mercredi 16 mars 2011

Japon : cérémonie de prières à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

Le 27 mars 2011, à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, à partir de 15 heures

Cérémonie de recueillement et de prières pour le Japon et toutes les victimes des catastrophes qui s'enchaînent dans le monde actuellement


L’Union Bouddhiste de France s’associe à la douleur et la détresse des habitants de la région de Sendai et du peuple japonais, et de toutes les populations touchées par cette cascade d’événements dramatiques d’une rare intensité. L’émotion suscitée par cette effroyable catastrophe est immense et les mots deviennent dérisoires.

Au nom des bouddhistes de France, nous témoignons de notre profonde compassion et sympathie à toutes les victimes et à leurs familles.
Nous les assurons de nos prières et de notre sincère amitié.

L’UBF invite tous les centres bouddhistes de France à dédier les rituels et cérémonies de ces prochains jours à l’intention des victimes et sinistrés de ce drame brutal.

Le 27 mars, une cérémonie commune réunira toutes les traditions bouddhistes à la Grande Pagode du Bois de Vincennes, à partir de 15 h, afin de partager un moment de recueillement, dans un élan de fraternité et d’espoir pour un dénouement proche et rassurant.

Union Bouddhiste de France
Grande Pagode
Route de la Ceinture du Lac Daumesnil
75012 Paris
Métro Porte Dorée
Tél. 06 19 14 25 52
E-mail : info@bouddhisme-france.org



lundi 14 mars 2011

Prières

"Joindre nos prières pour", par ex, les victimes des séismes, tsunami et autres catastrophes, "naturelles" ou non.

Cela peut paraître minime, voire stérile.
Et pourtant.

Si on admet la loi de causalité, tout résultat procède d'une ou plusieurs causes mauvais, associées à un nombre x de conditions telles qu'elles permettent à la ou aux cause(s) mauvaises de donner leur ou leurs résultats, forcément déplaisants.

Sachant qu'au final, c'est l'ultime goutte qui fait déborder le vase, des voeux et prières judicieusement formulés pourraient faire pencher la balance du bon côté.
Cela vaut donc le coup de tout essayer, y compris l'accumulation de karma bons + dédicaces.

Japon

OH m'a communiqué ce lien où on peut voir des photos très parlantes des dégâts causés par le séisme et le tsunami de vendredi.

Outre les secousses qui depuis se répètent à intervalles rapprochés, ce matin (lundi), deux séismes assez forts se sont à nouveau produits : 5,9 sur l'échelle ouverte de Richter pour l'un. Dans la centrale de Fukushima, des explosions successives laissent craindre une catastrophe nucléaire.

Cela semblerait largement suffisant pour juguler la saisie d'éternalisme ?
Apparemment non...

vendredi 11 mars 2011

Séisme et tsunami

Un tsunami d'une force exceptionnelle a déferlé sur Sendai ce matin, comme vous le savez sans doute. Impossible de dresser pour le moment un bilan, et des récidives ne sont pas exclues.

Voici qui vient illustrer clairement, hélas :
l'impermanence grossière des choses ;
la loi de causalité ;
l'interdépendance,
et bien d'autres points.

jeudi 10 mars 2011

Les bouddhistes dans le monde

Amis bouddhistes, vous vous sentez parfois un peu isolés ?
Rassurez-vous :
nous serions entre 800 cents millions et un milliard sur cette planète.

+ les Bouddhas qui, percevant tout, sont partout :
l'une des caractéristiques d'un Bouddha est qu'il se trouve à tout endroit qu'il perçoit.
Et comme il perçoit tout à chaque instant, puisqu'il est omniscient, ...

Maître racine

Pour celui qui a plusieurs Maîtres, qui est le Maître-racine, cad le Maître principal ?

- * Ultimement, tous les Maîtres de x sont autant de Maîtres-racines pour x. Encore faut-il que x ait suffisamment développé la foi et la sagesse pour s'en rendre compte.

* En deçà, dans le mahayana, le Maître racine est celui grâce aux instructions duquel on aurait réalisé l'esprit d'Eveil (bodhicitta).

* En deçà, tant qu'on n'a pas réalisé l'esprit d'Eveil, le Maître racine est celui qui a l'influence la plus manifestement bénéfique, celui qui inspire le plus aisément de la foi, etc.

* Selon le vinaya, le Maître principal est l'abbé (upadhyaya), cad celui qui fait entrer dans les ordres (ce qui suppose un minimum de renoncement au samsara).

Le grand geshe kadampa Potowa dit que son véritable abbé était Domtönpa.
Comme Domtönpa était non pas moine, mais laïc, il n'avait évidemment pas conféré l'ordination à Potowa, mais celui-ci le considéra comme son vrai upadhyaya, car - expliquait-il -, c'est Domtönpa qui lui permit de réaliser le renoncement au samsara.

Des Maîtres

Dans le bouddhisme, traditionnellement, c'est le disciple qui choisit son ou ses Maîtres, et qui établit le lien.

Quand la relation s'établit-elle ?
- Sitôt qu'en écoutant un Enseignement, même très bref (par ex l'énonciation d'un verset), l'auditeur se positionne en tant que disciple, en se disant qu'il considère l'enseignant comme son Maître (= comme l'un de des Maîtres).

Vaut-il mieux avoir un ou plusieurs Maîtres ?
- Ca dépend.
Selon la lignée kadampa, issue d'Atisha et Dromtönpa, il est dit que les disciples débutants auraient intérêt à n'avoir que peu de Maîtres, alors que les disciples désormais pleins de foi peuvent se permettre, et ont même intérêt, à avoir beaucoup de Maîtres.
Atisha aurait ainsi eu une bonne centaine de Maîtres, tandis que Domtönpa en aurait eu ... trois seulement.
Domtönpa n'était certainement pas un débutant, mais il a ainsi montré un exemple, Atisha en montrant un autre : magnifique concerto à deux voix.

Combien de temps dure la relation ?
- Normalement, elle est irréversible, et elle se poursuit de vie en vie.
Sauf si le disciple change d'avis et décide de ne plus suivre ce Maître.
Une telle rupture est l'une des fautes les plus graves qui soient, surtout dans la tradition vajrayana du mahayana.

A l'éclairage de la réincarnation et de loi de causalité, il est erroné, voire nocif, de parler d'"ancien" Maître ou d'"ancien" disciple, du seul fait que l'un ou l'autre serait décédé.
De même que de changer d'habits ne modifie ni n'interrompt les relations nouées avec l'entourage, le fait de changer de support physique ne modifie pas ni n'interrompt les relations nouées avec les Maîtres.

La base de la voie

La base de la voie ?

Le Maître.
Ou plus exactement, le fait de suivre correctement le ou les Maîtres, choisi(s) par soi-même.

On pourrait aussi dire :
La foi.
La foi en le(s) Maître(s), considéré(s) en tant que Bouddha.

samedi 5 mars 2011

Conférence de Rinpoche 6 mars

Attention, changement d'horaire : la conférence du Vénérable Dagpo Rinpoche aura lieu à 14 h (et non à 16 h).

Adresse
Forum 104 rue de Vaugirard Paris 6e
Métro Montparnasse ou Saint-Placide

Maîtres de toutes les vies

Mes souhaits à l'occasion du Losar (= Nouvel An) :

Puissent les êtres n'être jamais séparés de leurs Maîtres.
Puissent-ils, de vie en vie, être guidés par Eux, jusqu'à l'obtention de l'Eveil suprême.

Un point réconfortant dans la relation avec nos Maîtres, est que, si de notre côté nous entretenons la foi, la mort ne nous sépare pas d'Eux.

vendredi 4 mars 2011

Nouvelle Année

Bonne et heureuse Année du lièvre de fer !

Le vrai problème

Au fond, le problème, ce n'est pas de devoir mourir.
C'est de mourir sans avoir pratiqué le Dharma.
C'est à dire sans avoir pratiqué le bien. Sans avoir progressé.

lundi 21 février 2011

Questionnement

... Ne serait-il point plus sage de commencer par balayer devant sa porte ? ...

Le scoop du jour

La vie est courte et le temps passe vite...

De l'impermanence

Ce qui fut se refait ;
Tout coule comme une eau, et rien dessous le ciel ne se voit de nouveau ;
Mais la forme se change en une autre nouvelle.
Et ce changement-là, Vivre, au monde s’appelle,
Et Mourir quand la forme en une autre s’en va.

Pierre de Ronsard

vendredi 18 février 2011

Choeur d'enfants Tibétains

C'est un peu hors sujet, mais les petits Tibétains chantant ... Nabucco, etc. avec Luciano Pavarotti et Enrico Iglesias en 2000, m'ont fait craquer.
D'où partage.

jeudi 17 février 2011

Une vie humaine

Une vie, c'est bien court !

Les jeunes, vous ne devez pas connaître cette chanson de Jean-Claude Darnal (voix magnifique), que j'écoutais en boucle dans mon jeune temps - c'était au siècle dernier, eh oui !



Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas
Un homme rude et fort qui marchait à grands pas
Derrière un petit gars lui emboîtait le pas
Mais n'y arrivait pas

Papa, ô Papa, attends-moi je ne peux pas
Papa si tu vas à grands pas faire ton pas
Un pas c'est un pas mais ton pas je ne l'ai pas
Papa, ô Papa, je ne peux pas

Parfois le bonhomme s'arrêtait pour laisser
Laisser au gamin le temps d'le rattraper
Sitôt qu'ils étaient à nouveau rassemblés
Alors il repartait

Papa, ô Papa, attends-moi, je ne peux pas
Viens là mon p'tit gars, t'en fais pas, prends mon pas
Un pas c'est un pas mais ton pas je ne l'ai pas
Viens là mon gars ne t'en fais pas

La marche avançait mais le temps défilait
Notre homme vieillissait, le gamin grandissait
Son pas s'allongea et maintenant pas à pas
Ils s'en allaient là-bas

Papa, ô Papa, regardes moi, faire mon pas
Papa si tu vas à grands pas j'fais comme toi
Un pas c'est un pas et ton pas c'est mon pas
Papa, papa, je fais ton pas

Y avait dans le désert qui conduit tout là-bas
Un homme rude et fort qui marchait à grands pas
Laissant derrière lui un vieillard qui a dit
Adieu, j'arrête ici

Vas, vas, mon p'tit gars d'un bon pas n'attends pas
Mon pas est trop las, vas tout seul vers là-bas
Un jour tu verras un gamin qui suivra
Ton pas et le rattrapera
Un jour tu verras un gamin qui suivra
Ton pas et le dépassera !

mardi 15 février 2011

Décès d'un neveu de Sa Sainteté


OH vient de me communiquer une bien triste information :
un neveu de Sa Sainteté, Jigme Norbu, est décédé hier aux Etats Unis (14 février 2011), suite à un accident alors qu'il participait à une marche pour le Tibet, il a été heurté par une voiture.

Jigme Norbu, âgé de 45 ans, était fils de Tagster Rinpoche (décédé en 2008 à 86 ans), frère aîné de Sa Sainteté.
Voir article en anglais ; article en tibétain ཡིད་སྐྱོའི་གནས་ཚུལ།

Assez curieusement, il y a une bonne trentaine d'années de cela, une toute jeune nièce de Sa Sainteté qui était venue étudier le français à l'Alliance française deParis, est décédée après avoir été accrochée par une voiture alors qu'elle se promenait dans le quartier latin.

lundi 14 février 2011

Les Arhat

Les Arhat sont des personnages qui, ayant définitivement dissipé les voiles des facteurs perturbateurs (klesha), ont atteint le nirvana ou sens de "libération personnelle du samsara", ou plus littéralement l'état "au-delà de la souffrance".

Par définition, tout Arhat est Arya - mais tout Arya n'est pas encore forcément Arhat.
Tout Bouddha est Arhat - mais tout Arhat n'est pas encore forcément Bouddha.

Les Arya

Pour rappel, qu'est-ce qu'un Arya ?

Un Arya est quelqu'un qui "voit", ou encore "perçoit", ou encore "comprend" directement le non soi - l'absence d'existence réelle des phénomènes pris en compte.

Au sein des différentes classifications des existants, la catégorie générique "individu" (ou encore "être") se répartit en deux sous-groupes : Arya et non Arya.

Les Bouddhas sont par définitions des Arya.
En revanche, tous Arya ne sont pas Bouddhas : la réalisation du non-soi est nécessaire mais pas suffisante pour devenir Bouddha.

Les bodhisttvas ne sont pas forcément déjà Arya : réaliser l'esprit d'Eveil ne requiert pas, ni n'inclut, d'avoir déjà réalisé le non soi, de même d'ailleurs que réaliser le non soi ne requiert pas, ni n'inclut, d'avoir réalisé bodhicitta.
En revanche, réaliser l'état de Bouddha exige d'avoir réalisé et le non soi et bodhicitta, car réaliser l'état de Bouddha exige d'unir la méthode et la sagesse.

L'obtention de l'état d'Arya est définitive : les Arya ne progressent pas tous au même rythme, certes, mais en aucun ils ne risquent de rechuter dans la catégorie des "êtres ordinaires".

jeudi 10 février 2011

Alors la Paix viendra

Auteur Pierre Guilbert (prêtre loubard, éducateur, que j'admire énormément)

Si tu crois qu'un sourire est plus fort qu'une arme,
Si tu crois à la puissance d'une main offerte,
Si tu crois que ce qui rassemble les hommes est plus important que ce qui divise,
Si tu crois qu'être différent est une richesse et non pas un danger,
Si tu sais regarder l'autre avec un brin d'amour,
Si tu préfères l'espérance au soupçon,
Si tu estimes que c'est à toi de faire le premier pas, plutôt qu'à l'autre,
Si le regard d'un enfant parvient encore à désarmer ton coeur,
Si tu peux te réjouir de la joie de ton voisin,
Si l'injustice qui frappe les autres te révolte autant que celle que tu subis,
Si pour toi l'étranger est un frère qui t'est proposé,
Si tu sais donner gratuitement un peu de ton temps par amour,
Si tu acceptes qu'un autre te rende service,
Si tu partages ton pain et que tu saches y joindre un morceau de ton coeur,
Si tu crois qu'un pardon va plus loin qu'une vengeance,
Si tu sais chanter le bonheur des autres et danser leur allégresse,
Si tu peux écouter le malheureux qui te fait perdre ton temps et lui garder ton sourire,
Si tu sais accepter la critique et en faire ton profit, sans la renvoyer et te justifier,
Si tu sais accueillir et adopter un avis différent du tien,
Si pour toi l'autre est d'abord un frère,
Si la colère est pour toi une faiblesse, non une preuve de force,
Si tu préfères être lésé que faire tort à quelqu'un,
Si tu refuses qu'après toi ce soit le déluge,
Si tu te ranges du côté du pauvre et de l'opprimé sans te prendre pour un héros,
Si tu crois que l'Amour est la seule force de dissuasion,
Si tu crois que la Paix est possible, ...........Alors la Paix viendra.

Sources : de Prier.be

Quelques mots sur Pierre Guilbert :
Ancien curé de la paroisse de Saint-Thomas d'Aquin à Paris.
Plongé dans l'action, il est aujourd'hui chargé de l’animation du S.R.V.F. (Service Régional des Vocations Féminines) en Ile-de-France, un organisme qui accueille et accompagne les jeunes filles en recherche.
sources: Dieuparminous.com

mardi 8 février 2011

Enfant de yak

Le film de Christophe Boula, Enfant de yak, faisant partie de la sélection du Festival International de Clermont-Ferrand,

Arte a programmé plusieurs diffusion en 2011, par ex
le jeudi 10 février à 16 h15
le dimanche 13 février à 9 h 40, etc.


Tibet sur Arte

Au cas où :

Cette semaine,
ARTE diffuse tous les jours à 16 h 50 un documentaire de 3/4 d'heures environ sur le Tibet : Une année au Tibet .

lundi 7 février 2011

La voix de la terre



Les voix de daïa
Original: JS Bach "Air" Orchestral Suite N° 3 in D Major_BWV 1068
Soliste: Alex 10 ans

Je viens de découvrir ça. D'où partage.

mercredi 2 février 2011

Sa Sainteté à Mundgod

Sa Sainteté le Dalai Lama est ces jours à Mundgod.

Voir quelques photos prises à Drepoung et à Ganden.

A voir : La Traversée du Zanskar

Réalisé par Frederick Marx
Avec Richard Gere, Dalaï Lama, Lobsang Dhamchoe

Titre original : Journey from Zanskar
Durée : 01h29min

Pour aider à sauver leur peuple et leur culture, au péril de leur vie, 2 moines tibétains traversent avec 17 enfants pauvres âgés de 4 à 12 ans les cols de l’Himalaya jusqu’aux écoles tibétaines en Inde

A noter : Les plus petits sont scolarisés à l'école qui jouxte Dagpo Datsang, à Kaïs !

Cinéma "L'Arlequin" - 76 rue de Rennes, 75006 Paris - 08 92 68 48 24 -
( Métro : St Sulpice (ligne 4) )

Me 02 février à 15h
Je 03 février à à 15h
Ve 04 février à 15h
Sa 05 février à 12h & 15h
Di 06 février à 15h
Lu 07 février à 15h
Ma 08 février à 15h

Voir la bande-annonce


mardi 1 février 2011

L'école de Kais (Dagpo Datsang)

Deux articles (en anglais) trouvés sur le site de Rio Helmi, avec de jolies photos à l'appui (en langage universel)

L'école de Dagpo Datsang

Deux semaines en Himalaya

Le "progrès"

"Notre poison quotidien"
Film de Marie-Monique Robin

le 15 mars sur ARTE, à 20 heures 40

http://robin.blog.arte.tv/category/notre-poison-quotidien/



Les mots et le sens

Un peu de logique, que diable.


Quand je suis né, j'étais noir.

Quand j'ai grandi, j'étais noir.

Quand j'ai peur, je suis noir.

Quand je vais au soleil, je suis noir.

Quand je suis malade, je suis noir.



Tandis que toi "Homme blanc" !



Quand tu es né, tu étais rose.

Quand tu as grandi, tu es devenu blanc.

Quand tu vas au soleil, tu deviens rouge.

Quand tu as froid, tu deviens bleu.

Quand tu as peur, tu deviens vert.

Quand tu es malade, tu deviens jaune.

Et après ça...


Tu as le toupet de m'appeler :

"Homme de couleur" ???

lundi 31 janvier 2011

Photos de Bangalore et Mundgod







Aujourd'hui Sa Sainteté inaugurait le nouveau temple du monastère de Rato, à Mundgod.

C'est le monastère de Khyongla Rinpoche, vous savez : "Blue jeans Rinpoche".
Son autobiographie, en anglais, est passionnante :
My Life and lives

De la mort

Un tabou serait-il en train de se dissiper ?

Les 8, 9 et 10 avril se tiendra à Paris un ... Salon de la mort.
Cela peut présenter un intérêt.

SS le Dalaï Lama à Sarnath

International Conference on Vinaya
Central University of Tibetan Studies in Sarnath, Inde, 17 janvier 2011



His Holiness the Dalai Lama's address on the opening day of the International Conference on Vinaya held at the Central University of Tibetan Studies in Sarnath, India, on January 17th, 2011. (www.dalailama.com)


Mind and Life (en anglais)

Trouvé sur Youtube

19 -- 21 November 2010, New Delhi, India. This video clip shows HH Dalai Lama appreciation of the presentation of Jain muni Mahendra Kumar along with Arun Jethalal Zaveri.


Vidéos postée par gyalwarinpoche le 7 décembre 2010

(pas trouvé de Session I)

"Foundations for Scientific Understanding of Contemplative Practices", the second session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Mattieu Ricard (comtemplative practitioner), and Richard Davidson (scientist). The moderator is Daniel Goldman and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include Wolf Singer (scientist), John Dunne (contemplative scholar) and Rajesh Kasturirangan (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)



"Understanding Contemplative Practices: Vedanta", the third session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Swami Atmapriyananda (Vedenta scholar and practitioner), and Chakravarthi Ram-Prasad (Vedanta scholar) The moderator is John Dunne and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include Wolf Singer (scientist), Mattieu Ricard (comtemplative practitioner) and Aditya Murthy (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)



"Understanding Contemplative Practices: Yoga and Jain", the fourth session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Presenters include His Holiness the Dalai Lama, Muni Mahendra Kumar (Jain practitioner), BN Gangadhar (Clinical scientist/yoga) and Shirley Telles (Yoga practice). The moderator is Wolf Singer and the interpreter is Thupten Jinpa. Discussants include HR Nagendra (clinical scientist), and Ricard Davidson (scientist). (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)


"Reflections, Integrations, and Future Directions", the fifth session of the Mind and Life XXII Conference: Contemplative Science, held in New Delhi, India from November 21st to 23rd, 2010. Discussants include His Holiness the Dalai Lama, VS Ramamurthy, Kapila Vatsyayan, Richard Davidson, and Wolf Singer. The moderator is Vijayalakshmi Ravindranath and the interpreter is Thupten Jinpa. (www.dalailama.com, www.mindandlife.org)


samedi 29 janvier 2011

Selon Paul Ricoeur (1913 - 2005), philosophe protestant, l'éthique est "la recherche d'une vie bonne, avec et pour les autres, dans le cadre d'institutions justes".

samedi 22 janvier 2011

Compassion

Impossible de développer l'esprit d'Eveil sans la grande compassion.

A quoi resssemble cette qualité si précieuse, mais terriblement mal traduite en français ?
Procédons par élimination. Non, la "compassion" au sens bouddhiste ne consiste pas à "souffrir avec".
Certainement pas, car les Bouddhas, qui ont parachevé la grande compassion, sont au-delà de toute souffrance. C'est pour cela que je trouve que la traduction retenue en français (mais, je crois, aussi dans d'autres langues occidentales) n'est pas des plus heureuses.
Je préfère le terme tibétain - snying rje - qui signifie littéralement "seigneur du coeur". C'est plus joli, et comme ça ne veut pas dire grand chose directement, on peut y mettre un sens plus aisément.

Quel sens ?
Snying rje suppose d'avoir pris conscience de la souffrance d'autrui, et d'être indigné par cette souffrance, ressentie comme inadmissible. Cela ressemble étrangement à la "sainte colère" si magnifiquement exprimée naguère par l'Abbé Pierre.
Cela n'a pourtant rien à voir avec la colère, car loin de vouloir du mal à qui que ce soit, snying rje (comme la sainte colère) n'aspire quau bonheur de ceux qui sont concernés.

Justement, qui pourrait être visé par la compassion ?
En tout et pour tout, des êtres autres que soi, en proie à la souffrance, sous l'une ou l'autre de ses formes. Ce qui exclut les Bouddhas et les Arhat, et sans doute les Arya.
Pourquoi ai-je précisé "autres que soi" ? Parce que la prise de conscience de ses propres souffrance éveille ce qu'on appelle le "renoncement". Orientée vers les souffrances d'autrui, elle suscite "la compassion".

Tout un chacun a naturellement, instinctivement même, du mal à supporter que des proches souffrent. Il s'agit alors de compassion, mais pas de grande compassion.

La compassion est qualifiable de "grande" dès lors que, sur la base de l'équanimité, elle s'étend à tous les êtres exposés à la souffrance.

La grande compassion est-elle le fait exclusivement des bodhisattva et des Bouddhas ?
Non, non. Tous les Arhat ont réalisé la grande compassion. C'est à dire non seulement les Arhat du mahayana, mais aussi les autres (que l'on parle de "hinayana", "theravada", ou lignée du sud).

Ben alors, si les Arhat hors du mahayana ont aussi réalisé la grande compassion, où réside donc la nuance ?
Elle réside en la "pensée supérieure", qui consiste à se dire qu'à titre personnel, on a la responsabilité d'oeuvrer pour le bien de tous les êtres, de sorte à les libérer de la souffrance et de leur donner accès au bonheur.
Oui mais, en a-t-on la capacité ? On se rend compte alors qu'on n'en est pas capable, en tout cas pas encore.
Pourrait-on en devenir capable ? Oui. En devenant Bouddha.
D'où l'aspiration à devenir Bouddha, pour accomplir le bien de tous les êtres. Vous aurez reconnu ici bodhicitta.

Autrement dit, la grande compassion, dont la réalisation se situe avant la réalisation de l'esprit d'Eveil, aboutit à celui-ci si la personne estime avoir le devoir d'accomplir le bien de tous les êtres et prend la décision d'en endosser la responsabilité. Or, pour oser assumer une telle responsabilité, il faut être convaincu que c'est chose faisable. Et sur ce point, les opinions divergent.

Quelqu'un qui a développé la grande compassion mais pas la "pensée supérieure" (et donc pas non plus bodhicitta) éprouve le désir sincère d'aider de son mieux le plus d'êtres possibles, et il agit de cette façon. Mais il ne conçoit pas (en tout cas, pas pour le moment) que ce serait à lui de faire en sorte de libérer tous les êtres de la souffrance, sous toutes ses formes, et de leur donner accès au bonheur supérieur.

Bodhisattva et bodhicitta - suite

"Rejeter un être", dans le contexte du mahayana, reviendrait à penser qu'en aucun cas, on ne fera jamais rien pour aider cet être. Jamais, au grand jamais.

En revanche, se dire que momentanément, on ne peut pas faire grand chose directement pour quelqu'un, n'est pas forcément non vertueux. Cela va dépendre avant tout de l'état d'esprit.
Si on se désintéresse du sort de quelqu'un par colère, il est évident que ce ne peut qu'être non vertueux.

Mais parfois, admettre que, pour le moment, on ne peut pas apporter d'aide immédiate de façon tangible (sur les autres plans, on peut toujours faire en sorte d'agir pour le bien d'autrui, au travers de prières, de dédicaces, etc.), ce peut être faire preuve de sagesse : en effet, pour pouvoir aider concrètement quelqu'un, encore faut-il que certaines conditions soient réunies. Notamment, il faut que l'être concerné soit prêt à recevoir l'aide qu'on souhaite lui offrir, et qu'il en soit capable : exposer la vacuité à un animal ne va a priori pas générer des effets immédiats, par exemple, mais cela va quand même déposer en lui des empreintes qui pourront mûrir un jour.

En ce qui concerne les êtres humains, il convient d'être particulièrement attentifs à ce qu'eux souhaitent, et peuvent, entendre.
Jouer les moralisateurs est franchement contre-productif.

Soyons logiques : s'il était possible d'accomplir le bien des êtres contre leur, gré, il y a longtemps que tout le monde (dont nous) serait sorti du samsara. Ce n'est, hélas, pas le cas, ce qui démontre qu'aider les êtres va consister à les accompagner à leur rythme.
Voilà qui demande de la patience, beaucoup de patience, infiniment de patience.
Tenez, une patience du genre de celle dont nos Maîtres font preuve à notre égard.

Bodhisattva et bodhicitta

Suite à notre causerie de l'autre jour à propos de "Bouddha", il convient de nous entendre sur ce que nous appelons "bodhisattva", puisque, par définition, il faut devenir bodhisattva pour pouvoir devenir Bouddha.

La définition est simple :
Tout être qui réalise bodhicitta devient simultanément un bodhisattva.

Simple, simple. C'est vite dit.
C'est quoi, "bodhicitta" ?

Bodhicitta, ou encore "esprit d'Eveil" (variante : "pensée d'Eveil", etc.) :
aspiration désormais spontanée (cad ne nécessitant plus d'effort) à obtenir l'état de Bouddha pour accomplir le bien de tous les êtres - autrui et soi-même.

Bodhicitta est un état d'esprit éminemment altruiste, qui naît de qualités préalablement développées : grande compassion (cad compassion portant sur tous les êtres, ennemis y compris) et grand amour (même remarque) , eux-mêmes fondés sur une complète équanimité, et en-deçà sur le renoncement au samsara.

Bodhicitta implique entre autres d'avoir neutralisé (pas encore détruit, mais déjà mis en veilleuse) rang gces 'dzin : l'"autochérissement", ou si vous préférez "l'egocentrisme", la tendance naturelle à tous les êtres ordinaires du samsara d'avant tout se chérir eux-mêmes, et donc de s'accorder la première place et de se considérer comme plus importants que n'importe qui d'autre.

Au sens propre du terme, un bodhisattva est donc un personnage altruiste, accordant désormais la préséance à autrui.

Le terme admet aussi un sens élargi, fréquemment utilisé dans les traités indiens de grands maîtres tels qu'Asanga et dans les lignées répandues dans la sphère bouddhiste d'influence chinoise (Corée, Japon, Vietnam, etc. Mais pas le Tibet, qui a reçu le bouddhisme directement de l'Inde, et non de la Chine).
Outre les bodhisattva patentés, le terme s'étend ici à ceux qui aspirent à devenir bodhisattva, et prononcent le voeu, ou encore les voeux, de bodhisattva, avant même d'avoir réalisé bodhicitta, ce pour y parvenir le plus vite possible.

Un trait majeur, pour ne pas dire LE trait caractéristique, de bodhicitta, est ainsi de prendre à coeur le sort de tous les êtres, y compris et surtout les "pires", car ce sont eux, après tout, qui sont le plus dignes de compassion et d'amour.

Par conséquent, la faute la plus grave dans le mahayana consiste à rejeter ne serait-ce qu'un seul être. Ca revient à rejeter l'esprit d'Eveil.
C'est l'une des deux fautes qui brisent instantanément les voeux de bodhisattva.

Combattre l'attachement

Pour ce qui est de l'attachement, le seul moyen de l'éradiquer totalement est indéniablement de comprendre le non soi.

Mais le seul moyen pour pouvoir un jour comprendre le non soi est de ... commencer par affaiblir l'attachement.
Avec patience et persévérance, car chaque arbre (objet visible d'attachement) cache une forêt.

Il est souligné dans les grands traités que la compréhension de la vacuité est affaire de mérites, et non d'intelligence !
Qui souhaite réaliser le non-soi aurait avantage à s'atteler à la réunion des accumulations de mérites.

Joindre l'agréable à l'utile

Vouloir pratiquer, vouloir méditer, voilà qui est bien.
Mais là comme partout, la modération s'impose.

A trop cogiter, on deviendrait facilement sceptique voire nihiliste.
Seulement, voilà, paraît que scepticisme et nihilisme, c'est pas génial au travers du prisme de la loi de causalité.

C'est aussi pour cela entre (autres raisons multiples et diverses) qu'il est recommandé d'encadrer les méditations, y compris de type analytique, de diverses pratiques concourant à la purification et à la réunion des accumulations.

C'est aussi pour cela qu'il est instamment conseillé de se reporter à un plan qui balise la route à suivre, et préserve des chemins de traverse. Un lamrim, pour dire les choses en face.
Précision : il ne suffit pas de s'y reporter. Il s'agit de le suivre.

C'est dur, très dur, surtout pour les impatients comme moi : c'est si tentant d'aller "directement au but", en sautant allégrement les étapes "inférieures".
L'embêtant, c'est que ces étapes ne sont pas "inférieures", mais "fondamentales".
Les mépriser, c'est mépriser les fondations du palais à construire : effondrement quasiment garanti.

Pour en revenir à la pratique du Dharma, comme tout le monde n'est pas forcément prêt pour la caverne, en tout cas pour qu'un séjour dans une grotte ait un sens, un bon truc pour allier l'utile à l'agréable, est de faire ... de l'utile agréable.
Par exemple, en aidant des êtres, humains ou animaux, de manière assez concrète pour pouvoir espérer voir quelques résultats, et au moins bénéficier de quelques relations humaines.
Il y a l'embarras du choix : personnes âgées ; enfants - mal ou bien traités, selon ce qu'on se sent en état de faire / soutien scolaire, sport, arts ou autres - ; malades de tous âges ; étrangers et autres minorités (femmes, même non battues, etc.) ; animaux ; environnement - liste non exhaustive.
En fait, s'impliquer dans (presque) n'importe quoi n'importe où conviendrait, car partout il y a des personnes qui ont envie/besoin d'une oreille attentive et bienveillante.

Le tout sans trop se faire d'illusions, et sans trop d'attente : la perfection n'est pas de ce bas monde (au sens de samsara).

lundi 17 janvier 2011

De la bienveillance des êtres à notre endroit

Pour réaliser l'esprit d'Eveil (bodhicitta), et ainsi devenir un bodhisattva qui souhaite désormais - spontanément - accomplir le bien de tous les êtres, amis, ennemis comme indifférents, il y a pas mal de marches à gravir.

Sur la base du renoncement au samsara, il faut développer amour et compassion à l'égard de tous les êtres sans exception. Ceci suppose d'avoir réalisé l'équanimité en les mettant tous sur un pied d'égalité (plus facile à dire qu'à faire) et aussi d'avoir pris conscience de tout ce dont on leur est redevable, soit quand ces êtres êtres ont été pour nous des mères attentives soit dans d'autres contextes,
ou plus exactement avoir pris conscience qu'on leur est redevable de tout.

En effet, nous n'avons rien, mais alors rien, qui ne nous vienne d'autrui. De notre corps jusqu'à nos connaissances, en passant par nos divers autres biens matériels, ou encore nos qualités.

Voici un poème bien de chez nous, qui décrit notre situation de totale dépendance à l'égard de la bienveillance d'autrui.
Merci à MTG de me l'avoir envoyé.

Un Songe
de René François Sully Prudhommme (1839-1907)

Le
laboureur m'a dit en songe : "Fais ton pain
Je ne te nourris plus : gratte la terre et sème."
Le tisserand m'a dit : "Fais tes habits toi-même."
Et le maçon m'a dit : " Prends la truelle en main."

Et seul, abandonné de tout le genre humain
Dont, je traînai partout l'implacable anathème,
Quand j'implorai du ciel une pitié suprême,
Je trouvais des lions debout sur mon chemin.

J'ouvris les yeux, doutant si l'aube était réelle ;
De hardis compagnons sifflaient sur leurs échelles.
Les métiers bourdonnaient, les champs étaient semés.

Je connus mon bonheur, et qu'au monde où nous sommes
Nul ne peut se vanter de se passer des hommes,
Et depuis ce jour-là, je les ai tous aimés.



jeudi 13 janvier 2011

Bouddha

Nous utilisons continuellement des mots pour nous exprimer - pas moyen de faire autrement - , mais de là à nous comprendre, il y a une marge, parfois un gouffre.

J'ai donc envie de consacrer quelques billets aux termes les plus usuels du Dharma, afin d'esquisser quelques traits de leurs champs sémantiques, selon la perspective du mahayana ( vajrayana inclus).

Commençons par "Buddha" (sangs rgyas), avec ses multiples équivalents dont Bhagavat, Tathagata, Sugata, Vainqueur, Victorieux.

Sangs signifie "éveillé" (du sommeil de l'ignorance) et rgyas "développé", "vaste".

Premièrement, il est à noter que le mot "buddha", qui décrit l'état de perfection, a plusieurs emplois, comme nom commun, nom propre, mais aussi adjectif qualificatif.
Vouloir devenir Bouddha revient au fond à vouloir devenir "parfait".

En effet, "buddha" suppose l'élimination totale de tous les défauts et obstacles avec en parallèle l'épanouissement de toutes les qualités (sagesse, amour, etc.).
La finalité de cet état est d'accomplir le bien de tous les êtres, autrui et soi-même.
Les personnages qui l'ont atteint sont appelés aryabuddha, ou buddha par abréviation.

Le chemin qui mène à l'Eveil suprême de Bouddha est connue sous le nom de "voie du grand véhicule" (mahayana).
Il faut d'abord produit l'esprit d'Éveil, puis s'adonner aux six perfections (paramita) de sorte à réunir les deux "accumulations" (mérites et sagesse). Une fois parachevées, celles-ci "produisent" l'état de Bouddha avec ses deux facettes : Dharmakaya et Rupakaya.

De l'accumulation de sagesse (compréhension du non-soi, ou encore de la vacuité) résulte le Corps de la loi (Dharmakaya) : l'esprit et ses qualités
- du point de vue du plan relatif : omniscience, amour et compassion, faculté de désormais agir immédiatement et spontanément pour le bien des êtres ;
- du point de vue du plan ultime, sa vacuité.

De l'accumulation de mérites (amour, compassion, générosité, patience, en fait toutes les quailités hormis la sagesse), procède le Corps formel (Rupakaya), c'est-à-dire la ou les formes revêtues.

Le Bouddha (Aryabuddha) est l'un des Trois Joyaux en lesquels les bouddhistes placent leur foi et leurs espoirs. Bouddha est un refuge en ce qu'il montre ("enseigne") la voie à parcourir pour arriver au plein épanouissement. Il est le Guide par excellence.
Dans la vision commune de la prise de refuge, le Bouddha en tant que l'un des trois joyaux est par définition le Bouddha Shakyamouni, source de l'Enseignement de l'époque à laquelle nous nous situons.s

L'activité principale des Bouddhas pour le bien des êtres s'accomplit au travers de la Parole, cad de l'Enseignement.
En-deçà, à l'adresse des êtres pas encore prêts à recevoir ce genre d'aide, les Bouddhas peuvent aussi agir de manière plus "concrète", en se manifestant sous n'importe quelle forme utile et adaptée aux circonstances.

La plupart des philosophes du mahayana, en tout cas tous les philospophes madhyamika et une bonne partie des philosophes cittamatrin (ceux qui se fondent sur les raisonnements) admettent que tout être du samsara a la potentialité de devenir un jour buddha.

Images d'Epinal

Pas mal de gens s'imaginent que tous les bouddhistes, et a fortiori tous les religieux bouddhistes, devraient être parfaits.

Eh bien, non. J'en suis un "parfait" exemple vivant.
En effet, la voie religieuse est avant tout destinée à des pratiquants qui en ont besoin, car ils sont imparfaits.

Si les religieux le sont devenus par choix personnel (et non simplement parce qu'ils auraient été amenés au monastère en bas âge), c'est qu'ils ont (en principe) senti au moins un peu l'horreur du samsara, la nécessité de s'en sortir, et qu'ils ont de plus pris conscience qu'ils n'avaient pas encore la force et les capacités pour s'en tirer seuls.
Autrement dit, dans le bouddhisme, la carrière religieuse est un moyen - pour "faciliter" le cheminement, et non une fin en soi.

Notons que ça dépend aussi du contexte :
en Asie (en Occident aussi d'ailleurs), autrefois les religieux étant respectés, le fait de bénéficier de la confiance et du soutien des fidèles leur facilitait la vie tant matérielle que spirituelle. Le regard porté sur eux les aidait à maintenir le cap : étant pris pour modèles, ils se sentaient en général le devoir de ne pas décevoir ni choquer les gens (Cf. facteurs mentaux vertueux "respect de soi" et "respect d'autrui").
Ici, aujourd'hui, ...
Tenez, en France, rien que l'obligation légale d'affilier les moines et moniales vivant en communauté à la Cavimac (branche de la sécu pour les cultes), ça interdit quasiment toute vélléité de fonder un monastère.

Eh oui, nous sommes à une période de dégénérescence.
Le bon côté est que tout effort est d'autant plus porteur de mérites.

Des qualités des Arya

Pour devenir Bouddha, il faut et il suffit d'avoir rejeté les deux voiles : voile des facteurs perturbateurs (klesha) et voile à la connaisance.
En d'autres termes, il faut avoir accompli la vérité de la cessation, au travers de la vérité du chemin.

Rien que pour obtenir la libération et du même coup devenir Arhat, il faut avoir mis fin aux deux causes du samsara : karma (souillés) et leurs causes : les klesha, et donc avoir rejeté le voile des klesha. Mais pas encore le voile à la connaissance (en fait "à l'omniscience")

Notons qu'un problème pour nous Français vient du fait que notre grammaire nous oblige à utiliser des articles, définis ou indéfinis, singuliers ou pluriels, ce qui réduit les champs de compréhension.

Par exemple, "la" vérité de la cessation couvre en fait un très grand nombre de vérités de la cessation, qui débutent au premier instant du chemin de la vision, et sont alors incomplètes, la complétude coïncidant avec l'obtention de l'Eveil suprême.

Le terme Arya désigne tout être qui a obtenu la compréhension directe du non-soi, et donc les êtres depuis le 1er instant du chemin de la vision jusqu'aux Bouddhas inclus.
Par conséquent, en ce qui concerne les qualités autres que la sagesse comprenant directement le non soi, les Arya n'ont pas tous les mêmes réalisations, momentanément.

Seuls les Bouddhas sont débarrassés des deux voiles. Les êtres en deçà, non, pas encore, pas en totalité.
Par ex, les Arhat ont rejeté le voile des klesha mais pas le voile à la connaissance.
Et un Arya lambda du chemin de la vision (cad pas un Aryabodhisattva qui serait par ailleurs Shravaka-arhat, ou Pratyekabuddha-Arhat) n'a pour le moment rejeté aucun des deux voiles.

Au premier instant du chemin de la vision, les premières cessations qui s'opèrent portent sur les aspects acquis des klesha, et pas encore sur les aspects innés. Il y a bien cessation, mais pas encore cessation (sous entendu complète) des klesha = du voile (il vaudrait d'alleurs mieux dire des voiles) des klesha.

Concernant les karma, cad les karma souillés et à éliminer, les empreintes en tant que "sa bon" (graines) des klesha relèvent du voile des klesha et sont donc éliminés quand on devient Arhat. Les autres empreintes relèvent du voile à la connaissance.

mardi 11 janvier 2011

Effets des trois poisons de l'esprit

Voici une base pour méditer les conséquences des trois poisons de l'esprit.
Car, hélas, l'histoire se répète, jonchée de carnages et autres actes de cruauté, sur fond d'intolérance et d'orgueil. Aucun continent, aucun pays n'y échappe.

Nuit et Brouillard
de Jean Ferrat



Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

« Minuscule traité acide de spiritualité"

Maurice Bellet*, prêtre catholique et psychanalyste, théologien et philosophe, vient de publier en septembre 2010 « Minuscule traité acide de spiritualité" ». On y lit par exemple :

« On trouve des gens qui disent ce qu’il faut faire,
ce qu’il faudrait faire,
ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il ne faut pas faire.
C’est souvent, ou quelquefois, très bien.
Et il y a les gens qui font.
Ce n’est jamais très bien.
mais, du moins, c’est fait. »

Ou encore

« Ne jamais se laisser détruire.
Ni détruire personne, autant qu’il dépend de nous.
Voir ce qui est possible et le faire »

* Merci au Père Philippe Potier, Président de la Cavimac, de m'avoir fait connaître cet ouvrage.

Sa Sainteté à Toulouse en août

Vous êtes sans doute au courant de la venue de Sa Sainteté le Dalaï Lama cette année, à Toulouse, du 13 au 15 août ?


Rinpoche poursuivra son Enseignement sur "La Roue des armes tranchantes"

les 26 et 27 mars 2011 de 9h00 à 12h00 et de 14h30 à 17h30

à la Baume les Aix 13090 Aix en Provence



Information : infos@iktm.fr

dimanche 9 janvier 2011

Accomplir le bien des êtres

Les bouddhistes en général, et les pratiquants du mahayana en particulier, ont à coeur (en principe) d'oeuvrer au bien des êtres.

Beau programme, sans nul doute. Mais source de maints malentendus.

Tout bien réfléchi, accomplir le bien de quelqu'un ne signifie pas forcément lui "faire plaisir".
Car "faire plaisir" ne revient trop souvent qu'à flatter les facteurs perturbateurs de la personne concernée, avec un risque non négligeable de renforcer en elle les karma qui la maintiennent prisonnière du samsara.

Y'a pas à dire, la compassion a bien besoinde la sagesse, pour discerner que faire et ne pas faire !

Bénéficiaires de l'Enseignement

Pour bénéficier de l'Enseignement du Bouddha, faut-il impérativement être bouddhiste ?

Certes non.
Il faut et il suffit de ... l'appliquer, au travers de l'écoute, la réflexion et la méditation.

Résultats attendus : se sentir plus "heureux".

Une mère

Une base pour méditer sur la bienveillant de notre/nos mère(s)


Chanson de Linda Lemay : Une mère

Ca travaille à temps plein, ça dort un œil ouvert
C’est de garde comme un chien
Ca court au moindre petit bruit, ça se lève au petit jour
Ca fait des petites nuits.
C’est vrai, ça crève de fatigue
Ca danse à tout jamais une éternelle gigue
Ca reste auprès de sa couvée
Au prix de sa jeunesse, au prix de sa beauté

Une mère
Ca fait ce que ça peut, ça ne peut pas tout faire
Mais ça fait de son mieux.
Une mère,
Ca calme des chamailles
Ca peigne d’autres cheveux que sa propre broussaille

Une mère
C'est plus comme les autres filles
Ca oublie d'être fière
Ca vit pour sa famille
Une mère,
Ca se confine au bercail
C'est pris comme un noyau
dans le fruit de ses entrailles


Une mère
C’est là qu’ça nous protège
Avec les yeux pleins d’eau, les cheveux pleins de neige
Une mère
A un moment, ça se courbe, ça grince quand ça se penche
Ca n’en peut plus d’être lourde
Ca tombe, ça se brise une hanche
Puis rapidement, ça sombre
C’est son dernier dimanche
Ca pleure et ça fond à vue d'oeil
Ca atteint la maigreur des plus petits cercueils
Oh bien sûr, ça veut revoir ensemble
toute sa progéniture entassée dans sa chambre
Et ça fait semblant d’être encore forte
Jusqu’à ce que son cadet ait bien refermé la porte

Et lorsque toute seule ça se retrouve
Ca attend dignement que le firmament s’entr’ouvre
Et puis là, ça se donne le droit
De fermer pour une première fois les deux yeux à la fois



lundi 3 janvier 2011

Programme 2011

En un mot : respect.

Slogan 2011

" Une seule solution, la libération ! "

Au choix, pour soi ou pour tous les êtres, mais dans tous les cas,

la libération. La libération. La libération.

vendredi 31 décembre 2010

Tous mes voeux

Que vous / nous souhaiter ?

Le bonheur

Selon les trois types de motivations :
* le bonheur de vies favorables, mais encore dans le samsara,
** ou mieux : le bonheur de la libération,
*** ou bien mieux : le bonheur de l'Eveil suprême de Bouddha.


Et pour atteindre de tels résultats, la capacité d'en réunir les causes :
* l'éthique
** les trois instructions supérieures - éthique, concentration, sagesse
*** l'union de la sagesse et de la méthode ("méthode" dont l'axe est bodhicitta et qui inclut toutes les vertus autres que la sagesse)

Y'a plus qu'à !

mardi 28 décembre 2010

Semaine de l'Himalaya Quai Branly


Du dimanche 26 décembre 2010 au dimanche 2 janvier 2011

Partez à la découverte de l'Himalaya et des cultures qui y puisent leur source à travers les récits d'aventuriers d'hier et d'aujourd'hui.

En lien avec l'exposition Dans le blanc des yeux, masques primitifs du Népal, le musée vous entraîne sur les pistes de cette "demeure des neiges" (Himalaya en sanskrit) en vous proposant une palette d'activités ludiques, festives et de découverte.

Sur une idée originale et avec la participation exceptionnelle de Priscilla Telmon, écrivain voyageur.

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

En cette fin d'après midi du 24 décembre 2010, permettez-moi de vous souhaiter
Joyeux Noël

Puisse la trêve traditionnelle en ce jour s'établir durablement partout dans le monde.
Puissent la douceur, l'indugence et la bienveillance s'installer en les coeurs.
Puissent les paramita - générosité, éthique, patience, enthousiasme, concentration et sagesse - être au plus vite parachevées par toutes et par tous.

mercredi 22 décembre 2010

Les religieux bouddhistes

Selon le Larousse en ligne sur Google, un religieux est quelqu'un qui a fait voeu de vivre selon une certaine règle, tandis qu'un moine est quelqu'un qui est lié par des voeux de religion et mène, en solitaire ou en communauté, une vie esentiellement spirituelle. Tout religieux (en réalité, le mot "moine" ne peut être appliqué à des religieux non soumis à une clôture).

Maintenant, quid de la réalité bouddhique dans ce domaine ?

Eh bien, c'est plutôt compliqué, surtout depuis que le bouddhisme est arrivé en Occident, car les écoles qui étaient autrefois localisées dans tel ou tel pays cohabitent désormais en des lieux où de plus le Dharma est nouveau et pas forcément encore si bien connu que ça.
Et puis, il y a les problèmes de vocabulaire, qui viennent s'ajouter aux difficultés de compréhension.

Tout cela pour dire que l'expression "religieux (et bien sûr religieuses) bouddhistes" recouvre un champ sémantique très vaste, du fait de la diversité au sein des branches et sous-branches.

Vous avez, j'espère, noté que dans mon précédent article à propos de l'entrée en religion, j'avais pris soin de spécifier "selon le Vinaya".

Prenons l'exemple typique du Japon, où le Vinaya (il s'agissait du Dharmagupta-vinaya, en vigueur en Chine, en Corée ou encore au Vietnam) n'était plus guère utilisé depuis le XIIème siècle, et a été abandonné depuis la persécution du bouddhisme survenue au XIXème siècle.
Depuis qu'ils ont récupéré le droit de pratiquer le bouddhisme, en lieu et place des ordinations du Vinaya, les Japonais recourent à des cérémonies de prise de voeux de bodhisattva. Les engagements ne sont bien sûr pas identiques à ceux du Vinaya, même s'il y a des bases communes.

Les "moines" et "nonnes" japonais ou encore coréens (car certains religieux du pays du Matin calme ont emboîté le pas à leurs voisins), qui peuvent se marier ou encore boire de l'alcool et fumer, n'en sont donc pas aux yeux des moines d'Asie du Sud-Est (Theravada-vinaya), ni d'ailleurs aux yeux des moines tibétains ou vietnamiens.
Mais selon leurs critères, ils en sont.

Tant que ces religieux restaient dans leur pays, tout le monde étant au courant, il n'y avait aucune ambiguïté.
En revanche, dans nos pays, le fait d'utiliser les mêmes mots pour des statuts extrêmement différents, s'avère gênant et source de nombreux malentendus.

En tout cas, de même qu'en Occident, les pasteurs protestants, mariés, ou encore les rabbins, mariés également, sont admis au rang des religieux, les "moines" et "nonnes" japonais sont sans nul doute des "religieux bouddhistes", car ils ont "fait voeu de vivre selon une certaine règle".

Au sein de la société tibétaine, en parallèle avec les moines et nonnes - qui suivent le Vinaya -, il existe une autre catégorie de "religieux" qui suivent une certaine règle mais une règle qui (contrairement au Vinaya) ne leur interdit pas de se marier, de boire de l'alcool, etc.
Ces religieux, qui ne sont donc pas des "moines" (rab byung), sont fréquents dans les écoles nyingmapa, kagyupa et sakyapa, plus rares chez les gelugpa.
Chez les Sakyapa, la charge de chef de l'école est d'ailleurs héréditaire, de père en fils.
Pour citer quelques noms parmi des Lamas connus en France, c'est donc le cas de Sakya Trizin, ou encore Dilgo Khyentse Rinpoche (nyingmapa), Lama Gyurmé (kagyupa).


mardi 21 décembre 2010

"Entrer en religion"

Dans le bouddhisme, à partir de quand n'est-on plus un laïc, mais un religieux ?

Selon le Vinaya, Cher Ivan, c'est à partir du stade appelé pravrajita en sanskrit, pabbajita en pali, rab tu byung ba en tibétain, shukke en japonais, etc.

Rab tu byung ba signifie littéralement "être devenu ... excellent" !
Toutes proportions gardées, bien sûr : par rapport à ceux qui demeurent englués dans les miasmes de la vie profane.

Le sens littéral de shukke est "quitter la maison", cad quitter sa famille - comme le Prince Siddartha le fit, pour atteindre l'Eveil suprême en vue d'accomplir le bien de tous les êtres.

L'entrée dans la carrière religieuse coïncide avec l'instant où l'Abbé (upadhyaya) coupe une mèche de cheveux du disciple.

Dès ce premier stade, le religieux assume 10 voeux, ou engagements, fondamentaux - cad fondamentaux pour tous les religieux y compris les bhikshu.

Puis viennent éventuellement, mais pas nécessairement :

- l'ordination mineure, de shramanera (dge tshul) / shramanerika (dge tshul ma) : aux dix voeux fondamentaux viennent s'ajouter 36 préceptes.

- l'ordination majeure, de bhikshu (dge slong) / bhikshuni (dge slong ma) : le nombre des préceptes varie en fonction des Vinaya. Par ex, selon le Mulasarvastivada-vinaya répandu dans la zone himalayenne (Tibet, Mongolie, Bhoutan, etc.) : respectivement 253 et 364 (mais la lignée de bhikshuni du Mulasarvastivada-vinaya est interrompue depuis des siècles).

- En ce qui concerne les moniales, il y a un étape intermédiare entre les ordinations mineures et majeures, en tant que shikshamana (48 préceptes)

Il est également possible de pratiquer le Dharma tout en conservant le statut laïque : bien des maîtres l'ont prouvé dans tous les pays où le bouddhisme s'est diffusé.
Pour ne citer que quelques exemples parmi les grands noms tibétains :
Domtönpa, Marpa ou encore Milarepa n'étaient pas moines.

lundi 20 décembre 2010

Décès de Gene Smith

La fin 2010 semble être marquée par une hécatombe parmi les tibétologues !

Je viens d'apprendre par R.G. (merci à elle) la mort, survenue le 16 décembre, de Gene Smith, qui déploya tous ses efforts pour préserver le patrimoine écrit tibétain :
http://www.tbrc.org/#home

La liste des prières et dédicaces à faire s'allonge...

dimanche 19 décembre 2010

Les aléas du samsara

L'Académie française vient de perdre sa doyenne.
Jacqueline de Romilly, décédée le 18 décembre 2010, fut sans nul doute une femme remarquable, qui la première franchit nombre de portes jusque là strictement réservées à ces Messieurs.

Madame de Romilly fut brillante, très brillante. Mais sa vie fut loin d'être un long fleuve tranquille, et elle la finit seule, à l'hôpital.

« Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais. » (Le Figaro du 19 décembre 2010).

Et si on faisait quelques prières à son intention ?
Tout en réfléchissant aux différents facteurs qui ont pu se combiner pour donner des résultats aussi hétéroclites, en apparence tout au moins.
Car comment savoir à propos de quelqu'un d'autre que soi ?

Rinpoche en Asie

De très jolies photos dans "Gallery" du site de Bandung, dont plusieurs avec Rinpoche :
www.kadamchoeling.or.id

Monastères refuges


Ma Voix pour la liberté : Autobiographie d'une nonne d'origine tibétaine, Ani Chöying Drolma, née le 4 juin 1971 à Katmandou dans un camp de réfugiés.

Présentation de l'éditeur :

« À dix ans, j'ai décidé que je ne me marierais jamais et que plus personne ne lèverait la main sur moi. À commencer par mon père. »
Le témoignage exceptionnel d'une nonne bouddhiste qui consacre sa vie aux petites filles menacées par la violence des hommes. »

Matthieu Ricard :
« Ani est l'une de ces centaines de petites filles qui, au Népal et au Tibet, se réfugient au monastère pour ne pas être mariées de force à un homme qui les battra et les exploitera. Recueillie par un maître bouddhiste, Ani n'a jamais oublié la peur et la rage de son enfance blessée.
Devenue nonne, elle veut aider toutes les petites filles promises au même enfer. Ouvrir une école. Mais où trouver les fonds ?
Ani a un don extraordinaire : sa voix. Alors elle chante. Et sa musique traverse les frontières. Tracy Chapman, Céline Dion et Tina Turner la soutiennent, elle devient une star en Allemagne, au Japon, aux États-Unis. En quelques mois, Ani recueille dans son école plus de 50 petites filles de la rue. ... »

Patience - résignation

Histoire de s'occuper pendant les fêtes, voici un autre thème de réflexion, ou ... de travaux pratiques en cette période propice aux rencontres :

1° Au sein des 52 facteurs mentaux, où se niche la patience ?

2° Quand on se résigne à une situation, fait-on alors forcément preuve de "patience" ?

L'autodiscipline et l'amour

En réponse à Irène :

Selon mon dictionnaire, apramâda se dit en tibétain bag yod, que nous traduisons pour le moment par "autodiscipline".

Dans l'Abhisamayalakara, Asanga explique ainsi ce facteur mental vertueux :
"Qu’entend-on par autodiscipline ?
Reposant sur le non-attachement, la non-aversion, la non-ignorance ainsi que l’enthousiasme, elle suscite les phénomènes vertueux et garde le mental des phénomènes souillés. Sa fonction est de faire pleinement accomplir et réaliser tout ce qui est excellent dans le monde et au-delà du monde."

En clair, il s'agit d'un facteur mental qui est vertueux par nature.
Apramâda est toujours fondé sur les "trois racines vertueuses" :
le non-attachement (dont un aspect marquant est le renoncement), la non-aversion (dont l'amour - maitri) et la non-ignorance,
ainsi que sur l'enthousiasme, qui consiste à" aimer ce qui est vertueux", et donc à se comporter bien avec joie.


Maitri
est donc également un facteur mental vertueux ; c'est un aspect revêtu par la non-aversion.
Asanga définit celle-ci comme consistant en une absence d'agressivité à l'égard des êtres imparfaits, des souffrances et des existants liés à la souffrance.

Rappelons-nous ce vers de Corneille"Va , je ne te hais point."
, qui est une parfaite illustration de cette façon de voir les choses.

Il est à noter qu'Asanga précise que les objets pris en compte par ce facteur mental relève du samsara.
Effectivement, l'amour consiste à souhaiter à ce que des êtres actuellement privés de bonheur puissent au plus vite accéder au bonheur, et donc aux causes du bonheur.

D'où la question du jour :
Dans le Mahayana, peut-on dire qu'on a de "l'amour" pour le Bouddha, ou encore pour nos Maîtres ?

vendredi 17 décembre 2010

jeudi 16 décembre 2010

En avant

Donner

Dans un hymne à l'amour intitulé "J'ai 100 ans et je voudrais vous dire...", Soeur Emmanuelle cite entre autres un poète du XIIème siècle :
Ce que tu donnes t'appartiendra toujours, ce que tu gardes, tu le perds !

Cela m'a rappelé ces mots de Gomchen Naggi Wangpo pour décrire la vanité des biens et plaisirs de cette vie, car ils ne servent plus rien à l'heure de la mort :

En bref, soi-même l'on doit abandonner les jouissance de cette vie,
Lesquelles nous abandonnent aussi, cela ne fait aucun doute.
De ce fait, ne tombez pas sous la coupe
De votre corps, vos amis, vos richesses, et prenez la résolution de pratiquer le Dharma.

Fondation Abbé Pierre

Toujours d'actualité, hélas :

Carton rouge au mal-logement

Des perceptions et des mots (maux ?)

Comment faire pour se comprendre ?

1° Nos perceptions sont conditionnées tant par nos karma et autres empreintes que nos sens, tant et si bien que placés davant un seul et même objet, en tant qu'êtres ordinaires, nous ne pouvons pas le voir de la même façon, à part une éventuelle frange commune.

2° Et puis, il y a le choix des mots, et le sens que nous leur accordons, et qui peut varier notablement d'une personne à l'autre.

Et pourtant, on devrait pouvoir parvenir à communiquer.
Ainsi, bien souvent, nous discutons jusquà nous échauffer, sans nous rendre compte que nous sommes en fait d'accord.
Il nous arrive en effet d'utiliser des mots divers alors que nous parlons d'une même chose.
Il nous arrive d'ailleurs aussi d'utiliser des mots apparemment identiques, mais dans des emplois divers.

Il me souvient qu'à la belle époque où je travaillais à la Bibliothèque des Langues'O, pour le fonds japonais, quand j'étais de service à Dauphine, j'avais souvent à intervenir auprès de lecteurs (étudiants mais aussi professeurs) qui fumaient dans la salle de lecture au mépris de toutes les règles.
Je me suis donc fait non moins souvent traiter de "SS" ou "garde rouge" - c'était dans les années en 76-77 - par mes aimables interlocuteurs.

Je vous laisse le soin de deviner leurs opinions politiques respectives, mais cette anecdote illustre bien le fait qu'en dépit d'un choix de mots différents, conditionné par d'autres critères, les uns et les autres avaient au fond le même jugement de l'objet pris en compte - l'empêcheuse de tourner en rond* que j'étais (et je reste).

* Je suppose que mes interlocuteurs utiliseraient une expression moins policée.

samedi 11 décembre 2010

L'équité

Une belle qualité, l'équité, mais pas si facile que ça à mettre en oeuvre.

A l'adresse de ceux qui ont étudié "le mental et les facteurs mentaux", par ex selon l'Abhisamayalamkara d'Asanga, selon vous, quels sont les facteurs mentaux qui devraient ou pourraient permettre de faire preuve d'équité ?

mercredi 8 décembre 2010

Aoyama Shundo, une grande Dame japonaise

Dans ma jeunesse de plus en plus lointaine, Aoyama Ryoshi avait eu la grande gentillesse de répondre à un petit questionnaire que j'avais concocté dans l'espoir de rédiger un mémoire de maîtrise (ou plus exactement de DREA, selon le métalangage Langues'O) à propos des moniales japonaises.

Elle avait été l'une des rares personnes qui avaient pris répondre à ce questionnaire, que j'avais adressé à pas mal de temples et institutions...* Je crois me souvenir que c'est elle qui m'avait apporté le plus d'éléments.

Par la suite, nous avons assez longtemps continué à échanger par lettres ou téléphone, mais je n'ai jamais eu l'occasion de la rencontrer.

J'attends donc avec impatience de regarder le film réalisé par Nina Barbier, qui va sûrement être très intéressant.

* Voilà pourquoi aujourd'hui j'essaie de répondre aux demandes et questions émanant d'étudiants.

Des qualités et de l'interdépendance

Le bouddhisme ne cesse d'attirer l'attention sur les mécanismes de l'interdépendance.

Pour prendre l'exemple de la générosité, c'est une noble vertu, mais qui a bien souvent besoin du soutien de la patience, comme l'illustre cet exemple tiré de l'actualité :

Un patron trop social épinglé par l'UrssafLeMonde.fr

Ou encore, "l'enthousiasme" (?) du contrôleur aurait eu avantage à être marié à un peu plus de sagesse, de discernement.

dimanche 5 décembre 2010

Film "Himalaya, le chemin du ciel"


Vendredi 10 décembre à 22h55 sur Arte.


Vous pouvez aussi voir ce film exceptionnel à GENEVE au cinéma BIO de Carouge.
lundi 6 et mardi 7 déc. à 14h et 18h30
http://geneve.cine.ch/film/HIMALAYA---LE-CHEMIN-DU-CIEL-62045

Résumé
Au plus froid de l’hiver, dans les montagnes himalayennes du Zanskar, les moines bouddhistes de Phukthal quittent leur monastère. Pendant un mois, ils traversent des paysages de neige et de glace, empruntent des sentiers vertigineux, longent le lit des rivières gelées. Leur but : se rendre dans les villages situés à plusieurs jours de marche pour y effectuer des prières d’abondance dans chaque maison. Le petit Kenrap, moinillon âgé de seulement 8 ans, fait partie de l’expédition...

La jeune ethnologue Marianne Chaud a su convaincre les moines de Phukthal de se laisser filmer. Elle voulait s'affranchir "des mythes et des préjugés qui réduisent l'Himalaya bouddhiste à une carte postale exotique" afin d'approcher au plus près l'intimité de la communauté, constituée d'une cinquantaine d'hommes de 8 à 80 ans. En caméra subjective, elle les suit dans leur unique sortie annuelle, au fil de leur incroyable périple. L'occasion, pour eux, de retrouver leurs familles et de s'immerger brièvement dans la vie villageoise ; pour nous, d'entrer de plain-pied dans un autre monde, empreint de spiritualité et marqué par le dénuement.

jeudi 2 décembre 2010

mercredi 1 décembre 2010

Respect de soi et d'autrui Comment vivre en harmonie



Conférence du Vénérable Dagpo Rinpoche

le 5 décembre 2010
de 14h à 16h30

Entrée libre

Maison des Fêtes et des Familles
20 avenue Division Leclerc – 69200 VENISSIEUX
Parking –
Accès Métro Terminus ligne D
puis Tram T4 arrêt Vénissy Contact : 06 22 25 52 34

samedi 27 novembre 2010

Bouddhisme en scène

Un exemple d'"acculturation"

Raconté par une amie :
Dans une pièce de théâtre très actuelle (et, d'après mon amie, très drôle), "Le Président, sa femme et moi", à un moment le Président est censé avoir un rendez-vous avec le Dalaï-Lama, mais au dernier moment il n'y va pas car il a "mieux " à faire.
Un des acteurs dit alors face au public :
"Mais si le Président refait un truc pareil, il va finir par fâcher les bouddhistes ! "

C'est que les élections approchent...

vendredi 26 novembre 2010

Semaine culturelle consacrée au Tibet

Un vent d'Himalaya souffle cette année sur Paris pour les fêtes de fin d'année !

En effet, le Quai Branly propose une exposition sur les masques du Népal à partir du 9 novembre, et il profite de l'occasion pour organiser une semaine culturelle consacrée au Tibet, du 27 au 30 décembre.

A cette occasion, et pour la première fois, trois grands artistes de renom mêleront leurs voix et leurs instruments pour un concert exceptionnel à la découverte des plus belles mélodies du Tibet.
Tshering Wangdu, Lobsang Chonzor et Namgyal Lhamo vous convient à un voyage musical sur le Toit du monde, les lundi 27 et mardi 28 décembre à 17h 30, au Théâtre Claude Lévi-Strauss.
Chacun d'entre eux, avec son répertoire particulier, vous offrira ainsi le meilleur de la musique tibétaine.
Ne manquez pas ce moment exceptionnel où mélodies et paroles vous emporteront pour un voyage hors du temps, au rythme des chansons tibétaines traditionnelles et plus récentes.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site du Quai Branly
http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/theatre-danse-musique/spectacles-2010-2011/une-semaine-en-himalaya.html
ou sur le site
www.tshering-wangdu.com