vendredi 17 septembre 2010

Plans ultime et conventionnel

Pas facile de faire la part des choses :
Sur le plan ultime, il n'est rien de bon ou de mauvais ; il n'est pas de bonheur, ni de souffrance. Etc., etc. (Cf. Soutra de la sagesse).
Ca veut dire (paraît-il) que rien n'existe de façon absolue.
Ce qui n'implique nullement que les choses n'existent pas du tout. Soutenir que rien n'existe revient à cultiver des vues nihilistes, qui constituent l'un des deux extrêmes à soigneusement éviter.

En fait (disent les traités), sur le plan conventionnel, les existants ... existent (d'où la dénomination qui leur est décernée).
Certes, ils n'existent pas d'eux-mêmes (système madhyamika). C'est d'ailleurs cela qui leur permet d'exister en interdépendance avec d'autres existants.

Ils ont une existence relative. La preuve ? Ils exercent des effets (NB Toujours selon le système madhyamika, qui sans chercher midi à quatorze admet la caution du ... bon sens commun).

Samsara

Juste pour rappel, selon les grands traités, le bouddhisme admet deux définitions, équivalentes en dépit des formulations diverses, pour le terme "samsara" :

1) les 5 (ou 4) agrégats souillés de la personne prise en compte ;

2) le fait que cette personne ait à naître et mourir sous l'effet de ses karma et klesha, sans la moindre liberté.

Une autre expression pour désigner le samsara est "vérité de la souffrance interne".
C'est à dire que ce qu'on appelle samsara n'est pas un lieu extérieur à nous-mêmes, ni un mode d'existence au sens abstrait.
Le samsara est très concrètement le corps et l'esprit qui nous constituent, nous les êtres "ordinaires" encore affligés de facteurs perturbateurs de l'esprit, à commencer par l'ignorance.

dimanche 12 septembre 2010

Samsara = prison

A quoi bon nous bercer d'illusions ?

Tant que nous demeurons enlisés dans les marécages du samsara, la liberté ...

Notre geôle ?
Hélas, ce sont nos cinq agrégats souillés (souillés par leurs relations avec les facteurs perturbateurs, alias klesha). Autant dire qu'il n'est guère aisé de nous en échapper.

Karma épouvantable

En écho au billet de Fred à propos de Stephen Hawskins :

Les karma souillés des êtres du samsara ne sont-ils pas épouvantables d'une manière générale ?

Il y a bien sûr des nuances, et de tous les handicaps, de très loin, les pires sont ceux qui affectent l'esprit.
Déficience mentale comme vues fausses (parfois mariées à une intelligence apparemment aigüe) empêchent la pratique du Dharma - au sens large, de "vertu", toutes déclinaisons confondues.
Une différence est que les vues fausses peuvent être surmontées dans la même vie si on a assez de mérites pour cela, alors que la déficience mentale bloque tout progrès durant la vie en cours.

vendredi 10 septembre 2010

Colloques avec Dagpo Rinpoche

Je viens de tomber sur ce lien vers la revue 3ème millénaire - ça m'a rappelé des souvenirs !

3e millénaire » Dagpo Rimpoché

COLLOQUE SUR LA REINCARNATION Animé par Monseigneur GERMAIN, Evêque de St Denis et de l'Eglise Orthodoxe de France, DAGPO RIMPOCHE, SWAMI SHRADDHANANDA GIRI ...
www.revue3emillenaire.com/blog/?cat=491

Rinpoche à Bordeaux

Voir la video des Sagesses Bouddhistes sur les vingt ans de l'Institut Kadam Tcheuling Bordeaux

jeudi 9 septembre 2010

Courage et volonté

Un exemple contemporain :

l'astrophysicien Stephen Hawskins
(autre lien : Professor Stephen W. Hawking).

Comme quoi les handicaps physiques n'empêchent nullement l'intelligence.
Si le Bouddha nous était visible, il eut été intéressant de lui poser la question traditionnelle dans les soutras :
"Par quelles causes ? Par quelles conditions ?" (rgyu gang la / rkyen gang la).

Voir entre autres ses théories sur la naissance de l'univers (trop calées pour moi).

mardi 7 septembre 2010

Semaine de la Mongolie en Flandres

A partir du 11 octobre, avec un temps fort du 18 au 24 octobre 2010 à Rubrouck et en bien d'autres lieux en ... Une semaine de la Mongolie autour de la culture mongole ... Visite guidée du village et du musée Guillaume de Rubrouck ...
www.guillaumederubrouck.fr/index.php?...id...

vendredi 3 septembre 2010

Bouddhisme indien et art (Gandhara)

Cours du soir ouverts à tout public

les 23, 30 septembre et 7 octobre de 18h30 à 20

Institut européen en sciences des religions
14 rue Ernest Cresson
75014 Paris
Tel: 01 40 52 10 00

http://www.iesr.ephe.sorbonne.fr/index6336.html#tocto2n5

mercredi 25 août 2010

Sa Sainteté à Dagpo Datsang 2

Merci beaucoup, Cher Olivier, d'avoir indiqué ce lien.
Je le remets ici "en clair" car je sais que certaines personnes ne regardent pas les commentaires postés par les autres visiteurs du blog :

Quelques photos "officielles" sur le site de Sa Sainteté

Visit to Manali: August 16-17th, 2010

Sur deux photos, on voit Rinpoche avec Sa Sainteté.

mardi 17 août 2010

Vestiges bouddhistes en Afghanistan

Vu sur Reuters 17 août 2010

Découverte d'importants vestiges bouddhistes en Afghanistan

Des vestiges de plusieurs bâtiments de l'ère bouddhiste ont été découverts au sud de la capitale afghane, …

Sa Sainteté à Dagpo Datsang


H.H the Dalai Lama's Teaching Tour in HP Starts Today

-
16 Aug 2010 ... His Holiness also urged the monks of Dhakpo monastery to strive on Buddhist studies and ...

vendredi 13 août 2010

Une pensée pour les victimes de l'été

Le dimanche 15 août à 15 h 30 Pagode du Bois de Vincennes, l'Union Bouddhiste de France propose une

Cérémonie de recueillement en soutien aux victimes de l’été 2010

jeudi 12 août 2010

Les 20 ans de l’Institut Tibétain Kadam Tcheuling de Bordeaux

L’Institut Tibétain Kadam Tcheuling de Bordeaux, placé sous l'égide du Vénérable Dagpo Rinpoché et fondé par Françoise Cartau et quelques amis, a célébré dignement ses 20 ans avec un Enseignement du Lamrim dispensé par Rinpoche.

Bénédicte Niogret était présente pour réaliser un documentaire qui sera diffusé par les Sagesses Boudhistes sur F2 le 29 août. Dont une interview où Rinpoche s'exprime directement en français, les interprètes tant en anglais qu'en français n'étant pas sur place pour cette fois (elles traduisaient l'Enseignement par webcast interposé).

mercredi 11 août 2010

Vue sur le monastère de Kais

Naggar village site seeing places at Kullu district Himachal ...

The monastery look is very majestic and associated with Lamrin. Dhakpo Shedroop Ling has been dedicated to His Holiness Dalai Lama. Nishala: ...
www.go2india.in/himachal/naggar.php -

Prières pour les victimes de Leh

Tibetan monks in Himachal pray for Leh victims

10 Aug 2010 ... Tibetan monks at Dharamsala and other monasteries such as Dagpo Shedrupling Monastery at ... President of the Dhakpo Shedrupling Monastery. ...
news.webindia123.com/news/Articles/India/20100810/1562482.html

5 ans déjà

Cétait en mai 2005 :

His Holiness Inaugurates Dhakpo Shedrup Ling Monastery - www ...

13 May 2005 ... His Holiness the Dalai Lama was speaking at the inaugural function of the Dhakpo Shedrup Ling monastery yesterday. His Holiness blessed the ...
www.phayul.com/news/article.aspx?id=9787&t=1&c...


Sa Sainteté arrivera au monastère pour une nouvelle, très courte, visite ce dimanche 15 août 2010.
Longue vie à nos Précieux Maîtres bienveillants !

Kaïs

Ce matin, pas de connexion internet avec le monastère de Kaïs - suite à un problème technique survenu à Simla.

Une occasion pour une petite visite par toile interposée ?
(sur ce site que je viens de découvrir sur Google : "voyages nomades", je trouve que les photos sont plus claires que celles qui figurent sur le site du monastère)

monastere DHAKPO SHEDRUPLING

Le MONASTERE DHAKPO SHEDRUPLING à KAIS entre Manali et Kulu (inde du nord). DHAKPO SHEDRUP LING MONASTRY ... et au TIBET DHAKPO SHEDRUPLING MONASTERY ...
www.voyagesnomades.com/photosmonastere.html

mardi 10 août 2010

Le pire - suite

J'ai reçu ce matin un message de Bouddhachannel, m'informant qu'ils avaient posté sur leur forum mon billet du 9 août, intitulé "le pire"*, d'où cette réponse de la part de TZ :

"Non, le pire c’est l’ignorance, car c’est elle qui nous pousse à renaître."

Je ne puis qu'être totalement d'accord sur le fait que, au sein des différentes causes du samsara, la plus grave, car "initiale", est l'ignorance (cf 12 liens interdépendants).

Histoire de deviser entre amis, l'ignorance nous "pousse"-t-elle à renaître, ou nous "amène"-t-elle à renaître ?
Ne serait-ce pas l'attachement qui nous pousserait à renaître, étant entendu que l'attachement ne peut sévir que parce que l'on reste sous la coupe de l'ignorance ?
Et que dire alors du, ou des, karma qui, parvenus alors à maturité, provoquent la nouvelle naissance ? (Vous savez, ces fameux, ou fichus, karma accumulés sous l'emprise de l'ignorance puis renforcés par l'attachement sous forme de soif et d'avidité.)

Il serait intéressant ici de répartir les rôles, et responsabilités, entre les causes directes et les causes indirectes.
Par exemple, nos parents sont pour nous des causes directes, et nos aïeuls des causes indirectes, mais n'en sont pas moins nécessaires.

Dans la terminologie bouddhique traduite tant bien que mal en français, le terme "naissance" recouvre un champ sémantique fort large, puisque "naître" signifie "prendre de nouveaux agrégats souillés" (cf un autre billet de ces jours derniers).
Parmi les agrégats, il y a l'agrégat des formations, qui inclut tout ce qui, de l'individu concerné, ne relève pas des quatre agrégats tout en étant quand même de nature impermanente. Dont l'ignorance. Et l'attachement. Et les karma.

Merci, Ami (e) TZ, de votre contribution à notre réflexion commune. Avec mes meilleurs voeux.




lundi 9 août 2010

La libération

Si, dans le bouddhisme, la voie est voie de libération, comment cette libération (thar pa) se présente -t-elle ?

Alors que tout ce qui est "voie" relève des phénomènes composés de la catégorie esprit, ce qui est dénommé "libération" relève des phénomènes permanents, non composés, car ce sont des phénomènes "négatifs", et non pas "affirmatifs".
Cf. vérité de la cessation : cessation (définitive) des facteurs perturbateurs - causes de souffrances ; cessation des souffrances - résultats des klesha (mais attention : pas cessation de l'individu, ou de son continuum mental - eux perdurent, et c'est bien pour cela que l'on peut parler de ce dont ils ne sont plus encombrés).

Nous libérer du samsara consisterait à nous affranchir des entraves que sont pour nous nos karma (souillés) et nos facteurs perturbateurs.

La voie

Continuons un peu avec les joies des mots apparemment faciles, mais justement tellement simple qu'ils en sont trompeurs.

Prenons aujourd'hui l'exemple de ce terme continuellement utilisé dans le contexte du bouddhisme : voie, ou encore chemin, ou encore sentier.
Oui, j'ai laissé "terme" au singulier, délibérément, car les trois traductions française rendent le même mot : lam (tib.) ; mârga (skt).
Cf. Vérité du chemin.
Faisant fi des arguties oiseuses, laissons de côté les emplois profanes de ce(s) mot(s) - sans pour autant les oublier lors des débats et réflexions.

Dans les traités sur les terres et les chemins, nous retrouvons nos listes d'équivalents bien pratiques pour cerner les diverses facettes de ce dont on parle.
Sont synonymes de "voie" (lam) : terre (sa) ; voie de libération (thar lam) ; sagesse supérieure (ye shes) ; connaissance supérieure (mkhyen pa) ; réalisation (mngon rtogs) ; Mère (yum) ; véhicule (theg pa).

Dans tous les cas, "voie" et ses équivalents désignent des phénomènes de nature mentale concourant à l'Eveil résultant d'eux.
Et comme souvent dans le bouddhisme, le même terme s'applique aussi bien à l'ensemble qu'à la partie :
Selon les contextes, "voie" peut donc évoquer l'ensemble des qualités qui culminent en l'Eveil de Bouddha, inclus, mais aussi n'importe laquelle de ces qualités, qu'elles relèvent de la méthode ou de la sagesse. Toutes appartenant bien évidemment à la catégorie "esprit", en tant que "perceptions" (vous vous souvenez que, de par chez nous, les perceptions ne sont pas que cognitives. L'amour comme la compassion, mais aussi la torpeur ou encore l'ignorance, sont autant de perceptions, en tant que "sujets" appréhendant un objet - bien ou mal, ceci étant une autre question).

samedi 7 août 2010

Causalité

A creuser : une cause unique (ou encore isolée) ne peut pas donner de résultats
(selon le bouddhisme, cela va sans dire ; d'ailleurs, le titre du blog donne la couleur).

Naître

Naître dans le samsara = prendre des agrégats souillés d'un certain genre : humains, animaux ou autres.

Naître en tant qu'humain, ça consiste donc en le fait que, poussé par un (ou des) karma introducteur(s) à une telle naissance parvenu à maturité, le continuum mental de l'individu concerné 1. pénètre en un support de corps humain constitué par les cellules de ses heureux nouveaux parents, 2. y demeure et l'utilise.
La fin de la cohabitation est provoquée soit par l'épuisement du (ou des) karma introducteur(s) à cette renaissance, soit par épuisement des mérites corrélés à elle, soit du fait d'évènements fortuits (mais quand même provoqués par des karma, autres) : accidents, etc.

Naissance

Les mots, encore les mots, toujours les mots, avec leurs cohortes de maux.

Pour arriver à se comprendre, il faudrait vraiment y mettre de la bonne volonté, et avant tout avoir / prendre le temps de définir chaque terme employé.
Parce que le fait d'utiliser de mêmes mots n'implique en rien qu'on parle de la même chose.

Tenez, prenons l'exemple du mot "naissance" tel qu'employé pour traduire le terme tibétain "skye ba".
Ce n'est pas un abus de langage, pour une fois, et dans une conversation courante, ça tient - presque - la route.
Mais quand on aborde des sujets plus métaphysique, ça se gâte, les champs sémantiques n'étant pas franchement équivalents.

Notons déjà que, dans un certain emploi, skye ba désigne la conception, et non la sortie de la matrice, ou de l'oeuf.
MAIS dans un autre emploi, et c'est sans doute le plus fréquent dans les traités, skye ba englobe une vie entière, de la conception à la mort.
Quand il est dit que tels karma entraînent telles "naissances", c'est dans cette acceptation large.

C'est pour cela qu'il est dit qu'une naissance dans le samsara inclut toutes les souffrances qui se produisent pendant la durée de cette vie, et non pas qu'elle en serait la "cause".
Entre autres implications, la* mort est donc incluse dans la naissance dont elle est l'achèvement.

* Et nous, en langue française, on est bien embêté avec nos incontournables articles, définis ou indéfinis, qui induisent des connotations souvent fort gênantes.
SVP, en dépit de l'article défini ici utilisé pour limiter la casse, car l'article indéfini aurait été pire, "la" mort dont il est ici question n'a pas de caractère un et absolu. C'est juste le terme ultime, naturel et inévitable, d'une vie x ou y.

Mort et naissance

Les 12 liens interdépendants (loi de production conditionnée - Skt. pratîtyasamutpada), points ô combien fondamentaux dans le bouddhisme, décryptent entre autres les relations, parfois surprenantes, entre les karma et leurs résultats.

Vous connaissez, je suppose, les douze liens.
Toute série de 12 liens commence avec l'ignorance, qui pousse dans une vie x à accumuler un karma d - souillé par elle, et éventuellement par d'autres facteurs perturbateurs. Cela aboutit, dans une vie y ou z - car une série de 12 liens ne peut en aucun cas se dérouler en une seule et unique vie - à une nouvelle naissance déterminée par ce karma d, à la condition sine qua non que ledit karma ait été porté à maturité par la soif * et l'avidité** (encore et toujours l'attachement).

L'enchaînement vaut le coup d'oeil.
Par exemple, selon cette vision typiquement bouddhiste des choses, quand un karma introducteur à une nouvelle naissance dans le samsara est venu à maturité, il ne peut plus ne pas donner son résultat : cette nouvelle renaissance, ce qui entraîne la fin de la naissance en cours - la mort, pour parler clairement.
Ainsi, ce n'est pas parce qu'on meurt qu'on renaît. C'est parce qu'on a à renaître qu'on meurt (il y a bien sûr d'autres facteurs qui interviennent, tels que l'éventuel épuisement du karma b qui avait déclenché cette naissance x).
"Amusant", non ?
Les effets de l'attachement seraient passionnants s'ils n'étaient pas aussi dramatiques.

Toujours est-il que c'est pour des raisons de ce genre que le Bouddha a enseigné que, au sein des innombrables maux du samsara, le pire est la naissance, car elle est porteuse du reste.
On retrouve par conséquent cette présentation des choses dans les traités bouddhistes, y compris les lamrim.

* Par convention, on appelle "soif" (tib. sred pa) l'attachement qui porte sur les sensations (souillées, bien sûr), agréables, désagréables ou neutres.
** Par convention, on appelle "avidité" (
tib. len pa) l'attachement consécutif à la soif et qui qui porte sur d'autres objets que les sensations.

vendredi 6 août 2010

Test

Bon, d'accord, pour se targuer de pratiquer le Dharma, il faut et il suffit de surmonter (d'abord ponctuellement puis continument : Paris ne s'est pas construit en un jour) l'attachement aux choses de cette vie.

Oui, mais notre esprit, ou plus exactement nos facteurs perturbateurs ont plus d'un tour dans son sac. Et comme ils nous mènent par le bout du nez depuis des temps sans commencement, ils ne vont pas s'avouer vaincus si vite.
Une parade, efficace, à nos efforts de pratiquants novices, sera de nous faire croire, que oui, ça y est, nous sommes devenus de bons petits pratiquants, au-dessus des contingences et autres hochets de ce bas monde.

Il nous faut donc des trucs pour tester notre toute nouvelle remarquable élévation spirituelle.
Une possibilité, ici, est de nous confronter au miroir des huit "principes mondains".

- Restons-nous de marbre quand on nous annonce un gain, ou une perte ?
Pour quelques centimes, nous allons sans doute tenir le coup, mais pour de grosses sommes ?
- Accueillons-nous d'un front impavide bonheurs comme malheurs ?
Si nous sautons au plafond de joie à une bonne nouvelle, pour nous effondrer à une mauvaise, c'est que ce n'est pas encore au point.
- Conservons-nous notre belle sérénité à l'ouïe de tous propos, désagréables comme agréables ?
- Louanges et critiques ne suscitent-elle plus en nous la moindre réaction ?
(NB Le test n'est significatif que si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, bien sûr, et c'est plus compliqué qu'il n'y paraît).

Précisons qu'il ne s'agit nullement de devenir insensible et indifférent.
Le challenge est d'expulser manu militari l'attachement et ses acolytes, pour faire place nette à l'amour, la compassion et autres vertus.

La pratique du Dharma

Voyons, que faire pour pratiquer ?
S'adonner à de longues méditations ? Multiplier les prosternations et circumambulations ?
Faire force dons et offrandes ?
Mouais, pourquoi pas, mais de telles activités ne sont pas forcément des pratiques du Dharma. Pas si simple.

La frontière entre "pratique" et "non pratique" n'a rien, mais rien à voir avec les activités en tant que telles.
Comme d'habitude, c'est en tout et pour tout une question d'état d'esprit.
Tant que persistent "les apparences et l'attrait de cette vie" (tshe 'di'i snang zhen), en termes plus simples l'attachement aux choses de cette vie, notamment aux joies et privilèges, il n'est point encore de pratique.
La pratique débute à l'instant où l'attachement aux seuls plaisirs de cette vie est enfin mis en veilleuse.

Comme il faut bien commencer par quelque chose, en tant que débutant complet, comme on n'a pas encore réalisé ce premier aspect du renoncement, que faire en vue de générer une répulsion totale et entière à l'égard de ces leurres dangereux et pernicieux que constituent les bonheurs de la vie présente ?
Il faudrait s'astreindre à observer l'inanité desdits bonheurs.
Plus facile à dire qu'à faire - surtout en période de vacances.

NB Pas de malentendu, surtout. Le bonheur n'est nullement incriminé.
C'est l'attachement qui est mis en cause.

Peur de la mort

Dans les traités bouddhistes, il est recommandé - instamment - de penser et repenser à l'impermamence, en premier lieu sous son aspect létal, faute de quoi, pétri de la conviction que la vie (actuelle) est belle (bof) et pérenne, on s'y installe et on ne prépare pas la suite.

Pas bien gai comme cogitations estivales, certes. Mais réaliste.
Faut d'ailleurs y penser jusqu'à avoir la trouille, pour parler crûment.
Mais attention, paniquer à l'idée de tout perdre : richesses et famille, n'est pas le signe d'un pratiquant du Dharma. C'est le lot commun de n'importe qui (de censé).

Non, la peur salutaire, celle qui incite à laisser tomber le superflu pour se consacrer à l'essentiel : la pratique du Dharma (attention, au sens réel), c'est la peur de ne pas trouver / prendre le temps, avant de mourir, d'assez pratiquer pour se mettre à l'abri au minimum du risque de renaître dans les "royaumes inférieurs", bref dans les états infortunés.

Le pire

C'est quoi, le pire ?
La maladie ? La vieillesse ? La mort ?

Non, non.
C'est la naissance.
Car elle est cause de tout le reste.
(Voir dans Grand Lamrim, ou autres exposés de la Voie, pour plus amples explications).

mardi 3 août 2010

Bonne foi

D'avoir fait allusion à la bonne foi dans l'article précédent a fait émerger en ma mémoire défaillante le souvenir gênant de perceptions totalement fausses que j'eus naguère, mais (cette fois là) en toute bonne foi.

Cétait à l'époque où un charmant jeune voisin âgé d'environ 14 ans étudiait avec une ardeur admirable ... la batterie, dans un hangar au fond du jardin familial. Je m'exhortais à la patience en me répétant que l'inévitable impermanence a aussi de bons côtés. Ca devrait prendre fin un jour (mouais, mais il est passé à d'autres instruments pas toujours beaucoup plus mélodieux).

N'empêche qu'à un certain moment, je me rappelle avoir pesté contre lui parce que, quand même, jouer comme ça, encore plus bruyamment, et cette fois depuis l'intérieur de la maison (nos humbles chaumières étant mitoyennes), franchement il exagérait, estimais-je.

Ce, jusqu'au jour (au bout d'une semaine, ou deux) où je me suis aperçue que cette nouvelle source de nuisance sonore particulièrement pénible n'était autre que ... ma vétuste machine à laver, dont le tambour bien nommé déraillait à qui mieux mieux.

Après ça, même une fois toute honte bue, allez donc faire confiance aux perceptions qui vous viennent, pour convaincantes qu'elles semblent être.

Débats dialectiques

Je suis moi quant à moi inexpérimentée dans cet art subtil, qui requiert d'avoir auparavant pris le temps d'étudier les systèmes dont on fait état (sinon, on risque de leur prêter des opinions peu "orthodoxes", si j'ose dire).

J'ai juste retenu quelques conseils prodigués au fil des Enseignements par mes Maîtres (qui s'adressaient, il est vrai, à des novices tels que moi) :

- prendre soin de systématiquement préciser à quel système on fait référence ;

- lors de l'étude d'un système, dans un premier temps, faire en sorte de le comprendre "de l'intérieur", en vue de discerner sa cohérence interne.
Cela n'oblige en rien à y adhérer, et il sera temps, une fois qu'on aura compris ses rouages, de le réfuter si on le souhaite. De connaître ses méandres facilitera alors grandement la tâche car on pourra anticiper les pièges ou contre-attaques.
(Ceci dit, croyez-moi, il est bien difficile de mettre en veilleuse la bonne (hum) vieille habitude de tout de suite discutailler, sport national oblige.)

Autrefois, en Inde, à Nalanda ou à Vikramashila, c'étaient les pandits les plus érudits qui se tenaient aux portes du monastère pour soutenir les défis lancés par leurs confrères hindouistes. Les enjeux étaient de taille : le vaincu était tenu de "se convertir" à la tradition du vainqueur. Et pas seulement lui, avec toute sa communauté !

La raison d'une telle obligation à allure tyrannique était ... la bonne foi : si lors d'un débat logique entre x et y, y démontre à x qu'il s'est fourvoyé, à la condition que x soit honnête avec lui-même, il ne pourra que se rendre aux arguments de y.
D'un autre côté, il y a là de quoi inciter et x et y à bien étudier et réfléchir avant de se lancer dans des joutes sinon par trop hasardeuses.

Au fond, les équipes de football qui passent au crible les techniques de leurs honorables adversaires s'inscrivent dans ce genre de démarche. Et il n'est pas impossible qu'en politique, certains fassent de même.
Avec une parfaite bonne foi, de bien entendu.

lundi 2 août 2010

Dénominations

"Quelle incidence pourrait bien avoir la dénomination d'un existant permanent ? " demandez-vous, Cher Patrick.

A question, question(s) et demie.
Mais pour ne pas partir dans tous les sens*, je propose que nous nous cantonnions ici au système madhyamika prasangika. Vous savez, celui qui pose que "les existants ne sont que de simples dénominations" (ming gis btags pa tsam).
Dans une telle perspective, existerait-il des existants qui ne soient point dénommés**?
Ou encore, un objet non dénommé serait-il existant ou inexistant ?
Quelque chose d'inexistant, comme par ex un "je indépendant", est-ce dénommé ou pas ?
Ce qui n'est pas dénommé peut-il être objet d'une quelconque perception ?

* Selon la tradition de la logique bouddhiste, il faut tout d'abord préciser dans quel système de pensée on s'inscrit, ou encore sur quel système on fonde son argumentation. Car quand on s'amuse à mélanger toutes les traditions sans prévenir, on peut sans aucun doute prouver tout et son contraire, mais ce n'est satisfaisant que sur le plan strictement intellectuel.

Exemple tiré du bouddhisme : "exister ou pas de son côté".
Sans entrer dans les détails, selon les Vaibhashika, tous les existants existent de leur propre côté. Selon les Cittamatrin, certains existants oui, d'autres non. Selon les Prasangika, aucun existant n'existe de son propre côté, par définition.
Si on omet de stipuler que les arguments que l'on avance relève de tel ou tel système, on risque de
sombrer dans l'absurde.
En revanche, du moment que l'on soit clair et précis, l'on peut jongler tant que l'on veut avec des opinions
multiples et variées. Un intérêt est de découvrir de nouvelles facettes à ce qui pouvait sembler simpliste au départ, et donc - qui sait - de se remettre en question, soi et ses certitudes.


** Dans les raisonnements de ce genre, il est sous-entendu : ... pas dénommés par personne - y compris les Bouddhas. Sinon, il est évident que certains objets ne sont pas dénommés pour/par tout le monde (animaux, nouveaux nés, etc.), mais ça ne prouve rien, ou pas grand chose.

mercredi 28 juillet 2010

Passé, présent, futur

La notion de temps (dus en tibétain) est loin d'être facile, et au sein des philosophes bouddhistes, on trouve diverses opinions à ce sujet.

D'une manière générale, le temps est classé parmi les phénomènes composés ni forme ni esprit, aux côtés de la vie, etc.

Le (temps) présent est consensuel : phénomène impermanent.
D'ailleurs, c'est évident : à peine pense-t-on à un (phénomène) présent qu'il est fini, passé.

Passé et futur : c'est là que les avis divergent.
Pour les uns (majoritaires), passé et futur sont à mettre sans réserve au rang des existants permanents.

Les prasangika sont d'un autre avis, pas facile, facile à pénétrer.
Pour juste effleurer la question, les prasangika font remarquer que seuls les phénomènes impermanents sont causes et résultats (Cf. liste des synonymes de l'autre jour).

Un existant permanent est certes dépendant de certains autres existants, à commencer par la dénomination qui lui est décernée, par la perception qui l'appréhende et le conçoit, par l'individu qui opère cette perception, etc. Mais il n'en résulte pas, et n'est la cause de rien.
D'accord, il peut être objet de perceptions, mais il n'est pas pour autant une cause productrice d'autre chose.
(Qu'existe une relation de dépendance entre la perception et son objet, cela crève les yeux.
Une relation causale ? A réfléchir. En tenant compte des différents types d'objets - apparaissants, conçus, visés, etc. ; et en n'oubliant pas que les images mentales sont permanentes, et donc ne sont pas des causes.
Bien évidemment, ici aussi, les réponses varieront en fonction des systèmes de pensée.)

Toujours est-il que certains phénomènes du passé ont des répercussions non négligeables par la suite, poursuivent nos philosophes. Parfois longtemps après.
C'est donc que soit ils ne sont pas permanents, soit quelque chose d'impermanent a subsisté, ou est apparu lors de leur disparition.
Et c'est là que ça se complique.
Voir la suite avec quelqu'un de plus compétent que moi.

mardi 27 juillet 2010

Lamrim, partout

Quelle est la nature de l''Enseignement du Bouddha ?

Du point de vue philosophique, la première réponse est que l'Enseignement, en tant que la méthode énoncée il y a dans les 2600 ans en arrière, relève des phénomènes composés, plus particulièrement de la forme, et en fait du son (objet de perceptions auditives).

En tant que le sens exprimé par les mots (vous savez, en linguistique, on parle de "signifié" et de "signifiant"), on peut le décrypter dans les Soutras (issus du Bouddha) ou dans les shastra - traités et commentaires ultérieurs.

Plus généralement, du moment qu'on ait des clefs à disposition, tout devient éloquent ; tout (en ce bas monde) expose, décrit, confirme, illustre l'Enseignement.

Tenez, ces quelques citations :

« Qu’est-ce que la vie ? Une halte dans l’antichambre de la mort. »
« Les amis d’aujourd’hui sont les ennemis de demain. »
« Il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout .»

De quel lamrim sont-elles tirées ?

Euh ! Eh bien, ... d'un roman d'Alexandre Dumas.

Pour s'amuser :
A quelles sections du lamrim peut-on rattacher les trois citations ci-dessus ?

vendredi 23 juillet 2010

Empreintes

Je ne viens pas vous entretenir des empreintes (rjes) recherchées par Sherlock Holmes et consort, mais plutôt des "empreintes" (bag chags) - karmiques ou autres - en tant potentialités (nus pa) laissées dans l'esprit par des perceptions prenant fin.

Ben oui, toutes les empreintes, même de la catégories bag chags, ne sont pas "karmiques", tant s'en faut.
Seuls les karma, en tant que facteurs mentaux omniprésents volitions, déposent en se dissipant des empreintes karmiques. Ce qui fait déjà beaucoup.
Mais les autres composantes des perceptions laissent également leurs empreintes.

Est-ce que toutes les perceptions laissent derrière elles des traces, c.a.d. des empreintes ?

Laisser des empreintes signifie déposer des potentialités en mesure de produire ultérieurement des résultats, notamment la capacité de se souvenir ensuite de l'objet pris en compte.
Par ex, la perception visuelle d'une fleur jaune ayant laissé des empreintes, il s'ensuit que plus tard on peut (éventuellement) se souvenir de cette fleur jaune.

Autrement dit, les perceptions machinales (snang la ma nges pa'i blo) ne laissent pas d'empreintes.
Mais les autres, ...

Perceptions ? Attention, danger !

jeudi 22 juillet 2010

Cause et résultat

Bien que tout phénomène composé soit également cause et résultat, il va sans dire - mais disons-le quand même - qu'en aucun cas, un phénomène composé x ne pourrait être à la fois la cause et le résultat du phénomène composé y ! De même que le phénomène composé y ne pourrait pas être à la fois la cause et le résultat du phénomène composé x.

Comment une graine x pourrait-elle être à la fois la cause et le résultat d'une plante y ?
Comment une plante y pourrait-elle être à la fois la cause et le résultat d'une graine x ?
En revanche, la graine x peut être cause de la plante y, et le résultat de la plante w.

Cela va se vérifier pour nos qualités et défauts, pour nos expériences, agréables et désagréables, etc : chacun sera sans doute et cause et résultat, mais pas d'une seule et même chose.
Par exemple, un mal de tête : c'est un phénomène composé, issu de causes et conditions.
C'est aussi un phénomène impermanent (ouf !).
Il est par ailleurs à la fois cause et résultat.
Oui, mais cause de quoi ? Eh bien , par exemple, cause complétive de colère... Et donc cause d'un mauvais karma. Et donc de ses éventuels conséquences. Cause consubstantielle de douleurs ultérieures. Cause directe de ceci ; cause indirecte de cela.
Ainsi, il pourrait aussi être cause de compassion - envers les autres malheureux en proie à la souffrance. Ou cause de générosité. Cause de patience. Cause de retard. Cause d'économie (trop mal à la tête pour manger, ou pour boire). Cause d'échec à un examen (pas pu réfléchir au sujet).

Ce mal de tête est aussi résultat.
De quoi ? Par ex, d'un mauvais karma antérieur. Et pourquoi pas, de la purification de karma mauvais, atténués grâce à la bénédiction des Maîtres et des Bouddhas. Ou encore résultat d'une exposition exagérée au soleil d'été. Ou de la consommation de trop de nourriture, de trop d'alcool. De l'ingestion d'un somnifère. Ou le résultat de l'indigeste lecture de cet article...

En tout cas, par définition, un mal de tête est un phénomène présent, et non passé, ni futur, hélas ! Quand il se produit, il n'a rien d'abstrait ni de virtuel.
Car ce qui est passé ('das pa) n'est plus ; ce qui est futur (ma 'on pa) n'est pas encore : il s'agit d'existants "négatifs" : med dgag, pas susceptibles de directement "faire mal".

Synonymes

Pendant qu'on y est, complétons un peu la liste entamée hier.

Sont donc "synonymes" : phénomène efficient / dngos po ; phénomène impermanent / mi rtag pa ; phénomène composé / byas pa ; cause / rgyu ; résultat / 'bras bu ; agrégat / phung po ; objet apparaissant d'une perception sensorielle dbang shes kyi snang yul ; présent / lta ta ba , etc., etc.

N'est-il pas logique qu'un phénomène impermanent relève du temps présent, et non du passé ou de l'avenir ? Comme vous le savez, par définition, un phénomène impermanent (et donc un phénomène composé, une cause, un résultat, etc.) a une durée d'en tout et pour tout ... un instant.

Bien sûr, il s'agit du temps présent par rapport au phénomène concerné, c'est-à-dire par rapport à son apparition, et en aucun cas du temps présent par rapport au locuteur évoquant ledit phénomène : pour le locuteur, ce phénomène peut relever du passé et du futur, pas forcément du présent.
Par exemple, si nous parlons ensemble de Noël dernier, pour nous, c'est du passé, mais quand il s'est produit, c'est-à-dire quand il était phénomène efficient, ce Noël se situait dans le présent, de l'époque. Pas celui de maintenant.

Question pour s'amuser : dans quelle subdivision des phénomènes se classe Noël ?

mercredi 21 juillet 2010

Métalangage et causes

Ah ! les conventions !

Quand jadis j'ai commencé à mettre le nez dans ds traités de philosophie bouddhistes, ma patience a été soumise à rude épreuve.
Déjà, en tibétain, ce n'est pas toujours limpide, limpide.
Mais en plus, quand on transpose dans une langue comme le français, qui est magnifique mais est soumise à une grammaire et une syntaxe assez contraignantes, ça devient assez stressant.

Tenez, comment interpréter l'affirmation que "phénomène composé (faisons simple), cause, condition, résultat" sont ... "synonymes" (don gcig, littéralement "même sens") ?

Un exemple sera sans doute plus clair qu'un semblant d'explication :
une Maman est un phénomène composé, car elle est née de causes et de conditions. Elle est donc aussi un résultat (de ses causes et conditions, notamment de ses parents). Mais elle est aussi une cause : elle est cause de son/ses enfant(s) - faute de quoi elle ne serait pas une Maman.

Prenons maintenant l'exemple des agrégats :
ils sont des phénomènes composés, nés de causes et conditions, notamment des agrégats qui les ont précédés. Ils sont donc par définition ds résultats. Mais ils sont aussi les causes d'agrégats qui vont leur succéder.

Par rapport aux agrégats consécutifs de même substance qu'eux, ils sont causes consubstantielles. Par rapport à d'autres agrégats, ils sont causes complétives.
Ainsi le facteur mental volition de l'instant "b" va-t-il servir de cause consubstantielle pour la volition de l'instant "c", etc. Il pourra en outre servir de causes complétives pour pas mal d'autres choses : une renaissance en tant que ceci ou cela, etc.
Prenons l'exemple de l'agrégat de la forme (le corps) de l'instant "d" : il est cause consubstantielle de l'agrégat de la forme de l'instant "e", etc., tout en servant de cause complétive pour les autres agrégats : la conscience a besoin d'un support ; certaines sensations sont physiques ; ce qui relève du toucher dépend du plan physique, etc.


Ceci dit, ce n'est pas parce que "phénomène composé", "cause" et "résultat" sont présentés comme "synonymes" qu'il faudrait en tirer des conclusions absurdes.
Un seul et même phénomène est certes de manière générale et cause et résultat. Mais en aucun cas, il ne pourrait être sa propre cause, ni son propre résultat.
Par ailleurs, une cause et son résultat ne sont jamais simultanés (quoi qu'en disent certains philosophes, par ex Vaibhashika).

Des causes 2

Les causes de (résultats à) pleine maturité (rnam smin gyi rgyu) consistent en les vertus et les non vertus, les unes et les autres souillées.
Pour prendre des exemples de chaque catégorie : un karma de tuer ; un karma de donner, etc.

En revanche, les karma neutres ne sont jamais des causes de résultats à pleine maturité, car ils n'ont pas la capacité, ou le pouvoir, de produire de tels résultats.
Ils sont comparés à des graines pourries, incapables de germer.
Voilà qui est important dans le cadre de la pratique ! D'où l'importance de la motivation et de la dédicace.
Italique
Les vertus non souillées ne donnent d'ailleurs pas non plus de résultats à pleine maturité, mais pour une tout autre raison :
elles sont désormais à l'abri de l'arrosage déversé par les facteurs perturbateurs :
c'est en effet ce redoutable klesha qu'est la soif (sred pa) qui renforcent les karma au point de les rendre capables de produire des résultats.
Tout ça pour dire que notre pire ennemi est notre attachement, en dépit ou plutôt à cause de ses aspects doucereux.

NB Dans ce contexte, "souillé" (zag bcas) signifie "avoir un quelconque lien avec les facteurs perturbateurs", que ce soit en tant que cause, résultat ou autres.

Des causes

Il existe toutes sortes de causes (rgyu) : - causes directes ou indirectes ; causes consubstantielles ou complétives, etc.

Les causes consubstantielles (nyer len gyi rgyu) sont les causes qui, principalement, génèrent leurs résultats en tant qu'un même continuum de substance (rang gi rdzas rgyun du gtso bor skyed byed).
Ex : les cinq agrégats souillés.

A l'inverse, les causes complétives n'interviennent pas principalement sur ce plan du continuum de substance.

A noter :
Tout phénomène composé est cause complétive.
Tout phénomène composé pourvu d'un continuum est cause consubstantielle.

Sources d'erreur

Il peut, mais si, nous arriver d'avoir des perceptions non représentatives (c'est à dire "directes" au sens de n'utilisant pas d'image mentale) qui soient erronées.

Selon les cas, l'origine de l'erreur réside dans le support ('khrul rgyu rten la yod pa), dans l'endroit ('khrul rgyu gnas la yod pa), dans l'objet ('khrul rgyu yul la yod pa) ou encore dans la condition immédiate ('khrul rgyu de ma thag rkyen) de la perception incriminée.

Le support ? Ici, il s'agit du sens, cad de la faculté sensorielle : un sens de la vue défectueux peut faire voir double, ou altérer les couleurs, etc.

L'endroit, c'est le point où se situe le sujet percevant : qui, dans un train en marche, n'a jamais "vu" les arbres bouger ?

Pour ce qui est de l'objet, ne suffit-il pas de faire tournoyer un brandon incandescent devant quelqu'un pour que celui-ci "voit" un cercle de feu.

Quant à la condition immédiate d'une perception, vous vous souvenez que c'est la perception immédiatement précédente. Eh bien, quand on dit que la colère nous fait voir rouge, ce n'est pas qu'une figure de style : quand la colère sert de condition immédiate à une perception visuelle, elle peut altérer les coloris perçus...

Puisque tout s'en mêle, comment s'étonner de nos nombreuses impressions fausses ?

samedi 17 juillet 2010

Le bouddhisme, c'est la santé

Le 25 juin, j'ai eu l'honneur et l'avantage de devoir représenter l'UBF à une rencontre organisée par l’Association Française d’Echanges et d’Initiatives, sur le thème prometteur de la "santé publique" !

J'étais censée faire un exposé à propos de "Bouddhisme et santé". Pas évident, croyez-moi.
A mon grand soulagement, les autres intervenants, pourtant beaucoup plus aguerris que moi, ont fait part d'un embarras similaire devant le sujet qui nous avait été proposé.

Il y avait en effet du beau monde cette après midi là, au Sénat :
Autour de Denis Clair, président de l’Association Française d’Echanges et d’Initiatives et animateur de la rencontre, étaient présents le Pr Ruszniewski, chef de service de gastro-entérologie à l’Hôpital Beaujon, Monseigneur Michel Dubost, évêque d’Evry, Hadj-Eddine Sari, professeur au Canada et ancien porte-parole de la Mosquée de Paris, Jacques Halbronn, historien et spécialiste du Judaïsme, Mme Murcovak, conseillère de l’Ambassade de Croatie, Gabriel Goyau, représentant de l’Union Rationaliste, et ... moi.
La synthèse de conclusion fut remarquablement effectuée par le Pr Morère, chef du service de cancérologie à l’hôpital de Bobigny, à qui je tire sincèrement mon chapeau.

Bref, les exposés ayant été enregistrés, si cela vous intéresse, vous pouvez les écouter sur le site de la radio Vivre FM 93.9, en trois parties :

Rencontres de tous les temps du 03/07/10
Rencontres de tous les temps du 04/07/10
Rencontres de tous les temps du 05/07/10

Les objets de perception - suite

Cher Patrick, je ne comprends pas bien, dans votre article, l'énoncé :
"objet saisi : objet qui serait "sujet" de l'objet apparaissant".

Je me demande s'il n'y a pas ici un amalgame avec les deux aspects d'une perception, respectivement appelé "aspect perçu" (zung rnam ; littéralement "aspect saisi" ) et "aspect percevant" ('dzin rnam). En d'autres termes, une perception présenterait simultanément deux facettes, ou remplirait deux fonctions, avec une partie montrant l'aspect de l'objet, et l'autre partie appréhendant cet aspect.
A vérifier.

A noter :
A l'exception des philosophes vaibhashika, tous les autres philosophes bouddhistes admettent que les perceptions même sensorielles n'appréhendent pas les éventuels objets extérieurs constituant leur condition objectale, et ce d'autant plus que, par définition, les causes et conditions précèdent leurs résultats. Les perceptions appréhendent l'apparence - mentale - de l'objet.
Laquelle apparence est conditionnée non seulement par l'objet extérieur, mais aussi (et surtout) par les karma dont le sujet est porteur...

jeudi 15 juillet 2010

Refuge

"Soyez à vous-même votre propre lumière, votre propre refuge, ne cherchez pas d'autre refuge que vous même.", dit le Bouddha.

Les objets de perception

A ce que j'ai retenu à ce jour des Enseignements reçus de mes Maîtres,
en précisant que j'ignore beaucoup de choses, qu'il m'arrive bien souvent de croire à tort avoir compris et qu'en outre, il n'y a pas une seule et unique façon d'appréhender une question, mais plusieurs, en fonction de l'angle, de l'école philosophique prise en référence, etc.

Les indications ci-dessous correspondent à la présentation la plus usuelle, fondée sur le système sautrantika.

Les objets de perceptions relèvent forcément des connaissables (shes bya), et donc des existants (yod pa).

Les objets les plus souvent évoqués sont les objets apparaissants / snang yul et les objets conçus / zhen yul.

Il existe d'autre catégories, bien sûr :
objets saisi / gzung yul (qui équivaut à l'objet apparaissant)
objet introductif / 'jug yul
objet du mode de saisie / 'dzin stangs kyi yul
objet visé / dmigs yul.

Toute perception, représentative comme non représentative, a un objet apparaissant.
Par ex, quand nous voyons la Tour Eiffel, l'objet apparaissant est la Tour Eiffel,.
Quand nous pensons à Tour Eiffel, l'objet apparaissant est l'image mentale de la Tour Eiffel.

Dans la mesure où l'objet saisi équivaut à l'objet apparaissant, toute perception en a un.

En revanche, les objets conçus, introductifs et "du mode de saisie" n'existent que lors des perceptions correctes.

Par ailleurs, seules les perceptions représentatives correctes ont un objet conçu.
Par ex, quand nous pensons à Tour Eiffel telle qu'elle est, l'objet conçu est la Tour Eiffel.
Si nous pensons à quelque chose qui est le pur produit de notre imagination, par une Tour Eiffel en or massif de 500m de haut, il n'y a pas d'objet conçu, pour la bonne raison que le quelque chose qui nous est apparu à l'esprit ... n'existe pas (l'image mentale de ce quelque chose, elle, existe).

Passons à l'objet introductif :
Lors d'une perception non représentative correcte, il équivaut à l'objet apparaissant.
Lors d'une perception représentative correcte, il équivaut à l'objet conçu.
Autrement, du moment qu'on voit la Tour Eiffel telle qu'elle est, ou qu'on y pense sans commettre d'erreur, l'objet introductif est la Tour Eiffel.

Il en va grosso modo de même dans le cas de "l'objet du mode saisie".

Quid de l'objet visé ?
Il consiste en l'objet pris en compte par la perception.
Ainsi, quand nous "voyons" des cornes à un lièvre, l'objet visé n'est autre que les oreilles du lièvre.
Quand nous prenons un bout de corde pour un serpent, l'objet visé est le bout de corde.
Ceci entraîne que la saisie du soi et la sagesse comprenant le non soi ont le même objet visé.

Premier Enseignement du Bouddha

Selon le calendrier lunaire tibétain, nous sommes aujourd'hui le 4ème jour du 6ème mois, jour où l'on commémore le tout premier Enseignement dispensé par le Bouddha Shakyamouni : le Soutra des quatre nobles vérités /'phags pa'i bden pa bzhi - "nobles" au sens de "réalités telles que perçues par les "nobles", alias "arya" (en tibétain : 'phags pa).

Bref, c'est une date très importante dans le calendrier bouddhiste.

jeudi 8 juillet 2010

Saisies de soi et conventions

Pour communiquer, nous sommes obligés d'utiliser ces conventions nominales (c'est le moins qu'on puisse dire) que sont les mots, et si nous ne nous mettons pas relativement d'accord sur le sens que nous leur accordons, bonjour les malentendus.

Par exemple, à propos des "perceptions" (shes pa), d'une manière générale, une perception est une "saisie" ('dzin pa), en ce sens qu'elle saisit, ou appréhende, ou encore voit son objet.

Cependant, souvent, par convention, on emploie le terme "saisie" à propos de perceptions fausses, c'est à dire de perceptions qui se trompent du tout au tout à propos de l'objet perçu par elles.

Un exemple "fameux" (est-ce là un terme idoine ?) est celui de la saisie du soi, sous-entendu un "soi" indépendant des agrégats.
Mais prenons un exemple plus simple, de n'importe quoi d'inexistant, comme l'eau d'un mirage.
A la source de cette perception, quelque chose existe, d'accord, mais ce n'est pas de l'eau.
Or, notre perception visuelle "voit" de l'eau, et la perception mentale qui la continue catalogue son objet comme étant de l'eau.

L'objet "eau" perçu par la perception en question existe-t-il ? Non.

Pourrait-on dire que l'objet, disons l'objet apparaissant, de la perception de l'eau du mirage est la lumière ? Non.
Cf. les définitions des "objets apparaissants (snang yul) et conçus (zhen yul) des perceptions"

Il suffit maintenant de faire le même raisonnement à propos de la saisie du soi.
Il n'est donc sans doute pas possible d'avancer que l'objet de la saisie du soi consiste en les agrégats.
L'objet de la saisie du soi est, ou plutôt serait le soi tel qu'il apparaît alors, c'est à dire quelque chose qui justement n'a aucun lien avec les agrégats.
En d'autres termes, le soi auquel il est fait allusion dans l'expression "saisie du soi" relève des "inexistants" (med pa). Tandis que les agrégats relèvent des existants composés.

dimanche 4 juillet 2010

La saisie du soi

Comment caractériser "la saisie du soi", en tibétain bdag 'dzin, Cher S. L. ?

Le seul moyen de résoudre cette question pertinente est de vérifier systématiquement les possibilités et les impossibilités, en se posant un certain nombre de questions, inspirées par les différentes classifications de perceptions traditionnellement admises dans la philosophie bouddhique.

La saisie du soi est-elle ou non une perception ? Oui, selon le bouddhisme.
Ceci étant posé, je vous laisse réfléchir aux questions suivantes, car il n'y aurait pas le moindre intérêt à fournir les réponses.

Parmi les classifications binaires des perceptions,
La saisie du soi est-elle une perception avérée (tshad ma pramana) ou non avérée (tshad min gyi shes pa) ?
Est-elle une perception représentative (rtog pa) ou non représentative (rtog med kyi shes pa) ?
Est-elle une perception inexacte ('khrul shes) ou exacte (ma 'khrul pa'i shes pa) ?
Est-elle une perception sensorielle (dbang shes) ou mentale (yid shes) ?
Est-elle un mental principal (une conscience / sems) ou un facteur mental (sems byung) ?

Parmi les sept types de perceptions,
Peut-elle être une perception directe (mngon sum) ?
Peut-elle être une perception avérée discursive (rjes dpag) ?
Peut-elle être une perception précaire (yid dpyod) ?
Peut-elle être une perception machinale (snang la m nges pa'i blo) ?
Peut-elle être une perception avérée consécutive (dpyad shes) ?
Peut-elle être une perception fausse (log shes) ?
Peut-elle être une perception dubitative (the tshom) ?

vendredi 2 juillet 2010

Des perceptions 3

"Les perceptions sensorielles de l'Arya sont-elles différentes des nôtres" ?

Il m'est difficile de répondre car je ne suis pas arya. Mais cela n'empêche pas de réfléchir à la question.

Peuvent-elles être strictement identiques ?
Il faut ici tenir compte de la distinction entre les Aryabuddha et les Arya pas encore Bouddhas.
Dans le cas des Aryabuddha, par définition omniscients, les perceptions ne sont plus limitées, ce qui entraîne qu'elles ne sont plus non plus "spécialisées" : à leur propos, il n'est plus pertinent de parler de perceptions visuelles, auditives, olfactives, gustatives, tactiles et mentales distinctes, toutes les perceptions incluant désormais les six aspects. La différence est donc énorme.

En revanche, en-deçà de l'état de Bouddha, les êtres, même arya, ne peuvent qu'avoir des perceptions spécialisées par catégorie d'objets.

On peut cependant concevoir quelques nuances selon les niveaux atteints ou non :
par exemple, une fois que le voile des facteurs perturbateurs est dissipé, et que la personne concernée est devenue un Arhat, elle n'a désormais plus que des perceptions pures (dag pa), etc.

Par définition, un Arya est quelqu'un qui a obtenu la compréhension directe du non soi (ou si vous préférez, de la vacuité).
Voilà qui a sans doute un certain impact sur les perceptions sensorielles de l'Arya : même si jusqu'à un certain stade, les objets perçus continuent à montrer une fallacieuse apparence de réalité, il n'est plus dupe.
Et cela aussi, c'est une différence de taille.

Des perceptions 2

En réponse à Patrick, eh bien oui, seules des perceptions "mentales" peuvent appréhender les objets non matériels, tels que le non soi mais aussi l'amour ou encore l'impermanence : de tels objets échappent aux cinq sens.

Pour résumer, les objets que peuvent appréhender les perceptions visuelles, auditives, olfactives, gustatives et tactiles, peuvent aussi être appréhendés par des perceptions mentales. Ainsi pouvons-nous penser à une fleur, un chant d'oiseau, une mauvaise (ou une bonne) odeur, un fruit sucré, un tissu soyeux, etc.

L'inverse n'est pas vrai : pas mal d'objets de perceptions mentales, en fait tous les phénomènes qui ne sont pas concrets, ne sont pas du ressort des perceptions sensorielles. Ainsi ne pouvons-nous pas voir la vacuité, ni l'entendre, ni la sentir. "Seulement" y penser.

lundi 28 juin 2010

Des perceptions

Suite à une question posée par P. C., les perceptions peuvent être subdivisées (entre autres) en
- perceptions sensorielles et mentales (dbang shes / yid shes) ;
- perceptions représentatives ("indirectes", au sens de "avec image mentale") et non représentatives ( = "directes", au sens de ""sans image mentale") (rtog pa / rtog med kyi shes pa).

Toutes les perceptions sensorielles sont non représentatives .

En revanche, les perceptions non représentatives ne sont pas obligatoirement sensorielles.

Il existe des perceptions mentales qui sont non représentatives.

C'est le cas, par ex, des perceptions mentales non représentatives des arya, mais les êtres en-deçà de l'état d'arya en ont également :
par définition, toute perception sensorielle est suivie d'une perception mentale non représentative, qui permet (et elle seule) de nommer l'objet perçu.

Il y a encore d'autres exemples de perceptions mentales non représentatives chez les êtres non arya, mais il faut en laisser pour d'autres occasions...

jeudi 24 juin 2010

De la souffrance

«L a souffrance est partout, et la souffrance n’est pas désirable. » Voilà, en très, très résumé, le constat de base qui a présidé au mariage des sciences cognitives et du bouddhisme.

Voir la suite dans cet article du Point :

Le bouddhisme au secours de la médecine, actualité Société : Le Point

mardi 22 juin 2010

Prendre refuge sur F2

    • Sagesses bouddhistes F2
    • Dimanche 27 juin 2010

Prendre Refuge ou « la prise de refuge »

Invité : Vénérable Dagpo Rimpoché

« Prendre refuge » conduit d’une façon solennelle l’entrée de la personne dans la voie du bouddhisme et le respect de ces préceptes. Une voie et un engagement choisis librement.

mercredi 9 juin 2010

Has been

Vous connaissez ce résumé désabusé du grand Maître Goungthang Rinpoche, en réponse à des disciples qui le pressaient de narrer sa biographie ?

"Pendant les 20 premières années de ma vie, je n'ai pas même pensé au Dharma.
Pendant les 20 suivantes, je me suis dit qu'il faudrait que je le pratique un jour.
Les 20 dernières années, j'ai amèrement regretté de ne l'avoir jamais pratiqué (et de ne plus en être capable).
Tel est le récit de ma vie !"

Bien évidemment, il ne s'agissait pas de sa vie à lui, mais de ... la mienne, je le crains.

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais j'ai l'impression que ma vie aura été partagée en deux périodes consécutives qui se sont enchaînées sans le moindre intervalle :
il n'y a pas si longtemps (hum !), on me disait : "Tu es trop jeune - pour faire ceci ou cela, pour savoir ceci ou cela."
Désormais, on me dit, ou on me fait comprendre avec plus ou moins d'égards : "Tu es trop vieille - pour faire ceci ou cela, pour comprendre ceci ou cela."

Dites, vous, cela vous est arrivé , d'avoir le bon âge ???

Samsara illustré

"Par hasard", ou en traduction bouddhique : par un concours de circonstances ne devant rien au hasard (le pauvre, que pourrait-il y faire, lui qui n'existe pas ?) et tout aux karma (les miens, forcément), j'ai vu hier soir un bout d'émission à propos de l'Appel du 18 juin (1940).

Sous l'éclairage du Dharma, des faits naguère étudiés à l'école prennent une toute autre dimension.
"L'Histoire, ou les inconvénients du samsara illustrés." Magnifiquement. Tragiquement.
La loi de causalité à l'oeuvre, à chaque instant, impitoyablement. C'en serait presque risible si ce n'était pas si triste, et si douloureux.

12 juin 2010

Le samedi 12 juin 2010 coïncide, selon le calendrier tibétain, au 30ème et dernier jour de la 4ème lunaison, c'est à dire de Sagadawa - du Vesak, si vous préférez. Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler que c'est le mois qui commémore la naissance, l'Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni.

C'est l'occasion à ne pas manquer (sinon, va falloir attendre onze mois) d'accumuler plein de mérites facilement : tout karma positif accompli durant ce mois éminemment bénéfique est multiplié par 100 000.

Eh oui, il y a des jours plus porteurs que d'autres, paraît-il.

Quelle vie !

Ca fait un bout de temps que je n'ai pas posté de billet : je suis débordée.
Par les activités de l'UBF principalement.

Quand je pense que le Baba de la bonne pratique est d'avoir peu d'activités : bya ba nyung ba. C'est complètement raté en ce qui me concerne, en tout cas pour le moment (restons optimiste).

Outre la modération en les activités, la modération en les désirs - 'dod pa chung ba - est également recommandée. C'est pas gagné non plus.

Ah oui, si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, n'hésitez pas à venir patauger dans la boue avec nous à la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

En plus, il y aura un concert de musique classique dans la Pagode même à partir de 18 h 30.
Je ne sais pas si l'acoustique va suivre, mais au moins, le décor sera original :
vous pensez, une case royale camerounaise datant de l'exposition coloniale de 1931, métamorphosée en "pagode bouddhiste" par arrêté municipal (ou presque).
C'est pas tous les pays qui ont une pagode aussi atypique. Seulement la France. Seulement Paris. (C'est bien notre veine ! Ah ! s'ils avaient eu la bonne idée de conserver le pavillon cambodgien, reproduction d'un temple d'Angkor... ).

Bref, pour consulter le programme des festivités :

Les 12 et 13 juin 2010 Fête du Bouddhisme à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

Les tarifs sont un peu chers, mais c'est pour une noble cause : rafistoler (un peu) le patrimoine de la Ville de Paris.

lundi 24 mai 2010

« Veillée des Lumières » le 27 mai


Rappel :

Pour célébrer la fête du Vesak, qui commémore la naissance, l’Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni, une soirée d’offrande de lumières est organisée par l'UBF le jeudi 27 mai à la Pagode de Vincennes.

Ouverture au public de 18h à 22h

NB Vous pouvez apporter des fleurs, du jardin ou autres, dès 14 h 30. Par ex, pour confectionner des guirlandes, décorer l'autel, etc.

Pour préparer et disposer les lieux, les bénévoles seront également les bienvenus dès 14 h 30.

De 18h à 22h, la Veillée s’articulera autour de méditations et de cérémonies célébrées par les diverses écoles bouddhistes présentes, avec offrandes de bougies et de fleurs.

jeudi 20 mai 2010

Apocryphes

Le bouddhisme n'y a bien sûr pas échappé.

D'aucuns disent que l'Inde serait la championne en traités* (Tengyour) apocryphes, la Chine celle en soutras apocryphes et le Tibet le leader en tantras non moins apocryphes.

D'où l'importance des lignées de transmissions, et aussi du discernement.


* Les noms de Nagarjuna, Asanga et de leurs pairs auraient souvent reservi...

mardi 18 mai 2010

Les revirements de l'histoire

A quoi bon prendre parti ?
Ce qui est vrai aujourd'hui peut être faux demain, et inversement.

Prenons l'exemple de l'école tibétaine des Jonangpa, à laquelle appartint l'illustre Taranatha (qui serait mort en prison).
Après avoir été proscrite par le Grand Cinquième (Dalaï-Lama - 1617-1682), elle a retrouvé pignon sur rue par les faveurs de Sa Sainteté, le 14ème et actuel Dalaï-Lama :

Jonang religious tradition launches office in Dharamsala

A comparer avec ce qu'en dit cet autre article :
Jonang - Wikipédia

Comme quoi les voies du Seigneurs sont impénétrables.
Et habiles sont les moyens des Maîtres pour (tenter de) nous faire comprendre la vanité des phénomènes conventionnels.


De la relativité des notions

Long ou court ? Eh bien, ça dépend des critères du moment.

Voici un lien vers un article qui illustre, entre autres, le caractère relatif de pas mal de notions usuelles.

La naissance d'une étoile massive, une énigme cosmique

A rapprocher aussi de ce que dit le bouddhisme à propos de la formation d'un monde.

Discerner le bien et le mal

Voici un lien vers un article intéressant à l'éclairage des Enseignements du Bouddha à propos de l'esprit et des différents facteurs mentaux - Cf. "l'identification" au sein des cinq facteurs qualifiés d'"omniprésents"* car nécessaires pour toute perception, ou encore activité mentale :

Les bébés sauraient faire la différence entre le bien et le mal dès l’âge de 6 mois


* Sensation, contact, identification, volition (alias karma), attention.

lundi 17 mai 2010

Le Tibet sur Arte

Théma le dimanche 23 mai à partir de 20h40



"Tibet : l'avenir en exil".

20h40 : "Tibet : l'avenir en exil"

20h45 : "Kundun", de Martin Scorcese

22h55 : "Les orphelins du Tibet"

-> http://www.tibet-info.net/www/Soiree-Tibet-Thema-23-mai-ARTE-TV.html

Les sciences "modernes" au monastère

30 monks graduate as science teachers in monasteries

vendredi 14 mai 2010

Sagadawa ou Vesak

Selon le calendrier lunaire asiatique, nous sommes aujourd'hui le 1er de la 4ème lunaison, dénommée "sagadawa" en tibétain.

Nous entamons un mois des plus importants pour les bouddhistes, avec comme point culminant la pleine lune - le 27 mai : commémoration de la naissance, de l'Eveil et du parinirvana du Bouddha Shakyamouni.

Il est dit que tout acte vertueux (et, je le crains, tout acte non vertueux aussi) est démultiplié en une telle période de l'année. C'est pour cela que nombre de bouddhistes asiatiques d'ordinaire carnivores adopte un régime végétarien tout au long de ce mois. C'est aussi pour cela que des célébrations du Vesak vont se succéder dans les pagodes jusqu'au début juin.

mercredi 12 mai 2010

Concert de musique de chambre en soutien à l’UBF

Le 12 juin 2010 à partir de 18 h 30, à la Grande Pagode du Bois de Vincennes


Dans le cadre de la Fête du Vesak, et à l’occasion de la Fête du Bouddhisme des 12 et 13 mai à la Grande Pagode de Vincennes

Concert en soutien à l’UBF pour participer à des travaux (urgents) de rénovation de la Pagode et annexes.

Un grand merci aux artistes, pour leur gracieux concours.

NB On cherche un piano en prêt, de préférence 1/4 de queue, ou "crapaud".

___________________________________________________________________

- Entrée plein tarif : 30 €
- Couple : 50 €
- Entrée de soutien : à partir de 50 €
- Enfant moins de 15 ans : entrée libre
- Chômeurs-étudiants : 13 €
- Tarif groupe (partir de 10 personnes) : 2O € par personne


Programme

Un programme musical qui voyage dans le temps entre le XIIème siècle et le XXIème siècle de musique occidentale et avec 2 créations mondiales.
    • 1ère partie (38 mn)

- Trio à cordes (Raphaël Nartop, Noé Nartop et Manon Tenoudji)

Schubert trio à cordes en si bémol (10 mn)

- Piano ( Alexandre Bodak)

  • Schubert Impromptu opus 90 n°4 (7mn)
  • Chopin Nocturne opus 15 n°2 (très peu connu) 3mn30

- Quatuor vocal (Florence Schiffer, soprano ; Hervé Mailliet, contre-ténor ; Pierre Bourhis, ténor ; Gaël de Kerret, basse) Durée 18mn

* extrait du Livre Vermeil de Montserrat : O Virgo splendens (canon) * Manuscrit de Montpellier, 13ème siècle : Alle Psallite cum luya * Prophéties des Sybilles (VI, XI, XII) de Roland de Lassus * Salve Regina de Josquin des Prés

    • 2ème partie (43 mn)

- Cantate 106 ( duo Hervé Maillet : contre-ténor et Pierre Bourhis : ténor) "In deine Hände – Heute wirst du mit mir in Paradies" de Bach.

- La Flûte enchantée : air de Sarastro "O Isis und Osiris" (Gaêl de Kerret : basse) de Mozart (au piano Florence Schiffer).

- Trio à cordes (Raphaël Nartop, Noé Nartop et Manon Tenoudji) Suite et fin du Trio de Schubert en si bémol (10 mn)

- 2 Mélodies hébraïques ( Florence Schiffer : soprano) de Ravel ( Alexandre Bodak au piano).

- Piano ( Alexandre Bodak)

  • Debussy : Jardins sous la pluie (3mn45)
  • Magin : Kujawiak (2mn)
  • Villa Lobos : Valsa da Dor (4mn)
  • Eric Pruvost : Thukpa (4mn) création mondiale

Finale

une création mondiale jouée par tous les artistes

Franck Natan "De la Fange à la soie" (7mn)


Vesak à la Pagode d'Evry

dimanche 2 mai 2010

Vesak 2010 à Paris

Si vous avez du temps le jeudi 27 mai entre 18h et 22h,venez donc vous joindre à nous pour cette exceptionnelle célébration du Vesak à la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

"Exceptionnelle", mais en quoi ?

- Pour une fois, la date retenue est la vraie : le jour de la pleine lune.

- La plupart des traditions bouddhistes présentes en France seront représentées : célébrer la principale fête bouddhiste ensemble, plutôt que chacun chez soi, cad dans son centre, c'est plutôt sympathique, non ?

- Et puis, quand même, depuis septembre, les Reliques du Bouddha offertes par la Thaïlande en mai 2009 sont installées à la Grande Pagode. Oui, d'accord, c'est l'état d'esprit qui compte, mais bon, c'est un plus.

Ah oui, il n'est nullement interdit d'amener des offrandes : fleurs, bougies, autres.

Vesak à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

« Veillée des Lumières » Jeudi 27 mai 2010 de 18 h à 22 h
Pour célébrer la fête du Vesak, commune à tous les bouddhistes, une soirée d’offrande de lumières est organisée le jeudi 27 mai à la Pagode de Vincennes.
Ouverture au public de 18h à 22h
Afin de commémorer la naissance, l’Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni, l’UBF convie bouddhistes et sympathisants à venir se recueillir à la Grande Pagode du Bois de Vincennes le jeudi 27 mai, jour de la pleine lune.
De 18h à 22h, des méditations et des cérémonies alterneront, accomplies selon les différentes traditions du bouddhisme, avec offrandes de bougies et de fleurs.
Si vous avez un peu de temps pour aider à l'organisation - avant, pendant et après -, vous serez les bienvenus dans l'équipe de bénévoles.
Contact (merci de préciser vos disponibilités) : UBF <info@bouddhisme-france.org>

mardi 20 avril 2010

Tibet dévasté suite

Déclaration de Sa Sainteté le Dalaï Lama

le 17 avril 2010 -

Comme je l’ai mentionné brièvement peu de temps après que j’ai entendu les nouvelles, j’ai été profondément attristé par les conséquences du tremblement de terre dévastateur dans le Yushu de la préfecture autonome tibétaine (Tibetan : Kyigudo) de la province de Qinghai qui a abouti à la perte tragique de vies, un grand nombre de blessés graves et des biens anéantis. En raison de la distance physique entre nous, à l’heure actuelle je suis incapable de consoler ceux directement concernés, mais je voudrais qu’ils sachent que je suis en prière pour eux. Je félicite la communauté monastique, les jeunes et de nombreuses autres personnes provenant de zones proches pour leur soutien de bon voisinage et l’assistance aux familles de ceux qui ont tout perdu. Que votre compassion exemplaire continue à croître. Ce genre de travail bénévole au service d’autrui met vraiment l’aspiration de bodhisattva en pratique. Je salue également les autorités chinoises pour visiter les domaines touchés, en particulier le Premier ministre Wen Jiabao, qui a non seulement personnellement, offert le confort aux communautés touchées, mais a également supervisé le travail de secours. Je suis très reconnaissant aussi que les médias ont été libres de faire un rapport sur la tragédie et ses conséquences. En 2008, quand un tremblement de terre a frappé le Sichuan, le gouvernement central chinois, les dirigeants locaux et les autorités auxiliaires ont pris une grande peine de fournir des secours, permettre le libre accès aux médias, ainsi que ouvrant la voie à des organismes de secours internationaux à fournir l’aide au besoin. J’ai applaudi ces mesures positives et j’appelle à une facilité d’accès similaire à cette occasion aussi. La communauté tibétaine en exil tient à offrir tout le soutien et l’aide qu’il peut vers le travail de secours. Nous espérons être en mesure de le faire par les voies appropriées et dans les plus brefs possible. Lorsque le Sichuan a été secoué par un tremblement de terre il ya deux ans, j’ai voulu visiter les zones affectées et prier à consoler les gens là-bas, mais il ne m’a pas été accordé de le faire. Toutefois, lorsque Taiwan a été frappée par un typhon l’année dernière, j’ai pu visiter les familles touchées et prier avec eux pour ceux qui avaient péri dans cette catastrophe. En fournissant des réconforts aux personnes concernées, j’ai été heureux d’être en mesure de faire quelque chose d’utile. Cette fois, l’emplacement du tremblement de terre, Kyigudo (en chinois : Yushu), réside dans la province de Qinghai, qui se trouve être l’endroit ou le dernier Panchen-lama et moi sommes nés. Pour répondre aux désirs de la plupart des gens là-bas, je suis impatient d’y aller moi-même de leur offrir le réconfort. En conclusion, je lance un appel aux gouvernements, à l’aide internationale et autres organismes de mettre en place toute l’aide qu’il est possible pour permettre aux familles de ceux bouleversés par cette tragédie de reconstruire leur vie. Dans le même temps, j’invite les survivants de cette catastrophe à transformer cette adversité en quelque chose de positif, à garder espoir dans leur lutte pour recouvrer ce qu’ils ont perdu. Encore une fois, je prie pour ceux qui ont perdu leur vie ainsi que pour le bien-être des ceux qui ont survécu.