C'est par la foi que l'on peut traverser les courants.
Et c'est par la sagesse que l'on obtient la pureté.
Paroles prêtées au Bouddha.
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
C'est par la foi que l'on peut traverser les courants.
Et c'est par la sagesse que l'on obtient la pureté.
Paroles prêtées au Bouddha.
Condamnation des violences au Myanmar depuis le 1er février 2021
L’Union bouddhiste de France (UBF), fédération qui rassemble la très grande majorité des traditions bouddhistes présentes en France, condamne fermement toutes les violences commises au Myanmar depuis la prise de pouvoir par le général Min Aung Hlaing le 1er février 2021.
Le Myanmar est un pays à forte tradition bouddhiste. Il est particulièrement choquant que les chefs militaires professent leur allégeance au bouddhisme tout en tuant des gens et en violant les droits de l’homme de la population du Myanmar.
Rien ne justifie une telle brutalité de la part de ceux qui sont chargés de maintenir l’ordre public. En tant qu’organisation bouddhiste attachée aux valeurs éthiques universelles que sont la paix, la non-violence, la justice et les droits de l’homme, nous condamnons ces faits et implorons du fond du cœur ceux qui exercent actuellement l’autorité d’arrêter immédiatement ce déchainement de violence.
L’Union Bouddhiste de France, au nom des grands principes démocratiques et des valeurs bouddhistes que nous partageons avec le peuple birman, demande solennellement au pouvoir en place au Myanmar, de cesser de tuer des civils non armés, de libérer tous ceux qui ont été arbitrairement emprisonnés et de rétablir dans leurs fonctions constitutionnelles les dirigeants démocratiquement élus.
Le pôle « Présidence »
Les querelles ne dureraient pas longtemps si le tort n’était que d’un côté.
(François de La Rochefoucauld ; 1613-1680)
La pratique bouddhiste se décline en : étude, réflexion, méditation ཐོས་བསམ་སྒོམ་གསུམ་.
Comme l'énumération l'indique, la première étape est "l'étude" ཐོས་པ་, plus littéralement "l'écoute", car la transmission orale est essentielle, et historiquement, l'écriture n'a été inventée que bien après l'apparition du langage articulé. D'ailleurs, encore aujourd'hui, des langues ne sont pas écrites, ou ne l'ont été que récemment, ce qui n'a nullement empêché les populations concernées d'avoir des civilisations riches et de se transmettre leurs valeurs de génération en génération.
Bref, qui souhaite s'engager dans une pratique du bouddhisme se doit de commencer par une étude - pas forcément très détaillée, mais juste et complète.
Encore faut-il s'entendre sur le sens accordé aux mots "étude" ou "écoute".
Il semble que l'histoire/le samsara se répète ! Même Socrate s'y serait laissé prendre. :-)
À causes similaires, effets similaires.
C'est la décadence, les enfants n'obéissent plus, le langage s'abîme, les mœurs s'avachissent. Puisse venir le jour où l'humanité coupable finira, où les enfants ne naîtront plus, où tout bruit cessera sur la terre, où il n'y aura plus à lutter contre toutes les nuisances.
Ipuwer de Gizeh, sage de l'Égypte pharaonique, 3000 ans avant l'ère chrétienne.
Cité par Polybe, historien grec vivant vers 200-120 ans avant Jésus.-Christ.
La jeunesse d'aujourd'hui est pourrie jusqu'aux tréfonds, mauvaise, irréligieuse et paresseuse. Elle ne sera jamais comme la jeunesse du passé et sera incapable de préserver notre civilisation.
Tablette d’argile babylonienne qui daterait de plus de 3000 ans
Ils manqueront d'égards et de respect pour leurs parents, sitôt qu'ils vieilliront et durement, sans redouter la justice divine, ils les accableront des plus cruels reproches au lieu de prendre soin de leur vieillesse. Je n'ai plus aucun espoir en l'avenir de notre pays si les jeunes d'aujourd'hui doivent être les dirigeants de demain, car ils sont insupportables, inconscients voire effrayants. Si l'avenir de notre peuple est entre les mains de la jeunesse frivole d'aujourd'hui, il y a de quoi désespérer. Cette jeunesse se conduit avec une suffisance vraiment intolérable. Elle croit avoir la science infuse. Quand moi j'étais jeune, on nous apprenait les bonnes manières et le respect que l'on doit à ses parents. Mais la nouvelle génération n'a de cesse de contester et elle veut avoir raison. Il est un fait certain que les jeunes sont d'une extrême insouciance.
Les travaux et les jours d’Hésiode de Thèbes, poète grec du milieu du Vllle siècle av. J.C.
Les jeunes d'aujourd'hui aiment le luxe, méprisent l'autorité et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu'un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d'engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans.
Socrate, 470-399 av. J.C.
Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois, parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté et toute jeunesse, le début de la tyrannie.
Platon, vers 427 - 348/347 av. J.C.
Les jeunes d'aujourd'hui aiment le confort, l'argent et la paresse par-dessus le marché. Ils ne veulent plus se marier ou, s'ils sont mariés, élever une famille. C'est tout au plus s'ils consentent à avoir un ou deux enfants, afin de mieux savourer le moment présent.
Polybe, vers 200-120 av. J.C.
Ne désire pas de résultat dans cette vie !
Ce qui est fait par intérêt pour cette vie
N’est pas bénéfique pour les vies suivantes.
Intéresse-toi aux vies suivantes !
Cela suscitera des résultats dans cette vie.
(Extrait du Tantra de Guyhasamaja)
Au fond, qu'est-ce que l'éthique, sinon le respect, de soi et d'autrui ainsi que de l'environnement ?
Le Bouddha prône ainsi avec insistance le respect envers les êtres animés et ce dont ils ont besoin pour vivre, à commencer par le monde qui leur sert d'habitat. Il déconseille toute exploitation excessive tant des êtres que des ressources naturelles.
Pour prendre un exemple, dans un discours adressé aux moines, le Bouddha recommande de ne pas couper exagérément de bois, d'une part parce que les arbres abritent des myriades d'insectes, d'autre part pour éviter une déforestation susceptible d'avoir des effets pervers sur le climat. Souvent aussi il met en garde contre la pollution du sol, de l'air ou de l'eau, dont la pureté est vitale pour tous.
Selon le bouddhisme, l'état dans lequel se trouve un environnement résulte des karmas, disons en simplifiant des actes, des êtres qui vivent dans cet environnement. Il est donc essentiel que chacun ait à cœur d'en prendre soin et de le préserver.
La logique impose de remonter à la source, c’est à dire à l’exemple fondateur donné par le Bouddha Shakyamouni il y a environ 2600 ans. L’histoire – d’aucuns diraient la légende, mais peu importe, car cela n’altère pas le sens, au contraire – rapporte qu’à la naissance du jeune prince Siddharta, les astrologues prédisent à l’enfant une carrière exceptionnelle, soit en tant qu’empereur universel (cakravartin), soit en tant qu’Eveillé, cad bouddha. Le roi Suddhodana qui tient à assurer sa succession s’ingénie à faire de son fils un souverain éclairé, mais à 29 ans, juste après la naissance de son fils Rahula, Siddharta ayant prouvé sa virilité et rempli son devoir en assurant la descendance, quitte nuitamment le palais. Pour marquer symboliquement son départ du monde profane et de ses objets de jouissance, dont le pouvoir et ses attributs, il coupe sa longue chevelure. Après six années de recherche spirituelle et de rudes ascèses, il acquiert la conviction qu’il faut suivre la voie du milieu, en rejetant les vues et les conduites extrêmes, et il obtient l’Eveil.
Gautama Bouddha, également connu sous le nom de Shakyamouni, consacre désormais sa vie, qui durera encore 45 ans, à dispenser son Enseignement, qui n’est pas une religion révélée, mais une voie spirituelle fondée sur l’éthique (y compris le respect de soi, d’autrui, de l’environnement) et la notion de karma[1]. C’est une méthode qui vise à se délivrer de la souffrance en en éliminant les causes, à commencer par l’ignorance flanquée de l’attachement et de l’aversion, et à atteindre le bonheur en en établissant les causes, telles que l’éthique, la sagesse, l’amour et la compassion.
Le Bouddha invite ses disciples à suivre son exemple et à se défaire de toute forme d’attachement et d’avidité pour les objets de jouissance de cette vie, en vue d’atteindre l’Eveil. Il prône l’esprit critique et exhorte ses disciples à ne pas le croire pour la seule raison qu’il serait le Bouddha, mais à réfléchir, vérifier et comprendre par eux-mêmes :
Ô moines, n'acceptez pas ma parole
Par simple respect, mais après l'avoir examinée
Comme on éprouve l'or
En le chauffant, le coupant et le frottant.
N’accordez pas votre confiance à l’individu mais à son enseignement.
N’accordez pas votre confiance aux mots mais à leur signification.
N’accordez pas votre confiance au sens provisoire (qui doit être interprété) mais au sens certain.
N’accordez pas votre confiance à la conscience ordinaire mais à la sagesse.
(Catuh-pratisarana énoncés dans le Sutra du Mahaparanirvana.)
Le Bouddha organise la communauté religieuse selon le critère d’ancienneté, sans tenir compte de l’origine sociale ni de la caste. Les décisions sont prises de préférence à l’unanimité, sinon à la majorité. A peine six ans après sa fondation, le Bouddha y admet des femmes, à peu près en même temps que le jaïnisme. Outre les moines et nonnes, il a également de nombreux disciples laïques, dont des rois et des ministres.
[1] Le terme karma a plusieurs acceptions. En très résumé, selon le bouddhisme, tout ce que l’on fait, par le corps, la parole et l’esprit, comporte des karma de nature mentale qui au fur et à mesure imprègnent l’esprit de karma en tant que potentialités, susceptibles d’entraîner divers résultats dont les sensations, les renaissances, etc.
Version la plus courante, mais pas unique
Blanc : purification, pureté, activités d'apaisement
Remède à l'ignorance
Jaune : accroissement, épanouissement, activités de développement
Remède à l'orgueil et l'avarice
Bleu : maîtrise de soi et d'autrui, activités de domination
Remède à l'aversion (irritation, colère)
Rouge : activités de domination
Remède à l'attachement
Vert : toutes les activités
Remède à la jalousie
Une khata est une écharpe traditionnelle de cérémonie utilisée au Tibet et dans la sphère d'influence tibétaine : Mongolie, Bhoutan, Népal, diaspora.
L'usage d'offrir des khata a été institué au
Tibet lors de l'introduction du bouddhisme depuis l'Inde, en lieu et place des
guirlandes de fleurs.
Les Tibétains ont observé les Indiens faire de nombreuses offrandes de fleurs dans
les temples et en toutes occasions
festives ou solennelles.
Mais voilà, le climat tibétain est rude et les fleurs sont rares. D'où
l'invention de ces écharpes de cérémonie, en soie ou en coton.
Les khatas sont majoritairement en fils de soie très fins ou en fils de coton naturel. Elles comportent souvent les huit symboles de bon augure tissés dans sa trame.
La tradition consiste à offrir une khata à un hôte lors d’occasions diverses, publiques ou privées, comme un mariage, une fête, une naissance, des funérailles ou encore une remise de diplôme.
Recevoir une khata est une marque de bon présage, de pureté et de compassion. C’est un acte de courtoisie et/ou de bénédiction.
Les khatas se déclinent en diverses couleurs, avec une prédominance du blanc au Tibet, et du bleu en Mongolie
Emission Voix Bouddhistes du 3 Juin 2007, France 2.
Invité : Vénérable Dagpo Rimpoche
Journaliste : Catherine Barry
Le terme "nirvana" signifie littéralement "être passé au-delà de la souffrance" (du samsara).
"Nirvana" désigne donc une libération, issue de l'élimination de la souffrance, au travers de l'élimination des causes de la souffrance, dont principalement l'ignorance en tant que saisie d'un soi inhérent.
Pour simplifier, disons qu’on admet principalement trois types de nirvana :
- Le nirvana « avec reste » et et le nirvana « sans reste » sont atteints par tous les arhats, qui se sont libérés du samsara en éliminant l'attachement, l'aversion et l'ignorance.
Le « reste » désigne soit la persistance du corps impur jusqu'à la mort de l'arhat, soit la dualité entre sujet percevant et objet perçu qui persiste hors concentration sur le non-soi.
- Le nirvana « sans demeure » est atteint par les Bouddhas qui, bien que libérés du samsara, y reprennent forme pour venir en aide à autrui - c'est le cas, par exemple, des Dalaï-lama, émanations d’Avalokiteshvara, Bouddha de compassion.
Le « nirvana sans demeure » (ou non fixé) qualifie un nirvana qui ne demeure ni dans le samsara, ni dans le nirvana personnel.
N.B. Nirvana et samsara sont de la même nature de vacuité sur le plan ultime.
S'il y a une solution,
Pourquoi s'inquiéter ?
S'il n'y a pas de solution,
Pourquoi s'inquiéter ?
=> En cas de difficulté, plutôt que ruminer et se désespérer, mieux vaut regarder s'il y a une solution pour s'en sortir, et si oui, l'appliquer.
Par exemple, si on est malade, ne pas tarder à consulter puis suivre le traitement.
Si on perd son travail, faire un bilan des compétences, et éventuellement faire une reconversion.
Une difficulté apparente peut être une opportunité pour aller vers de nouvelles activités.
De manière générale, le bouddhisme offre un large éventail de réflexions et méditations
- sur la précieuse existence humaine disponible et qualifiée : prendre conscience de la chance qu'on a et des atouts dont on dispose
- sur l'impermanence (grossière et subtile) : il est normal, et inévitable, que les choses changent.
- sur la loi de causalité, c.a.d. les karmas et leurs résultats (maturité, concordance avec la cause, environnement)
=> Prise de responsabilité personnelle, mais aussi grande liberté : on est le principal artisan de sa (ses) vie(s)
Outil principal : éthique, qui suppose de recourir à la sagesse/discernement
* Quand ça va bien : méditer l'amour : "Puissent tous les êtres accéder au bonheur et aux causes du bonheur ! Puissé-je faire le nécessaire !".
* Quand ça ne va pas bien : méditer la compassion : 'Puissent tous les êtres échapper à la souffrance et aux causes de la souffrance ! Puissé-je faire le nécessaire !".
=> En adoptant une telle vision des choses, on n'est plus victime
(passif), mais acteur (actif).
Cela permet de tirer parti de toutes circonstances, et d'éviter de sombrer dans
la paresse (qui peut revêtir trois aspects : fainéantise, démoralisation, mais aussi ... énergie mal employée).
Bouddhisme = science de l'esprit
Finalité : sortir de la souffrance et accéder au bonheur
Méthode = la pratique du bouddhisme : travail sur soi, sur son esprit, de manière à l'améliorer : bénéfique pour soi et pour les autres.
3 motivations envisageables :
- bonheur temporaire du samsara
- bonheur stable de la libération
- bonheur suprême de l'Éveil de Bouddha
Cheminement
Trouver un maître, un guide, un instructeur
Réfléchir à la chance et aux atouts que l'on a (précieuse vie humaine disponible et qualifiée)
Réfléchir au fait qu'elle n'est pas éternelle mais impermanente
Réfléchir aux moyens de se préparer un avenir correct
- éthique => bonnes renaissances
- éthique + concentration + sagesse => libération
- méthode (amour, compassion, esprit d'éveil) + sagesse => Éveil de Bouddha