jeudi 12 décembre 2019

Les centres bouddhistes en France


En France, en simplifiant, il existe trois types principaux de pagodes/monastères/centres/

·      Les pagodes d’Asie du Sud-Est, qui sont souvent « communautaristes » - avec des exceptions telles que le Village des Pruniers.
Elles se sont constituées de manière souvent informelle, pour permettre aux membres du groupe concerné de se rencontrer, de se réconforter, de célébrer ensemble les grandes étapes de la vie : naissance, mariage et mort et de perpétuer et transmettre traditions et valeurs culturelles et cultuelles. Quasiment tout se passe dans la langue d’origine, ou le dialecte (diverses provinces chinoises), tant et si bien que ces pagodes sont essentiellement fréquentées par des Asiatiques de la première génération – les nouvelles générations ne parlant que le français ne s’y sentent guère à l’aise et cessent d’y aller à l’adolescence.

Le Village des Pruniers, fondé par le moine Zen Thích Nht Hnh (réfugié politique en France depuis 1972), et ses filiales dans le monde entier (sauf au Vietnam) reçoivent en revanche des personnes de toutes origines, et utilisent en parallèle la langue vietnamienne et la langue locale : le français en France, l’allemand en Allemagne, etc.

·      Les centres Zen (Japon, Corée, Chine - mais pas Vietnam qui relève de la rubrique précédente) sont aux antipodes.
Japon : La figure de proue est Maître Deshimaru, qui est venu seul et qui est décédé assez rapidement. Le flambeau a donc été repris par ses disciples occidentaux, même si de temps à autre, un maître japonais est invité, pour de courts séjours.
Par ailleurs, dès le 12ème siècle, le Vinaya (code monastique) a été abandonné dans les monastères Zen du Japon. Les ordinations monastiques traditionnelles ont été remplacées par des « ordinations » d’upasaka et de bodhisattva - engagements qui dans les autres pays bouddhistes sont ouverts aux laïcs sans leur conférer le statut de « religieux ». Les « moines » et « nonnes » des traditions Zen du Japon (+ certains de Corée et de Chine) peuvent donc se marier et avoir des enfants, tant et si bien qu’ils travaillent pour subvenir aux besoins de la famille.

·      Les centres « tibétains » (Tibet, Mongolie, Bouthan, etc.)
Deux sources :
-       Tibétains arrivés en France à partir de 1960 avec le statut de réfugié politique ;
-       Occidentaux s’étant rendu en Inde ou au Népal et y ayant rencontré des réfugiés tibétains, ou ayant visité des monastères bouddhistes  dans l’Himalaya (Sikkim, Ladakh, Zangskar, Bhoutan)
Les centres « tibétains » sont en général en lien avec un Maître « tibétain » qui réside ou non en France, et ont souvent des liens privilégiés avec sa communauté d’origine (soit au pays, soit en exil en Inde ou au Népal). Les Enseignements et rituels sont traduits en français. Ces centres sont fréquentés principalement par des non bouddhistes d’origine occidentale, et aussi par quelques jeunes bouddhistes issus de familles d’origine d’Asie du Sud-Est (surtout du Vietnam).
Les Maîtres de la première génération étant maintenant très âgés ou disparus, pour assurer l’Enseignement, les centres invitent parfois des religieux issus de leur communauté d’origine en exil en Inde ou Népal (il est toujours impossible de les inviter du Tibet…), mais encore faut-il obtenir des visas...

L'octuple sentier


Voie menant à la libération du samsara







Compréhension de ce qui est tel que c'est, c'est-à-dire des quatre nobles vérités.






Sagesse



Pensées de renoncement, d'amour et de bienveillance, exemptes des trois poisons de l'esprit (attachement, aversion, ignorance).




Paroles véridiques et bienveillantes, exemptes de propos mensongers, de discorde, blessants ou encore futiles.








Éthique




Conduite éthique, exempte d'actes nuisibles tels que tuer, voler ou avoir des activités sexuelles incorrectes (viol, etc.).




Moyens d’existence honnêtes sans effets nuisibles pour d'autres êtres.



Efforts pour favoriser et épanouir les perceptions et pensées utiles et bénéfiques, et contrecarrer celles qui seraient néfastes.







Concentration



Attention au corps, aux sensations, à l’esprit, aux phénomènes.




Concentration focalisée en un point, par exemple sur la respiration.



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Méditation bouddhiste / 2


* Nettoyer l'endroit où l'on va s'entraîner, ce pour deux raisons :
              - par respect envers le Bouddha qu'on va invoquer
             - pour favoriser la disponibilité mentale, parce qu'on se sent naturellement mieux dans un cadre joli et propre
* Installer un autel, avec au moins une représentation du Bouddha Shakyamouni, au centre.  Disposer des offrandes (eau, fleurs, lumière, encens, fruits ou autres).
* S'asseoir en vajrasana ou si c'est impossible pour soi, dans une autre posture favorable à la méditation, mais avec le dos droit, etc.
* Établir une bonne motivation, prendre refuge en les trois Joyaux et produire l'esprit d'Eveil
* Méditer (sessions très courtes au début, quitte à les répéter)
* Conclure avec une dédicace. On peut, par exemple, dédier les mérites au bonheur de tous les êtres, mais selon la tradition du mahayana, on les dédie essentiellement afin d'obtenir l'état de Bouddha, en vue d'accomplir le bien de tous les êtres.

Méditation bouddhiste


La méditation est un terme très à la mode actuellement. C'est sans doute un outil (et non une fin en soi) qui peut s'avérer utile et efficace, mais ce n'est donc pas un exercice anodin, et il vaut mieux se montrer circonspect.
Bien évidemment, la méditation n'est pas une spécificité bouddhiste. Elle présente de multiples formes, car un peu partout dans le monde, il existe des techniques qui s'apparentent à la méditation, sous des vocables divers. Il s'ensuit que celui qui commence à s'intéresser au sujet peut se sentir effaré en se voyant proposer tout et son contraire.
Pour parler uniquement de la méditation telle qu'elle est envisagée dans le bouddhisme, et plus précisément le socle commun, et donc sous l'angle de ce qu'on appelle la voie progressive, la "méditation" est un entraînement de l'esprit, pour "l'habituer à". 
Dans cette perspective, tout exercice de méditation concourt à prendre de nouvelles bonnes habitudes mentales, en remplacement des anciennes mauvaises habitudes. Le constat initial est qu'au fil des temps, on a contracté de nombreuses habitudes, souvent pas très bonnes. La méditation a pour finalité d'en prendre de meilleures. Pour rappel, les notions de "bon" et "mauvais" se définissent en fonction des effets, expérimentés sous forme de bonheur ou de souffrance.
Avant de faire des efforts pour délibérément contracter de nouvelles habitudes, il semblerait sage d'étudier la question et de réfléchir à ce qu'il vaudrait mieux faire ou ne pas faire. Telle est la progression indiquée par le Bouddha : étude, puis réflexion, puis méditation. Autrement dit, simplement s'asseoir et essayer de ne penser à rien, pourquoi pas ? Dans certaines cultures, ou dans certaines traditions, c'est ainsi qu'on conçoit la méditation, mais pas ici.
On distingue deux types de méditation :
- la méditation analytique (concourant à vipassyana, vision supérieure) qui s'apparente à la réflexion : il s'agit d'essayer de scruter l'objet (mental, et jamais extérieur) qu'on a choisi, de l'examiner sous tous les angles en vue d'en acquérir une meilleure connaissance.
- la concentration (concourant à shamatha, calme mental) : cela consiste à essayer de concentrer son esprit, ses facultés mentales, sur l'objet choisi, à nouveau un objet mental, et non extérieur.
La concentration concourt à améliorer la stabilité et la clarté de la perception.
La méditation analytique concourt à améliorer l'intensité de la perception.

Comme déjà souligné, ce qu'on appelle "méditation" n'est pas spécifique au bouddhisme !
Une méditation pourra être qualifiée de bouddhiste
1) si elle est menée sur la base du Dharma issu du Bouddha Shakyamuni
2) si elle est présidée par la prise de refuge en les Trois Joyaux (Bouddha, Dharma et Sangha) et conclue par une dédicace, en vue d'une bonne renaissance, ou de la libération, ou de l'éveil de Bouddha.
L'objet de la méditation peut être n'importe quel phénomène. On peut méditer sur la nature de son esprit, ou une lumière, ou une représentation d'un Bouddha, ou une qualité telle que l'amour, la compassion, etc., ou une notion telle que le non soi, l'impermanence, etc..
Mais ce sur quoi on médite, c'est sur la représentation mentale qu'on a de l'objet.
Dans la tradition du Bouddha, il est exclu de méditer directement sur un objet extérieur. L'éventuel objet extérieur, on peut l'utiliser comme support, mais la phase où on l'observe est préalable à la méditation à proprement parler.

mardi 3 décembre 2019

Méditations, obstacles et remèdes


Bhavana " la méditation", l'entraînement de l'esprit

(NB La méditation n'est pas spécifique au bouddhisme et présente de multiples variantes.)

Le Bouddha a enseigné deux formes principales de méditation :
shamatha (calme mental) concourt à améliorer la stabilité et la clarté
vipashyana (vue pénétrante) concourt à améliorer l'intensité
       
Exemples d'objets de méditation

Objets
Remèdes de
amour
irritation et ses dérivés
impermanence et autres aspects déplaisants de l'objet
attachement
classification des phénomènes, etc.
orgueil
la production conditionnée
ignorance
la respiration
distraction

L'entraînement au calme mental shamatha

Les   5 obstacles principaux
Leurs 8 remèdes
paresse
foi, aspiration, enthousiasme, maniabilité
oubli de l'objet
mémoire
mollesse et dispersion
vigilance
inattention/relâchement
application
tension superflue
équanimité

9 stades
6 forces
4 placements mentaux
fixation de l'esprit
écoute/étude
placer l'esprit sur l'objet avec effort
fixation continue
réflexion
fixation répétée
mémoire

placer l'esprit sur l'objet par intermittence
fixation proche
domptage
vigilance
pacification
pacification totale
enthousiasme
concentration en un point
placer l'esprit sur l'objet sans interruption
fixation spontanée
accoutumance
placer l'esprit sur l'objet sans effort



dimanche 1 décembre 2019

600ème Ganden Namchö

Le 25ème jour 10ème mois lunaire, le Ganden Namchö  དགའ་ལྡན་ལྔ་མཆོད་ commémore le Paranirvana de Je Tsongkhapa (1357-1419), fondateur du monastère de Ganden et de l'école gelugpa.

Cette année, le Ganden Namchö tombe le samedi 21 décembre 2019.

Quelques suggestions à cette occasion :
- allumer des lumières (sous n'importe quelle forme) ;
- réciter le "miktséma" - dmigs brtse ma -, en hommage à Je Rinpoche ;
- réciter le Ganden lhagyama (dGa' ldan lha brgya ma), guruyoga invoquant Je Rinpoche ;
- lire une biographie de Je Rinpoche et formuler des voeux pour suivre ses traces.
- souhaiter la Bonne Année aux amis mongols bouddhistes, qui depuis des siècles célèbrent à cette occasion la nouvelle année.


mardi 26 novembre 2019

Ecole des jonangpa ཇོ་ནང་པ་



Ecole des Jonangpa


Datation

Début du XIIème siècle

Fondateur

Drupchen Yumo

Particularités
·      École “nouvelle” – sarmapa – cad qui utilisent les “nouvelles” traductions, de la seconde diffusion
·      Enseignement principaux :
- Kalacakra (lignées poursuivie par les gelugpa et fort développées par le 14ème Dalaï lama)
- notion de “vide de l’autre”                                    
Cette notion, considérée comme non orthodoxe, valut à l’école d’être  mise à l’index par le 5ème Dalaï lama qui confisqua le monastère Jonang et en fit un monastère gelugpa                                                                                 ->   mise en veilleuse jusqu’à ce qu’en 2008 , à l’instigation du 14 ème Dalaï lama, le gouvernement tibétain en exil   reconnaisse l’école Jonang comme étant de nos jours la cinquième école bouddhiste du Tibet.

Chef de l’école

Khalkha Jetsun Rinpoche (alias Jebtsundamba Khutuktu, 'Bogd Gegeen' de Mongolie), nommé chef de l’école par le 14ème Dalaï lama

Grands personnages
Taranatha, très grand historien du Tibet, mort en prison ou en exil en Mongolie suite aux décrets du 5ème Dalaï lama
Ses réincarnations : les Jebtsundamba Khutuktu

Présence en France
A ce jour, pas de centre affilié (à ma connaissance)



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lundi 25 novembre 2019

La non-violence, par Dagpo Rinpoche

Conférence du Vénérable Dagpo Rinpoche
Genève le 27 août 2019




Interviews de Dagpo Rinpoche, etc.



France 2   24 novembre 2019

Les chemins de la foi

dimanche 24 novembre 2019

Croyants et laïcité

France 2   24 novembre 2019

Les chemins de la foi

 

De

Ecole des kagyüpa བཀའ་བརྒྱུད་པ་




Ecole des kagyüpa


Sens littéral
“Lignée orale”

Datation

Seconde diffusion – Xème siècle

Fondateurs

Dhagpo Kagyu
- Marpa (1012 – 1097) 
- Milarépa (1040)1123) 
- Dhagpo Lhaje Gampopa (1079–1153)
Shangpa Kagyu
Khyungpo Neljor (978-1127)

Particularités
·      École “nouvelle” – sarmapa
·      Union du Lamrim de l’école kadampa et du Mahamudra transmis par Milarépa
·      Enseignement principal : Mahamudra
·      L’école Kagyüpa a détenu le pouvoir politique de 1356 à 1642

Branches

 et leurs
chefs respectifs

Shangpa Kagyu
Chef désigné au “mérite” à chaque génération

Dhagpo Kagyu

Quatre sous-écoles, dont l’une resubdivisée en huit, dont trois présentes en France =>

Drikung Kagyü :      système par réincarnation                         
 - Drikung Rinpoche
Drukpa Kagyü :       système par réincarnation                         
 - Drukchen Rinpoche
Karma Kagyü :       système par réincarnation                            
 - Karmapa Rinpoche (NB la coutume de rechercher les “tülku”, “réincarnations” de maîtres antérieurs, a été initiée par le 1er Karmapa, Düsum Kyenpa (1110-1193) pour reconnaître son successeur)
+ 4 “régents” : Shamar Rinpoche, Taï Situ Rinpoche, Gyeltsab Rinpoche, Jamgön Kongtrül Rinpoche), hauts dignitaires chargés entre autres d’identifier le nouveau Karmapa après la mort du précédent

Grands personnages
Pagmodrupa (1110-1170) ; Pawo Tsuglag Trengwa, Gö Lotsawa

Présence en France
Nombreux centres, de tailles très diverses, affiliés à des maîtres des différents courants  : Karmapa Rinpoche, Kalu Rinpoche, Drikung Rinpoche, Drukchen Rinpoche, etc.

Divers

·      La plupart des congrégations de France sont actuellement d’affiliation kagyü.

·       Plusieurs centres de longues retraites (Auvergne, Dordogne)

·       Situation inédite : deux Karmapa au lieu d’un : situation provoquée par un  désaccord entre deux des quatre régents karma kagyüpa : Shamar Rinpoche et Taï Situ Rinpoche, lequel demanda au 14ème Dalaï Lama de procéder à une désignation.




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