Le blog de MSB. Indications historiques, anecdotiques voire doctrinales sur le bouddhisme.
vendredi 26 novembre 2010
Phénomènes composés et agrégats - suite et pas fin
Reformulation de vérification :
« Les phénomènes composés - impermanents - qui comportent cinq agrégats sous ensembles -, se composent de trois divisions : forme, esprit ou perception, ni exclusivement forme ni exclusivement esprit.
OK
Dans cette dernière catégorie est classé l’individu qui est lui même composé de cinq agrégats qui se répartissent dans les trois divisions citées :
- « forme » : comprenant l’agrégat de la forme,
- « esprit ou perception » : comprenant les agrégat de l’identification, de la sensation, des formations pour leur partie mentale, Et aussi l'agrégat de la conscience !
- « ni-ni » : comprenant la partie non mentale de l’agrégat des formations .
Le mental principal ou agrégat de la conscience se compose de six divisions, dont la conscience mentale OUI
où réside
Non, le terme "réside" est impropre. Pars ailleur, le rapport est en sens contraire : ce sont les instants successifs de la conscience qui constituent le continuum.
le continuum mental qui transmigre d’une vie à l’autre, suivant les philosophes qui suivent les raisonnements des écoles : sautrantika, cittamatra et de l’école madhyamika-svatantrika. Et prasangika.
En conséquence, les 5 consciences sensorielles et les facteurs mentaux ne transmigrent pas.
Mais si. Pas sous leur forme "grossière", certes, mais leurs empreintes sont véhiculées par la conscience mentale très subtile, et ils peuvent donc se remanifester dès que l'esprit reprend un aspect moins subtil.
Par ailleurs, n'oublions pas toute conscience - même subtile - a besoin du concours d'au moins les cinq facteurs omniprésents.
Puisqu’il en est ainsi, comment expliquer : …la perception des sensations éprouvées par le bardowa ? …ou la colère qu’il éprouve lors de son entrée dans la matrice…et autres facteurs mentaux (jalousie…) ?
Voir ci-dessus.
La conscience mentale est-elle composée …
des volitions, "Composée" ? Sûrement pas, mais accompagnée de ... oui.
des réflexions De quoi s'agit-il ?
et du continuum, … Elle n'en est pas "composée". Elle contribue à le composer.
comment le continuum « conserve » l’empreinte karmique est-ce :
- sous la forme de l’évènement qui a causé l’empreinte Non.
- ou sous forme de potentialités, de tendances Plutôt, oui. ou d’influence ?
Courant de conscience
Une question qui paraitra probablement candide, et d'une vision encore bien brouillée.
Je n'arrive pas à comprendre comment existe un "courant de conscience" qui parait intrinsèque puisque si je comprends bien 'il est "toujours" là, et "passe" dans chaque existence, or c'est un phénomène "composé" ... entre autres par les fameuses "empreintes" que je visualise comme des "habitudes", des "aiguillages" ou des "plis" qui se créent, produisent des effets, d'autres empreintes et disparaissent le moment venu, remplacées par d'autres. Comment cet élément composé et donc impermanent (si j'ai bien compris) peut en même temps "stable" pour "passer" d'une vie à une autre ou "générer" des existences une après l'autre ? ou "alors quel élément impermanent" transmigre ?
Bienvenue parmi nous, Cher Bruno.
Merci de votre question qui porte sur un point très important.
Le courant de conscience est-il ou non intrinsèque ?
Les réponses vont varier en fonction des systèmes philosophiques bouddhistes, et des définitions qu'elles accorderont à ce terme.
Selon l'école madhyamika, en dépit des apprences, le courant de conscience n'est pas intrinsèque.
D'ailleurs, aucun existant n'est intrinsèque, cat tous sont dépendants, au minimum de la perception qui les appréhende ou encore de la dénomination qui leur est attribuée.
Les phénomènes composés sont de plus dépendants de leurs causes et conditions,de leurs parties, etc., etc.
Oui, il est dit que c'est le courant de conscience qui passe d'une vie à l'autre.
Comme comme son nom l'indique, il s'agit d'un continuum, et ce continuum n'est en aucun cas figé : à chaque instant, il est différent.
Le continuum de l'instant d n'existe ainsi qu'à l'instant d. Il est né du continuum de l'instant c, et il génère le continum de l'instant e.
En ce qui concerne les empreintes qu'il véhicule, elles sont tout sauf statiques :
toute empreinte un fois accumulée dans la conscience mentale se développe d'instant en instant, jusquà produire ses effets, sauf si elle est affaiblie ou neutralisée par des forces contraires.
Comme notre activité mentale ne cesse jamais, même durant la claire lumière claire, il s'ensuit qu'à chaque instant de nouvelles empreintes sont engrangées, qu'à chaque instant les empreintes en attente se modifient - croissant ou décroissant selon le contexte vertueux, non vertueux ou neutre, qu'à chaque instant des empreintes produisent des effets - multiples et divers.
Comment notre courant peut-il passe d'une vie à une autre ?
Pour les mêmes raisons et de la même manière qu'il passe d'un instant à l'autre depuis notre conception jusqu'à notre mort.
La mort n'a rien de si extraordinaire, ni d'anormal.
Elle correspond à une phase naturelle et inévitable, consécutive à la prise d'un support physique lors de la conception.
Par la force des choses (propriétés des éléments), tout support physique, par définition impermanent, subit une usure jusqu'à un jour devenir inutilisable. Le courant de conscience le quitte alors et va se chercher un nouveau support physique. S'il l'a "sous la main", il n'a même pas besoin de passer par le bardo.
C'est tout.
Quant à ce que vous avez appelé "stabilité", il s'agit de la "continuité" - dont nous faisons l'expérience à chaque moment de notre vie.
C'est grâce à cette continuité que le soir nous pouvons nous rappeler (plus ou moins bien en fonction de notre mémoire) ce que nous avons fait le matin , ou encore que nous ruminons une rancune déclenchée par une irritation antérieure, ou que nous entretenons un attachement généré par une perception visuelle, ou tactile, ou autre. Etc.
Notez que tout phénomène composé se situe dans un continuum :
l'esprit -> continuum mental
le corps -> continuum physique (c'est pour cela que, vieux, on ressent parfois des douleurs à des endroits meurtris dans la jeunesse, etc.
Est-ce un peu plus clair ?
mercredi 24 novembre 2010
Des phénomènes composés
Pour quelle raison la sensation et de l’identification sont-elles à la fois agrégats et facteurs mentaux ?
Il vaudrait mieux poser la question à l'auteur des termes et classification : le Bouddha...
A ce que j'ai entendu dire, de Rinpoche notamment, si la sensation et l'identification ont eu les honneurs de catégories distinctes, c'est en raison de leur importance pour nous, cad de leur impact sur nous.
Ainsi, bien que la plupart des philosophes bouddhistes considèrent que la racine du samsara est l'ignorance, ils soulignent le rôle de l'attachement (soif, etc.) qui est le lien nous y garrottant. L'ignorance nous propulse dans le samsara, et l'attachement nous y maintient, hélas très solidement.
Important à noter :
Si le bouddhisme propose de multiples classifications des existants, en fonction de critères et angles de vue variés, c'est pour apporter des éclairages complémentaires à propos des objets observés.
En ce qui concerne la classification des phénomènes composés en agrégats, elle a pour objectif déclaré de combattre la saisie du soi :
elle met en évidence que loin d'être une entité "permanente, une et indépendante, le soi, cad l'individu, est un phénomène conçu et dénommé sur la base de diverses composantes.
Par ailleurs, je suppose que vous avez maintenant compris que tout phénomène composé est par définition un agrégat ?
« le continuum mentale (catégorie mentale) : …est l’esprit envisagé dans la chaine du temps » ...
« Lorsque nous éprouvons ...de la foi, cette perception laisse une empreinte ou potentialité (ni excl forme ni excl esprit) qui imprègne le « courant de conscience »
Ainsi, une empreinte (catégorie "ni-ni") imprègne le courant de conscience (catégorie mentale ?)
Eh oui.
Si le terme "imprégner" vous gêne, on peut aussi dire que "toute perception qui prend fin laisse, ou encore dépose, une empreinte dans l'esprit (dans le courant de conscience, si vous préférez)".
Parmi les empreintes (alias potentialités), celles déposées par les karma (f.m. volitions, de nature mentale) ont entre autres effets celui d'ultérieurement déterminer la connotation des sensations : agréables, désagréables ou neutres. Mais elles sont également les causes nécesaires (en l'occurrence consubstantielles) pour que de nouvelles volitions puissent se produire.
A chaque instant, en nous, ce sont des empreintes (catégorie "phénomènes composés ni exclusivement forme ni exclusivement esprit) qui génèrent les nouvelles perceptions, sensorielles comme mentales, que nous avons.
Sachant qu'à chaque instant nous avons des sensations, chaque sensation découle de la conjonction de multiples causes et conditions : contact entre une conscience, une faculté et un objet, plus maturation de diverses empreintes, dont au strict minimum une empreinte laissée par une sensation antérieure et une empreinte dite karmique, qui va faire que cette sensation sera agréable, désagréable ou neutre.
L'école cittamatra a beaucoup approfondi l'étude des différentes catégories d'empreintes et de leurs résultats respectifs.
C'est passionnant, mais un tantinet complexe.
Quelles différences y a t-il entre continuum mental et courant de conscience ?
Juste une question de vocabulaire en français.
lundi 22 novembre 2010
Agrégats et phénomènes composés suite 3
Je sais qu'il est dit que l'individu est classé dans les formations (ni exclusivement formes, ni exclusivement esprit) mais pourtant nous sommes bien constitués de 5 agrégats. En ce qui nous concerne, êtres humains, on dit bien que c'est sur la base de ces cinq agrégats que s'élève cette notion de soi.
Je ne trouve pas logique que l'on classe l'individu dans les formations, alors qu'en réalité c'est plus vaste que cela. Quelle en est la raison ?
La raison, eh bien, c'est que l'expression "agrégat des formation" a un champ sémantique très vaste, et désigne entre autres les phénomènes tels que les individus, mais aussi le temps, ou encore l'impermanence, ou encore la naissance, etc.
Est agrégat des formation : tout ce qui est phénomène composé mais n'est ni forme ni esprit + tous les 49 facteurs mentaux hormis l'identification et la sensation.
Il faut bien réfléchir à la différence entre "être" et "avoir".
Un individu ne peut pas vivre sans son coeur, mais il n'est pas son coeur. Idem pour ses poumons, son cerveau, et chacune des parties qui le constituent.
Même si, comme certains philosophes vaibhashika, on estime que l'individu équivaut à l'ensemble des cinq agrégats, cet ensemble est un agrégat des formations, car il n'est ni exclusivement forme (du fait de la présence de la sensation, de l'identification, des formations et dela conscience) ni exclusivement esprit (du fait de la présence de la forme et des formations ni forme ni esprit).
Agrégats et phénomènes composés suite 2
Patrick a donc dit :
Le poly des bases du bouddhisme page n° 10 (en bas) indique : "les 49 autres FM sont inclus dans l'agrégat des "formations volitionnelles", sans préciser qu'ils relèvent de la partie mentale (groupe c : esprit). Je suis enclin à classer (par erreur) les formations dans le groupe c) ni exclusivement forme ni exclusivement esprit, …désolé !
Merci de noter que l'agrégat des formations (volitionnelle) comporte deux subdivisions : 1) des phénomènes qui relèvent de l'esprit - dont la volition (cad le facteur mental omniprésent karma), d'où la dénomination que vous avez citée ; 2) des phénomènes qui ne relèvent ni de l'esprit ni de la forme - dont l'individu, la durée de vie, etc.
Ou se classent donc les facteurs omniprésents de l’identification et de la sensation puisqu’ils ne seraient pas dans le groupe b) : esprit, SVP ?
Mais si, ils relèvent de l'esprit. Relisez bien les billets précédents, SVP.
Les « deva du monde du sans forme n'ont pas de forme grossière », n’est-ce donc pas la situation des asura, et des bardowa (... qui se classent où)?
Nous sommes d'accord.
Comme je vous le disais, tous les êtres animés sont des agrégats des formations, car ils sont des phénomènes ni forme ni esprit.
Parmi les 6 classes d’êtres, lesquels transitent dans le bardo ? est-ce le même bardo ou y a-t-il un bardo pour chaque « classe d’être » ?
Les êtres des six classes ne sont pas systématiquement contraints de transiter par le bardo - qui n'est jamais qu'une situation d'attente : quand les karma introducteurs à laprochaine naissance sont puissants et que les conditions nécessaires à la nouvelle naissance sont déjà réunies, la nouvella naissance se produit au sortir de la claire lumière de la mort de la vie qui vient de prendre fin.
Les divers bardo vont présenter certains des points communs, et aussi des particularités en fonction des renaissances vers lesquelles se dirigent les êtres du fait du ou des karma parvenus à maturité et qui les orientent vers leur prochaine vie.
C'est pour cela qu'il est recommandé de dédier des vertus à l'intention des défunts, surtout durant les 49 jours qui suivent la mort :
comme un séjour dans le bardo dure au maximum 7 x 7 jours, avec une nouvelle mort en fin de chaque semaine, suivie forcément d'une nouvelle naissance dans le bardo, l'idée est d'essayer d'intervenir pour que, si nécessaire, quelqu'un qui aurait d'abord été orienté par des karma mauvais vers une renaissance défavorable puisse être réorienté vers une renaissance meilleure, grâce à la maturation de karma meilleurs. Maturation permise par les vertus dédiées à son intention.
A propos des phénomènes composés, je reformule : …les existants impermanents, comme les 6 classes d’individus se composent de 5 ensembles ou agrégats. Lorsque l’on dit « Tous les phénomènes composés sont inclus dans les cinq agrégats », on ne parle pas des 5 agrégats de l’individu mais de la catégorie « existant impermanent » …
D'une manière générale, il y a équivalence entre les expressions "les phénomènes composés", "les phénomènes impermanents" et "les cinq (catégories d') agrégats".
Il faut bien noter la différence entre les expressions : "les cinq agrégats" (au sens large, incluant les objets matériels inanimés) et "les cinq agrégats d'un individu" (restreints aux êtres animés).
dimanche 21 novembre 2010
Agrégats et phénomènes composés suite
Cette classification concerne-t-elle les six classes d’êtres ?
ainsi …est-il correct de dire que l’individu constitué de 4 agrégats, dont la forme (contours ; couleurs) serait ici subtile, détiendrait également quatre autres sphères subtiles ( cf division) de connaissances citées : sphères du son, de l'odeur, de la saveur, du toucher ?
Les agrégats de l’identification et de la sensation semblent à part, tous deux relèvent de l’esprit.
- Le signe « = » signifie qu’ils sont …à la fois agrégats et facteurs omniprésents, ou sont-ils à distinguer ?
Concernant l’agrégat des formations 2 divisions :
- 1) mental : Vous indiquez que les 49 FM relèvent de : b) l’esprit, …cela me parait étrange, vous confirmez ? ? ?…Mais vous n’indiquez pas de quel groupe relèvent les facteurs omniprésents de l’identification et de la sensation ?
- 2) non mental : c) ni-ni, exemple l’individu …mais n’est-il pas déjà "ventilé" comme précédemment ?
Il est plus facile de répondre ici : plus de place, plus de possibilités graphiques.
Reprenons les interrogations de Patrick dans l'ordre :
- Oui, la classification concerne les six classes d'êtres du samsara, car plus généralement elle concerne tous les êtres car elle concerne tous les phénèmes composés.
- Non, attention : quand, à propos des individus, on parle d'une base de conception constituée par 4 agrégats, et non 5, c'est l'agrégat de la forme qu'on retire, car on fait alors allusion aux deva du monde du sans forme et on souligne qu'ils n'ont pas de forme grossière.
- effectivement, on fait de l'identification et de la sensation des agrégats ) aprt entière, en raison de leur importance.
Le signe =, à mes yeux, signifie "égal".
Je voulais donc dire que les expressions, par ex, "agrégat de la sensation" et "sensation" (cad facteur mental ominiprésent sensation") désignent le même objet - la sensation -, avec des connotations diverses.
- Je confirme que les facteurs mentaux, tous, appartiennent à l'esprit.
En effet, l'esprit est constitué de deux types de composantes : les 6 consciences et les 52 facteurs mentaux. Chaque composante a sa propre fonction, mais toutes présentent un certain nombre de propriétés similaires.
(Cf. définition de l'esprit, et aussi les "identités" entre une conscience et les facteurs mentaux qui l'accompagnent)
- J'insiste sur le fait que les individus relèvent de la catégorie des phénomènes composés ni forme ni esprit.
En effet, les individus ont en général une forme (leur corps) (exceptions : les deva du monde du sans forme, encore qu'ils aient quand même une forme, mais subtile). Les individus ont tous, toujours, un esprit. Par définition.
Mais ils ne sont ni leur corps ni leur esprit.
C'est pour cela que, tout en étant des phénomènes composés (évidence indiscutable), ils ne sont ni forme ni esprit.
Il n'est donc pas correct de les ventiler dans les différentes catégories, comme vous sembliez avoir envie de le faire. Même si l'existence des individus dépend d'éléments qu'eux, vous pouvez ventiler à votre aise.
Ex : nous dépendons de l'air que nous respironspour vivre, mais ce n'est pas une raison suffisante pour dire que les individus que nous sommes ne sont que de l'air (j'avais envie d'écrie "que du vent").
Est-ce devenu un peu plus clair ?
N'hésitez pas à poser des questions. On est là pour ça.
Les choses ne semblent simples que quand ... on n'y réfléchit pas.
Par conséquent, merci de vos questions, et de vos efforts pour aller plus loin.
samedi 20 novembre 2010
"Agrégat" : pourquoi ?
Parce que c'est un mot qui donne clairement l'idée de composition.
Le mot "agrégat" est délibérément employé pour miner à la base nos idées fausses, du genre saisie du soi, saisie de l'absolu, etc. :
de toute évidence (hum !), quelque chose qui est un agrégat ne peut pas être une entité "permanente, une et indépendante", pas vrai ?
Car soyons logiques, ou essayons de l'être :
s'il s'agit d'un agrégat, c'est que cela a dû se constituer. Donc, c'est apparu. Donc, ça va disparaître. Donc, ce n'est pas permanent.
S'il s'agit d'un agrégat, ce peut en aucun cas être "un". On ne peut pas être à la fois pluriel et singulier.
S'il s'agit d'un agrégat, ce ne peut pas être indépendant, puisque cela dépend déjà au moins des parties constitutives.
Reprenons tranquillement la même démonstration à propos d'un quelconque agrégat pris au hasard.
Tenez, pourquoi pas "moi" ?
Agrégats : réponses
Voici les réponses :
nous (en tant qu'individus) : agrégats des formations
Il est exact que le système madhyamika définit "l'individu" comme ce qui est juste conçu, ou encore dénommé, sur la base des cinq, ou quatre, agrégats constitutifs.
C'est bien pour cela qu'on ne peut classer l'individu que dans le groupe des "phénomènes composés qui ne sont ni exclusivement forme ni exclusivement esprit).
la faim : agrégat de la forme (la faim relève en effet du "toucher", et non de la sensation. La sensation, c'est le fait de ressentir quelque chose comme agréable, désagréable, ou ni l'un ni l'autre)
trois heures : agrégats des formations (deuxième groupe)
la jalousie : agrégat des formations (premier groupe, de nature mentale)
l'esprit d'Eveil : agrégat de la conscience
l'autochérissement : agrégat de la conscience
le Bouddha : en tant qu'individu, agrégat des formations
Les cinq agrégats
Le plus souvent, on dit que les phénomènes composés se répartissent en trois groupes : phénomènes composés relevant
a) de la forme
b) de l'esprit
c) ni exclusivement forme ni exclusivement esprit.
Comment s'établit la ventilation entre ces deux classifications ?
En partant des cinq agrégats, voici ce que ça donne :
- agrégat de la forme : a)
NB l'agrégat de la forme (= forme) comporte cinq divisions : cinq ayatana, ou si vous préférez, les cinq sphères de connnaissances suivantes : sphères de la forme, du son, de l'odeur, de la saveur, du toucher.
- agrégat de l'identification (alias "perception" pour certains traducteurs) = facteur mental omniprésent identification : b)
- agrégat de la sensation = facteur mental omniprésent sensation : b)
- agrégat des formations : deux divisions :
* tous les autres mentaux (à part l'identification et la sensation) : b)
* les phénomènes composés ni exclusivement forme ni exclusivement esprit : c)
Ex, l'individu, la durée de vie, la naissance, l'impermanence, etc.
- agrégat de la conscience : b)
mercredi 17 novembre 2010
Agrégats et phénomènes composés
"Ainsi… le « vocabulaire philosophique » ne ferait pas de différence entre :
tous les phénomènes composés « sont inclus » (contenus, compris, insérés) dans les agrégats
et …« sont » des agrégats.
Autrement dit : … « qu’un vase soit un agrégat » aurait le même sens que : « le vase est inclus dans les 5 agrégats » ?
Quel est le dessein de cette terminologie ?"
Pour repartir du tibétain, le « vocabulaire philosophique » dira que "agrégat", "phénomène composé", "phénomène impermanent", etc., sont des termes équivalents, cad qu'ils couvrent le même champ sémantique - même si leurs connotations diffèrent sensiblement.
Nous pouvons donc dire
"Tous les phénomènes composés sont des agrégats et tous les agrégats sont des phénomènes composés."
Quant au vase, oui, on peut affirmer qu'un vase est par définition inclus dans les cinq agrégats. Car un vase est agrégat de la forme.
A noter :
L'expression "les cinq agrégats" est une expression contractée pour "les cinq types d'agrégats".
On peut donc également dire que l'ensemble "phénomènes composés" comporte cinq sous-ensembles : les cinq catégories d'agrégats.
mardi 16 novembre 2010
Collection transitoire suite
Ca veut dire que tout phénomène composé est un agrégat. Et réciproquement, d'ailleurs.
Ce sera plus clair, je pense, avec quelques exemples :
notre corps : agrégat de la forme
une table : agrégat de la forme
un bruit : agrégat de la forme
l'impermanence : agrégat des formations
un bonheur : agrégat de la sensation
une douleur : agrégat de la sensation.
A vous de jouer :
nous (en tant qu'individus) : agrégats de ?
la faim : agrégat de ?
trois heures : agrégats de ?
la jalousie : agrégat de ?
l'esprit d'Eveil : agrégat de ?
l'autochérissement : agrégat de ?
le Bouddha : ?
dimanche 14 novembre 2010
Surprenante histoire des femmes japonaises
Jetez-y un oeil ; l'article est en téléchargement libre.
Bouddhistes occidentaux
Voici ce que dit Ajahn Chah :
Le problème des bouddhistes occidentaux c'est qu'ils sont plus bouddhistes que disciples.Etre bouddhiste devient une identité, un label qui permet de ne pas être comme les autres. On appartient à telle ou telle branche du Bouddhisme...
A méditer ?
Nonnes de la forêt
| Le Dhamma de la Forêt |
Theravada et Ecole de la Forêt
Article de Jeanne Schut paru dans le magazine bouddhisme Actualités, juin 2008
Le Bouddha a appelé la religion qu’il a fondée le Dhamma-vinaya, c’est-à-dire « la doctrine et la discipline » ou plus simplement le Dhamma (Dharma en sanskrit). Pour apporter une structure sociale qui soutienne la pratique du Dhamma et pour préserver ses enseignements pour la postérité, le Bouddha a établi le Sangha, l’ordre des bhikkhu (moines) et des bhikkhuni (nonnes), qui continue aujourd’hui encore à transmettre les enseignements, tant aux religieux qu’aux laïcs.
Mais dans les deux siècles qui suivirent la mort du Bouddha, tandis que le Dhamma se répandait sur la majeure partie du territoire indien, plusieurs interprétations différentes de certains de ses enseignements originaux sont apparues, en conséquence de quoi des schismes se produisirent au sein du Sangha et dix-huit écoles distinctes virent le jour. L’une d’elles, le Mahasanghika, donna finalement lieu à un mouvement de réforme qui prit le nom de Mahayana, « Le Grand Véhicule », et donna par dérision aux autres écoles le nom de Hinayana ou « Petit Véhicule ».
Ce que nous appelons Theravada aujourd’hui est la seule école survivante de toutes les branches non mahayanistes de l’époque. Pour éviter la connotation péjorative de ces noms, il est convenu aujourd’hui d’appeler le Theravada « le bouddhisme du sud » — car il se concentre historiquement sur l’Asie du Sud-est — et le Mahayana « le bouddhisme du nord » car il a surtout émigré au nord de l’Inde vers la Chine, le Tibet, le Japon et la Corée.
Quant à l’Ecole de la Forêt, elle fait partie du Theravada et remonte à l’un des plus grands disciples du Bouddha, Mahakassapa. Tout au long de sa vie, Mahakassapa reçut l’éloge du Maître pour la qualité de sa pratique et son mode de vie simple et discipliné, voué à la méditation et à l’écoute des lois de la nature. A la mort du Bouddha, Mahakassapa se retrouva tout naturellement à la tête du Sangha pour diriger le Premier Concile.
L’HISTOIRE DE MAHAKASSAPA
Quand le jeune Kassapa entendit parler du Bouddha, il quitta sa jeune femme dont la quête spirituelle était semblable à la sienne, prit l’habit du renonçant et s’engagea dans la forêt. Sentant qu’un disciple très particulier lui arrivait, le Bouddha alla à sa rencontre et lui apparut tout nimbé de lumière. Kassapa le reconnut aussitôt et mit sa vie à ses pieds. Touché par sa ferveur et sa sincérité, le Bouddha lui donna aussitôt un enseignement en trois règles :
- Humilité et conscience de ses actes grâce à une claire perception de la loi du karma (hiriottapa).
- Attitude attentive par rapport à tous les enseignements reçus, examen approfondi des notions entendues et assimilation dans le cœur.
- Attention au corps liée à la joie.
Puis maître et disciple prirent la route et, lorsque le Bouddha voulut se reposer, Kassapa lui offrit de s’asseoir sur son vêtement plié et le pria ensuite de garder ce vêtement. Le Bouddha répondit : « Mais, Kassapa, pourras-tu porter ces vêtements de chanvre et de chiffons usés qui sont miens ? » « Certainement, Vénérable, répondit Kassapa empli de joie, je peux porter les vêtements de chiffons usés et rugueux du Bouddha. »
Cet honneur ne fut accordé à aucun autre disciple et les Commentaires précisent que l’intention du Bouddha était d’encourager Kassapa à observer les pratiques d’austérité dès son entrée dans le Sangha. La Voie du Milieu dénonçait l’ascétisme extrême mais le Bouddha encourageait tout de même les moines à adopter des vœux d’austérité favorables à la simplicité, au contentement, au renoncement et à la vigueur. En fait, dès ce moment-là, Kassapa prit l’engagement d’observer un mode de vie ascétique. Des années plus tard, le Bouddha lui suggéra, du fait de son âge, d’accepter le confort d’un monastère au lieu de continuer à vivre dans la forêt, mais Mahakassapa refusa et il s’en expliqua ainsi :
« D’une part, il me plaît de demeurer ainsi* et, d’autre part, je pense que lorsque les générations de moines à venir entendront parler de cette manière de vivre, ils voudront peut-être l’imiter. »
Le Bouddha répondit : « Bien parlé, Kassapa ! Bien parlé ! Tu vis pour le bonheur d’un grand nombre, par compassion pour le monde, pour le bienfait et le bien-être des dieux et des humains. Tu peux garder tes vêtements rugueux en haillons, sortir pour demander l’aumône et vivre dans la forêt. » (SN16 :5)
L’ECOLE DE LA FORET EN THAÏLANDE
A la fin du XIXe siècle, un moine, le vénérable Ajahn Mun, retrouva en lui le potentiel des bienfaits de la vie dans la forêt. Il se souvint que le Bouddha était né dans la forêt, avait trouvé l’Eveil dans la forêt, avait enseigné dans la forêt, et était mort dans la forêt. Et puis le célèbre exemple de Mahakassapa l’inspira. La simplicité, le renoncement et la nature ne formaient-ils pas le cadre idéal pour parfaire la méditation et atteindre ce que les disciples du Bouddha ne croyaient plus possible d’atteindre 25 siècles plus tard : l’Eveil ?
Effectivement, Ajahn Mun atteint l’Eveil et devint un grand maître. Sa vie simple et vertueuse fut un exemple de conduite dans une société et un ordre monastique dégradés et corrompus. Presque tous les maîtres de méditation accomplis et révérés du XXe siècle en Thaïlande ont été ses disciples directs ou ont été grandement influencés par lui. L’un des grands maîtres à avoir suivi son exemple est le vénérable Ajahn Chah.
AJAHN CHAH ET L’ECOLE DE LA FORET EN OCCIDENT
Il a suffi d’une rencontre avec Ajahn Mun pour que le futur Ajahn Chah soit débarrassé de ces voiles qui empêchent la lumière de jaillir. Il méditait encore, approfondissant sa révélation, que déjà son rayonnement attirait moines et laïcs. Installé au cœur d’une jungle — endroit idéal disait-il, pour faire face à ses peurs des fantômes et des tigres ! — sa joie de vivre et sa rigueur attirèrent aussi les jeunes Occidentaux des années 1960 et 1970 en quête de spiritualité. Lors de deux voyages en Occident, en 1977 et 1979, il confia à certains de ses disciples le soin de planter les racines de l’Ecole de la Forêt de ce côté-ci de la planète. Sous la houlette d’Ajahn Sumedho, son premier disciple occidental, des monastères ont vu le jour en Europe, aux Etats-Unis et en Australie, pour le plus grand bonheur de ceux qui cherchent la vérité du Bouddha dans la simplicité et la nature.
Les trois enseignements donnés par le Bouddha à Mahakassapa sont aujourd’hui encore en vigueur dans les monastères de la forêt thaïlandaise — notamment la méditation sur le corps, trop souvent négligée en Occident, mais qui est considérée par les maîtres thaïlandais comme un passage obligé. Quant aux moines, ils portent toujours des vêtements faits de morceaux de tissu rapiécés qu’ils teignent eux-mêmes, ils vont mendier leur nourriture pieds nus chaque matin et, bien entendu, ils vivent dans la forêt.
En Occident, malgré une courageuse tentative de maintenir ces principes, il fallut tenir compte du climat et des coutumes (les gens avaient tendance à mettre des pièces de monnaie et non de la nourriture dans le bol des moines !). Mais les moines occidentaux partent régulièrement à pied, de monastère en monastère, mendiant leur nourriture en chemin, et il existe de nombreux récits vantant la générosité des passants curieux, puis intéressés, puis ouverts et sensibles à la simplicité et à la dépendance totale des moines de la forêt.
* Mahakassapa a écrit de très beaux vers qui laissent paraître sa sensibilité aux beautés de la nature.
Sources :
- Les Grands Disciples du Bouddha, Tome 1, Ed. Claire Lumière.
- http://www.levityisland.org/buddhadust/www.accesstoinsight.org/theravada.html
Référence :
Ajahn Sumedho L’esprit et la Voie, éd. SULLY.
Femme, nonne et arhat
Cf. Take It or Leave It' and the Ground Between, an article by Thanissara Mary Weinberg, one of the first four siladhara who is now a renowned Dhamma teacher in South Africa
Mantoku-ji
Son origine est moins claire que celle du Tôkei-ji. Il semblerait que ce temple aurait été fondé par un descendant du shogun Minamoto. Ce qui est sûr, c'est qu'il eut des liens très étroits avec la famille Tokugawa, c'est à dire avec les dirigeants de l'époque, au travers de nombreuses abbesses.
Tôkei-ji
Auparavant, les hommes japonais avaient le droit unilatéral de divorcer.
Kakusan-ni obtint pour son temple un statut très particulier : toute femme ayant résidé trois ans au Tôkei-ji auraient le droit de demander le divorce.
Il est dit qu'entre 1603 et 1868, environ 2000 femmes se seraient réfugiées au Tôkei-ji.
samedi 13 novembre 2010
Conscience tranquille
"Avoir la conscience tranquille."
Une clef précieuse pour vivre bien, puis mourir bien ?
Amis tibétanisants.
Vous, comment rendriez-vous cette expression en tibétain ?
Car traduire est difficile dans tous les sens...
Les réfugiés tibétains en Inde
Vient de paraître :Les réfugiés tibétains en Inde Nationalisme et exil
Anne-Sophie Bentz
The graduate Institut / Genova
Avec la fuite du Dalaï-Lama en mars 1959, commence pour une partie du peuple tibétain un exil forcé qui se perpétue aujourd hui. Exil où l'Inde occupe d'emblée une place singulière : terre d'accueil du Dalaï-Lama, qui y a installé le siège de son gouvernement en exil, elle est à la fois le pays qui abrite le plus grand nombre de réfugiés tibétains un peu plus de 100 000 sur 145 000 au total et le pays où s est constitué le mouvement nationaliste tibétain de l'exil. Ainsi se pose la question des rapports entre le nationalisme et l'exil chez les réfugiés tibétains en Inde, partant de l'hypothèse classique que l'exil a pour effet d'accentuer le sentiment nationaliste des exilés. A quoi ressemble ce nationalisme ? Quel est l'impact de l'Inde sur le mouvement nationaliste tibétain ? Et comment les réfugiés, à commencer par le premier d'entre eux, le Dalaï-Lama, conçoivent-ils la nation tibétaine ? Celle-ci revêt-elle une forme particulière parce qu'elle se développe en exil ? En Inde ? Telles sont les principales interrogations auxquelles ce livre se propose de répondre.
Anne-Sophie Bentz a obtenu un doctorat en relations internationales de l'Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Elle enseigne les relations internationales à l'Université Toulouse 1 Capitole. Elle est l'auteur de plusieurs articles sur la diaspora tibétaine.
Délit d'opinion
Une prétition en sa faveur circule sur la toile :
http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2010N3807
Respect de soi et d'autrui Comment vivre en harmonie
"Collection transitoire"
"Je souhaiterais avoir des renseignements sur ce que l’on nomme « collection transitoire ». Dans le tome 2 de « La Libération suprême entre nos mains », il est question de collection transitoire des agrégats. Pouvez-vous me donner des explication sur ce terme ? Est-ce qu’il concerne seulement les agrégats ?"
En quelques mots, l'expression "collection transitoire" traduit le tibétain 'jig tshogs : "ensemble destructible".
Oui, cela concerne les agrégats, avec la précision que tous les phénomènes composés (et donc impermanents) sont inclus dans les agrégats !
Autrement dit, seuls les existants permanents (vacuité, non soi, etc.) ne sont pas concernés.
Mais nous, si.
vendredi 12 novembre 2010
Calomnie suite
Pourquoi et comment ?
* Calomnies = expérience désagréable, résultant de karma négatifs.
Etre objet de calomnies critiques, insultes, etc.) revient à épuiser un ou des karmas mauvais, et ce fausant à "lever des obstacles".
* Patience : source de mérites importants (décuplés si on se réjouit de faire montre de patience). D'où des résultats agréables (dont éventuellement la "longévité").
NB "Longévité" signifie dans le contexte "vie aussi longue que possible en fonction des karma introducteurs à la vie en cours".
Ah oui !
Inutile de préciser (mais faisons-le quand même) qu'en revanche le malheureux qui se livre à des calomnies se met dans la position inverse !
Là, aucun bénéfice. Mais alors, vraiment aucun.
jeudi 11 novembre 2010
Calomnie
L'un de mes Maître me disait quant à lui que critiques et calomnies sont autant de ... "shabten gracieux", cad de cérémonies de longévité effectuées gratuitement, sans même qu'on ait besoin de les demander, ni d'ailleurs d'être au courant.
En somme, c'est tout bénéfice.
* Correction : ceci n'est point un dicton, mais une citation, souvent attribuée à Beaumarchais, mais en fait due à Francis Bacon (1561-1626 ; Cf. Essai sur l'athéisme).
Merci à N. de m'avoir indiqué cette regrettable erreur.
jeudi 28 octobre 2010
Lhabab duchen
Demain : grande fête bouddhiste
Lhabab Duchen - Wikipedia, the free encyclopedia
mardi 19 octobre 2010
Amour-propre
par rapport aux différentes composantes de l'esprit telles que définies par, disons, Asanga, à quoi s'apparenterait ce que nous appelons en français "l'amour-propre" ?
lundi 18 octobre 2010
Dommages collatéraux
Le dévoué Président de l'Association Guillaume de Rubrouck a fait l'impossible pour permettre une vidéoconférence, mais ... la connexion internet n'a pas pu être établie.
Comme quoi, quand les conditions ne sont pas toutes réunies, le résultat ne peut pas se produire.
Dommage, car plus de 80 personnes s'étaient déplacées, m'a dit Eric au téléphone.
Aujourd'hui, le sujet était en principe "Bouddhisme - sagesse universelle".
Finalement, cela aura été .... "La patience selon le Bouddhisme".
Pas en théorie. En pratique.
dimanche 17 octobre 2010
Des apparences et a priori
Car bientôt je vis surgir à l'autre bout deux Messieurs qui se rapprochaient inexorablement. Nous allions avoir à nous croiser.
Pas de quoi en faire un plat, me direz-vous ?
Certes, mais voilà. C'étaient deux Maghrébins, d'un certain âge, pas trop bien habillés et qui avaient l'air un peu éméchés
D'où comme qui dirait une vague appréhension de mon côté.
Qui semble se vérifier car en arrivant à mon niveau, l'un des deux m'apastrophe :
"Vous seriez pas bouddhiste ?"
Inutile de nier avec le vêtement que je porte, d'autant qu'une dénégation de ce genre est totalement contraire avec la prise de refuge en les Trois Joyaux.
Je hochais donc la tête en pressant le pas.
Mais voilà qu'ils se mettent juste devant moi, me barrant le passage.
La peur grandit... Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche.
Bien la peine d'être à deux pas du Ministère - pas un policier en vue !
Et mon interlocuteur de ... me tendre la main pour me la serrer chaleureusement, en me disant :
"Musulmans, bouddhistes, nous sommes tous des croyants, même si nous n'utilisons pas les mêmes mots. Ravi de vous avoir rencontrée. Que Dieu vous bénisse."
Après avoir serré la main de son compère tout aussi souriant, je poursuivis ma route, quelque peu honteuse de mes craintes.
Le Bouddha et les femmes - Cohabitation
Comme j'ai l'esprit de contradiction chevillé au corps, plus j'entends ça, et plus je trouve que le Bouddha était exceptionnellement ouvert et bienveillant vis à vis de tous, y compris des femmes.
D'ailleurs, sinon, pourrait-on le qualifier de "Bouddha", cad "personnage ayant dissipé tous défauts et qualités, et parachevé toute qualité" ?
Bref, il me souvient que, quand même, au sein des communautés religieuses du monde, la première à avoir accepté une composante féminine est la communauté établie par le Bouddha.
Le Bouddha a placé les moniales sous l'autorité des moines ?
Eh bien, oui. Et il a même fait obligation aux moines d'instruire les nonnes.
Vous vous rendez compte de la révolution que cela représente ?
Il y a 2600 ans environ, en Inde, le Bouddha a introduit de la mixité !
Pas totale, bien sûr, mais quand même.
Loin d'ériger des murs infranchissables entre les deux groupes, il a non seulement permis, mais imposé que les nonnes aillent parfois chez les moines pour certaines cérémonies : confession, ordination majeure, et que les moines aillent parfois chez les nonnes, par ex pour leur dispenser des Enseignements.
J'apprécie.
Je trouve ça beaucoup plus sain et naturel.
Mais je comprends qu'on puisse est gêné / choqué par tant d'ouverture, et qu'on veuille s'en tenir, ou revenir aux vieux tabous : les hommes aves les hommes, les femmes avec les femmes.
Moi, c'est pas mon truc, mais chacun est libre, pas vrai ?
Le Bouddha et les femmes
Encore la semaine dernière, lors d'une émission par ailleurs très intéressantes des Sagesses Bouddhistes, j'ai entendu l'invitée, la Vénérable Ajahn Sundara, moniale de la lignée des moines de la forêt, répondre que "l'accouchement de la communauté féminine s'était fait dans la douleur", car Mahaprajapati Gautami avait dû réitérer sa requête rien moins que trois fois.
Présenter par trois fois une demande au Maître avant qu'il n'y accède ?
Moi, ça ne me semble pas si terrible que ça. Et puis, j'aurais juré que c'était une des traditions communes à tous, cad ici aux hommes comme aux femmes.
En tant que moyen pour tester la détermination de quelqu'un avant de le laisser s'engager dans des chemins pas si faciles que ça.
mardi 12 octobre 2010
Départ d'un grand Geshe
Il avait 83 ou 84 ans.
Issu du monastère philosophique de Ganden Jangtse Datsang, il est entré au collège tantrique de Gyudmed Datsang après avoir brillamment réussi ses examens de geshe lharampa, et il ne l'a plus quitté. C'est un fait assez rare pour être souligné car en général les geshe se hâtent de repartir après l'année obligatoire pour valider la formation ès tantras.
C'est que la règle de Gyudmed est stricte, très stricte.
Cela convenait à merveille à Geshe Jampa Choedak, qui en vrai geshe kadampa, cultivait l'humilité et la frugalité. A ce jeune Occidental tibétanisant qui venait lui présenter une offrande, il répondit qu''au monastère, on a besoin de geshe. Pas de dollars !"
Il en voyait tant, de geshe plus ou moins jeunes, prendre la chemin des Etats Unis, ou d'Europe, pour ne plus en revenir, beaucoup quittant la robe pour les plaisirs profanes.
Pas loin de 40 années durant, Geshe Jampa Choedak enseigna les tantras et la philosophie aux promotions successives de jeunes geshe fraîchement émoulus. Quand une crise d'asthme montait, il attendait qu'elle passât, puis reprenait son explication comme si de rien n'était.
C'est une ultime crise qui l'aurait emporté.
A leur arrivée à Gyudmed Datsang, il était le compagnon de chambre de mon Maître, Gyudmed Khensur Rinpoche Sonam Gyaltsen, qui est d'un an son aîné. Ils étaient de grands amis.
lundi 4 octobre 2010
Sagesse universelle
Salon Blanc de l'Hôtel de Ville à partir de 18h30
Conférence par Marie-Stella Boussemart
« Sagesse universelle du Bouddhisme »
Hôtel de Ville, Bergues
Entrée libre
T. +33 (0)6 84 68 09 81
* Mais si, c'est bien la ville où a été tourné le film "Bienvenue chez les ch'tis - sauf que Bergues est en terre flamande, et pas ch'ti, mais peu importe.
lundi 27 septembre 2010
Précieuse vie humaine
Les huit facultés dont dispose un grand homme - Hachi-Dainingaku -
Bezeklik
Durée : 50 minutes
Réalisateur : Seerge TIGNIÈRES
Production : FRANCE 5, GEDEON, NHK (NIPPON HYOSAI KYOKAI)
En suivant l'enquête permettant la reconstitution en 3D d'une fresque disparue à la fin du XIXe siècle, ce troisième épisode relate un siècle d'exploration de l'Asie Centrale et mille années du labeur des artistes peintres prêts à tout pour exprimer la ferveur de leur dévotion.
Au coeur des montagnes du Tian Shan, se cache le sanctuaire de Bezeklik. Ici, des milliers de moines ont taillé la roche pour construire leurs cellules et accueillir les lieux du culte bouddhiste. Pendant 1000 ans, ils ont diffusé leur religion sur tous les chemins d'Extrême-Orient.
Des artistes venus d'Inde, d'Afghanistan ou du Sud du désert du Takla-Makan les ont suivis, bravant les tempêtes, les guerres et les épidémies pour représenter la vie de Bouddha et de ses saints. Ils ne bravaient pas la mort pour l'argent, encore moins pour la gloire. Ils exerçaient leur art au nom de leur seule foi, espérant que leurs fresques traverseraient le temps...
mercredi 22 septembre 2010
lundi 20 septembre 2010
Trois pas en avant, deux pas en arrière
Ben oui, la progression n'est pas rectiligne. On a bien souvent l'impression décourageante de stagner, et plus exactement de régresser.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait aucun progrès. D'ailleurs, le seul fait de se poser de telles questions, c'est déjà énorme, même si ce n'est pas suffisant bien sûr.
Une image frappante, usuelle dans le bouddhisme pour évoquer nos bonnes vieilles mauvaises habitudes (attachement, jalousie, avarice, paresse, j'en passe et des meilleures), est celle des mauvais plis.
Notre problème serait que nous (cad notre esprit) serions comme des feuilles de papiers mises en rouleaux depuis belle lurette.
En faisant de gros efforts, nous parvenons à aplatir notre feuille, et tant que nous la maintenons, elle reste à plat. Mais sitôt que nous la relâchons, la voilà enroulée derechef.
Mais moins serrée qu'avant.
Et à force de persévérance, nous pouvons lui faire asdopter une disposition bien plane.
M'accorderez-vous l'honneur de cette danse ?
Vie et mort
Conférence publique (entrée libre, participation libre également)
le samedi 02 octobre 2010, de 17H30 à 19H00,
sur le thème "le processus de la vie et de la mort selon le bouddhisme"
Lieu :
Institut Guépèle
Chemin de la Passerelle 77250 Veneux-Les Sablons
(juste à côté de la garde Veneux-Moret), à 5 km environ de Fontainebleau)
Tél. 01 64 31 14 82
Programme des activités : 01 60 70 39 81
Dur, dur de pratiquer
L'idéal, ont souligné, et montré par l'exemple, les Maîtres de la lignée, est que chacune de ces trois activités conforte les autres.
Cela ne nuit nullement à l'ordre chronologique : en 1. étude ; en 2. réflexion ; en 3. méditation.
Par exemple, imaginons qu'on décide de réfléchir avant d'avoir étudié.
En tant qu'êtres humains dotés d'intelligence, etc., on n'aura sans doute pas trop de mal à réfléchir, mais sur quoi ? Sûrement pas sur le Dharma, puisqu'on l'ignorera, faute de l'avoir étudié.
Idem pour la méditation.
L'embêtant, c'est qu'on croit facilement être en train de faire des pratiques du bouddhisme, parce qu'on a décerne ce label aux activités accomplies, alors qu'en fait ...
Article premier : "Le bouddhisme est - par définition - la voie telle qu'exposée par le Bouddha."
Toute réinterprétation et/ou tout mélange personnels sont totalement libres.
Mais ils ne sont pas, ne peuvent pas être le bouddhisme.
Dur à avaler, et surtout à assimiler, non ?
Pédagogie
Puissions-nous parvenir à poursuivre la précieuse tradition !
dimanche 19 septembre 2010
Diffusion du Bouddhisme
Ca fait 2600 ans que le bouddhisme existe, et au fil des temps, il s'est implanté dans pas mal de pays d'Asie.
Récemment, il est arrivé en Occident.
Constat :
Tout naturellement, le bouddhisme s'est partout adapté aux us et coutumes locaux.
Inquiétude :
Qu'est-ce que ça va donner de par chez nous, impatients que nous sommes (je parle pour moi), et si fiers de notre génie de l'organisation (dont nous pouvons d'ailleurs voir ô combien il nous a rendu plus détendus et sereins au quotidien).
Avec en plus toutes ces techniques modernes, extraordinaires, dont nous disposons, mais que nous ne "maîtrisons" pas forcément si bien que ça, au sens que nous n'évaluons peut-être pas très bien les effets à moyen et long terme.
vendredi 17 septembre 2010
Plans ultime et conventionnel
Sur le plan ultime, il n'est rien de bon ou de mauvais ; il n'est pas de bonheur, ni de souffrance. Etc., etc. (Cf. Soutra de la sagesse).
Ca veut dire (paraît-il) que rien n'existe de façon absolue.
Ce qui n'implique nullement que les choses n'existent pas du tout. Soutenir que rien n'existe revient à cultiver des vues nihilistes, qui constituent l'un des deux extrêmes à soigneusement éviter.
En fait (disent les traités), sur le plan conventionnel, les existants ... existent (d'où la dénomination qui leur est décernée).
Certes, ils n'existent pas d'eux-mêmes (système madhyamika). C'est d'ailleurs cela qui leur permet d'exister en interdépendance avec d'autres existants.
Ils ont une existence relative. La preuve ? Ils exercent des effets (NB Toujours selon le système madhyamika, qui sans chercher midi à quatorze admet la caution du ... bon sens commun).
Samsara
1) les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte ;
2) le fait que cette personne ait à naître et mourir sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté.
Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de l'esprit, à commencer par l'ignorance.
dimanche 12 septembre 2010
Samsara = prison
Tant que nous demeurons enlisés dans les marécages du samsara, la liberté ...
Notre geôle ?
Hélas, ce sont nos cinq agrégats souillés (souillés par leurs relations avec les facteurs perturbateurs, alias klesha). Autant dire qu'il n'est guère aisé de nous en échapper.
Karma épouvantable
Les karma souillés des êtres du samsara ne sont-ils pas épouvantables d'une manière générale ?
Il y a bien sûr des nuances, et de tous les handicaps, de très loin, les pires sont ceux qui affectent l'esprit.
Déficience mentale comme vues fausses (parfois mariées à une intelligence apparemment aigüe) empêchent la pratique du Dharma - au sens large, de "vertu", toutes déclinaisons confondues.
Une différence est que les vues fausses peuvent être surmontées dans la même vie si on a assez de mérites pour cela, alors que la déficience mentale bloque tout progrès durant la vie en cours.
vendredi 10 septembre 2010
Colloques avec Dagpo Rinpoche
Je viens de tomber sur ce lien vers la revue 3ème millénaire - ça m'a rappelé des souvenirs !
3e millénaire » Dagpo Rimpoché
www.revue3emillenaire.com/blog/?cat=491
Rinpoche à Bordeaux
jeudi 9 septembre 2010
Courage et volonté
l'astrophysicien Stephen Hawskins
(autre lien : Professor Stephen W. Hawking).
Comme quoi les handicaps physiques n'empêchent nullement l'intelligence.
Si le Bouddha nous était visible, il eut été intéressant de lui poser la question traditionnelle dans les soutras :
"Par quelles causes ? Par quelles conditions ?" (rgyu gang la / rkyen gang la).
Voir entre autres ses théories sur la naissance de l'univers (trop calées pour moi).
mercredi 8 septembre 2010
mardi 7 septembre 2010
Semaine de la Mongolie en Flandres
www.guillaumederubrouck.fr/index.php?...id...
dimanche 5 septembre 2010
vendredi 3 septembre 2010
Bouddhisme indien et art (Gandhara)
les 23, 30 septembre et 7 octobre de 18h30 à 20
Institut européen en sciences des religions
14 rue Ernest Cresson
75014 Paris
Tel: 01 40 52 10 00
http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index6336.html#tocto2n5
mercredi 25 août 2010
Sa Sainteté à Dagpo Datsang 2
Je le remets ici "en clair" car je sais que certaines personnes ne regardent pas les commentaires postés par les autres visiteurs du blog :
Quelques photos "officielles" sur le site de Sa Sainteté
Visit to Manali: August 16-17th, 2010
Sur deux photos, on voit Rinpoche avec Sa Sainteté.
mardi 17 août 2010
Vestiges bouddhistes en Afghanistan
Vu sur Reuters 17 août 2010
Découverte d'importants vestiges bouddhistes en Afghanistan
Des vestiges de plusieurs bâtiments de l'ère bouddhiste ont été découverts au sud de la capitale afghane, …Sa Sainteté à Dagpo Datsang

H.H the Dalai Lama's Teaching Tour in HP Starts Today
-vendredi 13 août 2010
Une pensée pour les victimes de l'été
Le dimanche 15 août à 15 h 30 Pagode du Bois de Vincennes, l'Union Bouddhiste de France propose une
Cérémonie de recueillement en soutien aux victimes de l’été 2010
jeudi 12 août 2010
Les 20 ans de l’Institut Tibétain Kadam Tcheuling de Bordeaux
Bénédicte Niogret était présente pour réaliser un documentaire qui sera diffusé par les Sagesses Boudhistes sur F2 le 29 août. Dont une interview où Rinpoche s'exprime directement en français, les interprètes tant en anglais qu'en français n'étant pas sur place pour cette fois (elles traduisaient l'Enseignement par webcast interposé).
mercredi 11 août 2010
Vue sur le monastère de Kais
Naggar village site seeing places at Kullu district Himachal ...
www.go2india.in/himachal/naggar.php -
Prières pour les victimes de Leh
Tibetan monks in Himachal pray for Leh victims
news.webindia123.com/news/Articles/India/20100810/1562482.html
5 ans déjà
His Holiness Inaugurates Dhakpo Shedrup Ling Monastery - www ...
www.phayul.com/news/article.aspx?id=9787&t=1&c...
Sa Sainteté arrivera au monastère pour une nouvelle, très courte, visite ce dimanche 15 août 2010.
Longue vie à nos Précieux Maîtres bienveillants !
Kaïs
Une occasion pour une petite visite par toile interposée ?
(sur ce site que je viens de découvrir sur Google : "voyages nomades", je trouve que les photos sont plus claires que celles qui figurent sur le site du monastère)
monastere DHAKPO SHEDRUPLING
www.voyagesnomades.com/photosmonastere.html
mardi 10 août 2010
Le pire - suite
"Non, le pire c’est l’ignorance, car c’est elle qui nous pousse à renaître."
Je ne puis qu'être totalement d'accord sur le fait que, au sein des différentes causes du samsara, la plus grave, car "initiale", est l'ignorance (cf 12 liens interdépendants).
Histoire de deviser entre amis, l'ignorance nous "pousse"-t-elle à renaître, ou nous "amène"-t-elle à renaître ?
Ne serait-ce pas l'attachement qui nous pousserait à renaître, étant entendu que l'attachement ne peut sévir que parce que l'on reste sous la coupe de l'ignorance ?
Et que dire alors du, ou des, karma qui, parvenus alors à maturité, provoquent la nouvelle naissance ? (Vous savez, ces fameux, ou fichus, karma accumulés sous l'emprise de l'ignorance puis renforcés par l'attachement sous forme de soif et d'avidité.)
Il serait intéressant ici de répartir les rôles, et responsabilités, entre les causes directes et les causes indirectes.
Par exemple, nos parents sont pour nous des causes directes, et nos aïeuls des causes indirectes, mais n'en sont pas moins nécessaires.
Dans la terminologie bouddhique traduite tant bien que mal en français, le terme "naissance" recouvre un champ sémantique fort large, puisque "naître" signifie "prendre de nouveaux agrégats souillés" (cf un autre billet de ces jours derniers).
Parmi les agrégats, il y a l'agrégat des formations, qui inclut tout ce qui, de l'individu concerné, ne relève pas des quatre agrégats tout en étant quand même de nature impermanente. Dont l'ignorance. Et l'attachement. Et les karma.
Merci, Ami (e) TZ, de votre contribution à notre réflexion commune. Avec mes meilleurs voeux.
lundi 9 août 2010
La libération
Alors que tout ce qui est "voie" relève des phénomènes composés de la catégorie esprit, ce qui est dénommé "libération" relève des phénomènes permanents, non composés, car ce sont des phénomènes "négatifs", et non pas "affirmatifs".
Cf. vérité de la cessation : cessation (définitive) des facteurs perturbateurs - causes de souffrances ; cessation des souffrances - résultats des klesha (mais attention : pas cessation de l'individu, ou de son continuum mental - eux perdurent, et c'est bien pour cela que l'on peut parler de ce dont ils ne sont plus encombrés).
Nous libérer du samsara consisterait à nous affranchir des entraves que sont pour nous nos karma (souillés) et nos facteurs perturbateurs.
La voie
Prenons aujourd'hui l'exemple de ce terme continuellement utilisé dans le contexte du bouddhisme : voie, ou encore chemin, ou encore sentier.
Oui, j'ai laissé "terme" au singulier, délibérément, car les trois traductions française rendent le même mot : lam (tib.) ; mârga (skt).
Cf. Vérité du chemin.
Faisant fi des arguties oiseuses, laissons de côté les emplois profanes de ce(s) mot(s) - sans pour autant les oublier lors des débats et réflexions.
Dans les traités sur les terres et les chemins, nous retrouvons nos listes d'équivalents bien pratiques pour cerner les diverses facettes de ce dont on parle.
Sont synonymes de "voie" (lam) : terre (sa) ; voie de libération (thar lam) ; sagesse supérieure (ye shes) ; connaissance supérieure (mkhyen pa) ; réalisation (mngon rtogs) ; Mère (yum) ; véhicule (theg pa).
Dans tous les cas, "voie" et ses équivalents désignent des phénomènes de nature mentale concourant à l'Eveil résultant d'eux.
Et comme souvent dans le bouddhisme, le même terme s'applique aussi bien à l'ensemble qu'à la partie :
Selon les contextes, "voie" peut donc évoquer l'ensemble des qualités qui culminent en l'Eveil de Bouddha, inclus, mais aussi n'importe laquelle de ces qualités, qu'elles relèvent de la méthode ou de la sagesse. Toutes appartenant bien évidemment à la catégorie "esprit", en tant que "perceptions" (vous vous souvenez que, de par chez nous, les perceptions ne sont pas que cognitives. L'amour comme la compassion, mais aussi la torpeur ou encore l'ignorance, sont autant de perceptions, en tant que "sujets" appréhendant un objet - bien ou mal, ceci étant une autre question).
samedi 7 août 2010
Causalité
(selon le bouddhisme, cela va sans dire ; d'ailleurs, le titre du blog donne la couleur).
Naître
Naître en tant qu'humain, ça consiste donc en le fait que, poussé par un (ou des) karma introducteur(s) à une telle naissance parvenu à maturité, le continuum mental de l'individu concerné 1. pénètre en un support de corps humain constitué par les cellules de ses heureux nouveaux parents, 2. y demeure et l'utilise.
La fin de la cohabitation est provoquée soit par l'épuisement du (ou des) karma introducteur(s) à cette renaissance, soit par épuisement des mérites corrélés à elle, soit du fait d'évènements fortuits (mais quand même provoqués par des karma, autres) : accidents, etc.
Naissance
Pour arriver à se comprendre, il faudrait vraiment y mettre de la bonne volonté, et avant tout avoir / prendre le temps de définir chaque terme employé.
Parce que le fait d'utiliser de mêmes mots n'implique en rien qu'on parle de la même chose.
Tenez, prenons l'exemple du mot "naissance" tel qu'employé pour traduire le terme tibétain "skye ba".
Ce n'est pas un abus de langage, pour une fois, et dans une conversation courante, ça tient - presque - la route.
Mais quand on aborde des sujets plus métaphysique, ça se gâte, les champs sémantiques n'étant pas franchement équivalents.
Notons déjà que, dans un certain emploi, skye ba désigne la conception, et non la sortie de la matrice, ou de l'oeuf.
MAIS dans un autre emploi, et c'est sans doute le plus fréquent dans les traités, skye ba englobe une vie entière, de la conception à la mort.
Quand il est dit que tels karma entraînent telles "naissances", c'est dans cette acceptation large.
C'est pour cela qu'il est dit qu'une naissance dans le samsara inclut toutes les souffrances qui se produisent pendant la durée de cette vie, et non pas qu'elle en serait la "cause".
Entre autres implications, la* mort est donc incluse dans la naissance dont elle est l'achèvement.
* Et nous, en langue française, on est bien embêté avec nos incontournables articles, définis ou indéfinis, qui induisent des connotations souvent fort gênantes.
SVP, en dépit de l'article défini ici utilisé pour limiter la casse, car l'article indéfini aurait été pire, "la" mort dont il est ici question n'a pas de caractère un et absolu. C'est juste le terme ultime, naturel et inévitable, d'une vie x ou y.


