mardi 24 novembre 2020

Existe-t-il une réalité extérieure à l'observateur ?

 Toujours dans le cadre du partage, un grand merci à D. B. qui m'a envoyé ce lien, 

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mardi-17-novembre-2020

Thème

La théorie quantique est-elle compatible avec l’existence d’une réalité objective, indépendante de l’observateur ? Quel est le problème entre la mesure et la réalité ? Comment la mesure de l’observateur influe-t-elle sur la réalité ? La réalité existe-elle en dehors de l’observation ?

 


Zoom

Dans le cadre d'un partage d'information, voici quelques liens vers cinq courts tutoriels vidéo en français pour mieux utiliser les fonctions Zoom. 

Un grand merci aux auteurs, canadiens.

Enregistrer une réunion (cloud ou local)

Utiliser la fonction « petits groupes »
N.B. : il faut avoir auparavant codé la fonction "petits groupes" dans les paramètres du compte zoom sur le site web officiel: https://zoom.us/profile/setting (en réunion (avancé)/ Salles en petits groupes)

Utiliser le partage d’écran (simple)

Utiliser le partage d’écran (avancé)

Programmer une réunion périodique
Cette fonction permet d’avoir toujours la même adresse Zoom pour une activité hebdomadaire donnée, sans devoir en recréer une à chaque fois.

vendredi 20 novembre 2020

Karma n'est pas fatalité

 Conférence de MS B sur "Le Karma n'est pas fatalité"

lors de la Journée Portes Ouvertes de l'institut Guépèle , le 22 Septembre 2011.

 


 

jeudi 19 novembre 2020

La non violence

 Conférence de Dagpo Rinpoché sur "La non violence, cœur du Bouddhisme", lors de journée Portes Ouvertes à l'institut Guépèle, en 2011.

 


 

mercredi 18 novembre 2020

Dialogue et respect mutuel

 Ashoka, troisième empereur Maurya (273 av. J.-C. – 232 av. J.-C.)

Extrait du 12ème décret, gravé dans un rocher :

« L'épanouissement des religions est essentiel et peut s'accomplir par divers voies, mais toutes supposent de ne pas privilégier uniquement sa propre religion ni condamner la religion d'autrui sans une grande raison. Et s'il y a motif à critique, elle doit être dite avec douceur. On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cet aspect ci ou cet aspect là. Agir ainsi bénéficie sa propre religion ainsi qu'à celle des autres. En agissant autrement, on nuit à sa propre religion ainsi qu'à celle des autres.

Quiconque célèbre sa propre religion avec une dévotion excessive et condamne les religions des autres, pense ainsi glorifier sa propre religion mais il ne fait que lui nuire gravement. C'est pourquoi le contact entre les religions est bon. Il importe que chacun écoute et respecte les doctrines professées par autrui. »



mardi 17 novembre 2020

Le "renoncement" ངེས་འབྱུང་

 Pas de pratique du Dharma sans "renoncement", au minimum aux seuls plaisirs de la vie en cours, ou mieux au samsara.


Oui, mais c'est quoi, le "renoncement"?

En fait, le terme utilisé en français pour traduire ངེས་འབྱུང་ n'est vraiment pas parlant, mais sans doute a-t-il été  choisi faute de mieux.


ངེས་ signifie "à coup sûr", "certainement".

འབྱུང་བ་ rend le sens de "sortir".

En résumé, c'est un état d'esprit - en lien avec le facteur mental vertueux "non-attachement" - qui consiste à n'avoir plus qu'un envie, sortir au plus vite du samsara, parce qu'on est désormais pleinement conscient de son abominable nature de souffrance.

Cf. Dans L’Abhidharmasamuccaya, Asanga  énonce :  

Qu’entend-on par non-attachement ? 

Vis-à-vis du samsara et des jouissances du samsara, c’est une absence d’attachement. Sa fonction est de procurer un support à une bonne abstention des mauvaises conduites.

 


mercredi 11 novembre 2020

Nous serons libres un jour

 Selon le bouddhisme, tout être a la nature de Bouddha, et obtiendra un jour l'Éveil, après avoir vaincu et éliminé tous les obstacles, qu'ils relèvent du voile des klesha (l'ignorance et autres facteurs perturbateurs) ou du voile à l'omniscience.

 C'est en ces termes que j'entends aujourd'hui cette magnifique chanson, ici interprétée par Joan Baez.

We shall overcome,
Nous vaincrons,
We shall overcome,
Nous vaincrons,
We shall overcome, some day.
Nous vaincrons, un jour

 

Oh oh, deep in my heart,
Oh oh au fond de mon cœur
I do believe
Je crois
We shall overcome, some day.
Que nous vaincrons, un jour

 

We'll shall be alright
Nous serons bien
We'll shall be alright
Nous serons bien
We'll shall be alright
Nous serons bien, un jour

 

We shall overcome,
Nous vaincrons
We shall overcome,
Nous vaincrons
We shall overcome, some day.
Nous vaincrons, un jour

 

We shall live in peace,
Nous allons vivre en paix,
We shall live in peace,
Nous allons vivre en paix,
We shall live in peace, some day.
Nous allons vivre en paix, un jour

 

Oh oh, deep in my heart,
Oh oh au fond de mon cœur
I do believe
Je crois
We shall overcome, some day.
Que nous vaincrons, un jour

 

We are not afraid,
Nous n'avons pas peur,
We are not afraid,
Nous n'avons pas peur,
We are not afraid, today
Nous n'avons pas peur, aujourd'hui

 

Oh oh, deep in my heart,
Oh oh au fond de mon cœur
I do believe
Je crois
And we shall overcome, someday
Et nous vaincrons un jour

 

We shall overcome,
Nous vaincrons
We shall overcome,
Nous vaincrons
We shall overcome, some day.
Nous vaincrons, un jour

 

Oh oh, deep in my heart,
Oh oh au fond de mon cœur
I do believe
Je crois
And we shall overcome, someday
Et nous vaincrons un jour

 



 

De l'amour

 Un magnifique hymne à l'amour

Maitri : l'une des qualités majeures du Dharma, et notamment du mahayana

 


"Glorificamus Te: Pater Omnipotens, Glorificamus te. (x3)*  

 

On m'avait dit que le bonheur était  

Un trésor à chercher.  

Je suis parti loin de ma maison,  

Très loin, très loin,  

Au-delà des contrées.  

 

Ici, là-bas et plus loin encore  

J'ai cherché, cherché, et n'ai rien trouvé, 

 Car j'ignorais que le trésor est en moi  

Et c'est Toi, mon Dieu, qui l'a déposé  

Au fond de mon coeur.  

 

(Pater omnipotens, glorificamus te ...)  


On m'avait dit que le bonheur était bien au-delà des cieux  

Je l'ai trouvé, il est près de ma maison 

Je sais enfin la vérité 

 

Je sais désormais que le bonheur  

C'est l'amour donné, c'est l'amour reçu  

C'est le partage et c'est une main tendue  

A ceux qui ont froid, à ceux qui ont faim, à ceux qui sont seuls.  

 

Pater Omnipotens, Glorificamus te (4)  

 

Alors ne cherchez pas si loin ce qui est tout auprès de vous. 

 Il suffirait d'ouvrir grand, plus grand vos yeux 

 Et surtout d'ouvrir votre coeur.  

 

Le sourire d'un tout petit enfant,  

Celui d'un vieillard qui vous tend les bras  

Ils espèrent de vous un petit peu d'amour  

Là est le bonheur, ne l'oubliez pas  

Et saisissez-le!  

 

(Pater Omnipotens, Glorificamus te...)  

 

On m'avait dit que le bonheur était bien au-delà des cieux  

Je l'ai trouvé, il est près de ma maison  

Je sais enfin la Vérité.  

 

Pater Omnipotens Glorificamus te (x2)

mercredi 4 novembre 2020

Lhabab duchen 2020


La fête de Lha bab dus chen tombe cette année le samedi 7 novembre.
 


Pour rappel :
Juste après avoir montré l'obtention de l'Eveil suprême à Bodhgaya, le Bouddha se rendit dans un monde de deva connu sous le nom de Trente-Trois, pour y dispenser des Enseignements à sa mère qui avait repris naissance là.

La fête
ལྷ་བབས་དུས་ཆེན་, le 22ème jour du 9ème mois lunaire, commémore son retour dans notre monde humain.

 
Selon la tradition, ce jour là, toutes les vertus effectuées sont multipliées par
10 millions.

dimanche 1 novembre 2020

Pourquoi les guerres ?

Message des petits chanteurs à la croix de bois (2001)

Paroles et musique : Mike Ofer
Soliste : Clément M 

Direction : Véronique Thomassin

 


 

Dites-moi pourquoi toutes ces guerres,
La haine, le sang et la misère ?
On est tous nés sur cette terre,
Pour vivre heureux comme des frères.
Dis-moi papa, pourquoi ces morts ?
Au nom de Dieu, de tous les bords ?
On viole, on tue, on assassine.
Petits et grands, on les supprime.
Dis-moi ma sœur, pourquoi tu pleures?
Au pied des tours, y'avait des fleurs.
Des hommes, des femmes et des enfants
Que nous aimerons éternellement.

Quel Dieu a dit ? Et de quel droit ?
Qu'on veut nous imposer des lois !
Sans liberté, sans espérance,
Blancs ou noirs sans différence.
Où les femmes souffrent, comme des esclaves
Et vivent l'enfer, soumises mais braves.

Et toi maman, essuie tes larmes.
Ils ont tué, ils ont des armes.
Nos âmes blessées sont en colère :
Il y a des fous qui veulent la guerre.

Criez au monde, vous les Nations :
Qu'il faut punir l'éducation
Qui prêche la haine, la mort, le sang,
Dans le désespoir des pauvres gens.
Au monde entier, nous le disons :
Il n'y a pas de religion
Qui prêche la haine, la mort, le sang.
Pourquoi tuer les innocents ?
Pourquoi détruite ?
Nous faire souffrir ?
Nous voulons vivre et ne pas mourir !

Pour toutes les femmes qui sont esclaves.
Qui vivent l'enfer, soumises mais braves.
Un jour viendra, nos fils joueront
Sans haine, ni guerres de religions.

Un jour viendra, nos fils joueront
Sans haine, ni guerres de religions.
Assez de guerres, jetez vos armes !
Plus d'orphelins, ni sang, ni larmes !
Au monde entier, à toutes les races:
New-York, elle vit et vous embrasse.
L'espoir, l'amour, la paix viendront.
Toi, LIBERTÉ, nous gagnerons.
LA LIBERTÉ, NOUS GAGNERONS.

 

Lettre de Jean Jaurès aux instituteurs 1888

La Lettre aux instituteurs et aux institutrices, de Jean Jaurès (1859-1914)

publiée dans la Dépêche de Toulouse le dimanche 15 janvier 1888

 

« Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin ils seront hommes, et il faut qu’ils aient une idée de l’homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; quel est le principe de notre grandeur : la fierté (-> fermeté) unie à la tendresse. Il faut qu’ils puissent se représenter à grands traits l’espèce humaine domptant peu à peu les brutalités de la nature et les brutalités de l’instinct, et qu’ils démêlent les éléments principaux de cette œuvre extraordinaire qui s’appelle la civilisation. Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort.

Eh quoi ! Tout cela à des enfants ! - Oui, tout cela, si vous ne voulez pas fabriquer simplement des machines à épeler. Je sais quelles sont les difficultés de la tâche. Vous gardez vos écoliers peu d’années et ils ne sont point toujours assidus, surtout à la campagne. Ils oublient l’été le peu qu’ils ont appris l’hiver. Ils font souvent, au sortir de l’école, des rechutes profondes d’ignorance et de paresse d’esprit, et je plaindrais ceux d’entre vous qui ont pour l’éducation des enfants du peuple une grande ambition, si cette grande ambition ne supposait un grand courage.

J’entends dire, il est vrai : « À quoi bon exiger tant de l’école ? Est-ce que la vie elle-même n’est pas une grande institutrice ? Est-ce que, par exemple, au contact d’une démocratie ardente, l’enfant devenu adulte ne comprendra point de lui-même les idées de travail, d’égalité, de justice, de dignité humaine qui sont la démocratie elle-même ? » — Je le veux bien, quoiqu’il y ait encore dans notre société, qu’on dit agitée, bien des épaisseurs dormantes où croupissent les esprits. Mais autre chose est de faire, tout d’abord, amitié avec la démocratie par l’intelligence ou par la passion. La vie peut mêler, dans l’âme de l’homme, à l’idée de justice tardivement éveillée, une saveur amère d’orgueil blessé ou de misère subie, un ressentiment et une souffrance. Pourquoi ne pas offrir la justice à des cœurs tout neufs ? Il faut que toutes nos idées soient comme imprégnées d’enfance, c’est-à-dire de générosité pure et de sérénité.

Comment donnerez-vous à l’école primaire l’éducation si haute que j’ai indiquée ? Il y a deux moyens. Il faut d’abord que vous appreniez aux enfants à lire avec une facilité absolue, de telle sorte qu’ils ne puissent plus l’oublier de la vie et que, dans n’importe quel livre, leur œil ne s’arrête à aucun obstacle. Savoir lire vraiment sans hésitation, comme nous lisons vous et moi, c’est la clef de tout. Est-ce savoir lire que de déchiffrer péniblement un article de journal, comme les érudits déchiffrent un grimoire ? J’ai vu, l’autre jour, un directeur très intelligent d’une école de Belleville, qui me disait : « Ce n’est pas seulement à la campagne qu’on ne sait lire qu’à peu près, c’est-à-dire point du tout ; à Paris même, j’en ai qui quittent l’école sans que je puisse affirmer qu’ils savent lire. » Vous ne devez pas lâcher vos écoliers, vous ne devez pas, si je puis dire, les appliquer à autre chose tant qu’ils ne seront point par la lecture aisée en relation familière avec la pensée humaine. Qu’importent vraiment à côté de cela quelques fautes d’orthographe de plus ou de moins, ou quelques erreurs de système métrique ? Ce sont des vétilles dont vos programmes, qui manquent absolument de proportion, font l’essentiel.

J’en veux mortellement à ce certificat d’études primaires qui exagère encore ce vice secret des programmes. Quel système déplorable nous avons en France avec ces examens à tous les degrés qui suppriment l’initiative du maître et aussi la bonne foi de l’enseignement, en sacrifiant la réalité à l’apparence ! Mon inspection serait bientôt faite dans une école. Je ferais lire les écoliers, et c’est là-dessus seulement que je jugerais le maître.

Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale, il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’homme primitif à l’homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! et comme il est aisé à l’instituteur, en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine !

Seulement, pour cela, il faut que le maître lui-même soit tout pénétré de ce qu’il enseigne. Il ne faut pas qu’il récite le soir ce qu’il a appris le matin ; il faut, par exemple, qu’il se soit fait en silence une idée claire du ciel, du mouvement des astres ; il faut qu’il se soit émerveillé tout bas de l’esprit humain, qui, trompé par les yeux, a pris tout d’abord le ciel pour une voûte solide et basse, puis a deviné l’infini de l’espace et a suivi dans cet infini la route précise des planètes et des soleils ; alors, et alors seulement, lorsque, par la lecture solitaire et la méditation, il sera tout plein d’une grande idée et tout éclairé intérieurement, il communiquera sans peine aux enfants, à la première occasion, la lumière et l’émotion de son esprit. Ah ! sans doute, avec la fatigue écrasante de l’école, il vous est malaisé de vous ressaisir ; mais il suffit d’une demi-heure par jour pour maintenir la pensée à sa hauteur et pour ne pas verser dans l’ornière du métier. Vous serez plus que payés de votre peine, car vous sentirez la vie de l’intelligence s’éveiller autour de vous.

Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement aux enfants que de le rapetisser. Les enfants ont une curiosité illimitée, et vous pouvez tout doucement les mener au bout du monde. Il y a un fait que les philosophes expliquent différemment suivant les systèmes, mais qui est indéniable : « Les enfants ont en eux des germes, des commencements d’idées. » Voyez avec quelle facilité ils distinguent le bien du mal, touchant ainsi aux deux pôles du monde ; leur âme recèle des trésors à fleur de terre : il suffit de gratter un peu pour les mettre à jour. Il ne faut donc pas craindre de leur parler avec sérieux, simplicité et grandeur.

Je dis donc aux maîtres, pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine en quelques années œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence il y aura un sommet, et, ce jour-là, bien des choses changeront. »


Sénèque (? - 65)

 Ô la vile chose et abjecte que l’homme, s’il ne s’élève au-dessus de l’humanité !

 

C'est-à-dire, je suppose, si on se contente de la nature imparfaite des agrégats souillés d'un être humain ordinaire du samsara, régi par les poisons de l'esprit - à commencer par l'ignorance, l'attachement et l'aversion.

Temps de dégénérescence

IIème siècle

Dans le Rajaparikatharatnamala (Guirlande de conseils au roi), Nagarjuna exhorte son interlocuteur à favoriser et subventionner écoles et enseignants (c'est-à-dire la culture ?) :

            À l'intérieur du territoire, pour chaque école, recrute des professeurs 

            et octroie des terres. Œuvre ainsi de manière à épanouir les connaissances.

 

Première moitié du XXème siècle

Quand d'aucuns suggérèrent à Winston Churchill (1874-1965) de couper dans le budget de la culture pour aider l’effort de guerre, il aurait juste répondu : « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? »

 

2020, fin octobre, France

En période d'inquiétante pandémie et d'abominables crimes terroristes (dus à l'ignorance et ses corollaires : attachement aversion => fanatisme), les règles d'un deuxième confinement stipulent l'ouverture uniquement des commerces "essentiels", dont ... les bureaux de tabac (Cf. D'après une estimation publiée dans la Revue du praticien (estimation de Catherine Hill, directrice du service d'épidémiologie des cancers de l'Institut Gustave Roussy), le nombre de décès attribuables au tabac serait de 73.000 par an en France en 2019).

 
En revanche, les libraires et autres vecteurs de la culture désormais considérée  comme un luxe superflu doivent rester fermés.

 

Décadence ? Dégénérescence ?


France - quelques chiffres
Estimation au 28 octobre 2020 : 35.785 décès attribués à la Covid-19.

2019 : le nombre de décès attribuables au tabac serait de 73.000 par an, d'après une estimation publiée dans la Revue du praticien (estimation de Catherine Hill, directrice du service d'épidémiologie des cancers de l'Institut Gustave Roussy), 

 

Bref, ... 

 

Lu sur une page Facebook

Gilles Vigneault, poète et chanteur québécois
 
L'après se prépare maintenant
 
"Je ne me considère pas comme un oracle ou quelqu’un de sage. Enfin, sage : peut-être la semaine prochaine ! Mais je suis une personne à risque, j’ai 91 ans, c’est la seule chose qui me donne le droit de parler…
 
Ce que je fais aujourd’hui ? Eh bien, le Bouddha a dit : “Fais ce que tu fais d’habitude, en ayant beaucoup d’empathie.” Bouddha, j'en ai une statue dans mon jardin. Des fois, je vais la voir... Et je lui pose des questions. C’est drôle, elle me répond ! Elle me dit : “Pense à l’autre.” Elle me dit : “Tu es dans l’impermanence.” Je pense que c’est ce que la pandémie nous a laissé de plus précieux : nous ne serons plus les mêmes, comme nous n’avons plus été les mêmes après la bombe atomique. Aujourd’hui, il faut des réflexions qui ne soient pas toujours conduites par les taux d’intérêt et l'argent. Des fois, je me dis : “Est-ce que nous méritons la Terre ?”
 
Si je m’ennuie ? Je ne m’ennuie jamais ! L’expression “je m’ennuie” a une curieuse signification pour moi, c’est pronominal, ça rebondit sur le pronom : je suis celui qui ennuie moi ! Quand tu fais face à ça, tu te dis : “Je vais attendre que les autres m’ennuient, et là je vais me plaindre !” Je ne m’ennuie jamais. Je rêve beaucoup. Il m’arrive de parler. Mais il m’arrive beaucoup, beaucoup plus de me taire ! C’est simplement un exercice de préparation pour plus tard, c’est du rodage…
 
Ça ne sert à rien de se confiner à écouter la peur… La peur ! On la connaît, la peur. Elle arrive, laide comme un pou, on lui dit qu’elle est laide, elle retourne se maquiller et revient belle comme une déesse des variétés : faut jamais se laisser abuser par la peur !
 
C’est bien de prier ! Mais on ne peut pas se confier qu’aux prières. Quand on se confie aux prières, on donne le job à quelqu’un d’autre. Mais quand on se confie à soi-même, là on est à l’ouvrage !
 
On apprend qui nous sommes dans cette pandémie, on apprend que nous sommes tous devenus responsables de nous, et du voisin. C’est extraordinaire. Ça ne nous est jamais arrivé avant. C’est un moment de réflexion, de réalisation de ce qu’est la planète, de ce qu’on est… C’est la première fois dans l’histoire de la Terre habitée qu’on a une photographie instantanée de nous-mêmes. Et chacun de nous peut faire un selfie : c’est un immense miroir qui nous dit qui nous sommes et ce que nous faisons sur cette Terre. Qui nous dit d’où nous venons. Qui nous demande : “Êtes-vous digne de cette planète ?” Et on ne sait pas trop quoi répondre. C’est la première fois qu’on a une photographie qui nous renvoie notre image : est-ce qu’on continue comme ça ? Oui, il faut penser à l’autre, l’autre juste à côté… L’autre qu’on a un peu oublié…
 
Réfléchir, c’est fléchir le genou de nouveau, s’apercevoir qu’on s’est trompé. Réfléchir, c’est s’arrêter… Il y aura un après, il en est sûr. Mais l’après se prépare maintenant.
 
Alors le Bouddha m’a dit ce matin : “Que fais-tu aujourd’hui ?” J’ai répondu : “Du sirop !” Il m’a dit : “Continue et donnes-en à tout le monde…”"
 
Gilles Vigneault, poète-acériculteur québécois

samedi 31 octobre 2020

Projet de loi contre le séparatisme

Idées loufoques en ce jour d'Halloween 2020

 

Et si au lieu d'une loi "contre" le séparatisme, on essayait de concevoir une loi "pour" une meilleure intégration ?

Et si au lieu de tabler sur le contrôle renforcé des flux financiers venus de l'étranger (un couteau ne coûte pas bien cher...), on misait sur un renforcement de l'instruction, notamment de l'instruction civique ? De préférence dès la crèche ! Car la meilleure période pour apprendre et assimiler est de 0 à 3 ans. 

Et si au lieu d'attendre le passage à l'acte (attentat terroriste, féminicide ou autres), on prenait l'habitude d'intervenir au premier signe ? En (ré)éduquant.

Oui, oui. C'est plus facile à dire qu'à faire. 

Oui, oui. Il est impossible d'améliorer le samsara de l'intérieur, la seule vraie solution étant la libération, bref l'éveil.

Mais 

Ce n'est pas parce que prendre un repas ne va pas nous rassasier à vie qu'il faudrait cesser de manger quand on a faim. 

=> Même s'il est impossible de rendre parfaite la société humaine, mieux vaut la rendre aussi paisible et prospère que possible. 

Et là, le meilleur outil est sans nul doute l'instruction, sur fond d'éthique. Et de respect.

samedi 24 octobre 2020

Samsara et nirvana sont en nous

L’Enseignement du Bouddha n’est pas loin, il est dans notre propre cœur, il est tout près. L'éveil n’existe pas en dehors de nous. Où donc pourrions-nous le trouver sinon à l’intérieur de nous-mêmes ! Qu’il s’agisse d’illusion ou d’illumination, c’est de l’illusion ou de l’illumination de notre propre cœur qu’il s’agit. 


Kūkai (774-835), également connu sous le nom de Kōbō-Daishi, est le  fondateur de l'école bouddhiste ésotérique Shingon au Japon.

Les quatre détachements

Le grand maître sakyapa Sachen Kunga Nyingpo résume la voie spirituelle en quatre énoncés :

Qui est attaché à cette vie n'est pas un pratiquant.
Qui est attaché au samsara n'a pas le renoncement.
Qui est attaché à son propre bien n'a pas l'esprit d'Eveil.
Qui a la saisie (du soi) n'a pas la vue (de la vacuité).

lundi 19 octobre 2020

Le Bouddha et les femmes

Seul importe le Véhicule. 
Qu’on soit homme ou femme
Quiconque prend le Véhicule 
Atteint le nirvâna.

(Samyutta Nikaya, I, 5, 6)

vendredi 9 octobre 2020

The Buxa Lama documentaire

 This documentary is about those 1500 Tibetan Monks from Drepung Monastery who escaped from Tibet from the Chinese occupation and their initial struggle to reestablish the monastic institutes and learning centers during the early days of exile at a place called Buxa Fort, on the grounds of the jungle-bound former prison camp located in West Bengal near Bhutan.

 

Un grand merci à M. N. pour le lien !

 


Documentaire sur l'implantation des moines tibétains érudits à Buxa, dans le Bengale occidental, sur le site d'une ancienne prison britannique de haute sécurité, dans une région au climat très malsain.

Ce fut une hécatombe. De nombreux réfugiés attrapèrent la tuberculose et beaucoup en moururent...

Certains moines lettrés furent ensuite redirigés vers Kalimpong, au climat beaucoup plus adapté aux Tibétains. 

En 1970, lors de l'installation de plusieurs camps de réfugiés tibétains dans le Kanartaka,  à Mundgod, dans l'état du Karnataka, outre les villages de laïcs, se constituèrent plusieurs villages monastiques. Les moines comme les laïcs travaillèrent dur au défrichement et à la mise en culture des parcelles de terre allouées.
Les parcelles des moines étaient plus petites, du fait de leur célibat - mais cela posa rapidement des problèmes, car à l'époque, les monastères jouèrent le rôle d'orphelinat.


À Mundgog :
Lama Camp n° 1 : monastère de Ganden + un monastère nyingma

Lama Camp n° 2 : monastère de Drepung + un monastère sakya

+ À date plus récente, le monastère de Ratö s'est établi non loin de celui de Drepung.) 

 

À Bylakuppe, plus au Sud :

Monastère de Sera + un monastère kagyu.

+ À date plus récente, le monastère de Tashilhunpo.

+ à Hunsur (non loin de Mysore), le monastère de Gyudmed.


vendredi 2 octobre 2020

Le deuil

Émission Sagesses Bouddhistes diffusée le 10 mai 2020

Comment faire face au deuil 

Invité : Christophe Fauré

 Réalisation : Michel Baulez 

Présentation : Aurélie Godefroy

Cette émission aborde un sujet grave et sensible, celui du deuil. Comment l’appréhender, comment en franchir les différentes étapes, le vivre, de quelle manière l’entourage peut apporter son aide… 



Hommage à Manjushri

 Hommage au Bouddha de la sagesse, Manjushri

 

Psalmodie traditionnelle



Interprétation plus moderne




jeudi 1 octobre 2020

La solitude des aînés :-(

 Merci aux Petits Frères des pauvres d'essayer d'attirer l'attention sur le sort des aînés en ces temps de prospérité et de "progrès"...

En temps "normal", la solitude est hélas déjà le triste lot d'un trop grand nombre de personnes âgées, et depuis mars dernier et le confinement, la situation s'aggrave ! :-(






Comment sortir du samsara

 

La maladie doit être discernée, et sa cause rejetée ;


la santé doit être recouvrée, et le remède absorbé.


De même, la souffrance, l'origine, la cessation 

tout comme le chemin


Sont à discerner, rejeter, réaliser 

ou encore appliquer.

 

(Uttaratantra)

Qu'attendre des Bouddhas ?

 

Les Mouni ne nettoient pas les fautes avec de l’eau ;

Ils n’ôtent pas de la main  les souffrances des êtres ;

Ils ne transfèrent pas à autrui leurs réalisations.

Ils libèrent en enseignant la vraie nature des choses. 

 

 (Udanavarga Vivarana )

Méditer les quatre attentions

Dans le Soutra des quatre attentions, Satipaṭṭhānasutta , le Bouddha explique comment maintenir l'attention au corps, aux sensations, à l'esprit, les formations mentales, en vue d'atteindre la libération.

D'autres soutras abordent les mêmes thèmes, sous des angles différents.
Ainsi, le Soutra de celui qui connaît l'art de vivre seul dont voici un extrait posté sur le site de la Maison de l'Inspir.

Ainsi ai-je entendu.
Un jour, le Bouddha demeurait au monastère d’Anathapindika dans le parc Jeta près de Savatthi.
Il fit venir les moines et leur dit: “Moines!”
Et les moines répondirent : “Nous sommes là.”

Le Très Honoré dit:
“Je vais vous enseigner ce que signifie ”savoir vivre seul”.
Pour commencer, je vais donner un aperçu de l’enseignement puis je continuerai par une explication détaillée. Moines, écoutez attentivement.”
“Nous écoutons, Très Honoré.”

Le Bouddha enseigna:
“Ne poursuivez pas le passé.
Ne vous perdez pas dans le futur.
Le passé n’est plus.
Le futur n’est pas encore.
Regardez attentivement la vie maintenant.
Le pratiquant demeure stable et libre.
Soyons diligents aujourd’hui, demain il sera trop tard.
La mort vient sans prévenir,
et l’on ne marchande pas avec la mort.
Qui sait demeurer nuit et jour dans la pleine conscience est appelé par le Bouddha :
“Celui qui connaît l’art de vivre seul.”

“Moines, qu’entendons-nous par poursuivre le passé ?
Lorsque quelqu’un pense à ce qu’étaient son corps, ses sensations, ses perceptions, ses facteurs mentaux, sa conscience dans le passé; lorsqu’il pense ainsi et qu’il commence à s’attacher à ces choses du passé, alors cette personne est entrain de poursuivre le passé.

“Moines, qu’entendons-nous par ne pas poursuivre le passé ? Lorsque quelqu’un pense à ce qu’étaient dans le passé son corps, ses sensations, ses perceptions, ses facteurs mentaux, sa conscience, lorsqu’il pense ainsi et qu’il ne commence pas à s’attacher à ces choses du passé, alors cette personne ne poursuit pas le passé.”

“Moines, qu’entendons-nous par se perdre dans le futur ?
Lorsque quelqu’un pense à ce que seront son corps, ses sensations, ses perceptions, ses facteurs mentaux, sa conscience dans le futur; lorsqu’il pense ainsi et qu’il commence à s’attacher et à rêver à ces choses qui appartiennent au futur, alors on peut dire qu’il se perd dans le futur.

“Moines, qu’entendons-nous par ne pas se perdre dans le futur ? Lorsque quelqu’un pense à ce que seront son corps, ses sensations, ses perceptions, ses facteurs mentaux, sa conscience dans le futur, lorsqu’il pense ainsi et qu’il ne commence pas à s’attacher et à rêver à ces choses qui appartiennent au futur, alors on peut dire qu’il ne se perd pas dans le futur.”

 “Moines, qu’entendons-nous par être emporté par le présent?
Quand une personne n’apprend rien et ne sait rien de ce qui concerne l’Éveillé, les pratiques de transformation et la communauté, ne connaît rien de ce qui concerne les sages et leurs enseignements ou ne pratique pas ceux-ci, quand cette personne pense: “Ce corps est moi, je suis ce corps, Ces sensations sont moi, je suis ces sensations. Cette perception est moi, je suis cette perception. Ce facteur mental est moi, je suis ce facteur mental. Cette conscience est moi, je suis cette conscience,” alors cette personne est emportée par le présent.

“Moines, qu’entendons-nous par ne pas être emporté par le présent ?
Quand une personne apprend et connaît ce qui concerne l’Éveillé, les pratiques de transformation et la communauté, connaît ce qui concerne les sages et leurs enseignements ou pratique ceux-ci, quand une personne ne pense pas :
“Ce corps est à moi, je suis ce corps, Ces sensations sont à moi, je suis ces sensations. Cette perception est à moi, je suis cette perception. Ce facteur mental est à moi, je suis ce facteur mental. Cette conscience est à moi, je suis cette conscience,” alors cette personne n’est pas emportée par le présent.”

“Ainsi, je viens de vous donner un aperçu et des explications sur ce que veut dire Celui qui sait vivre seul.”

Après que le Bouddha eut terminé cet enseignement, les moines furent enchantés de le mettre en pratique.

samedi 5 septembre 2020

La Roue de la vie (Bhavacakra)


Peinte sur les portails des temples et des monastères, la Roue de la vie résume l'errance des êtres que leurs karma retiennent dans les cycles des naissances et des morts.

Dans le cercle au centre, les trois poisons de l'esprit sont représentés par un porc noir qui symbolise l’ignorance ; un serpent vert, la haine ; un coq rouge, l'attachement (et/ou l’orgueil).

Le deuxième cercle est divisé verticalement en deux moitiés où sont représentées les deux voies contraires : la voie ‘blanche’, ascendante, des actes méritoires ; la voie ‘noire’, descendante, des actes déméritoires.

Le troisième cercle est divisé en six rayons où sont représentées les six classes d'êtres.

Le quatrième et dernier cercle est divisé en douze segments où sont représentées douze scènes du processus de coproduction, en commençant par le haut et dans le sens des aiguilles d’une montre :
1.     Un vieil homme aveugle cherche son chemin à tâtons en s'appuyant sur un bâton : l'ignorance 
2.     Un potier fabrique un vase sur un tour : les formations karmiques 
3.     Un singe saute de branche en branche pour saisir un fruit : la conscience. 
4.     2 (parfois 5) hommes sur une barque -: le nom et la forme.
5.     Une maison vide à 6 fenêtres : les 6 sphères de connaissance 
6.     Un couple enlacé : le contact (rencontre des sens avec leurs objets)
7.     Un homme la main sur une flèche fichée dans son oeil : la sensation. 
8.     Un homme se désaltère : la soif
9.     Un singe ou un homme cueillant un fruit : l'avidité (la saisie) 
10.   Une femme enceinte : le devenir 
11.   Une femme qui accouche : la naissance 
12.   Un homme emporte un cadavre vers le lieu de crémation : la vieillesse et la mort

Yama, le seigneur de la mort, tient la roue dans ses griffes et ses crocs.
Mais dans l'angle supérieur droit, Bouddha, serein, montre la voie de délivrance et symbolise l'Eveil.