jeudi 3 septembre 2009

Expo Asie




http://suvita.jimdo.com/s/cc_images/cache_1843431509.jpg?t=1251649208%20

Lochen Rinpoche geshe


Aux dernières nouvelles toutes fraîches de l'Inde, Lochen Rinpoche va bien. Il vient de réussir les examens de geshe - le terme exact étant : rabjampa (rab 'byams pa) - lundi dernier, le 24 août 2009.

Ceux qui le connaissent me rétorqueront que Lochen Rinpoche est Geshe depuis longtemps.
J'en conviens, mais toute société fonctionne grâce à ses rouages, et il n'y est pas superflu d'officialiser les évidences.

Pour donner un exemple, si je ne m'abuse, la Règle de Dagpo Datsang stipule que l'Abbé doit être choisi parmi les geshe - diplômés.

Longue Vie à Rinpoche. Puisse son activité en faveur des êtres s'épanouir toujours plus et donner des fleurs magnifiques.

NB La photo que j'ai ajoutée n'a pas été prise à Kais mais en France, l'automne dernier.
Si parmi les chanceux qui ont pu aller au monastère cet été, certains ont eu la bonne idée de prendre quelques photos, merci de partager avec nous autres restés en rade.

Bien arrivé à Veneux

Bonne nouvelle : Rinpoche est bien rentré d'Inde et il a l'air content de son séjour à Dagpo Datsang, où il y a désormais 170 moines environ.

Rinpoche a en effet constaté de nombreux progrès, tant sur le plan de la discipline que celui des études.

Il nous a parlé d'un jeune moine (d'une dizaine d'années) en première classe de logique qui a réussi avec brio ses examens de dialectique la semaine dernière : ce jeune philosophe en herbe est manifestement à l'aise dans l'art de jongler avec les raisonnements et n'a eu aucun mal pour pousser son adversaire (plus âgé) dans ses retranchements. Et pas besoin de micro : on l'entendait de l'extérieur du temple, où se déroulaient les joutes devant le jury attentif.

Il est bien connu que la valeur n'attend pas le nombre des années. Et il y a peut-être une explication à trouver du côté des karma et de la loi de causalité.


Tibet en photos

Information envoyée par Jean-Louis Escarguel de Tibet Languedoc

... Et pour finir, j'ai trouve ces deux sites particulerement émouvants. Le premier est une série de photos sur le Dalai-Lama assez inhabituelles et très touchantes. Le deuxième est un montage photographique bouleversant d'un photographe suisse qui en 1995 a suivi pendant 22 jours la fuite vers l'Inde d'un père et de sa fille.

http://www.dalailama-archives.org/browse.php?pageID=13



Tibet Languedoc - 14, rue de Toulouse - 30000 NÎMES
Tél./Fax : 04 66 29 00 24

Un peu d'humour


Autobiographie de Lydie E. (Ani Sonam Yeshe lags)

Voyage au pays des Kalmouks


Voyage au pays des Kalmouks - (Russie du Sud, début du XXIe siècle)
par Simon Roger (Editions Cartouche)

Parution du dernier nouveau volume de la collection "Voyage au pays des..." consacré aux Kalmouks, le seul peuple bouddhiste d’Europe, vivant en République de Kalmoukie (Russie), dirigée de main de maître par un président milliardaire, ancien champion du monde de jeu d’échec, qui semble avoir fait de la capitale Elista le centre planétaire des échecs, dont l’enseignement est obligatoire dès le plus jeune âge, où les rues portent le nom de célèbres joueurs et où il est aussi possible de se trémousser dans la boîte locale sur un damier en forme de... jeu d’échec, bien sûr!

Mais les Kalmouks, anciens nomades descendants des tribus mongoles de Gengis Khan, pratiquent aussi un fabuleux “chant diphonique”, représenté et faisant salle comble régulièrement au Théâtre de la Ville à Paris, entre autres...

De biens intrigantes personnes dont Simon Roger, journaliste au quotidien Le Monde, brosse un portrait décalé et plein d’humour.

mardi 1 septembre 2009

Ménage à la Pagode

Si le coeur vous en dit, voici un appel aux bonnes volontés lancé par l'UBF

Chers Amis dans le Dharma,

Ce vendredi 4 septembre de 15h à 19h, nous procéderons à un grand nettoyage de la Pagode de Vincennes afin de la préparer à l'installation des Reliques du Bouddha fin septembre ( vous recevrez prochainement l'invitation à cette cérémonie).
Nous avons besoin de personnes pleines d'énergie pour nous aider à nettoyer !
Vendredi une équipe sera sur place pour accueillir les volontaires.
Merci à tous les Centres parisiens ou proches de Paris de faire circuler ce message auprès de vos membres et de bien vouloir nous indiquer le nombre de bénévoles qui viendront nous donner un coup de main en adressant un courriel à ubfsecretariat@gmail.com
Balais, serpillières et autres brosses seront au rendez-vous , à bientôt !
Très amicalement,
Le Bureau de l'UBF

"En terre inconnue"

Pour info

Ce soir, Mardi 2 septembre à 20h30 sur Antenne2
"En terre inconnue"
les peuples de l'Himalaya, de beaux paysages du Zanskar, etc.

Dialogues avec Gilbert Montagné ( le chanteur)

Hommage à Mademoiselle Moularde

Je le craignais depuis que je savais que le cancer avait récidivé.
Hier soir, j'ai reçu un mail m'annonçant la mort de Mademoiselle Jacqueline Moularde, survenue le dimanche de Pâques, le 12 avril 2009. Elle était dans sa 78ème année.

Mademoiselle Moularde !

Elle était professeur de français-latin-grec au lycée de Maubeuge, où j'ai étudié de la 6ème à la Terminale. J'ai eu le plaisir de suivre ses cours en 3ème, 2ème et Terminale.
J'ai toujours aimé la littérature, et sous sa férule (gentille mais ferme), eh bien, ça s'est aggravé.

La photo ci-contre est tirée d'une photo de classe de 1972, juste avant le Bac. Quand j'étais une des rares à aller en cours de français, obligatoire pour ceux qui devaient repasser l'épreuve de français (les redoublants) mais désormais facultatifs pour les autres. J'ai toujours eu un faible pour les cours facultatifs, même de maths. Alors, de français, vous imaginez ! Je n'allais pas rater ça, surtout que le contexte permettait beaucoup plus de liberté. Un vrai régal chaque samedi matin.
Vous ne me croirez sans doute pas mais un de mes meilleurs souvenirs de lycée, ce sont les compositions de dissertation : quatre heures à plancher sur un des trois sujets proposés - quatre heures de béatitude qui me semblaient durer à peine quelques minutes.

Nous sommes toujours restées en correspondance, pas très souvent certes, mais très régulièrement. La dernière lettre que j'ai reçue d'elle date de février, ce me semble. Ce fut un mail car elle me dit ne plus guère pouvoir tenir un stylo.

De notre temps, les professeurs ne racontaient pas leur vie en classe (je ne sais pas ce qui se pratique aujourd'hui) et c'est donc relativement récemment que j'ai appris que Mademoiselle Moularde lisait dans le texte non seulement les oeuvres antiques mais aussi des traités résolument modernes, en allemand, en danois et dans quelques autres langues du vieux continent. Elle appréciait les romans policiers de nos voisins nordiques, m'a-t-elle un jour raconté, en version originale, bien sûr.

Mais c'est par Google que j'ai découvert ses traductions de l'allemand :

Les Plantes de la Bible, Wolfgang Kawollek, Henning Falk, Paris : UlmerArbres de A à Z : les reconnaître, les utiliser au jardin; Helmut Pirc
Ses lettres m'avaient effectivement fait comprendre qu'elle passait énormément de temps dans son joli jardin, non loin de Bavay.
Les plus belles piscines écologiques : exemples de réalisation, technique, entretien, Frank von Berger ; Ulmer, Paris. Paru le 22 Mars 2007 : en clair, la maladie ne l'a pas empêché de continuer à travailler.

Mademoiselle Moularde était une femme bien de son temps, ou plutôt en avance sur son temps. Je pense que ça n'a pas dû être facile pour elle tous les jours.

Je lui dois beaucoup. Je l'aime beaucoup - je ne vois pas pourquoi je devrais mettre ce verbe à l'imparfait : l'état décrit ne relève pas d'un passé révolu mais de mon présent, jusqu'à ma mort dans cette vie.
Merci de joindre vos prières aux miennes.


Photo de la classe de 6eA2 en 1958-59 

samedi 29 août 2009

9e Festival Culturel du Tibet

Je viens réparer un oubli fâcheux - merci de m'avoir demandé le lien.

http://festival.tibet-info.net
MAISON DU TIBET
84 bd Adolphe Pinard, 75014 PARIS
Tél. 01 46 56 22 66 Fax : 01 41 17 00 14




De la jalousie suite

La tentation est trop forte de jouer à la devinette.

Allez, selon vous, de quel ou quels autre(s) klesha (facteur perturbateur de l'esprit) dérive la jalousie ?
De l'attachement ? De l'irritation ? Autre ?

De la jalousie

Inutile de rappeler la définition de la jalousie (phrag dog) : chacun peut partir de son expérience (allons ! soyons honnêtes : ça n'arrive pas qu'aux autres, ce genre de sentiments).

Si j'évoque ce fléau qui nous empoisonne la vie, c'est parce que m'est revenu un commentaire fait à son sujet par Rinpoche, il y a deux ans, je crois :
"Très souvent, on éprouve de la jalousie à propos de quelque chose qu'a quelqu'un d'autre et dont on croit être lésé, alors qu'en fait, si on y regardait d'un peu plus près, on a autant, voire plus que celui qu'on jalouse."

Une petite phrase toute simple, mais qui en ouvre, des perspectives.
Si on y réfléchit, bien sûr.

lundi 24 août 2009

Qualités des Bouddha

Entre autres (innombrables) qualités, les Bouddha détiennent le pouvoir de produire autant d'émanations que nécessaire pour accomplir leur activité en faveur des êtres.
C'est pour cela que les émanations issues, par exemple, du Bouddha Avalokiteshvara sont nombreuses, à commencer par les Dalaï-lama et les Karmapa, mais aussi Dromtönpa ou encore Dagpo Lama Rinpoche.

L'activité des Bouddha est par ailleurs constante et "spontanée" : elle se déploie d'elle-même sitôt que les conditions sont réunies, et n'a pas à être réfléchie et décidée.

LA PAIX AU QUOTIDIEN

conférence de KARMAPA TRINLEY THAYE DORJE le 25 à Paris

Conférence de S.E. Karmapa THAYE DORJE MARDI 25 août 2009 à Paris au Théâtre des Nouveautés 24 Boulevard Poissonnière 75009 Paris.
CONSTRUIRE LA PAIX AU QUOTIDIEN . UN REGARD BOUDDHISTE

Festival du Tibet 2009

La Maison du Tibet a le plaisir de vous annoncer le 9ème Festival Culturel du Tibet et des Peuples de l’Himalaya qui se tiendra durant le week end du samedi 3 au dimanche 4 octobre 2009 à la Pagode du Bois de Vincennes à Paris.
Comme les années précédentes, cet événement réunira des représentants des cultures himalayennes et proposera les activités suivantes :
- Danses, chants et musique traditionnelles - Projection des films documentaires
- Construction d’un mandala de sables colorés - Conférences
- Démonstration - Ateliers - Contes
- Stands-boutiques … - Restauration … - Stands-associations
- Soirée Concert
Alors que nous commémorons le cinquantenaire de l’exil des Tibétains, nous souhaitons donner à nos programmes de cette 9ème édition du Festival du Tibet et des Peuples de l’Himalaya 2009, toute l’ampleur nécessaire.

vendredi 21 août 2009

Paramita


Il nous reste encore un terme à élucider (et tout ça, juste pour dire en une phrase ce qque Rinpoche est en train de faire - pas à cette heure ci, je suppose et j'espère : il est près de 2 heures du matin à Kaïs) au monastère de Dagpo Datsang reconstitué dans la jolie vallée de Kullu.

Certes, vous savez que "paramita" est le mot sanskrit rendu en tibétain par phar phyin et en français par "perfection".
Selon les classifications retenues, on décompte six ou dix paramita.

Dans le cadre des études philosophiques telles que menées dans les monastère gelugpa (et sans doute dans d'autres écoles), phar phyin est l'un des cinq domaines à maîtriser pour devenir geshe (dge bshes), ici au sens de "docteur en philosophie bouddhiste" :
tsad ma / pramana
phar phyin / paramita
dbu ma / madhyamika
mdzod / abhidharma
'dul ba / vinaya

Phar phyin consiste en une description très précise de toute la voie, avec ses étapes, les qualités développées aux stades successifs, les défauts contrecarrés, les remèdes mis en oeuvre, etc.
Ca va de A à Z : du stade du pratiquant débutant à celui de Bouddha inclus.

Yigcha

Pardon, pardon - dans le billet précédent, je n'ai rien dit à propos de ce que j'ai appelé yigcha (yig cha)?

Premièrement, cette dénomination n'est pas de mon cru.

Deuxièmement :
- yig cha signifie d'abord "écrit", ou encore "document" (avec un large champ sémantique, incluant les dossiers, papiers administratifs ou non, etc.)

- dans le contexte présent, c'est à dire dans le cadre d'un monastère philosophique, yig cha désigne le corpus de textes choisis au fil des générations par les maîtres enseignant dans ledit monastère pour former leurs ouailles en leur inculquant les vues retenues comme valides par l'institution à lauqelle ils appartiennent.

Les traités constituant le yigcha d'un monastère sont en général d'un seul et même auteur, parfois de deux, mais guère plus.
Soulignons que l'auteur ainsi pris comme maître à penser peut ne pas appartenir au collège qui l'honore : les bouddhistes sont (en principe) larges d'esprit !

Plusieurs monastères peuvent du coup se reporter au même yig cha ; c'est le cas pour Ganden Jangtse et Sera Je d'une part : oeuvres de Yondzin Yeshe Gyaltsen, Ganden Shartse et Drepoung Loseling d'autre part : oeuvres de Panchen Sonam Dakpa.
Quitte à ajouter quelques textes d'un maître du collège : c'est le cas à Ganden Jangtse qui n'a pas pour autant renoncé aux excellents traités de Kedrup Jinpa Dargye sur l'esprit et ses fonctions (blo rig) ou encore la science des raisonnements (rtags rigs).

Certains traduisent "yigcha" par "manuel(s)" - je trouve quant à moi cette traduction quelque peu réductrice, à consonnance beaucoup trop scolair.
Je tiens à souligner que les auteurs des yigcha n'ont pas écrit pour constituer un yigcha. Ils ont "simplement" rédigé des ouvrages clairs et précis, au point d'être choisis comme textes de référence.

Nouvelles de Kaïs

Aux dernières nouvelles, Rinpoche et Geshelags vont bien.

Temps très chaud. Peu de précipitations dans la région cette année.
Il paraît que pas mal de personnes (toutes nationalités confondues, y compris les autochtones) sont enrhumées et toussent.

Programme actuel : Rinpoche donne la transmission orale (lung) de la section du Yigcha de Dagpo Datsang à propos des paramita.

Tout le monde a compris ? Non ?
Ah bon !

Pour "rappel" (ou information), on appelle lung (agama en sanskrit) la lecture d'un ouvrage et khrid l'explication dudit ouvrage.
Autrefois, à l'époque du Bouddha, les deux aspects n'étaient pas dissociés car quand le Bouddha énonçait un Enseignement, les disciples concernés étaient en mesure de le comprendre tel quel aussitôt, sans avoir besoin d'explications supplémentaires. Ca n'a pas duré bien longtemps, et au fur et à mesure que les temps de dégénescence avancent, il faut toujours plus expliciter.

Bref, de nos jours, quand un Maître enseigne, à la condition qu'il ait lui-même reçu les transmissions de ses Maîtres, qui les avaient reçu de leurs Maîtres, etc., quand il lit le texte sans plus, il en donne le lung ; quand il l'explique, il en donne le khrid.

Notez que l'un n'entraîne plus l'autre, et réciproquement.

Le Maître indique toujours de qui il a reçu la ou les lignées qu'il transmet à son tour.

Par ailleurs, il peut arriver qu'un Maître fasse un exposé sur la base d'un texte dont lui-même n'a pas reçu la transmission (ni l'une ni l'autre) ; il le dira clairement.
La différence, c'est que l'impact est moins puissant, faute de la bénédiction véhiculée par les Maîtres successifs de la lignée (par définition, ininterrrompue: sinon, il ne s'agit plus de "la lignée") du texte concerné.

mercredi 19 août 2009

Marpa Lotsawa (1012-1097)


Voici quelques conseils prodigués par Naropa à son fils (spirituel) Marpa, juste avant que celui-ci ne s'en retourne au pays :




Ô Marpa - Traducteur du Tibet,
Ne laisse pas les huit principes mondaine diriger ta vie.
Ne dissocie pas « je » et « autrui » ; ne saisis pas sujet et objet.
Ne distingue pas amis et ennemis.
Ne déforme pas les Enseignements d’autrui.
Ecoute et réflexion sont les lampes qui dissipent les ténèbres ;
Ne te laisse pas piégé sur la voie excellente de la libération.
Jadis, nous avons été maître et disciple,
Souviens-t-en plus tard et ne le renie pas.



If

Oui, je sais, j'ai déjà proposé ce poème - en français (l'une des nombreuses traductions) - mais 1. je ne m'en lasse pas personnellement ; 2. cette fois, c'est (je crois, et j'espère) la version originale.

Rudyard Kipling (1910)

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!
tiré de "Tu seras un homme mon fils" suivi de "Lettres à son fils" de Rudyard Kipling, éditions mille et une nuits, ISBN 2-84205-332-X

Des joies de la traduction


Je ne saurais trop conseiller de se reporter à la version originale, quel que ce soit l'ouvrage ou le discours concerné - ça n'élimine pas tous les risques de malentendus, faux sens et contre-sens, mais ça limite un peu les dégâts.

Si vous avez un instant à perdre, allez donc jeter un coup d'oeil au lien que je vous propose : c'est très intéressant, à plusieurs niveaux.

www.crescenzo.nom.fr/kipling.html

Cette page présente le célèbre poème "If-" de Rudyard Kipling suivi de cinq traductions en français par André Maurois, Germaine Bernard-Cherchevsky, Jules Castier, Hervé-Thierry Sirvent et Jean-François Bedel.

Sagesse du Toit du monde

skyid po rang gis ma byas na / sdug po gzan gis gtong yong
"Si tu ne te charges pas de faire ton bonheur, autrui se chargera de faire ton malheur."

Invitation claire à se prendre en mains...

dimanche 16 août 2009

De l'orgueil

"Les qualités glissent sur l'outre de l'orgueil", disaient les Maîtres Kadampa. Ou sur la baudruche, si vous préférez. En tout cas, le sens est qu'elles ne peuvent pas se faufiler dans un esprit plein d'orgueil.

L'autre matin, Rinpoche nous mettait à nouveau en garde contre ce fléau, d'autant qu'il peut prendre maints visages :
se considérer comme mieux que tout le monde est un aspect assez grossier pour être facile à repérer, mais quand il s'agit de se croire presque au même niveau que quelqu'un qui nous est largement supérieur, ... c'est moins évident.
Et en plus, l'orgueil peut porter sur n'importe quoi : le corps, la voix, la famille, les connaissances, etc.

Quelques remèdes ?
Par exemple, dans la prière en sept branche, les hommages et prosternations concourent entre autres à contrer l'orgueil (nga rgyal).
Au sein des objets permettant de se désaccoutumer des facteurs perturbateurs, il est recommandé de réfléchir aux classifications des phénomènes : quand on prend conscience de tout ce que l'on ignore, cela rabat le caquet.
Et il y a aussi la ... souffrance - c'est l'un de ses rares côtés "positifs", mais quand on est vraiment en difficulté, on n'a pas le coeur de rouler des mécaniques. (Ce n'est pas une raison pour jouer les masochistes ! Ca n'arrangerait en rien la situation, bien au contraire).

Karma "libérateurs"

Quand on étudie les propriétés des karma, il y a de quoi se sentir inquiet, voire écrasé.

En effet, il est spécifié qu'à moins d'être accompagné par au moins une des trois qualités principales que sont le renoncement au samsara, l'esprit d'Eveil et la compréhension du non-soi (appelée "vues excellentes"), tout karma accumulé (même excellent) est par définition un karma ordinaire du samsara, c'est à dire une cause susceptible de déclencher une ou plusieurs nouvelles naissances dans le samsara !

SAUF les karma accomplis à l'égard des "champs supérieurs" : Bouddha et Maîtres.
Des activités sinon ordinaires mais effectuées à l'égard de tels champs supérieurs sont transmuées par eux, et permettent l'accumulation de karma concourant à l'obtention de l'Eveil.

De manière générale, il existe plusieurs critères qui déterminent la puissance des karma et leur orientation : état d'esprit, fréquence, moyens employés, etc.
L'un des critères, ce sont donc les "champs" concernés. Outre les champs "supérieurs" déjà indiqués, citons les champs bienveillants que sont les maîtres mais aussi les parents ou toute personne nous apportant aide et assistance.
Notons que les êtres en grande difficultés et en danger - pauvres, malades, enfants en bas âge, vieillards,etc. - constituent aussi des champs qui amplifient énormément les karma accomplis envers eux. Tous les karma, bons comme mauvais.

Bénédiction et loi de causalité suite

Il est dit que la bénédiction du Bouddha est "activité" du Bouddha

En fait, l'activité du Bouddha joue sur deux plans :
- le plan intérieur au Bouddha : ses qualités et réalisations ;
- le plan extérieur au Bouddha : son activité en faveur des êtres = la bénédiction qu'il leur accorde, et ce continûment.
De ce point de vue là, tout bonheur ressenti par un être, et toute qualité développée par lui relèvent de "l'activité du Bouddha", ou encore est "bénédiction du Bouddha" - sachant qu'ici "Bouddha" est à comprendre au sens large.

Ce n'est en rien contradictoire avec la loi de causalité.
N'oublions pas qu'une cause unique ne peut pas donner de résultat.
Tout résultat procède nécessairement d'un ensemble de causes et de conditions.

Ainsi donc, les bonheurs éprouvés résultent certes de karma favorables accomplis par nous-mêmes, mais si nous avons réussi à accumuler de tels karma positifs, c'est parce que nos "maîtres" (sous des formes multiples et diverses) nous ont encouragés à le faire et nous ont expliqués comment nous y prendre.

Bénédiction et loi de causalité

Une amie vient de nous poser quelques questions sur ces notions ô combien délicates que sont la bénédiction (provenant des Bouddhas, ou encore des Maîtres, principalement) et la loi de causalité.

Les deux ne sont-elles pas contradictoires ? me disait-elle en substance (je simplifie).

En effet, le Bouddha a clairement dit que c'est à chacun de s'assumer, et qu'en aucun cas un tiers, y compris un Bouddha, ne pouvait se substituer à nous : c'est à nous de nous prendre en mains et de parcourir les étapes de la voie menant à la libération (de la souffrance sous ses différentes formes) et à l'Eveil.

Alors, pourquoi parler de "bénédiction" ? En quoi cela pourrait-il consister ?

Comme a répondu Genlags, même si les Bouddhas ne vont pas "sauver" les êtres en faisant tout à leur place (impossible), ils les aident en leur indiquant ce qu'ils devraient faire (cf. prise de refuge qui suppose de comprendre que le Boyau du Bouddha est pour nous le Guide montrant la voie à suivre).
Il appartient ensuite aux êtres d'appliquer les conseils reçus.

En fait, a ajouté Genlags, c'est comme quand nous nous rendons compte que nous sommes malades et que nous allons chez le médecin.
Il ne suffit pas qu'il pose le diagnostic pour que nous soyons guéris. Il ne suffit pas non plus qu'il nous délivre une ordonnance, ni que nous achetions les médicaments, ni que nous lisions la posologie !
Il faut que nous prenions les médicaments prescrits et suivions les recommandations, que ce soit à propos de l'alimentation, de l'activité physique ou autre.

Pareil ici.
Si nous appliquons les Enseignements du Bouddha / du Maître, nous allons par exemple ressentir moins d'irritation et plus d'amour envers les autres êtres.
Cette qualité apparue en nous est une "bénédiction" du Bouddha / du Maître : sans lui, nous ne l'aurions pas développée.

samedi 8 août 2009

Hommage à Monsieur Fabre suite

Voici le mail par lequel mon regretté professeur, Monsieur Fabre, m'autorisait à poster ses poèmes sur ce blog, avec sa discrétion et sa modestie habituelles. C'était le 2 janvier 2OO8.
Je n'ai retiré que les noms de personnes.
Je poste aujourd'hui ce mail parce que je ne peux pas m'empêcher de repenser à lui. Et dire que le 9 juillet dernier, il m'écrivait qu'il allait mieux... Et m'invitait très gentiment chez lui.
Il est exact que le bouddhisme nous a rapproché.
En cours, jamais il ne nous a laissé deviner son intérêt pour la Voie. Il nous en parlait bien sûr, lors de ses cours de linguistique appliquée à la littérature japonaise classique, mais il n'aurait pas pu faire autrement, vu les textes abordés, imprégnés de pensée bouddhiste.
Ce n'est que longtemps après qu'il m'a confié avoir pris refuge auprès de Lama Tempa, un maître kagyupa qui réside en France depuis longtemps et passe quasiment tout son temps en retraite.
Bonsoir Marie - Stella,
Merci pour votre carte. C’est bien volontiers que je vous autorise à faire figurer mon poème sur votre blog. Comme tous ceux que je pourrais vous envoyer par la suite. Cela fait longtemps que j’écris des poèmes, essentiellement inspirés par le bouddhisme, mais je n’en parlais pas car je ne recherche ni la gloire littéraire ni les milieux littéraires qui, on le sait- et ce n’est pas l’unique cas -, ne sont que paniers de crabes. Mais si ma poésie peut aider à réfléchir, je veux bien la « révéler » ( ?!). Savez-vous que ce poème a une suite étonnante. Après l’avoir composé, je l’avais gardé pour moi, mais, ne voilà-t-il pas que, quelques semaines plus tard, une amie de Marseille m’a envoyé une de ses photographies : un chat marchant sur l’arête d’un toit couvert de neige ! Vous la connaissez peut-être, c’est elle aussi une de mes anciennes étudiantes en linguistique : F. D., maintenant Mme G., qui est en train de préparer une thèse.
Après une année plutôt « meurtrière », l’approche du nouvel an semble devenir plus sereine. Nous fêterons la Saint - Sylvestre à trois. Sans oublier nos deux chiennes Nine (rien à voir avec le chiffre anglo-saxon, ça veut dire « ma petite » en catalan), Roppongi et nos trois chats : SOS, Blitz et Mayday, les deux premiers recueillis mourant de faim dans des maisons abandonnées.
Je vous souhaite une Bonne Année et j’espère que le début de 2008 verra notre rencontre.
Cordialement
André

Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves

Le chant de la lune se reflétant dans mille fleuves

Se Co (roi de Corée)
traduit par : André Fabre
Collection : Le temps de la pensée
Paru le : 15/05/2008
EAN : 9782845213319
Présentation :
Le roi Sejong (1418-1450), quatrième monarque de la dynastie des Yi fondée en 1392, créa en 1420 le « Palais des Sages réunis », académie des lettres et des sciences à laquelle il confia plusieurs travaux, dont Le Reflet de la lune se reflétant dans les mille fleuves. Ce livre est donc le fruit du travail collectif d'une équipe de lettrés, mais le véritable inspirateur, instigateur et auteur de ce monument de la littérature coréenne classique est bien Sejong, le « Roi-Soleil du Matin calme ». Cet ouvrage fut écrit à la mémoire de sa mère, fervente bouddhiste, pour glorifier le Bouddha, à une époque où la classe dirigeante était confucéenne dans l'âme et n'avait que mépris pour le bouddhisme accusé d'être en partie responsable du déclin de la dynastie précédente.

Qui va piano va sano

Ce matin, j'ai tenté d'écouter les Enseignements que Rinpoche dispense actuellement en Inde (merci Skype, F. et V.).

En fait, il y a eu de nombreuses coupures, mais le "hasard" faisant bien les choses, j'ai pu entendre un conseil qui m'a semblé tellement précieux que j'éprouve le besoin de le partager avec vous :
Rinpoche a souligné que, lors d'un Enseignement, le Maître donne évidemment beaucoup d'explications, et que pris dans l'ambiance, on peut avoir envie de TOUT mettre en application tout de suite.
Mais, a dit Rinpoche, si on veut en faire trop d'un coup, au bout de 2 ou 3 jours, épuisés, on va tout laisser tomber.

Ce qu'il faudrait faire (si j'ai bien compris) :
- bien écouter, pour retenir pour le moment textuellement - sans vouloir tout de suite mettre son grain de sel ;
- réfléchir sur cette base ;
- s'entraîner à une pratique après l'autre.

lundi 3 août 2009

Le désarmement intérieur

Cette expression revient souvent dans les Enseignements de Sa Sainteté.

Il reste à chacun d'entre nous (je parle de ceux qui, comme moi, sont encore des êtres ordinaires) à le réaliser, ce fameux désarmement intérieur.

La méthode préconisée par le Bouddha me plaît bien , même si je suis loin de parvenir à l'appliquer : faire usage de l'amour pour vaincre l'agressivité.

Lausanne 4 et 5 août 2009

Il sera possible d'écouter les Enseignements de S.S. Dalaï Lama à Lausanne grâce à ce lien :
http://www.dalailama-lausanne2009.ch/

Dès mardi matin à 9 h 30, en français ou en anglais.

Mardi, l'Enseignement central portera sur les Trois Principes du chemin - lamrim de Je Rinpoche.

Mercredi matin : initiation du Bouddha de médecine

Mercredi après midi : conférence publique
LA PAIX DANS LE MONDE PAR LA PAIX INTÉRIEURE

dimanche 2 août 2009

Hommage à Monsieur Origas

La disparition de Monsieur Fabre fait remonter beaucoup de souvenirs, des souvenirs en majorité heureux. Après m'être beaucoup ennuyée au lycée bien que j'ai eu de la chance d'y avoir déjà d'excellents professeurs, j'ai adoré mes études de japonais et tibétain aux Langues'O, au point que Rinpoche me mettait gentiment en garde contre mon attachement quelque peu excessif à cette école unique au monde.

Je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui mais à mon époque, l'Inalco fourmillait de personnages hors du commun, tant chez les enseignants que chez les étudiants, les deux catégories n'y étant d'ailleurs pas incompatibles.
J'ai envie de saluer la mémoire d'un des mes professeurs vénérés : Monsieur Jean-Jacques Origas (1937-2003).
Agrégé d’allemand, à partir de 1965, il a enseigné la langue et la littérature japonaises modernes aux Langues’O et il est en quelque sorte mort dans l'exercice de ses fonctions.
Il était un professeur dans l'âme. Un véritable Maître.

Hommage à Monsieur Fabre

Quand j'étudiais le japonais aux Langues'O, j'ai eu pour professeur de linguistique puis de littérature japonaise classique Monsieur André Fabre, qui était avant tout un coréanologue émérite, mais qui avait beaucoup de cordes à son arc. En fait il était polyglotte et linguistique. Et informaticien : il est l'un des premiers aux Langues'O à avoir usé et abusé de cet outil redoutable qu'est un ordinateur. En prime, il avait énormément d'humour - fallait voir les textes qu'il nous donnait à convertir en phonétique !

Après avoir pris sa "retraite" en 1998, il était retourné au pays, à Perpignan, d'où il a continué à rayonner, participant à des colloques, rédigeant des manuels de langue coréenne ou de savants ouvrages historiques. il traduisit aussi des traités versifiés bouddhistes.
Et il composait des poésies, sur l'impermanence entre autres.

Il n'y a pas si longtemps que cela, avec son autorisation bien sûr, j'ai d'ailleurs publié sur ce blog de courts poèmes de sa plume.

Hélas, il nous a quittés dans la nuit du 27 au 28 juillet 2009.
Je vous serais reconnaissante de joindre vos prières aux miennes, pour mon cher professeur devenu un ami, et pour ses proches - dont ses chiens et chats : homme de coeur, il avait adopté plusieurs errants pas très "jojos", qui sans lui auraient vu "leurs souffrances abrégées" depuis belle lurette.

Lamrim

Lamrim est la contraction de lam gyi rim pa, littéralement "étape(s) de la voie".

Pourquoi mettre "s" entre parenthèses ?

Parce que l'une des beautés de la langue tibétaine (mais aussi du japonais, etc.), c'est qu'on n'y précise que rarement si le terme utilisé est au singulier ou au pluriel, ce qui permet de couvrir les deux emplois, le "choix" s'opérant en fonction du contexte.

Jusqu'où l'interdépendance ne va-t-elle pas se nicher ?
(Normal, me direz-vous : rien ne lui échappe.)

lundi 27 juillet 2009

Dérisoire - suite

Dans la série "Faisons tout pour nous gâcher la vie", vient en bonne place notre attachement ô combien naturel (hélas) à nos idées et convictions.
De là découlent les conflits de tous ordres, dont les guerres de religion.

Nous avons beau étudier à l'école l'Histoire, c'est-à-dire la litanie des horreurs provoquées par l'attachement susmentionné, ce n'est pas ça qui nous amène à la raison.

Il y a quelques jours, pour me distraire (ça m'apprendra), j'ai pris un peu au hasard un bouquin sur les étagères à la maison.
Comme, entre autres ambitions de jeunesse, j'ai été un temps très attirée par l'archéologie et autre ethnologie (en fait, ma première vocation, c'était de devenir ... missionnaire), ça s'est avéré être un ouvrage plutôt bien documenté à propos de la fin de la civilisation aztèque.

Je ne vais pas revenir sur les méthodes en usage à la grande époque de l'Inquisition.
Non, le plus triste, c'est qu'on continue, sous des formes diverses.

Dérisoire

Cet après-midi, installée "au soleil" (enfin, là où il aurait dû y en avoir si les nuages avaient condescendu à s'écarter), et contrainte à l'immobilité par les ronflements paisibles de ma chatte blottie au chaud sur mes genoux, je me suis prise à avoir des idées presque aussi noires que son pelage soyeux :
Pour être honnête, me disais-je, il faut bien avouer qu'on se croit le centre du monde.
Ignorance et autochérissement cumulés font qu'on se croit important ; sans parler de l'intime conviction qu'on détient la vérité.

Et pourtant ! Comme me le répétait ma chère et regrettée amie Yolande quelques heures avant de mourir, les cimetières sont pleins de gens indispensables...
Combien de temps un cher disparu reste-t-il dans les mémoires de ses proches soit-disant inconsolables ?

C'est très variable, bien sûr.
Une mère qui a perdu son enfant demeure effectivement inconsolable. De nos jours, à son légitime chagrin, vient s'ajouter la désapprobation sociale, qui exige qu'on "tourne - et rapidement, SVP - la page".
(Un sentencieux "C'est la vie", énoncé pour occulter la souffrance suscitée par la mort d'un ête aimé, est l'une des expressions qui m'indisposent le plus, aux côtés de "C'est son karma".)

Sinon, "la nature faisant bien les choses", l'oubli vient assez vite. Effroyablement vite, si on le rapporte à soi !
Car même dans le meilleur des cas (famille unie, cercle d'amis fidèles), qui va se souvenir de nous après notre départ ? Quelques-uns de nos contemporains. Eventuellement quelques personnes de la génération d'après ; exceptionnellement de la suivante. Après, c'est terminé à coup sûr.
Sauf, bien sûr, si pour une quelconque raison, "nous sommes passés à la postérité". Mais qu'un nom apparaisse dans les manuels d'histoire n'implique pas qu'on pense vraiement à la personne qui portait ce nom.

Bref, mes calculs ne me donnent pas très longtemps à survivre dans des mémoires (pas bien nombreuses) après ma mort.
Et même avant si je vis longtemps - songeons à toutes les personnes âgées, désormais encombrantes et délaissées de tous. Or, ça n'arrive pas qu'aux autres...

C'est cette prise de conscience qui m'a fait songer, l'espace d'un instant, que mes prétentions à être "importante" étaient vaines, et dérisoires.
Oh ! Juste le temps d'une pensée, car les illusions reprennent vite le dessus.

samedi 25 juillet 2009

Bon jour

Scoop : nous sommes aujourd'hui non seulement le 25 juillet mais aussi, selon le calendrier "tibétain" (en réalité , et plus précisément des Khan mongols), le 4ème jour du 6ème mois lunaire.

Ce n'est rien moins que la commémoration du Premier Enseignement du Bouddha Shakyamouni -
Chos 'khor dus chen - qui énonça alors le Sutra des quatre nobles vérités*, à l'attention de nombreux disciples, dont principalement ses cinq anciens compagnons d'ascèses - snga sde bzang po.

* Pas de malentendu, SVP.
Ce ne sont pas les vérités mises en évidence - la nature de souffrance du mode d'existence conditionné par les klesha et les karma ; l'origine de la souffrance ; la cessation; le chemin - qui seraient "nobles" !
Non, le qualificatif utilisé en français rend en fait une expression en fonction déterminée, qu'pn pourrait traduire par : "d'Arya".
Autrement dit, les "vérités" en question sont surtout des "réalités" telles que perçues par les Arya (personnages ayant obtenu la compréhension directe du non-soi), et seulement par les Arya. Les êtres "ordinaires", encore dépourvus de la sagesse (c'est-à-dire du discernement) susmentionnée ne peuvent que se forger graduellement et au prixde grands efforts une "idée" des ces réalités. Par définition, ils n'en ont pas la vision immédiate.

mardi 21 juillet 2009

Tous les chemins mènent à Rome

En début de cette chaude après-midi, j'étais sur une aire de pique-nique nichée dans la forêt de Fontainebleau et le moins qu'on puisse dire, est qu'il y avait du monde.
Je continuais pourtant à espérer un moment de calme au grand air quand à ma grande horreur se sont installés à quelques mètres de nous quelques jeunes gens armés de tambours et autres instruments à percussion.

Le premier instant de désespoir passé, et après m'être dit que rien ne survient par hasard et que je n'avais qu'à m'en prendre à moi-même et à mes mauvais karma, je me suis rendue compte qu'il s'agissait en fait d'un cours d'initiation délivré par un jeune musicien à six ados en vacances.

Ce n'est pas bien d'écouter aux portes, mais à moins de faire plus de bruit qu'eux, ils s'étaient mis si près qu'il était impossible de ne pas entendre les instructions. Qui ont eu à mes oreilles un écho de "déjà entendu ailleurs".

C'est qu'il n'était pas mal du tout, le jeune prof !
Il a d'abord fait remarquer à ses ouailles qu'ils devaient se tenir bien droit, car en restant avachis sur leur chaise comme ils étaient, ils ne pourraient pas sortir de beaux sons.
Puis il leur a expliqué qu'on ne peut pas faire correctement deux choses à la fois et que pour réussir un travail, on doit demeurer concentré sur ce qu'on fait.
Il leur a ensuite fait remarquer que, quand on fait quelque chose à plusieurs, il faut être à l'écoute des autres, et s'interdire de faire cavalier seul. Etc.

Moi qui pensais paresser tranquillement au bord de l'eau, je me suis presque retrouvée à écouter un Enseignement...

dimanche 19 juillet 2009

Avis aux voyageurs

A l'attention de ceux qui vont partir en Inde* dans les jours qui viennent, pour aller à Kullu ou ailleurs :

1) En raison de l'épidémie de grippe porcine, les autorités indiennes ont mis en place un contrôle sanitaire à l'entrée du pays - avant de passer la douane, prenez soin de remplir le formulaire vert à ce sujet, sachant qu'arrivant de France, vous arrivez d'une zone touchée par l'épidémie.

Mais pas de panique : si vous êtes en bonne santé (pas de fièvre etc.), on vous laissera passer.

2) Si vous prenez un avion intérieur dans la foulée, allez directement à l'aéroport intérieur : les travaux en cours l'été dernier sont achevés. Vous pourrez enregistrer dès 1 heure du matin, et après dormir paisiblement sur des sièges nettement plus confortables que de l'autre côté.

* Renseignements envoyés par mail par S.G. qui a devancé le groupe. Merci à elle. C'est une pratique du don ... du Dharma (fournir à autrui des indications pouvant lui être utiles).

Programme Kullu 2OO9

Quelques nouvelles de Rinpoche que j'ai eu le plaisir et l'honneur de pouvoir saluer hier après-midi à l'Institut à Veneux :
il va bien et s'envole pour l'Inde demain matin. Retour prévu : début septembre.

Le programme d'Enseignements est chargé. Les sujets déjà connus sont les suivants (mais la liste ne prétend pas être exhaustive) :
"La Lettre à un ami" de Nagarjuna dans un site magnifique à 3OOO mètres (je ne suis pas sûre de l'orthographe ; aussi m'abstiendrai-je) ;
"La Voie aisée" du 2ème Panchen Lama (lamrim à la fois concis et très clair) ;
Une grande initiation d'Avalokiteshavara à mille bras (tantra de l'action).

Tous mes voeux à ceux qui auront la chance d'être au bon endroit, au bon moment, avec la bonne motivation et la bonne écoute.

mardi 14 juillet 2009

Avec ardeur

Bon, faudrait donc faire preuve d'enthousiasme (brtson 'drus).

Ouf ! Le Bouddha explique aussi comment y parvenir. Marche par marche.

En un : générer la foi (dad pa) - en particulier sous la forme de la conviction (yid ches kyi dad pa) que l'activité vertueuse envisagée sera source de tels et tels effets positifs.

En deux : générer l'aspiration ('dun pa), c'est à dire le désir de bénéficier desdits effets positifs, ce qui va susciter l'envie d'y mettre avec ardeur.

En trois : sur de telles bases, l'enthousiasme fleurit naturellement.

En traduction libre :
Avant de lancer une entreprise pour le moins ambitieuse, vérifions son degré de faisabilité et tâchons d'évaluer les gains que nous devrions pouvoir en tirer.

Quand nous aurons acquis la certitude que menée à bien, elle va nous faire gagner le gros lot, plus rien ne nous arrêtera.

Esprit d'Eveil

Qui dit esprit d'Eveil (bodhicitta, byang chub gi sems) dit aspiration à accomplir le bien de tous les êtres. Quels qu'ils soient...

OK, ce n'est pas un scoop.

Alors, chiche ?
Et on commence par ... les proches ?

Et avec le sourire, SVP

La cerise sur le gâteau :

l'un des signes d'une désormais bonne pratique est que l'on s'y adonne avec joie.

Tant qu'on rechigne et qu'on a encore tendance à assimiler les activités vertueuses, sinon à des corvées, disons à des obligations astreignante, cela trahit que l'on n'est pas tout à fait au point...

Cf. la définition de l'enthousiasme (brtson 'grus) : "prendre plaisir à ce qui est vertueux" (dge ba la spro ba).

lundi 13 juillet 2009

Les joies de la vue juste

Qui a dit que le bouddhisme est la voie de la facilité ?

Parce que, franchement, quand on creuse un peu ce qui est exposé dans les traités, on en perd des illusions. Sur soi.
Et c'est parfois (souvent, en fait, de plus en plus souvent) douloureux.

"L'ignorance est souffrance", disait à juste titre ce vieux moine, au sens - bien sûr - de : "l'ignorance constitue la source première de la souffrance sous toutes ses formes."

Certes, et il faut donc tout faire pour l'écarter, pour la dissiper, pour l'éradiquer.

Seulement voilà, sur le moment, une" salutaire prise de conscience" octroie à peu près autant d'agrément que quand on doit arracher des bouts de sparadraps bien adhésifs.

Fête nationale

En cette soirée pluvieuse, peu propice aux bals et feux d'artifice, il me revient en mémoire qu'au sein des multiples objets susceptibles d'attiser l'attachement, en bonne place après soi-même et les proches, figure le pays - la patrie.

Consolons-nous : il n'y a pas que ça.
La gloire, la richesse, le pouvoir sont bien classés également.
Ainsi que la "beauté", assortie de l'attirail idoine : vêtements, bijoux et autres fanfreluches.

dimanche 12 juillet 2009

Méditez que

Le bon sens est une qualité précieuse, et les "paysans" sont réputés avoir les pieds sur terre.
Au Tibet comme chez nous...

Ce jour, parmi les pieux villageois qui se pressaient pour recevoir une initi
ation de la part d'un lama de passage dans la région, il y avait un nomade à qui "on ne la faisait", comme diraient certains.

Au fur et à mesure de la cérémonie, le Maître donne explications et instructions :
"Méditez (mos par mdzod) que le Bouddha est devant vous. Méditez que tout se fond en la vacuité. Méditez que de la vacuité, réapparaît...", etc., etc.
La litanie des "mos par mdzod" (méditez, ou encore visualisez, ou encore imaginez) se poursuit ainsi jusqu'à la fin du rituel ; le lama montre avec un large geste circulaire les diadèmes et autres attributs qu'il "remet" aux participants en leur enjoignant de "méditer qu'il le leur a donné".

Quand ensuite, selon la tradition, les fidèles défilent devant le trône pour saluer le Maître, recevoir sa bénédiction et en général lui donner une offrande, le nomade - qui a eu le sentiment d'être floué - se présente avec une belle motte de beurre qu'il avait amenée.
Mais au lieu de la déposer là, il fait un grand geste circulaire en disant : "Méditez que je vous ai offert cette motte de beurre !", puis il repart avec.

vendredi 10 juillet 2009

Séparation

Entre autres classification de la souffrance, le lamrim souligne les affres de la séparation.

La séparation peut être provoquée par bien des conditions : la mort, bien sûr, mais aussi, moins tragiquement (à voir) : la mésentente, l'infidélité, ou tout bêtement un éloignement dans l'espace.
Mais qui peut être lourd de conséquences.

Qui n'a pas versé de larmes en voyant un être cher s'éloigner, pour quelques jours, parfois pour toujours ?
Vous n'avez jamais eu l'impression - très physique (et très douloureuse) - d'avoir le coeur brisé ?
Moi, si.

Du coup, quand un proche m'agace, j'essaie de me représenter ce que je ressentirais si j'apprenais soudainement sa disparition.
Assez curieusement, ça relativise pas mal mes griefs du moment...

Je ne sais pas si ce truc simpliste relève peu ou prou d'une réflexion académique sur l'impermanence. N'empêche que ça marche (quand je pense à le faire).

Tout ça pour

Tout ça pour ... mourir, sans rien pouvoir emporter.

Ah si, pardon. On ne part pas les mains vides : les karma que nous avons accumulés nous suivent comme notre ombre.
Les bons et les mauvais.

jeudi 9 juillet 2009

Que suis-je ?

Eh non, c e n'est pas une faute de frappe, même pas une faute d'étourderie.
Ma question du moment est bien : "Que suis-je", et non "Qui suis-je", qui ne peut venir que dans un second temps. Je crois du moins.

Selon les philosophes madhyamika prasangika, l'individu n'est qu'une simple imputation* nominale, ou si vous préférez (gang zag ming gis btags pas tsam yin), une simple imputation conceptuelle (rtog pas btags tsam yin), en relation avec les cinq, ou quatre, agrégats qui constituent sa base d'imputation.

En moins hermétique, ce laisse à entendre que nous ne sommes pas celui que nous croyons : une entité absolue, ne dépendant de rien sinon d'elle-même, et s'imposant en tant que telle.
Las ! En fait, nous ne sommes que le produit transitoire d'un faisceau de causes et conditions. Et notre "identité" tient au nom qui nous est décerné, ou encore à l'idée qu le sujet percevant se fait de nous, et non à ce que nous serions de façon inhérente.

Vous admettrez que les apparences comptent pour beaucoup dans l'opinion qu'autrui se fait de nous. Il ne faudrait pas non plus sous-estimer l'impact des titres et autres appellations.

Vous avez sans doute lu comme moi le roman intitulé Le Prince et le pauvre, rédigé par Mark Twain ? Avec le recul, il me semble constituer une bonne base de réflexion pour commencer à entrevoir l'aspect très relatif de "moi".

Les souvenirs de lecture remontent. Tenez, prenez l'ouvrage Dans la peau d'un noir, de J. H. Griffin ! Il permet d'un peu mieux comprendre les vains efforts de l'infortuné Michaël Jackson pour se blanchir à grands frais, mais aussi pas mal d'autres choses sur l'aspect quelque peu conventionnel des relations humaines...

Avec tout ça, la notion "je" / moi" se retrouve chahutée. Mise à mal ? Pas encore. Elle est bien trop coriace.

* Toutes mes plus plates excuses pour cette énorme faute de français, mais je n'ai pas trouvé mieux à ce jour pour rendre l'expression tibétaine correspondante.

De la démocratie

Je suis Française, et je me sens viscéralement républicaine, attachée que je suis à la démocratie.

Oui mais, ...
Depuis que je m'intéresse de plus près au bouddhisme (c'est-à-dire depuis 1972, 73), je ne cesse d'entendre parler du samsara et de sa racine première : l'ignorance, en tant que saisie du soi (perception fausse que l'individu que nous sommes est autonome et même autogène).

L'ignorance a maintes facettes, qui vont de la simple non connaissance à la conviction aussi ferme que fausse.
C'est pour cela que ma foi (si on peut dire) en le système démocratique vacille désormais : laisser le pouvoir de décision à la majorité revient souvent à faire la part belle à ceux qui sont majoritaires dans le samsara - et je ne suis plus sûre que ce soit toujours les plus sages.

En revanche, ma foi en Atisha ne cesse de croître, lui qui exhortait à ne pas se faire d'illusions : tant qu'on n'a pas au moins la clairvoyance (effet dérivé autant que naturel de la concentration portée a nivea de shamatha), on a beau avoir envie de bien faire, on "se plante" la plupart du temps.

A quoi bon !

A quoi bon nous agiter continuellement ?

Les Maîtres le disent bien :
"Abondance d'activités ? Abondance d'ennuis !" (traduction libre)

Ce que Pierre construit aujourd'hui, Paul le démolit demain, persuadé d'apporter un progrès nécessaire.

Encore, quand il s'agit d'une activité professionnelle, elle se justifie par son côté alimentaire.
Pour le reste , ...

vendredi 3 juillet 2009

Les huit principes mondains (suite)

Ivan demande quand les huit principes mondains sont dépassés ?
J'en sais rien, moi ! J'suis en plein dedans.

Alors, merci, Ivan, de me tendre la perche. Tâchons de réfléchir de concert.

1) Ca dépend de quoi on parle exactement.
S'il s'agit d'avoir définitivement rejeté tout ça, je suppose que ça requiert d'être arhat, c'est à dire d'avoir éliminé le voile des facteurs perturbateurs.

2) En deçà, il me semble avoir entendu dire et répété que, tant qu'on n'aurait pas surmonté les huit principes mondains grossiers, on ne pourrait pas se targuer d'être un vrai pratiquant bouddhiste (chos pa).
Or, il est également précisé que tant qu'on n'a pas tourné le dos à l'attachement pour cette vie , on n'est pas encore un pratiquant :
tshe 'di la zhen na chos pa min.
Conclusion : tout pratiquant bouddhiste digne de ce nom est censé avoir "dépassé, c'est à dire passablement atténué, les huit principes mondains, tout au moins sous leur forme la plus virulente.

3) Oui, mais il ne faudrait pas oublier que ces fichus principes mondains revêtent plusieurs formes, ou si vous préférez, sévissent à plusieurs niveaux - au moins trois : les noirs (les plus grossiers), les "bigarrés" (ou bicolores), les blancs (fort subtils).
Dans le Lamrim de la lignée du Sud, il y a quelques indications à leur sujet.
Ca pourrait être une bonne lecture pour l'été, non ?


"Autochérissement"

Pour tenter de proposer à Ivan un début de réponse, d'après mes vagues souvenirs, contrairement à l'attachement qui est un facteur mental de type perturbateur (c'est un euphémisme), "l'autochérissement" (rang gces 'dzin) ne figure pas parmi les facteurs mentaux.

Il est donc un mental principal. Ceci entraîne qu'il est a priori de nature neutre, mais qu'il est susceptible de devenir non vertueux ou vertueux en fonction des facteurs mentaux l'accompagnant.
Ainsi, chez le pratiquant qui, par exemple, s'adonne avec foi en le Bouddha à la méditation ou à tout autre exercice pieux, ce par intérêt personnel (pour obtenir une bonne renaissance, pour atteindre la libération, etc.), il y a autochérissement, et il est vertueux.
Ceci dit, il y a là matière à débat : "L'autochérissement peut-il vraiment cohabiter avec des facteurs vertueux tels que la foi ?".

Quand on dit que l'autochérissement naît de l'attachement, il me semble que c'est quand on analyse le processus qui nous maintient dans le samsara : 1. ignorance sous forme de saise du soi, d'où 2. attachement à soi et au sien, d'où 3. autochérissement, etc.

Par ailleurs, il est avancé que l'autochérisement relève du voile à la connaisance (shes sgrib).
A partir de quand ce voile est-il éliminé ?
Les réponses varient selon les systèmes philosophiques : en parallèle avec le voile des klesha (nyon sgrib) selon les uns, après le rejet dudit voile des klesha selon les autres (madhyamika prasangika).

MAIS il est établi que, par définition, tout bodhisattva a neutralisé l'autochérissement !
En début de carrière, il n'en a pas rejeté les empreintes (qui a coup sûr font partie du voile à la connaissance). N'empêche qu'il a troqué l'egocentrisme (l'autochérissement) contre l'altruisme (gzhan gces 'dzin).
C'est cela même qui fait sa spécificité.

jeudi 2 juillet 2009

Au choix

"Mieux vaut être l'objet des critiques de la part de quelqu'un qui sait critiquer que d'être l'objet des louanges de quelqu'un qui ne sait pas louer.", énonça un grand sage tibétain, Sakya Pandita.

A bien y réfléchir, ne nous est-il pas à tous arrivé d'être mortifiés de "compliments" déplacés, sinon diffamants, bien souvent quelque peu méprisants (Cf. Mesdames, pas mal de remarques se voulant gentilles mais foncièrement machistes - ceci n'étant qu'un exemple) ?

Inversement, les "critiques" et autres remontrances de nos Maîtres sont au fond autant de signes des plus encourageants (dans un second temps, et si on réussit à décoder...), car s'ils nous estimaient incapables de faire mieux, ils se contenteraient de nous dorloter.


Chercheurs d'or

En plein XIème siècle, Atisha mettait en garde des disciples tibétaines :
"N'allez pas écouter des Enseignements du Dharma auprès de personnages venus au Tibet juste pour chercher de l'or."

Pour les Indiens de l'époque, le Tibet était en effet l'Eldorado local, avec ses précieuses mines d'or, argent et autres gemmes. S'il y eut pas mal de pandits authentiques pour venir au Pays des neiges afin d'accomplir le bien des descendants d'Avalokiteshvara et de la démone des rochers*, bon nombre de personnages moins recommandables jouèrent les pseudo-maîtres pour se remplir les poches aux frais de disciples trop crédules.

Aujourd'hui, le Dharma est arrivé chez nous, à l'Ouest. Et inévitablement des "chercheurs d'or" aussi. Bon, d'accord, il faudrait plutôt parler d'euros ou de dollars, mais la morale de l'histoire demeure pareille, et le conseil d'Atisha n'a rien de suranné.

* Selon la cosmogonie indigène, les Tibétains seraient issus de ces deux personnages.
Ils tiendraient donc leurs qualités de leur père (bien sûr) et leurs défauts de leur mère (ben voyons).