mercredi 22 juillet 2020

Gomchen Lamrim traduit en français







Gomchèn Lamrim

Le suc de toutes les excellentes paroles

Gomchén Ngawang Drakpa



Texte classique en français et tibétain
Traduction de Marie-Stella Boussemart


À qui souhaite accéder au bonheur, le Bouddha Shakyamouni montre la route à suivre, qu’il connaît parfaitement parce que lui-même l’a auparavant expérimentée, cette grand-route empruntée au fil des âges par tous les Bouddhas, du passé, du présent et du futur.

Pour bien comprendre, le mieux est de nous reporter au soutra fondateur du mahayana, Le Soutra de la sagesse énoncé par le Bouddha à Rajagriha. Il a la particularité d’exposer en parallèle quatre thèmes : Le thème direct, le thème indirect, le thème littéral et le thème caché.

Au fil des siècles, Le Soutra de la sagesse est devenu trop difficile d’accès pour les nouvelles générations, d’où la rédaction de commentaires pour répondre aux besoins et attentes des contemporains.

Chez les gelougpas, nous avons notamment les Huit Grands Exposés de lamrim, dont le Suc des excellentes Paroles, connu sous le nom de Gomchén lamrim, du nom de l’auteur Gomchén Ngawang Drakpa (XVe siècle), qui est un condensé versifié du Lamrim moyen de Jé Tsongkhapa.

Aujourd’hui, nous sommes heureux de vous proposer dans ce livre une première traduction en français du Gomchén Lamrim composé par Gomchén Ngawang Drakpa, également appelé Ngag-gi Wangpo, premier maître de chant et deuxième abbé de Dagpo Shèdroup Ling.



Livre de 344 pages dont 6 pages en quadrichromie tirée sur papier offset blanc 90g, A4 plié, agrafé. Format 14,85 x 21 cm à la française.

ISBN : 978-2-915066-14-2            Prix 13 € Frais d’envoi en sus

lundi 6 juillet 2020

mercredi 24 juin 2020

Politique et éthique



 Quand je songe à la vie des grands fondateurs de religion, j'ai l'impression qu'ils ont pour dénominateur commun d'être des sages non conformistes. Parce qu'ils délivrent un message par définition inédit, ils sont souvent qualifiés de "révolutionnaires". N'osent-ils pas remettre en question les dogmes et l'ordre établi ? Ainsi, le Bouddha, lui-même issu de la caste des guerriers, ignore superbement le système des castes et l’origine sociale de ses fidèles. En conséquence, il organise la communauté monastique de manière surprenante, pour ne pas dire scandaleuse aux yeux de ses contemporains. Par exemple, il applique  le critère d'ancienneté, pas par âge civil mais par date d'ordination. Les  décisions sont prises de préférence à l’unanimité, sinon à la majorité. Et, à peine six ans après la fondation de la communauté, et à peu près en même temps que le jaïnisme, le Bouddha ouvre les portes aux moniales. Ce qui est une grande première mondiale, toutes religions confondues ! Le Bouddha a également de nombreux disciples laïques, dont des rois et des ministres auxquels il adresse tout naturellement des conseils adaptés à leurs fonctions.  Il enseigne notamment que la pensée prévaut sur l’acte, qui est a priori neutre, et que  c’est elle qui lui donne une connotation bonne ou mauvaise. Ce qui signifie qu’une même activité, y compris politique, peut être positive, négative ou neutre, en fonction de la motivation qui la sous-tend.

C’est ainsi que le  Dasa-raja-dhamma, l’un des textes majeurs des Jataka[1],  énonce les dix devoirs d’un roi - mais je suppose que cela pourrait concerner tout aussi bien un président :
1. La générosité, qui suppose d’utiliser les biens et richesses au profit de la population, et non pour lui-même
2. Une éthique élevée 
3. L’abnégation, qui consiste à accorder la priorité à l’intérêt de la population 
4. L'honnêteté et l'intégrité
5. L’amabilité et la douceur
6. Un train de vie simple, sans luxe ni ostentation
7. L'absence de haine et de rancune
8. La non-violence
9. La patience, dont la capacité à supporter les critiques et insultes
10. Le souci de l’harmonie, en respectant la volonté populaire.

Un autre point important souligné par le Bouddha est la stabilité économique. Pour l’atteindre,  le Bouddha estime que la politique d'un état doit concourir à quatre objectifs :
1. La sécurité économique
2. La prospérité économique
3. L’absence de dettes
4. La moralité des mœurs et coutumes

Par ailleurs, le Bouddha lie la criminalité à la pauvreté, et conseille d’améliorer le sort de la population plutôt que de la réprimer. Dans un soutra intitulé Digha-Nikaya, il explique : … Du fait de l'absence de fourniture de biens pour les défavorisés, la pauvreté s'accroît ; l'accroissement de la pauvreté entraîne vol, violence, meurtre, mensonge, mauvaise conduite sexuelle, fausse opinion sur la vie, manque de respect à l'égard des autorités.
Dans Le Soutra de l’empereur universel, il décrit en détail comment le comportement inadéquat d'un roi conduit à une désintégration progressive de la société. Inlassablement, il préconise la voie du milieu, évitant les extrêmes de laxisme et de rigorisme.

Bien que remontant à plus de 2500 ans, les recommandations du Bouddha restent toujours d'actualité. Dans le même esprit mais au IIème siècle, dans un texte intitulé la Guirlande des avis au roi, le pandit Nagarjouna  propose également toute une série de conseils basés sur le bon sens et bien sûr la compassion. Miser sur l’instruction, en valorisant les enseignants et en leur fournissant les moyens matériels nécessaires. Mettre en place une justice qui vise à protéger la société, avec un système de peines modérées[2], excluant la peine de mort, la torture et la prison à perpétuité, car acculer quelqu’un au désespoir le rend potentiellement dangereux. Fournir aux prisonniers des conditions de vie décente, avec une nourriture correcte et l’accès aux soins. Prendre soin des voyageurs en aménageant de grands carrefours, des aires de repos où ils trouveraient à manger et à boire, et pourraient se faire masser. Réduire (Par ailleurs) les taxes au minimum.

Eh oui ! En ce début du XXIème siècle, que ce soit sur les plans philosophique, politique, économique ou social, les Enseignements du Bouddha ou de Nagarjouna conservent toute leur force et leur dimension avant-gardiste.
Puissent-ils un jour prochain se réaliser concrètement !




[1] Les Jataka sont des récits des vies antérieures du Bouddha Shakyamouni.
[2] De même que les fils indignes sont châtiés
Avec l’intention de les amender,
De même châtie avec compassion,
Sans aversion ni désir de richesses.

lundi 22 juin 2020

Interdépendance et non-soi


En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, professé par de grands maîtres tels que les Indiens Candrakirti et Atisha ou le Tibétain Jé Tsongkhapa, va jusqu’à poser que tous les connaissables, incomposés comme composés, sont interdépendants.

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », c'est-à-dire d'absence d'existence inhérente, mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir en quelques lignes.

En très résumé, les phénomènes composés sont interdépendants en ce sens qu’ils sont à la fois des résultats qui procèdent de leurs causes, et des causes générant des résultats. Par exemple, une pousse naît d'une graine fournie par une plante similaire antérieure et elle produit à son tour des graines, des fleurs, des fruits, etc.

De manière plus générale, tous les connaissables sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. Pour exister en tant que table, le phénomène concerné dépend de ses matériaux et de ses fabricants, mais aussi du nom qui lui est attribué ainsi que du fait d'être perçu en tant que table : ce qui pour un être humain est une table en bois, est plutôt perçu comme de la nourriture par un ver à bois..

Quid des connaissables incomposés, c'est-à-dire non issus de causes et de conditions.
Prenons l'exemple du "non-soi" (anatman en sanskrit ; anatta en pali).
Le non-soi est un concept philosophique. Il n'est pas une entité indépendante car il dépend de son nom et de l'esprit qui le conçoit. En outre, il est par définition relatif à un objet référent, qui peut être n'importe quel connaissable envisagé sous l'angle qu'il est dénué de nature propre. Enfin, qui dit connaissable, dit perception, sachant que toute perception comporte une interaction entre le sujet percevant (l'esprit et la personne) et l'objet perçu. Donc, le non-soi est interdépendant. CQFD

Attention ! Si les connaissables sont ainsi interdépendants, néanmoins tout ne dépend pas de tout et de n’importe quoi ! Tout phénomène apparaît des causes et conditions qui lui sont relatives, et en aucun cas de TOUTES les causes et conditions. Comme le dit le bon sens populaire, les chats ne font pas des chiens. Les pommiers donnent des pommes, et non des oranges. Les karmas positifs donnent de bons résultats bénéfiques, et les karmas négatifs de mauvais résultats, et jamais l'inverse.

samedi 20 juin 2020

Les 37 pratiques de bodhisattva


Les geshe kadampa sont réputés entre autres pour leurs enseignements limpides, fondés sur l'expérience. Parmi eux, Gyälsè Thogmé Zangpo (1295-1369) a composé une instruction à propos des 37 pratiques de bodhisattva. Comme dans tout lamrim, cela commence par une exhortation
 
Namo Lokeshvara

Tout en voyant que les existants sont tous dénués d'apparition et disparition,
Avec ardeur, vous vous consacrez au bien des êtres ;
Maîtres suprêmes et Protecteur Avalokiteshvara,
Avec respect je vous rends continument hommage par les trois portes.

Les parfaits Bouddhas, sources de bienfait et bonheur,
Naissent de l'accomplissement du sublime Dharma.
Comme cela suppose de savoir le mettre en pratique,
J'exposerai ici les pratiques des bodhisattvas.

1. En cette occasion où tu as un précieux corps humain, vaisseau si difficile à obtenir, écouter, réfléchir et méditer jour et nuit sans distraction en vue de libérer toi-même et autrui de l’océan du samsara, est agir en bodhisattva.

2. Quand envers les proches, les flots d'attachement t'emportent, qu'envers les ennemis, le feu de l'aversion t'embrase, que les ténèbres de l'ignorance font sombrer dans l'oubli ce qui est à rejeter et à effectuer, quitter la patrie est agir en bodhisattva.

3. Tout objet délétère mis au ban, les facteurs perturbateurs s'étiolent peu à peu. Hors distraction, la pratique vertueuse s'épanouit naturellement. D'un esprit limpide naît la certitude en le Dharma. Cultiver la solitude est agir en bodhisattva.

4. Les amis de longue date sont séparés. Les biens acquis avec acharnement sont laissés derrière soi. L’auberge du corps est abandonnée par la conscience, son hôte. Bannir tout souci envers cette vie est agir en bodhisattva.

5. Quiconque au contact de qui les trois poisons s'amplifient, l’écoute, la réflexion et la méditation s'altèrent et l'amour et la compassion s'évaporent, est un mauvais ami et le rejeter est agir en bodhisattva.

6. Quiconque grâce aux conseils de qui les défauts s'atténuent en soi et les qualités augmentent comme la lune croissante, est un parfait ami spirituel, et le chérir plus encore que son propre corps est agir en bodhisattva.

7. Enchaînées qu'elles sont elles aussi dans les geôles du samsara, les déités mondaines ne peuvent protéger quiconque. C'est pourquoi, prendre refuge en les Trois Joyaux qui jamais ne déçoivent quiconque s'adresse à eux, est agir en bodhisattva.

8. Les insoutenables souffrances des états infortunés sont les fruits des karma négatifs, a expliqué le Mouni. C'est pourquoi, fût-ce au prix de la vie, ne jamais commettre de mauvais karma est agir en bodhisattva.

9. Les bonheurs des trois mondes, tels la rosée à la pointe d'un brin d’herbe, sont dans l'instant périssables. La suprême libération étant immuable, diriger son intérêt vers elle est agir en bodhisattva.

10. Quand ces mères qui depuis la nuit des temps t'ont prodigué leur affection, sont dans la souffrance, que faire d'un bonheur limité à toi ? C'est pourquoi engendrer l'esprit d'Éveil en vue de libérer les infinités d'êtres est agir en bodhisattva.

11. Les souffrances émanent toutes du désir de son propre bonheur. Le parfait Bouddha naît de l'intérêt du bien d'autrui. C’est pourquoi échanger son bonheur personnel contre les souffrances d’autrui est agir en bodhisattva.

12. Même si, sous l’emprise d’un fort attachement, d'aucuns s’emparent de tous tes biens ou les font dérober, leur dédier ton corps, tes possessions et tes vertus des trois temps est agir en bodhisattva.

13. Même si quelqu'un te coupe la tête alors que tu n'as pas le moindre tort, mû par la compassion, prendre sur soi toutes ses fautes est agir en bodhisattva.

14. Même si quelqu’un répand maintes calomnies sur toi partout dans les trois mille mondes, avec amour, faire en retour l'éloge de ses qualités est agir en bodhisattva.

15. Même si au sein d'une vaste assemblée, quelqu’un passe tes fautes au crible et t'insulte, t’incliner avec déférence devant lui en le regardant comme un maître est agir en bodhisattva.

16. Même si une personne que tu as choyée comme ton fils, te regarde comme un ennemi, telle la mère envers son fils frappé par la maladie, le chérir tout particulièrement est agir en bodhisattva.

17. Même si quelqu’un d’égal ou d’inférieur à toi te dénigre sous l'emprise de l’orgueil, le placer respectueusement au sommet de ta tête tel un Maître, est agir en bodhisattva.

18. Même tombé dans le dénuement et constamment en butte au mépris des gens, foudroyé par une maladie grave ou par un démon, prendre sur toi les fautes et les souffrances de tous les êtres et ne pas céder au découragement est agir en bodhisattva.

19. Même célèbre et porté aux nues par les foules, entré en possession de richesses semblables à celles de Vaishravana, voir que les biens de ce monde sont dénués d'essence et n'avoir aucune arrogance est agir en bodhisattva.

20. Faute d'avoir pu soumettre l'ennemi qu'est sa propre aversion, on combat les ennemis extérieurs, lesquels se multiplient. C’est pourquoi, avec les armées de l’amour et de la compassion, maîtriser son propre courant de conscience est agir en bodhisattva.

 21. Les plaisirs des sens sont semblables à de l’eau salée : plus on en jouit et plus la soif augmente. Abandonner immédiatement tout objet qui suscite l'attachement est agir en bodhisattva.

22. Toute apparence est (forgée par) l'esprit, mais l'essence dudit esprit est depuis toujours libre de l’extrême des fabrications. L'ayant compris, ne plus concevoir de caractéristiques objet / sujet est agir en bodhisattva.

23. À toute rencontre avec un objet attrayant, comme pour un arc-en-ciel en été, ne pas lui accorder de réalité en dépit de sa beauté apparente et rejeter l'attachement est agir en bodhisattva.

24. Les diverses souffrances sont semblables à la mort de son fils en rêve. Parce qu'on saisit comme vraies les apparences fausses, on en est accablé. C'est pourquoi, quand on rencontre des circonstances défavorables, les regarder comme fallacieuses est agir en bodhisattva.

25. Si, lorsqu’on aspire à l’Éveil, on doit donner jusqu’à son propre corps, concernant les objets extérieurs, cela va sans dire. C'est pourquoi pratiquer une générosité qui n’attend ni retour ni résultat est agir en bodhisattva.

26. Alors que, dénué d'éthique, on ne peut accomplir son propre bien, vouloir œuvrer à celui d'autrui est risible. C’est pourquoi, sans plus d'intérêt pour ce bas monde, observer l'éthique est agir en bodhisattva.

27. Pour le fils de Victorieux qui aspire à des moissons de vertus, toute malveillance est semblable à un précieux trésor. C’est pourquoi, sans plus la moindre aversion, cultiver la patience est agir en bodhisattva.

28. Quand les auditeurs et les bouddhas solitaires, qui travaillent seulement à leur propre bien, se démènent comme pour éteindre un feu qui aurait pris sur leur tête, pour le bien de tous les êtres, cultiver l'enthousiasme, source des qualités, est agir en bodhisattva.

29. Ayant compris que la vue profonde dotée du calme mental annihile les facteurs perturbateurs, méditer la concentration (dhyâna) qui transcende les quatre absorptions (du monde) sans forme est agir en bodhisattva.

30. En l'absence de la sagesse, les cinq autres perfections ne permettant pas de réaliser l'Éveil, méditer une sagesse munie de la méthode et libre des notions des trois sphères est agir en bodhisattva.

31. Faute d'observer soi-même ses erreurs, bien qu'ayant l'allure d'un pratiquant, il peut arriver de contrevenir au Dharma. C'est pourquoi continuellement scruter ses erreurs et les rejeter est agir en bodhisattva.

32. Sous l’emprise des facteurs perturbateurs, divulguer les fautes d’autres bodhisattvas faisant régresser, ne pas évoquer les fautes de quiconque engagé dans le grand véhicule est agir en bodhisattva.

33. Comme, sous l’influence des richesses et des honneurs, des querelles divisent et les activités d’écoute, de réflexion et de méditation se dégradent, rejeter tout attachement envers les maisonnées des proches et des bienfaiteurs est agir en bodhisattva.

34. Suite à des mots blessants, l’esprit d'autrui étant agité et les conduites de fils des Victorieux altérées, bannir tout propos dur désagréable à autrui est agir en bodhisattva.

35. L'accoutumance aux klesha rendant difficile de les contrer avec les antidotes, doté de la mémoire et de vigilance, s'armer des remèdes et faucher l'attachement ou autre facteur perturbateur dès qu'il point est agir en bodhisattva.

36. En résumé, en tout lieu et toutes circonstances, en vérifiant dans quel état d'esprit l'on est, avec l'aide constante de la mémoire et de la vigilance, se consacrer au bien d’autrui est agir en bodhisattva.

37. Grâce aux efforts ainsi déployés, sont accomplies force vertus. En vue de dissiper les souffrances des innombrables êtres, les dédier à l'Éveil au travers de la sagesse pure des trois sphères est agir en bodhisattva.

Le sens énoncé dans les soutras, les tantras et les commentaires,
En me conformant aux explications des Maîtres excellents,
Je l'ai condensé en ces trente-sept pratiques de fils de Victorieux,
A l'intention de ceux qui souhaitent parcourir la voie des bodhisattvas.

Mon intelligence étant médiocre et mes connaissances faibles,
Je ne puis composer de manière à réjouir les lettrés,
Mais comme je me suis fondé sur les soutras et les écrits des Maîtres,
Je pense que ce sont là les authentiques pratiques de fils de Victorieux.

Cependant, comme les vastes conduites des fils de Victorieux
Sont difficiles à pénétrer pour un esprit inférieur tel que moi,
Envers les contradictions, incohérences et autres erreurs de mon fait,
J'implore des Maîtres leur mansuétude.

Par les vertus issues de la (rédaction de ce texte), puissent tous les êtres
Devenir semblables au Protecteur Avalokiteshavra,
Au-delà des extrêmes du samsara et du nirvana
Grâce aux excellents esprits d'Éveil ultime et conventionnel.

Composé en la précieuse Grotte du vif-argent par le moine Thogmed, docteur en écritures et en dialectique, pour le bien d'autrui et lui-même.

Traduction de Marie-Stella Boussemart - août 2018



Les religions à l’épreuve de la crise Conférence débat le 23 juin

L'INSTITUT DES HAUTES ETUDES DU MONDE RELIGIEUX ET 

LE COLLEGE DES BERNARDINS VOUS INVITENT :



LES RELIGIONS PENDANT ET APRÈS L'ÉPREUVE :
QUELS CONSTATS ? QUELS REGARDS SUR L'AVENIR ?


Soirée débat exceptionnelle Mardi 23 juin 18h - 20h



Soirée débat exceptionnelle Mardi 23 juin 18h - 20h. 
Avec :
- Mgr Emmanuel Adamakis, Président de l'Assemblée des Évêques Orthodoxes de France

- François Clavairoly, Président de la Fédération Protestante de France

- Haïm Korsia, Grand Rabbin de France

- Mgr Eric de Moulin Beaufort, Président de la Conférence des Évêques de France

- Mohamed Moussaoui, Président du Conseil Français du Culte Musulman

- Minh Tri Vô, Présidente déléguée de l'Union Bouddhiste de France

Comment suivre la conférence ?

La soirée sera retransmise en direct à partir de 18 heures le 23 juin 2020 
sur le site internet du Collège des Bernardins, sur leur page Facebook et leur chaîne Youtube (il n’est pas nécessaire d’avoir un compte pour y avoir accès).

samedi 13 juin 2020

SS Le Dalaï Lama CD

À l’initiative d’une bouddhiste néo-zélandaise, le dalaï-lama sortira son premier album le 6 juillet prochain, jour de ses 85 ans. Intitulé Inner World, cet opus mêle musique et mantras.
Cet album a été coproduit par la musicienne bouddhiste Junelle Kunin. Stressée par son travail dans une banque, cette Néo-Zélandaise s’est mise à chercher, sans succès, de la musique pour accompagner des enseignements du dalaï-lama afin d’être plus calme et concentrée.

5 ans d'efforts

Junelle Kunin a alors proposé au Bureau de Sa Sainteté le dalaï-lama de réaliser un album de chants et de mantras du chef spirituel tibétain.
Elle a essuyé un refus poli, mais en 2015, lors d’un voyage en Inde, elle a réitéré sa proposition dans une lettre donnée à l’un des assistants du dalaï-lama.
Cinq ans plus tard, Inner World voyait le jour. Sur cet album composé de 11 titres, on peut entendre le dalaï-lama réciter des mantras et évoquer des sujets comme la sagesse et le courage.
L’extrait Compassion, qui est le nom de l’une des prières bouddhistes les plus connues, a été dévoilé mardi sur YouTube.



La musique pour transcender les différences

Junelle Kunin a eu l’occasion de parler de musique avec le dalaï-lama. Je ne l’avais jamais entendu parler comme cela. [...] Il s’est penché vers moi, ses yeux pétillaient, a-t-elle raconté à l'Associated Press.
[Le dalaï-lama] m’a expliqué comment la musique peut aider les gens d’une manière dont il ne peut pas, la musique peut transcender les différences et nous ramener à notre vraie nature ainsi qu’à notre bonté.

Junelle Kunin
À son retour de l’Inde, Junelle Kunin a travaillé avec son mari, Abraham Kunin, qui est musicien et producteur, à créer de la musique et des sons pouvant mettre en valeur les mots du dalaï-lama.

Cet album ne vise qu’à essayer d’aider les gens, ce n’est pas un album bouddhiste, dit-elle. Les messages [de cet opus] ne pourraient pas être plus poignants étant donné le climat social actuel et les besoins de notre humanité, a-t-elle ajouté.
Les profits de la vente de cet album iront à l’organisme à but non lucratif Mind & Life Institute, qui explore la relation entre la science et le bouddhisme, et au programme éducatif Social, Emotional and Ethical Learning, développé par l’Université Emory et le dalaï-lama.
La joueuse de sitar Anoushka Shankar a été invitée à participer à l'enregistrement d'Ama La, l’un des titres de l’album.

Une chanson inspirée par des circonstances tragiques

En plus de coproduire l’album, Junelle Kunin y chante trois chansons. L’une d’entre elles est Purification, dont elle a aussi composé la musique au piano, alors que sa mère était hospitalisée en pleine crise de la COVID-19.
J’ai vraiment pensé que nous allions la perdre. Alors, j’ai écrit la musique que je voulais qu’elle ressente et entende au moment de mourir, a-t-elle expliqué.
Sa mère a survécu, mais quelques semaines plus tard, le neveu de Junelle Kunin est mort. En raison des restrictions imposées lors de la pandémie, sa famille et elle n’ont pas pu dormir près de son corps, comme le veut la tradition maorie.
[Mon mari] était en pleurs à la maison, et c’est là que l’inspiration est venue pour terminer Purification, a déclaré Junelle Kunin, ajoutant que ce morceau est dédié à la mémoire de son neveu Izyah Micah Toli.

vendredi 12 juin 2020

Chaque instant est important

Le Bouddha souligne l'importance de la vie humaine, y compris de chaque court instant.

A ce propos, je viens de lire ce petit texte sur Facebook, et comme il me semble "parlant", je viens le partager avec vous.

Pour comprendre la valeur d'une année, demande à l' étudiant qui vient de rater un examen. 
Pour comprendre la valeur d'un mois, demande à la mère qui a mis un enfant au monde trop tôt. 
Pour comprendre la valeur d'une semaine, demande à l'éditeur d'un journal hebdomadaire. 
Pour comprendre la valeur d'une heure, demande aux fiancés qui attendent de se revoir. 
Pour comprendre la valeur d'une minute demande à celui qui a raté son train ou son avion. 
Pour comprendre la valeur d'une seconde, demande à celui qui qui a perdu un proche dans un accident. 
Pour comprendre la valeur d'une milliseconde, demande à un athlète médaillé d'argent aux jeux olympiques. 
Le temps qu'il te reste est d'une grande valeur.

vendredi 15 mai 2020

Tharlo, le berger tibétain

Tharlo est un berger tibétain qui mène une existence paisible dans la montagne, éloigné des réalités du monde. A l’aune de ses quarante ans, il est convoqué par les autorités locales. Les nouvelles directives du gouvernement imposent la possession d’une carte d’identité pour tous les citoyens de la République Populaire de Chine. Pour la première fois, Tharlo descend en ville. Sa découverte du monde urbain, et sa rencontre avec une jeune coiffeuse, vont bouleverser son existence…

Disponible en VOD : https://vimeo.com/ondemand/tharlolebergertibetain



 

jeudi 14 mai 2020

Les voeux ultimes de Geshe Potowa

Geshe Potowa (Po to ba rin chen gsal ; 1031-1105), qui fut l'un des trois disciples principaux de Dromtönpa, prononça ces voeux juste avant de mourir :

   Puissé-je être le refuge des êtres sans refuge !
   Puissé-je être le protecteur des êtres sans protecteur !
   Puissé-je être la demeure des êtres sans demeure !
   Puissé-je être le pays des êtres sans pays !
   Puissé-je être l'ami des êtres sans ami !
   Puissé-je être le soutien des êtres sans soutien !

dimanche 10 mai 2020

Kukaï, fondateur de l'école shingon

Kukaï  (774-835), le moine au cinq pinceaux

Par Bénédicte Niogret et Annie Douel. 
Émission diffusée sur France Culture le 02.07.2006. 
Documentaire consacré au poète, peintre, sculpteur et calligraphe bouddhiste japonais Kukaï (783-835). 

Le documentaire fait alterner un commentaire, des extraits musicaux et les nombreuses interviews de spécialistes du bouddhisme, de la littérature et de la musique japonais. 

 Intervenants : 
- Robert Jean Noël (spécialiste du bouddhisme japonais) 
- Girard Frédéric (spécialiste du bouddhisme japonais) 
- Yukaï (médecin français devenu pratiquant Shingon et fondateur du seul temple Shingon) 
- Rambach Pierre (auteur de Le bouddha secret : du tantrisme japonais. Edition Skira) -
 Regnier Pierre (auteur d'un DEA sur la philosophie du bouddhisme ésotérique) 
- Boussemart Antony (pratiquant du bouddhisme tibétain, auteur d'un DEA sur le pèlerinage du Shikoku) 
- Tamba Akira (auteur de La musique japonaise. Actes Sud) 
- Verne Didier Leo (musicothérapeute)

vendredi 8 mai 2020

Vesak 2020 Message du Saint-Siège

Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a publié son Message aux bouddhistes pour la fête de Vesakh 2020, sur le thème « Chrétiens et bouddhistes : construire une culture de compassion et de fraternité ». Cette journée sainte bouddhiste souligne la naissance, l'édification et le décès de Gautama Buddha qui, selon la tradition, est né, a atteint l'édification, et est décédé pendant la pleine lune du mois de mai. La fête de Vesakh (aussi épelé Vesak ou Wesak en anglais) est normalement célébrée le jour de la pleine lune pendant le mois de mai, lequel tombe le 7 mai cette année 


Le 2 avril 2020, le cardinal Miguel Ángel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, s’est adressé aux bouddhistes, à l’occasion de la fête de Vesakh/Hanamatsuri qui sera célébrée en mai. Dans son message, le cardinal rappelle les vertus partagées par les bouddhistes et les chrétiens : «… la grande valeur que nos traditions religieuses respectives accordent à la compassion et à la fraternité dans notre quête spirituelle, dans notre témoignage et notre service à une humanité et à une terre, toutes deux blessées ». Il convie bouddhistes et chrétiens à s’unir : «… pour faire de notre interconnexion une source de bénédiction pour tout être sensible et pour la planète, notre maison commune ». Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot évoque ensuite la rencontre mondiale qui aura lieu à Rome, le 15 octobre 2020, sur le thème « Reconstruire le pacte éducatif mondial » et invite les bouddhistes à s’unir aux chrétiens afin de «… promouvoir cette initiative […] pour contribuer à un nouvel humanisme ». Enfin, le Conseil pontifical se tournant vers les victimes et soignants du coronavirus, incite : « …les croyants respectifs à vivre ce moment difficile avec espérance, compassion et charité ».

PONTIFICAL COUNCIL FOR INTERRELIGIOUS DIALOGUE

Buddhists and Christians : Constructing a Culture of Compassion and Fraternity

MESSAGE FOR THE FEAST OF VESAKH/HANAMATSURI 2020
Vatican City

Dear Buddhists Friends,
1. On behalf of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue, we extend our heartfelt greetings and good wishes to you and to all Buddhist communities around the world as you celebrate the feast of Vesakh/Hanamatsuri. For the last twenty-four years, the Pontifical Council for Interreligious Dialogue has sent greetings to you on this happy occasion. Since this year marks the twenty-fifth anniversary of this traditional message, we would like to renew our bond of friendship and collaboration with the various traditions you represent.

2. This year, we would like to reflect with you on the theme “Buddhists and Christians: Constructing a Culture of Compassion and Fraternity”. We are mindful of the high value our respective religious traditions give to compassion and fraternity in our spiritual quest and in our witness and service to a wounded humanity and a wounded earth.

3. The Document on Human Fraternity for World Peace and Living Together states: “Authentic teachings of religions invite us to remain rooted in the values of peace; to defend the values of mutual understanding, human fraternity and harmonious coexistence”. Meeting the Supreme Buddhist Patriarch in Thailand last November, His Holiness Pope Francis expressed that “we can grow and live together as good “neighbors” and thus be able to promote among the followers of our religions the development of new charitable projects, capable of generating and multiplying practical initiatives on the path of fraternity, especially with regard to the poor and our much-abused common home. In this way, we will contribute to the formation of a culture of compassion, fraternity and encounter, both here and in other parts of the world” (cf. Visiting the Supreme Buddhist Patriarch, Bangkok, 21 November 2019).

4. The Feast of Vesakh/ Hanamatsuri prompts us to recall that Prince Siddhartha set out in search of wisdom by shaving his head and renouncing his princely status. He traded his garments of Benares silk for the simple robe of a monk. His noble gesture reminds us of Saint Francis of Assisi: he cut his hair and traded his fine clothes for the simple robe of a mendicant because he wanted to follow Jesus, who “emptied himself, taking the form of a slave” (Philippians 2:7) and had “nowhere to lay his head” (Matthew 8:20). Their example and that of their followers inspire us to a life of detachment in view of what is most important. Thus, in consequence, we may more freely devote ourselves to fostering a culture of compassion and fraternity for the alleviation of human and ecological suffering.

5. Everything is related. Interdependence brings us back to the theme of compassion and fraternity. In a spirit of gratitude for your friendship, we humbly ask you to accompany and support your Christian friends in fostering loving kindness and fraternity in the world today. As we, Buddhists and Christians, learn from one another how to become ever more mindful and compassionate, may we continue to look for ways to work together to make our interconnectedness a source of blessing for all sentient beings and for the planet, our common home.

6. We believe that to guarantee the continuity of our universal solidarity, our shared journey requires educational process. To this end, a global event will take place on 15 October 2020 on the theme “Reinventing the Global Compact on Education”. “This meeting will rekindle our dedication for and with young people, renewing our passion for a more open and inclusive education, including patient listening, constructive dialogue and better mutual understanding” (Pope Francis, Message for the Launch of the Global Compact on Education, 12 September 2019). We invite you to work together with all to promote this initiative, individually and within your communities, to nurture a new humanism. We are also happy to see that Buddhists and Christians are drawing on deeply held values and working together to uproot the causes of social ills in various parts of the world.

7. Let us pray for all those who are affected by the coronavirus pandemic and for those who are caregivers. Let us encourage our faithful to live this difficult moment with hope, compassion, and charity.
8. Dear Buddhist friends, in this spirit of friendship and collaboration, we wish you once again a peaceful and joyful feast of Vesakh/Hanamatsuri. 
Miguel Ángel Card. Ayuso Guixot, MCCJ
President

Msgr. Kodithuwakku K. Indunil J.
Secretary

Vesak 2020 Message de l'ONU

Message du Secrétaire général de l'ONU, 7 mai 2020

Je présente mes meilleurs vœux à toutes celles et à tous ceux qui célèbrent le Vesak, jour sacré pour des millions de bouddhistes à travers le monde.

Les enseignements du Bouddha, dont nous commémorons aujourd’hui la naissance, l’illumination et l’extinction, peuvent être une source d’inspiration pour tout le monde.

La pandémie du COVID-19 inflige à la grande famille humaine des souffrances qui ramènent à l’esprit ce sutra : « Parce que tous les êtres vivants sont sujets à la maladie, je suis malade aussi ».

Jamais cet appel intemporel à l’unité et à la sollicitude n’a-t-il été plus pertinent. Ce n’est qu’en travaillant tous ensemble que nous pouvons enrayer la propagation du coronavirus.
En cette journée du Vesak, rendons donc hommage à la sagesse du Bouddha en rendant service aux autres, avec compassion et solidarité, et en renouvelant notre engagement en faveur d’un monde pacifique.

António Guterres

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En mai 1986, l'ancien Secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar (1920-2020), avait adressé aux bouddhistes le message suivant à l’occasion de la Journée du Vesak :

« La célébration de la naissance, de l’état d’illumination et du décès de Gautama Bouddha remplit de joie les bouddhistes, où qu’ils se trouvent, car elle est pour eux l’occasion de glorifier son message de compassion et de dévouement au service de l’humanité.
Aujourd’hui, ce message est peut-être plus important qu’il ne l’a jamais été.
La paix, la compréhension et une conception de l’humanité qui transcende les différences nationales et les autres différences internationales sont indispensables si nous voulons faire face aux complexités de l’époque nucléaire.
Cette philosophie est au coeur de la Charte des Nations Unies et devrait occuper une place de premier plan dans notre réflexion, en particulier en cette Année internationale de la paix ».

Vesak selon le calendrier tibétain

Si on compare le calendrier lunaire tibétain 
(dans d'autres pays d'Asie, les calculs sont différents) 
et le calendrier solaire officiel, 

 la 4ème lunaison, dénommée "Sagadawa" en tibétain, et Vesak en sanskrit et en pali, coïncide en 2020 à la période qui va   

du 23 mai au 21 juin, 
avec pour point culminant

le 15ème jour de la 4ème lunaison, soit le 5 juin 2020.

Le mois de Vesak est le mois le plus important du calendrier bouddhiste, car Vesak est le temps où la plupart des bouddhistes commémorent à la fois la naissance,  l'Éveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni.



La première moitié du mois de Vesak est considéré comme particulièrement bénéfique. Comme il est notoire que toutes les actions alors accomplies sont d'une extrême puissance, nombreuses sont les personnes qui multiplient les pratiques verteuses, comme de racheter et libérer des animaux sinon voués à une mort imminente (tshe thar), s'abstenir de viande, font des retraites, etc., etc. 


Vesak des Nations Unies

RÉSOLUTION ADOPTÉE PAR L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES
Célébration internationale de la Journée du Vesak au Siège de l’Organisation des Nations Unies et dans d’autres bureaux des Nations Unies

L’Assemblée générale,

Considérant que la Conférence bouddhiste internationale tenue à Sri Lanka en novembre 1998 a exprimé l’espoir que la Journée du Vesak, jour de la pleine lune du mois de mai chaque année, serait célébrée sur le plan international, en particulier au Siège de l’Organisation des Nations Unies et dans d’autres bureaux des Nations Unies,
Sachant que le jour de la pleine lune du mois de mai chaque année est le jour sacré le plus important pour les bouddhistes, qui marquent ce jour-là la naissance du Bouddha, son illumination et son décès,

Considérant que, en célébrant cette journée sur le plan international au Siège de l’Organisation des Nations Unies et dans d’autres bureaux des Nations Unies, l’Organisation saluerait la contribution que le
bouddhisme, l’une des plus vieilles religions du monde, apporte depuis plus de 2 500 ans et continue d’apporter à la spiritualité de l’humanité,

Décide que, sans qu’il en coûte quoi que ce soit à l’Organisation des Nations Unies, des dispositions appropriées seront prises pour que la Journée du Vesak soit célébrée sur le plan international au Siège de l’Organisation des Nations Unies et dans d’autres bureaux des Nations Unies, en consultation avec les bureaux pertinents des Nations Unies et avec les missions permanentes qui souhaiteraient également être consultées.

79e séance plénière
15 décembre 1999

NB Information à l'attention des bouddhistes français  :
Le Vesak célébré le jour de la pleine lune de mai étant une fête reconnue officiellement, les salariés bouddhistes peuvent demander ce jour de congé à leur employeur.

Les 4 critères de fiabilité

Eprouver de la foi, oui. Croire n'importe qui ou n'importe quoi, non.

Le Bouddha n'incite pas à la crédulité, loin de là, lui qui répétait à ses disciple :
 " Ô Moines lettrés, ô disciples d'aujourd'hui et de demain ! Examinez toujours mes paroles avec soin et ne les retenez que si, à l'analyse, elles vous paraissent fondées. Mais n'acceptez jamais aucun enseignement par simple respect pour moi !"

D'accord, mais alors comment faire la part des choses ?

La philosophie bouddhiste propose quatre instruments de mesure, quatre principes de fiabilité (rton pa bzhi) :
1 Gang zag la mi rton / chos la rton
2 Tshig la mi rton / don la rton
3 Drang don la mi rton / nges don la rton
4 Rnam shes la mi rton / ye shes la rton

En français, ça donne quelque chose du genre :
1 Ne pas se fier à l'individu ; se fier au dharma (à ce qu'il énonce).
2 Ne pas se fier aux mots (au style) ; se fier au sens.
3 Ne pas se fier au sens littéral ; se fier au sens réel.
4 Ne pas se fier aux consciences (ordinaires) ; se fier à la sagesse supérieure.

En d'autres termes, selon le bouddhisme, affirmer péremptoirement : "C'est vrai parce que c'est Untel qui l'a dit !" est quelque peu sommaire. Il serait plus judicieux de s'intéresser au contenu de son discours et de vérifier s'il est ou non exact et pertinent. Des paroles magnifiques s'avèrent parfois creuses.

En particulier, ce n'est pas parce quelqu'un est connu, très sympathique ou qu'il est d'une haute lignée qu'il faut forcément gober la moindre de ses paroles. Y compris s'il s'agit d'un lama renommé! Après tout, il nous met peut-être à l'épreuve. Et n'oublions pas que Bouddha a exhorté ses auditeurs à l'esprit critique même envers lui. Le suivre au moins sur ce point protégerait du fanatisme, du sectarisme, et plus simplement encore de la crédulité.

jeudi 7 mai 2020

Louange à Atisha, composée par Dromtönpa


(Traduit par Marie-Stella Boussemart
Sous la direction de Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen)

En le sublime pays du Bengale (vous êtes né) dans le noble lignage de la famille royale de Sahor, celui-là même dont était issu le bodhisattva Shantarakshita ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Avec art vous avez honoré vos père et mère, et vous les respectiez ; doté de la beauté, du charme, de la sagesse et de la compassion, vous étiez pondéré, bienveillant, plein de tact et courageux ; ô Dimpakara, je vous invoque.


Qu’il s’agisse des traités profanes ou des diverses sciences, médicales, techniques ou artistiques, ou encore des Veda, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô Dimpakara, je vous invoque.

Dénué d’attachement envers les objets de désir, vous avez abandonné le pouvoir, les richesses et les autres biens et vous vous êtes fait moine [bhikshu] mahasamghika ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.  

Les préceptes et les règles énoncés par le Tathagata, tels qu’ils sont exposés dans les quatre sections du Vinaya, vous les avez gardés dans toute leur pureté, sans les entacher de la moindre faute ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Vous avez suivi de nombreux maîtres érudits, et qu’il s’agisse des Trois Corbeilles, de la langue, de la logique, ou bien encore des Instructions, de l’ensemble vous aviez la connaissance et l’intelligence complètes ; ô glorieux Atisha, je vous invoque. 

 De votre Maître, le Roi souverain de Serling, vous avez obtenu le nectar salvateur de l’esprit d’Eveil, et vous avez œuvré pour le bien de tous les êtres ; ô glorieux Atisha, je vous invoque.

Empli de compassion pour les si nombreux êtres misérables et ô combien souffrants, vous êtes leur protecteur, qu’ils fussent des déités du monde, des titans ou des hommes ; ô Père unique, je vous invoque.

A des maîtres qui en avaient obtenu les plus hautes qualités, vous avez demandé les transmissions permettant de réaliser les déités tutélaires, puis vous vous êtes appliqué à les accomplir ; ô Vous qui aviez fait l’objet de prophéties (de la part du Bouddha), je vous invoque.

Sachant que vous aviez des disciples au Tibet, vous êtes venu au Pays des neiges, et vous êtes devenu le Maître des dirigeants et notables ; Vous qui êtes digne des honneurs et des hommages, je vous invoque.

Si un éminent sage tel que vous n’était pas venu au Tibet, bien que l’Enseignement du Bouddha y eût cependant existé, on y serait sans doute demeuré dans l’ignorance du sens profond ; ô Vous qui l’avez excellemment exposé, je vous invoque.

En effectuant et en révisant des traductions de traités, en les expliquant et en composant des ouvrages, vous avez excellemment guidé sur la Voie parfaite ; ô Vous qui avez épanoui l’Enseignement, je vous invoque.

Les démons et les penseurs fourvoyés - hérétiques et zélateurs d’Ishvara -, qui professaient des vues funestes et s’égaraient sur des chemins pernicieux, vous les avez réduits par le raisonnement et les avez introduits dans la Voie libératrice : ô Guide de ceux qui aspirent à la libération je vous invoque.


La générosité, l’éthique, la patience, l’enthousiasme, la concentration et la sagesse, bref, les six perfections, vous les avez constamment méditées au fil de nombreuses vies ; ô Vous qui avez parachevé les deux accumulations, je vous invoque.

Fournir le nécessaire et tenir des propos plaisants, accomplir le bien des êtres (en les incitant à pratiquer) et agir soi-même en accord (avec ce que l’on enseigne) : ô Vous qui, (grâce aux ressources des quatre moyens rassembleurs), avez accompli avec flamme le bien d’autrui, je vous invoque.

La foi, l’éthique, l’écoute, le don, le respect de soi-même et d’autrui, la sagesse, de ces sept joyaux vous êtes riche ; ô vous qui êtes le trésor dont procèdent les qualités, je vous invoque.

Quand Gyälwè Jung-nè, l’excellent disciple qui avait jadis formulé des vœux, est arrivé de contrées lointaines, vous avez annoncé : « L’upasaka arrivera aujourd’hui. » ; ô Vous qui possédez la faculté de la vision divine, je vous invoque.
 

Lorsqu’au Magadha l’un de vos disciples, avec déférence, a fait résonner des cymbales et vous a adressé des invocations, vous l’avez entendu au Tibet et en avez fait part à Drom ; ô Vous qui possédez la faculté de l’ouïe divine, je vous invoque.

Lorsqu’à Lhasa vous avez entendu la musique des dieux, vous vous êtes précipité et, après avoir présenté des offrandes aux déités dans le déambulatoire, vous avez effectué des circumambulations dans l’espace ; ô Vous qui possédiez la faculté des pouvoirs supranormaux, je vous invoque.

(Du pilier) où le testament du Roi était caché, la dakini l’a sorti et vous l’a montré ; grande est votre bienveillance, vous qui représentez Shakyamuni ; ô bienveillant Atisha, je vous invoque.

Les personnes touchées par les maladies des nagas (lèpre, etc.), toujours vous les avez maintenues en vie ; de vous procèdent les cycles de protection, vous qui guérissiez les maladies des êtres ; ô Vous qui êtes connu comme un second Nagarjuna, je vous invoque.

Alors qu’à Nyethang vous étiez assis sur le sable à ’Or, dans l’espace Indra et les assemblées de dieux ont déversé des pluies de fleurs en les cinq gemmes ; ô Maître, Dieu des dieux, je vous invoque.

A Yorpo de Ching-ru, une jeune fille vous a offert ses bijoux ; lorsque vous avez appris sa mort, vous avez purifié ses voiles et vous avez annoncé qu’elle avait repris naissance en tant que déité ; ô Guide des êtres, je vous invoque.


« D’ici, j’irai à Tushita et ceux qui témoignent de foi et de respect envers moi, m’y rencontreront. », avez-vous prédit ; ô Vous qui voyiez à l’avance l’avenir, je vous invoque.


A Tushita, vous êtes Namkha Drima Med ; au pays des Arya, vous étiez Dipamkara, et ici, au Tibet, vous étiez le glorieux Atisha ; ô Vous dont la renommée couvre la terre, je vous invoque.

Quand moi, Dromtön, j’ai fondé le temple de Rating, lorsque je vous ai prié de guider les êtres, de Tushita vous avez jeté les fleurs de la consécration ; ô Vous qui avez ainsi directement accordé votre bénédiction, je vous invoque.

Lorsqu’en voyant et en entendant vos qualités, je vous invoque haut et clair l’esprit plein de ferveur, de Tushita, veuillez me regarder avec compassion et, comme je vous en implore, veuillez m’accorder votre bénédiction.

Comme au Tibet il est encore tant de disciples qui n’ont foi qu’en vous et suivent (votre lignée), veuillez le prendre en considération, et avec l’amour d’une mère pour son fils, veuillez nous servir de Maître spirituel.

En les temps de dégénérescence, tels des aveugles, les êtres suivent de prétendus maîtres imparfaits ; ceux qui sont ainsi dépourvus de guide dans les abysses du samsara, veuillez vite les en extraire avec le crochet de votre compassion.

En tous temps et toutes circonstances, ô vous le Parfait, vous êtes mon Protecteur ; pour qu’au plus vite je devienne un bouddha pleinement accompli, veuillez m’accorder (les sagesses de) étude, réflexion et méditation.

* * *

A cette louange composée par Dromtönpa, ses disciples ont ajouté une vibrante stance à sa gloire :
De tous vous êtes le Guide spirituel ; de tous vous êtes le Protecteur. Substitut des Victorieux, fils des Victorieux, pour tous, vous êtes l’inestimable source du bonheur. Ô Maître Tönpa, je vous invoque.