samedi 7 août 2010

Naissance

Les mots, encore les mots, toujours les mots, avec leurs cohortes de maux.

Pour arriver à se comprendre, il faudrait vraiment y mettre de la bonne volonté, et avant tout avoir / prendre le temps de définir chaque terme employé.
Parce que le fait d'utiliser de mêmes mots n'implique en rien qu'on parle de la même chose.

Tenez, prenons l'exemple du mot "naissance" tel qu'employé pour traduire le terme tibétain "skye ba".
Ce n'est pas un abus de langage, pour une fois, et dans une conversation courante, ça tient - presque - la route.
Mais quand on aborde des sujets plus métaphysique, ça se gâte, les champs sémantiques n'étant pas franchement équivalents.

Notons déjà que, dans un certain emploi, skye ba désigne la conception, et non la sortie de la matrice, ou de l'oeuf.
MAIS dans un autre emploi, et c'est sans doute le plus fréquent dans les traités, skye ba englobe une vie entière, de la conception à la mort.
Quand il est dit que tels karma entraînent telles "naissances", c'est dans cette acceptation large.

C'est pour cela qu'il est dit qu'une naissance dans le samsara inclut toutes les souffrances qui se produisent pendant la durée de cette vie, et non pas qu'elle en serait la "cause".
Entre autres implications, la* mort est donc incluse dans la naissance dont elle est l'achèvement.

* Et nous, en langue française, on est bien embêté avec nos incontournables articles, définis ou indéfinis, qui induisent des connotations souvent fort gênantes.
SVP, en dépit de l'article défini ici utilisé pour limiter la casse, car l'article indéfini aurait été pire, "la" mort dont il est ici question n'a pas de caractère un et absolu. C'est juste le terme ultime, naturel et inévitable, d'une vie x ou y.

1 commentaire:

  1. J'ai du mal à faire la distinction entre ce qui est déterminé, ou pas, à notre "naissance".

    Nous pouvons purifier nos karmas négatifs, porteurs de souffrances et de renaissances infortunées, nous pouvons améliorer nos qualités et nos karmas positifs et les "diriger" vers un but. Pourtant, ce que nous pouvons faire, est-ce que ça n'est pas "déterminé" à notre naissance, nos potentialités, les rencontres bienheureuses que nous pouvons faire, tout cela relèvent des karmas que nous avons nous meme accumulés et si les circonstances extérieures nous sont favorables et nous permettent d'avancer, cela relèvent également de nos karmas.

    Je me suis souvent demandé à quel point nous étions "déterminés" ou "programmés". Il est dit que les bouddhas voient le futur, mais j'ai l'impression que ce futur est modulable, comme si il y avait quand meme une part de "choix" à un ou à des moments donnés, ce qui ferait qu'à chaque instant ou presque un nouveau futur possible apparaîtrait ou alors cette notion de choix est fausse, il s'agit juste de futurs possibles qui se transforment au fur et à mesure des karmas effectués. Bien sûr, nous pouvons avoir l'impression de faire des choix, mais ce que nous décidons, la manière dont notre esprit se dirige, est ce que ça n'est pas du à des potentialités activées, il y a bien sûr la notion d'interdépendance, un choix seul n'apparait pas ainsi de lui meme...et puis il y a l'activité des bouddhas qui intervient quand l'esprit est relié...

    peut etre qu'au fond ça n'est pas important ... c'est sans doute parce qu'il y a ce désir de pouvoir réellement décider.

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