiblir l'ego, voire de l'oublier. En parallèle, il ne cesse d'inciter ses disciples à assumer leur responsabilité et à se prendre en mains.

Quid de la notion de "droit" ?  Pourquoi pas, s'il s'agit des droits d'autrui, ou de manière générale de tout être vivant.

Un axiome de base du bouddhisme est en effet que tout être (pas seulement humain) est digne de respect.
Et au fond, observer l'éthique revient à respecter les droits légitimes d'autrui - même si on n'utilise pas ce terme de "droit".

Notons que respecter autrui implique entre autres de respecter son  cadre de vie, à savoir la nature. Dans plusieurs soutras, le Bouddha souligne donc qu'il faut éviter de polluer le sol, l'eau, etc. Ah ! Que ne l'avons-nous écouté !

Un autre axiome est que tout être recèle un potentiel quasiment infini, en métalangage "nature de Bouddha" : tout être finira par atteindre la libération et l'Eveil.
Mais ce n'est pas un "droit" ; c'est une faculté. :-)

Bouddhisme / Occident : attention aux mots, ces faux-amis

Bien que connu (de nom) depuis très longtemps en Europe, le bouddhisme commence à y sortir des cercles universitaires depuis très peu de temps, "grâce" à l'arrivée de réfugiés asiatiques bouddhistes.

Seulement voilà, sans encore parler de comprendre, ce n'est pas si simple de se faire une idée à peu près correcte du sens qu'il véhicule.

Outre la richesse même de l'Enseignement du Bouddha, et le contexte asiatique, nous nous heurtons au langage.

J'ai souvent abordé la question sur ce blog, mais au risque de me répéter, ô Amis intéressés par le bouddhisme, s'il vous plaît, veuillez tenir compte que les mots les plus simples n'ont peut-être pas le même sens dans un texte bouddhiste ! C'est même probable, pour ne pas dire certain.

Tenez également compte que les traducteurs et interprètes, pour sincères qu'ils soient, étaient, et sont sans doute encore, plus imprégnés de la pensée judéo-chrétienne que de la pensée bouddhiste qu'ils découvrent à peu près en même temps que vous.

Tant que le bouddhisme ne sera pas "installé" en nos contrées (il faut environ deux siècles, paraît-il), je recommande vivement à ceux qui en auraient la possibilité  l'étude d'une langue asiatique susceptible de donner accès au Dharma, afin d'éviter les amalgames, contre-sens, etc., issus d'une réflexion fondée sur un vocabulaire à connotations inévitablement chrétiennes, du fait de notre histoire.



samedi 8 décembre 2018

Des couleurs et des performances

Qu dit vacuité (absence d'existence propre), dit dépendance, et inversement.

En voici une illustration "amusante" (au sens du terme japonais 面白い, qui inclut le sens de "intéressant" !).


vendredi 7 décembre 2018

Ne nous laissons pas abattre

En ces temps moroses, un peu de réconfort est bienvenu.

Voici un court extrait d'un Enseignement donné par Gen Tat en 1985.


Il ne faut pas nous décourager en pensant que jamais nous ne pourrons éliminer les facteurs perturbateurs, que jamais nous ne pourrons obtenir la libération. Il n'y a pas lieu d'avoir ce genre de crainte parce que les phénomènes sont vides de nature propre. Il est donc possible d'éliminer les facteurs perturbateurs. 
Nous avons en nous l'ignorance, c'est vrai, mais l'ignorance elle-même  n'a pas de nature propre. Étant donné qu'elle n'a pas de nature propre, elle est soumise à transformation. Nous n'avons pas à la conserver éternellement, nous pouvons la réduire d'abord, puis l'éliminer et nous pouvons obtenir la libération. 

mardi 4 décembre 2018

Habitat participatif


La loi ALUR définit l'habitat participatif comme « une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s'associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d'acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d'assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis. »


Fort répandu en Suisse et les pays du Nord de l'Europe (Norvège, Danemark, etc.), l’habitat coopératif permet aux citoyens de vivre ensemble dans un habitat conçu collectivement autour d’une ambition sociale et écologique. Ce pourrait aussi être une alternative plus confortable au problème du logement pour les seniors, sur le modèle des béguinages.


Comme j'ai ouï dire que certains lecteurs de ce blog sont intéressés par la question, de loin en loin je posterai des annonces susceptibles de convenir aux uns ou aux autres.
Vous pouvez aussi en proposer, bien sûr. Cela n'engage personne. :-)


1) Par exemple, voici une annonce à propos d'une maison qui est, paraît-il, en très bon état et qui pourrait convenir pour faire deux logements (+ peut-être un studio), car il y a deux accès distincts à l'étage.


Vente maison 6 pièces 142 m² Veneux les Sablons (77) - 335 000 ...



2) Autre annonce sur Veneux également

  • Grande maison de ville en bon état sise entre avenue de Fontainebleau et rue de Bourgogne
  • 5 chambres avec chacune une salle de bains
  • plus de 300 m² d'habitation
  • coût :  480.000 € environ 
  • possibilité d'acquérir ultérieurement une maison du même volume dans la même cour.
Contact : 06 63 47 79 27

mercredi 28 novembre 2018

Kyabje Ling Rinpoche & Kyabje Trijang Rinpoche - biographies en anglais

The Life of My Teacher: A Biography of Kyabjé Ling Rinpoché
Wisdom Publications (11 juillet 2017)

"Au Tibet, la tradition voulait que les disciples écrivent des biographies de leurs maîtres. Ici le disciple est le Dalaï-lama et le maître est Ling Rinpoché, l'un des fleurons du bouddhisme tibétain au vingtième siècle. C'est un portrait fascinant qui retrace l'éducation et la carrière d'un tulku légendaire ainsi que les événements historiques dont il fut le témoin." (Donald S. Lopez, Jr., Arthur E. Link, Professeur émérite d'études bouddhistes et tibétaines à l'Université du Michigan).
"La vie de mon Maître est un récit touchant, respectueux et méticuleux qui nous permet de mieux comprendre les domaines d'intérêt, les priorités et le caractère de Sa Sainteté, bien mieux que n'importe quel autre texte écrit par lui-même ou par d'autres." (Alexander Norman,  éditeur de Freedom from Exile: The Autobiography of the Dalai Lama).
"Bien qu'elle soit rédigée dans le style traditionnel d'une biographie spirituelle tibétaine (rnam thar), cette biographie particulière de Kyabjé Ling Rinpoché, grand tuteur senior de Sa Sainteté le Dalaï-lama, est unique à bien des égards. Tout d'abord l'auteur et son sujet sont tous deux des êtres extraordinaires. Ensuite c'est l'unique biographie de ce genre écrite par le Dalaï-lama lui-même; elle se concentre sur celui que Sa Sainteté décrit comme "celui qui a exercé la plus grande influence sur ma vie", et comme son véritable "point d'ancrage" tout au long des événements tumultueux dont le Dalaï-lama et son peuple ont fait l'expérience lorsqu'ils furent contraints à l'exil dans notre monde moderne. Ensuite ce récit détaille les nombreuses activités spirituelles exercées sans relâche par ce précieux tuteur, Ling Rinpoché. Enfin cet ouvrage nous présente un portrait touchant des interactions en coulisse entre un maître respecté et son élève très spécial, alors que ce dernier progressait pour devenir un leader religieux courageux sur la scène internationale. Ce récit rare et souvent empreint de tendresse est un véritable cadeau qui nous est offert. Réjouissons-nous de sa publication."  (Jan Willis, auteur de Enlightened Beings et Dreaming Me).



The Magical Play of Illusion: The Autobiography of Trijang Rinpoche
Wisdom Publications (2 octobre 2018)

"Kyabjé Trijang Rinpoché (1901–1981) fut non seulement l'un des tuteurs de Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-lama, il fut également le maître racine d'un grand nombre de lamas qui ont introduit le bouddhisme en occident dans les années soixante. Cette autobiographie documente ses études poussées ainsi que ses efforts incessants pour diffuser les enseignements dont il s'était rendu maître; elle sera une précieuse source d'inspiration pour tous ceux qui ont bénéficié de cette transmission éclairée, directement ou indirectement. Ce récit est également vivement recommandé car il retrace la toile de fond de cette période de bouleversements dans l'histoire du vingtième siècle." (Jonathan Landaw, éditeur de Introduction to Tantra).

“Kyabjé Trijang Rinpoché, l'un des rares maîtres à maîtriser l'ensemble des enseignements du bouddhisme tibétain, fut l'un des lamas les plus influents du vingtième siècle. Cette biographie magnifiquement écrite et traduite avec élégance nous révèle la vaste étendue de ses activités spirituelles ainsi que leur contexte historique." (Alexander Berzin, fondateur et auteur, Berzin Archives, studybuddhism.com)

Kyabjé Trijang Rinpoché, tuteur junior du Dalaï-lama, fut unanimement reconnu comme l'un des plus grands maîtres du bouddhisme tantrique, réfugié en Inde après l'invasion du Tibet par la Chine communiste dans les années cinquante. Il fut également étonnamment humble et terre-à-terre. Son récit est bien plus qu'une simple autobiographie car il nous dévoile la beauté et les merveilles du Tibet disparu. Cette histoire fourmille de pics émotionnels aussi hauts que l'Himalaya et de moments de profonde détresse après la perte de la mère patrie et lors des destructions qui ont suivi. C'est une lecture indispensable conseillée à tous ceux qui s'intéressent à la culture tibétaine, à son histoire et à sa vie spirituelle. (Glenn Mullin, auteur de The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnation).

vendredi 23 novembre 2018

Décès de Hubert Durt

Condoléances à la famille de Monsieur Durt et à ses collègues orientalistes.


EFEO - Ressources numériques - In Memoriam Hubert Durt


Hubert Durt (1936-2018)



Hubert Durt nous a quittés le 15 septembre 2018. Il a, durant plus d’un demi-siècle, été l’une des figures des études bouddhiques et, au-delà, des relations intellectuelles entre la France et le Japon.
Né en 1936 à Uccle en Belgique, Hubert Durt fut d'abord formé aux humanités gréco-latines, à l’archéologie et à l’histoire de l’art occidental. Il obtint une licence en philologie classique à l’université de Louvain (1958), puis un diplôme de langue japonaise à l’université de Gand (1960). Sans doute, cette double formation d’humaniste classique et de spécialiste d’études asiatiques – en l’occurrence du bouddhisme –est-elle à l’origine de son inlassable curiosité qui lui permit d’acquérir une érudition qu’il portait avec légèreté et humour, modestie et cordialité. De ces années de formation il faut retenir que si l’histoire de l’art amena Hubert Durt à s’intéresser au bouddhisme, c’est son admiration pour l’art bouddhique qui le conduisit à la philologie et l’étude des langues classiques de l’Inde de l’Extrême-Orient.

Hubert Durt fut l’élève de l’illustre savant Mgr Étienne Lamotte, auquel il voua toujours une immense admiration et qui fut son principal mentor. Son premier séjour au Japon, après l’obtention d’une bourse du gouvernement belge se déroule aux universités de Kyōto et de Tōkyō entre avril 1960 et mars 1963. Kyōto, l’ancienne capitale, exerça immédiatement sur lui une fascination qui correspondait à son goût pour l’histoire de l’art et à son intérêt pour le bouddhisme. Il arriva au Japon comme s’il avait lui-même suivi les routes et les traces du Bouddha en passant par l’Iran, le Pakistan, l’Inde et Sri Lanka.

En février 1964 il devient l’assistant d’Étienne Lamotte à l’Institut orientaliste de l’université de Louvain et enseigne en même temps la langue japonaise ; il est également collaborateur aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles et travaille comme bibliothécaire et secrétaire des publications de l’Institut belge des hautes études chinoises. Il revient au Japon en décembre 1965 où, contractuel à la Maison franco-japonaise de Tōkyō, il travaille jusqu’en décembre 1969 pour le Centre de Kyōto de l’École française d’Extrême-Orient – dont la principale activité est alors la rédaction du Hôbôgirin – encyclopédie de la terminologie bouddhique sino-japonaise entreprise en 1926 à Tōkyō puis continuée à partir de 1961 à Kyōto – pour laquelle il rédigera une vingtaine d’articles dont plusieurs constituent de courtes monographies. En janvier 1970, il est nommé membre de l’École française d’Extrême-Orient et affecté au Centre de Kyōto. En juin de la même année, il obtient un doctorat en philologie et histoire orientales de l’université de Louvain pour sa thèse intitulée La version chinoise de l’Introduction historique de la Samantapāsādikā : traduction du chapitre introductif du Chan Kien Liu P’i-P’o-Cha et notes sur les rapports entre ce texte et la tradition pāli concernant l’histoire du bouddhisme ancien en Inde et à Ceylan. En collaboration étroite et harmonieuse avec la grande sinologue Anna Seidel (1938-1991), qui avait intégré l’École française d’Extrême-Orient un an auparavant, en 1969, il allait, parallèlement à son activité scientifique, contribuer à faire du centre de Kyōto l’un des hauts lieux de la recherche sur le bouddhisme et les religions de l’Asie. La liste des spécialistes d’études sur l’Asie orientale et le bouddhisme que le centre a accueilli et formé est impressionnante. Le Centre de Kyōto se situait alors dans l’un des temples séparés du grand monastère zen du Shōkoku-ji qui, deux siècles plus tôt, avait déjà été l’un des lieux privilégiés où se rencontraient moines, artistes et lettrés à Kyōto.
En 1985 paraît le premier numéro du périodique Cahiers d’Extrême-Asie, consacré aux relations entre les religions et la société en Asie orientale (Chine, Japon, Corée, Tibet). Hubert Durt seconde Anna Seidel dans le travail de rédaction. Il devient rédacteur en chef en 1991 à la suite de la mort prématurée d’Anna Seidel. Cinq années plus tard, en avril 1996, il est nommé professeur à l’International College for Advanced Buddhist Studies de Tōkyō l’année de sa fondation par Hirakawa Akira (1915-2002) l’une des grandes figures des études bouddhiques japonaises. Le nombre de fonctions qu’Hubert Durt a occupé avec une égale compétence sans jamais ménager son temps ni ses forces est très important : ainsi membre associé de l'Istituto per il Medio ed Estremo Oriente (IsMEO), membre du comité de direction de l'International Association for Buddhist Studies, président en 1997 du comité directeur du Lumbini International Research Institute au Népal.
À l’extrême fin des années 1980, Hubert Durt donnait à l’Institut national des Langues et Civilisations orientales (INALCO) une conférence sur l’Inde du Bouddha telle qu’elle apparaissait dans les récits d’un célèbre recueil japonais médiéval d’anecdotes : les Histoires qui sont maintenant du passé dont les extraits traduits par Bernard Frank (1927-1996), l’introduction et l’annotation forment nous avaient attiré, après Lafcadio Hearn, vers les études japonaises. Un hasard heureux autant qu’inexpliqué fit qu’en l’espace d’une même année il fut donné à l’auteur de ces lignes de rencontrer ces deux grands orientalistes dont les leçons s’avérèrent déterminantes.
En mars 2001, Hubert Durt prend sa retraite de l’École française d’Extrême-Orient mais il continua à manifester un attachement indéfectible à celle-ci. Il devient vice-président de l’International College for Advanced Buddhist Studies.

À partir de Kyōto et vers tous les horizons du monde, Hubert Durt a su rassembler et unir autour de lui chercheurs et amis de tous âges et de toute condition, sensibles à son urbanité et charmés par la grâce sans égale de sa conversation et servir avec dévouement et passion l’École française d’Extrême-Orient. Les études bouddhiques furent pour lui un domaine de recherche presque naturel. Elles requièrent des connaissances profondes dans un grand nombre de domaines allant de la philologie à la littérature classique, de l’histoire de l’art à l’anthropologie, mais également un désir d’aller à la rencontre d’une véritable mosaïque de cultures, depuis l’Inde qui vit naître le bouddhisme jusqu’au Japon, en passant par la Chine, la Corée, l’Asie centrale, le Tibet sans oublier l’Europe ou les États-Unis.

Ayant été nommé à l’École française d’Extrême-Orient en 2000 puis affecté à Kyōto en mars 2001, ce fut un privilège pour nous, durant plus de six années, de bénéficier des conseils d’Hubert Durt et de cultiver en sa compagnie cet art de la conversation qu’il pratiquait avec un inégalé bonheur. Chaque rencontre devenait l’occasion d’entrevoir des horizons nouveaux, des pistes inexplorées, des rapprochements inédits. Mélomane et pacifiste, comme son cher Romain Rolland Hubert Durt fut aussi un homme d’engagements. Ainsi celui qu’il partageait avec sa femme, la vitrailliste Michiyo Durt-Morimoto, pour la défense du patrimoine – celui, toujours menacé, de l’architecture des maisons traditionnelles japonaises – mais également française, comme à l’église de Saint-Hilaire-La-Combe à Curemonte, dont les vitraux ont été offerts par Michiyo Durt-Morimoto, en ce village où sur les lignes de crête de l’extrémité méridionale de la Corrèze il aimait, entouré de collègues et d’amis, oublier un temps toujours trop compté les rigueurs de l’été japonais et les menaces croissantes qui pèsent sur la beauté du monde – en ces hauts lieux comme dans ses recès les plus simples– toujours soumise aux imprévisibles caprices de la nature, aux inexorables destructions du temps et à la constante incurie des hommes. Autant que ses recherches qui continuent d’inspirer les jeunes chercheurs, la personnalité unique d’Hubert Durt, par son dévouement, son sens de la loyauté, sa fidélité en amitié manqueront aux siens et à l’École française d’Extrême-Orient dont il a incarné à la perfection les idéaux de recherche et d’échanges entre les disciplines ayant trait aux civilisations de l’Asie et entre les femmes et les hommes qui s’y consacrent depuis l’Inde jusqu’au Japon.
Nos pensées vont à sa femme Michiyo, à sa fille Sara, à son fils Ali ainsi qu’à tous ses proches.

François Lachaud

lundi 19 novembre 2018

Biographies des deux Tuteurs de SS le Dalaï Lama

The Life of My Teacher: A Biography of Kyabjé Ling Rinpoché
Wisdom Publications (11 juillet 2017)

“In Tibet, it was traditional for disciples to write biographies of their teachers. In this case, the student is the Dalai Lama and the teacher is Ling Rinpoche, one of the giants of Tibetan Buddhism in the twentieth century. It is a fascinating portrait, both of the education and career of a legendary tulku and of the epochal events that he witnessed.” (Donald S. Lopez, Jr., Arthur E. Link Distinguished University Professor of Buddhist and Tibetan Studies, University of Michigan)

“Touching, reverent and a meticulous record, The Life of My Teacher gives the reader a better insight into His Holiness's interests, priorities and character than anything else written by or about him.” (Alexander Norman, editor of Freedom from Exile: The Autobiography of the Dalai Lama)

“Though written in the traditional style of a Tibetan spiritual biography (or rnam thar), this particular biography of the great senior tutor of His Holiness the Dalai Lama, Kyabje Ling Rinpoche, is unique in many respects. First, the subject of the biography as well as its author are both extraordinary beings. Second, it is the only such biography that the Dalai Lama himself has written, and it focuses on the teacher whom His Holiness describes as the “greatest influence on my life” and as his one true “rock” throughout the tumultuous historical times experienced both by the Dalai Lama and his people as they were forced to become refugees in the modern world. Third, the book provides a detailed accounting of the vast and continuous spiritual activities of the precious tutor, Ling Rinpoche. And fourth, it offers a touching portrayal of the behind-the-scenes interactions between a revered teacher on the one hand and his very special student on the other as the latter develops into a courageous religious leader on the world stage. This rare and oftentimes tender life story is a gift to us all. Its publication should be greeted with much rejoicing.” (Jan Willis, author of Enlightened Beings and Dreaming Me)



The Magical Play of Illusion: The Autobiography of Trijang Rinpoche
Wisdom Publications (2 octobre 2018)

"Not only was Kyabjé Trijang Rinpoché (1901–81) a tutor to His Holiness the Fourteenth Dalai Lama, he was also the root guru of a great many of the lamas responsible for introducing Tibetan Buddhism to Westerners beginning in the 1960s. This autobiography—documenting his extensive learning and his tireless deeds disseminating the teachings he had mastered—will therefore prove inspiring and invaluable to those who have benefited, both directly and indirectly, from this transmission of insight. It is also highly recommended for the background it gives to this transformative period of twentieth-century history." (Jonathan Landaw, editor of Introduction to Tantra)

“Kyabjé Trijang Rinpoché, a rare master of all fields of Tibetan Buddhist learning, was one of the most influential lamas of the twentieth century. This beautifully written and elegantly translated autobiography reveals not only the vast scope of his enlightening activities but also the historical context in which they took place.” (Alexander Berzin, founder and author, Berzin Archives, studybuddhism.com)

"Kyabjé Trijang Rinpoché, the junior of the two great gurus of the Dalai Lama, was universally recognized as one of the greatest Buddhist tantric masters to escape to India following the Chinese Communist invasion of Tibet in the 1950s. He was also amazingly humble and down to earth. His story is not only a personal autobiography but a glimpse into the beauty and wonder that was Tibet. It is a story filled with emotional peaks as high as the Himalayas and the emotional lows that came with the loss of homeland and subsequent destruction. A must read for anyone interested in Tibetan culture, history, and spiritual life." (Glenn Mullin, author of The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnation)

jeudi 15 novembre 2018

Lama à 19 ans… Et après?


Lama à 19 ans… Et après? - Claire Lumière


Auteur : Hermès Garanger

Est-ce parce qu'elle porte un improbable prénom, celui du " messager des dieux " dans la mythologie grecque ? Hermès Garanger semblait, dès sa naissance, promise à un destin hors du commun. Enfant, elle grandit en France, dans l'un des plus grands centres bouddhistes tibétains d'Europe, fondé par ses parents, et s'épanouit au milieu des moines bouddhistes qui lui enseignent la méditation. A 15 ans et demi, elle fait un choix radical, qui va transformer le reste de son existence : partir en retraite pour une durée de plus de mille jours, selon l'une des traditions bouddhistes. Pendant 3 ans, 3 mois et trois jours, elle vivra dans une pièce de 9m2, sans aucun lien avec le monde extérieur, en méditant 14 heures par jour, pour devenir à sa sortie... la plus jeune Lama occidentale ! Trente ans plus tard, devenue maman et productrice de télévision, elle pratique toujours plusieurs fois par jour la méditation, qui lui a appris à gérer ses émotions et à surmonter les pires épreuves. De ses voyages en Inde et au Népal, jusqu'aux plateaux de télévision en passant par le Centre de Recherches en Neurosciences de l'Inserm de Lyon, où elle participe aux travaux scientifiques consacrés aux pouvoirs de la méditation sur le cerveau humain, c'est un parcours de vie étonnant que livre Hermès Garanger.