Nos facteurs perturbateurs nous ligotent de dix manières
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
dimanche 4 juillet 2021
Les dix fonctions des facteurs perturbateurs (klesha)
Nos facteurs perturbateurs nous ligotent de dix manières
vendredi 2 juillet 2021
Philosophie bouddhiste
Sur une base commune - la finalité est de surmonter la souffrance et d'accéder au bonheur -, le bouddhisme offre donc différentes branches.
Les "véhicules", yana en sanskrit, (grand et petit, ou encore des shravaka, pratyekabouddha et bodhisattva) se distinguent de par leur conception de la souffrance à rejeter et du bonheur à réaliser, et donc de l'objectif à atteindre et des conduites à adopter pour ce faire.
Les "systèmes philosophiques", siddhanta en skt ("qui est allé au bout de l'analyse") se démarquent par les vues professées, notamment à propos du non-soi.
Pour simplifier, il y a quatre systèmes principaux :
- Vaibhashika, établi par la Première Roue du Dharma, avec le Soutra des quatre nobles vérités ;
- Sautrantika, établi par la Première Roue du Dharma, avec le Soutra des quatre nobles vérités ;
- Cittamatra, établi par la Troisième Roue du Dharma, avec le Soutra commentant la Pensée ;
- Madhyamika, établi par la Deuxième Roue du Dharma, avec le Soutra de la Sagesse.
Le Bouddha, qui n'a d'ailleurs cessé d'enseigner la loi de causalité et l'interdépendance, a forcément tenu compte du contexte dans lequel il vivait : l'Inde d'il y a 2 500, 2 600 ans.
L'Inde dont la culture était d'ores et déjà ancienne et très raffinée.
Le Bouddha a donc repris bien des notions déjà connues et admises de ses contemporains, quitte à apporter un éclairage nouveau sur certains points, ou à introduire des nuances, ou des précisions : passage d'une naissance à l'autre ; samsara et libération ; karma bien sûr, sans oublier la logique et l'art du débat remarquablement maîtrisés.
Mais il est aussi arrivé que le Bouddha réfutât certaines vues pour en affirmer d'autres, en particulier à propos du soi (skt atman ; tib. bdag) et du non-soi.
Les écoles hindouistes étaient déjà à l'époque extrêmement nombreuses.
Toujours pour simplifier, on parle de 5 ou de 6 courants principaux.
Classification en 5 :
Vaishnava, Aishvara, Jaina, Kapila (Samkhya), Barhaspatya.
Classification en 6 :
Vaishesika, Naiyayika, Samkhya, Mimamsaka, Nirgrantha, Lokayata (Carvaka)
Il est dit que, parmi ces 6 écoles, les 5 admettaient un soi (atman) "éternel", tandis que le système Carvaka n'envisageait qu'une seule et unique vie : l'actuelle.
Par rapport à ces vues, le Bouddha a introduit la notion de "non-soi" : absence d'un "soi" qui serait à la fois "permanent, un et indépendant", ou encore qui serait "établi de manière autonome et auto-substantielle", MAIS avec en parallèle l'affirmation d'un soi qui existe sur un mode relatif, ou encore conventionnel, c'est à dire qui existe en dépendance de ses agrégats constitutifs, etc.
Rapporté à l'individu, c'est ce soi nominal qui passe d'une vie à la suivante, qui va et vient, mange et réfléchit, etc.
Entre autres propriétés, un tel soi est impermanent : il change d'instant en instant.
Il n'empêche que certains systèmes philosophiques hindouistes sont très proches de leurs homologues bouddhistes.
C'est au point, dit-on, que quand Atisha, au Tibet, a appris la mort en Inde de Shantipa, il s'est exclamé :
"Il n'y avait que lui et moi pour savoir distinguer entre les deux. Maintenant que Shantipa est mort, il n'y a plus personne en Inde !"
mercredi 30 juin 2021
Corneille et l'impermanence
Ô rage, ô désespoir, ô virus ennemi,
Ai-je donc tant vécu pour voir la maladie
Envahir la planète, gagner chaque pays,
Et nous mettre à genoux en bouleversant nos vies ?
Monde qui te croyais si fort si victorieux,
Soudain tu t’arrêtas, fébrile, infectieux,
Te pliant à la loi d’un virus malicieux
S’attaquant tour à tour aux jeunes et aux vieux !
Ô cruel souvenir de notre vie passée,
Bonheur de tant de jours en un jour effacé,
Nouvelles dispositions pour la vie confinée,
Précipice élevé d’où tombe l’humanité !
Faut-il d’ores et déjà voir triompher le mal
Et mourir en silence au fond d’un hôpital ?
À l’heure où le progrès nous paraissait normal,
Force est de constater que la chute est brutale.
Et vous, par vos exploits glorieux médecins,
Infirmières, soignants qui du soir au matin
vous donnez corps et âmes pour sauver le prochain,
Remerciés aujourd’hui, le serez-vous demain ?
Et toi, microscopique qui veut détruire nos vies,
Cherchons, luttons sans cesse pour que tu sois détruit !
Va, quitte désormais le grand ou le petit,
Par la main de la Science à qui l’on te confie !
mardi 29 juin 2021
Le bouddhisme : Une voie de responsabilité
vendredi 25 juin 2021
Esprit critique de rigueur
Non, le bouddhisme n'est pas une voie facile ! Qui aime se laisser porter ou cherche à se faire prendre en charge a tout intérêt à aller frapper à une autre porte. Le Bouddha disait et redisait à son entourage : "Ô moines et érudits ! De même que l'orfèvre brûle, coupe et polit l'or, analysez bien (mon enseignement) et n'allez pas l'appliquer au seul prétexte que ce serait ma Parole."
À son accoutumée, le Bouddha avait montré l'exemple : le douzième jataka (récit d'une vie antérieure) met en scène le bodhisattva jeune Brahmane studieux au sein de ses compagnons d'étude. Mais le maître vieillit et les difficultés matérielles s'aggravent au point que la nourriture vient à manquer. A bout d'expédients, le précepteur délivre une instruction pour le moins inattendue. "Nous n'avons plus rien; allez à la maraude dans le voisinage. Le vol nous est permis, à nous brahmanes, qui sommes les légitimes propriétaires de la terre. Mais quand même, prenez-vous y avec discrétion. Il ne faudrait pas que vous soyez repérés - ma réputation en prendrait un coup ! Selon notre doctrine, à la condition de n'être vu de personne, le vol n'est pas une faute." Dociles, les jeunes gens s'égaillent alentours. Tous, sauf un, qui reste assis, tête baissée et pousse de longs soupirs. Et le professeur de songer : "Il n'obéit pas. Parce qu'il ne m'aime pas ou pour une autre raison ? Vérifions cela." Il interpelle le garçon : "Comment se fait-il que tu restes là ? Tous les autres sont partis voler, comme je vous ai enjoint de le faire. Tu n'aimes donc pas ton maître ? Tu n'as aucune pitié du vieillard que je suis pour me laisser sans nourriture ni vêture…" Le futur Bouddha se lève d'un bond et se prosterne avec déférence devant l'Aîné : "Maître, j'ai pour vous affection et respect, croyez-m'en? Si je n'ai pas bougé, c'est que votre ordre n'est pas applicable. Où donc dans nos textes sacrés serait-il écrit que voler sans être vu de quiconque ne constituerait point une faute ? Car c'est impossible : même si l'on n'est pas vu des humains, il y a les dieux ; il y a les démons. Ils ont la clairvoyance. Et surtout, il y a les arhats, qui ont rejeté l'ignorance et obtenu la libération de la souffrance : plus rien ne leur échappe. Tout vol est une faute. Plutôt que d'en commettre, mieux vaudrait aller en guenilles, un bol ébréché à la main, quémander sa pitance à son pire ennemi." Ravi, le maître se dresse à son tour et, prenant les mains de son élève dans les siennes, il le couvre de louanges. "Toi seul as fait preuve de sagesse. Tes compagnons sont des enfants, prêts à troquer leur pratique contre un profit minime. Qui possède les joyaux de l'endurance et de la sagesse, même dans le dénuement ne manque de rien. Fils, tu es paré de notre lignée dans toute sa pureté.."
Ainsi arrive-t-il qu'un maître mette ses disciples à l'épreuve. Pour en avoir quelques exemples, il suffit de relire les biographies des pratiquants du passé : Tilopa en fit voir de toutes les couleurs à Naropa, qui agit de même vis-à-vis de Marpa, lequel poursuivit la tradition à l'égard de Milarepa. Même ce dernier usa de cette méthode, en particulier avec ses deux principaux élèves – Réchungwa et Gampopa. Car le "baptême du feu" est réservé en priorité aux pratiquants avancés, qui allient foi et discernement à un point tel qu'ils ne se laissent plus décontenancer par les apparences ordinaires. Ceci dit, même largement en-deçà, il vaut mieux ne pas attendre du maître bouddhiste qu'il mette son élève sons cloche pour le protéger de tout désagrément. Au contraire, il aura à cœur de le mettre en face de ses responsabilités et de lui faire prendre conscience de la loi de causalité : si on plonge la main dans le feu, on ne peut qu'être brûlé. Pour bien le comprendre, rien ne vaut l'expérience pratique, à condition qu'elle soit encadrée.
jeudi 24 juin 2021
Bochure Prévention des maladies de la peau des jeunes enfants
Après le succès d'une campagne de sensibilisation des maladies de la peau auprès des parents au sein des crèches municipales et associatives à Rennes, en 2018,
reconnaître les maladies les plus fréquentes
éviter les maladies qui sont évitables
traiter facilement les maladies pour lesquels des traitements sans ordonnance sont disponibles
Les objectifs à travers la distribution de ce livret sont nombreux :
Donner aux parents et au personnel de la petite enfance les clés pour prévenir, soigner les problèmes de peau des jeunes enfants,
Désengorger les cabinets de dermatologie (des verrues notamment),
Autonomiser les patients, faire d’eux des « actients »,
Raccourcir les délais de RDV pour les pathologies urgentes/graves (cancer de la peau...), et améliorer ainsi leur propre pronostic.
Contact : Boussemart Lise <lise.boussemart@chu-nantes.fr>
Louange à Amitayus
Louange à Amitayus « Soleil levant »
Composée par Djé Tsongkhapa Losang Takpa, au monastère de Kyormoloung.
Traduction du tibétain par Marie-Stella Boussemart le 26 février 2021
De la splendeur du cinabre1 au soleil levant,
Un halo rouge-orange se déploie en tournoyant
D’un lotus à mille pétales couronné d’un disque de lune,
Surmonté de Hrih, qui se mue en le Protecteur Amitayus.
Semblable à une montagne de rubis,
Et nimbé d’arcs-en-ciel2, votre Corps
Est paré de soieries multicolores et
De joyaux en grand nombre.
Hommage à Vous qui ainsi rayonnez de beauté !
Souples comme de jeunes tiges de liane,
Vos deux mains tiennent un bol à aumône
Empli à ras de nectar d’immortalité.
Hommage à Vous qui dispensez la réalisation de longévité !
Noirs comme les abeilles sont le chignon
Au sommet de votre tête, et les tresses qui s’étirent tout autour.
Douces et souples sont vos jupes de soie bigarrées.
Hommage à Vous qui resplendissez des signes et des marques3 !
Mû par une foi intense, mains jointes,
Dans un ravissant rugissement mélodieux
Je célèbre haut et fort vos sublimes qualités.
Hommage à Vous qui conférez toutes excellences.
Avec l’épée de la sagesse, vous tranchez les rets de l’ignorance ;
Envers tous les êtres, votre compassion ne se suspend jamais ;
Le devoir assumé de tous les libérer ne vous lasse jamais,
Hommage à Vous qui constituez le refuge indéfectible.
Juste prononcer votre nom conjure toute mort avant terme ;
Juste penser à vous protège des peurs du samsara ;
Prendre refuge en vous confère le bonheur indéfectible ;
Hommage à Vous à tous égards.
Avec vénération, je m’en remets à Vous qui êtes sans défaut.
Dans l’immédiat, puissent mes craintes et vicissitudes être dissipées,
Ultimement, une fois né d’un lotus à Sukhavati,
Puissé-je vous donner toute satisfaction.
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Notes
1 Sindura, vermillon.
2 Littéralement, arc d’Indra.
3 Les 32 signes et les 80 marques caractéristiques des Corps de la forme (Rupakaya) des Bouddhas.
ཚེ་དཔག་མེད་ཀྱི་བསྟོད་པ་ཉི་གཞོན་འཆར་ཀ་མ་ཞེས་བྱ་བ་བཞུགས་སོ།།
༄༅། །ཉི་གཞོན་འཆར་ཁའི་མདངས་ལྡན་ལི་ཁྲི་ལྟར། །ཡིད་འོང་དམར་སེར་དྲ་བས་ཁེབས་པ་ཡི། །འདབ་སྟོང་གེ་སར་རྩེ་ན་ཟླ་གདན་ལ། ཧྲཱིཿ་ལས་བྱུང་བའི་མགོན་པོ་ཚེ་དཔག་མེད། །
པདྨ་རཱ་གའི་ལྷུན་པོ་དབང་པོའི་གཞུས། །ཀུན་ནས་ཀླུབས་པ་ཇི་བཞིན་ཁྱོད་ཀྱི་སྐུ། །སྣ་ཚོགས་གོས་དང་ནོར་བུའི་རྒྱན་མང་གིས། །ཀུན་ནས་མཛེས་པར་བྱས་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
འཁྲི་ཤིང་གཞོན་ནུའི་ཡལ་འདབ་ལྟར་མཉེན་པའི། །ཕྱག་གཉིས་དབུས་ན་འཆི་མེད་བདུད་རྩི་ཡིས། །ལེགས་པར་གང་བའི་ལྷུང་བཟེད་རབ་བསྣམས་ནས། །ཚེ་ཡི་དངོས་གྲུབ་སྩོལ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
བུང་བ་ལྟར་ནག་རལ་པའི་ཐོར་ཅོག་ནི། །སྤྱི་བོར་མཛེས་པའི་ལན་བུ་རིང་དུ་འཕྱང་། །འཇམ་མཉེན་སྣ་ཚོགས་དར་གྱི་སྨད་གཡོགས་ཅན། །མཚན་དཔེའི་གཟི་བརྗིད་འབར་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
ཤུགས་དྲག་དང་བས་བསྐྱོད་པའི་ཐལ་སྦྱར་ཞིང་། །ཡིད་འཕྲོག་ཤིན་ཏུ་སྙན་པའི་ང་རོ་ཡིས། །ཁྱོད་ཀྱི་ཡོན་ཏན་ལེགས་པར་བརྗོད་པ་ལ། །ལེགས་ཚོགས་ཐམས་ཅད་སྩོལ་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
ཡེ་ཤེས་མཚོན་གྱིས་མི་ཤེས་དྲ་བ་བཅད། །སེམས་ཅན་ཀུན་ལ་ཐུགས་རྗེ་རྒྱུན་ཆད་མེད། །འགྲོ་ཀུན་འདྲེན་པའི་ཁུར་གྱིས་མི་ངལ་བ། །གཏན་གྱི་སྐྱབས་གནས་ཁྱོད་ལ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
མཚན་ཙམ་བཟུང་བས་དུས་མིན་འཆི་བ་འཇོམས། །ཡིད་ལ་དྲན་པས་སྲིད་པའི་འཇིགས་ལས་སྐྱོབ། །སྐྱབས་སུ་བསྟེན་ལ་གཏན་གྱི་བདེ་སྟེར་བ། །ཁྱོད་ལ་རྣམ་པ་ཀུན་ཏུ་ཕྱག་འཚལ་ལོ། །
སྐྱོན་བྲལ་ཁྱོད་ལ་གུས་པས་བསྟེན་པ་བདག །གནས་སྐབས་མི་འདོད་ཉེར་འཚེ་ཞི་བ་དང་། །མཐར་ཐུག་བདེ་བ་ཅན་དུ་པདྨོ་ལས། །བརྫུས་ཏེ་སྐྱེས་ནས་ཁྱོད་མཉེས་བགྱིད་པར་ཤོག །
ཅེས་པ་འདི་ཡང་ཤར་ཙོང་ཁ་བ་བློ་བཟང་གྲགས་པའི་དཔལ་གྱིས་སྦྱར་བའོ། །
vendredi 18 juin 2021
Éducation et instruction, grandes causes universelles
Pour espérer observer une éthique digne de ce nom, il importe de connaître les écueils.
Les traités bouddhistes mettent en évidence dangers principaux, dénommés les 4 portes des chutes ལྟུང་བའི་སྒོ་༤
La non-connaissance (Cf. ignorance) མི་ཤེས་པ་
Le laisser-aller (ou manque d’autodiscipline) བག་མེད་པ་
Le manque de respect མ་གུས་པ་
Des facteurs perturbateurs nombreux ཉོན་མོངས་མང་བ་
D'où l'importance capitale de l'éducation et de l'instruction !
Pas de bonheur sans éthique
De l’éthique émane le bonheur, affirme Nagarjuna dans le Ratnavali.
Si l’éthique est ainsi la source incontournable de notre bonheur, présent et futur, elle devient l’urgence et la priorité.
Mais qu’est-ce que l’éthique – selon le bouddhisme ?
La définition première est que l’éthique consiste en la « volition » (facteur mental omniprésent assurant la mobilité de toute perception) de s’abstenir de comportement « non-vertueux », cad causes de souffrance, tant pour soi qu’autrui : si on tue un être, dans l’immédiat, on inflige une terrible souffrance à la victime en le privant de son bien le plus précieux : sa vie, et à plus long terme, on s’expose soi-même à divers résultats pénibles, par effet boomerang.
De ce point de vue, l’éthique fondamentale suppose de s’efforcer de s’abstenir des dix non-vertus, qui sont les aspects les plus courants et les plus grossiers des conduites néfastes du corps (ôter la vie, s’emparer de quelque chose, commettre des inconduites sexuelles), de la parole (propos mensongers, propos de discorde, propos blessants, paroles futiles) et de l’esprit (convoitise, malveillance, vues fausses consistant à nier ce qui est).
Rien que l’observance d’un point parmi les dix permet déjà d’établir de bons karmas capables d’entraîner des renaissances favorables.
Heureusement, car s’il est assez facile - en temps de paix - de s’abstenir de tuer d’autres êtres humains, c’est plus délicat vis-à-vis des animaux… Quant à éviter des pensées de convoitise ou de malveillance de s’élever dans notre esprit, … cela exige un véritable entraînement.
À un niveau plus élevé, l’instruction supérieure de l’éthique, qui est fondée sur le renoncement au samsara (cad le dégoût envers les pseudo plaisirs du samsara), concourt à l’obtention de la libération du samsara.
À un niveau encore plus élevé, l’éthique de bodhisattva, qui est fondée sur l’esprit d’Éveil et inclut toutes les conduites de bodhisattva, concourt à l’obtention de l’Éveil de Bouddha.
Autrui est premier
Avec qui que je sois où que ce soit,
Puissé-je me voir comme inférieur à tous,
Et aux tréfonds de mon cœur, les autres,
Puissé-je les chérir suprêmement !
Dans L’Entraînement de l'esprit en huit stances, le géshé kadampa Langri Thangpa Dorjé Séng-gé (1054–1123) exhorte à laisser la première place à autrui, en toutes circonstances.
Tel est l'exemple donné par tant de Maîtres dont l'humilité n'a d'égale que la simplicité. Pour n'en citer que quelques-uns : Domtönpa au XIème siècle, mes Maîtres aujourd'hui - Rinpoche, Genlags...
Exemple magnifique, mais ô combien difficile à suivre.
Y parvenir requiert d'une part de bien réfléchir d'une part aux moult inconvénients millénaires de la tendance à se considérer (soi et les siens) comme sinon le centre du monde, du moins comme prioritaire, d'autre part aux multiples bienfaits de l'altruisme.
Les langues asiatiques aident à prendre du recul par rapport à "je" roi, en ce sens qu'elles comportent en général plusieurs niveaux de langage, de l'honorifique (envers autrui) au modeste (à propos de soi), en passant par le neutre (généralités, narrations objectives, etc.).
Ainsi, quand on s'adresse à ses Maîtres, à ses parents, à des aînés, etc., l'on est censé jongler entre les termes de politesse à leur propos, et les termes de modestie envers soi et assimilés.
Le Japon (et peut-être d'autres pays d'Asie ?) a la particularité de prôner les termes de modestie non seulement pour parler de soi, mais aussi des siens, y compris ses parents et autres proches - pas quand on s'adresse à eux, mais quand on parle d'eux.
En revanche, au Tibet, si j'ai bien compris, on se doit d'utiliser à propos des parents des termes honorifiques dans les deux cas.
Deux cultures, deux sensibilités, deux visions des rapports entre les êtres.
jeudi 10 juin 2021
Eden, jeune philosophe aux multiples talents
Comme quoi la valeur, et la sagesse, n'attendent pas le nombre des années !
"J'ai commencé à être heureux quand j'ai compris qu'être heureux, ça dépendait de rien d'autre que de moi", dit ce jeune homme - ex petit chanteur à la crois de bois de 2015 à 2017.
Quelques autres vidéos également intéressantes sur sa chaîne youtube Nos Edens
Par exemple, dans la vidéo ci-dessous, Eden (à peine 18 ans...) pointe clairement la différence entre "amour" et "attachement"
vendredi 4 juin 2021
Comment faire flèche de tout bois
Le Pandit cachemirien (Khache Panchen) Śākyaśrībhadra, qui vécut de 1127 à 1225 et résida 10 ans au Tibet (1204-1214), tirait parti de toutes circonstances, conformément à l'éthique de bodhisattva.
mercredi 26 mai 2021
Vesak 2021
Message de l'UBF
Aujourd’hui est un jour particulier pour les millions de bouddhistes à travers le monde qui, durant le mois du Vesak, célèbrent la naissance, l’Éveil et le parinirvana (décès) du Bouddha Shakyamuni.
L’Union Bouddhiste de France (UBF) tient à adresser à tous ses membres, et plus généralement à tous les bouddhistes et sympathisants, ses vœux les plus chaleureux.
L’occasion est éminemment favorable pour rendre hommage au Bouddha et à ses suprêmes qualités du Corps, de la Parole (son Enseignement ) et de l’Esprit (compassion infinie, omniscience, sagesse et pouvoirs).
En cette période délicate et douloureuse pour beaucoup, l’Enseignement du Bouddha est, ô combien, porteur d’espoir. « Seule importe la Voie. / Qu’on soit homme ou femme, / Quiconque emprunte la Voie / Atteindra le nirvâna (la libération de toute souffrance) », énonce Le Samyutta Nikaya.
Ce message intemporel est plus important que jamais !
En ce jour culminant du Vesak, nous pouvons exprimer notre gratitude envers le Bouddha, le Sage des Shakya, en partageant son message de paix, de tolérance et de compassion envers tous les êtres vivants, et en agissant pour autrui avec bienveillance et solidarité.
Puissent tous les êtres accéder au bonheur et aux causes du bonheur !
Le pôle Présidence
vendredi 21 mai 2021
Le Lodjong en 7 points et l'histoire de Maitrakanyaka
Dans son commentaire de L'Entraînement de l'esprit en 7 points བློ་སྦྱོང་དོན་མདུན་མ་ (de Chekawa འཆད་ཁ་བ་ཡེ་ཤེས་རྡོ་རྗེ་, 1101-1175), Kyabje Trijang Dorjechang indique qu'une source de cette précieuse instruction est l'histoire de Maitrakanyaka (en pali Mittavindaka ; en tibétain མཛའ་བོའོ་བུ་མོ་).
La voici en très résumé :
Autrefois, dans la ville de Varanasi, vivait un riche chef de la caste des marchands maritimes, dénommé Maitra (mdza' bo), " Ami ". Comme ses collègues, son travail consistait à mener de périlleux voyages en mer pour aller chercher des pierres précieuses dans les îles.
Lorsque naquit un fils, dans l’espoir de le détourner de la dangereuse profession paternelle, les parents lui donnèrent le nom de Kanyaka, "Fille », d’où le surnom Maitrakanyaka, "Fille de Maitra".
Peu de temps après, Maitra mourut en mer. La mère éplorée fit tout ce qu'elle pouvait pour empêcher son fils de devenir à son tour capitaine, mais en vain. Maitrakanyaka ressentait l’appel du large et fermement décidé à prendre la mer, il fit secrètement des préparatifs. Alors qu’il était sur le point de quitter la maison, sa mère le surprit et elle s’agrippa à lui pour le retenir. Pour se dégager, Maitrakanyaka la bouscula, la fit chuter et il lui assena un violent coup de pied à la tête.
Quand il mourut, en résultat de ce karma noir, il chuta dans les royaumes des enfers, avec une roue de fer fichée dans sa tête qui tournoyait en lui causant d’atroces souffrances. Mais au cours de ses vies antérieures, Maitrakanyaka avait également accumulé de puissants mérites, tant et si bien qu’au lieu de le mettre en rage, la torture infligée par la roue suscita en lui une intense compassion quand il songea : « Dans les sphères du samsara, d’innombrables êtres souffrent comme moi pour avoir donné des coups de pied à la tête de leur mère. Que toutes leurs souffrances mûrissent sur moi et que je sois le seul à les supporter pour eux tous ! Que plus aucun être n'éprouve plus jamais une telle douleur dans aucune de ses vies ! »
Par la force de sa grande compassion et de ses vœux éminemment altruistes, instantanément la roue s'envola, il mourut en enfer et reprit naissance chez les devas.
Sources de l'histoire de Maitrakanyaka :
Avadana n° 36, qui illustre les conséquences du manque de respect envers les parents, et plus généralement des karma négatifs.
À propos de la pratique d'échange entre soi et autrui
jeudi 20 mai 2021
Rip Professeur Mitiku Belachew
"Le berger devenu chirurgien",
considéré comme le seigneur de l'anneau (gastrique), est décédé
le 14 avril 2021 dans sa 79ème année.
Ethiopie, Mitiku Belachew, le berger devenu chirurgien
lundi 17 mai 2021
Vesak à la Grande Pagode
Cérémonie du Vesak, organisée par l'UBF à la Grande Pagode du bois de Vincennes le 14 mai 2014.
dimanche 16 mai 2021
Vivat flamand
Pratiques de longévité
Souhaitez-vous honorer vos parents, vos grands-parents, vos enfants, des amis, et leur souhaiter "longue vie" ?
Dans ma région, le Nord de la France, il existe la charmante coutume ancienne du Vivat flamand.
Vivat vivat semper
Semper in aeternum
Qu'il vive, qu'il vive,
Qu'il vive à jamais
Répétons sans cesse, sans cesse,
Qu'il vive à jamais,
En santé en paix.
Ce sont nos souhaits.
Vivat vivat semper
Semper in aeternum
(crié) Qu'il vive !
Mode d'emploi
La personne honorée est assise.
mardi 11 mai 2021
Vesak 2021
La lunaison du Vesak débute demain (12 mai), avec pour point culminant le 26 mai, pleine lune.
Message de l'UBF à cette occasion :
lundi 3 mai 2021
La vie de Hiuan-tsang, pèlerin chinois
Film en anglais sur Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng
Biographie de Hiuan-tsang
Xuanzang / Hiuan-tsang / T'ang Seng Lama
Moine bouddhiste chinois de l'époque Tang (602-664).
En 629, il entreprit un long voyage vers les pays d'Occident. Traversant
l'Asie centrale, il gagna l'Inde et ne revint dans son pays qu'en 645,
rapportant de nombreux textes, qu'il traduisit ensuite en chinois. Le récit de
son voyage est conservé dans les Mémoires sur les pays d'Occident (Xiyouji).
Sur les traces du Bouddha de René Grousset
Hiuan-tsang ... nous le suivons pas à pas à travers l'Asie centrale et l'Inde. Au mépris des interdits impériaux, l'indomptable pèlerin, animé par sa foi, quitte secrètement la Chine en 629. Quand il rentre en 645, après avoir affronté les déserts, les montagnes, les brigands, les bêtes fauves, les maladies, l'empereur T'ai-tsong non seulement lui pardonne, mais lui offre un poste de ministre qu'il refuse pour se consacrer à ses immenses travaux de traduction. (Extrait de la 4° de couverture)
La rencontre de Hiun-tsang avec l'abbé de Nalanda (extrait)
À ces mots, Çîlabhadra ne put retenir ses larmes. Et il
fit raconter à Hiuan-tsang l’extraordinaire pressentiment qu’il avait eu
de son arrivée : Quelque temps auparavant, souffrant d’une cruelle
maladie, il avait désiré mourir. Une nuit, il vit en songe trois
divinités. Leur taille était belle et leur figure pleine de dignité, ils
étaient vêtus d’habits de cérémonie aussi légers que brillants. Le
premier était couleur d’or, le second de lapis-lazuli, le troisième
d’argent blanc. C’étaient les bodhisattva Mañjuçrî, Avalokiteçvara et
Maitreya. Ils lui étaient apparus, lui ordonnant de vivre pour répandre
au loin la Loi sainte avec la doctrine idéaliste, et d’attendre pour
cela l’arrivée d’un religieux venu de Chine auquel il enseignerait la
science. « Puisque mon arrivée, répondit Hiuan-tsang, est d’accord avec
votre ancien songe, veuillez m’instruire et m’éclairer ; mettez le
comble à ma joie en me permettant de vous montrer les sentiments d’un
disciple docile et dévoué ! »
Le pèlerin chinois avait enfin trouvé
le maître omniscient, le métaphysicien incomparable qui allait lui
révéler les derniers secrets des systèmes idéalistes. Car, avec lui,
Hiuan-tsang atteignait la pure tradition de l’École, transmise de maître
à élève par une lignée de métaphysiciens de génie. Les fondateurs de
l’idéalisme mahâyâniste, Asanga et Vasubandhu, dont la production,
d’après MM. Sylvain Lévi et Takakusu, se place au Ve siècle de notre
ère11, avaient eu pour disciple le logicien Dignaga ; Dignaga avait
formé Dharmapâla, chef de l’École de Nâlandâ, mort vers 560, et
Dharmapâla, à son tour, avait été le maître de Çîlabhadra.
C’était
donc bien tout l’héritage de l’idéalisme bouddhique que Çîlabhadra
allait assurer au monde sino-japonais, et la Siddhi, le grand traité
philosophique de Hiuan-tsang dont nous parlerons tout à l’heure, n’est
pas autre chose que la Somme de cette doctrine, l’aboutissement de sept
siècles de pensée indienne.





