lundi 9 mars 2009

Geshe Lobsang Tempa 2

Devinez combien d'heures de repos par jour (ou plutôt par nuit) prend Geshe Tempa lags ?

Une moyenne de trois heures...

Le reste du temps, il prie ou/et médite.

Geshe Lobsang Tempa

Cet hiver, nous avons eu le plaisir de recevoir Geshe Lobsang Tempa, réfugié "climatique" arrivé du Québec et qui a passé 3 mois, plus précisément 90 jours à la maison - le temps maximal d'un visa.

Geshelags est un élève de longue date de Genlags puiqu'ils sont sortis ensemble du Tibet en 1959. Ils étaient dix. Ils ne sont plus que trois désormais, maintenant que Gen Peltsé est décédé. Ou deux, car on n'a pas de nouvelles depuis longtemps de l'éventuel troisième survivant.

En espérant que Geshe Lobsang Tempa se remette : il a été hospitalisé d'urgence le jeudi 26 février et a subi il y a quelques jours un triple pontage, à ce que j'ai cru comprendre. Pour le moment le pronostic reste réservé.

Quelle vie que celle de réfugié !
En ce qui concerne Geshe Lobsang Tempa, après quelques temps en Inde, il se retrouve au Népal, au monastère de Kopan.
De là il est expédié au Brésil pour en principe diriger un centre. Oui mais, quand il débarque, il n'y a pas grand chose en guise de centre, et surtout pas l'interprète annoncé ! Geshelags devient donc un expert du langage des signes, et pour tout enseignement, dirige surtout des séances de prières, durant plusieurs années. Dans le même temps, il fait de courts séjours dans divers pays tels que Singapour, Indonésie et autres.
Il est ensuite invité à Taiwan où il finit par créer un centre. Las ! Pour une regrettable histoire de papiers mal renouvelés par l'interprète (ah ! ces interprètes...), l'un et l'autre sont priés de quitter le sol taiwanais.
Ils se retouvent à la case presque départ, en Inde, où des amis tibétains installés au Canada font le nécessaire pour les y faire venir, le Maître au Québec, l'assistant à Toronto.

Le Canada est une vraie terre d'accueil, et tous deux ont obtenu en quelques mois des cartes de réfugiés. Mais si les autochtones sont chaleureux, le climat du Québec s'avère un tantinet rigoureux en hiver, surtout pour un moine âgé accoutumé à la chaleur et affecté d'une insuffisance cardiaque.

C'est l'occasion de venir rendre visite à son Maître - Genlags - qui vit en région parisienne.
Sitôt dit sitôt fait - enfin, en tenant compte des délais assez longs pour réunir les documents nécessaires à l'obtention d'un visa
Geshelags apprécie la douceur de la vie française et sa santé s'améliore un peu, mais le médecin consulté annonce qu'il serait dangereux de le renvoyer au froid.
D'où demande de prolongation de visa avec certificat médical à l'appui, histoire d'attendre le printemps. Demande refusée net. Sans aucune possibilité d'expliquer la situation à qui que ce soit. Procédure strictement administrative.

Geshelags s'en est donc retourné au Canada, à Toronto où il fait un peu moins froid qu'au Québec. Son avion a été retardé ; c'était le 12 février, jour de tempête, mais le voyage s'est finalement plutôt bien passé, d'autant que l'avion était presque vide. Et au grand soulagement de Geshelags , et au nôtre, les températures étaient assez douces à l'arrivée, où il a été accueilli par son ex-interprète de Taiwan. J'avais tellement qu'il ne meure en débarquant dans la neige et la glace.

Le répit aura été de courte durée : deux semaines. Depuis, Geshelags est aux soins intensifs.

Grâce à lui, je commence à mieux percevoir l'ampleur du drame des réfugiés.
Entre autres : après avoir dû quitter leur pays et tous ceux de leurs proches qui y restent, ils se retrouvent coincés là où ils obtiennent l'asile, sans avoir la liberté de circuler comme les heureux détenteurs de passeport officiels que nous sommes.
Leur frère, ou leur meilleur ami, etc., est dans un autre pays ? Eh bien, tant pis pour eux ; ils ne se reverront pas / jamais.

Puissent tous les êtres du samsara être au plus vite délivrés de la souffrance - causes et résultats !

Geshe Sonam Jangchub

Certains d'entre vous ont eu l'occasion de rencontrer Geshe Sonam Jangchub (1928-2009), l'un des frères de Genlags, car il a longtemps résidé à Rome, à l'Institut Samathabhadra, suite à un "mo" - une divination - effectué par Kyabje Trijang Dorjechang à la demande de Rinpoche.

Geshelags nous a quitté paisiblement ce dimanche vers 18 heures - heure indienne : il avait regagné son monastère - Ganden Jangtse Datsang - il y a une dizaine de mois, contre l'avis de son frère aîné et par ailleurs Maître, qui lui avait conseillé de rester en Italie. Mais ...

Geshelags venait de "fêter" ses 82 ans à la mode asiatique - il était donc pour nous dans sa 81ème année.

Je l'ai connu quasiment en même temps que Genlags. C'était en 1978, et je venais d'arriver à Mundgod où j'allais passer les plus beaux mois de ma vie : rien d'autre à faire que d'étudier dans un cadre approprié. Le rêve !

Bref, je venais à peine de faire la connaissance de celui qui allait devenir l'un de mes Maîtres principaux (Genlags , bien sûr) et je marchais dans les ruelles du monastères quand je fus accostée par un moine de haute taille et de belle allure, qui se présenta - mais sans que j'arrive trop à comprendre ce qu'il me racontait-, après quoi il se mit à me prodiguer force conseils.
Interloquée, j'avoue m'être alors demandée de quoi cet inconnu se mêlait...

Cétait Gen Peltsé, comme on l'appelait au Collège, le second d'une fratrie de sept enfants dont les trois rescapés sont éparpillés de par le monde : l'aîné en France, l'ex-troisième (désormais second) en Inde, et le n° 4 au Tibet.

Puisse Gen Peltsé renaître à ... Ganden / Tushita, où résident Je Rinpoche et nombre de Maîtres Kadampa.

mercredi 4 mars 2009

Titres et fonctions

Journée d’études: BOUDDHISME & CHRISTIANISME, prêtres, lamas, nonnes, bonzes ... QUI SONT-ILS ?
Titres et fonctions dans les traditions bouddhiques et chrétiennes : traduction, trahison ?

INSTITUT CATHOLIQUE DE PARIS
Institut de Science et de Théologie des Religions
jeudi 12 mars 2009 9h-17h30
21 rue d’Assas 75006 Paris
www.icp.fr/istr

Quand le bouddhisme, né et développé dans des milieux culturels peu ou mal connus des
Occidentaux, a commencé à se faire connaître en Occident, des termes propres à la tradition
chrétienne ont été empruntés pour dire la façon de penser et la manière d’être des
bouddhistes. Cette tendance a continué, à quelques exceptions près, jusqu’à nos jours, entraînant
équivoque et contre-sens.
En observant l’usage des termes employés pour les fonctions et les titres religieux dans le
bouddhisme, cela est une évidence. Un Occidental, par exemple, entendant parler de
« moines » ou « moniales » bouddhistes, voire de « prêtres » bouddhistes, saisit très mal
l’activité réelle de ces personnes, car il l’appréhende à partir de ce qu’il connait de la tradition
chrétienne. Que l’engagement religieux bouddhique soit désigné comme « ordination »
ne pourra que le plonger dans la perplexité. De même, que recouvrent les expressions « prononcer
des vœux » dans les traditions chrétiennes et « prendre des vœux » dans les traditions
bouddhiques ? Dans celles-ci, certains titres ou certaines fonctions sont propres à une
seule tradition (les « lamas » du bouddhisme tibétain, par exemple) et sont inconnus des autres.
Etc. Comment y voir clair ?
Le vocabulaire uniforme et occidental qui recouvre la multiplicité des titres et des fonctions
provenant de la diversité historique, géographique et religieuse du bouddhisme,
offre en fait une véritable résistance pour qui veut réellement le comprendre. Ce qui se
constate à ce niveau se retrouve sur de nombreux autres plans, en particulier doctrinaux.
Cette difficulté est celle de la désignation de signifiés nouveaux par des signifiants connus.
La tâche en jeu est celle d’une juste traduction qui, seule, peut permettre une rencontre
authentique entre des expériences humaines et religieuses différentes. Lors de cette journée
d’études, des universitaires bouddhistes et chrétiens partageront les résultats de leur
recherche afin de rendre plus fructueuse le dialogue entre bouddhisme et christianisme.
ICP - Service Communication événementiel MB 4/02/2009

prêtres, lamas, nonnes, bonzes… Qui sont-ils ?

9h
Accueil et inscriptions
9h30
Ouverture
Philippe BORDEYNE
Doyen de la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses
Institut Catholique de Paris
9h45
La problématique : du connu pour désigner l’inconnu
Thierry-Marie COURAU, religieux dominicain
Directeur de l’Institut de Science et de Théologie des Religions-ISTR, Paris
10h15
Les Églises catholique et orthodoxes et leurs ministres
Laurent VILLEMIN
Prêtre du diocèse de Pontoise
Directeur-adjoint de la recherche, Institut catholique de Paris
Pause
11h
La vie monastique chrétienne dans ses diverses traditions
Dom Pierre MASSEIN, o.s.b.
Père-Abbé de l’Abbaye de Saint-Wandrille
Membre du conseil épiscopal pour les relations interreligieuses
11h30
Les ministres de la famille d’Églises issues de la Réforme
Anne-Marie REIJNEN
Pasteure de l’Église Réformée, professeur à la Faculté Universitaire
de Théologie Protestante (Bruxelles), à Paris et à Princeton
12h
Questions
12h30
Déjeuner sur place (sur inscription seulement)

13h45
Le Bouddha et ses disciples : une communauté structurée
Dominique TROTIGNON
Directeur de l’Université Bouddhique Européenne
Vice-président de l’Association Bouddhique Theravâda « Vivekârâma »
14h15
Le bouddhisme de la Terre Pure en Chine et au Japon
Jérôme DUCOR
Bonze de l’École véritable de la Terre Pure-Hompa-Honganji
Privat-docent de l’Université de Lausanne
Pause
15h
Le Tibet et le bouddhisme tantrique
Philippe CORNU
Tibétologue, président de l’Université bouddhique européenne
15h30
Les titres et fonctions des bouddhismes en Occident
Marie-Stella BOUSSEMART
Nonne tibétaine de lignée Kagyupa (??? !)
Secrétaire générale de l’Union Bouddhiste de France
Pause
16h15
Table ronde
Paul MAGNIN, sinologue, directeur de recherches au CNRS
Françoise BONARDEL, philosophe, professeur à l’Université de la Sorbonne
Eric VINSON, directeur du module « Religions et Sociétés » à Sciences Po
Thierry-Marie COURAU, directeur de l’ISTR
17h15
Conclusion
Dennis GIRA, spécialiste du bouddhisme, ancien directeur-adjoint de l’ISTR

jeudi 26 février 2009

Propos de discorde

Parmi les 4 non vertus de la parole, la deuxième consiste en les paroles de zizanie (phra ma) : tout propos (vrai ou faux) tendant soit à séparer deux personnes (ou deux groupes) qui s'entendaient bien , soit à empêcher leur réconciliation.

A première vue, on se dit qu'on n'est pas du genre à se comporter de la sorte.

A mieux y réfléchir, on se rend compte que, même si on ne le fait pas exprès, on laisse parfois échapper des paroles malenconteuses qui risquent d'avoir de tels effets.

Certes, il ne s'agit pas alors d'une "voie karmique" complète, c'est à dire assez puissante pour entraîner les trois types de résultats (à pleine maturité, en concordance avec la cause et déterminant l'environnement), mais ce n'est pas pour autant anodin !

C'est sans doute pour cela que la sagesse populaire met en garde contre le "rapportage".
Dans mon enfance (de plus en plus lointaine), on disait : "C'est pas beau, de rapporter !"
Et aujourd'hui ?

mercredi 25 février 2009

LOSAR

En toute originalité, permettez-moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année, du boeuf ou du buffle - au choix.

Merci à A. qui nous envoyé de jolis maximes pour célébrer le Jour de l'An.
Par exemple, celle-ci, qui me plaît beaucoup :
Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.
(France)


ou encore :
Apprends comme si tu devais vivre pour toujours et vis comme si tu devais mourir ce soir !
(Tibet)

Et pour finir :
Vivre tous simplement, pour que tous puissent simplement vivre...
(Tibet)

dimanche 22 février 2009

Les trois "soifs"

A l'origine du samsara est l'attachement ('dod chags), disent les vaibhashika.

O.K., les autres ne sont pas trop d'accord, et l'avis général est que la cause première dudit samsara, c'est l'ignorance (ma rig pa).
Vous savez, "la saisie du soi" (bdag 'dzin) : cette perception bien ancrée que j'ai de moi-même comme d'un individu ne dépendant de rien (mais allez le priver de nouriture ou de soleil, et on en reparle) et se suffisant à lui-même (idem) ?

N'empêche que les vaibhashika n'ont pas tout à fait tort non plus. Même si la source est l'ignorance, il est admis de tous que c'est l'attachement qui maintient au samsara et y fait renaître, "inlassablement" - hélas.

Pas n'importe quel attachement. Celui qui porte sur les sensations et qui est alors appelé soif (sred pa).

Correspondant aux trois sensations, on distingue donc 3 soifs :
Italique par rapport à des sensations agréables, souhait que cela perdure ;
par rapport à des sensations désagréables, souhait que cela cesse ;
par rapport à des sensations neutres, souhait que cela ne décline pas.

Le problème, c'est que la sensation est un facteur mental omniprésent.
Nous n'arrêtons pas un seul instant d'avoir des sensations. Et comme nous (en tout cas moi) ne nous sommes pas débarrassés de l'attachement, cela entraîne que continument la soif est en action en nous.
Ce qu'elle fait ? Oh ! c'est juste qu'elle renforce des karma que nous avons accumulés, jusqu'au jour où l'un d'entre eux devient assez fort pour susciter une nouvelle naissance.
D'où mort dans cette vie ci.

Vesak 2009 à Paris : TITRE ?

Revenons au programme des festivités - pas encore finalisé :

Vendredi 15 mai, à l'Institut HUYEN-VI (86 Rue Pasteur 94400 VITRY SUR SEINE)
- Réception des Reliques
- Cérémonies religieuses

Samedi 16 mai, à l'Hôtel de Ville de Paris
- Exposition d'objets bouddhiques / 10 h - 17 h 45
- Réception officielle : spectacle - buffet / soirée (sur invitation)

Dimanche 17 mai, à la Pagode du Bois de Vincennes, à partir de 8
h 30
- Procession
- Cérémonies religieuses
- Spectacles traditionnels des pays bouddhistes

La question du jour :
Quel titre choisirez-vous pour désigner cet ensemble : Vesak + Reliques ?

Eléments fournis : 4ème lune ; générosité ; compassion ; Vesak ; cultures bouddhiques

Règle imposée (laïcité oblige) : faire ressortir l'aspect culturel de l'événement, en gommant l'aspect cultuel.

PS Prière d'être créatifs et inspirés. Merci d'avance.




samedi 21 février 2009

Vesak 2009 à Paris

Le Vesak, c'est un triple anniversaire : les bouddhistes commémorent le même jour la Naissance du Bouddha, son Eveil et son Passage en nirvana (= son décès).
La date ? Le 15ème jour du 4ème mois lunaire.

Cette année, une célébration officielle est programmée à l'Hôtel de Ville, le samedi 16 mai 2009 : exposition ouverte à tous durant la journée ; en soirée, spectacle et buffet - sur invitation.

Organisateur : l'Union Bouddhiste de France.

Sur le Vesak vient se greffer un événement historique et exceptionnel (s'il se concrétise) : offrande de Reliques du Bouddha à l'Europe, via la France, via l'UBF.
Donateur : le grand Patriarche de Thaïlande (Cf. Golden Mountain).

Honneur insigne, mais redoutable !
Car si l'UBF a des ambitions, elle manque un peu de moyens, tant humains ou financiers que matériels.


Par exemple, les locaux ...
Le siège est à la Pagode du Bois de Vincennes.
Bel endroit, mais bâtiments inadaptés et délabrés. Pas de chauffage ! Utilisation possible qu'aux "beaux" mois de l'année.
Et encore, même en été, il fait frisquet dans la Pagode. Je me rappelle certains 14 juillet...

De la colère

Ainsi parlait Shantideva :

Si je suis incapable d'endurer même les menues souffrances actuelles, alors, pourquoi ne pas me détourner de la colère, cause des supplices infernaux ?

Flatteries

Les flatteries ne nous aident ni à guérir, ni à faire fructifier notre capital, ni à prolonger la durée de notre vie.
Bien au contraire, elles sont nuisibles car nous risquons d'éprouver de l'orgueil, et au minimum elles nous font perdre notre temps.

Extrait d'un Enseignement de Rinpoche

vendredi 20 février 2009

« Tibet : le mensonge chinois »

Pour information, car il faut sûrement une invitation pour assister à cette projection.

M. Jean-François HUMBERT
Sénateur (UMP – Doubs),
Président du groupe d’information du Sénat sur le Tibet,
vous prie d’assister à la projection en avant-première du film documentaire
« Tibet : le mensonge chinois » en présence de son auteur, M. Bernard DEBORD, qui sera suivie d’un débat ouvert à la presse avec la participation de

M. Tashi WANGDI , Représentant du Dalaï-Lama pour la France
et de
Mme Sofia STRIL-REVER, indianiste, écrivain, auteur de L’autobiographie spirituelle du Dalaï-Lama
le Mercredi 4 mars 2009 à 17H00


- Salle Monnerville -
15 ter, rue de Vaugirard 75006 Paris

Le mois de mars 2009 sera l’occasion de commémorer les événements tragiques pour le Tibet du printemps 2008, le cinquantième anniversaire du soulèvement de Lhassa le 10 mars 1959, et le soixantième anniversaire de la « libération pacifique » du Tibet en 1949 par les forces armées de la République populaire de Chine.
A cette occasion, le groupe d’information internationale sur le Tibet du Sénat organise une projection en avant-première du film documentaire « Tibet : le mensonge chinois », qui sera prochainement diffusé sur France 3.
Cette projection sera suivie d’un débat auquel participeront l’auteur du film, M. Bernard Debord, le nouveau représentant du Dalaï-Lama pour la France, M. Tashi Wangdi, qui est désormais basé à Bruxelles et était précédemment en poste à New York, ainsi que Mme Sofia Stril-Rever, indianiste et écrivain, auteur de l’Autobiographie Spirituelle du Dalaï-Lama.

lundi 16 février 2009

Les Bouddhas

Au vu de certaines questions qui m'ont été adressées, j'ai envie de reprendre quelques bases, sous forme de questions réponses :

Les Bouddhas auraient-ils une essence divine ou transcendante ? NON.

Les Bouddhas ont-ils ou non un esprit ? OUI.

Les Bouddhas sont-ils ou non des êtres animés ? OUI, mais la langue française ne permet pas de rendre aisément certaines nuances, qui sont évidentes dans des langues telles que le tibétain ou le sanskrit.

Ainsi, les Bouddhas sont des gang zag : "êtres" au sens large, incluant tous les êtres justement, tant ceux qui sont libérés du samsara que ceux qui y sont encore enlisés.

En revanche, les Bouddhas ne sont plus des sems can : catégorie incluant tous les êtres hormis les Bouddhas. Parmi les sems can, il y a donc tous les non arya, plus les arya qui n'ont pas encore atteint l'Eveil suprême.
Ils sont encore moins des so so kyes bu : catégorie réunissant les êtres ordinaires, les non arya, c'est à dire les êtres n'ayant pas encore obtenu la compréhension directe de la vacuité.

La compassion

Je viens de recevoir la question suivante : "La compassion est-elle une qualité inhérente à la nature fondamentale des êtres ?"

Il me semble que, si c'était le cas, le monde serait plus calme, comme plus harmonieux...

Mantra

Dans le bouddhisme, un mantra est une formule en sanskrit.

En fait, c'est "tout simplement" une invocation adressée à un Bouddha, en l'appelant par son nom...

Gandhara, l'envol du bouddhisme

FRANCE 5 21h 30 – 22h 18 : Eurasia

De récentes découvertes permettent de mieux comprendre comment le bouddhisme, dont on trouve les origines en Inde, s'est diffusé dans toute l'Asie. C'est l'influence conjointe de l'hellénisme - importé en Inde par Alexandre le Grand - et des Kushanas, - des nomades zoroastriens - qui a contribué à répandre le bouddhisme, à travers la pensée dite Mahayana. La capitale de cette tendance philosophique était la région du Gandhara, située dans l'actuel Pakistan. Les vestiges de ce qui fut un royaume jusqu'au VIIe siècle témoignent de l'influence hellénique sur l'art bouddhique du Gandhara.

jeudi 12 février 2009

Je pense donc je suis

L'envie me vient de légèrement transposer le fameux énoncé et de poser le postulat en ces termes :
"Je ressens, donc je suis" - sous-entendu un être animé / un être "sensible" (hypersensible même).

Et dire que ce n'est que récemment que les scientifiques ont commencé à admettre qu'animaux et nouveaux nés étaient dotés de la capacité de ressentir, en particulier la douleur !

La sensation ! Elle est bel et bien le nerf de la guerre. Nous nous damnons littéralement pour elle.
En effet, c'est dans notre quête frénétique de sensations agréables que nous commettons (souvent, sans même nous en rendre compte) tant d'actes négatifs, propres à nous précipiter dans des tourments sans fin.


Les hochets du samsara

Titres et honneurs. Pouvoir et renom.
Nous vendrions notre âme (encore faudrait-il que nous en ayons une, mais c'est une autre question) pour bénéficier des privilèges de ce bas monde (vraiment très bas, ledit monde).

Le lamrim souligne que, quand on a renoncé à (presque) tout, on risque d'être encore attaché à l'image que l'on donne de soi - un éminent renonçant, par exemple.

Samsara

Maîtres et traités le disent et le redisent : le samsara est de la nature de la souffrance !
Il est vain d'y rechercher un quelconque bonheur. Vain d'essayer de "l'améliorer".

Devons-nous nous y résigner ?
Surtout pas.
Une seule solution, la libération - si vous me permettez une telle expression.

lundi 9 février 2009

Ne pas se prendre au sérieux

Etre sérieux sans se prendre au sérieux : pas si simple.
Heureusement que de Grands Maîtres ont à coeur de montrer que c'est pourtant chose possible.

Ainsi, il y a un bonne trentaine d'années à Dharamsala, Serkong Tsenshab Rinpoche remet un jour à Geshe Buka, élève de Geshe Rabten, un gros paquet - un cadeau de la part de son Maître, dit-il.
Geshe Buka, touché de cette attention, retire un papier, puis un autre, et un autre encore. Mais rien, rien du tout. Le paquet est tout ce qu'il y a de plus vide.
Geshe Buka n'a aucun doute sur l'auteur de la plaisanterie - ce ne peut être que le soi-disant messager.
Il s'abstient soigneusement de toute remarque et attend son heure.

A quelques temps de là, plusieurs Bhoutanais arrivent à Dharamsala en pèlerinage. Bien sûr, ils font le tour des grands Maîtres pour leur rendre hommage et leur faire offrande.
Geshe Buka leur emprunte un habit traditionnel qu'il revêt, et à la nuit tombante, il vient ainsi déguisé se prosterner devant Serkong Tsenshab Rinpoche. Avec toutes les marques d'une profonde dévotion (il se tient - bien sûr - plié en deux, la tête baissée), il dépose en offrande une bonne dizaine de boîtes bhoutanaises empilées (mais quasiment vides).
Sans le reconnaître, le Maître bénit le visiteur qui, à peine le dos tourné, ne peut s'empêcher de pouffer, vendant ainsi la mèche...