mercredi 27 avril 2011

Décès de Nawang Gombu

Un des premiers vainqueurs de l'Everest n'est plus.

Le plus jeune Sherpa de l'expédition d'Edmund Hillary, en 1953, Nawang Gombu, est décédé à Darjeeling le 24 avril 2011, à l'âge de 79 ans.

lundi 25 avril 2011

Il y a trône et trône

Kalou Rinpoché 2 : Dévotion au Dharma

Kalu Rinpoche junior

Kalu Rinpoche exprime son inquiétude devant certains faits qu'il a constatés dans des centres fondés par son prédécesseur.

Cérémonie de longue vie pour SS le Dalaï Lama

Samedi, le 23 avril 2011, une grande cérémonie a été célébrée à Dharamsala pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï Lama.
La cérémonie, accomplie à la demande du gouvernement (Administration tibétainecentrale CTA), était présidée par le maître nyingmapa Garje Khamtrul Rinpoche, assisté de l'abbé actuel et d'un ancien abbé de Namgyal Datsang, à partir d'un rituel nyingma composé par le 5ème Dalaï Lama au XVIIème siècle.
Les oracles du gouvernement tibétainétaient tous présents, notamment ceux de Nechung et Gadong, protecteurs (chos skyong) traditionnels des Dalaï Lama.

A la fin de la cérémonie, Sa Sainteté a prononcé une allocution, lors de laquelle il expose les raisons principales de sa récente décision de se retirer de ses engagements politiques :

Lama Zopa hospitalisé en Australie

Samedi, le 23 avril 2011, Lama Zopa a été hospitalisé à Bendigo, en Australie.
Il s'agirait d'une hémiplégie affectant le côté droit et l'élocution.

Pour plus d'informations, voir les sites des centres de Lama Zopa.

dimanche 24 avril 2011

Le travail

Le travail : un but en soi ?

J'aurais tentendance à dire non.
Plutôt un moyen.
Par exemple, pour assurer ses moyens d'existence.
Pour nourrir sa famille, la loger, la blanchir, etc..
Pour venir en aide à autrui.
A la rigueur, pour s'occuper.

Mais si c'est pour se pourrir la vie ?
Ah non ! Pas logique. Et même paradoxal.

Et pourtant, hélas...

Aller à l'essentiel

La vie est brève, si brève.
Il vaudrait mieux aller à l'essentiel.
Encore faudrait-il parvenir à distinguer cet essentiel du reste.

Sujet de réflexion plus qu'intéressant, non ?
Vital, en quelque sorte.

Décès de Sai Baba

Sai Baba est décédé ce matin, à l'âge de 86 ans.
Ce maître hindouiste était considéré comme un « dieu vivant » par de nombreuses personnes en Inde et dans le monde entier.

http://blog.lefigaro.fr/inde/2011/04/sai-baba-le-plus-celebre-gouro.html?xtor=RSS-24

http://news.outlookindia.com/item.aspx?719799


http://es.noticias.yahoo.com/5/20110424/twl-el-gur-indio-sai-baba-fallece-a-los-f6923c3.html
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jeudi 14 avril 2011

Théorie de la relativité

Je suis tombée (aïe) sur un article intéressant :

Le jeune Jacob tirerait (en partie) ses facultés hors du commun de la maladie dont il est affecté : la maladie d'Asperge, forme de l'autisme.

Je ne sais pas si c'est vrai.
Si tel est le cas, ce serait une belle illustration de la loi de causalité aux multiples facettes et de l'interdépendance : rien n'est "bon" ou "mauvais" dans l'absolu. Ca dépend ...
Ce qui, d'un côté, est obstacle, de l'autre, peut servir d'atout, etc., etc.

Méditation

Méditation = "habitude", accoutumance.
Méditer concourt à donner de bonnes habitudes à son esprit, en remplacement des mauvaises de jadis et naguère.

Les diététiciens commencent à comprendre que ça marche !
Etude: Il faut 66 jours pour adopter de nouvelles habitudes alimentaires

Motivation et dédicace 2

2. "Dédicace" est pour nous la traduction du mot tibétain bsngo ba.
La dédicace est un souhait : "Puisse..."
La différence ?
- Toute dédicace est un souhait.
- Mais tout souhait n'est pas une dédicace.

Pour qu'un souhait soit une dédicace, il faut avoir des "matériaux" (rdzas) à dédier, c'est à dire des activités (mentales, orales ou physiques) à dédier (et non à "dédicacer", SVP !).

La finalité de la dédicace est principalement de renforcer les karma bénéfiques concernés pour les rendre moins vulnérables aux ravages exercés sinon par l'irritation, la jalousie, l'orgueil ou encore les vues fausses, qui risquent sinon de rendre stériles les bons karma accumulés auparavant : ce n'est pas qu'ils les "détruisent" à proprement parler. Disons plutôt qu'ils les "grillent", et annihilent leur capacité à générer de bons résultats à pleine maturité.
Des karma judicieusement dédiés peuvent devenir quasiment invulnérables, indégradables, inaltérables. En ce cas, ils ne s'épuisent qu'en donnant leurs résultats à pleine maturité.

Par ailleurs, la dédicace peut aussi permettre de "réorienter" des karma qui, livrés à eux-mêmes, étaient neutres, ou modétément vertueux, en leur fixant des objetctifs plus larges et plus élevés (paix pour tous les êtres, obtention de l'Eveil, etc.).

L'idéal est d'effectuer le plus vite possible la dédicace de tout bon karma, même minime, qu'on viendrait de faire : pour le moment, il est en bon état ; ne perdons pas de temps pour le "blinder".
Il est possible a posteriori de rattraper le coup. On peut même anticiper (plus prudent).
C'est pour cela qu'il est recommandé de se dire que "l'on dédie les mérites tout frais, ainsi que tous les mérites des trois temps".

Attention !
La dédicace a en tout et pour tout la connotation qu'on lui donne, au travers du souhait formulé.
Notons bien que toute dédicace porte sur des karma déjà accumulés.
Il vaudrait mieux éviter soigneusement les mauvaises dédicaces, orientées vers des objectifs malveillants, qui viendraient renforcer en soi les mauvais karma !

"Voilà qui ne m'arrive jamais", songez-vous ?
A voir.
Supposons qu'en un été chaud et humide, nous soyons importunés par des nuées de moustiques, au point de courir au magasin le plus proche pour acquérir des produits idoines, en clair des poisons. Ne risquons-nous pas de souhaiter qu'"aucune de ces sales bestioles n'en réchappent" quand nous aurons disposé les plaquettes ou autres en divers points stratégiques ?

Comment faire pour contrecarrer d'éventuels souhaits/dédicaces malencontreux ?
Leur opposer des souhaits/dédicaces opposés, résolument bienveillants.

Motivation et dédicace 1.

Les geshe Kadampa soulignaient que, pour être optimale à l'éclairage de la loi de causalité, toute activité devraient être encadrée par :
- en préambule, une bonne motivation ;
- en conclusion, une dédicace.

1 - "Motivation", ici, traduit le terme tibétain kun slong, littéralement "qui lève tout".
Il s'agit, en gros, de l'intention, ou disons de l'état d'esprit dans lequel on envisage de faire telle ou telle chose.
Du point de vue de la philosophie bouddhiste, la motivation présente pour aspect majeur (mais pas exclusif) celui de karma (las), au sens de facteur mental omniprésent de la volition (sems byung sems pa).
Les autres aspects pourraient être, par exemple, l'amour, l'esprit d'Eveil, etc.

Par rapport à une seule et même action, y compris de la plus grande banalité, par exemple préparer un repas, il est évident qu'on peut l'entreprendre dans des états d'esprit radicalement différents, allant du neutre au très connoté, en bon ou en mauvais : bienveillance ou aversion, altruisme ou intérêt personnel, humilité ou orgueil, etc., etc.

Il est dit que l'influence de la motivation initiale perdure aussi longtemps qu'un état d'esprit opposé n'apparaît pas pour prendre le relais.
Dans l'hypothèse où nous nous apprêtons le matin à nous habiller, l'esprit empreint d'attachement pour les vêtements avec une pointe d'orgueil à l'idée "d'en jeter", eh bien, sachons que nous allons allégrement accumuler des karma ainsi connotés, jusqu'à ... Horreur !

dimanche 10 avril 2011

Concert de soutien pour le Japon

J'ai organisé un concert de charité pour soutenir mes compatriotes car il s'agit d'une catastrophe nationale et internationale. En tant que chef japonais qui vient de Sendai, je voudrais m'investir dans une action pour mon peuple.


Concert de soutien

à l'Eglise de St-Germain-des Près 75006

le 15 avril à 20h30.


Programme:

Barber Adagio pour cordes

Mozart Symphony No.29, en la majeur K.201

Mozart Symphony No.40, en sol mineur K.550


Direction musicale Shuntaro SATO

Orchestre de musiciens professionnels japonais et francais bénévoles.

Le produit de la vente des entrées sera versé à la Croix-Rouge Japon via l'Ambassade du Japon en France.

Entrée 20€

placement libre

e-mail

Cordialement,

Shuntaro SATO

mercredi 6 avril 2011

Tibet 9 avril 2011, à l'Inalco

Retour de jeunesse

Hier soir, au Forum à Paris, Enseignement de l'Abbé actuel de Drepung Gomang Datsang, originaire de l'Amdo.

Comme prévu, j'ai eu du mal à le comprendre.

Comme pas du tout prévu, j'ai eu un coéquipier : Thupten Gyatso, président de la Commauté tibétaine de Paris, et surtout originaire également de l'Amdo, et ancien moine de Gomang Datsang.

Nous avons commencé par une prestation en duo, puis Thupten a préféré continuer et conclure en solo.
Grand soulagement pour moi.
Intéressant pour les auditeurs, je crois.

Cela m'a mis en joie, pour plusieurs raisons trop longues à relater ici, et cela a fait remonter un souvenir de jeunesse :
en 1980, je m'étais déjà trouvée dans un cas de figure analogue.

C'était lors d'un séjour de Kyabje Ling Dorjechang, le dernier hélas, à l'Haÿ-les-Roses, chez Rinpoche.
Par l'intermédiaire de Geshe Lobsang Tengye, Kybje Ling Rinpoche avait été invité à la Pagode Linh Son, à Joinville le Pont.
Je lui avais déjà servie de traductrice plusieurs fois, mais dans le cadre d'entretiens privés.
C'était une première pour un exposé public.
Handicaps supplémentaires pour le cheval que je suis (NB selon l'horoscope asiatique : rassurez-vous, je ne me prends pas pour un équidé.) :
* on m'avait placée non pas à côté, mais devant le Tuteur Senior, en lui tournant le dos - pas très traditionnel selon les canons tibétains ;
* Rinpoche était certes à côté de moi, pour m'aider en cas de difficulté, mais ... Rinpoche était debout, alors que j'étais assise - toujours pas très conforme à nos usages.
* La Pagode était comble ; beaucoup de personnes étaient debout, faute de sièges en nombre suffisant.
Bref, j'étais tout sauf à l'aise. Et pas du tout sûre de moi (doux euphémisme).

Aux premières phrases énoncées par Kyabje Ling Rinpoche, j'ai prudemment préféré me tourner vers Rinpoche pour avoir confirmation de ce que j'avais cru comprendre.

Or, parmi les personnes debout, il y avait Bruno, un jeune Français qui à l'époque était moine au centre Tharpa Choeling du Mont Pèlerin, auprès de Geshe Rabtenlags.
Voilà notre Bruno, sans doute agacé de mes atermoiements, qui s'empare du micro et se met à traduire. Avec assurance, contrairement à moi - qui n'étais pas mécontente d'être délivrée de la torture de l'interprétariat.
Kyabje Rinpoche me fit signe plusieurs fois de reprendre le micro, mais j'aurais dû l'arracher à Bruno, et - autant l'avouer - je n'en avais guère envie. Ni la force, je suppose.

J'ai ainsi passé les deux heures assise aux pieds de Kyabje Ling Rinpoche, quasiment blottie contre ses genoux bienveillants, face à l'assistance, et sans plus rien avoir à dire.
Un grand moment !

dimanche 3 avril 2011

Accompagnement des mourants

Le Vénérable Dagpo Rinpoché donnera une conférence, dans le cadre du Salon de la Mort,

sur l'Accompagnement aux Mourants,

le vendredi 8 avril 2011 à 17h30
au Carrousel du Louvres,
Salle Raphaël,
99 rue de Rivoli,
Paris 1er arrondissement

Métro Palais Royal.

vendredi 1 avril 2011

Tashi deleg

Bonne et heureuse Année !
Puisque jusqu'en 1564 et l'ordonnance du roi Charles IX, le Nouvel An était célébré le 1er avril.*

Au Tibet aussi, dans certaines régions, le Nouvel An est (était) fixé au printemps.



* C'est même pas un poisson !

jeudi 31 mars 2011

SS le Dalaï Lama et de jeunes compatriotes

C'était à Toronto, en 2007 peut-être.

L'abbé de Gomang Datsang à Paris


L'abbé du Monastère de Drepung Gomang, Khen Rinpoche Yonten Dhamchoe, donnera un enseignement au Forum, 104 rue de Vaugirard, le mardi 5 avril 2011 à 18h45.

Ce Maître est originaire de l'Amdo, où il est né en 1940.
(-> Sais pas si j'arriverai à comprendre son accent...)

Cérémonie pour le Japon


La Pagode était comble dimanche dernier, pour la cérémonie de prières et de recueillement proposée par l'UBF, notamment à l'intention des victimes directes et indirectes des catasprophes survenues au Japon récemment.

(Photo de Federico Procopio)

Guignols de l'info

Acculturation du bouddhisme en France :

le Président de l'Union bouddhiste de France a sa marionnette depuis hier soir (30 mars) aux Guignols de l'info...

mercredi 23 mars 2011

Décès de Jampa Rinpoche le 22 mars 2011


Jampa Rinpoche (1993)

Born in Tawo, Kham, in eastern Tibet in 1936, Jampa Rinpoche was recognized at the age of three as the reincarnation of the great practitioner and physician-adept Gonpo Rinchen. Jampa Rinpoche was a very close disciple of Kyabje Ling Rinpoche, senior tutor to His Holiness the Dalai Lama, and participated in finding the reincarnation of Ling Rinpoche.
During his training Rinpoche received teachings from all four major schools of Tibetan Buddhism, including many rare transmissions and empowerments and special healing and divination practices. In 1959 he followed His Holiness the Dalai Lama into exile in India, where he completed his studies in Buddhism and in 1978 received his Geshe degree from Drepung Loseling Monastery in south India.



mardi 22 mars 2011

Discours de SS le Dalaï Lama 19-03-11

Discours énoncé le 19 mars 2011, en introduction à un exposé des Jataka (vies antérieures du Bouddha Shakyamouni), pour clôturer le Mönlam.
(Pour le petite histoire :
au Tibet c'était le Ganden Tripa - chef de l'école des gelugpa - qui exposait traditionnellement les Jataka tout au long des festivités du Mönlam, à Lhasa, dans le grand temple du Jokhang.)

Traduction en anglais



Discours en tibétain

dimanche 20 mars 2011

mercredi 16 mars 2011

Japon : cérémonie de prières à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

Le 27 mars 2011, à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, à partir de 15 heures

Cérémonie de recueillement et de prières pour le Japon et toutes les victimes des catastrophes qui s'enchaînent dans le monde actuellement


L’Union Bouddhiste de France s’associe à la douleur et la détresse des habitants de la région de Sendai et du peuple japonais, et de toutes les populations touchées par cette cascade d’événements dramatiques d’une rare intensité. L’émotion suscitée par cette effroyable catastrophe est immense et les mots deviennent dérisoires.

Au nom des bouddhistes de France, nous témoignons de notre profonde compassion et sympathie à toutes les victimes et à leurs familles.
Nous les assurons de nos prières et de notre sincère amitié.

L’UBF invite tous les centres bouddhistes de France à dédier les rituels et cérémonies de ces prochains jours à l’intention des victimes et sinistrés de ce drame brutal.

Le 27 mars, une cérémonie commune réunira toutes les traditions bouddhistes à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, à partir de 15 h, afin de partager un moment de recueillement, dans un élan de fraternité et d’espoir pour un dénouement proche et rassurant.

Union Bouddhiste de France
Grande Pagode
Route de la Ceinture du Lac Daumesnil
75012 Paris
Métro Porte Dorée
Tél. 06 19 14 25 52
E-mail : info@bouddhisme-france.org



lundi 14 mars 2011

Prières

"Joindre nos prières pour", par ex, les victimes des séismes, tsunami et autres catastrophes, "naturelles" ou non.

Cela peut paraître minime, voire stérile.
Et pourtant.

Si on admet la loi de causalité, tout résultat procède d'une ou plusieurs causes mauvais, associées à un nombre x de conditions telles qu'elles permettent à la ou aux cause(s) mauvaises de donner leur ou leurs résultats, forcément déplaisants.

Sachant qu'au final, c'est l'ultime goutte qui fait déborder le vase, des voeux et prières judicieusement formulés pourraient faire pencher la balance du bon côté.
Cela vaut donc le coup de tout essayer, y compris l'accumulation de karma bons + dédicaces.

Japon

OH m'a communiqué ce lien où on peut voir des photos très parlantes des dégâts causés par le séisme et le tsunami de vendredi.

Outre les secousses qui depuis se répètent à intervalles rapprochés, ce matin (lundi), deux séismes assez forts se sont à nouveau produits : 5,9 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'un. Dans la centrale de Fukushima, des explosions successives laissent craindre une catastrophe nucléaire.

Cela semblerait largement suffisant pour juguler la saisie d'éternalisme ?
Apparemment non...

vendredi 11 mars 2011

Séisme et tsunami

Un tsunami d'une force exceptionnelle a déferlé sur Sendai ce matin, comme vous le savez sans doute. Impossible de dresser pour le moment un bilan, et des récidives ne sont pas exclues.

Voici qui vient illustrer clairement, hélas :
l'impermanence grossière des choses ;
la loi de causalité ;
l'interdépendance,
et bien d'autres points.

jeudi 10 mars 2011

Les bouddhistes dans le monde

Amis bouddhistes, vous vous sentez parfois un peu isolés ?
Rassurez-vous :
nous serions entre 800 cents millions et un milliard sur cette planète.

+ les Bouddhas qui, percevant tout, sont partout :
l'une des caractéristiques d'un Bouddha est qu'il se trouve à tout endroit qu'il perçoit.
Et comme il perçoit tout à chaque instant, puisqu'il est omniscient, ...

Maître racine

Pour celui qui a plusieurs Maîtres, qui est le Maître-racine, cad le Maître principal ?

- * Ultimement, tous les Maîtres de x sont autant de Maîtres-racines pour x. Encore faut-il que x ait suffisamment développé la foi et la sagesse pour s'en rendre compte.

* En deçà, dans le mahayana, le Maître racine est celui grâce aux instructions duquel on aurait réalisé l'esprit d'Eveil (bodhicitta).

* En deçà, tant qu'on n'a pas réalisé l'esprit d'Eveil, le Maître racine est celui qui a l'influence la plus manifestement bénéfique, celui qui inspire le plus aisément de la foi, etc.

* Selon le vinaya, le Maître principal est l'abbé (upadhyaya), cad celui qui fait entrer dans les ordres (ce qui suppose un minimum de renoncement au samsara).

Le grand geshe kadampa Potowa dit que son véritable abbé était Domtönpa.
Comme Domtönpa était non pas moine, mais laïc, il n'avait évidemment pas conféré l'ordination à Potowa, mais celui-ci le considéra comme son vrai upadhyaya, car - expliquait-il -, c'est Domtönpa qui lui permit de réaliser le renoncement au samsara.

Des Maîtres

Dans le bouddhisme, traditionnellement, c'est le disciple qui choisit son ou ses Maîtres, et qui établit le lien.

Quand la relation s'établit-elle ?
- Sitôt qu'en écoutant un Enseignement, même très bref (par ex l'énonciation d'un verset), l'auditeur se positionne en tant que disciple, en se disant qu'il considère l'enseignant comme son Maître (= comme l'un de des Maîtres).

Vaut-il mieux avoir un ou plusieurs Maîtres ?
- Ca dépend.
Selon la lignée kadampa, issue d'Atisha et Dromtönpa, il est dit que les disciples débutants auraient intérêt à n'avoir que peu de Maîtres, alors que les disciples désormais pleins de foi peuvent se permettre, et ont même intérêt, à avoir beaucoup de Maîtres.
Atisha aurait ainsi eu une bonne centaine de Maîtres, tandis que Domtönpa en aurait eu ... trois seulement.
Domtönpa n'était certainement pas un débutant, mais il a ainsi montré un exemple, Atisha en montrant un autre : magnifique concerto à deux voix.

Combien de temps dure la relation ?
- Normalement, elle est irréversible, et elle se poursuit de vie en vie.
Sauf si le disciple change d'avis et décide de ne plus suivre ce Maître.
Une telle rupture est l'une des fautes les plus graves qui soient, surtout dans la tradition vajrayana du mahayana.

A l'éclairage de la réincarnation et de loi de causalité, il est erroné, voire nocif, de parler d'"ancien" Maître ou d'"ancien" disciple, du seul fait que l'un ou l'autre serait décédé.
De même que de changer d'habits ne modifie ni n'interrompt les relations nouées avec l'entourage, le fait de changer de support physique ne modifie pas ni n'interrompt les relations nouées avec les Maîtres.

La base de la voie

La base de la voie ?

Le Maître.
Ou plus exactement, le fait de suivre correctement le ou les Maîtres, choisi(s) par soi-même.

On pourrait aussi dire :
La foi.
La foi en le(s) Maître(s), considéré(s) en tant que Bouddha.

samedi 5 mars 2011

Conférence de Rinpoche 6 mars

Attention, changement d'horaire : la conférence du Vénérable Dagpo Rinpoche aura lieu à 14 h (et non à 16 h).

Adresse
Forum 104 rue de Vaugirard Paris 6e
Métro Montparnasse ou Saint-Placide

Maîtres de toutes les vies

Mes souhaits à l'occasion du Losar (= Nouvel An) :

Puissent les êtres n'être jamais séparés de leurs Maîtres.
Puissent-ils, de vie en vie, être guidés par Eux, jusqu'à l'obtention de l'Eveil suprême.

Un point réconfortant dans la relation avec nos Maîtres, est que, si de notre côté nous entretenons la foi, la mort ne nous sépare pas d'Eux.

vendredi 4 mars 2011

Nouvelle Année

Bonne et heureuse Année du lièvre de fer !

Le vrai problème

Au fond, le problème, ce n'est pas de devoir mourir.
C'est de mourir sans avoir pratiqué le Dharma.
C'est à dire sans avoir pratiqué le bien. Sans avoir progressé.

lundi 21 février 2011

Questionnement

... Ne serait-il point plus sage de commencer par balayer devant sa porte ? ...

Le scoop du jour

La vie est courte et le temps passe vite...

De l'impermanence

Ce qui fut se refait ;
Tout coule comme une eau, et rien dessous le ciel ne se voit de nouveau ;
Mais la forme se change en une autre nouvelle.
Et ce changement-là, Vivre, au monde s’appelle,
Et Mourir quand la forme en une autre s’en va.

Pierre de Ronsard

vendredi 18 février 2011

Choeur d'enfants Tibétains

C'est un peu hors sujet, mais les petits Tibétains chantant ... Nabucco, etc. avec Luciano Pavarotti et Enrico Iglesias en 2000, m'ont fait craquer.
D'où partage.

jeudi 17 février 2011

Une vie humaine

Une vie, c'est bien court !

Les jeunes, vous ne devez pas connaître cette chanson de Jean-Claude Darnal (voix magnifique), que j'écoutais en boucle dans mon jeune temps - c'était au siècle dernier, eh oui !



Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas
Un homme rude et fort qui marchait à grands pas
Derrière un petit gars lui emboîtait le pas
Mais n'y arrivait pas

Papa, ô Papa, attends-moi je ne peux pas
Papa si tu vas à grands pas faire ton pas
Un pas c'est un pas mais ton pas je ne l'ai pas
Papa, ô Papa, je ne peux pas

Parfois le bonhomme s'arrêtait pour laisser
Laisser au gamin le temps d'le rattraper
Sitôt qu'ils étaient à nouveau rassemblés
Alors il repartait

Papa, ô Papa, attends-moi, je ne peux pas
Viens là mon p'tit gars, t'en fais pas, prends mon pas
Un pas c'est un pas mais ton pas je ne l'ai pas
Viens là mon gars ne t'en fais pas

La marche avançait mais le temps défilait
Notre homme vieillissait, le gamin grandissait
Son pas s'allongea et maintenant pas à pas
Ils s'en allaient là-bas

Papa, ô Papa, regardes moi, faire mon pas
Papa si tu vas à grands pas j'fais comme toi
Un pas c'est un pas et ton pas c'est mon pas
Papa, papa, je fais ton pas

Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas
Un homme rude et fort qui marchait à grands pas
Laissant derrière lui un vieillard qui a dit
Adieu, j'arrête ici

Vas, vas, mon p'tit gars d'un bon pas n'attends pas
Mon pas est trop las, vas tout seul vers là-bas
Un jour tu verras un gamin qui suivra
Ton pas et le rattrapera
Un jour tu verras un gamin qui suivra
Ton pas et le dépassera !

mardi 15 février 2011

Décès d'un neveu de Sa Sainteté


OH vient de me communiquer une bien triste information :
un neveu de Sa Sainteté, Jigme Norbu, est décédé hier aux Etats Unis (14 février 2011), suite à un accident alors qu'il participait à une marche pour le Tibet, il a été heurté par une voiture.

Jigme Norbu, âgé de 45 ans, était fils de Tagster Rinpoche (décédé en 2008 à 86 ans), frère aîné de Sa Sainteté.
Voir article en anglais ; article en tibétain ཡིད་སྐྱོའི་གནས་ཚུལ།

Assez curieusement, il y a une bonne trentaine d'années de cela, une toute jeune nièce de Sa Sainteté qui était venue étudier le français à l'Alliance française deParis, est décédée après avoir été accrochée par une voiture alors qu'elle se promenait dans le quartier latin.

lundi 14 février 2011

Les Arhat

Les Arhat sont des personnages qui, ayant définitivement dissipé les voiles des facteurs perturbateurs (klesha), ont atteint le nirvana ou sens de "libération personnelle du samsara", ou plus littéralement l'état "au-delà de la souffrance".

Par définition, tout Arhat est Arya - mais tout Arya n'est pas encore forcément Arhat.
Tout Bouddha est Arhat - mais tout Arhat n'est pas encore forcément Bouddha.

Les Arya

Pour rappel, qu'est-ce qu'un Arya ?

Un Arya est quelqu'un qui "voit", ou encore "perçoit", ou encore "comprend" directement le non soi - l'absence d'existence réelle des phénomènes pris en compte.

Au sein des différentes classifications des existants, la catégorie générique "individu" (ou encore "être") se répartit en deux sous-groupes : Arya et non Arya.

Les Bouddhas sont par définitions des Arya.
En revanche, tous Arya ne sont pas Bouddhas : la réalisation du non-soi est nécessaire mais pas suffisante pour devenir Bouddha.

Les bodhisttvas ne sont pas forcément déjà Arya : réaliser l'esprit d'Eveil ne requiert pas, ni n'inclut, d'avoir déjà réalisé le non soi, de même d'ailleurs que réaliser le non soi ne requiert pas, ni n'inclut, d'avoir réalisé bodhicitta.
En revanche, réaliser l'état de Bouddha exige d'avoir réalisé et le non soi et bodhicitta, car réaliser l'état de Bouddha exige d'unir la méthode et la sagesse.

L'obtention de l'état d'Arya est définitive : les Arya ne progressent pas tous au même rythme, certes, mais en aucun ils ne risquent de rechuter dans la catégorie des "êtres ordinaires".

jeudi 10 février 2011

Alors la Paix viendra

Auteur Pierre Guilbert (prêtre loubard, éducateur, que j'admire énormément)

Si tu crois qu'un sourire est plus fort qu'une arme,
Si tu crois à la puissance d'une main offerte,
Si tu crois que ce qui rassemble les hommes est plus important que ce qui divise,
Si tu crois qu'être différent est une richesse et non pas un danger,
Si tu sais regarder l'autre avec un brin d'amour,
Si tu préfères l'espérance au soupçon,
Si tu estimes que c'est à toi de faire le premier pas, plutôt qu'à l'autre,
Si le regard d'un enfant parvient encore à désarmer ton coeur,
Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,
Si l'injustice qui frappe les autres te révolte autant que celle que tu subis,
Si pour toi l'étranger est un frère qui t'est proposé,
Si tu sais donner gratuitement un peu de ton temps par amour,
Si tu acceptes qu'un autre te rende service,
Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton coeur,
Si tu crois qu'un pardon va plus loin qu'une vengeance,
Si tu sais chanter le bonheur des autres et danser leur allégresse,
Si tu peux écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder ton sourire,
Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit, sans la renvoyer et te justifier,
Si tu sais accueillir et adopter un avis différent du tien,
Si pour toi l'autre est d'abord un frère,
Si la colère est pour toi une faiblesse, non une preuve de force,
Si tu préfères être lésé que faire tort à quelqu'un,
Si tu refuses qu'après toi ce soit le déluge,
Si tu te ranges du côté du pauvre et de l'opprimé sans te prendre pour un héros,
Si tu crois que l'Amour est la seule force de dissuasion,
Si tu crois que la Paix est possible, ...........Alors la Paix viendra.

Sources : de Prier.be

Quelques mots sur Pierre Guilbert :
Ancien curé de la paroisse de Saint-Thomas d'Aquin à Paris.
Plongé dans l'action, il est aujourd'hui chargé de l’animation du S.R.V.F. (Service Régional des Vocations Féminines) en Ile-de-France, un organisme qui accueille et accompagne les jeunes filles en recherche.
sources: Dieuparminous.com

mardi 8 février 2011

Enfant de yak

Le film de Christophe Boula, Enfant de yak, faisant partie de la sélection du Festival International de Clermont-Ferrand,

Arte a programmé plusieurs diffusion en 2011, par ex
le jeudi 10 février à 16 h15
le dimanche 13 février à 9 h 40, etc.


Tibet sur Arte

Au cas où :

Cette semaine,
ARTE diffuse tous les jours à 16 h 50 un documentaire de 3/4 d'heures environ sur le Tibet : Une année au Tibet .

lundi 7 février 2011

La voix de la terre



Les voix de daïa
Original: JS Bach "Air" Orchestral Suite N° 3 in D Major_BWV 1068
Soliste: Alex 10 ans

Je viens de découvrir ça. D'où partage.

mercredi 2 février 2011

Sa Sainteté à Mundgod

Sa Sainteté le Dalai Lama est ces jours à Mundgod.

Voir quelques photos prises à Drepoung et à Ganden.

A voir : La Traversée du Zanskar

Réalisé par Frederick Marx
Avec Richard Gere, Dalaï Lama, Lobsang Dhamchoe

Titre original : Journey from Zanskar
Durée : 01h29min

Pour aider à sauver leur peuple et leur culture, au péril de leur vie, 2 moines tibétains traversent avec 17 enfants pauvres âgés de 4 à 12 ans les cols de l’Himalaya jusqu’aux écoles tibétaines en Inde

A noter : Les plus petits sont scolarisés à l'école qui jouxte Dagpo Datsang, à Kaïs !

Cinéma "L'Arlequin" - 76 rue de Rennes, 75006 Paris - 08 92 68 48 24 -
( Métro : St Sulpice (ligne 4) )

Me 02 février à 15h
Je 03 février à à 15h
Ve 04 février à 15h
Sa 05 février à 12h & 15h
Di 06 février à 15h
Lu 07 février à 15h
Ma 08 février à 15h

Voir la bande-annonce


mardi 1 février 2011

L'école de Kais (Dagpo Datsang)

Deux articles (en anglais) trouvés sur le site de Rio Helmi, avec de jolies photos à l'appui (en langage universel)

L'école de Dagpo Datsang

Deux semaines en Himalaya

Le "progrès"

"Notre poison quotidien"
Film de Marie-Monique Robin

le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40

http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/



Les mots et le sens

Un peu de logique, que diable.


Quand je suis né, j'étais noir.

Quand j'ai grandi, j'étais noir.

Quand j'ai peur, je suis noir.

Quand je vais au soleil, je suis noir.

Quand je suis malade, je suis noir.



Tandis que toi "Homme blanc" !



Quand tu es né, tu étais rose.

Quand tu as grandi, tu es devenu blanc.

Quand tu vas au soleil, tu deviens rouge.

Quand tu as froid, tu deviens bleu.

Quand tu as peur, tu deviens vert.

Quand tu es malade, tu deviens jaune.

Et après ça...


Tu as le toupet de m'appeler :

"Homme de couleur" ???

lundi 31 janvier 2011

Photos de Bangalore et Mundgod







Aujourd'hui Sa Sainteté inaugurait le nouveau temple du monastère de Rato, à Mundgod.

C'est le monastère de Khyongla Rinpoche, vous savez : "Blue jeans Rinpoche".
Son autobiographie, en anglais, est passionnante :
My Life and lives

De la mort

Un tabou serait-il en train de se dissiper ?

Les 8, 9 et 10 avril se tiendra à Paris un ... Salon de la mort.
Cela peut présenter un intérêt.

SS le Dalaï Lama à Sarnath

International Conference on Vinaya
Central University of Tibetan Studies in Sarnath, Inde, 17 janvier 2011



His Holiness the Dalai Lama's address on the opening day of the International Conference on Vinaya held at the Central University of Tibetan Studies in Sarnath, India, on January 17th, 2011. (www.dalailama.com)


Mind and Life (en anglais)

Trouvé sur Youtube

19 -- 21 November 2010, New Delhi, India. This video clip shows HH Dalai Lama appreciation of the presentation of Jain muni Mahendra Kumar along with Arun Jethalal Zaveri.


Vidéos postée par gyalwarinpoche le 7 décembre 2010

(pas trouvé de Session I)

"Foundations for Scientific Understanding of Contemplative Practices", the second session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Mattieu Ricard (comtemplative practitioner), and Richard Davidson (scientist). The moderator is Daniel Goldman and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include Wolf Singer (scientist), John Dunne (contemplative scholar) and Rajesh Kasturirangan (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)



"Understanding Contemplative Practices: Vedanta", the third session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Swami Atmapriyananda (Vedenta scholar and practitioner), and Chakravarthi Ram-Prasad (Vedanta scholar) The moderator is John Dunne and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include Wolf Singer (scientist), Mattieu Ricard (comtemplative practitioner) and Aditya Murthy (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)



"Understanding Contemplative Practices: Yoga and Jain", the fourth session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Muni Mahendra Kumar (Jain practitioner), BN Gangadhar (Clinical scientist/yoga) and Shirley Telles (Yoga practice). The moderator is Wolf Singer and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include HR Nagendra (clinical scientist), and Ricard Davidson (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)


"Reflections, Integrations, and Future Directions", the fifth session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Discussants include His Holiness the Dalai Lama, VS Ramamurthy, Kapila Vatsyayan, Richard Davidson, and Wolf Singer. The moderator is Vijayalakshmi Ravindranath and the interpreter is Thupten Jinpa. (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)


samedi 29 janvier 2011

Selon Paul Ricoeur (1913 - 2005), philosophe protestant, l'éthique est "la recherche d'une vie bonne, avec et pour les autres, dans le cadre d'institutions justes".

samedi 22 janvier 2011

Compassion

Impossible de développer l'esprit d'Eveil sans la grande compassion.

A quoi resssemble cette qualité si précieuse, mais terriblement mal traduite en français ?
Procédons par élimination. Non, la "compassion" au sens bouddhiste ne consiste pas à "souffrir avec".
Certainement pas, car les Bouddhas, qui ont parachevé la grande compassion, sont au-delà de toute souffrance. C'est pour cela que je trouve que la traduction retenue en français (mais, je crois, aussi dans d'autres langues occidentales) n'est pas des plus heureuses.
Je préfère le terme tibétain - snying rje - qui signifie littéralement "seigneur du coeur". C'est plus joli, et comme ça ne veut pas dire grand chose directement, on peut y mettre un sens plus aisément.

Quel sens ?
Snying rje suppose d'avoir pris conscience de la souffrance d'autrui, et d'être indigné par cette souffrance, ressentie comme inadmissible. Cela ressemble étrangement à la "sainte colère" si magnifiquement exprimée naguère par l'Abbé Pierre.
Cela n'a pourtant rien à voir avec la colère, car loin de vouloir du mal à qui que ce soit, snying rje (comme la sainte colère) n'aspire quau bonheur de ceux qui sont concernés.

Justement, qui pourrait être visé par la compassion ?
En tout et pour tout, des êtres autres que soi, en proie à la souffrance, sous l'une ou l'autre de ses formes. Ce qui exclut les Bouddhas et les Arhat, et sans doute les Arya.
Pourquoi ai-je précisé "autres que soi" ? Parce que la prise de conscience de ses propres souffrance éveille ce qu'on appelle le "renoncement". Orientée vers les souffrances d'autrui, elle suscite "la compassion".

Tout un chacun a naturellement, instinctivement même, du mal à supporter que des proches souffrent. Il s'agit alors de compassion, mais pas de grande compassion.

La compassion est qualifiable de "grande" dès lors que, sur la base de l'équanimité, elle s'étend à tous les êtres exposés à la souffrance.

La grande compassion est-elle le fait exclusivement des bodhisattva et des Bouddhas ?
Non, non. Tous les Arhat ont réalisé la grande compassion. C'est à dire non seulement les Arhat du mahayana, mais aussi les autres (que l'on parle de "hinayana", "theravada", ou lignée du sud).

Ben alors, si les Arhat hors du mahayana ont aussi réalisé la grande compassion, où réside donc la nuance ?
Elle réside en la "pensée supérieure", qui consiste à se dire qu'à titre personnel, on a la responsabilité d'oeuvrer pour le bien de tous les êtres, de sorte à les libérer de la souffrance et de leur donner accès au bonheur.
Oui mais, en a-t-on la capacité ? On se rend compte alors qu'on n'en est pas capable, en tout cas pas encore.
Pourrait-on en devenir capable ? Oui. En devenant Bouddha.
D'où l'aspiration à devenir Bouddha, pour accomplir le bien de tous les êtres. Vous aurez reconnu ici bodhicitta.

Autrement dit, la grande compassion, dont la réalisation se situe avant la réalisation de l'esprit d'Eveil, aboutit à celui-ci si la personne estime avoir le devoir d'accomplir le bien de tous les êtres et prend la décision d'en endosser la responsabilité. Or, pour oser assumer une telle responsabilité, il faut être convaincu que c'est chose faisable. Et sur ce point, les opinions divergent.

Quelqu'un qui a développé la grande compassion mais pas la "pensée supérieure" (et donc pas non plus bodhicitta) éprouve le désir sincère d'aider de son mieux le plus d'êtres possibles, et il agit de cette façon. Mais il ne conçoit pas (en tout cas, pas pour le moment) que ce serait à lui de faire en sorte de libérer tous les êtres de la souffrance, sous toutes ses formes, et de leur donner accès au bonheur supérieur.

Bodhisattva et bodhicitta - suite

"Rejeter un être", dans le contexte du mahayana, reviendrait à penser qu'en aucun cas, on ne fera jamais rien pour aider cet être. Jamais, au grand jamais.

En revanche, se dire que momentanément, on ne peut pas faire grand chose directement pour quelqu'un, n'est pas forcément non vertueux. Cela va dépendre avant tout de l'état d'esprit.
Si on se désintéresse du sort de quelqu'un par colère, il est évident que ce ne peut qu'être non vertueux.

Mais parfois, admettre que, pour le moment, on ne peut pas apporter d'aide immédiate de façon tangible (sur les autres plans, on peut toujours faire en sorte d'agir pour le bien d'autrui, au travers de prières, de dédicaces, etc.), ce peut être faire preuve de sagesse : en effet, pour pouvoir aider concrètement quelqu'un, encore faut-il que certaines conditions soient réunies. Notamment, il faut que l'être concerné soit prêt à recevoir l'aide qu'on souhaite lui offrir, et qu'il en soit capable : exposer la vacuité à un animal ne va a priori pas générer des effets immédiats, par exemple, mais cela va quand même déposer en lui des empreintes qui pourront mûrir un jour.

En ce qui concerne les êtres humains, il convient d'être particulièrement attentifs à ce qu'eux souhaitent, et peuvent, entendre.
Jouer les moralisateurs est franchement contre-productif.

Soyons logiques : s'il était possible d'accomplir le bien des êtres contre leur, gré, il y a longtemps que tout le monde (dont nous) serait sorti du samsara. Ce n'est, hélas, pas le cas, ce qui démontre qu'aider les êtres va consister à les accompagner à leur rythme.
Voilà qui demande de la patience, beaucoup de patience, infiniment de patience.
Tenez, une patience du genre de celle dont nos Maîtres font preuve à notre égard.

Bodhisattva et bodhicitta

Suite à notre causerie de l'autre jour à propos de "Bouddha", il convient de nous entendre sur ce que nous appelons "bodhisattva", puisque, par définition, il faut devenir bodhisattva pour pouvoir devenir Bouddha.

La définition est simple :
Tout être qui réalise bodhicitta devient simultanément un bodhisattva.

Simple, simple. C'est vite dit.
C'est quoi, "bodhicitta" ?

Bodhicitta, ou encore "esprit d'Eveil" (variante : "pensée d'Eveil", etc.) :
aspiration désormais spontanée (cad ne nécessitant plus d'effort) à obtenir l'état de Bouddha pour accomplir le bien de tous les êtres - autrui et soi-même.

Bodhicitta est un état d'esprit éminemment altruiste, qui naît de qualités préalablement développées : grande compassion (cad compassion portant sur tous les êtres, ennemis y compris) et grand amour (même remarque) , eux-mêmes fondés sur une complète équanimité, et en-deçà sur le renoncement au samsara.

Bodhicitta implique entre autres d'avoir neutralisé (pas encore détruit, mais déjà mis en veilleuse) rang gces 'dzin : l'"autochérissement", ou si vous préférez "l'egocentrisme", la tendance naturelle à tous les êtres ordinaires du samsara d'avant tout se chérir eux-mêmes, et donc de s'accorder la première place et de se considérer comme plus importants que n'importe qui d'autre.

Au sens propre du terme, un bodhisattva est donc un personnage altruiste, accordant désormais la préséance à autrui.

Le terme admet aussi un sens élargi, fréquemment utilisé dans les traités indiens de grands maîtres tels qu'Asanga et dans les lignées répandues dans la sphère bouddhiste d'influence chinoise (Corée, Japon, Vietnam, etc. Mais pas le Tibet, qui a reçu le bouddhisme directement de l'Inde, et non de la Chine).
Outre les bodhisattva patentés, le terme s'étend ici à ceux qui aspirent à devenir bodhisattva, et prononcent le voeu, ou encore les voeux, de bodhisattva, avant même d'avoir réalisé bodhicitta, ce pour y parvenir le plus vite possible.

Un trait majeur, pour ne pas dire LE trait caractéristique, de bodhicitta, est ainsi de prendre à coeur le sort de tous les êtres, y compris et surtout les "pires", car ce sont eux, après tout, qui sont le plus dignes de compassion et d'amour.

Par conséquent, la faute la plus grave dans le mahayana consiste à rejeter ne serait-ce qu'un seul être. Ca revient à rejeter l'esprit d'Eveil.
C'est l'une des deux fautes qui brisent instantanément les voeux de bodhisattva.

Combattre l'attachement

Pour ce qui est de l'attachement, le seul moyen de l'éradiquer totalement est indéniablement de comprendre le non soi.

Mais le seul moyen pour pouvoir un jour comprendre le non soi est de ... commencer par affaiblir l'attachement.
Avec patience et persévérance, car chaque arbre (objet visible d'attachement) cache une forêt.

Il est souligné dans les grands traités que la compréhension de la vacuité est affaire de mérites, et non d'intelligence !
Qui souhaite réaliser le non-soi aurait avantage à s'atteler à la réunion des accumulations de mérites.

Joindre l'agréable à l'utile

Vouloir pratiquer, vouloir méditer, voilà qui est bien.
Mais là comme partout, la modération s'impose.

A trop cogiter, on deviendrait facilement sceptique voire nihiliste.
Seulement, voilà, paraît que scepticisme et nihilisme, c'est pas génial au travers du prisme de la loi de causalité.

C'est aussi pour cela entre (autres raisons multiples et diverses) qu'il est recommandé d'encadrer les méditations, y compris de type analytique, de diverses pratiques concourant à la purification et à la réunion des accumulations.

C'est aussi pour cela qu'il est instamment conseillé de se reporter à un plan qui balise la route à suivre, et préserve des chemins de traverse. Un lamrim, pour dire les choses en face.
Précision : il ne suffit pas de s'y reporter. Il s'agit de le suivre.

C'est dur, très dur, surtout pour les impatients comme moi : c'est si tentant d'aller "directement au but", en sautant allégrement les étapes "inférieures".
L'embêtant, c'est que ces étapes ne sont pas "inférieures", mais "fondamentales".
Les mépriser, c'est mépriser les fondations du palais à construire : effondrement quasiment garanti.

Pour en revenir à la pratique du Dharma, comme tout le monde n'est pas forcément prêt pour la caverne, en tout cas pour qu'un séjour dans une grotte ait un sens, un bon truc pour allier l'utile à l'agréable, est de faire ... de l'utile agréable.
Par exemple, en aidant des êtres, humains ou animaux, de manière assez concrète pour pouvoir espérer voir quelques résultats, et au moins bénéficier de quelques relations humaines.
Il y a l'embarras du choix : personnes âgées ; enfants - mal ou bien traités, selon ce qu'on se sent en état de faire / soutien scolaire, sport, arts ou autres - ; malades de tous âges ; étrangers et autres minorités (femmes, même non battues, etc.) ; animaux ; environnement - liste non exhaustive.
En fait, s'impliquer dans (presque) n'importe quoi n'importe où conviendrait, car partout il y a des personnes qui ont envie/besoin d'une oreille attentive et bienveillante.

Le tout sans trop se faire d'illusions, et sans trop d'attente : la perfection n'est pas de ce bas monde (au sens de samsara).

lundi 17 janvier 2011

De la bienveillance des êtres à notre endroit

Pour réaliser l'esprit d'Eveil (bodhicitta), et ainsi devenir un bodhisattva qui souhaite désormais - spontanément - accomplir le bien de tous les êtres, amis, ennemis comme indifférents, il y a pas mal de marches à gravir.

Sur la base du renoncement au samsara, il faut développer amour et compassion à l'égard de tous les êtres sans exception. Ceci suppose d'avoir réalisé l'équanimité en les mettant tous sur un pied d'égalité (plus facile à dire qu'à faire) et aussi d'avoir pris conscience de tout ce dont on leur est redevable, soit quand ces êtres êtres ont été pour nous des mères attentives soit dans d'autres contextes,
ou plus exactement avoir pris conscience qu'on leur est redevable de tout.

En effet, nous n'avons rien, mais alors rien, qui ne nous vienne d'autrui. De notre corps jusqu'à nos connaissances, en passant par nos divers autres biens matériels, ou encore nos qualités.

Voici un poème bien de chez nous, qui décrit notre situation de totale dépendance à l'égard de la bienveillance d'autrui.
Merci à MTG de me l'avoir envoyé.

Un Songe
de René François Sully Prudhommme (1839-1907)

Le
laboureur m'a dit en songe : "Fais ton pain
Je ne te nourris plus : gratte la terre et sème."
Le tisserand m'a dit : "Fais tes habits toi-même."
Et le maçon m'a dit : " Prends la truelle en main."

Et seul, abandonné de tout le genre humain
Dont, je traînai partout l'implacable anathème,
Quand j'implorai du ciel une pitié suprême,
Je trouvais des lions debout sur mon chemin.

J'ouvris les yeux, doutant si l'aube était réelle ;
De hardis compagnons sifflaient sur leurs échelles.
Les métiers bourdonnaient, les champs étaient semés.

Je connus mon bonheur, et qu'au monde où nous sommes
Nul ne peut se vanter de se passer des hommes,
Et depuis ce jour-là, je les ai tous aimés.



jeudi 13 janvier 2011

Bouddha

Nous utilisons continuellement des mots pour nous exprimer - pas moyen de faire autrement - , mais de là à nous comprendre, il y a une marge, parfois un gouffre.

J'ai donc envie de consacrer quelques billets aux termes les plus usuels du Dharma, afin d'esquisser quelques traits de leurs champs sémantiques, selon la perspective du mahayana ( vajrayana inclus).

Commençons par "Buddha" (sangs rgyas), avec ses multiples équivalents dont Bhagavat, Tathagata, Sugata, Vainqueur, Victorieux.

Sangs signifie "éveillé" (du sommeil de l'ignorance) et rgyas "développé", "vaste".

Premièrement, il est à noter que le mot "buddha", qui décrit l'état de perfection, a plusieurs emplois, comme nom commun, nom propre, mais aussi adjectif qualificatif.
Vouloir devenir Bouddha revient au fond à vouloir devenir "parfait".

En effet, "buddha" suppose l'élimination totale de tous les défauts et obstacles avec en parallèle l'épanouissement de toutes les qualités (sagesse, amour, etc.).
La finalité de cet état est d'accomplir le bien de tous les êtres, autrui et soi-même.
Les personnages qui l'ont atteint sont appelés aryabuddha, ou buddha par abréviation.

Le chemin qui mène à l'Eveil suprême de Bouddha est connue sous le nom de "voie du grand véhicule" (mahayana).
Il faut d'abord produit l'esprit d'Éveil, puis s'adonner aux six perfections (paramita) de sorte à réunir les deux "accumulations" (mérites et sagesse). Une fois parachevées, celles-ci "produisent" l'état de Bouddha avec ses deux facettes : Dharmakaya et Rupakaya.

De l'accumulation de sagesse (compréhension du non-soi, ou encore de la vacuité) résulte le Corps de la loi (Dharmakaya) : l'esprit et ses qualités
- du point de vue du plan relatif : omniscience, amour et compassion, faculté de désormais agir immédiatement et spontanément pour le bien des êtres ;
- du point de vue du plan ultime, sa vacuité.

De l'accumulation de mérites (amour, compassion, générosité, patience, en fait toutes les quailités hormis la sagesse), procède le Corps formel (Rupakaya), c'est-à-dire la ou les formes revêtues.

Le Bouddha (Aryabuddha) est l'un des Trois Joyaux en lesquels les bouddhistes placent leur foi et leurs espoirs. Bouddha est un refuge en ce qu'il montre ("enseigne") la voie à parcourir pour arriver au plein épanouissement. Il est le Guide par excellence.
Dans la vision commune de la prise de refuge, le Bouddha en tant que l'un des trois joyaux est par définition le Bouddha Shakyamouni, source de l'Enseignement de l'époque à laquelle nous nous situons.s

L'activité principale des Bouddhas pour le bien des êtres s'accomplit au travers de la Parole, cad de l'Enseignement.
En-deçà, à l'adresse des êtres pas encore prêts à recevoir ce genre d'aide, les Bouddhas peuvent aussi agir de manière plus "concrète", en se manifestant sous n'importe quelle forme utile et adaptée aux circonstances.

La plupart des philosophes du mahayana, en tout cas tous les philospophes madhyamika et une bonne partie des philosophes cittamatrin (ceux qui se fondent sur les raisonnements) admettent que tout être du samsara a la potentialité de devenir un jour buddha.

Images d'Epinal

Pas mal de gens s'imaginent que tous les bouddhistes, et a fortiori tous les religieux bouddhistes, devraient être parfaits.

Eh bien, non. J'en suis un "parfait" exemple vivant.
En effet, la voie religieuse est avant tout destinée à des pratiquants qui en ont besoin, car ils sont imparfaits.

Si les religieux le sont devenus par choix personnel (et non simplement parce qu'ils auraient été amenés au monastère en bas âge), c'est qu'ils ont (en principe) senti au moins un peu l'horreur du samsara, la nécessité de s'en sortir, et qu'ils ont de plus pris conscience qu'ils n'avaient pas encore la force et les capacités pour s'en tirer seuls.
Autrement dit, dans le bouddhisme, la carrière religieuse est un moyen - pour "faciliter" le cheminement, et non une fin en soi.

Notons que ça dépend aussi du contexte :
en Asie (en Occident aussi d'ailleurs), autrefois les religieux étant respectés, le fait de bénéficier de la confiance et du soutien des fidèles leur facilitait la vie tant matérielle que spirituelle. Le regard porté sur eux les aidait à maintenir le cap : étant pris pour modèles, ils se sentaient en général le devoir de ne pas décevoir ni choquer les gens (Cf. facteurs mentaux vertueux "respect de soi" et "respect d'autrui").
Ici, aujourd'hui, ...
Tenez, en France, rien que l'obligation légale d'affilier les moines et moniales vivant en communauté à la Cavimac (branche de la sécu pour les cultes), ça interdit quasiment toute vélléité de fonder un monastère.

Eh oui, nous sommes à une période de dégénérescence.
Le bon côté est que tout effort est d'autant plus porteur de mérites.

Des qualités des Arya

Pour devenir Bouddha, il faut et il suffit d'avoir rejeté les deux voiles : voile des facteurs perturbateurs (klesha) et voile à la connaisance.
En d'autres termes, il faut avoir accompli la vérité de la cessation, au travers de la vérité du chemin.

Rien que pour obtenir la libération et du même coup devenir Arhat, il faut avoir mis fin aux deux causes du samsara : karma (souillés) et leurs causes : les klesha, et donc avoir rejeté le voile des klesha. Mais pas encore le voile à la connaissance (en fait "à l'omniscience")

Notons qu'un problème pour nous Français vient du fait que notre grammaire nous oblige à utiliser des articles, définis ou indéfinis, singuliers ou pluriels, ce qui réduit les champs de compréhension.

Par exemple, "la" vérité de la cessation couvre en fait un très grand nombre de vérités de la cessation, qui débutent au premier instant du chemin de la vision, et sont alors incomplètes, la complétude coïncidant avec l'obtention de l'Eveil suprême.

Le terme Arya désigne tout être qui a obtenu la compréhension directe du non-soi, et donc les êtres depuis le 1er instant du chemin de la vision jusqu'aux Bouddhas inclus.
Par conséquent, en ce qui concerne les qualités autres que la sagesse comprenant directement le non soi, les Arya n'ont pas tous les mêmes réalisations, momentanément.

Seuls les Bouddhas sont débarrassés des deux voiles. Les êtres en deçà, non, pas encore, pas en totalité.
Par ex, les Arhat ont rejeté le voile des klesha mais pas le voile à la connaissance.
Et un Arya lambda du chemin de la vision (cad pas un Aryabodhisattva qui serait par ailleurs Shravaka-arhat, ou Pratyekabuddha-Arhat) n'a pour le moment rejeté aucun des deux voiles.

Au premier instant du chemin de la vision, les premières cessations qui s'opèrent portent sur les aspects acquis des klesha, et pas encore sur les aspects innés. Il y a bien cessation, mais pas encore cessation (sous entendu complète) des klesha = du voile (il vaudrait d'alleurs mieux dire des voiles) des klesha.

Concernant les karma, cad les karma souillés et à éliminer, les empreintes en tant que "sa bon" (graines) des klesha relèvent du voile des klesha et sont donc éliminés quand on devient Arhat. Les autres empreintes relèvent du voile à la connaissance.

mardi 11 janvier 2011

Effets des trois poisons de l'esprit

Voici une base pour méditer les conséquences des trois poisons de l'esprit.
Car, hélas, l'histoire se répète, jonchée de carnages et autres actes de cruauté, sur fond d'intolérance et d'orgueil. Aucun continent, aucun pays n'y échappe.

Nuit et Brouillard
de Jean Ferrat



Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

« Minuscule traité acide de spiritualité"

Maurice Bellet*, prêtre catholique et psychanalyste, théologien et philosophe, vient de publier en septembre 2010 « Minuscule traité acide de spiritualité" ». On y lit par exemple :

« On trouve des gens qui disent ce qu’il faut faire,
ce qu’il faudrait faire,
ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il ne faut pas faire.
C’est souvent, ou quelquefois, très bien.
Et il y a les gens qui font.
Ce n’est jamais très bien.
mais, du moins, c’est fait. »

Ou encore

« Ne jamais se laisser détruire.
Ni détruire personne, autant qu’il dépend de nous.
Voir ce qui est possible et le faire »

* Merci au Père Philippe Potier, Président de la Cavimac, de m'avoir fait connaître cet ouvrage.

Sa Sainteté à Toulouse en août

Vous êtes sans doute au courant de la venue de Sa Sainteté le Dalaï Lama cette année, à Toulouse, du 13 au 15 août ?


Rinpoche poursuivra son Enseignement sur "La Roue des armes tranchantes"

les 26 et 27 mars 2011 de 9h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h30

à la Baume les Aix 13090 Aix en Provence



Information : infos@iktm.fr

dimanche 9 janvier 2011

Accomplir le bien des êtres

Les bouddhistes en général, et les pratiquants du mahayana en particulier, ont à coeur (en principe) d'oeuvrer au bien des êtres.

Beau programme, sans nul doute. Mais source de maints malentendus.

Tout bien réfléchi, accomplir le bien de quelqu'un ne signifie pas forcément lui "faire plaisir".
Car "faire plaisir" ne revient trop souvent qu'à flatter les facteurs perturbateurs de la personne concernée, avec un risque non négligeable de renforcer en elle les karma qui la maintiennent prisonnière du samsara.

Y'a pas à dire, la compassion a bien besoinde la sagesse, pour discerner que faire et ne pas faire !

Bénéficiaires de l'Enseignement

Pour bénéficier de l'Enseignement du Bouddha, faut-il impérativement être bouddhiste ?

Certes non.
Il faut et il suffit de ... l'appliquer, au travers de l'écoute, la réflexion et la méditation.

Résultats attendus : se sentir plus "heureux".

Une mère

Une base pour méditer sur la bienveillant de notre/nos mère(s)


Chanson de Linda Lemay : Une mère

Ca travaille à temps plein, ça dort un œil ouvert
C’est de garde comme un chien
Ca court au moindre petit bruit, ça se lève au petit jour
Ca fait des petites nuits.
C’est vrai, ça crève de fatigue
Ca danse à tout jamais une éternelle gigue
Ca reste auprès de sa couvée
Au prix de sa jeunesse, au prix de sa beauté

Une mère
Ca fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire
Mais ça fait de son mieux.
Une mère,
Ca calme des chamailles
Ca peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille

Une mère
C'est plus comme les autres filles
Ca oublie d'être fière
Ca vit pour sa famille
Une mère,
Ca se confine au bercail
C'est pris comme un noyau
dans le fruit de ses entrailles


Une mère
C’est là qu’ça nous protège
Avec les yeux pleins d’eau, les cheveux pleins de neige
Une mère
A un moment, ça se courbe, ça grince quand ça se penche
Ca n’en peut plus d’être lourde
Ca tombe, ça se brise une hanche
Puis rapidement, ça sombre
C’est son dernier dimanche
Ca pleure et ça fond à vue d'oeil
Ca atteint la maigreur des plus petits cercueils
Oh bien sûr, ça veut revoir ensemble
toute sa progéniture entassée dans sa chambre
Et ça fait semblant d’être encore forte
Jusqu’à ce que son cadet ait bien refermé la porte

Et lorsque toute seule ça se retrouve
Ca attend dignement que le firmament s’entr’ouvre
Et puis là, ça se donne le droit
De fermer pour une première fois les deux yeux à la fois



lundi 3 janvier 2011

Programme 2011

En un mot : respect.

Slogan 2011

" Une seule solution, la libération ! "

Au choix, pour soi ou pour tous les êtres, mais dans tous les cas,

la libération. La libération. La libération.