samedi 7 août 2010

Mort et naissance

Les 12 liens interdépendants (loi de production conditionnée - Skt. pratîtyasamutpada), points ô combien fondamentaux dans le bouddhisme, décryptent entre autres les relations, parfois surprenantes, entre les karma et leurs résultats.

Vous connaissez, je suppose, les douze liens.
Toute série de 12 liens commence avec l'ignorance, qui pousse dans une vie x à accumuler un karma d - souillé par elle, et éventuellement par d'autres facteurs perturbateurs. Cela aboutit, dans une vie y ou z - car une série de 12 liens ne peut en aucun cas se dérouler en une seule et unique vie - à une nouvelle naissance déterminée par ce karma d, à la condition sine qua non que ledit karma ait été porté à maturité par la soif * et l'avidité** (encore et toujours l'attachement).

L'enchaînement vaut le coup d'oeil.
Par exemple, selon cette vision typiquement bouddhiste des choses, quand un karma introducteur à une nouvelle naissance dans le samsara est venu à maturité, il ne peut plus ne pas donner son résultat : cette nouvelle renaissance, ce qui entraîne la fin de la naissance en cours - la mort, pour parler clairement.
Ainsi, ce n'est pas parce qu'on meurt qu'on renaît. C'est parce qu'on a à renaître qu'on meurt (il y a bien sûr d'autres facteurs qui interviennent, tels que l'éventuel épuisement du karma b qui avait déclenché cette naissance x).
"Amusant", non ?
Les effets de l'attachement seraient passionnants s'ils n'étaient pas aussi dramatiques.

Toujours est-il que c'est pour des raisons de ce genre que le Bouddha a enseigné que, au sein des innombrables maux du samsara, le pire est la naissance, car elle est porteuse du reste.
On retrouve par conséquent cette présentation des choses dans les traités bouddhistes, y compris les lamrim.

* Par convention, on appelle "soif" (tib. sred pa) l'attachement qui porte sur les sensations (souillées, bien sûr), agréables, désagréables ou neutres.
** Par convention, on appelle "avidité" (
tib. len pa) l'attachement consécutif à la soif et qui qui porte sur d'autres objets que les sensations.

vendredi 6 août 2010

Test

Bon, d'accord, pour se targuer de pratiquer le Dharma, il faut et il suffit de surmonter (d'abord ponctuellement puis continument : Paris ne s'est pas construit en un jour) l'attachement aux choses de cette vie.

Oui, mais notre esprit, ou plus exactement nos facteurs perturbateurs ont plus d'un tour dans son sac. Et comme ils nous mènent par le bout du nez depuis des temps sans commencement, ils ne vont pas s'avouer vaincus si vite.
Une parade, efficace, à nos efforts de pratiquants novices, sera de nous faire croire, que oui, ça y est, nous sommes devenus de bons petits pratiquants, au-dessus des contingences et autres hochets de ce bas monde.

Il nous faut donc des trucs pour tester notre toute nouvelle remarquable élévation spirituelle.
Une possibilité, ici, est de nous confronter au miroir des huit "principes mondains".

- Restons-nous de marbre quand on nous annonce un gain, ou une perte ?
Pour quelques centimes, nous allons sans doute tenir le coup, mais pour de grosses sommes ?
- Accueillons-nous d'un front impavide bonheurs comme malheurs ?
Si nous sautons au plafond de joie à une bonne nouvelle, pour nous effondrer à une mauvaise, c'est que ce n'est pas encore au point.
- Conservons-nous notre belle sérénité à l'ouïe de tous propos, désagréables comme agréables ?
- Louanges et critiques ne suscitent-elle plus en nous la moindre réaction ?
(NB Le test n'est significatif que si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, bien sûr, et c'est plus compliqué qu'il n'y paraît).

Précisons qu'il ne s'agit nullement de devenir insensible et indifférent.
Le challenge est d'expulser manu militari l'attachement et ses acolytes, pour faire place nette à l'amour, la compassion et autres vertus.

La pratique du Dharma

Voyons, que faire pour pratiquer ?
S'adonner à de longues méditations ? Multiplier les prosternations et circumambulations ?
Faire force dons et offrandes ?
Mouais, pourquoi pas, mais de telles activités ne sont pas forcément des pratiques du Dharma. Pas si simple.

La frontière entre "pratique" et "non pratique" n'a rien, mais rien à voir avec les activités en tant que telles.
Comme d'habitude, c'est en tout et pour tout une question d'état d'esprit.
Tant que persistent "les apparences et l'attrait de cette vie" (tshe 'di'i snang zhen), en termes plus simples l'attachement aux choses de cette vie, notamment aux joies et privilèges, il n'est point encore de pratique.
La pratique débute à l'instant où l'attachement aux seuls plaisirs de cette vie est enfin mis en veilleuse.

Comme il faut bien commencer par quelque chose, en tant que débutant complet, comme on n'a pas encore réalisé ce premier aspect du renoncement, que faire en vue de générer une répulsion totale et entière à l'égard de ces leurres dangereux et pernicieux que constituent les bonheurs de la vie présente ?
Il faudrait s'astreindre à observer l'inanité desdits bonheurs.
Plus facile à dire qu'à faire - surtout en période de vacances.

NB Pas de malentendu, surtout. Le bonheur n'est nullement incriminé.
C'est l'attachement qui est mis en cause.

Peur de la mort

Dans les traités bouddhistes, il est recommandé - instamment - de penser et repenser à l'impermamence, en premier lieu sous son aspect létal, faute de quoi, pétri de la conviction que la vie (actuelle) est belle (bof) et pérenne, on s'y installe et on ne prépare pas la suite.

Pas bien gai comme cogitations estivales, certes. Mais réaliste.
Faut d'ailleurs y penser jusqu'à avoir la trouille, pour parler crûment.
Mais attention, paniquer à l'idée de tout perdre : richesses et famille, n'est pas le signe d'un pratiquant du Dharma. C'est le lot commun de n'importe qui (de censé).

Non, la peur salutaire, celle qui incite à laisser tomber le superflu pour se consacrer à l'essentiel : la pratique du Dharma (attention, au sens réel), c'est la peur de ne pas trouver / prendre le temps, avant de mourir, d'assez pratiquer pour se mettre à l'abri au minimum du risque de renaître dans les "royaumes inférieurs", bref dans les états infortunés.

Le pire

C'est quoi, le pire ?
La maladie ? La vieillesse ? La mort ?

Non, non.
C'est la naissance.
Car elle est cause de tout le reste.
(Voir dans Grand Lamrim, ou autres exposés de la Voie, pour plus amples explications).

mardi 3 août 2010

Bonne foi

D'avoir fait allusion à la bonne foi dans l'article précédent a fait émerger en ma mémoire défaillante le souvenir gênant de perceptions totalement fausses que j'eus naguère, mais (cette fois là) en toute bonne foi.

Cétait à l'époque où un charmant jeune voisin âgé d'environ 14 ans étudiait avec une ardeur admirable ... la batterie, dans un hangar au fond du jardin familial. Je m'exhortais à la patience en me répétant que l'inévitable impermanence a aussi de bons côtés. Ca devrait prendre fin un jour (mouais, mais il est passé à d'autres instruments pas toujours beaucoup plus mélodieux).

N'empêche qu'à un certain moment, je me rappelle avoir pesté contre lui parce que, quand même, jouer comme ça, encore plus bruyamment, et cette fois depuis l'intérieur de la maison (nos humbles chaumières étant mitoyennes), franchement il exagérait, estimais-je.

Ce, jusqu'au jour (au bout d'une semaine, ou deux) où je me suis aperçue que cette nouvelle source de nuisance sonore particulièrement pénible n'était autre que ... ma vétuste machine à laver, dont le tambour bien nommé déraillait à qui mieux mieux.

Après ça, même une fois toute honte bue, allez donc faire confiance aux perceptions qui vous viennent, pour convaincantes qu'elles semblent être.

Débats dialectiques

Je suis moi quant à moi inexpérimentée dans cet art subtil, qui requiert d'avoir auparavant pris le temps d'étudier les systèmes dont on fait état (sinon, on risque de leur prêter des opinions peu "orthodoxes", si j'ose dire).

J'ai juste retenu quelques conseils prodigués au fil des Enseignements par mes Maîtres (qui s'adressaient, il est vrai, à des novices tels que moi) :

- prendre soin de systématiquement préciser à quel système on fait référence ;

- lors de l'étude d'un système, dans un premier temps, faire en sorte de le comprendre "de l'intérieur", en vue de discerner sa cohérence interne.
Cela n'oblige en rien à y adhérer, et il sera temps, une fois qu'on aura compris ses rouages, de le réfuter si on le souhaite. De connaître ses méandres facilitera alors grandement la tâche car on pourra anticiper les pièges ou contre-attaques.
(Ceci dit, croyez-moi, il est bien difficile de mettre en veilleuse la bonne (hum) vieille habitude de tout de suite discutailler, sport national oblige.)

Autrefois, en Inde, à Nalanda ou à Vikramashila, c'étaient les pandits les plus érudits qui se tenaient aux portes du monastère pour soutenir les défis lancés par leurs confrères hindouistes. Les enjeux étaient de taille : le vaincu était tenu de "se convertir" à la tradition du vainqueur. Et pas seulement lui, avec toute sa communauté !

La raison d'une telle obligation à allure tyrannique était ... la bonne foi : si lors d'un débat logique entre x et y, y démontre à x qu'il s'est fourvoyé, à la condition que x soit honnête avec lui-même, il ne pourra que se rendre aux arguments de y.
D'un autre côté, il y a là de quoi inciter et x et y à bien étudier et réfléchir avant de se lancer dans des joutes sinon par trop hasardeuses.

Au fond, les équipes de football qui passent au crible les techniques de leurs honorables adversaires s'inscrivent dans ce genre de démarche. Et il n'est pas impossible qu'en politique, certains fassent de même.
Avec une parfaite bonne foi, de bien entendu.

lundi 2 août 2010

Dénominations

"Quelle incidence pourrait bien avoir la dénomination d'un existant permanent ? " demandez-vous, Cher Patrick.

A question, question(s) et demie.
Mais pour ne pas partir dans tous les sens*, je propose que nous nous cantonnions ici au système madhyamika prasangika. Vous savez, celui qui pose que "les existants ne sont que de simples dénominations" (ming gis btags pa tsam).
Dans une telle perspective, existerait-il des existants qui ne soient point dénommés**?
Ou encore, un objet non dénommé serait-il existant ou inexistant ?
Quelque chose d'inexistant, comme par ex un "je indépendant", est-ce dénommé ou pas ?
Ce qui n'est pas dénommé peut-il être objet d'une quelconque perception ?

* Selon la tradition de la logique bouddhiste, il faut tout d'abord préciser dans quel système de pensée on s'inscrit, ou encore sur quel système on fonde son argumentation. Car quand on s'amuse à mélanger toutes les traditions sans prévenir, on peut sans aucun doute prouver tout et son contraire, mais ce n'est satisfaisant que sur le plan strictement intellectuel.

Exemple tiré du bouddhisme : "exister ou pas de son côté".
Sans entrer dans les détails, selon les Vaibhashika, tous les existants existent de leur propre côté. Selon les Cittamatrin, certains existants oui, d'autres non. Selon les Prasangika, aucun existant n'existe de son propre côté, par définition.
Si on omet de stipuler que les arguments que l'on avance relève de tel ou tel système, on risque de
sombrer dans l'absurde.
En revanche, du moment que l'on soit clair et précis, l'on peut jongler tant que l'on veut avec des opinions
multiples et variées. Un intérêt est de découvrir de nouvelles facettes à ce qui pouvait sembler simpliste au départ, et donc - qui sait - de se remettre en question, soi et ses certitudes.


** Dans les raisonnements de ce genre, il est sous-entendu : ... pas dénommés par personne - y compris les Bouddhas. Sinon, il est évident que certains objets ne sont pas dénommés pour/par tout le monde (animaux, nouveaux nés, etc.), mais ça ne prouve rien, ou pas grand chose.

mercredi 28 juillet 2010

Passé, présent, futur

La notion de temps (dus en tibétain) est loin d'être facile, et au sein des philosophes bouddhistes, on trouve diverses opinions à ce sujet.

D'une manière générale, le temps est classé parmi les phénomènes composés ni forme ni esprit, aux côtés de la vie, etc.

Le (temps) présent est consensuel : phénomène impermanent.
D'ailleurs, c'est évident : à peine pense-t-on à un (phénomène) présent qu'il est fini, passé.

Passé et futur : c'est là que les avis divergent.
Pour les uns (majoritaires), passé et futur sont à mettre sans réserve au rang des existants permanents.

Les prasangika sont d'un autre avis, pas facile, facile à pénétrer.
Pour juste effleurer la question, les prasangika font remarquer que seuls les phénomènes impermanents sont causes et résultats (Cf. liste des synonymes de l'autre jour).

Un existant permanent est certes dépendant de certains autres existants, à commencer par la dénomination qui lui est décernée, par la perception qui l'appréhende et le conçoit, par l'individu qui opère cette perception, etc. Mais il n'en résulte pas, et n'est la cause de rien.
D'accord, il peut être objet de perceptions, mais il n'est pas pour autant une cause productrice d'autre chose.
(Qu'existe une relation de dépendance entre la perception et son objet, cela crève les yeux.
Une relation causale ? A réfléchir. En tenant compte des différents types d'objets - apparaissants, conçus, visés, etc. ; et en n'oubliant pas que les images mentales sont permanentes, et donc ne sont pas des causes.
Bien évidemment, ici aussi, les réponses varieront en fonction des systèmes de pensée.)

Toujours est-il que certains phénomènes du passé ont des répercussions non négligeables par la suite, poursuivent nos philosophes. Parfois longtemps après.
C'est donc que soit ils ne sont pas permanents, soit quelque chose d'impermanent a subsisté, ou est apparu lors de leur disparition.
Et c'est là que ça se complique.
Voir la suite avec quelqu'un de plus compétent que moi.

mardi 27 juillet 2010

Lamrim, partout

Quelle est la nature de l''Enseignement du Bouddha ?

Du point de vue philosophique, la première réponse est que l'Enseignement, en tant que la méthode énoncée il y a dans les 2600 ans en arrière, relève des phénomènes composés, plus particulièrement de la forme, et en fait du son (objet de perceptions auditives).

En tant que le sens exprimé par les mots (vous savez, en linguistique, on parle de "signifié" et de "signifiant"), on peut le décrypter dans les Soutras (issus du Bouddha) ou dans les shastra - traités et commentaires ultérieurs.

Plus généralement, du moment qu'on ait des clefs à disposition, tout devient éloquent ; tout (en ce bas monde) expose, décrit, confirme, illustre l'Enseignement.

Tenez, ces quelques citations :

« Qu’est-ce que la vie ? Une halte dans l’antichambre de la mort. »
« Les amis d’aujourd’hui sont les ennemis de demain. »
« Il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout .»

De quel lamrim sont-elles tirées ?

Euh ! Eh bien, ... d'un roman d'Alexandre Dumas.

Pour s'amuser :
A quelles sections du lamrim peut-on rattacher les trois citations ci-dessus ?

vendredi 23 juillet 2010

Empreintes

Je ne viens pas vous entretenir des empreintes (rjes) recherchées par Sherlock Holmes et consort, mais plutôt des "empreintes" (bag chags) - karmiques ou autres - en tant potentialités (nus pa) laissées dans l'esprit par des perceptions prenant fin.

Ben oui, toutes les empreintes, même de la catégories bag chags, ne sont pas "karmiques", tant s'en faut.
Seuls les karma, en tant que facteurs mentaux omniprésents volitions, déposent en se dissipant des empreintes karmiques. Ce qui fait déjà beaucoup.
Mais les autres composantes des perceptions laissent également leurs empreintes.

Est-ce que toutes les perceptions laissent derrière elles des traces, c.a.d. des empreintes ?

Laisser des empreintes signifie déposer des potentialités en mesure de produire ultérieurement des résultats, notamment la capacité de se souvenir ensuite de l'objet pris en compte.
Par ex, la perception visuelle d'une fleur jaune ayant laissé des empreintes, il s'ensuit que plus tard on peut (éventuellement) se souvenir de cette fleur jaune.

Autrement dit, les perceptions machinales (snang la ma nges pa'i blo) ne laissent pas d'empreintes.
Mais les autres, ...

Perceptions ? Attention, danger !

jeudi 22 juillet 2010

Cause et résultat

Bien que tout phénomène composé soit également cause et résultat, il va sans dire - mais disons-le quand même - qu'en aucun cas, un phénomène composé x ne pourrait être à la fois la cause et le résultat du phénomène composé y ! De même que le phénomène composé y ne pourrait pas être à la fois la cause et le résultat du phénomène composé x.

Comment une graine x pourrait-elle être à la fois la cause et le résultat d'une plante y ?
Comment une plante y pourrait-elle être à la fois la cause et le résultat d'une graine x ?
En revanche, la graine x peut être cause de la plante y, et le résultat de la plante w.

Cela va se vérifier pour nos qualités et défauts, pour nos expériences, agréables et désagréables, etc : chacun sera sans doute et cause et résultat, mais pas d'une seule et même chose.
Par exemple, un mal de tête : c'est un phénomène composé, issu de causes et conditions.
C'est aussi un phénomène impermanent (ouf !).
Il est par ailleurs à la fois cause et résultat.
Oui, mais cause de quoi ? Eh bien , par exemple, cause complétive de colère... Et donc cause d'un mauvais karma. Et donc de ses éventuels conséquences. Cause consubstantielle de douleurs ultérieures. Cause directe de ceci ; cause indirecte de cela.
Ainsi, il pourrait aussi être cause de compassion - envers les autres malheureux en proie à la souffrance. Ou cause de générosité. Cause de patience. Cause de retard. Cause d'économie (trop mal à la tête pour manger, ou pour boire). Cause d'échec à un examen (pas pu réfléchir au sujet).

Ce mal de tête est aussi résultat.
De quoi ? Par ex, d'un mauvais karma antérieur. Et pourquoi pas, de la purification de karma mauvais, atténués grâce à la bénédiction des Maîtres et des Bouddhas. Ou encore résultat d'une exposition exagérée au soleil d'été. Ou de la consommation de trop de nourriture, de trop d'alcool. De l'ingestion d'un somnifère. Ou le résultat de l'indigeste lecture de cet article...

En tout cas, par définition, un mal de tête est un phénomène présent, et non passé, ni futur, hélas ! Quand il se produit, il n'a rien d'abstrait ni de virtuel.
Car ce qui est passé ('das pa) n'est plus ; ce qui est futur (ma 'on pa) n'est pas encore : il s'agit d'existants "négatifs" : med dgag, pas susceptibles de directement "faire mal".

Synonymes

Pendant qu'on y est, complétons un peu la liste entamée hier.

Sont donc "synonymes" : phénomène efficient / dngos po ; phénomène impermanent / mi rtag pa ; phénomène composé / byas pa ; cause / rgyu ; résultat / 'bras bu ; agrégat / phung po ; objet apparaissant d'une perception sensorielle dbang shes kyi snang yul ; présent / lta ta ba , etc., etc.

N'est-il pas logique qu'un phénomène impermanent relève du temps présent, et non du passé ou de l'avenir ? Comme vous le savez, par définition, un phénomène impermanent (et donc un phénomène composé, une cause, un résultat, etc.) a une durée d'en tout et pour tout ... un instant.

Bien sûr, il s'agit du temps présent par rapport au phénomène concerné, c'est-à-dire par rapport à son apparition, et en aucun cas du temps présent par rapport au locuteur évoquant ledit phénomène : pour le locuteur, ce phénomène peut relever du passé et du futur, pas forcément du présent.
Par exemple, si nous parlons ensemble de Noël dernier, pour nous, c'est du passé, mais quand il s'est produit, c'est-à-dire quand il était phénomène efficient, ce Noël se situait dans le présent, de l'époque. Pas celui de maintenant.

Question pour s'amuser : dans quelle subdivision des phénomènes se classe Noël ?

mercredi 21 juillet 2010

Métalangage et causes

Ah ! les conventions !

Quand jadis j'ai commencé à mettre le nez dans ds traités de philosophie bouddhistes, ma patience a été soumise à rude épreuve.
Déjà, en tibétain, ce n'est pas toujours limpide, limpide.
Mais en plus, quand on transpose dans une langue comme le français, qui est magnifique mais est soumise à une grammaire et une syntaxe assez contraignantes, ça devient assez stressant.

Tenez, comment interpréter l'affirmation que "phénomène composé (faisons simple), cause, condition, résultat" sont ... "synonymes" (don gcig, littéralement "même sens") ?

Un exemple sera sans doute plus clair qu'un semblant d'explication :
une Maman est un phénomène composé, car elle est née de causes et de conditions. Elle est donc aussi un résultat (de ses causes et conditions, notamment de ses parents). Mais elle est aussi une cause : elle est cause de son/ses enfant(s) - faute de quoi elle ne serait pas une Maman.

Prenons maintenant l'exemple des agrégats :
ils sont des phénomènes composés, nés de causes et conditions, notamment des agrégats qui les ont précédés. Ils sont donc par définition ds résultats. Mais ils sont aussi les causes d'agrégats qui vont leur succéder.

Par rapport aux agrégats consécutifs de même substance qu'eux, ils sont causes consubstantielles. Par rapport à d'autres agrégats, ils sont causes complétives.
Ainsi le facteur mental volition de l'instant "b" va-t-il servir de cause consubstantielle pour la volition de l'instant "c", etc. Il pourra en outre servir de causes complétives pour pas mal d'autres choses : une renaissance en tant que ceci ou cela, etc.
Prenons l'exemple de l'agrégat de la forme (le corps) de l'instant "d" : il est cause consubstantielle de l'agrégat de la forme de l'instant "e", etc., tout en servant de cause complétive pour les autres agrégats : la conscience a besoin d'un support ; certaines sensations sont physiques ; ce qui relève du toucher dépend du plan physique, etc.


Ceci dit, ce n'est pas parce que "phénomène composé", "cause" et "résultat" sont présentés comme "synonymes" qu'il faudrait en tirer des conclusions absurdes.
Un seul et même phénomène est certes de manière générale et cause et résultat. Mais en aucun cas, il ne pourrait être sa propre cause, ni son propre résultat.
Par ailleurs, une cause et son résultat ne sont jamais simultanés (quoi qu'en disent certains philosophes, par ex Vaibhashika).

Des causes 2

Les causes de (résultats à) pleine maturité (rnam smin gyi rgyu) consistent en les vertus et les non vertus, les unes et les autres souillées.
Pour prendre des exemples de chaque catégorie : un karma de tuer ; un karma de donner, etc.

En revanche, les karma neutres ne sont jamais des causes de résultats à pleine maturité, car ils n'ont pas la capacité, ou le pouvoir, de produire de tels résultats.
Ils sont comparés à des graines pourries, incapables de germer.
Voilà qui est important dans le cadre de la pratique ! D'où l'importance de la motivation et de la dédicace.
Italique
Les vertus non souillées ne donnent d'ailleurs pas non plus de résultats à pleine maturité, mais pour une tout autre raison :
elles sont désormais à l'abri de l'arrosage déversé par les facteurs perturbateurs :
c'est en effet ce redoutable klesha qu'est la soif (sred pa) qui renforcent les karma au point de les rendre capables de produire des résultats.
Tout ça pour dire que notre pire ennemi est notre attachement, en dépit ou plutôt à cause de ses aspects doucereux.

NB Dans ce contexte, "souillé" (zag bcas) signifie "avoir un quelconque lien avec les facteurs perturbateurs", que ce soit en tant que cause, résultat ou autres.

Des causes

Il existe toutes sortes de causes (rgyu) : - causes directes ou indirectes ; causes consubstantielles ou complétives, etc.

Les causes consubstantielles (nyer len gyi rgyu) sont les causes qui, principalement, génèrent leurs résultats en tant qu'un même continuum de substance (rang gi rdzas rgyun du gtso bor skyed byed).
Ex : les cinq agrégats souillés.

A l'inverse, les causes complétives n'interviennent pas principalement sur ce plan du continuum de substance.

A noter :
Tout phénomène composé est cause complétive.
Tout phénomène composé pourvu d'un continuum est cause consubstantielle.

Sources d'erreur

Il peut, mais si, nous arriver d'avoir des perceptions non représentatives (c'est à dire "directes" au sens de n'utilisant pas d'image mentale) qui soient erronées.

Selon les cas, l'origine de l'erreur réside dans le support ('khrul rgyu rten la yod pa), dans l'endroit ('khrul rgyu gnas la yod pa), dans l'objet ('khrul rgyu yul la yod pa) ou encore dans la condition immédiate ('khrul rgyu de ma thag rkyen) de la perception incriminée.

Le support ? Ici, il s'agit du sens, cad de la faculté sensorielle : un sens de la vue défectueux peut faire voir double, ou altérer les couleurs, etc.

L'endroit, c'est le point où se situe le sujet percevant : qui, dans un train en marche, n'a jamais "vu" les arbres bouger ?

Pour ce qui est de l'objet, ne suffit-il pas de faire tournoyer un brandon incandescent devant quelqu'un pour que celui-ci "voit" un cercle de feu.

Quant à la condition immédiate d'une perception, vous vous souvenez que c'est la perception immédiatement précédente. Eh bien, quand on dit que la colère nous fait voir rouge, ce n'est pas qu'une figure de style : quand la colère sert de condition immédiate à une perception visuelle, elle peut altérer les coloris perçus...

Puisque tout s'en mêle, comment s'étonner de nos nombreuses impressions fausses ?

samedi 17 juillet 2010

Le bouddhisme, c'est la santé

Le 25 juin, j'ai eu l'honneur et l'avantage de devoir représenter l'UBF à une rencontre organisée par l’Association Française d’Echanges et d’Initiatives, sur le thème prometteur de la "santé publique" !

J'étais censée faire un exposé à propos de "Bouddhisme et santé". Pas évident, croyez-moi.
A mon grand soulagement, les autres intervenants, pourtant beaucoup plus aguerris que moi, ont fait part d'un embarras similaire devant le sujet qui nous avait été proposé.

Il y avait en effet du beau monde cette après midi là, au Sénat :
Autour de Denis Clair, président de l’Association Française d’Echanges et d’Initiatives et animateur de la rencontre, étaient présents le Pr Ruszniewski, chef de service de gastro-entérologie à l’Hôpital Beaujon, Monseigneur Michel Dubost, évêque d’Evry, Hadj-Eddine Sari, professeur au Canada et ancien porte-parole de la Mosquée de Paris, Jacques Halbronn, historien et spécialiste du Judaïsme, Mme Murcovak, conseillère de l’Ambassade de Croatie, Gabriel Goyau, représentant de l’Union Rationaliste, et ... moi.
La synthèse de conclusion fut remarquablement effectuée par le Pr Morère, chef du service de cancérologie à l’hôpital de Bobigny, à qui je tire sincèrement mon chapeau.

Bref, les exposés ayant été enregistrés, si cela vous intéresse, vous pouvez les écouter sur le site de la radio Vivre FM 93.9, en trois parties :

Rencontres de tous les temps du 03/07/10
Rencontres de tous les temps du 04/07/10
Rencontres de tous les temps du 05/07/10

Les objets de perception - suite

Cher Patrick, je ne comprends pas bien, dans votre article, l'énoncé :
"objet saisi : objet qui serait "sujet" de l'objet apparaissant".

Je me demande s'il n'y a pas ici un amalgame avec les deux aspects d'une perception, respectivement appelé "aspect perçu" (zung rnam ; littéralement "aspect saisi" ) et "aspect percevant" ('dzin rnam). En d'autres termes, une perception présenterait simultanément deux facettes, ou remplirait deux fonctions, avec une partie montrant l'aspect de l'objet, et l'autre partie appréhendant cet aspect.
A vérifier.

A noter :
A l'exception des philosophes vaibhashika, tous les autres philosophes bouddhistes admettent que les perceptions même sensorielles n'appréhendent pas les éventuels objets extérieurs constituant leur condition objectale, et ce d'autant plus que, par définition, les causes et conditions précèdent leurs résultats. Les perceptions appréhendent l'apparence - mentale - de l'objet.
Laquelle apparence est conditionnée non seulement par l'objet extérieur, mais aussi (et surtout) par les karma dont le sujet est porteur...

jeudi 15 juillet 2010

Refuge

"Soyez à vous-même votre propre lumière, votre propre refuge, ne cherchez pas d'autre refuge que vous même.", dit le Bouddha.

Les objets de perception

A ce que j'ai retenu à ce jour des Enseignements reçus de mes Maîtres,
en précisant que j'ignore beaucoup de choses, qu'il m'arrive bien souvent de croire à tort avoir compris et qu'en outre, il n'y a pas une seule et unique façon d'appréhender une question, mais plusieurs, en fonction de l'angle, de l'école philosophique prise en référence, etc.

Les indications ci-dessous correspondent à la présentation la plus usuelle, fondée sur le système sautrantika.

Les objets de perceptions relèvent forcément des connaissables (shes bya), et donc des existants (yod pa).

Les objets les plus souvent évoqués sont les objets apparaissants / snang yul et les objets conçus / zhen yul.

Il existe d'autre catégories, bien sûr :
objets saisi / gzung yul (qui équivaut à l'objet apparaissant)
objet introductif / 'jug yul
objet du mode de saisie / 'dzin stangs kyi yul
objet visé / dmigs yul.

Toute perception, représentative comme non représentative, a un objet apparaissant.
Par ex, quand nous voyons la Tour Eiffel, l'objet apparaissant est la Tour Eiffel,.
Quand nous pensons à Tour Eiffel, l'objet apparaissant est l'image mentale de la Tour Eiffel.

Dans la mesure où l'objet saisi équivaut à l'objet apparaissant, toute perception en a un.

En revanche, les objets conçus, introductifs et "du mode de saisie" n'existent que lors des perceptions correctes.

Par ailleurs, seules les perceptions représentatives correctes ont un objet conçu.
Par ex, quand nous pensons à Tour Eiffel telle qu'elle est, l'objet conçu est la Tour Eiffel.
Si nous pensons à quelque chose qui est le pur produit de notre imagination, par une Tour Eiffel en or massif de 500m de haut, il n'y a pas d'objet conçu, pour la bonne raison que le quelque chose qui nous est apparu à l'esprit ... n'existe pas (l'image mentale de ce quelque chose, elle, existe).

Passons à l'objet introductif :
Lors d'une perception non représentative correcte, il équivaut à l'objet apparaissant.
Lors d'une perception représentative correcte, il équivaut à l'objet conçu.
Autrement, du moment qu'on voit la Tour Eiffel telle qu'elle est, ou qu'on y pense sans commettre d'erreur, l'objet introductif est la Tour Eiffel.

Il en va grosso modo de même dans le cas de "l'objet du mode saisie".

Quid de l'objet visé ?
Il consiste en l'objet pris en compte par la perception.
Ainsi, quand nous "voyons" des cornes à un lièvre, l'objet visé n'est autre que les oreilles du lièvre.
Quand nous prenons un bout de corde pour un serpent, l'objet visé est le bout de corde.
Ceci entraîne que la saisie du soi et la sagesse comprenant le non soi ont le même objet visé.

Premier Enseignement du Bouddha

Selon le calendrier lunaire tibétain, nous sommes aujourd'hui le 4ème jour du 6ème mois, jour où l'on commémore le tout premier Enseignement dispensé par le Bouddha Shakyamouni : le Soutra des quatre nobles vérités /'phags pa'i bden pa bzhi - "nobles" au sens de "réalités telles que perçues par les "nobles", alias "arya" (en tibétain : 'phags pa).

Bref, c'est une date très importante dans le calendrier bouddhiste.

jeudi 8 juillet 2010

Saisies de soi et conventions

Pour communiquer, nous sommes obligés d'utiliser ces conventions nominales (c'est le moins qu'on puisse dire) que sont les mots, et si nous ne nous mettons pas relativement d'accord sur le sens que nous leur accordons, bonjour les malentendus.

Par exemple, à propos des "perceptions" (shes pa), d'une manière générale, une perception est une "saisie" ('dzin pa), en ce sens qu'elle saisit, ou appréhende, ou encore voit son objet.

Cependant, souvent, par convention, on emploie le terme "saisie" à propos de perceptions fausses, c'est à dire de perceptions qui se trompent du tout au tout à propos de l'objet perçu par elles.

Un exemple "fameux" (est-ce là un terme idoine ?) est celui de la saisie du soi, sous-entendu un "soi" indépendant des agrégats.
Mais prenons un exemple plus simple, de n'importe quoi d'inexistant, comme l'eau d'un mirage.
A la source de cette perception, quelque chose existe, d'accord, mais ce n'est pas de l'eau.
Or, notre perception visuelle "voit" de l'eau, et la perception mentale qui la continue catalogue son objet comme étant de l'eau.

L'objet "eau" perçu par la perception en question existe-t-il ? Non.

Pourrait-on dire que l'objet, disons l'objet apparaissant, de la perception de l'eau du mirage est la lumière ? Non.
Cf. les définitions des "objets apparaissants (snang yul) et conçus (zhen yul) des perceptions"

Il suffit maintenant de faire le même raisonnement à propos de la saisie du soi.
Il n'est donc sans doute pas possible d'avancer que l'objet de la saisie du soi consiste en les agrégats.
L'objet de la saisie du soi est, ou plutôt serait le soi tel qu'il apparaît alors, c'est à dire quelque chose qui justement n'a aucun lien avec les agrégats.
En d'autres termes, le soi auquel il est fait allusion dans l'expression "saisie du soi" relève des "inexistants" (med pa). Tandis que les agrégats relèvent des existants composés.

dimanche 4 juillet 2010

La saisie du soi

Comment caractériser "la saisie du soi", en tibétain bdag 'dzin, Cher S. L. ?

Le seul moyen de résoudre cette question pertinente est de vérifier systématiquement les possibilités et les impossibilités, en se posant un certain nombre de questions, inspirées par les différentes classifications de perceptions traditionnellement admises dans la philosophie bouddhique.

La saisie du soi est-elle ou non une perception ? Oui, selon le bouddhisme.
Ceci étant posé, je vous laisse réfléchir aux questions suivantes, car il n'y aurait pas le moindre intérêt à fournir les réponses.

Parmi les classifications binaires des perceptions,
La saisie du soi est-elle une perception avérée (tshad ma pramana) ou non avérée (tshad min gyi shes pa) ?
Est-elle une perception représentative (rtog pa) ou non représentative (rtog med kyi shes pa) ?
Est-elle une perception inexacte ('khrul shes) ou exacte (ma 'khrul pa'i shes pa) ?
Est-elle une perception sensorielle (dbang shes) ou mentale (yid shes) ?
Est-elle un mental principal (une conscience / sems) ou un facteur mental (sems byung) ?

Parmi les sept types de perceptions,
Peut-elle être une perception directe (mngon sum) ?
Peut-elle être une perception avérée discursive (rjes dpag) ?
Peut-elle être une perception précaire (yid dpyod) ?
Peut-elle être une perception machinale (snang la m nges pa'i blo) ?
Peut-elle être une perception avérée consécutive (dpyad shes) ?
Peut-elle être une perception fausse (log shes) ?
Peut-elle être une perception dubitative (the tshom) ?

vendredi 2 juillet 2010

Des perceptions 3

"Les perceptions sensorielles de l'Arya sont-elles différentes des nôtres" ?

Il m'est difficile de répondre car je ne suis pas arya. Mais cela n'empêche pas de réfléchir à la question.

Peuvent-elles être strictement identiques ?
Il faut ici tenir compte de la distinction entre les Aryabuddha et les Arya pas encore Bouddhas.
Dans le cas des Aryabuddha, par définition omniscients, les perceptions ne sont plus limitées, ce qui entraîne qu'elles ne sont plus non plus "spécialisées" : à leur propos, il n'est plus pertinent de parler de perceptions visuelles, auditives, olfactives, gustatives, tactiles et mentales distinctes, toutes les perceptions incluant désormais les six aspects. La différence est donc énorme.

En revanche, en-deçà de l'état de Bouddha, les êtres, même arya, ne peuvent qu'avoir des perceptions spécialisées par catégorie d'objets.

On peut cependant concevoir quelques nuances selon les niveaux atteints ou non :
par exemple, une fois que le voile des facteurs perturbateurs est dissipé, et que la personne concernée est devenue un Arhat, elle n'a désormais plus que des perceptions pures (dag pa), etc.

Par définition, un Arya est quelqu'un qui a obtenu la compréhension directe du non soi (ou si vous préférez, de la vacuité).
Voilà qui a sans doute un certain impact sur les perceptions sensorielles de l'Arya : même si jusqu'à un certain stade, les objets perçus continuent à montrer une fallacieuse apparence de réalité, il n'est plus dupe.
Et cela aussi, c'est une différence de taille.

Des perceptions 2

En réponse à Patrick, eh bien oui, seules des perceptions "mentales" peuvent appréhender les objets non matériels, tels que le non soi mais aussi l'amour ou encore l'impermanence : de tels objets échappent aux cinq sens.

Pour résumer, les objets que peuvent appréhender les perceptions visuelles, auditives, olfactives, gustatives et tactiles, peuvent aussi être appréhendés par des perceptions mentales. Ainsi pouvons-nous penser à une fleur, un chant d'oiseau, une mauvaise (ou une bonne) odeur, un fruit sucré, un tissu soyeux, etc.

L'inverse n'est pas vrai : pas mal d'objets de perceptions mentales, en fait tous les phénomènes qui ne sont pas concrets, ne sont pas du ressort des perceptions sensorielles. Ainsi ne pouvons-nous pas voir la vacuité, ni l'entendre, ni la sentir. "Seulement" y penser.

lundi 28 juin 2010

Des perceptions

Suite à une question posée par P. C., les perceptions peuvent être subdivisées (entre autres) en
- perceptions sensorielles et mentales (dbang shes / yid shes) ;
- perceptions représentatives ("indirectes", au sens de "avec image mentale") et non représentatives ( = "directes", au sens de ""sans image mentale") (rtog pa / rtog med kyi shes pa).

Toutes les perceptions sensorielles sont non représentatives .

En revanche, les perceptions non représentatives ne sont pas obligatoirement sensorielles.

Il existe des perceptions mentales qui sont non représentatives.

C'est le cas, par ex, des perceptions mentales non représentatives des arya, mais les êtres en-deçà de l'état d'arya en ont également :
par définition, toute perception sensorielle est suivie d'une perception mentale non représentative, qui permet (et elle seule) de nommer l'objet perçu.

Il y a encore d'autres exemples de perceptions mentales non représentatives chez les êtres non arya, mais il faut en laisser pour d'autres occasions...

jeudi 24 juin 2010

De la souffrance

«L a souffrance est partout, et la souffrance n’est pas désirable. » Voilà, en très, très résumé, le constat de base qui a présidé au mariage des sciences cognitives et du bouddhisme.

Voir la suite dans cet article du Point :

Le bouddhisme au secours de la médecine, actualité Société : Le Point

mardi 22 juin 2010

Prendre refuge sur F2

    • Sagesses bouddhistes F2
    • Dimanche 27 juin 2010

Prendre Refuge ou « la prise de refuge »

Invité : Vénérable Dagpo Rimpoché

« Prendre refuge » conduit d’une façon solennelle l’entrée de la personne dans la voie du bouddhisme et le respect de ces préceptes. Une voie et un engagement choisis librement.

mercredi 9 juin 2010

Has been

Vous connaissez ce résumé désabusé du grand Maître Goungthang Rinpoche, en réponse à des disciples qui le pressaient de narrer sa biographie ?

"Pendant les 20 premières années de ma vie, je n'ai pas même pensé au Dharma.
Pendant les 20 suivantes, je me suis dit qu'il faudrait que je le pratique un jour.
Les 20 dernières années, j'ai amèrement regretté de ne l'avoir jamais pratiqué (et de ne plus en être capable).
Tel est le récit de ma vie !"

Bien évidemment, il ne s'agissait pas de sa vie à lui, mais de ... la mienne, je le crains.

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais j'ai l'impression que ma vie aura été partagée en deux périodes consécutives qui se sont enchaînées sans le moindre intervalle :
il n'y a pas si longtemps (hum !), on me disait : "Tu es trop jeune - pour faire ceci ou cela, pour savoir ceci ou cela."
Désormais, on me dit, ou on me fait comprendre avec plus ou moins d'égards : "Tu es trop vieille - pour faire ceci ou cela, pour comprendre ceci ou cela."

Dites, vous, cela vous est arrivé , d'avoir le bon âge ???

Samsara illustré

"Par hasard", ou en traduction bouddhique : par un concours de circonstances ne devant rien au hasard (le pauvre, que pourrait-il y faire, lui qui n'existe pas ?) et tout aux karma (les miens, forcément), j'ai vu hier soir un bout d'émission à propos de l'Appel du 18 juin (1940).

Sous l'éclairage du Dharma, des faits naguère étudiés à l'école prennent une toute autre dimension.
"L'Histoire, ou les inconvénients du samsara illustrés." Magnifiquement. Tragiquement.
La loi de causalité à l'oeuvre, à chaque instant, impitoyablement. C'en serait presque risible si ce n'était pas si triste, et si douloureux.

12 juin 2010

Le samedi 12 juin 2010 coïncide, selon le calendrier tibétain, au 30ème et dernier jour de la 4ème lunaison, c'est à dire de Sagadawa - du Vesak, si vous préférez. Je ne vous ferai pas l'injure de vous rappeler que c'est le mois qui commémore la naissance, l'Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni.

C'est l'occasion à ne pas manquer (sinon, va falloir attendre onze mois) d'accumuler plein de mérites facilement : tout karma positif accompli durant ce mois éminemment bénéfique est multiplié par 100 000.

Eh oui, il y a des jours plus porteurs que d'autres, paraît-il.

Quelle vie !

Ca fait un bout de temps que je n'ai pas posté de billet : je suis débordée.
Par les activités de l'UBF principalement.

Quand je pense que le Baba de la bonne pratique est d'avoir peu d'activités : bya ba nyung ba. C'est complètement raté en ce qui me concerne, en tout cas pour le moment (restons optimiste).

Outre la modération en les activités, la modération en les désirs - 'dod pa chung ba - est également recommandée. C'est pas gagné non plus.

Ah oui, si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, n'hésitez pas à venir patauger dans la boue avec nous à la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

En plus, il y aura un concert de musique classique dans la Pagode même à partir de 18 h 30.
Je ne sais pas si l'acoustique va suivre, mais au moins, le décor sera original :
vous pensez, une case royale camerounaise datant de l'exposition coloniale de 1931, métamorphosée en "pagode bouddhiste" par arrêté municipal (ou presque).
C'est pas tous les pays qui ont une pagode aussi atypique. Seulement la France. Seulement Paris. (C'est bien notre veine ! Ah ! s'ils avaient eu la bonne idée de conserver le pavillon cambodgien, reproduction d'un temple d'Angkor... ).

Bref, pour consulter le programme des festivités :

Les 12 et 13 juin 2010 Fête du Bouddhisme à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

Les tarifs sont un peu chers, mais c'est pour une noble cause : rafistoler (un peu) le patrimoine de la Ville de Paris.

lundi 24 mai 2010

« Veillée des Lumières » le 27 mai


Rappel :

Pour célébrer la fête du Vesak, qui commémore la naissance, l’Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni, une soirée d’offrande de lumières est organisée par l'UBF le jeudi 27 mai à la Pagode de Vincennes.

Ouverture au public de 18h à 22h

NB Vous pouvez apporter des fleurs, du jardin ou autres, dès 14 h 30. Par ex, pour confectionner des guirlandes, décorer l'autel, etc.

Pour préparer et disposer les lieux, les bénévoles seront également les bienvenus dès 14 h 30.

De 18h à 22h, la Veillée s’articulera autour de méditations et de cérémonies célébrées par les diverses écoles bouddhistes présentes, avec offrandes de bougies et de fleurs.

jeudi 20 mai 2010

Apocryphes

Le bouddhisme n'y a bien sûr pas échappé.

D'aucuns disent que l'Inde serait la championne en traités* (Tengyour) apocryphes, la Chine celle en soutras apocryphes et le Tibet le leader en tantras non moins apocryphes.

D'où l'importance des lignées de transmissions, et aussi du discernement.


* Les noms de Nagarjuna, Asanga et de leurs pairs auraient souvent reservi...

mardi 18 mai 2010

Les revirements de l'histoire

A quoi bon prendre parti ?
Ce qui est vrai aujourd'hui peut être faux demain, et inversement.

Prenons l'exemple de l'école tibétaine des Jonangpa, à laquelle appartint l'illustre Taranatha (qui serait mort en prison).
Après avoir été proscrite par le Grand Cinquième (Dalaï-Lama - 1617-1682), elle a retrouvé pignon sur rue par les faveurs de Sa Sainteté, le 14ème et actuel Dalaï-Lama :

Jonang religious tradition launches office in Dharamsala

A comparer avec ce qu'en dit cet autre article :
Jonang - Wikipédia

Comme quoi les voies du Seigneurs sont impénétrables.
Et habiles sont les moyens des Maîtres pour (tenter de) nous faire comprendre la vanité des phénomènes conventionnels.


De la relativité des notions

Long ou court ? Eh bien, ça dépend des critères du moment.

Voici un lien vers un article qui illustre, entre autres, le caractère relatif de pas mal de notions usuelles.

La naissance d'une étoile massive, une énigme cosmique

A rapprocher aussi de ce que dit le bouddhisme à propos de la formation d'un monde.

Discerner le bien et le mal

Voici un lien vers un article intéressant à l'éclairage des Enseignements du Bouddha à propos de l'esprit et des différents facteurs mentaux - Cf. "l'identification" au sein des cinq facteurs qualifiés d'"omniprésents"* car nécessaires pour toute perception, ou encore activité mentale :

Les bébés sauraient faire la différence entre le bien et le mal dès l’âge de 6 mois


* Sensation, contact, identification, volition (alias karma), attention.

lundi 17 mai 2010

Le Tibet sur Arte

Théma le dimanche 23 mai à partir de 20h40



"Tibet : l'avenir en exil".

20h40 : "Tibet : l'avenir en exil"

20h45 : "Kundun", de Martin Scorcese

22h55 : "Les orphelins du Tibet"

-> http://www.tibet-info.net/www/Soiree-Tibet-Thema-23-mai-ARTE-TV.html

Les sciences "modernes" au monastère

30 monks graduate as science teachers in monasteries

vendredi 14 mai 2010

Sagadawa ou Vesak

Selon le calendrier lunaire asiatique, nous sommes aujourd'hui le 1er de la 4ème lunaison, dénommée "sagadawa" en tibétain.

Nous entamons un mois des plus importants pour les bouddhistes, avec comme point culminant la pleine lune - le 27 mai : commémoration de la naissance, de l'Eveil et du parinirvana du Bouddha Shakyamouni.

Il est dit que tout acte vertueux (et, je le crains, tout acte non vertueux aussi) est démultiplié en une telle période de l'année. C'est pour cela que nombre de bouddhistes asiatiques d'ordinaire carnivores adopte un régime végétarien tout au long de ce mois. C'est aussi pour cela que des célébrations du Vesak vont se succéder dans les pagodes jusqu'au début juin.

mercredi 12 mai 2010

Concert de musique de chambre en soutien à l’UBF

Le 12 juin 2010 à partir de 18 h 30, à la Grande Pagode du Bois de Vincennes


Dans le cadre de la Fête du Vesak, et à l’occasion de la Fête du Bouddhisme des 12 et 13 mai à la Grande Pagode de Vincennes

Concert en soutien à l’UBF pour participer à des travaux (urgents) de rénovation de la Pagode et annexes.

Un grand merci aux artistes, pour leur gracieux concours.

NB On cherche un piano en prêt, de préférence 1/4 de queue, ou "crapaud".

___________________________________________________________________

- Entrée plein tarif : 30 €
- Couple : 50 €
- Entrée de soutien : à partir de 50 €
- Enfant moins de 15 ans : entrée libre
- Chômeurs-étudiants : 13 €
- Tarif groupe (partir de 10 personnes) : 2O € par personne


Programme

Un programme musical qui voyage dans le temps entre le XIIème siècle et le XXIème siècle de musique occidentale et avec 2 créations mondiales.
    • 1ère partie (38 mn)

- Trio à cordes (Raphaël Nartop, Noé Nartop et Manon Tenoudji)

Schubert trio à cordes en si bémol (10 mn)

- Piano ( Alexandre Bodak)

  • Schubert Impromptu opus 90 n°4 (7mn)
  • Chopin Nocturne opus 15 n°2 (très peu connu) 3mn30

- Quatuor vocal (Florence Schiffer, soprano ; Hervé Mailliet, contre-ténor ; Pierre Bourhis, ténor ; Gaël de Kerret, basse) Durée 18mn

* extrait du Livre Vermeil de Montserrat : O Virgo splendens (canon) * Manuscrit de Montpellier, 13ème siècle : Alle Psallite cum luya * Prophéties des Sybilles (VI, XI, XII) de Roland de Lassus * Salve Regina de Josquin des Prés

    • 2ème partie (43 mn)

- Cantate 106 ( duo Hervé Maillet : contre-ténor et Pierre Bourhis : ténor) "In deine Hände – Heute wirst du mit mir in Paradies" de Bach.

- La Flûte enchantée : air de Sarastro "O Isis und Osiris" (Gaêl de Kerret : basse) de Mozart (au piano Florence Schiffer).

- Trio à cordes (Raphaël Nartop, Noé Nartop et Manon Tenoudji) Suite et fin du Trio de Schubert en si bémol (10 mn)

- 2 Mélodies hébraïques ( Florence Schiffer : soprano) de Ravel ( Alexandre Bodak au piano).

- Piano ( Alexandre Bodak)

  • Debussy : Jardins sous la pluie (3mn45)
  • Magin : Kujawiak (2mn)
  • Villa Lobos : Valsa da Dor (4mn)
  • Eric Pruvost : Thukpa (4mn) création mondiale

Finale

une création mondiale jouée par tous les artistes

Franck Natan "De la Fange à la soie" (7mn)


Vesak à la Pagode d'Evry

dimanche 2 mai 2010

Vesak 2010 à Paris

Si vous avez du temps le jeudi 27 mai entre 18h et 22h,venez donc vous joindre à nous pour cette exceptionnelle célébration du Vesak à la Grande Pagode du Bois de Vincennes.

"Exceptionnelle", mais en quoi ?

- Pour une fois, la date retenue est la vraie : le jour de la pleine lune.

- La plupart des traditions bouddhistes présentes en France seront représentées : célébrer la principale fête bouddhiste ensemble, plutôt que chacun chez soi, cad dans son centre, c'est plutôt sympathique, non ?

- Et puis, quand même, depuis septembre, les Reliques du Bouddha offertes par la Thaïlande en mai 2009 sont installées à la Grande Pagode. Oui, d'accord, c'est l'état d'esprit qui compte, mais bon, c'est un plus.

Ah oui, il n'est nullement interdit d'amener des offrandes : fleurs, bougies, autres.

Vesak à la Grande Pagode du Bois de Vincennes

« Veillée des Lumières » Jeudi 27 mai 2010 de 18 h à 22 h
Pour célébrer la fête du Vesak, commune à tous les bouddhistes, une soirée d’offrande de lumières est organisée le jeudi 27 mai à la Pagode de Vincennes.
Ouverture au public de 18h à 22h
Afin de commémorer la naissance, l’Eveil et le parinirvana du Bouddha Shakyamouni, l’UBF convie bouddhistes et sympathisants à venir se recueillir à la Grande Pagode du Bois de Vincennes le jeudi 27 mai, jour de la pleine lune.
De 18h à 22h, des méditations et des cérémonies alterneront, accomplies selon les différentes traditions du bouddhisme, avec offrandes de bougies et de fleurs.
Si vous avez un peu de temps pour aider à l'organisation - avant, pendant et après -, vous serez les bienvenus dans l'équipe de bénévoles.
Contact (merci de préciser vos disponibilités) : UBF <info@bouddhisme-france.org>

mardi 20 avril 2010

Tibet dévasté suite

Déclaration de Sa Sainteté le Dalaï Lama

le 17 avril 2010 -

Comme je l’ai mentionné brièvement peu de temps après que j’ai entendu les nouvelles, j’ai été profondément attristé par les conséquences du tremblement de terre dévastateur dans le Yushu de la préfecture autonome tibétaine (Tibetan : Kyigudo) de la province de Qinghai qui a abouti à la perte tragique de vies, un grand nombre de blessés graves et des biens anéantis. En raison de la distance physique entre nous, à l’heure actuelle je suis incapable de consoler ceux directement concernés, mais je voudrais qu’ils sachent que je suis en prière pour eux. Je félicite la communauté monastique, les jeunes et de nombreuses autres personnes provenant de zones proches pour leur soutien de bon voisinage et l’assistance aux familles de ceux qui ont tout perdu. Que votre compassion exemplaire continue à croître. Ce genre de travail bénévole au service d’autrui met vraiment l’aspiration de bodhisattva en pratique. Je salue également les autorités chinoises pour visiter les domaines touchés, en particulier le Premier ministre Wen Jiabao, qui a non seulement personnellement, offert le confort aux communautés touchées, mais a également supervisé le travail de secours. Je suis très reconnaissant aussi que les médias ont été libres de faire un rapport sur la tragédie et ses conséquences. En 2008, quand un tremblement de terre a frappé le Sichuan, le gouvernement central chinois, les dirigeants locaux et les autorités auxiliaires ont pris une grande peine de fournir des secours, permettre le libre accès aux médias, ainsi que ouvrant la voie à des organismes de secours internationaux à fournir l’aide au besoin. J’ai applaudi ces mesures positives et j’appelle à une facilité d’accès similaire à cette occasion aussi. La communauté tibétaine en exil tient à offrir tout le soutien et l’aide qu’il peut vers le travail de secours. Nous espérons être en mesure de le faire par les voies appropriées et dans les plus brefs possible. Lorsque le Sichuan a été secoué par un tremblement de terre il ya deux ans, j’ai voulu visiter les zones affectées et prier à consoler les gens là-bas, mais il ne m’a pas été accordé de le faire. Toutefois, lorsque Taiwan a été frappée par un typhon l’année dernière, j’ai pu visiter les familles touchées et prier avec eux pour ceux qui avaient péri dans cette catastrophe. En fournissant des réconforts aux personnes concernées, j’ai été heureux d’être en mesure de faire quelque chose d’utile. Cette fois, l’emplacement du tremblement de terre, Kyigudo (en chinois : Yushu), réside dans la province de Qinghai, qui se trouve être l’endroit ou le dernier Panchen-lama et moi sommes nés. Pour répondre aux désirs de la plupart des gens là-bas, je suis impatient d’y aller moi-même de leur offrir le réconfort. En conclusion, je lance un appel aux gouvernements, à l’aide internationale et autres organismes de mettre en place toute l’aide qu’il est possible pour permettre aux familles de ceux bouleversés par cette tragédie de reconstruire leur vie. Dans le même temps, j’invite les survivants de cette catastrophe à transformer cette adversité en quelque chose de positif, à garder espoir dans leur lutte pour recouvrer ce qu’ils ont perdu. Encore une fois, je prie pour ceux qui ont perdu leur vie ainsi que pour le bien-être des ceux qui ont survécu.

lundi 19 avril 2010

Le Tibet oriental dévasté

Comme vous savez, c'est le Khams qui a été touché par le séisme du 14 avril.

Le bilan s'alourdit de jour en jour. Plusieurs monastères ont été détruits, certains entièrement.
De nombreux liens circulent sur la toile pour récolter des fonds ; ici, je me contenterai donc d'appeler en plus à des prières et dédicaces pour les victimes de tous bords.


Kalou Rinpoche

Quand j'ai débuté dans "la carrière", en 1974, j'ai rencontré le précédent Kalou Rinpoche rue Philippe Hecht.

C'était "la belle époque" - à certains points de vue au moins :
Comme les Maîtres étaient rares sous nos cieux, et les centres quasiment inexistants, on ne chipotait pas sur les écoles, et on se retrouvait à chaque occasion, toutes écoles tibétaines confondues.

Les années se sont écoulées, vite.
Une preuve : le nouveau Kalou Rinpoche a déjà 20 ans ! Il est actuellement en France, et sera à Paris à la mi-mai.

dimanche 18 avril 2010

Privilégiés

Bien que n'arrêtant pas de râler et de me plaindre - sport national oblige-, quand je prends une seconde pour (tenter de) réfléchir, point timidement l'idée que les "pratiquants" sont les véritables privilégiés ici bas...

La nature reste la plus forte

Le volcan islandais en éruption vient nous rappeler que nous, les humains, ne sommes pas tout-puissants. Pourtant nous sommes manifestement plus solides et moins vulnérables que les avions !

Les journaliste nous expliquent en effet que "Le nuage de cendres propulsé dans le ciel constitue une menace pour les avions, dont les réacteurs peuvent être bloqués par les particules rejetées par le volcan.", mais que notre santé n'est en revanche nullement menacée - "pour le moment", ajoutent certains (plus prudents, ou plus honnêtes ?)

De toute façon, comment pourrions nous être omnipotents quand même les Bouddha ne le sont pas. Ils nous avertissent qu'ils ont certes parachevé tous les pouvoirs atteignables, mais qu'ils ne peuvent pas façonner et modifier à leur gré certains phénomènes, régis par leurs propres lois.

Cela concerne quatre domaines, dont les karma des êtres (qui doivent se prendre eux-mêmes en mains : les Bouddhas peuvent les aider, les guider, mais pas faire le boulot à leur place), ainsi que ... les éléments physiques.
Eh oui.

samedi 17 avril 2010

Moi, cette "illusion"

Dans le bouddhisme, à ce que j'ai cru comprendre, le terme "illusion" suggère non pas que le phénomène concerné n'existe pas du tout, mais qu'il n'existe pas comme nous le croyons, ou le voyons.
Par ex, l'eau du mirage n'est pas de "l'eau", mais il existe bel et bien des facteurs dont la combinaison suscite la perception de ce mirage.

Ou encore, le "je" illusoire est un "je" que nous concevons à tort comme ceci ou cela.
Cela n'implique pas que l'individu ne serait en tout et pour tout qu'une "illusion". D'un certain point, il a une existence, mais relative et dépendante.

Pour prendre un exemple, en tant qu'êtres ordinaires du samsara, nous avons tendance à nous croire parfaits ! Or, ce "je" parfait n'existe pas (hélas). En revanche, un "je" dépendant qui souffre, mange, parle, etc., existe manifestement.

Pour approfondir la question, il convient de l'aborder successivement selon les quatre systèmes philosophiques bouddhistes et leurs sous-écoles :
vaibhashika (18 sous-écoles !) ; sautrantika (2 branches principales) ; cittamatra (2 branches principales) ; madhyamika (2 branches principales).

Par exemple, l'explication proposée par un philosophe cittamatra, qui est "idéaliste" (au sens philosophique du terme) sera assez différente de celle d'un vaibhashika, qui est (relativement) "matérialiste", etc.

jeudi 15 avril 2010

mercredi 14 avril 2010

L'Ode aux réalisations


Je Rinpoche (13557-1409) a composé plusieurs lamrim, descriptions des étapes de la voie qui culmine en l'Eveil de Bouddha, dont ce poème qui condense à merveille les points clefs.

Cet ouvrage édité naguère aux Editions Arkhana Vox, propose le texte racine (en tibétain et en français - traduction par ... Marie-Stella Boussemart), ainsi qu'un magistral commentaire dispensé par Kyabje Ling Dorjechang à Paris.

Quand les Editions Arkhana Vox ont cessé leur activité, les Editions Guépèle ont pris le relais. On peut donc se procurer ce précieux manuel à l'Institut Guépèle.

Séisme au Tibet

Encore un effroyable résultat de karma déterminant l'environnement :
ce jour (mercredi 14 avril 10), un séisme a fait au moins 400 morts sur le plateau tibétain.

mardi 13 avril 2010

Lati Rinpoche


Triste nouvelle, pour ceux qui ont eu la chance de le rencontrer bien sûr, mais en fait pour tous : Lati Ripoche a décidé hier matin de résorber le support physique pris naguère, en 1922, à l'intention des êtres.

D'après les dépêches que j'ai pu lire ici et là, Lati Rinpoche est décédé lundi 12 avril 2010, à 5 h 45, en sa résidence de Dharamsala, sans avoir auparavant montré d'autre signe
qu'un léger malaise stomacal.






Pour en savoir plus :

His Eminence Kensur Kyabje Lati Rinpoche passes away

Kyabje Lati Ripoche's passing




samedi 10 avril 2010

Gönpawa

Gönpawa (dGon pa ba) - l’« anachorète » - (1016-1081 ou 1082), est originaire du Kham, du Dènma (lDan ma).

Quand il rencontre Atisha, il se dirige en fait vers le Népal où il souhaite étudier avec le maître Phamthingpa. Dans son esprit, il fait juste une courte halte pour demander sa bénédiction au Pandit mais celui-ci le met en garde et lui fait une proposition inespérée :
« Je discerne des obstacles. Il vaut mieux que tu n'ailles pas au Népal. Reste. Je m’occuperai de toi. »

Gönpawa n’hésite pas une seconde. Présentant en offrande les cent pièces de soie qu’il avait dans son bagage, il prie Atisha de lui conférer des instructions de méditation.
Atisha lui réplique :
« Soit, mais il te faudra partager ma nourriture.
- Mais j’ai mes provisions personnelles.
- Si tu manges sur mes provisions, je t’apprendrai à méditer. Si tu ne le fais pas, je ne te
donnerai aucune instruction ! »

De ce jour, Gönpawa est pris en charge, matériellement et spirituellement, par Atisha qui a immédiatement décelé en lui les empreintes d'un grand méditant.

Après Domtönpa puis Ame Jangchub, il sera abbé de Rating de 1078 à sa mort.

Paroles d'Atisha

Lorsqu'on lui demandait une technique pour devenir Bouddha sans faire aucun effort, et cela arrivait apparemment souvent (eh oui, nous n'avons rien inventé, même pas ça), Atisha répondait avec indulgence :
« Ah ! Si ce moyen existait, j’aimerais bien, moi aussi, le posséder. Mais je ne connais point de Bouddha qui n’ait réuni les deux accumulations, de mérites et de sagesse. »

A l'un de ses disciples qui rechignait à s'éloigner de lui, craignant de ne plus le revoir en cette vie, Atisha intima :
« L’important est d’accomplir la parole de son maître, et non de rester à côté de lui. »

Atisha à Samyè

C'est en 1047 qu'Atisha arrive à Samyè, le premier monastère du Tibet, établi par Shantarakshita , avec l'aide de Padmasambhava appelé à la rescousse pour dompter les démons locaux qui détruisaient chaque nuit ce qui avait été édifié le jour.

Bien qu'à l'époque le monastère, quasiment déserté, ait souffert des persécutions, Atisha
tombe en admiration devant la qualité des statues et surtout des livres.
C'est que Samyè recèle des trésors ignorés dans l’Inde du 11ème siècle. Atisha est stupéfait d'y découvrir des tantras qu’il n’avait jamais vus, et dont il n’avait même jamais entendu parler.

Le Vinaya introduit au Tibet

C'est sous le grand Roi Thrisong Detsen que le moine indien Shantarakshita fut invité au Tibet pour y établir l'Enseignement en fondant Samyè (bSam yas) le premier monastère du pays des Neiges et en ordonnant les premiers moines tibétains.

La lignée de l'Abbé étant celle du Mulasarvastivada-vinaya, le Roi décréta :

"Désormais, au Tibet, on observera uniquement le Mulasarvastivada-vinaya, selon la lignée du grand Abbé bodhisattva, et nul n'aura jamais le droit d'introduire une autre tradition. En ce qui concerne les vues, l'on maintiendra celles de Nagarjuna, et aucune autre".

Voilà pourquoi Domtönpa s'opposa à ce qu'Atisha ordonnât des moines au Tibet ! En effet, Atisha relevait d'une autre école de Vinaya, celle des Mahasamghika.

Les 18 écoles de Vinaya

Après la disparition du Bouddha, l’usage de quatre langues différentes a entraîné l’apparition de quatre écoles - des sarvastivadin, des mahasamghika, des sammitiya et des sthavira -, qui se redivisèrent en respectivement 7, 5, 3 et 3 branches, présentant des différences doctrinales. Chacune prétendait bien sûr détenir à elle seule l’authentique doctrine du Bouddha. D’où le 3ème concile bouddhique qui se tint 160 ans après le parinirvana, à Pataliputra, sous le patronage du roi Ashoka.

Après examen, les sages conciliaires décrétèrent que les 18 sous-écoles étaient toutes conformes à la voie qui mène à a libération, et qu’elles étaient donc toutes des expressions valides de la Parole du Bouddha.
Mais elles n’en conservaient pas moins leurs spécificités, notamment en ce qui concerne leur vision du vinaya, c’est-à-dire des règles monastiques conçues de manière plus ou moins stricte, et conciliables ou non avec les tantras.

Dromtönpa et son Maître

Dès le premier soir de leur rencontre en cette vie (vers 1044 ?), chaque soir Domtönpa disposa une chandelle au chevet de son Maître. Après son décès, il fera continuellement brûler des lampes à beurre devant son stoupa (monument funéraire), à Rating.

jeudi 8 avril 2010

Vie du Bouddha pour anglophones

Le lien http://www.youtube.com/user/TheBuddhaPBS#p/u mène vers une vidéo de 9'12'' sur la vie du Bouddha - en américain.

Pour voir d'autres vidéos sur le même sujet, n'hésitez pas à cliquer ici sur ce lien-ci.

Le bouddhisme, ou la quête du bonheur 5

L'observance de l'éthique en tant qu'abstention des dix vertus et autres conduites mauvaises permet sans doute de se mettre – momentanément – à l’abri de renaissances défavorables, mais les renaissances fortunées ainsi obtenues relèvent encore et toujours du samsara. On demeure exposé à la souffrance, et le risque est grand de rechuter.

Voyant que le samsara est pure vanité, on ne va plus avoir que dégoût pour lui. Décidé à se sortir du cycle des existences conditionnées, on va s’adonner avec ardeur à l’éthique, la concentration et la sagesse, jusqu’à en obtenir la libération.

Oui, mais on ne peut pas se désintéresser du sort des autres êtres du samsara, d’autant qu’à bien y réfléchir on leur doit beaucoup, et même tout.
Après avoir établi les avantages de l’esprit d’Eveil, on va recourir aux deux méthodes qui permettent de le développer. Une fois qu’on l’aura réalisé, il restera à faire mûrir son propre esprit grâce aux six perfections, et à faire mûrir l’esprit d’autrui par les quatre moyens de réunion, le tout aboutissant à
l’obtention de l’Eveil de Bouddha.
CQFD

Le bouddhisme, ou la quête du bonheur 4

La première chose à faire est de se chercher un Guide de toute confiance. A ce stade, il importe d'être extrêmement prudent, et il faut prendre le temps de se renseigner.

Il faut ensuite vérifier si l’entreprise envisagée est réaliste ou au contraire pure utopie. Pour ce faire, il convient de méditer sur ce qu’on appelle « la précieuse existence humaine », dotée de 18 conditions des plus favorables.

Une fois convaincu qu’on est capable de progresser, il faut prendre conscience du caractère impermanent de notre vie, pour cesser de prendre son temps en activités futiles et se consacrer à l’essentiel.

La mort s’avérant inéluctable, il est prudent de réfléchir à ce qui va se passer après. Or, si du fait de mauvais karmas, on chute dans des renaissances infortunées,on s’expose par là même à de longs et terribles tourments.

Pour parer de toute urgence à une telle éventualité, on se tourne vers les Trois Joyaux, objets de refuge des bouddhistes : Bouddha, Dharma et Sangha.

Oui, mais les invoquer ne suffit certainement pas. Du reste, le Bouddha est le Guide qui montre la route, le Sangha est le modèle et le soutien, mais le refuge véritable est bel et bien le Dharma. Non pas la Doctrine extérieure à soi, mais les qualités qu’on développe en soi grâce à elle. Ainsi, le remède à l’aversion est l’amour, à la condition de le ressentir, car tant qu’on se contente d’en parler, ou d’y penser, ça ne sert pas à grand chose, avouons-le.

En fait, prendre refuge en les Trois Joyaux implique de mettre en application les recommandations du Bouddha, et de tenir compte de la loi de causalité.
C’est pure logique : si on persiste à agir mal, comment peut-on espérer progresser et obtenir de bons résultats. Il faut donc adopter une éthique minimale, et faire l’effort de s’abstenir des 10 non vertus (tuer, voler, commettre des inconduites sexuelles ; énoncer des mensonges, des calomnies, propos blessants, des bavardages futiles ; se livrer à la convoitise, à la malveillance, à des vues fausses).

Le bouddhisme, ou la quête du bonheur 3

La pratique dépend non pas de la teneur de l’activité accomplie, mais de l’état d’esprit dans lequel on l’effectue. On peut très bien pratiquer en passant la serpillère ou en faisant la cuisine, tout comme on risque fort de ne pas être en train de pratiquer alors même qu’on passe des heures assis en posture en posture de méditation. C’est « juste » une question d’état d’esprit.

En tibétain, on appelle lamrim, littéralement "étapes de la voie qui mène à l'Eveil de Bouddha", les instructions qui explicitent le thème caché du Sutra de la sagesse : leur teneur, leur nombre et leur ordre.

Le bouddhisme, ou la quête du bonheur 2

La voie que le Bouddha propose est donc graduelle. Ses fruits vont des plaisirs des renaissances favorables au bonheur suprême de l’état de Bouddha, en passant par le bonheur déjà stable de la libération individuelle du samsara. Les instruments sont les qualités de l’esprit, qui existent en tout être et n’attendent que d’être épanouies.
La triade « éthique, concentration, sagesse » mène droit à la libération.
Alliée à l’amour et la compassion, elle conduit à l’état de Bouddha.

Concrètement, comment s’y prendre ?
Le pratiquant est censé s’adonner à « l'étude, la réflexion et la méditation » sur la base des instructions reçues d’un Maître qualifié – il faut être très vigilant et ne pas s’en remettre à n’importe qui, sous peine de se fourvoyer.

En clair, il s’agit de transformer chaque fait et geste de la vie en pratique spirituelle, au travers de la motivation appropriée. C’est en effet dans notre esprit que résident les causes de nos maux mais aussi les facteurs de notre évolution. Le samsara comme le nirvana ne sont pas des lieux extérieurs à l’individu ; ils lui sont intérieurs.

Le bouddhisme, ou la quête du bonheur 1

Eh oui, la pratique du bouddhisme concourt au bonheur. A la sagesse aussi, bien sûr - en tant qu’instrument du bonheur. De ce point de vue là, le bouddhisme est beaucoup plus une méthode pragmatique qu’une philosophie abstraite.

Remontons aux origines : si le futur Bouddha Shakyamouni a quitté Palais, femmes et enfant, c’est parce qu’il venait d’opérer une prise de conscience aigüe. Il était épouvanté par l’état de souffrance dans lequel nous nous trouvons dans ce monde imparfait dénommé en sanscrit « samsara », ronde incessante de naissances, vieillissements, maladies et morts, encore et encore.

Le prince a donc quitté les bonheurs ordinaires et transitoires de la vie profane pour se mettre en quête d’un bonheur véritable, d’un bonheur désormais inaltérable, pas seulement pour lui, mais pour tous les êtres. Il a atteint son but en obtenant l’Eveil.

Ce que le Bouddha a enseigné, c’est la voie, c’est à dire la méthode, qu’il avait lui-même expérimentée.
Son but est à la fois simple et ambitieux : il ne s’agit pas de révéler une Vérité absolue et transcendante, mais de libérer les êtres de la souffrance et de le mener au bonheur, et ce, à leur rythme.

mercredi 7 avril 2010

Zen Soto : Un nouvel Abbé

Pour le deuxième fois dans l'histoire du Zen Soto en Europe, un Abbé de souche française vient d'être intronisé , et ce en France :


Un reportage de France 3 Alsace
http://www.dailymotion.com/video/xcukzs_zen-monastery-ryumon-ji-tv-france-3_lifestyle

dimanche 4 avril 2010

UOLM

UOLM, c'est l'Université orientale Linhson mondiale qui a ouvert ses portes hier à Vitry sur Seine, avec une séance inaugurale ma fois intéressante, sur la pensée chinoise "ancienne", c'est à dire depuis les origines (22 siècles avant JC) jusqu'à la rencontre avec l'Occident, avec le débarquement des premiers missionnaires chrétiens au XVIIIème siècle, nous a expliqué la charmante conférencière, Madame Jin Siyan, de l'Université d'Artois.

Je ne vais pas vous résumer l'ensemble de son exposé, à la fois clair et précis.
Je vais m'en tenir à deux points qui me touchent de plus près car ils ont trait au bouddhisme :

1) Madame Jin Siyan explique le fait qu'au tout début, le bouddhisme a été plutôt bien accueilli en Chine
* d'une part parce que la pensée chinoise y était en quelque sorte sorte préparée par le confucianisme fondé sur la bienveillance et la moralité, ainsi que par le taoïsme, qui prône un certain renoncement ;
* d'autre part, parce que les premiers traducteurs de soutras ont utilisé beaucoup de termes taoïstes, tant et si bien que beaucoup de Chinois ont pris le bouddhisme pour une branche du taoïsme.

Madame Jin Siyan a précisé avoir pris conscience de ce fait lorsqu'elle-même a entrepris de traduire ces soutras du chinois classique en français : elle s'est rendu compte qu'il fallait vraiment remonter à l'origine étymologique de l'idéogramme, faute de quoi on ne pouvait que commettre de graves erreurs d'interprétation.
Cela l'a amenée à évoquer certaines traductions peu idoines en français, malheureusement passées dans les moeurs, mais qui suscitent des idées fausses, en particulier le "non agir, qui (selon elle) signifie plutôt le "non-être".

2) Madame Jin Siyan a évoqué les trois grandes traditions du confucianisme, du taoïsme et du bouddhisme en partant de leurs mots clefs respectifs.
En ce qui concerne le Bouddha, wu est représenté par un idéogramme composé de trois signes :
1- à gauche, "coeur levé", c'est à dire "éveillé"
2- à droite, en haut : le chiffre "5" mais en fait le premier sens de ce caractère désigne le contact entre la terre et le ciel
3- à droite en bas : "la bouche", c'est à dire "un personnage important"
D'où le sens composé suivant : "personnage important qui, ayant réalisé la rencontre entre la terre et le ciel, est éveillé".

Ma conclusion personnelle :
Nous en sommes aux balbutiements des traductions de traités bouddhistes à partir des langues d'Asie vers les langues d'Occident.
Si nous ne faisons pas très attention au vocabulaire choisi, nous allons induire énormément d'idées fausses, fondées sur de pseudo ressemblances avec les traditions implantées de par chez nous depuis des siècles.

Religion et science

J'ai rencontré hier un scientifique asiatique, de confession bouddhiste, qui m'a confié estimer que la science l'emporte sur la philosophie (métaphysique ?).

Et vous, quand pensez-vous ?

A propos de la chizophrénie

http://www.dailymotion.com/video/x8agq2_jill-bolte-taylor-soustitre-