mercredi 21 avril 2021

Rip Jacques Giès

 

11 avril 2021 — Jacques Giès, ancien président du Musée Guimet, est mort. Spécialiste des arts bouddhiques et de la peinture chinoise, il avait pris la direction ...
 

samedi 17 avril 2021

Vaccination, pleine conscience et voie du milieu

 Supplique aux vacciné-e-s

Tout d'abord, bravo et merci pour votre démarche citoyenne et altruiste.

Merci également de la prolonger en continuant à consciencieusement respecter les gestes barrières et autres précautions utiles. Avec vigilance, mais sans excès non plus.

Il est avéré que les vaccins actuels contre la Covid19, y compris le  Graal (Pfizer) limitent les risques d'aggravation, mais n'empêchent ni d'être contaminé, ni d'être contagieux.

Selon le site de l'Unicef, à ce jour la seule maladie totalement éradiquée par les vaccins est la variole. Six autres maladies sont maîtrisées : la diphtérie, le tétanos, la fièvre jaune, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole, avec l'espoir pour les deux dernières citées d'aboutir prochainement à une complète éradication.
Après des siècles de recherches et d'application...

Ni la Covid19 (toute jeune), ni d'ailleurs son aînée la grippe ne figurent - pour le moment - dans cette liste prometteuse.

Par conséquent, ne nous leurrons pas en nous croyant immunisés à 100 %.
Mais saisissons  cette opportunité de joindre l'utile à l'agréable, en appliquant le Dharma au quotidien :
sortir / voyager / revoir les proches (et moins proches), toujours "en pleine conscience", c'est-à-dire en restant vigilants. De manière raisonnable et raisonnée.
 
Ah ! La voie du milieu !... Qu'elle est difficile à suivre !



mardi 13 avril 2021

De l'éthique au bonheur

Quelle éthique pour un monde plus heureux
 Invité : Vénérable Dagpo Rimpoché 

Sagesses Bouddhistes consacre deux émissions à l’éthique pour un monde plus heureux. Qu’est ce que l’éthique dans la tradition bouddhiste et comment la mettre en pratique au quotidien afin de construire un monde contemporain paisible, bienveillant et altruiste.




vendredi 9 avril 2021

De l'impermanence

Une charogne

de Charles Baudelaire

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Le ventre en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un œil fâché,
épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!

jeudi 8 avril 2021

De l'interdépendance

 En philosophie bouddhique, il est communément admis que tous les phénomènes composés, ou encore impermanents, sont interdépendants, et le système madhyamika prasangika, professé par de grands maîtres tels que les Indiens Candrakirti et Atisha ou le Tibétain Jé Tsongkhapa, va jusqu’à poser que tous les connaissables, incomposés comme composés, sont interdépendants.

 

Oui, mais  quel sens accorder au terme « interdépendance » ? C’est un sujet passionnant, et qui peut permettre d’approcher les notions centrales de « non soi » et de « vacuité », c'est-à-dire d'absence d'existence inhérente, mais c’est aussi un sujet vaste et complexe qu’il serait impossible d’approfondir en quelques lignes.

 

En très résumé, les phénomènes composés sont interdépendants en ce sens qu’ils sont à la fois des résultats qui procèdent de leurs causes, et des causes générant des résultats. Par exemple, une pousse naît d'une graine fournie par une plante similaire antérieure et elle produit à son tour des graines, des fleurs, des fruits, etc.

 

De manière plus générale, tous les connaissables sont interdépendants, car ils dépendent au minimum du sujet qui les perçoit et de la dénomination qui les désigne. Pour exister en tant que table, le phénomène concerné dépend de ses matériaux et de ses fabricants, mais aussi du nom qui lui est attribué ainsi que du fait d'être perçu en tant que table : ce qui pour un être humain est une table en bois, est plutôt perçu comme de la nourriture par un ver à bois..

 

Quid des connaissables incomposés, c'est-à-dire non issus de causes et de conditions.

Prenons l'exemple du "non-soi" (anatman en sanskrit ; anatta en pali).

Le non-soi est un concept philosophique. Il n'est pas une entité indépendante car il dépend de son nom et de l'esprit qui le conçoit. En outre, il est par définition relatif à un objet référent, qui peut être n'importe quel connaissable envisagé sous l'angle qu'il est dénué de nature propre. Enfin, qui dit connaissable, dit perception, sachant que toute perception comporte une interaction entre le sujet percevant (l'esprit et la personne) et l'objet perçu. Donc, le non-soi est interdépendant. CQFD

 

Attention ! Si les connaissables sont ainsi interdépendants, néanmoins tout ne dépend pas de tout et de n’importe quoi ! Tout phénomène apparaît des causes et conditions qui lui sont relatives, et en aucun cas de TOUTES les causes et conditions. Comme le dit le bon sens populaire, les chats ne font pas des chiens. Les pommiers donnent des pommes, et non des oranges. Les karmas positifs donnent de bons résultats bénéfiques, et les karmas négatifs de mauvais résultats, et jamais l'inverse.

 

Foi et sagesse

 C'est par la foi que l'on peut traverser les courants. 

Et c'est par la sagesse que l'on obtient la pureté.

Paroles prêtées au Bouddha.



mardi 6 avril 2021

L'euthanasie : une fausse "bonne" solution

Le bouddhisme considère que, pour tout être, y compris le plus petit insecte, la vie constitue le bien le plus précieux, et que de tous les supports d’existence, le plus favorable pour évoluer et progresser est la condition humaine.
Se fondant sur la loi de causalité, il pose que ce qui arrive à un individu est forcément le résultat de ses propres karma, c’est-à-dire de ce qu’il a fait, dit ou surtout pensé.
Comparant les différents types d’êtres du samsara, il observe que les souffrances endurées par les humains sont bien moindres que celles que subissent la plupart des autres êtres animés : moins intenses et moins longues.

Par conséquent, dès lors qu'on admet la réincarnation, on ne peut que formellement déconseiller l’euthanasie et le suicide assisté, notamment pour les humains mais aussi pour les animaux : loin de lui apporter le soulagement espéré, il est probable que cela ne fasse que notablement empirer la situation du patient.

A noter : Il n'est pas question de porter un jugement "moral".
Nous ne condamnons ni celui qui demande l’euthanasie ni celui qui l’effectue - s'il agit par bienveillance -, mais nous exhortons à ne pas recourir à des moyens contre-productifs.

Par ailleurs, nous attirons l'attention sur les pressions ainsi exercées tant sur le patient que sur sa famille ou encore sur l'équipe médicale, pour des raisons éventuellement financières, souvent égocentriques (incapacité à supporter la vision de la souffrance de l'autre, surtout d'un proche, et le sentiment d'impuissance), et plus rarement humanistes.

Prétendre qu'il est moralement nécessaire d'abréger la vie d'une personne pour préserver sa dignité, revient à dire que souffrir et vieillir font perdre la dignité !

Avant, il valait mieux être "jeune, beau, riche et en bonne santé".
Maintenant, il faut impérativement être "jeune, beau, riche et en bonne santé" pour avoir le droit de vivre "dignement".

Euthanasie

 La vraie raison


lundi 5 avril 2021

Toute personne a droit à la vie

Extrait de la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne (Journal officiel des Communautés européennes 18 décembre 2000)

CHAPITRE I - DIGNITÉ

Article premier. Dignité humaine
La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée.

Art. 2. Droit à la vie
1. Toute personne a droit à la vie.
2. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté.

Art. 3. Droit à l’intégrité de la personne
1. Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale.
2. Dans le cadre de la médecine et de la biologie, doivent notamment être respectés :
- le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi,
- l’interdiction des pratiques eugéniques, notamment celles qui ont pour but la sélection des personnes,
- l’interdiction de faire du corps humain et de ses parties, en tant que tels, une source de profit,
- l’interdiction du clonage reproductif des êtres humains.

Art. 4. Interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants
Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Art. 5.  Interdiction de l’esclavage et du travail forcé
1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude.
2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire.
3. La traite des êtres humains est interdite.


=> Quid des lois adoptées par certains pays de l'Union européenne, autorisant l'euthanasie et/ou le suicide assisté ?...

dimanche 4 avril 2021

Myanmar Communiqué UBF

 https://www.bouddhisme-france.org/la-federation/espace-presse-communiques/article/violences-au-myanmar-depuis-le-1er-fevrier-2021

 Condamnation des violences au Myanmar depuis le 1er février 2021

L’Union bouddhiste de France (UBF), fédération qui rassemble la très grande majorité des traditions bouddhistes présentes en France, condamne fermement toutes les violences commises au Myanmar depuis la prise de pouvoir par le général Min Aung Hlaing le 1er février 2021.

Le Myanmar est un pays à forte tradition bouddhiste. Il est particulièrement choquant que les chefs militaires professent leur allégeance au bouddhisme tout en tuant des gens et en violant les droits de l’homme de la population du Myanmar.

Rien ne justifie une telle brutalité de la part de ceux qui sont chargés de maintenir l’ordre public. En tant qu’organisation bouddhiste attachée aux valeurs éthiques universelles que sont la paix, la non-violence, la justice et les droits de l’homme, nous condamnons ces faits et implorons du fond du cœur ceux qui exercent actuellement l’autorité d’arrêter immédiatement ce déchainement de violence.

L’Union Bouddhiste de France, au nom des grands principes démocratiques et des valeurs bouddhistes que nous partageons avec le peuple birman, demande solennellement au pouvoir en place au Myanmar, de cesser de tuer des civils non armés, de libérer tous ceux qui ont été arbitrairement emprisonnés et de rétablir dans leurs fonctions constitutionnelles les dirigeants démocratiquement élus.

Le pôle « Présidence »

 

vendredi 2 avril 2021

La place des femmes dans le bouddhisme

Comme je l'ai déjà laissé entendre parfois, cette question m'agace un peu (et même beaucoup). 
Ce qui démontre que j'ai beaucoup de progrès à faire : irritation, car attachement à mon opinion, le tout sur fond d'ignorance.

Pour résumer mon point de vue :
La vraie question n'est pas la place de la femme dans le bouddhisme, mais la place de la femme dans le samsara.
De toute évidence, ce n'est pas brillant ! Et ce n'est pas un scoop.

Côté bouddhiste  :

le Bouddha est impartial. C'est l'une des qualités fondamentales d'un Bouddha. 
Nier l'impartialité, ou encore l'équanimité, du Bouddha est signe qu'on n'a pas confiance en le Bouddha. 
En ce cas, je ne vois pas comment on pourrait être bouddhiste. Car être bouddhiste se définit comme le fait de placer toute sa confiance en le Bouddha et en son Enseignement. :-)

Par définition, un Bouddha s'adresse à des non Bouddhas, essentiellement à des personnes qui sont encore dans le samsara.
Or, par définition, le samsara est imparfait. Il est de la nature de dukha.

Personnellement, pour moi, l'important est que le Bouddha ait dispensé ses enseignements à toute personne venant le solliciter, que cette personne soit jeune ou vieille, riche ou pauvre, laïque ou religieuse, homme ou femme.
L'important est que, grâce à l'enseignement du Bouddha, beaucoup de ses disciples femmes ont pu obtenir les plus hautes réalisations spirituelles.
Personnellement, mon but en tant que pratiquante du bouddhisme est d'atteindre l'Éveil de Bouddha. 
Pas de me battre pour des titres et autres hochets du samsara : mes ambitions sont nettement plus élevées que cela !

La place de la femme dans la société ? Oui, bien sûr, il faut essayer de l'améliorer.
Pour cela, il faut cerner les vraies causes des problèmes  : attachement, aversion,  ignorance. Et arrêter de déplacer le problème, qui n'est pas le bouddhisme (ou une autre religion), mais la nature du samsara
Il faut aussi arrêter de se bercer d'illusions (suscitées par l'ignorance) : ce qui relève du samsara n'est pas et ne sera jamais parfait.

Pour limiter les dégâts en ce bas monde (imparfait par définition), il faut prendre des mesures appropriées sur les plans politiques et économiques : salaires équivalents, mêmes chances de promotion professionnelles, même accès à l'instruction, etc. etc.
C'est certainement là un combat honorable, mais qui ne concerne pas la seule communauté bouddhiste, il me semble ?

Je crois même que la communauté bouddhiste féminine n'est pas la plus mal lotie, par comparaison aux autres communautés féminines. Par exemple, combien y a-t-il de femmes parmi les chefs de multinationales ? Combien y a-t-il de femmes parmi les chefs d'état ?


mardi 30 mars 2021

De l'irritation

 Les querelles ne dureraient pas longtemps si le tort n’était que d’un côté.

(François de La Rochefoucauld ; 1613-1680)

jeudi 25 mars 2021

L'étude

 La pratique bouddhiste se décline en : étude, réflexion, méditation ཐོས་བསམ་སྒོམ་གསུམ་.

Comme l'énumération l'indique, la première étape est "l'étude" ཐོས་པ་, plus littéralement "l'écoute", car la transmission orale est essentielle, et historiquement, l'écriture n'a été inventée que bien après l'apparition du langage articulé. D'ailleurs, encore aujourd'hui, des langues ne sont pas écrites, ou ne l'ont été que récemment, ce qui n'a nullement empêché les populations concernées d'avoir des civilisations riches et de se transmettre leurs valeurs de génération en génération.

Bref, qui souhaite s'engager dans une pratique du bouddhisme se doit de commencer par une étude - pas forcément très détaillée, mais juste et complète.

Encore faut-il s'entendre sur le sens accordé aux mots "étude" ou "écoute".

Cela désigne la démarche d'acquérir de nouvelles connaissances (apprendre de nouveaux mots ou de nouveaux sens) auprès de sources extérieurs : professeurs ou textes. 
Autrement dit, il y a eu étude à condition d'avoir retenu.  
Inversement, si l'on a entendu, ou lu, mais qu'on a ensuite oublié, il n'y a pas encore eu véritablement "étude".


mercredi 24 mars 2021

Jeunesse "éternelle" ?

Il semble que l'histoire/le samsara se répète ! Même Socrate s'y serait laissé prendre. :-) 

 À causes similaires, effets similaires.

C'est la décadence, les enfants n'obéissent plus, le langage s'abîme, les mœurs s'avachissent. Puisse venir le jour où l'humanité coupable finira, où les enfants ne naîtront plus, où tout bruit cessera sur la terre, où il n'y aura plus à lutter contre toutes les nuisances.

Ipuwer de Gizeh, sage de l'Égypte pharaonique, 3000 ans avant l'ère chrétienne. 

Cité par Polybe, historien grec vivant vers 200-120 ans avant Jésus.-Christ.

 

La jeunesse d'aujourd'hui est pourrie jusqu'aux tréfonds, mauvaise, irréligieuse et paresseuse. Elle ne sera jamais comme la jeunesse du passé et sera incapable de préserver notre civilisation. 

Tablette d’argile babylonienne qui daterait de plus de 3000 ans

 

Ils manqueront d'égards et de respect pour leurs parents, sitôt qu'ils vieilliront et durement, sans redouter la justice divine, ils les accableront des plus cruels reproches au lieu de prendre soin de leur vieillesse. Je n'ai plus aucun espoir en l'avenir de notre pays si les jeunes d'aujourd'hui doivent être les dirigeants de demain, car ils sont insupportables, inconscients voire effrayants. Si l'avenir de notre peuple est entre les mains de la jeunesse frivole d'aujourd'hui, il y a de quoi désespérer. Cette jeunesse se conduit avec une suffisance vraiment intolérable. Elle croit avoir la science infuse. Quand moi j'étais jeune, on nous apprenait les bonnes manières et le respect que l'on doit à ses parents. Mais la nouvelle génération n'a de cesse de contester et elle veut avoir raison. Il est un fait certain que les jeunes sont d'une extrême insouciance.

Les travaux et les jours d’Hésiode de Thèbes, poète grec du milieu du Vllle siècle av. J.C.

 

Les jeunes d'aujourd'hui aiment le luxe, méprisent l'autorité et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu'un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d'engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres. Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans. 

 Socrate, 470-399 av. J.C.

 

Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois, parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté et toute jeunesse, le début de la tyrannie. 

Platon, vers 427 - 348/347 av. J.C.

 

Les jeunes d'aujourd'hui aiment le confort, l'argent et la paresse par-dessus le marché. Ils ne veulent plus se marier ou, s'ils sont mariés, élever une famille. C'est tout au plus s'ils consentent à avoir un ou deux enfants, afin de mieux savourer le moment présent. 

Polybe, vers 200-120 av. J.C.

 

 

Stratégie

Ne désire pas de résultat dans cette vie !

Ce qui est fait par intérêt pour cette vie

N’est pas bénéfique pour les vies suivantes.

Intéresse-toi aux vies suivantes !

Cela suscitera des résultats dans cette vie.

 

(Extrait du Tantra de Guyhasamaja)

lundi 22 mars 2021

De l'éthique et de la nature

 Au fond, qu'est-ce que l'éthique, sinon le respect, de soi et d'autrui ainsi que de l'environnement ?

Le Bouddha prône ainsi avec insistance le respect envers les êtres animés et ce dont ils ont besoin pour vivre, à commencer par le monde qui leur sert d'habitat. Il déconseille toute exploitation excessive tant des êtres que des ressources naturelles.

Pour prendre un exemple, dans un discours adressé aux moines, le Bouddha recommande de ne pas couper exagérément de bois, d'une part parce que les arbres abritent des myriades d'insectes, d'autre part pour éviter une déforestation susceptible d'avoir des effets pervers sur le climat. Souvent aussi il met en garde contre la pollution du sol, de l'air ou de l'eau, dont la pureté est vitale pour tous.

Selon le bouddhisme, l'état dans lequel se trouve un environnement résulte des karmas, disons en simplifiant des actes, des êtres qui vivent  dans cet environnement. Il est donc essentiel que chacun ait à cœur d'en prendre soin et de le préserver.

samedi 20 mars 2021

Présentation succincte du bouddhisme

 La logique impose de remonter à la source, c’est à dire à l’exemple fondateur donné par le Bouddha Shakyamouni il y a environ 2600 ans. L’histoire – d’aucuns diraient la légende, mais peu importe, car cela n’altère pas le sens, au contraire – rapporte qu’à la naissance du jeune prince Siddharta, les astrologues prédisent à l’enfant une carrière exceptionnelle, soit en tant qu’empereur universel (cakravartin), soit en tant qu’Eveillé, cad bouddha. Le roi Suddhodana qui tient à assurer sa succession s’ingénie à faire de son fils un souverain éclairé, mais à 29 ans, juste après la naissance de son fils Rahula, Siddharta ayant prouvé sa virilité et rempli son devoir en assurant la descendance, quitte nuitamment le palais. Pour marquer symboliquement son départ du monde profane et de ses objets de jouissance, dont le pouvoir et ses attributs, il coupe sa longue chevelure. Après six années de recherche spirituelle et de rudes ascèses, il acquiert la conviction qu’il faut suivre la voie du milieu, en rejetant les vues et les conduites extrêmes, et il obtient l’Eveil.

 

Gautama Bouddha, également connu sous le nom de Shakyamouni, consacre désormais sa vie, qui durera encore 45 ans, à dispenser son Enseignement, qui n’est pas une religion révélée, mais une voie spirituelle fondée sur l’éthique (y compris le respect de soi, d’autrui, de l’environnement) et la notion de karma[1]. C’est une méthode qui vise à se délivrer de la souffrance en en éliminant les causes, à commencer par l’ignorance flanquée de l’attachement et de l’aversion, et à atteindre le bonheur en en établissant les causes, telles que l’éthique, la sagesse, l’amour et la compassion.

 

Le Bouddha invite ses disciples à suivre son exemple et à se défaire de toute forme d’attachement et d’avidité pour les objets de jouissance de cette vie, en vue d’atteindre l’Eveil. Il prône l’esprit critique et exhorte ses disciples à ne pas le croire pour la seule raison qu’il serait le Bouddha, mais à réfléchir, vérifier et comprendre par eux-mêmes :

 

Ô moines, n'acceptez pas ma parole  

Par simple respect, mais après l'avoir examinée      

Comme on éprouve l'or

En le chauffant, le coupant et le frottant. 

 

N’accordez pas votre confiance à l’individu mais à son enseignement.

N’accordez pas votre confiance aux mots mais à leur signification.

N’accordez pas votre confiance au sens provisoire (qui doit être interprété) mais au sens certain.

N’accordez pas votre confiance à la conscience ordinaire mais à la sagesse. 

(Catuh-pratisarana énoncés dans le  Sutra du Mahaparanirvana.)

 

Le Bouddha organise la communauté religieuse selon le critère d’ancienneté, sans tenir compte de l’origine sociale ni de la caste. Les  décisions sont prises de préférence à l’unanimité, sinon à la majorité. A peine six ans après sa fondation, le Bouddha y admet des femmes, à peu près en même temps que le jaïnisme. Outre les moines et nonnes, il a également de nombreux disciples laïques, dont des rois et des ministres.



[1] Le terme karma a plusieurs acceptions. En très résumé, selon le bouddhisme, tout ce que l’on fait, par le corps, la parole et l’esprit, comporte des karma de nature mentale qui au fur et à mesure imprègnent l’esprit de karma en tant que potentialités, susceptibles d’entraîner divers résultats dont les sensations, les renaissances, etc.



jeudi 18 mars 2021

Symbolique des couleurs

 Version la plus courante, mais pas unique


Blanc  : purification, pureté, activités d'apaisement

             Remède à l'ignorance

Jaune  : accroissement, épanouissement, activités de développement

             Remède à l'orgueil et l'avarice

Bleu    : maîtrise de soi et d'autrui, activités de domination

             Remède à l'aversion (irritation, colère)

Rouge : activités de domination

             Remède à l'attachement

Vert     : toutes les activités

             Remède à la jalousie