Aux dernières nouvelles, Rinpoche et Geshelags vont bien.
Temps très chaud. Peu de précipitations dans la région cette année.
Il paraît que pas mal de personnes (toutes nationalités confondues, y compris les autochtones) sont enrhumées et toussent.
Programme actuel : Rinpoche donne la transmission orale (lung) de la section du Yigcha de Dagpo Datsang à propos des paramita.
Tout le monde a compris ? Non ?
Ah bon !
Pour "rappel" (ou information), on appelle lung (agama en sanskrit) la lecture d'un ouvrage et khrid l'explication dudit ouvrage.
Autrefois, à l'époque du Bouddha, les deux aspects n'étaient pas dissociés car quand le Bouddha énonçait un Enseignement, les disciples concernés étaient en mesure de le comprendre tel quel aussitôt, sans avoir besoin d'explications supplémentaires. Ca n'a pas duré bien longtemps, et au fur et à mesure que les temps de dégénescence avancent, il faut toujours plus expliciter.
Bref, de nos jours, quand un Maître enseigne, à la condition qu'il ait lui-même reçu les transmissions de ses Maîtres, qui les avaient reçu de leurs Maîtres, etc., quand il lit le texte sans plus, il en donne le lung ; quand il l'explique, il en donne le khrid.
Notez que l'un n'entraîne plus l'autre, et réciproquement.
Le Maître indique toujours de qui il a reçu la ou les lignées qu'il transmet à son tour.
Par ailleurs, il peut arriver qu'un Maître fasse un exposé sur la base d'un texte dont lui-même n'a pas reçu la transmission (ni l'une ni l'autre) ; il le dira clairement.
La différence, c'est que l'impact est moins puissant, faute de la bénédiction véhiculée par les Maîtres successifs de la lignée (par définition, ininterrrompue: sinon, il ne s'agit plus de "la lignée") du texte concerné.
Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
vendredi 21 août 2009
mercredi 19 août 2009
Marpa Lotsawa (1012-1097)

Voici quelques conseils prodigués par Naropa à son fils (spirituel) Marpa, juste avant que celui-ci ne s'en retourne au pays :
Ô Marpa - Traducteur du Tibet,
Ne laisse pas les huit principes mondaine diriger ta vie.
Ne dissocie pas « je » et « autrui » ; ne saisis pas sujet et objet.
Ne distingue pas amis et ennemis.
Ne déforme pas les Enseignements d’autrui.
Ecoute et réflexion sont les lampes qui dissipent les ténèbres ;
Ne te laisse pas piégé sur la voie excellente de la libération.
Jadis, nous avons été maître et disciple,
Souviens-t-en plus tard et ne le renie pas.
If
Oui, je sais, j'ai déjà proposé ce poème - en français (l'une des nombreuses traductions) - mais 1. je ne m'en lasse pas personnellement ; 2. cette fois, c'est (je crois, et j'espère) la version originale.
Rudyard Kipling (1910)
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:
If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!
tiré de "Tu seras un homme mon fils" suivi de "Lettres à son fils" de Rudyard Kipling, éditions mille et une nuits, ISBN 2-84205-332-X
Des joies de la traduction
Je ne saurais trop conseiller de se reporter à la version originale, quel que ce soit l'ouvrage ou le discours concerné - ça n'élimine pas tous les risques de malentendus, faux sens et contre-sens, mais ça limite un peu les dégâts.
Si vous avez un instant à perdre, allez donc jeter un coup d'oeil au lien que je vous propose : c'est très intéressant, à plusieurs niveaux.
www.crescenzo.nom.fr/kipling.html
Cette page présente le célèbre poème "If-" de Rudyard Kipling suivi de cinq traductions en français par André Maurois, Germaine Bernard-Cherchevsky, Jules Castier, Hervé-Thierry Sirvent et Jean-François Bedel.
Sagesse du Toit du monde
skyid po rang gis ma byas na / sdug po gzan gis gtong yong
"Si tu ne te charges pas de faire ton bonheur, autrui se chargera de faire ton malheur."
Invitation claire à se prendre en mains...
"Si tu ne te charges pas de faire ton bonheur, autrui se chargera de faire ton malheur."
Invitation claire à se prendre en mains...
dimanche 16 août 2009
De l'orgueil
"Les qualités glissent sur l'outre de l'orgueil", disaient les Maîtres Kadampa. Ou sur la baudruche, si vous préférez. En tout cas, le sens est qu'elles ne peuvent pas se faufiler dans un esprit plein d'orgueil.
L'autre matin, Rinpoche nous mettait à nouveau en garde contre ce fléau, d'autant qu'il peut prendre maints visages :
se considérer comme mieux que tout le monde est un aspect assez grossier pour être facile à repérer, mais quand il s'agit de se croire presque au même niveau que quelqu'un qui nous est largement supérieur, ... c'est moins évident.
Et en plus, l'orgueil peut porter sur n'importe quoi : le corps, la voix, la famille, les connaissances, etc.
Quelques remèdes ?
Par exemple, dans la prière en sept branche, les hommages et prosternations concourent entre autres à contrer l'orgueil (nga rgyal).
Au sein des objets permettant de se désaccoutumer des facteurs perturbateurs, il est recommandé de réfléchir aux classifications des phénomènes : quand on prend conscience de tout ce que l'on ignore, cela rabat le caquet.
Et il y a aussi la ... souffrance - c'est l'un de ses rares côtés "positifs", mais quand on est vraiment en difficulté, on n'a pas le coeur de rouler des mécaniques. (Ce n'est pas une raison pour jouer les masochistes ! Ca n'arrangerait en rien la situation, bien au contraire).
L'autre matin, Rinpoche nous mettait à nouveau en garde contre ce fléau, d'autant qu'il peut prendre maints visages :
se considérer comme mieux que tout le monde est un aspect assez grossier pour être facile à repérer, mais quand il s'agit de se croire presque au même niveau que quelqu'un qui nous est largement supérieur, ... c'est moins évident.
Et en plus, l'orgueil peut porter sur n'importe quoi : le corps, la voix, la famille, les connaissances, etc.
Quelques remèdes ?
Par exemple, dans la prière en sept branche, les hommages et prosternations concourent entre autres à contrer l'orgueil (nga rgyal).
Au sein des objets permettant de se désaccoutumer des facteurs perturbateurs, il est recommandé de réfléchir aux classifications des phénomènes : quand on prend conscience de tout ce que l'on ignore, cela rabat le caquet.
Et il y a aussi la ... souffrance - c'est l'un de ses rares côtés "positifs", mais quand on est vraiment en difficulté, on n'a pas le coeur de rouler des mécaniques. (Ce n'est pas une raison pour jouer les masochistes ! Ca n'arrangerait en rien la situation, bien au contraire).
Karma "libérateurs"
Quand on étudie les propriétés des karma, il y a de quoi se sentir inquiet, voire écrasé.
En effet, il est spécifié qu'à moins d'être accompagné par au moins une des trois qualités principales que sont le renoncement au samsara, l'esprit d'Eveil et la compréhension du non-soi (appelée "vues excellentes"), tout karma accumulé (même excellent) est par définition un karma ordinaire du samsara, c'est à dire une cause susceptible de déclencher une ou plusieurs nouvelles naissances dans le samsara !
SAUF les karma accomplis à l'égard des "champs supérieurs" : Bouddha et Maîtres.
Des activités sinon ordinaires mais effectuées à l'égard de tels champs supérieurs sont transmuées par eux, et permettent l'accumulation de karma concourant à l'obtention de l'Eveil.
De manière générale, il existe plusieurs critères qui déterminent la puissance des karma et leur orientation : état d'esprit, fréquence, moyens employés, etc.
L'un des critères, ce sont donc les "champs" concernés. Outre les champs "supérieurs" déjà indiqués, citons les champs bienveillants que sont les maîtres mais aussi les parents ou toute personne nous apportant aide et assistance.
Notons que les êtres en grande difficultés et en danger - pauvres, malades, enfants en bas âge, vieillards,etc. - constituent aussi des champs qui amplifient énormément les karma accomplis envers eux. Tous les karma, bons comme mauvais.
En effet, il est spécifié qu'à moins d'être accompagné par au moins une des trois qualités principales que sont le renoncement au samsara, l'esprit d'Eveil et la compréhension du non-soi (appelée "vues excellentes"), tout karma accumulé (même excellent) est par définition un karma ordinaire du samsara, c'est à dire une cause susceptible de déclencher une ou plusieurs nouvelles naissances dans le samsara !
SAUF les karma accomplis à l'égard des "champs supérieurs" : Bouddha et Maîtres.
Des activités sinon ordinaires mais effectuées à l'égard de tels champs supérieurs sont transmuées par eux, et permettent l'accumulation de karma concourant à l'obtention de l'Eveil.
De manière générale, il existe plusieurs critères qui déterminent la puissance des karma et leur orientation : état d'esprit, fréquence, moyens employés, etc.
L'un des critères, ce sont donc les "champs" concernés. Outre les champs "supérieurs" déjà indiqués, citons les champs bienveillants que sont les maîtres mais aussi les parents ou toute personne nous apportant aide et assistance.
Notons que les êtres en grande difficultés et en danger - pauvres, malades, enfants en bas âge, vieillards,etc. - constituent aussi des champs qui amplifient énormément les karma accomplis envers eux. Tous les karma, bons comme mauvais.
Bénédiction et loi de causalité suite
Il est dit que la bénédiction du Bouddha est "activité" du Bouddha
En fait, l'activité du Bouddha joue sur deux plans :
- le plan intérieur au Bouddha : ses qualités et réalisations ;
- le plan extérieur au Bouddha : son activité en faveur des êtres = la bénédiction qu'il leur accorde, et ce continûment.
De ce point de vue là, tout bonheur ressenti par un être, et toute qualité développée par lui relèvent de "l'activité du Bouddha", ou encore est "bénédiction du Bouddha" - sachant qu'ici "Bouddha" est à comprendre au sens large.
Ce n'est en rien contradictoire avec la loi de causalité.
N'oublions pas qu'une cause unique ne peut pas donner de résultat.
Tout résultat procède nécessairement d'un ensemble de causes et de conditions.
Ainsi donc, les bonheurs éprouvés résultent certes de karma favorables accomplis par nous-mêmes, mais si nous avons réussi à accumuler de tels karma positifs, c'est parce que nos "maîtres" (sous des formes multiples et diverses) nous ont encouragés à le faire et nous ont expliqués comment nous y prendre.
En fait, l'activité du Bouddha joue sur deux plans :
- le plan intérieur au Bouddha : ses qualités et réalisations ;
- le plan extérieur au Bouddha : son activité en faveur des êtres = la bénédiction qu'il leur accorde, et ce continûment.
De ce point de vue là, tout bonheur ressenti par un être, et toute qualité développée par lui relèvent de "l'activité du Bouddha", ou encore est "bénédiction du Bouddha" - sachant qu'ici "Bouddha" est à comprendre au sens large.
Ce n'est en rien contradictoire avec la loi de causalité.
N'oublions pas qu'une cause unique ne peut pas donner de résultat.
Tout résultat procède nécessairement d'un ensemble de causes et de conditions.
Ainsi donc, les bonheurs éprouvés résultent certes de karma favorables accomplis par nous-mêmes, mais si nous avons réussi à accumuler de tels karma positifs, c'est parce que nos "maîtres" (sous des formes multiples et diverses) nous ont encouragés à le faire et nous ont expliqués comment nous y prendre.
Bénédiction et loi de causalité
Une amie vient de nous poser quelques questions sur ces notions ô combien délicates que sont la bénédiction (provenant des Bouddhas, ou encore des Maîtres, principalement) et la loi de causalité.
Les deux ne sont-elles pas contradictoires ? me disait-elle en substance (je simplifie).
En effet, le Bouddha a clairement dit que c'est à chacun de s'assumer, et qu'en aucun cas un tiers, y compris un Bouddha, ne pouvait se substituer à nous : c'est à nous de nous prendre en mains et de parcourir les étapes de la voie menant à la libération (de la souffrance sous ses différentes formes) et à l'Eveil.
Alors, pourquoi parler de "bénédiction" ? En quoi cela pourrait-il consister ?
Comme a répondu Genlags, même si les Bouddhas ne vont pas "sauver" les êtres en faisant tout à leur place (impossible), ils les aident en leur indiquant ce qu'ils devraient faire (cf. prise de refuge qui suppose de comprendre que le Boyau du Bouddha est pour nous le Guide montrant la voie à suivre).
Il appartient ensuite aux êtres d'appliquer les conseils reçus.
En fait, a ajouté Genlags, c'est comme quand nous nous rendons compte que nous sommes malades et que nous allons chez le médecin.
Il ne suffit pas qu'il pose le diagnostic pour que nous soyons guéris. Il ne suffit pas non plus qu'il nous délivre une ordonnance, ni que nous achetions les médicaments, ni que nous lisions la posologie !
Il faut que nous prenions les médicaments prescrits et suivions les recommandations, que ce soit à propos de l'alimentation, de l'activité physique ou autre.
Pareil ici.
Si nous appliquons les Enseignements du Bouddha / du Maître, nous allons par exemple ressentir moins d'irritation et plus d'amour envers les autres êtres.
Cette qualité apparue en nous est une "bénédiction" du Bouddha / du Maître : sans lui, nous ne l'aurions pas développée.
Les deux ne sont-elles pas contradictoires ? me disait-elle en substance (je simplifie).
En effet, le Bouddha a clairement dit que c'est à chacun de s'assumer, et qu'en aucun cas un tiers, y compris un Bouddha, ne pouvait se substituer à nous : c'est à nous de nous prendre en mains et de parcourir les étapes de la voie menant à la libération (de la souffrance sous ses différentes formes) et à l'Eveil.
Alors, pourquoi parler de "bénédiction" ? En quoi cela pourrait-il consister ?
Comme a répondu Genlags, même si les Bouddhas ne vont pas "sauver" les êtres en faisant tout à leur place (impossible), ils les aident en leur indiquant ce qu'ils devraient faire (cf. prise de refuge qui suppose de comprendre que le Boyau du Bouddha est pour nous le Guide montrant la voie à suivre).
Il appartient ensuite aux êtres d'appliquer les conseils reçus.
En fait, a ajouté Genlags, c'est comme quand nous nous rendons compte que nous sommes malades et que nous allons chez le médecin.
Il ne suffit pas qu'il pose le diagnostic pour que nous soyons guéris. Il ne suffit pas non plus qu'il nous délivre une ordonnance, ni que nous achetions les médicaments, ni que nous lisions la posologie !
Il faut que nous prenions les médicaments prescrits et suivions les recommandations, que ce soit à propos de l'alimentation, de l'activité physique ou autre.
Pareil ici.
Si nous appliquons les Enseignements du Bouddha / du Maître, nous allons par exemple ressentir moins d'irritation et plus d'amour envers les autres êtres.
Cette qualité apparue en nous est une "bénédiction" du Bouddha / du Maître : sans lui, nous ne l'aurions pas développée.
samedi 8 août 2009
Hommage à Monsieur Fabre suite
Voici le mail par lequel mon regretté professeur, Monsieur Fabre, m'autorisait à poster ses poèmes sur ce blog, avec sa discrétion et sa modestie habituelles. C'était le 2 janvier 2OO8.
Je n'ai retiré que les noms de personnes.
Je n'ai retiré que les noms de personnes.
Je poste aujourd'hui ce mail parce que je ne peux pas m'empêcher de repenser à lui. Et dire que le 9 juillet dernier, il m'écrivait qu'il allait mieux... Et m'invitait très gentiment chez lui.
Il est exact que le bouddhisme nous a rapproché.
En cours, jamais il ne nous a laissé deviner son intérêt pour la Voie. Il nous en parlait bien sûr, lors de ses cours de linguistique appliquée à la littérature japonaise classique, mais il n'aurait pas pu faire autrement, vu les textes abordés, imprégnés de pensée bouddhiste.
En cours, jamais il ne nous a laissé deviner son intérêt pour la Voie. Il nous en parlait bien sûr, lors de ses cours de linguistique appliquée à la littérature japonaise classique, mais il n'aurait pas pu faire autrement, vu les textes abordés, imprégnés de pensée bouddhiste.
Ce n'est que longtemps après qu'il m'a confié avoir pris refuge auprès de Lama Tempa, un maître kagyupa qui réside en France depuis longtemps et passe quasiment tout son temps en retraite.
Bonsoir Marie - Stella,
Merci pour votre carte. C’est bien volontiers que je vous autorise à faire figurer mon poème sur votre blog. Comme tous ceux que je pourrais vous envoyer par la suite. Cela fait longtemps que j’écris des poèmes, essentiellement inspirés par le bouddhisme, mais je n’en parlais pas car je ne recherche ni la gloire littéraire ni les milieux littéraires qui, on le sait- et ce n’est pas l’unique cas -, ne sont que paniers de crabes. Mais si ma poésie peut aider à réfléchir, je veux bien la « révéler » ( ?!). Savez-vous que ce poème a une suite étonnante. Après l’avoir composé, je l’avais gardé pour moi, mais, ne voilà-t-il pas que, quelques semaines plus tard, une amie de Marseille m’a envoyé une de ses photographies : un chat marchant sur l’arête d’un toit couvert de neige ! Vous la connaissez peut-être, c’est elle aussi une de mes anciennes étudiantes en linguistique : F. D., maintenant Mme G., qui est en train de préparer une thèse.
Après une année plutôt « meurtrière », l’approche du nouvel an semble devenir plus sereine. Nous fêterons la Saint - Sylvestre à trois. Sans oublier nos deux chiennes Nine (rien à voir avec le chiffre anglo-saxon, ça veut dire « ma petite » en catalan), Roppongi et nos trois chats : SOS, Blitz et Mayday, les deux premiers recueillis mourant de faim dans des maisons abandonnées.
Je vous souhaite une Bonne Année et j’espère que le début de 2008 verra notre rencontre.
Cordialement
André
Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves
-
- Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves
Se Co (roi de Corée) - traduit par : André Fabre
- Collection : Le temps de la pensée
Paru le : 15/05/2008
EAN : 9782845213319
Le roi Sejong (1418-1450), quatrième monarque de la dynastie des Yi fondée en 1392, créa en 1420 le « Palais des Sages réunis », académie des lettres et des sciences à laquelle il confia plusieurs travaux, dont Le Reflet de la lune se reflétant dans les mille fleuves. Ce livre est donc le fruit du travail collectif d'une équipe de lettrés, mais le véritable inspirateur, instigateur et auteur de ce monument de la littérature coréenne classique est bien Sejong, le « Roi-Soleil du Matin calme ». Cet ouvrage fut écrit à la mémoire de sa mère, fervente bouddhiste, pour glorifier le Bouddha, à une époque où la classe dirigeante était confucéenne dans l'âme et n'avait que mépris pour le bouddhisme accusé d'être en partie responsable du déclin de la dynastie précédente.
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Qui va piano va sano
Ce matin, j'ai tenté d'écouter les Enseignements que Rinpoche dispense actuellement en Inde (merci Skype, F. et V.).
En fait, il y a eu de nombreuses coupures, mais le "hasard" faisant bien les choses, j'ai pu entendre un conseil qui m'a semblé tellement précieux que j'éprouve le besoin de le partager avec vous :
Rinpoche a souligné que, lors d'un Enseignement, le Maître donne évidemment beaucoup d'explications, et que pris dans l'ambiance, on peut avoir envie de TOUT mettre en application tout de suite.
Mais, a dit Rinpoche, si on veut en faire trop d'un coup, au bout de 2 ou 3 jours, épuisés, on va tout laisser tomber.
Ce qu'il faudrait faire (si j'ai bien compris) :
- bien écouter, pour retenir pour le moment textuellement - sans vouloir tout de suite mettre son grain de sel ;
- réfléchir sur cette base ;
- s'entraîner à une pratique après l'autre.
En fait, il y a eu de nombreuses coupures, mais le "hasard" faisant bien les choses, j'ai pu entendre un conseil qui m'a semblé tellement précieux que j'éprouve le besoin de le partager avec vous :
Rinpoche a souligné que, lors d'un Enseignement, le Maître donne évidemment beaucoup d'explications, et que pris dans l'ambiance, on peut avoir envie de TOUT mettre en application tout de suite.
Mais, a dit Rinpoche, si on veut en faire trop d'un coup, au bout de 2 ou 3 jours, épuisés, on va tout laisser tomber.
Ce qu'il faudrait faire (si j'ai bien compris) :
- bien écouter, pour retenir pour le moment textuellement - sans vouloir tout de suite mettre son grain de sel ;
- réfléchir sur cette base ;
- s'entraîner à une pratique après l'autre.
lundi 3 août 2009
Le désarmement intérieur
Cette expression revient souvent dans les Enseignements de Sa Sainteté.
Il reste à chacun d'entre nous (je parle de ceux qui, comme moi, sont encore des êtres ordinaires) à le réaliser, ce fameux désarmement intérieur.
La méthode préconisée par le Bouddha me plaît bien , même si je suis loin de parvenir à l'appliquer : faire usage de l'amour pour vaincre l'agressivité.
Il reste à chacun d'entre nous (je parle de ceux qui, comme moi, sont encore des êtres ordinaires) à le réaliser, ce fameux désarmement intérieur.
La méthode préconisée par le Bouddha me plaît bien , même si je suis loin de parvenir à l'appliquer : faire usage de l'amour pour vaincre l'agressivité.
Lausanne 4 et 5 août 2009
Il sera possible d'écouter les Enseignements de S.S. Dalaï Lama à Lausanne grâce à ce lien :
http://www.dalailama-lausanne2009.ch/
Dès mardi matin à 9 h 30, en français ou en anglais.
Mardi, l'Enseignement central portera sur les Trois Principes du chemin - lamrim de Je Rinpoche.
Mercredi matin : initiation du Bouddha de médecine
Mercredi après midi : conférence publique LA PAIX DANS LE MONDE PAR LA PAIX INTÉRIEURE
http://www.dalailama-lausanne2009.ch/
Dès mardi matin à 9 h 30, en français ou en anglais.
Mardi, l'Enseignement central portera sur les Trois Principes du chemin - lamrim de Je Rinpoche.
Mercredi matin : initiation du Bouddha de médecine
Mercredi après midi : conférence publique LA PAIX DANS LE MONDE PAR LA PAIX INTÉRIEURE
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dimanche 2 août 2009
Hommage à Monsieur Origas
La disparition de Monsieur Fabre fait remonter beaucoup de souvenirs, des souvenirs en majorité heureux. Après m'être beaucoup ennuyée au lycée bien que j'ai eu de la chance d'y avoir déjà d'excellents professeurs, j'ai adoré mes études de japonais et tibétain aux Langues'O, au point que Rinpoche me mettait gentiment en garde contre mon attachement quelque peu excessif à cette école unique au monde.
Je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui mais à mon époque, l'Inalco fourmillait de personnages hors du commun, tant chez les enseignants que chez les étudiants, les deux catégories n'y étant d'ailleurs pas incompatibles.
J'ai envie de saluer la mémoire d'un des mes professeurs vénérés : Monsieur Jean-Jacques Origas (1937-2003).
Agrégé d’allemand, à partir de 1965, il a enseigné la langue et la littérature japonaises modernes aux Langues’O et il est en quelque sorte mort dans l'exercice de ses fonctions.
Il était un professeur dans l'âme. Un véritable Maître.
Je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui mais à mon époque, l'Inalco fourmillait de personnages hors du commun, tant chez les enseignants que chez les étudiants, les deux catégories n'y étant d'ailleurs pas incompatibles.
J'ai envie de saluer la mémoire d'un des mes professeurs vénérés : Monsieur Jean-Jacques Origas (1937-2003).Agrégé d’allemand, à partir de 1965, il a enseigné la langue et la littérature japonaises modernes aux Langues’O et il est en quelque sorte mort dans l'exercice de ses fonctions.
Il était un professeur dans l'âme. Un véritable Maître.
Hommage à Monsieur Fabre
Quand j'étudiais le japonais aux Langues'O, j'ai eu pour professeur de linguistique puis de littérature japonaise classique Monsieur André Fabre, qui était avant tout un coréanologue émérite, mais qui avait beaucoup de cordes à son arc. En fait il était polyglotte et linguistique. Et informaticien : il est l'un des premiers aux Langues'O à avoir usé et abusé de cet outil redoutable qu'est un ordinateur. En prime, il avait énormément d'humour - fallait voir les textes qu'il nous donnait à convertir en phonétique !Après avoir pris sa "retraite" en 1998, il était retourné au pays, à Perpignan, d'où il a continué à rayonner, participant à des colloques, rédigeant des manuels de langue coréenne ou de savants ouvrages historiques. il traduisit aussi des traités versifiés bouddhistes. Et il composait des poésies, sur l'impermanence entre autres.
Il n'y a pas si longtemps que cela, avec son autorisation bien sûr, j'ai d'ailleurs publié sur ce blog de courts poèmes de sa plume.
Hélas, il nous a quittés dans la nuit du 27 au 28 juillet 2009.
Je vous serais reconnaissante de joindre vos prières aux miennes, pour mon cher professeur devenu un ami, et pour ses proches - dont ses chiens et chats : homme de coeur, il avait adopté plusieurs errants pas très "jojos", qui sans lui auraient vu "leurs souffrances abrégées" depuis belle lurette.
Lamrim
Lamrim est la contraction de lam gyi rim pa, littéralement "étape(s) de la voie".
Pourquoi mettre "s" entre parenthèses ?
Parce que l'une des beautés de la langue tibétaine (mais aussi du japonais, etc.), c'est qu'on n'y précise que rarement si le terme utilisé est au singulier ou au pluriel, ce qui permet de couvrir les deux emplois, le "choix" s'opérant en fonction du contexte.
Jusqu'où l'interdépendance ne va-t-elle pas se nicher ?
(Normal, me direz-vous : rien ne lui échappe.)
Pourquoi mettre "s" entre parenthèses ?
Parce que l'une des beautés de la langue tibétaine (mais aussi du japonais, etc.), c'est qu'on n'y précise que rarement si le terme utilisé est au singulier ou au pluriel, ce qui permet de couvrir les deux emplois, le "choix" s'opérant en fonction du contexte.
Jusqu'où l'interdépendance ne va-t-elle pas se nicher ?
(Normal, me direz-vous : rien ne lui échappe.)
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lundi 27 juillet 2009
Dérisoire - suite
Dans la série "Faisons tout pour nous gâcher la vie", vient en bonne place notre attachement ô combien naturel (hélas) à nos idées et convictions.
De là découlent les conflits de tous ordres, dont les guerres de religion.
Nous avons beau étudier à l'école l'Histoire, c'est-à-dire la litanie des horreurs provoquées par l'attachement susmentionné, ce n'est pas ça qui nous amène à la raison.
Il y a quelques jours, pour me distraire (ça m'apprendra), j'ai pris un peu au hasard un bouquin sur les étagères à la maison.
Comme, entre autres ambitions de jeunesse, j'ai été un temps très attirée par l'archéologie et autre ethnologie (en fait, ma première vocation, c'était de devenir ... missionnaire), ça s'est avéré être un ouvrage plutôt bien documenté à propos de la fin de la civilisation aztèque.
Je ne vais pas revenir sur les méthodes en usage à la grande époque de l'Inquisition.
Non, le plus triste, c'est qu'on continue, sous des formes diverses.
De là découlent les conflits de tous ordres, dont les guerres de religion.
Nous avons beau étudier à l'école l'Histoire, c'est-à-dire la litanie des horreurs provoquées par l'attachement susmentionné, ce n'est pas ça qui nous amène à la raison.
Il y a quelques jours, pour me distraire (ça m'apprendra), j'ai pris un peu au hasard un bouquin sur les étagères à la maison.
Comme, entre autres ambitions de jeunesse, j'ai été un temps très attirée par l'archéologie et autre ethnologie (en fait, ma première vocation, c'était de devenir ... missionnaire), ça s'est avéré être un ouvrage plutôt bien documenté à propos de la fin de la civilisation aztèque.
Je ne vais pas revenir sur les méthodes en usage à la grande époque de l'Inquisition.
Non, le plus triste, c'est qu'on continue, sous des formes diverses.
Dérisoire
Cet après-midi, installée "au soleil" (enfin, là où il aurait dû y en avoir si les nuages avaient condescendu à s'écarter), et contrainte à l'immobilité par les ronflements paisibles de ma chatte blottie au chaud sur mes genoux, je me suis prise à avoir des idées presque aussi noires que son pelage soyeux :
Pour être honnête, me disais-je, il faut bien avouer qu'on se croit le centre du monde.
Ignorance et autochérissement cumulés font qu'on se croit important ; sans parler de l'intime conviction qu'on détient la vérité.
Et pourtant ! Comme me le répétait ma chère et regrettée amie Yolande quelques heures avant de mourir, les cimetières sont pleins de gens indispensables...
Combien de temps un cher disparu reste-t-il dans les mémoires de ses proches soit-disant inconsolables ?
C'est très variable, bien sûr.
Une mère qui a perdu son enfant demeure effectivement inconsolable. De nos jours, à son légitime chagrin, vient s'ajouter la désapprobation sociale, qui exige qu'on "tourne - et rapidement, SVP - la page".
(Un sentencieux "C'est la vie", énoncé pour occulter la souffrance suscitée par la mort d'un ête aimé, est l'une des expressions qui m'indisposent le plus, aux côtés de "C'est son karma".)
Sinon, "la nature faisant bien les choses", l'oubli vient assez vite. Effroyablement vite, si on le rapporte à soi !
Car même dans le meilleur des cas (famille unie, cercle d'amis fidèles), qui va se souvenir de nous après notre départ ? Quelques-uns de nos contemporains. Eventuellement quelques personnes de la génération d'après ; exceptionnellement de la suivante. Après, c'est terminé à coup sûr.
Sauf, bien sûr, si pour une quelconque raison, "nous sommes passés à la postérité". Mais qu'un nom apparaisse dans les manuels d'histoire n'implique pas qu'on pense vraiement à la personne qui portait ce nom.
Bref, mes calculs ne me donnent pas très longtemps à survivre dans des mémoires (pas bien nombreuses) après ma mort.
Et même avant si je vis longtemps - songeons à toutes les personnes âgées, désormais encombrantes et délaissées de tous. Or, ça n'arrive pas qu'aux autres...
C'est cette prise de conscience qui m'a fait songer, l'espace d'un instant, que mes prétentions à être "importante" étaient vaines, et dérisoires.
Oh ! Juste le temps d'une pensée, car les illusions reprennent vite le dessus.
Pour être honnête, me disais-je, il faut bien avouer qu'on se croit le centre du monde.
Ignorance et autochérissement cumulés font qu'on se croit important ; sans parler de l'intime conviction qu'on détient la vérité.
Et pourtant ! Comme me le répétait ma chère et regrettée amie Yolande quelques heures avant de mourir, les cimetières sont pleins de gens indispensables...
Combien de temps un cher disparu reste-t-il dans les mémoires de ses proches soit-disant inconsolables ?
C'est très variable, bien sûr.
Une mère qui a perdu son enfant demeure effectivement inconsolable. De nos jours, à son légitime chagrin, vient s'ajouter la désapprobation sociale, qui exige qu'on "tourne - et rapidement, SVP - la page".
(Un sentencieux "C'est la vie", énoncé pour occulter la souffrance suscitée par la mort d'un ête aimé, est l'une des expressions qui m'indisposent le plus, aux côtés de "C'est son karma".)
Sinon, "la nature faisant bien les choses", l'oubli vient assez vite. Effroyablement vite, si on le rapporte à soi !
Car même dans le meilleur des cas (famille unie, cercle d'amis fidèles), qui va se souvenir de nous après notre départ ? Quelques-uns de nos contemporains. Eventuellement quelques personnes de la génération d'après ; exceptionnellement de la suivante. Après, c'est terminé à coup sûr.
Sauf, bien sûr, si pour une quelconque raison, "nous sommes passés à la postérité". Mais qu'un nom apparaisse dans les manuels d'histoire n'implique pas qu'on pense vraiement à la personne qui portait ce nom.
Bref, mes calculs ne me donnent pas très longtemps à survivre dans des mémoires (pas bien nombreuses) après ma mort.
Et même avant si je vis longtemps - songeons à toutes les personnes âgées, désormais encombrantes et délaissées de tous. Or, ça n'arrive pas qu'aux autres...
C'est cette prise de conscience qui m'a fait songer, l'espace d'un instant, que mes prétentions à être "importante" étaient vaines, et dérisoires.
Oh ! Juste le temps d'une pensée, car les illusions reprennent vite le dessus.
samedi 25 juillet 2009
Bon jour
Scoop : nous sommes aujourd'hui non seulement le 25 juillet mais aussi, selon le calendrier "tibétain" (en réalité , et plus précisément des Khan mongols), le 4ème jour du 6ème mois lunaire.
Ce n'est rien moins que la commémoration du Premier Enseignement du Bouddha Shakyamouni -
Chos 'khor dus chen - qui énonça alors le Sutra des quatre nobles vérités*, à l'attention de nombreux disciples, dont principalement ses cinq anciens compagnons d'ascèses - snga sde bzang po.
* Pas de malentendu, SVP.
Ce ne sont pas les vérités mises en évidence - la nature de souffrance du mode d'existence conditionné par les klesha et les karma ; l'origine de la souffrance ; la cessation; le chemin - qui seraient "nobles" !
Non, le qualificatif utilisé en français rend en fait une expression en fonction déterminée, qu'pn pourrait traduire par : "d'Arya".
Autrement dit, les "vérités" en question sont surtout des "réalités" telles que perçues par les Arya (personnages ayant obtenu la compréhension directe du non-soi), et seulement par les Arya. Les êtres "ordinaires", encore dépourvus de la sagesse (c'est-à-dire du discernement) susmentionnée ne peuvent que se forger graduellement et au prixde grands efforts une "idée" des ces réalités. Par définition, ils n'en ont pas la vision immédiate.
Ce n'est rien moins que la commémoration du Premier Enseignement du Bouddha Shakyamouni -
Chos 'khor dus chen - qui énonça alors le Sutra des quatre nobles vérités*, à l'attention de nombreux disciples, dont principalement ses cinq anciens compagnons d'ascèses - snga sde bzang po.
* Pas de malentendu, SVP.
Ce ne sont pas les vérités mises en évidence - la nature de souffrance du mode d'existence conditionné par les klesha et les karma ; l'origine de la souffrance ; la cessation; le chemin - qui seraient "nobles" !
Non, le qualificatif utilisé en français rend en fait une expression en fonction déterminée, qu'pn pourrait traduire par : "d'Arya".
Autrement dit, les "vérités" en question sont surtout des "réalités" telles que perçues par les Arya (personnages ayant obtenu la compréhension directe du non-soi), et seulement par les Arya. Les êtres "ordinaires", encore dépourvus de la sagesse (c'est-à-dire du discernement) susmentionnée ne peuvent que se forger graduellement et au prixde grands efforts une "idée" des ces réalités. Par définition, ils n'en ont pas la vision immédiate.
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